lundi 13 avril 2026

Cet œil combattant

 



Cet œil combattant



Un soir une nuit

polémique du rire

qui souffle sa souffrance

volubile

rentre dans cette ombre repue

pour sordide jouer

aux battements insoupçonnés

de la dérive

que le noir invisible

s’estompe

se noie

se rétrécie

à tant de risques éperdus

la petite musique

est-elle encore entendue

est-elle toujours

ici là où se pâment

les ondes musicales

du temps pressé

le sang du temps

des opprimés

voilà le petit matin

esseulé en nuages gris

plein de rêves endigués

lentement ce réveil clôt

va sortir va de l’œil

voire l’immanente vie

aux couleurs de gris et de bleu

du bleu d’une renaissance

du gris nébuleux accouché

voilà encore se redressement

aux pieds du lit

caverneux et froissé

privé des sons dépassés

plongeant dans les hiatus

délibérés de la terreur

celle du vivant qui parle

peut-être est-ce cela la passion

qui de dérive en dévers

expatrie parti pour ce long voyage

de l’indigence respire encore

au grand jour

l’infamie de ces sons reconnus

plus horrifiques que l’espace

d’un premier regard

caressant le monde inattendu

l’indicible flottaison florale

envahira la couleur du monde.


Thierry Texedre, le 13 avril 2026.

d’après le concerto pour violon d’Alban Berg, par David Afkham, Alina Pogostkina.