lundi 1 mars 2010

L'éclairement

Aveugle du désir ou
redirection du geste
qui tombe sur le rien
qui inonde l'intérieur
insoumis de la chair
taraudée par l'unique
traitement de ce corps
par l'esprit en creux
l'esprit est un creux
qui ne se remplit qu'à
user du désir avant
de prendre l'œil en
aveugle en doute en
usurpation du son
à la place de cet œil
éclairé par trop de
signes jusqu'à tendre
la jouissance irradiée
et totémique de cet
être devenu humain
à cause de l'esprit
qui à force de balbutier
se voit contraint de voir
d'écrire puis de lire
sa peur de jouir au
lieu de désirer entrer
en respiration étreinte
au lieu d'étendre son
dire éteint sur les rives
de l'analphabétique
couleur somme blanche
qui coule autour et
de travers sur la surface
usée jusqu'à l'évitement
trame qui se noue et
qui dénoue le théâtre
incessant de son double.


«L'écriture tombe sous
les traits de la peinture
qui peint d'entendre ces
voix irrespirables, drame
sous la danse des corps.»


«L'œil trahit par cet
éclairement de l'être
se voit dans une loi,
celle de l'impossible
position à représenter,
en conséquence de
quoi il va être et croit.»


Thierry Texedre, le 1 mars 2010.

dimanche 14 février 2010

A perpétuité

Bulbe douloureux de la passion
transversalité du temps sur ce
corps marqué défait détricoté
jusqu'à la longue litanie qui se
fond se réforme dans une rare
dualité du corps tendu traversé
par l'ode enchanteresse qui tinte
dans la cavité en tête dans un
léger martèlement lente agonie
d'une subjectivité mise en doute
dans une éternelle profusion de
l'être communément apparenté
à la laïcité à l'identité commune
au même au pareil à cet aire qui
vient de loin qui sonne clair aux
oreilles auriculaire passion que
la vue va tenter d'extraire dans
une répétition spectaculaire de
l'imaginaire en multiplication des
images des thèmes insondables
extirpés du corps par tous les
incontournables orifices touchés
par la grâce symphonique de
l'éclat en deuil de l'amour don
donné à l'être posé là comme si
tout tremblement de la chair n'
était qu'une irascible ponctualité
de la détresse du temps humain
détenu par les accords de cette
somme musicale à rebours en
vice des sons descente en enfer
du corps par l'esprit de chair le
seul qui ronge l'espace tendu
des sons frottés par l'archet lié
au plaisir de rentrer dans l'ombre
ondulatoire de l'esprit mort avant
sa naissance celle de cette ivresse
de nativité vraie commencement
où les sons soulevés en matière
retombent en couleurs dés le bleu
immatériel du temps vu par l'oeil
déchu du temps en corps décharné
nudité de la raison nouée par la
passion par l'insoutenable tentation
du corps qui danse sur les ondes
répétée des coups sur la tension
des sens du toucher de l'extraction
de la pensée qui commence où
l'animalité s'arrête deux prises
pour le chasseur deux fois touché
par l'impossible réunion de la raison
et du désir du soulèvement des corps
quand cette petite musique se laisse
entendre au fond dans l'antre du
désordre intérieur dans cette folle
capacité à s'autodétruire surdité
du texte à croire souffrance depuis
le corps à s'immerger dans ses sons
sous l'empressement déraisonnable
de la chair qui tremble à perpétuité.



Thierry Texedre, le 14 février 2010.

vendredi 18 décembre 2009

En maux d'amour

Découvrez la playlist Delerue avec Georges Delerue



Sous quelle vibration le coeur s'étend-il
s'étire-t-il vers d'autres cieux que ceux
de l'aimée chère et tendre aimée qui n'est
plus dans ce coeur que l'ombre endolorie
d'une errance que la chair peut soudain
encore entendre lointaine dans un léger
glissement de la douleur du mal d'amour
que prend cette forme si fragmentée de
l'être indésirable sans sommation sans ce
tendre regard passé pour toujours empli
de l'infamie d'une fin de l'affliction dans
ce corps soudoyé par d'infinis tourments
dans ce tournoiement en tête qui frappe
qui donne en concert l'impossible retour
vers cet îlot de senteurs immaculées sur
l'odeur posée dans les beaux ébats en vie
de l'amour porté dans la pureté la légère
liberté de cette tendresse de l'enlacement
divin qui s'offre à de doux êtres emportés.


Thierry Texedre, le 18 décembre 2009.

samedi 21 novembre 2009

Tous les deux

Il ne se passait rien. Nous étions assis à une table, dehors, près d'un arbre; sous un saule. Nous deux, comme deux étrangers. Sans dire un mot. Le temps passait et emplissait largement l'après-midi ensoleillé. Nos deux mains tendues au milieu de la table commençaient à tournoyer dans nos esprits. Ou peut-être était-ce le plateau en bois qui nous jouait un tour de passe passe. Nous étions dans un autre monde; le monde irremplaçable de l'imaginaire. Non, pas deux personnes en même temps? Je reprenais un peu le dessus des choses de la vie. Je lui lançais: «mais que faisons-nous planté là, comme deux vases sans vie?» Aucune réponse, rien que son regard hagard, fixe, droit et sans rides, lisse; ouvert à toutes sortes de supputations. Pas même sa main qui ne se desserre. Au contraire, je sens comme une force intérieure, une vibrante explosion de ses veines. «Que dis-je, je parle en l'air, pour rien? Et je suis aussi figé qu'elle? ouvre au moins la bouche! Lève-toi...» Elle est droite et son teint est clair, presque blanc. Je me mets à douter de ce troublant risque d'être avalé par la musique de l'imagination. Qu'elle m'emporte loin d'ici, ou qu'elle me rapproche de ma bien aimée. J'en reviens toujours à ce double possible, que deux êtres peuvent en même temps s'évader de l'instant présent. j'en ai presque froid dans le dos. Je ressens déjà quelques frissons, j'ai la chair de poule comme on dit. Toutes ces impressions vont si vite qu'il me serait impossible d'en rendre compte, à la seconde où je vous parle. D'ailleurs je suis inquiet, du présent, si impalpable, rien que d'y penser. Les yeux de la femme sont mi-clos, à peine ouverts, juste assez pour ne pas me questionner. Un voile nous sépare, nous enveloppe, tourne autour de nos deux corps assis. Le feuillage léger du saule pleureur dessine sur la table des tracés imbriqués, emmêlés. Un léger vent nous soulève, et les images changent autour des mains. L'étirement des branches vertes entraînent le feuillu dans une danse immatérielle. Je m'épuisais à trouver une réponse à d'infinies illuminations de nos deux personnes. Touchée par la grâce, la femme tombe en arrière sur une couverture verte, verdure de feuilles et d'herbes folles. Elle s'allonge les bras écartés, les mains lâches. La tête en arrière enfoncée dans l'herbe, au pied de l'arbre dévolu. Le réveil est un véritable cauchemar. «Chéri, que se passe-t-il? Raconte! Je suis là, je t'aime, allons raconte.»

Thierry Texedre, le 19 novembre 2009.

samedi 7 novembre 2009

L'être pensant

Tout autour
du centre de l'esprit
se traite
toutes les opérations
périphéries de
la déraison
de l'imaginaire
de l'infamie
propre à
l'homme
ce centre où
l'esprit a lieu
où il se tient
où il dérive
tant il prend
la pensée pour
l'esprit
l'esprit pour penser
noyau de l'esprit
penser qui tombe
sous les coups
d'arrêt
de la pensée nommée
nom de l'esprit
de l'esprit en veille
état de l'être
être en veille
en veille
veiller
sur l'urgence
qu'il y a de veiller
sur la pensée du centre
de l'esprit
es-tu là le là
du lieu le là du
déchantement
pas celui de la musique
qui ne cesse
elle de rencontrer
l'urgence de penser
pour voir et
entendre
simultanément
ce qui fait que penser
c'est de la chair
de la vie en chair
de cet être cher
sous le bel astre
encore doré
comme adossé
à l'infini avant
de pointer en fond
du fond de l'esprit
cette chaleur
insoutenable qui
vous frappe un instant
pour rien comme ça
juste parce que
c'est une histoire de
temps
que nous ne
pouvons régler sauf
à en finir avec ce
noyau cette aire
impulsé à la vie
vive émotion
de l'esprit qui
tourne court
vertige
vérité de ce
déséquilibre
dénaturé en pleine
face
dans un aveuglant
passage des rayons
du soleil devant
l'oeil
aveuglé
dominé
amené
à ne plus distinguer
que par l'ouïe
le touché
c'est donc cela
l'effroyable circulation
qui va de l'oreille
à la peau
possédée
en possession de ces
moyens montages en
pulsions
d'où émerge le
geste
le geste léger de l'être
douloureux
et empli de tentations
insupportables
insurgé
l'être se met à en
découdre de ce
mal
mal être
privé de la vue
une illumination vient
devient comme nécessaire
au corps mis en chair
c'est d'une vérité criante
la voix
que sort cette soudaine
identité vraie
la vision
la seule vision
que penser
penser pousse à jouir
c'est la flamme
même
de la vie impulsée
impénétrable
animalité du corps
sorti en chair
pour inventer
l'être pensant.

collage sur le Concerto N°3
de Nicolas Bacri

Thierry Texedre, le 6 novembre 2009.

mardi 27 octobre 2009

Contours en corps



L'origine du monde, 1866
Gustave Courbet




Acte 1

Contours de ce corps poussé dans les retranchements de l'incidence de la chair de l'excès cédant au désir insupportable de l'appel des sens sous le couvert vertigineux des extrémités érogènes corps morcelé corps rougi au fer enfoncement de la boite crânienne sous drague drogue groggy les lèvres de la bouche béante sont gonflées entre les cuisses écartées comme en transe en tremblement les mains plongées dans l'étrange jaillissement de la jouissance en cours les lèvres se resserrent le sexe durci semble ne plus retenir l'envie de laisser aller ce filet chaud qui glisse sous le corps le drap est imprimé d'une auréole jaune qui s'allonge de chaque côté du bassin encore collé à l'acte exaspéré violation en tête l'odeur de stupre qui monte dans la pièce elle se soulève enfin en arrière faisant bascule avec ses jambes maintenant rapprochées et tenues par les mains posées sur les genoux des mains glissantes et rougies par la violence de la masturbation vaginale de sa cadence ininterrompue jusqu'à l'extrême limite de l'insoutenable transe.

