Cet œil combattant
Un soir une nuit
polémique du rire
qui souffle sa souffrance
volubile
rentre dans cette ombre repue
pour sordide jouer
aux battements insoupçonnés
de la dérive
que le noir invisible
s’estompe
se noie
se rétrécie
à tant de risques éperdus
la petite musique
est-elle encore entendue
est-elle toujours
ici là où se pâment
les ondes musicales
du temps pressé
le sang du temps
des opprimés
voilà le petit matin
esseulé en nuages gris
plein de rêves endigués
lentement ce réveil clôt
va sortir va de l’œil
voire l’immanente vie
aux couleurs de gris et de bleu
du bleu d’une renaissance
du gris nébuleux accouché
voilà encore se redressement
aux pieds du lit
caverneux et froissé
privé des sons dépassés
plongeant dans les hiatus
délibérés de la terreur
celle du vivant qui parle
peut-être est-ce cela la passion
qui de dérive en dévers
expatrie parti pour ce long voyage
de l’indigence respire encore
au grand jour
l’infamie de ces sons reconnus
plus horrifiques que l’espace
d’un premier regard
caressant le monde inattendu
l’indicible flottaison florale
envahira la couleur du monde.
Thierry Texedre, le 13 avril 2026.
d’après le concerto pour violon d’Alban Berg, par David Afkham, Alina Pogostkina.