mercredi 3 mars 2021

Abysses



Abysses


Du prétexte pour faire croire

au centre que l'enfer est partout

au sens du centre le sang éternel

ventre à terre plie pour passer par

ces fenêtres illisibles du temps

tourniquet de la roue illimitée

et sans fin la terre est carrée

puisqu'on peut y vivre pousse

de la vie en ligne dans l'infini

qui fait le tour à son tour objet

d'une possession de la vue

parce qu'elle n'a de cesse d'entrer

en résistance avec un corps

caverne contaminée par le dessin

dessin du corps déformé plaies

de l'invisibilité de l'entre-deux

le corps dessine sa fin pour

fuir l'enterrement de la chair

la chair se délite s'absout livre

sa défaite dans un volume boite

corps vidé de ses maux nauséeux

corps du dedans livré aux feintes

d'une peinture qui tente la fin

insaisissable envers de l'au-delà

où s'induit l'envol de ces âmes

vertueuses et monstrueuses

le monde est carré dans ces lieux

vulgaires voltige d'un point

à un autre angles du dedans

angles du dehors qui teinte

en une petite musique répliquant

sans cesse sa jubilation à exhumer

le peint de ses couleurs acides

en buvant l'esprit jusqu'à la lie

pour lui faire dire ce que le peint

n'a pas encore tenté de son vivant

lui faire dire par quels abysses

son sort semble soumis c'est là

le risque d'une rencontre avec

l'avant vie de l'avant du verbe.



Thierry Texedre, le 3 mars 2021.




"Abysses", 2020 peinture acrylique sur papier, Raymond Stoppele