Acte 2

Du rêve en montée sur cet élan illusion de la queue glacée du mâle va surgir l'effrontée la gueuse faisant volte face retournant son corps de rêve le tourmentant d'horribles blessures creusées à même la peau le pieu enfoncé tel une possédée n'est-elle pas au-delà de la folle traversée en rut du désir inassouvi de se faire traverser la chair pour en sortir en possession de l'âme de cet autre violenté malgré lui la verge grosse monte et redresse sa tête rosée qui devient carminée dans l'enfermement du con autour le corps sauté est en rondeurs et en plis les seins palpés les pointes redressées aussi où une sensibilité extrême mène à l'extase au cri à l'agitation du corps à sa pulsation à sa perte de repères dans l'espace restreint de la chambre elle semble expulser le mal de ses entrailles en invitant l'homme au délice de ses phantasmes en recluse de sa profondeur de chair elle succombe aux attributs qui l'emportent dans un autre lieu le risque du soulèvement de sa jouissance les deux corps se croisent sans jamais prendre le risque de sortir l'un des deux du jeu ils se rejettent se lèvent s'accouplent à nouveau de face de dos le tronc allongé pour laisser voir les recoins froissés entre les fesses du cul relevé danse interminable va-et-vient insensé et sensible dans l'indifférence des yeux sans lequel rien n'est éteint du désir partagé là en suspens en plus en trop pour rien gratuit là pour produire cet état de dépendance de l'accouplement sans cesse exposé dans n'importe quel lieu.

mardi 13 octobre 2009

Penser

1

Donatello fend de sa pierre l'enterrement, par l'entremise de la coupe. Coupe de tête, n'est-ce pas là comme un retour sur notre siècle qui tourne tête sur pieu, l'exposant au nombre grandissant des songes imaginés sans tête? L'enterrement en tête qui vaut pour toute pensée, en moins sa corporéité, sauf à la sculpter? ouvrage à produire comme fin de tout objet ayant un lien (son lieu) avec la représentation. Cette matière par enlèvement, manque son temps à vouloir penser, à sculpter et scruter cet horizon mis en perspective. Pourtant ce pouvoir de penser sans tête est un pouvoir d'existence. Notre siècle invaliderait-il le corps, sauf à le couper? Vision partielle ou visitation de l'esprit mis sous la tutelle de sa matière? L'esprit contemporain ne pense qu'à «dépenser» et soustraire du nombre cette osmose hors du temps qu'est l'acte même de penser. Le nombre consommé, comme on aurait dit consumé, pour avoir cru penser en un temps: celui de l'identique. L'étirement du temps de la Renaissance est le même que celui du XXIe siècle, coiffé au poteau par l'inertie de l'unique, trempé et traqué par le nombre: celui des corps humains déshumanisés pour avoir préféré la jouissance à la loi. L'enlèvement de la tête humaine passerait par un pouvoir lié à l'hypostase. L'effacement récurent de l'esprit de chair au profit de la chair eschatologique. Enterrement intrinsèque à la chose absente, celle dans la tête de laquelle dort l'enseigne d'une pensée/action. Penser serait donc une liaison entre ce corps mis en discours, clos, entier, et un corps sans tête, corps obtus.

2

Est-ce une vérité que ce risque d'altération de la pensée mise à sac par une protubérance incommensurable de l'image/ dépense; exorbitée l'image taille, coupe, sape, retire, vide pour mieux boucher sa raison. La décollation, elle, n'a de symbolique que sa mise en vraisemblance du délire mis en étirement dans un autre délire, cause d'une vérité autre, tentative de sortir de la psychose. La peur, engendrement d'un autre récit, va couper court à la jouissance, pour tenter une transsubstantiation L'être n'est être qu'à consumer sa terreur, de prendre en chasse la dépense. Tentation de restituer à cette subjectivité la dérive de son fou vers la lettre. Lettre/ analyse, écriture/sémiotique, dire/ questionnement, pour opérer une une sortie en deçà de la voix: pluralité du corps livré au retranchement du commun, à sa mise à niveau par le sujet comme identification en temps réel de l'infini, réserve de la mémoire mise en tampon. Début d'une histoire où l'autre pluriel va fournir au sujet matière à vivre. Les réseaux liés au cortex vont s'expanser, la vie trouve ses marques dans la résolution de tentatives d'évitement de toucher la mort cellulaire, celle-ci va exister ultérieurement pour clore le débat interminable de la raison face à l'hétérogène immensément touché par les sens du corps en chair: schisme qui confère au commun une vraie autorité sur le sujet trop occupé avec la corporéité mise à nu. Il est à noter que le sujet va disparaître au niveau du temps vécu, pour vouloir penser, et que penser ici, ne sera pas structuré comme le langage écrit. L'oral y puisera son être, mais pas la pensée. La pensée mord à pleine dents pour se maintenir en tant que fonction d'interception, dans des réseaux complexes, de la dopamine, parmi les neurotransmetteurs actifs dans le cerveau. Point de lien avec le plaisir, mais une déferlante de signaux qui vont innerver et irradier l'organisme tout entier, le mettant en catatonie partielle. La motricité du sujet est alors pour le moins mise en "temps libre", évanescence apparentée à quelque chose qui ressemble à un état de dysfonctionnement motriciel. Penser coupe tout rapport avec le réel, sauf à le construire avant son apparition, construction qui n'est déjà plus intuitive, puisque soumise au manque de plaisir, réalité du lien social avalisé en expulsé/oralisé. L'action est l'indice/signe que le sujet se met en état libre de conduite commune, en conductibilité pour rompre avec une fiction, rompre la chaîne parlante reconnaissable, et saper toute institutionnalisation de son fou.
Texte mis en signe distinctif: que penser n'est pas encore de l'ordre de la perception.
Thierry Texedre, le 13 octobre 2009.

dimanche 11 octobre 2009

L'oeil danse à deux

Danse de sa sortie à force d'éviter
le risque d'attroupement du genre
humain face contre terre les dents
plantées dans le sol épaissi trempé
dans l'action générée de la sèche
ritournelle de la langue sévère de
la sève qui tient en suspension l'oeil
attendri par des paroles inertes tics
de la paupière qui plie sous le poids
des ans le visage défait par les nuits
sans fin éruption cutanée pour avoir
gratté ce poil poussé sous la peau
il est sorti du corps des ténèbres
dans l'insistance du vague à l'âme
qui opère comme un ras le bol c'est
un ras de marrée une soumission
de la voix aux ordres du corps qui
va sauter en éparpillements de chair
carnassier avant il devra éradiquer
ces errances innombrables sans foi
ni loi en tête mal faite monstruosité
de la pensée qui tente une dérive de
son corps en marchant sur sa peau
en la troussant en la tissant aiguilles
plantées pour en coudre la bouche
clore ces ouvertures grêle déferlante
qui creuse et crève l'abcès laissant
couler ce superflu ce sans vie sang
senti sorti par tous les sens pores
infectés infestés par l'attouchement
en zone interdite des lèvres violées
voile irrésistible à franchir saut de
l'oeil en tête sur la chair sentinelle
en danse ritournelle de la peau collée
contre la naissance en creux du feu
intérieur douceur du soir des deux
amants renversés par terre sans lieux.

dimanche 4 octobre 2009

Requiem

collage sur le Requiem d'Alfred Schnittke

1


Tache imperturbable sur l'os vidé de sa reconnaissante chair
Touchée par l'apostrophe le rite dramatique de la vie en peau
Tentative d'avortement des mots en plaintes en sang coulures
Tressage du court instant de l'écoute en coeur pressé de rendre
Tous ces atouts tous ces attributs à l'horreur faite homme nié
Transfiguration de l'imposition en masse des corps dénoués
Traversée en pestiféré du corps en chair schisme dans la nuée
Tentation de résoudre le plaisir en pulsations en fornication
Trou béant qui va emporter les jeux les notes lancées dans la
Travée en basilique danse des sons empruntés dans l'air dense
Tassement des vertèbres sous le poids d'une chute chaste entrée
Tant que la chair persiste sous la lumière en travers des vitraux
Tissage de la peau dans une glorification de l'esprit saint esprit
Touché au plus profond de ces modulations excavées en croix
Tout se passe comme si ce chant grégorien se risque à forcer
Toutes les issues de l'hystérie en image mise en mots en pleurs


2


Traces de l'insistant martellement des voix sous l'esprit en coeur
Travers du long défilement en image de l'autre image croyance
Tentation de mettre en avant cet exorcisme de la pensée l'un
Traduit au coeur du corps retiré de sa gaine la peau en puisant
Tous les sens qu'une chair parvient à s'approprier offertoire et
Trou ramassé travée fragmentée tout en croyance sous le poids
Tiraillé de la peine pendue à cette voie humaine détachée en joie
Triste parcours du don dans l'espérance en concile union de cette
Tyrannique gestation du commun pris dans l'un pour isoler la vie
Tessiture qui se met en chasse du démoniaque jeu le désir l'infini
Traqué et ivre dans cet union entre l'infini et l'immortel rouage
Transgression de cette roue du temps qui n'en finit pas de rire
Tardant à s'immortaliser tout autour du sac dans la renaissance
Traduction du corps par le langage comme loi en froide sonorité
Tendue extension du corps vidé de cette substance pas la mort
Terminant pour toujours la vie vide de l'esprit monté en croix


3


Trois fonctions de cette résurgence de cette vie en chants élus
Trinité c'est cela c'est le bien qui s'envole retourne le corps
Transpercé par d'insondables mortification en fils en vérité du
Transbordement inconscient du père en chair écriture sous la
Tentation tellurique de l'esprit du sens sans dessus dessous de
Tant de vérité en vision en vue insensible d'être écoute sourde
Troussée et mise en rémission en acte en arc de sexe démence
Touchée pour en sang révélé en vin meurt de sa chair en pain
Transformé dans l'imaginaire pour l'éternité pour penser moins
Tumultueusement tempête du cri qui sort en nombre du corps
Tombant sur un soc en terre sainte terrible tripotage du corps
Tourné vers ce ciel en haut en tour du temps tondu en femme
Transgression en fin en tournoiement dans l'espace de l'espèce
Tournée vers un bas allongé en couple en scie coups de dents
Travail du son sur l'esprit qui va vibrer pour entendre la voix
Tonnant partout dans le ciel en bleu étiré ouvert en libre chant
Tenir par là le commencement de la vie la vie éternelle en bien.




