Axel Pahlavi, Un autre amour, 2012 Huile sur toile — 170 × 120 cm
Ordination et désordre
Puiser dans l'épuisement de la
culminante image qui frôle l'abjection. Voilà ce qui montre
l'aberration de la reconnaissance vulgaire du web dont on mesure
l'effet déstructurant sur les consciences de nos têtes
asymétriques, haut lieu d'un probable rétrécissement monothéiste
lié à cette empathie pour la liberté d'immoler l'innommable
déification (dont on peut craindre sa petite mort dans la
déréalisation de son traitement depuis l'impossible figure
de Dieu), l'ordination de l'image ; apothéose de
l'ordination d'un déplacement violent et sans pause, sujet de
l'accouplement, l'ordinateur (du latin ordonator : qui met de
l'ordre, ordonnateur) qui s'offre ce recouvrement trop sacré
d'une lecture par une imposture : celle de la
lecture/ponctuation.
*
Contre toute attente
l'irréalité du jour
prend forme en histoires
monstrueuses
qui tremblent
dans l'intensité de la
nuit
réalité du rêve
Amour te tiens-tu
au beau milieu
de cette folle danse
serré tout contre toi
me voilà compromis
avec l'amertume
de ma mémoire
exténuée par ta présence
lancinante volupté
qui monte inconnaissable
*
Ne plus revenir sur l'image
qui touche à la longue histoire du corps exhumé de nos espérances
sur l'immortalité de l'amour. Là, ça passe et repasse. Ce qui se
traduit dans cette immersion de la mémoire, dans la vérité du
risque de penser cette douleur de l'amour, par tant d'exclusions du
parcours de l'être-las (montré comme une lassitude sans
cesse du pourquoi de l'immanente pression de l'amour) clivé et
coupé de sa chair ; pourquoi puiser et toucher un impossible
état du fond amoureux, de cette épuisante lutte pour la vie,
d'aller jusqu'au viol de la peau partout sur elle et dessous.
*
Longeant les douces plaies
de ta voix j'ai peur pour
ma vie
peur d'en finir avec ce
jugement
qui m'absout de tes péchés
passer par la grandeur de
ta bouche
respirée et ouverte pour
moi
de nos langues émanées
enserrées et enroulées
pour faire passer nos
corps
par l'enseignement de
l'amour
Vois ce grand désordre
qui nous éveille
qui nous plaît au sommeil
dansant sur les draps
effarés
gentille causerie de ceux
qui s'adonnent le regard
blessé
à la blasphématoire
imagination
*