samedi 20 janvier 2018

La Cène

                                                           La Cène , Pieter Pourbus
                                huile sur panneau 46 x 64 cm, 1548




La Cène

Couvert par les ondes
inopportunes de l'être
sonnent les dérives
de la peau en creux
possédée par des chants
sur l'eau en reflets
qui tombent jusqu'au
fond de l'inexplicable chair
charriée par la tumultueuse
guerre à propos de la parole
voilà ce qui pousse l'art à atomiser
les couleurs dans une ronde de lumière
couverte en ces tentatives de tension
la lumière obsolescente et monstrueuse
en une irrémédiable décollation
de sa figure l'aveuglement de l’œil
sort du conclave exultant de la croix
aussi sordide s'emparer du corps
le fendre le feindre en foutre
aseptisé du scepticisme de la foi
dans l'enfer d'un enfermement
le grand dieu de la dépense
le repas de l'impassible repos
sur le temps mangé en partage
jusqu'à jurer la vie éternelle
comme improvisation
du recentrement du même
le rectum du bien
sur l'indifférence de la mort
voilée dans l'abondance
corps réparés corps et âmes.


Thierry Texedre, le 20 janvier 2018.














lundi 15 janvier 2018

Accouplement vertébral

                                     
Leonora Carrington
(1917-2011) - Ferret Race, 1950


Accouplement vertébral

Le ton est donné
l'écriture vole-t-elle
au secours de la peinture
ou cette séparation
majeure promeut-elle
comme un vol
une insuffisance
qui monte dans l'âtre
séquencé de la vie
pour lentement couper
cette séparation
en une infinité
d'excrétions volutes
de mots éparpillés
sur la toile endormie
en couleurs exaltés
et touchées par le vol
la voltige qui retombe
dans ce marais indécent
d'un labyrinthe onirique
et transcendant calvaire
de l'écriture qui flambe
toute ses signifiances
en ersatz singuliers
peaux obsédées
par la mise à mort du dieu
dans les plis de la chair
et le risque de la chute
ensanglantant le temps
quel accouplement
irrévérencieux sort
de ces mots nauséeux
pour se perdre dans les limbes
autistiques du récit perfide
entrain de courber
l'évitement du sang
en couleurs sulfureuses
pour renaître peut-être
pour enlacer peut-être
la vie perdue dans l'eau
vulgaire du néant
chassée à ses pieds
par le poète investi
de cette âme isomorphe
et tortillée en douleur
définitivement le lieu
inconnaissable de l'art
qui plie devant un corps
exsangue de compromis
consistoire de la parole
en cessation entrée
par cette affabulation
dans ce paradis
qui referme le doute
sur la douleur
pour traduire alors
et voir venir le vertébral
l'accouplement vertical.


Thierry Texedre, le 15 janvier 2018.








mercredi 20 décembre 2017

De la vacuité




Fabrice Hyber – Peinture homéopathique n° 10 «  Guerre désirée », 1983-1999 – Diptyque 225 x 450 cm – Photographies, dessins, écriture, sur papiers et papier de soie, le tout collé sur toile à la colle de peau de lapin






















De la Vacuité

Réveil noctambule
reniflant l'art de vider
tout objet de sa substance
vitesse polémique du vide
qui s'étend autour et dedans
jusqu'à cerner la forme
jusqu'où celle-ci pleure-t-elle
de ces affligeantes certitudes
qui plient et recomposent
l'objet pour le déconstruire
l'emmener dans les illusions
de la détermination du néant
le vrai saute aux yeux
tant l'objet invite au reflux
au refus d'exister dans la
distinction de la vie
et de la séparation
de la mort et de l'appartenance
exprimant ce qui du vrai le sépare
du faux par l'entrée dans l'irréalité
partout cet endormissement
prend l'aspect de la pensée
qui raisonne un temps
soumise à l'infini des concepts
enfermés dans l'imparfait signe
qui couvre le temps traduit
de la langue en négatif
sur la subjectivité en contrepoint
du commun condensé dans
l'attachement aux formes
le risque d'un réel qui franchit
l'espace du vrai par un affranchissement
du néant comme si l'Un naissait
du néant pour exacerber
le multiple jusqu'au traitement
de la ligne la sustentation
dans un attachement de l'esprit
à l'impermanence de toute chose
dans un face à face avec la vacuité
l'inconnaissable circonstance
d'un lieu avec la raison
le dédoublement avec la déraison
risque à tout va de supplanter
toute intervention sur l'existant
incitant par là à objecter
sans fin ni commencement
d'une réalité de la mort.