Thierry Texedre, le 4 octobre 2009.

dimanche 26 juillet 2009

Nocturne

collage sur «Nocturne pour violoncelle et piano»
d'André Jolivet

Fragile détention du genre humain
quel emprisonnement
infranchissable liaison du temps
à l'espace de l'esprit
victime d'une imposture propre à
l'homme la transversalité même
celle de la femme
production et reproduction dans un
glissement vertébral
irremplaçable discours sur l'élévation
du corps poussé
par l'expectoral toux en gosier respiratoire
franchissement du vrai
quand la respiration vient à manquer
maltraitance de la chair sur ce corps
occlusion des yeux
occlusion intestinale
occlusion olfactive
occlusion du coeur
pourrissement de l'être en corps
transgression du corps en sens
pluralité des sens vers l'anesthésie
qu'un oeil
en débats peut résoudre
respiration suspendue à la mort dédiée
pas encore édifiée
les dieux n'en pèsent pas encore
la portée
musique de l'insupportable déité
unaire dans ce soi
pluriel puisque pris dans l'autre et
la femme représentation du sujet
accouché
trop loin de la parole pour
l'entendre dire vrai
cette parole aimante à tire d'elle
rouage en sang en sens encensé ou insensé
qui tombe sous les coups
de la loi du glissement des mots
maux
en tête de laquelle vont sortir ce verbe
fait chair
parole du sujet de la forclusion
parole du sujet sans lieu ni vérité
sauf à tenter l'apparition
de cette mémoire
médecine du corps déplié
schisme émietté de la grande
représentation.

vendredi 24 juillet 2009

L'éden

L'éden, ce spectre dépecé, désemparé, rétréci pour avoir été à l'aune du temps. Touché par la grâce, cet espace illumine encore l'espace contemporain. Le rend soutenable. Parcours de l'abjection du siècle présent, par sa soutenance sociale résolument consommatrice de sens. Entrée dans une danse où les corps sont à leur extrême tension. Tempête qui cause l'effacement progressif de l'identité subjective. Identité qui souffre en retrait, dans un traitement compulsif de la langue. Jouissance d'une langue fermée, finie. L'inconscient en est l'extrême rouage, roue qui passe par sa consumation, carré d'une circonférence qui bute sur ce corps invalide. Hors du mouvement qui lui est une transgression de ce lien social érudit. Le corps n'est pas dans l'érudition mais dans une dévêture; pôle de la dislocation, de l'émiettement du corps en chair. Chair qui est le point de départ de ce paradis. S'agit-il bien d'un paradis? Ou d'une humeur? Ou de la découverte de la chair, parce qu'il y a eu pensée à un moment précis de l'extraordinaire fonction de la chair à transformer tout corps en son contraire: la chose. Passant par un objet désiré par la mise en sens, mouvement, temps présent, signe que la répétition passe par l'impossible atteinte de cette chose. Paradis parce qu'il y a transfiguration, à cause de l'incessante oscillation entre ce corps pris dans la mesure du temps, et la recherche du temps perdu. Perte du corps, obsession linguale qui vire à l'image, à l'éden. La dispersion du corps en fragments va lui permettre de penser l'impensable: la résolution de sa fin, une petite mort à côté de ce paradis déplacé, en amont de la vie, l'éden en ressort imaginé, pour penser, position du franchissement de ce lien social forclos, en corps vierge, et perdre tout pouvoir du corps sur la vie.

vendredi 10 juillet 2009

Trauma

Suite sur la conduction en alternance
de deux axes transparents croisée de
deux corps double régime don et arrêt
sur image forclusion et reproduction
corps en pensée et corps en chair vision
risque d'une charge émotionnelle quand
ce corps vient à croiser cette pensée idée
du choc que pourrait faire l'infraction à
l'anéantissement de la vie par la masse
monstrueuse de l'extrapolation d'une
telle fonction forcée forçage naissance
de l'architectonique blasphématoire de
la vie virée du socle vibratoire en ouïe
entendement lointain du geste pensée
geste plutôt que cogitation geste planté
là comme pour endosser la loi qui fera
ce socle base nom de la légitime socialité
du genre humain qui sort à peine de ses
balbutiements lèvres gercées par le froid
endémique d'une attraction terrestre et
son contraire l'élévation sonnée soudaine
sommation de la parole en acte acte premier
qui est la frange de toute lisibilité de toute
vision risque d'entendre au lieu de faire
glisser les corps les uns contre les autres
frôlement ininterrompu qui est la cause
de l'invention de la vérité bien avant la
première apparition de l'un en religions
éparpillement du pouvoir d'exister à
l'infini pour atteindre l'emphatique mort
étirée pour toucher cet autre risque vrai
parce qu'il apparaîtra à un moment où la
vie tourne au risque rature mal massacre
images apparues pour supporter cette
fiction des corps atomisés sans retour
vers l'immersion colorée de ces peintres
expressionnistes abstraits forts d'approcher
la cause de cette parole devenue laïque
pour conjurer l'espace qui s'offre l'esprit
en nourriture culture comme grain peau
passage du sensible au divin du commun
au spirituel du vrai à la reconnaissance.

lundi 15 juin 2009

Dans les plis de l'immortalité




















Ciel, peinture de Patrick Delorme



Apocryphe de la terre sous un régime
hautement gangrené par les heurts les
déformations figurales du corps pourri
dépaysé par l'excommunication de la
femme frasques entre l'enterrement et
l'origine vasculaire des dessous en peau
peu de chance que ça cesse l'homme va
en ligne creuser la langue qui raconte
sa chair sa létale chair polyphonique
par chance ou peut-être par pur amnésie
dans sa plus moderne mutilation de son
corps sens du règne animal couvert du
sang de la projection projet de mise à
plat du corps défait en biffures rayures
osmose de la pensée qui va arc-bouter
et plier sa terrible intériorité jusqu'à
l'objet sa dernière effraction avant la
mort nature soulevée à cause de l'excès
avec son immatérielle tentation d'aimer
voilà que se soulève ce rien menu et
en parlant change le cap de cette pensée
en division dommage de la séparation
millénaire cellulaire fliqué par l'oraison
funéraire de la divinité corpusculaire
sciences de l'inexactitude démembrée
dérive au large des eaux en otage en
profondeurs sombres et opaques nuées
sans fond ni forclusion sans fin ni paix
l'ombre humaine seule va compter le
temps qui lui reste avant l'aveuglement
kaléidoscope incessant sur l'oeil rétine
dilatée déchaussée de sa gaine sortie
en croyance blanc en somme colorées
pour sortir du lieu métaphorique de la
langue et tendre vers une soudaine
transfiguration une multitude de jets
en murmure en attraction des sens en
vrai vérité insoutenable de l'apocalypse
de l'image imaginée pour montrer à
l'homme que sur ses aires il invente à
profusion l'objet de son désir dépense
transposée en jouissance en immortalité.

