Je fume la langue
je sniffe les mots
jusqu’au petit bout
de la nuit en apnée
je me pique au vif
devine la peau bleuie
je suis rouge enragé
d’ici ces nourritures
terminées crachées
amalgame indigène
qui suinte des pores
quel porc ruisseau
qui continue à user
le temps d’un infini
regretté allure ajustée
à quatre épingles
à cause de la plaie
avant d’en terminer
avec la langue veule
qui s’ouvre toujours
quand on la croit
par l’amour ordinaire
je fume la langue
un peu par ostentation
indigène des temps
à pervertir au ventre
de l’œil territoire
de chants irradiés
d’un acier bleui
c’est la peau même.
Thierry Texedre, le 21 septembre 2026.
"La mère du condamné" peinture de Marlène Dumas, 1985
.jpg)