Le hasard réconcilié chez Chloé Silbano
On commence par la lumière saturée
rien ne semble prédisposer l’artiste à
nous promener nous balader dans l’œil
impossible à reconnaître tant la vue
impossible à maitriser l’espace porte
le poids de ses manques en passant aussi
par un seuil insensible au hasard du risque
puis vient le déséquilibre du dessin visible
à cause de cette lumière improvisée et pâle
jusqu’au crayeux d’une saisissante présence
blafarde qui inondera la peinture osmosée
car des bras et des mains se détachent
comme si le corps dans sa découpe se risquait
à nous montrer enfin cette lumière maitrisée
ce quelque chose qui a à voir avec un accord
une ontologie qu’un passé semblait improbable
à rendre visible voilà bien là un nœud qui
se risque jusqu’à l’aveuglement intelligible
des corps rompus avec leur entièreté pour
nous réconcilier avec la lumière du vrai jouir
bien avant celui reconnu par les sens qui brûlent
la mémoire d’un corps entier voué au seul hasard
enfin ce qui se trame partout sur la toile ici
rend possible la vue sans risquer de la perdre
pour toujours un souvenir de cet enserrement
qui nous enflamme alors des pieds à la tête
si les pieds nous montrent l’aplomb de la tête
qui en retour nous détermine comme dépensant
depuis ce blanc du temps qui déchire la parole.
Thierry Texedre, le 26 août 2026.
Chloé Silbano née en 1986, artiste plasticienne, performeuse et vidéaste française.