samedi 9 mai 2009

Sous le signe du corps I




photo de la série "portrait intime"
de Estelle Conus



Sous ces tractations insidieuses, ce corps s'éprend du très improbable soulagement, ce souci d'extirper rien à la syntaxe. De quelle exhortation s'agit -il? Sinon de celles plurielles des cris entonnés par une remontée. Une remontée de ce fond intertextuel. Texte soudé à la chair par laquelle vient se soulever la souffrance. Survenue de cette rigueur, souffrance intérieure liée, ligaturée au risque de penser plus. plutôt que prévus, plus absorbé que jamais, cette ode n'est joyeuse qu'à faire souffrance, de celle qui est infranchissable. L'infranchissable réaction de la souffrance qui sort du corps déposé, en repos, en replis, en jonction avec le sens du son haleté. Tour de passe-passe pour avoir tiré parti du pire, ce corps va devoir aligner et sa chair et sa biologie. Troublé par ce site physiologique, l'homme s'éprend de sa surface, pour oublier son architecture. Os pris dans ses cartilages rivés pour tenir son squelette, toute force dehors, ce jeu des cordes passe pour une figure, celle d'un corps entier. Pour penser sa chair, ce corps en os ose sa fragmentation, son état est celui somatique, puis cognitif. courte illusion qui le retourne en images tabulaires, lois intemporelles du soulèvement de ce corps; de son enroulement en un redressement proche de la verticalité dramatique, soumission à la loi de la pesanteur. Réaction du rôle infectieux de la parole qui tire sur tout ce qui devient structurel. Trauma du corps cavité en os, duquel tout semble converger. Structure portée à son paroxysme dans le cri: position parallèle qui souligne combien l'axe os/cri fait trembler la parole pour qu'elle en vienne à sortir de ce fond en chair et en os du dit corps pensant. De n'être pensant qu'à oser recouvrir l'os de cette chair qu'à le rediriger sous la forme représentée du corps socialisé. Ce corps en pousse de chair n'est être qu'à penser sa chair sous l'invalidité de cet os, état d'apesanteur découvert par un reliquat (acter) de cogitation. Tout tourne donc autour de cette nuance entre action et variation. Le corps n'est donc pas ce corps décrit comme tel, entier et en image. Mais partiellement il s'écrit, et se décrit, pour se dire; passant du signe à la signifiance, retournement temporel d'une masse qui devient réelle sous l'impulsion de sa chair. Ça devient le moteur d'un corps en mouvement, mais par ce mouvement va perdre tout sens de sa véritable existence: celle d'une ossification, d'une cassure entre vrai et vérité (celle humaine). L'incandescence de la langue, langue du sujet parlant est le dernier lien qui manque à tout corps inerte, masse touchée par le fractionnement verbal de l'homme. Les arts ont longtemps opérer ce renversement de la matière inerte en une paupérisation collective usurpatrice du corps via l'intellection. Peut-être était-ce le seul moyen tangible pour équilibrer l'affect et cette masse/corps, pour petit à petit quitter ce risque théologique, puis celui spirituel et virtuel.

jeudi 7 mai 2009

Voyage


En Chine à Lo Yang, 1974 Gérard Fromanger



Voyage loin du clair-obscur
là où le songe prend place
direction vers cette mer saoule
de trop boire en collage en
vérité pensive variation sur
une lente traversée immersion
dans l'atome crochu courir
en continu vers ce pôle lumineux
d'une lumière irradiée à cause
de la lenteur de l'homme à cran
s'empressant d'en finir avec
l'insolation vertébrale qui le
tire vers le bas bassesse brandie
à trop insister sur l'air allègrement
entouré de fractions d'effractions
de risques de se mouvoir à causer
sur les risques du trop plein
d'images retour à la fugue à
sa grande descente entre les mains
de cette mort mort du risque
d'être éthéré risque d'absolu
quand la vie est plus loin dans
l'inaccessibilité de la pulsion
de mort maternité oblige à trop
insister sur les risques d'un voyage
dans cette autre aire ailes du désir
d'élévation lentement puis violent
viol du risque d'aborder les
rives d'une petite musique tendue
violons qui glissent sous l'archer.

L'arbre envie l'oeil

collage sur la 8ème
symphonie de
Christophe Penderesky


Que cet oeil soit maudit
mort de l'oeil en coin
malaise du corps plus
tenté par l'extrémité du
désir quand l'oeil saute
quand l'oeil s'émerveille
se lève pour ouvrir la
page blanche de son
extension de sa tension
de sa tentation rivé sur
ce lointain rivage visite
hystérique de la pression
de la veine qui enfle pour
esquisser un semblant de
dessin plutôt un dessein
irisé de cils pour mieux
appréhender l'image folie
du cil de ce battement
cardiaque outrancier foutu
qu'est-ce qui pousse au
beau sinon l'extrême peur
résistance à la loi le beau
n'est pas une circonscription
où aucune sortie possible
n'a lieu mais une sortie de
cet enroulement vers lequel
tout corps de vision tend
la vie se déroule en beauté
et le beau est une pause
entre cet enroulement et
le déroulement continu de
la vie le beau est une fiction
opposée au mal le beau
est un grattage celui de la
peau qui gagne à être chair
la chair est intérieure pas
objet du désir l'erreur de la
psychanalyse a été de faire
croire que cet intérieur
n'était recevable qu'à la
seule condition d'avoir été
oublié la beauté n'est pas un
oubli compulsé convulsé
là est le contour de l'oeil
pour voir ce couac intérieur
qui vous pousse qui hausse
qui glousse pêle mêle dans
son temps tempête du corps
couché sous les yeux regard
habité habillé de l'homme
en chants en tête le songe
d'une nuit intériorité qui
suit des chants inondant
l'attention portée à son
paroxysme séisme du corps
pris dans l'oeil du cyclone
l'oeil qui n'en finit pas de
cligner dans le grondement
orchestral de la symphonie
du corps époumoné et gonflé.

jeudi 30 avril 2009

D'un rayonnement

collage sur la Sonate pour violon
et piano Op. 134 de Dimitri Shostakovitch



Le seul recours au risque
de la folie
n'est-il pas celui d'user
les codes
en agitation du corps nu
irruption
du nu dans l'énoncé autant
que l'arrimage somatique
enterrement
de l'esprit d'initiation pour
se fondre
se rompre
aux irrespectueuses inondations
de la suave
sensualité
du corps caverne
du corps touché
feinte théologique de l'image
double
en un
en deuil de l'atténuation ravage
en tête
en queue
en con
connotation qui va siffler aux
oreilles
desquelles vient l'irrationnel
monstruosité du verbe fait chair
pour s'ouvrir
pour ouïr
un court moment à pleine tentation
apparition de l'intellection pour dire
du dire cri
du cri effluve
effusion de sang
sans cesse martelé pour changer
l'image en vraisemblance en vérité
d'un dire circonscrit circoncision
vénérable pour socialement être
être sans corps polylogie des voix
voies sans issues sans dessus dessous
germination qui tombe d'en haut
haut bas sexe en haut bas du haut
tête en bas du haut sexué en reste en
rien risque d'altération du haut vers
son fou
frusques
vêtu pour astreindre l'oeil à vibrer
à visiter l'étirement du corps étiré
dans ses
rayons incandescents.

jeudi 23 avril 2009

En matériau

Rose pourpre virant au sombre presque noir
à n'y voir que du rouge virant au vert par la
superposition du son et de la vue rien qu'au
risque d'altérer la fusion en rond en mare en
stagnation coupure du courant descendant
de la transparence par la vitesse fonction par
ce va-et-vient éruptif choc de l'eau vive entre
les chocs en pierres roulées usées martellement
vivant du dehors son indiscutable de la trempe
des corps inertes objets soumis à l'excavation
le tirant vers le lissage le plat du sol en sons
des sons articulés pour être entendus pas sans
la vibrante autonomie de l'entendu durcissement
du temps en forme en usuel un matériau pensé.

samedi 18 avril 2009

Encore

Enchâssé, plombé du creux commun au risque dense d'appréhender
l'effort de vivre (point d'effort n'est ressenti pour devoir vivre), contre
l'effort de mort (quelque chose d'une certaine étrangeté fait face à cet
inconscience, insouciance de vivre: le dérangement). Cette lutte entre
vie et mort du corps pendu à ses délices; ceux des sens au grand dam
de la dérive ostentatoire du lieu mental, biologie primordiale. Tout
cet attirail, ce fardeau, ce fatras, cette vivacité involontaire des raisons
contre l'altérité humaine; fait qu'une poursuite s'impose contre cette
cogitation, qui serait celle retirée de ses ossements, osmose animale.

Mise à mort

Mort du récitatif enclot en sous-main
mesure du chant détouré tourné de sa
montée montre à rebours du saut dire
même dire que celui du pensant humé
message troué message interdit corps
mêlé au drame intemporel dans l'esprit
mansuétude mal mystère du lieu fini
mensonge du lieu lien en chants entrée
mouvement de la fin humanité dense
meurtre du père pris dans la tempête
miraculeuse de la naissance du trou
massacre en deux sexes une éternelle
missive lecture du corps double chair
mettre la chair en acte en sens descente
momentanée en enfer offrande du sexe
mensonge du sexe mesuré pour tourner
monstrueusement ce corps vissé à cette
mauvaise entité pensante pendue aussi
montrée du doigts invisible et là finie
mythomanie en raison pensive en doute
maintenue en vie tant que ce corps est
mis en cavité source songe psalmodié
maîtresse insaisissable traversée des
majestueuses renaissances de la pensée.

mercredi 4 mars 2009

Pop-Rock

Sur la suture musique forte du fond
danse des sens sous haute pression
le rock crie toute identité rase la loi
pli pesanteur top pop et sinueuse si
imprimée sur ce risque de tension ce
grand livre des ivresses incestueuses
quelle population pendue à sa perte
de risque ravalant tous les airs dansés
chant offrande chant électrique poussé
au maxi même digression même esprit
d'enivrante drogue H saupoudré sur
l'air ratio l'air traversé d'ailes dans
l'air frappé de surdité à satiété tâtés
les tétons frustrés du jouissement jus
sorti des branlants orifices horrifiés
par la musique traitée comme une peau
hydrocution de la parole en pop en rock.

mercredi 4 février 2009

Ecritures

« A bout de souffle...Le dire et le son »
reçu de VAV en commentaire du texte "le rêve lucide"

Oui, c'est un peut ce qui ressort de ce texte "le rêve lucide", que tout texte et toute musique sont à bout de souffle. Mais c'est aussi un espoir pour la parole qui est là pour réagir, prendre à pleins poumons ce que l'intelligence peut de résoudre les énigmes qui nous redressent et nous font vivre. Un texte peut dire sur le fil du rasoir d'un dire qui précède toute exposition au réel, prenant en charge notre intériorité pulsionnelle, et le sens de la locution verbale alors va d'elle-même entamer une procédure-téléscripteur, qui ressemble fort à l'écriture automatique des surréalistes. Recevez toute mon amitié, merci pour vos commentaires qui résument bien, et votre écriture qui vrille, torse la syntaxe et l'esprit humain. Thierry, février 2009.

lundi 2 février 2009

Dans une "polyaudition" généralisée.




















autoportrait à l'oreille bandée avec la pipe, 1889 Vincent Van Gogh


Police pour ceux sur le bord, altérité du lieu intérieur, la focalisation d'une pensée en état de se transférer. Transfert qui pousse à jouir sous le manteau de la révolte. Révolution intérieure du marquage de la langue qui parle. Parle d'avoir manqué son temps, tempête sur l'affect. Affligé ce corps corpuscule ira se branler dans un coin du lieu où gît l'armée des ombres révoltées. Sombre nature que celle socialisée quand elle rencontre l'ivresse. Pas celle des nourritures terrestres, mais celle de l'orgasme d'être vidé de cette peau actée. Du désir d'exister au milieu d'autres réalités. Réalités des fonctions vitales et de celles plus sourdes, qui tracent l'addiction, Suspension du sens dans un hors-temps, offrande au renversement de cette mémoire qui est oppression. La mémoire suspend tout sens de reconnaissance pour l'être pensant qui se tourne alors vers l'audition, écoute insurrectionnelle pour tenter une apposition sur les rives de ce paradis-dépense. Rencontre avec l'effervescence affective qui martèle, éjacule sa forclusion aiguë, tentative d'effraction du corps qui vide son temps socialisé, au profit d'un risque d'enterrement du temps de la reproduction. La reproduction du corps-cavité calvaire opératoire d'une osmose-vérité-loi d'une réalité en décalage, pourrissement de la pensée, de ce mouvement-collage dans une dissolution du réel. Le réel n'est alors réalité qu'à tracer un corps d'écriture identique à l'écoute simultanée de morceaux-coupes-visions de la parole sortie en « musique », dans un risque, un pli, drap soulevé sur l'image sans cesse rompue sur les écrans du savoir. La langue se coupe dans l'écoute de la composition musicale translatérale à la voix, qui en l'occurrence se porte plus haut dans la perspective temporelle d'activation de la dépense de l'intellection. Tout questionnement futur sera dépendant de cette différence pesante entre la langue et la voix (non seulement), mais pris dans ce fond incessant de la vie « oculaire » effacée par celle plus primitive de l'ouïe. Passage du policé à celui du bain auditif.

mercredi 21 janvier 2009

temps datant





Polyptyque de Saint Vincent,
panneau de l'Infant
de Nuno Gonçalves,
vers 1475










Réalisme de la faute du temps
à sombrer dans sa ramification
celle du corps particule du coma
intellection qui prend forme dans
ce bas naissance intra-utérine le
lieu et pulsion de l'après coup de
la cavité utérine ramifiée à partir
de la parole sainte celle vraie de
l'être double à tête ponctuée mi-
homme mi-femme mimétisme qui
entre et forclôt l'intériorité mime
mimétisme de l'un sur l'autre objet
du désir marqué comme d'un autre
réduction à soi du dire ou réflexion
sur le corps mis à nu nudité désirante
redirection de cette matière vers le
gène génération agrandissement du
vertébral corps ondulation qui naît
de la nativité vierge car l'infant naît
de ce déni de n'être qu'à régler le
régime de la reproduction sans quoi
penser est coupé de cette matière à
trop y croire de nier l'être ôté d'une
mise à mort de la naissance hors de
la copulation reproduction conduction
du fil lié à naître de l'être jouissant.

lundi 19 janvier 2009

en r'avoir

R'avoir une hauteur certaine
je constate sur elle un rien
rejetant l'autre aimée tel que
triturant le fils hauteur au
non pensant bestiaire humain
élasticité des pousses grandes
dans les culottes émaner tripote
sa faciale hauteur au non
pensant la main aux interdits
enfonçant distrait l'émascule
jouir du momentané saillante
des illusionnées unanime en
profiter hauteur au non pensant
du moindre auteur stipulation
pensante horaire réglée juste
râle langoureux infantile elle
enserpenté sera piquée du
pisseux encore pour en r'avoir.

âme vive


retable des Antonins d'Issenheim, de Grünewald


« rien n'est transmissible que
la pensée » Pablo Picasso

collage sur le Requiem
de Rey Eisen

Ostensiblement le récit tombe
comme couché par cet arrêt du
dire dirigé par l'affect affection
imminente du deuil d'un corps
coupé cage de faraday du genre
germination de la pensée pendue
au dire action acte rentré en ut
humeur du damné dogme ordre
infranchissable de la raison flou
frousse fomentée quand s'anime
l'effraction du corps chair du dit
corps surface glissement sur ce
lit ontogenèse de l'Un de sa vision
double qu'une corporéité va dire
du pouvoir d'appréhender la part
lisse du sens en gestation enterré
plongé dans ce vertige imposition
des mains pour croire croisé croix
de la prière première plainte poussée
en avant dévitalisée directement cru
de la croyance invertébrale première
terrible chant aigu et guttural gnose
contre cette errance du lieu social
socialité via les signes lumière voix
en fond dans un retournement de
la déité cataclysmique transformée
pour foutre cette faste forclusion
en l'air dans les airs musique fort
imprégnée d'ostentation balayage
des voix en coin contre une parole
dénaturée raturée en songe écriture
soudainement par apparition trace
trouée dans un corps d'écriture chair
chose intronisée qui enfin rêve qui
alors songe qui va dans l'action acte
torse noeud livré aux pires exactions
diurnes aux pires intonations nuit
ouverte quand les cordes pincent
frondent sur ce toucher touche du
verbe tentaculaire auriculaire entrée
en état d'apesanteur réfraction l'oeil
s'impose se lisse brille balbutie bande
de tout ses feux sur la frange franche
bord du balbutiement intemporel
qui gronde qui monte du dedans dieu
que son apparition soit réelle dans
quelle raie dans quel rayonnement
se dresse-t-il pour ouvrir à la liberté
blanche irruption aveuglé le corps
entre en lévitation en éternité infini
sans lieu ni esprit sans airs ni espace
sans rien à en dire sans parole sans
cri sans fixité sans vitesse visitation
qu'une plainte qui monte le long d'un
corps dépense d'un corps jouissance
corps contenu dans l'accord musique
mise en forme celle de dieu au plus
près d'identifier l'indifférente humanité
l'infecte pourrissement de la chose
charriée pour qu'on y croit à cet hôte
ôté de sa direction divine pour penser
pour être du risque qu'il y a au paradis.

Thierry Texedre, janvier 2009.

mardi 16 décembre 2008

peau de chagrin

Ça vole au dessus des champs
champs du dire oiseau sombre
de cette circulation ventilée
ventricule endroit du souffle
de la souffrance ridiculisée
par la ligne droite recourbée
du corps suturé du corps entré
en crise crispation du régime
autoritaire de la Loi enfilée
Loi du risque de souffrir sourd
surdité comme possible position
redressée avant son allongement
allocution de la terrible ivresse
qui s'adresse au regard perdu
du dire pulsation temporelle à
terme du coeur double du corps
désuétude du corps au croisement
insignifiant de la tension du vrai
de la chair charriée par un toucher
touche en coin angle ouvert de
la parole qui feint sa peinture
qui entend le fort régime de la
musique sur la surdité du dire qui
croit qui croît qui court le long
de sa marge la marque manquée
troubadour transfert en texte lu
en texte chant direction du vide
qui rétrécit comme une peau
comme un chagrin en plein essors.

mercredi 12 novembre 2008

Dieu

Sol terre rouge du ciel gris va sortir une ombre
sanctifiée par l'état de grâce d'une absence d'un
lieu où tout s'ouvre paradis à venir à rencontrer
aux cieux drogue d'une terre affamée par l'image
qui la tourmente terre ronde dansée dans l'infini
diversion des peuples qui montent la garde pour
ne pas dormir de la mort immortelle si ce n'était
pas si simple que de naître dans les nimbes vers
la dénature la déraisonnable initiation du songe
qui remplace cette croyance infestée de poux de
tiques de nuisances vertébrales non rien que ces
nuages suspendus au dessus de nous notre vision
du passage vers ce paradis encore flou florissant
dans nos coeurs comme une pousse un bourgeon
au printemps pour que l'élévation soit plus rapide
du sol au ciel seul le cours de l'âme peut l'ériger
course de l'âme contre la pensée restant au corps
clouée au sol calamiteuse et vorace calculeuse et
trouée de par la peur peur de perdre la répétition
le signe qu'une mémoire existe pour créer une vie
après la mort mémoire résurrectionnelle et l'âme
mémoire et âme liées pour tendre vers l'autre vrai
tremblement celui de Dieu dont la parole seule va
permettre une phylogénie génétique de l'homme.

au commencement de l'autre

Acculé au souffle de devoir
s'y résoudre le soi se prend
avec une certaine conviction
de se tourner
vers autre chose quelque chose
d'une vue
d'un écho
qui n'a pas encore de sens
et qui tourne autour de la
division
divinité posée comme début
pour poser le verbe pas l'image
pas comme croyance ni la peur
ni l'opposition ni un mirage
en point de mire où la seule
perspective va naître comme
commencement du raisonnement
pas plus du rejet négation
du saut dans le grand vide
du temps
des sens
sans se soucier de rien
la créature sujet à souffrance
se tourne pour faire de cette
perte la face de l'autre
l'invention de l'autre
un appel d'air qui va tourner
les têtes les nommer les vider
pour jouer la comédie
invention de l'échange
le verbe peut se rouler dans des
airs errer à grand renfort de cette
illusion répétition pour installer
l'autre
l'établir
c'est le sujet divisé qui sort
de sa torpeur en invitant la
parole
à rejoindre l'acte
tabula rasa rayonnante
du soi
d'où tout s'évanouit
d'où tout finit
d'où tout s'ensuit faire
de l'impossibilité d'être
cet organe corps sans la chair
de l'autre la pensée comme
source et giration de cet autre
de ce corps étrange écoutant
à rebours le drame de l'étant.

dimanche 2 novembre 2008

Le son de l'écriture

Quelle espérance dans le choix des textes? Espérance, ou matraquage de la vieille mère culturelle, qui nourrit de ses outrances culturelles l'absorption d'une telle espérance? De quel droit joue-t-on sur de tels axes, ceux de la souffrance morale, de la croyance verbale en déclin? Les sociétés dans la vision sans cesse renouvelée par l'information informatique croissante vont tomber dans l'intrication infinie, le tricotage illimité de l'arbitraire pensant, pour la première fois initiation de la pensée au jeu de l'impossible plein d'une vérité subsistante. Les cultures se croisent et se fondent en un régime autoritaire que l'humanité va soudoyer, va rejeter pour s'immerger dans un autre monde parallèle à celui de leur temps présent, vivante déconstruction que l'individualité peut encore rêver. La grande musique qui court en ces temps de déconstruction est celle qui retient le verbe pour construire une ligne de représentation qui pose de nouvelles questions. Cette musique est en cours d'exercice, elle met en forme la peinture et l'écriture avant l'écriture et la parole. Ou plus exactement les voix qui vont opérer un retournement total, voir révolutionnaire de la vision, visitation d'une ère, errance obligée au début, espace pulsionnel en cours, temps vécu en fin de parcourt, quand l'objet est créé, donnant sens au régime pensant. Que ce lieu du musical soit le déclencheur intrinsèquement et diachroniquement de l'écriture « scripturale » tant livrée aux érudits dans un morcellement de genre, comme l'écriture poétique, la littérature, en ont été l'extrême confidentialité. Écriture et musique sans compter que la peinture imprégnera (emprunte, signe, collage, écrans, etc.) ces hémisphères temporels d'une traversée du corps dans sa chair, via son érotisation.

lundi 27 octobre 2008

l'expansion


l'art de la fugue, 1980-82 de Judit Reigl



Arbre de vie vidé de son texte
du texte enraciné texte enrichi
sur la terre d'une syntaxe de la
répétition orchestrée dans un
temps
de la rectification de l'image
immanquablement étirée tuée
vie sismographe en pointillé
tranche
de la répression du site du sexe
transcrit savamment en stations
sanction sous une aire respiration
risque
rature de la ponctuation enflée
par le gonflement vertigineux
du vestige arbre de vie oeil
glaucome
pouvant interférer le risque
d'entendre la polylogie des voix
tentation du sens oculaire contre
le son
travers de la langue qui manque
son but questionnement de l'aire
atemporalité du risque de tomber
ouvre
touche caresse sous le léger
glissement des extrémités sur
la peau suave érectile et sensible
aux sens
intermittence des postures simulées
redressement du sexe masculin
pour monter l'autre sexe respiration
livraison
les deux vont entrer en communauté
risque de sortir du cadre de la ligne
répétition redirection du corps course
pareille
au vertige de l'être commodité par
l'imposition du magnétisme sensé
restaurer l'irruption de l'infini travers
réminiscence du cours de l'eau vive
un temps.

dimanche 26 octobre 2008

Sous un rayonnement solaire ténu




Pietà, 1505 de Giovanni Bellini




Dans l'art chrétien, une pietà (de l'italien «pitié»)
est une représentation peinte ou sculptée
de la Vierge Marie pleurant la mort du Christ.

Fermeture du rayonnement solaire
voir et croire convulsion du dire
qui culmine avec l'aveuglement de
la fracture compulsive de la mise
en demeure de l'espace espèce suée
sudation devant ce solaire écueil
équivalence de la terreur des lois
lointaines contrées par le caverneux
corps érotisé sous le soleil saisons
irisé de couleurs lumière blanche
en rappel de la mort réserve ruminée
par des sens en réflexion angoisses
des passions pas si sensibles sur les
dire dévastateurs dérive de la vie
peau arrachée à la chair inversement
proportionnel au rythme du refoulé
qui suture le mal machination de la
passion passivité du corps mis à mort
grand débat sur l'utilisation des esprits
pris dans un ressac une errance de la
divination qui tourne tant que son Dieu
est mis au compte de l'impossible de
l'abjection comme refus résistance
risque devant l'arrachement des corps
pitié devant l'acharnement de la mort
risque d'une division de la subjectivité.

vendredi 24 octobre 2008

le verbe action

Ossification du temporal vers sa chute l'esprit
à partir duquel on peut choir tomber sauter
cloué au sol seule pesanteur de notre état lié
à l'urgence d'avaler la langue pas celle écrite
mais celle plus près du corps à corps avec la
posture position de l'inconfortable élision du
sacré qui dérange l'inconsistance de la pensée
passage vers une autre aire de la résurgence
renaissance à l'infini du hasard de la pulsion
pas une prévision mais un terme au ressort de
la raison qui emmène le monde abjection née
un ciel nouveau vient de s'ouvrir devant le
spectacle d'une désolation des ressors des sens
résolument inondés d'images tronquées trouée
de l'infestation humaine de l'ordre polysémie
dévastatrice du verbe fait chair de l'inconscient
comme seul traduction vraie d'un impossible
transfert de la chair vers un verbe infinitif.

mardi 21 octobre 2008

nativité


la nativité mystyque, 1501 Sandro Botticelli














Des forceps, difficilement, laborieusement;
comme si ça ne suffisait pas, va sortir une
poussée capitale d'invitation au risque de
respirer l'air insoutenable du temps qui vient
à manquer. Dans la douleur du manque de
méditation de la respiration quand on passe
à côté de la mort, qu'elle se dresse comme
objet désiré dans ce sas inconsistant de la
raison de l'inconscient qui mène la danse.




tentative d'effraction


Retenu rien ne rode
autour du premier pas
si ce n'est de descendre
dans les sphères théâtrales
du sombre tintement
circulatoire du dit battement
ininterrompu du coeur
de ses circonvolutions
qui vous sont données
sous l'infirmité de la peau
du corps condescendant
ravageant en haut dans
une métalangue l'attente
de la tension tant attendue
du souffle fendant l'air
du mot cri carnage de
l'homme central qui fend
cet air de la femme qui
ouvre à la chair l'onde
de l'aube humanité du
nombre dire cri hurlement
contre la naissance qui
veut passer avant son cri
pour manquer ce nombre
né d'un demi corps et d'un
demi son naissance du
milieu social avant les lois
de la reconnaissance
sciences à reculons mémoire
pour certifier que c'est la
science qui prend pied
stabilise entre dans la danse
pour régler le règne du
sujet central celui de la
stabilité profil du règne
des sens sans dessus dessous
quand on pense que l'animal
en dit long sur l'essentiel
du lieu de l'immortalité
qui n'est que le choc de
la présence pliée des
mondes dans cet émasculé
et cette féminidé du règne
retourné du monde des sons
sortis expulsés du corps
rythme lentement de la
pensée qui tente depuis
son pôle culturel de sauver
le temps pour vivre dans
la représentation non d'un
dieu ou de mythes impostures
ou d'objets désirés mais
bien vivre dans une cavité
respiratoire où l'oeil coupe
couvre tout le champs
de l'espace intérieur du corps
pour représenter jouissance
perpétuelle infinie contre
l'infection des corps du
dehors bâtis pour juguler
l'exhortation du dire giration
le temps du dire poussé
dans celui de la parole
immonde de l'être
attention du cours des
choses sans cessation sans
fin sans suite sans tessiture
sans cesse soustrait au
stationnement du corps
quatorze fois tombé dans
sa chair quand l'être vient
le pousser le chasser du haut
des songes sudation du sang
dans la nuit du pulsionnel
au grand jour généralisé
dans la dévastation hérétique
de la parole retournement des
gènes sous une faramineuse
danse de la reproduction
danse du sexe érection de
la somme athéologique.


vendredi 17 octobre 2008

L'extraction de la désaction


peinture sur papier, 1913
Giacomo Balla


Intransigeance des actions humaines, rapidement écartées; quand à la saisissante continuité de la pensée, vont passer par cette sensation courte du son qui frôle le corps. Comme il convient de risquer une approche de cette virtualité qui passe par le trait d'union, le silence; risque de se perdre dans une rationalité textuelle, nous pouvons passer sur un temps elliptique, un temps qui se tourne en deux occasions passé/futur, passage qui croise en un centre (présent) l'altération du pensant. Ce pensant n'en reste pas moins pris dans une surface, transfert du pôle masculin vers celui féminin pour tomber sur la reproduction; naissance du pensant, noeud qui vire au cauchemar quand de se nouer l'être se risque à penser à cause de ce qui soulève la question de toute création: l'impossible naissance du risque de penser. De ses actions l'humain descend de sa vertigineuse verticalité dans l'état pulsionnel, sens, investissement, trouée dans le disque de l'aveuglante réalité: celle du soleil. Commencement qui ouvre à la clarté contre l'invisité, l'invisible dans la nuit du début du désir. Transgression du jour sur une onde porteuse, celle de la nuisance psychique de la nuit. Progression d'une lutte qui prend en chasse la tribu, pour tenter une irradiation, la tentative d'une tentation de la sphère sociale. L'espace n'est plus clos, il est temps. L'esprit d'effacement du conscient va entraîner la mise en pensée, d'une couche sur une autre, jusqu'à épuisement de la visibilité d'une transparence du lieu ainsi découvert, à découvert; c'est l'invention du réel transfiguré dans la réalité, pour faire sens dans son vréel. Quelle action anthropologique soit-elle, qui ira restaurer l'esprit d'un corps socialisé, corps qui pense de trahir sa mise en posture de risquer d'être? L'être n'est-il pas une posture, un traitement? Peut-être s'agit-il d'une exaction, acte lié à la désaction, sortie de l'action de la représentation. Action du délire pris dans son double (le temps), pour en extraire une figure divine, puis une transfiguration dans la parole du fractionnement d'un dire (succession de temps courts, musique et/ou peinture)?

jeudi 16 octobre 2008

soleil



aile de papillon, 1947 Wols














Ce soleil seule apoplexie
pourvu de cette tempérée
rature ronde silhouette née
d'une pause dans l'immense
cité un jour de sommeil
une éternité qui nous fait
dire quel regard se tourne
se risque de voir et sentir
une chaleur immatérielle
une vue aveuglement de la
prolifération des corps nés
pour sentir ce chaud présage
qu'on peut vivre sous son
destin tempête du temps qui
vient se glisser dans la partie
porte ouverte sur un monde
explosé expulsion exporté
du néant monde céphalée
aile de papillon l'éphémère
soustrait à la splendeur du
silence de l'envol ou rien
que la jouissance moment
maux jugulés maux roulés
en rond pour jouer à l'autre
bout de la chaîne pour tout
toucher tout sentir tout vivre
de ce rien qui vous emmène
rêve de la tendre douceur du
spectre qui va du jaune au
rouge arc dans un ciel venu
par évanouissement des sens.

mercredi 15 octobre 2008

aspiration de la pesanteur


l'attraction de la pesanteur, H80xL67cm
photographie et peinture montage polyptyque
de Viviane Canggeloni


Vie du marasme vide sondé dans l'infâme géométrie du texte divinatoire transmission autour du sanctuaire sous-cutané désirant de la peau rituelle de cette peau passée sous silence qui va pousser le haut tête à respirer autrement enfantement de la béance inaudible de l'acte reproducteur action du terrain couche d'une opposition barbare au risque d'association culturelle qui court vers sa fin fine résistance du coin d'un corps suspendu à ses bribes de chair chassée cloaque risqué du trou sans fin de l'aspiration dans le rêve de la réversibilité ravage rature rotation pour ouvrir le corps à sa sexualité sinueuse station des sens sexes doubles doubles de la production trop tard de son sujet qui pense pour avoir été le signe seulement du temps pas de la vie pas sans lois seulement de la location lourdeur poids de la retombée d'une pesanteur en physique.

non-lieu


Steve Reich





collage sur You are (variations) de Steve Reich




Presque rien outrageusement rétréci le dire entre en transe rite ponctuel de la fin respiration du temps donc mort du moi mortelle fracture de ce qui va tempérer l'effacement d'une représentation de l'homme homme replié sous forme de déposition de la couleur dans les plis sang veines concision du dire qui fait mouche après cette mort vite menée vite repérée et transformée en un vide du poids ponctuel du temps de la vie irréversible sens du désir crépusculaire de toute vie visitée art perdu science derrière le corps sondé et déplié double hélice du coma attendu traversé de toutes parts par l'enfant né de la répétition du son multitude de l'air sous un temps béant ouvert avant la parole pour que la vue s'interpose au son dans le sens qui le met en acte sens multiple du désir polyphonique drame de digérer les signes d'une circulation du jeu des membranes respiratoires trouée de l'indice que penser relève d'une abstraction qui mène à la réclusion du temps sa fin dans l'espace esprit en demeure sauf à écouter la petite musique d'un répertoire allégorique où l'image du présent emporte tout corps sensible pour fondre sa masse dans le redressement de la multiplicité de sa terrible doublure risque de rencontrer l'étrangeté qui soulève le fond indiscutable de l'errance humaine de sa vision lisibilité comme questionnement et avance pas du franchissement de la constitution de l'inconscient renversement du pôle de la croyance monothéiste en un lieu qui se saisit du drame de l'imposture de l'inquiétante étrangeté.

jeudi 2 octobre 2008

le son











composition VI, 1913 Wassily Kandinsky




En rien il ne nous tient de posséder
le moindre morcellement tant attendu
de sa tessiture trouvée traduite touchée
du bout des doigts soit dit en passant
sans cesse en attente tentation de la
dérive langagière lentement qui prend
même le pas sur tous les marquages
intentionnels de l'esprit inventeur à
l'heure des atrocités du monde humain
maints fois répétées et socialisé pour
réussir quelque exploit quelque folle
création par l'engendrement du nouveau
à chaque fois étendu sous l'impulsion
du son qui mène la danse nous mène là
où sa tension est la plus grande dans un
martellement des instruments entrechocs
des corps qui hurlent à la mort faute de
ne pas être le son être n'est rien sans ce
son soudain structure soudain terreau
de la fertilité de la reproduction des êtres
être est une phase du cloaque qui s'ouvre
sous la peau du bipède à cerveau au son
duquel tourne le temps qui n'est rien sans
l'être girouette giration gîte gangrené
par le microbe qui saute aux sons de la
mort mort de la chair qui perd son temps.

dimanche 21 septembre 2008

la nuit du temps pressé














Laocoon 1610-14 El Greco 137,5x172,5cm


Le temps en deux

pans de l'histoire

du temps pressé

en tête sortie

tout droit du

songe sans jeu

est jalonné de joies

où le je jet gêne

tous les gènes sous

lesquels est donc né

le jeu de la chair

qui enfle et entend

entrer en action

pour trouver cette

forme trop ferme

et fermée du corps

avec tous ses puits

de jour des orifices

fichés aux bouts

desquels dehors

le risque en joue

mais si d'aventure

ce corps est capté

il campe se coupe

du monde prend le

dedans pour dehors

là est la vie

qui pousse à jouir

pulsions de mort

du corps éteint

de la mémoire

qui frappe de lever

par la force virile

des choses le

seul sens celui

des sens du dehors

pour parcourir au

delà de sa vie

la vacillante et

vasculaire poussée

d'entrer dans un

espace de mémoire

l'espace de l'espèce

mémorisée né

de cette chair

soufflée soudain

l'herbe folle

qui plie policée

dans ce dehors

horrifique du pli

ombrageux lien

enfin retourné

qui touche le fond

feinte et fin

de ce bout du

corps obligé

de voir tous ces

corps décharnés

du dehors du damier

du jeu qui soulève

un corps nouveau

son corps délité

qui incorpore

encore une fois

dehors la nuit

du temps passé

par la respiration.


Thierry Texedre, septembre 2008.





samedi 20 septembre 2008

une lueur dans l'abîme





















peinture de Christophe Hohler


collage sur « Streams » de Philippe Hersant


Fixation fixité qui dure à entendre
vu la cessation des sons des veines
vibratoires qui ont eu un impact
sur l'esprit pour le dévisser de sa
position posture verticalité de la
réalisation chair vertébré la chasse
investie du nombre contre l'un lente
exposition du corps vidé de sa suave
envie de vivre vidé de sa terreur du
vide vidé de l'ombre portée au corps
incarné immanence de l'immaculée
conception de la divine imagination
fond de l'homme assis sur ce fort
essors essuyé sous les coups de sa
mort prématurée imposition des mains
pour revenir au dire au son au ciel
clair d'une levée de jour chaude excision
du mal qui sévit qui rime avec la psyché
l'aval l'irréalité du corps sans sa tête vif
traitement du regard qui tombe sous
l'effort d'être d'entendre de l'entendement
d'exister pour rien comme ça simple
glissement des couches du temps qui
s'allonge qui trempe sa tentative de
tentation de risquer la question la seule
qui vaille la peine de sortir du trou noir
de la poésie sans fond sans fin sans lieu
la dernière question qui est cette lueur.


Thierry Texedre





lundi 1 septembre 2008

Habitations















"Etat d'esprit: les adieux" 1911
de Umberto Boccioni

Habitations



Gnoses polymorphiques
Habitations
collage sur « La nuits des éplorés » de Sunleif Rasmussen

Coeurs d'enfants sondés soudés scandés
sous l'interpellation du rythme lent d'ores
et déjà cloué sur la rencontre inhérente
au rivage musical orchestral tempéré et
mordu de l'enfoncement du jeu musical
sous-jacent sortie des poussées hurlements
cris invertébrés du corps ahurissant grave
compromis de l'éclairage ténu des coeurs
transposés transfigurés sous le regard vrai
musical et composé des tintements posés
comme site stase strate de la violation du
régime temporel ouverture du chant long
ivresse hermétique qui fend l'air intangible
ordre du port de chair habit hardi harangué
sourd silence de la démesure orchestrale
entrecoupée des nuits éplorées des sourdes
évocations polymorphes éplorées démesure
qui monte jusqu'aux coeurs cavité du vide
qui est entrée de la chair dans une musique
franchissement du dire poussé par l'ombre
rayonnante l'ondulation possession vitale.

Double incrustation dans l'asthénie du dire
transparent translucide traversée musicale
rentrée des corps en nuits enfantées étrange
tourment du coeur qui bat sourde effraction
éplorée des enfants entrés en gutturales clés
de la possession infernale du chant sorti tiré
ici bas vocal quand l'orchestral vaquant tire
du jeu sa durée envoûtement intempestif de
l'irrationalité des voix transversalement au
corps d'écriture musicale au temps recours
à face d'immortalité face fastidieuse de la
lourde pression pourrissement verbal entré
dans le son qui monte et redescend à même
l'inflexion phénoménale de la transverbale
irruption de la voix courte mais éruptive
lâchée pour entonner l'air le rendre spatial
l'orchestre est moins perçu moins audible
c'est un fond que cette voix rétractée va vite
remplir va vite entourer l'instrumentation
la tenir comme arc-boutée sur un régime
de transmission des pouvoirs échange sur
quel silence quel contre-point réforme du
dire ponctué avant et sans vision après de la
lecture autre que celle respirée ponctuation
insaisissable du matériau sonore du souffle
qui finit par soulever dresser la vivante voix
du fond infini de la mort de la nuit des lâches.

Thierry Texedre, septembre 2008.

vendredi 15 août 2008

La créature temps






















Transpiration du recours aux
choses de cette chasse aux
errances où le regard hagard
saute transmué en lignes en
courbes modulations posées
sur l'esprit de liberté retiré
rouge de peur d'être nu de
la traversée pêle-mêle de
la fonction charismatique
qui craint l'être père même
le corps souterrain stationné
au plus profond de la hantise
verbale verticale vieille veine
de la plus inorganique lueur
de la plus improbable fiction
la fixation du sol sous l'être
fonction qui mène là-haut
où le vide s'installe se nomme
se fond dans une couleur ocre
d'y voir du noir matière chair
quelle musique qui monte qui
fractionne qui tente une sortie
lente agonie d'une tempête
sous la transition du son suite
aventureuse sortie du son
suite ténue pour voir du voir
de la vie créature ondulatoire
créée par la vue tombée sous
les coups du musical frottement
qui enfle qui tape tente l'oeuvre
ouverture du son contre l'objet
clos aventuré arrivé dans la
masse informe sans rappel et
sans suite une mise au tombeau
du dire qui n'en dit plus assez
pour choir voir seule une ligne
de parole indistincte se dresse
pour donner à voir une liquide
corpulence évaporation de
la dérive de la locomotion de
l'asens de l'aspérité sensitive
l'astre se voit on voit le temps
qui s 'étire se distord et s'éteint .

Thierry Texedre, le 15 août 2008

samedi 2 août 2008

3 Hymnes autour du corps

Contracter
constituer
converser
contribuer
concilier
réouverture du
seuil de la vraie
écoute du fond
d'une certaine
musique faite
pour n'être jamais
écoutée mais bien
pour tenter alors
de trouver l'âme
vive vite vérifiée.


Traverser
transcrire
transpirer
terminer
terrifier
cet acte avide
de terroriser
l'engourdissement
des gènes générés
grande preuve de
l'incessante peur
qui monte de ce fond
improbable du corps
déprimé mais qui jouit
qui enveloppe son sang.


Façonner
frictionner
fertiliser
fortifier
fabriquer
ce rien qui pousse
et monte le long
du corps placé
comme si sa force
devait pousser
un peu du dedans
et frôler en plus
en surface la peau
la laisser tactilement
la surprendre mortelle.

mardi 22 juillet 2008

Le son

collage sur 7 études pour piano de Pascal Dusapin


Ficher le son au coeur
fuir ce martèlement seul
faire dire aux coups ce qui
formera le présent prêt
fastidieuse lenteur qui
fascine l'oreille de l'ordre.

Lentement le son sort
librement de l'air en l'air
lueur encore invisible
lassée de ne pas s'y tenir
limite de la raison sur la
ligne qui ouvre à l'affaire.

Ivresse du corps d'audition
irascible impression d'un
irritable livre ouvert à la page
interdite pour quelque temps
infernale mutation du son
impossible à entendre avant.

Passer par la pulsation
pour produire du rythme
provoquer du son station
primordiale du saut sur
plus de vol valeur vite
pliée sur un train d'enfer.

Pourtant rien ne laisse voir
partout une irruption du
parcours pulsion primaire
probable inflexion du corps
plus près de sa fin et vite
propulsé de manquer le saut.

Éradiquer le son reste moins
enthousiasmant que sa vie
entrouverte par quoi il résiste
encore au bruit qui le soulève
erreur du son du bruit masqué
entendu avant ce son sonnet.

Radicalement le son est
roué de coups par le bruit
rendu permanent ici même
rare est le son qui semble
rayonner partout pourtant
rougeoyant au corps chaud.

Thierry Texedre juillet 2008

dimanche 20 juillet 2008

La gravité du Temps




Ascèse n°1 2006 Fabienne Verdier




La gravité du Temps

Triptyque/3

Le Temps est plus important qu'il n'y paraît ou
ce qui force le temps c'est l'homme être parlant
le temps est hors de portée de l'homme mais
aussi il le traverse c'est le temps de la conscience
que les religions ont imperturbablement vissé
dans nos esprits par une structuration qui encore
aujourd'hui rend compte de ses effets non pas
pour une cause destructrice ou déviationnistes
application dans certains courants terroristes en
ce début de XXIe siècle mais aura permis une autre
voie plus matérialiste celle-là par laquelle l'image
culturelle se décentrera perdra son centre au
profit d'un élargissement législatif une vision
périphérique où l'étendue n'est plus idéelle mais
idéale révolution Copernicienne révolution aussi
dans les Arts qui vont se libérer du joug de l'église
et aller voir où les sciences ouvrent parallèlement
au monothéisme une voie plus temporelle que
spatiale et c'est là l'erreur cette scission programme
annoncé d'une dérive d'avoir diviser le temps pour
mieux y voir son corps celui de la jouissance en
représentation pas ce corps carné compressé coupé
divisé mi-tête mi-chair sans cesse prêt à prendre le
temps pour l'espace qui lui n'est pas encore un choix
de société pour preuve la reproduction effrénée que
nous vivons reproduction d'objets représentation
au lieu de sens du sens de [l'espace /Autre /espèce]
pour lequel l'homme semble passer outre poussé
par une suffisance qui le porte à préférer plutôt que
de vivre extérieur à son ego son moi irréalité de ce
monde secoué par le mouvement substrat inventé
pour inonder les corps d'un pouvoir incommensurable
d'altérité mentale jamais atteint à ce jour et faire croire
à un heureux futur que la maîtrise humaine n'a de
cesse de faire croire encore addiction drogue douce
ce qui est relayé ici c'est d'être dans un temps et non
un espace on s'en doute ce qui est caractéristique à
chaque époque dans une nouvelle déraison inventée
d'une histoire exhortée par l'arrivée de la consumation/
consommation portées à l'écran de la temporalité
compressée autre illumination autre illusion qu'aucun
texte de loi ne veut mettre en suspens faire du futur
semble aujourd'hui de moins en moins probable contre
vents et marrées pourtant la subjectivité résiste et se
met en avant dans son rôle de pensant travail sur ce
qu'est l'espace hors du temps l'horloge interne du
vivant n'ayant que peu à voir avec le temps divisé que
nous connaissons la vie n'est pas une abstraction mais
c'est par une abstraction du temps que la peinture
par sauts successifs va ouvrir ce champs impossible
à saisir qu'est celui de l'espace pas architectonique pas
architectural pas en volume objet minimaliste mais
regardez bien ce que la peinture est entrain de livrer
l'ouvert/fermé du Texte/Loi où s'engouffre l'espace
qui annule le temps dans sa conception socialisante
le temps a été divisé alors qu'il aurait dû être mis enfin
en espace pour clore en dernière instance l'intelligence.

collage 3 sur The Canyon de Philip Glass
Thierry Texedre Juillet 2008

vendredi 18 juillet 2008

Terre neuve





A bigger Grand Canyon 207x744,2cm 1998 David Hockney

Sous un ciel clair et tendre
l'irréalité se fait plus ferme
formation de nuages au loin
dans le milieu du jour la joue
semble être tendue comme
pour s'élancer contre ce qui
la claque l'interdit divinement
de l'apostrophe de l'interdit
de ne rien répéter que la soif
d'amour amour du dire pour
qu'une impression vienne se
calquer sous l'oeil là où naît
la forme infernale de l'image
imaginaire d'un espace chargé
d'amour de l'amour du voyage
dans les grands canyons de la
traversée du nouveau monde
sous un ciel plombé par les
ondes du sable chaud et de la
vision sans eau du sol rouge
qui court le long des grandes
sinuosités des vestiges qu'une
terre arrogante va interdire va
rendre rayonnantes tellement
la vie semble encore impossible
humanité à l'aube transgression
de sa civilisation sur les traces
de l'animal encore chassé aux
plus illustres heures de notre
contemplation ici maintenant
au plus près de cette ère viscère
inconsistante de la société du
temps plus que celle de l'espace
contre un dire jouisseur d'un
autre sexe par quoi on pense.

Collage sur The Canyon de Philip Glass
Juillet 2008
Thierry Texedre

dimanche 13 juillet 2008

D'une lamentation à une résurrection




















la Résurrection du Christ 1634-39 Rembrandt



Lamentation lente de la division
du dire qui rend l'âme à la liquidité
autisme de la parole qui fond sous
le soleil liaison au corps absorbé de
l'homme humanité de la conscience
livrée au pire la féminité la réalité
de cette insipide rhétorique du pan
privé obligé de regarder obliquement
sentant l'aire de la parole se liquéfier
l'absoudre pour une éternité impossible
à rêver il y a eu comme une pression
devant un devenir ivre de grandeur
malgré l'homme à ses dépends ou si
on veut dans l'introspection probable
de l'inconscient qui va rivaliser avec
l'animalité plus générale et encore
à découvrir à tenter ce qui revient au
volume voir n'est pas une affaire liée
à l'apprentissage ni à la culture mais
c'est bien une histoire de la disparition
de sa surface découverte par l'abstraction
en peinture voir est une surface pas un
volume tel que un peut se diviser en deux
ce vol intempestif du dire doit aussi se
diviser pour découvrir son volume sa
césure est ce qui marque et manque à
l'homme pour se sauver de l'incalculable
erreur qu'il prend pour le vrai et qu'il
atomise de trop dire et de dire dans la
dépense autre erreur majeure de la seule
civilisation dont nous avons dépendu
celle du monothéisme qui tend à son
autre face une ouverture celle diptyque
quelque chose qui a à voir avec son
raisonnement et l'image la résurrection.

Thierry Texedre Juillet 2008