Thierry Texedre, le 20 décembre 2017.







mardi 19 décembre 2017

Feux Noirs



Feux Noirs

Poussé par le temps
l'emprise du front
la légèreté des sons
l'anachronique dire
douce-amère friction
de la décollation résolue
voilà la noire dépossession
du feu intérieur mouvant
monstre allégorique
macabre détonation
en coups sanguinaires
anthropophagie du cri
qui fait le verbe nauséeux
et découvre la peau
pour s'y inquiéter
sinuosité des mots
élevés au rang de
l'éternité et de l'absolu
le verbe s'identifie
se résout à couper
et remontrer l'affaire
entrant dans les pires
ancrages de la folie
la folie n'est plus
assez folle pour taire
la publication écriture
juste un recours au trip
tripoté par les mains
du désir insoluble
du sang retardé
le regard noir
la nuit détricotée
se diffuse au centre
du renflement interné
du rêve illuminé
par l'histoire pensée
comme mémoire
à-rebours de la parole
cacophonique tam-tam
et pucelle du vrai
retour vers un jour
jambes retransmises
en traversant le gué
galvanisées elles pleurent
pissant toute l'encre
du corps atterré.


Thierry Texedre, le 19 décembre 2017.










dimanche 17 décembre 2017

Plainte

Peter Klasen - Hommage à El Greco, 2013 (240 x 434 cm)









Plainte

Soûlée par la vue
la commémoration
l'affection diurne
la dure réalité du fond
insupporté de la dérive
ridicule du temps
puisée dans la peinture
vautrée partout
où les sons atténués
sonnent goulûment
de ces plaintes
atterrées au ventre
rentré parcelle sucée
le suc du corps soumis
à trop s'encarter écart
des jambes qui
s'enfournent en souriant
devant l'équivoque sexe
montré du doigt
par les ondes ravagées
de la chair goûtée
ensanglantée à rogner
la délicieuse peau
marquée de travers
en chiffres rayés
qui comptent pour un
espace recroquevillé
lui-même est compté
en érection botanique
fleure qui vire au violet
c'est la bouche écarlate
qui revient vivre
l'histoire du drame
de la découpe morbide
du tronc cultivé
à trop diviser lecture
jusqu'à démontrer
la déconstruction
du visage numérisé.


Thierry Texedre, le 17 décembre 2017.






vendredi 1 décembre 2017

Alva Bernadine, (1961-) photographe





                                                                 Succube Siamois, 2005






Occasional table























jeudi 30 novembre 2017

Violence de la syntaxe

Stéphane Lovighi-Bourgogne - La guerre fait l'amour



Violence de la syntaxe

« Sur la plage intentée de ce vice et versa de la place feuille asséchée du vent tiraillé par l'esprit tout pense à croire que l'espace prend forme à partir de rien dans la volupté de la lecture dans la tentation d'étirer les phrases pour les rendre moins sourdes rapprochement du vulgaire sur la place plage blanche de l'image terminant la noirceur de l'après-coup de l'écriture inappropriée tas de mots empilés sur ce plat pays paysage saturé en ratures pour monter le drame en épingle sauter faire sauter les gonds du monstre intérieur la loi de ce corps voué à l'apocalypse parce que la lecture semble insoutenable à occuper tout l'espace de l'esprit invité à pousser la porte dehors sur la plage le sable à perte de vue désert de celle qui s'offre à la reconnaissance à la connaissance avouée du désir d'approcher l'imaginaire au plus près couché sur les pages qui volent déficience d'un trait remonté qu'est-ce qui se risque à faire trembler la syntaxe si rien du corps n'expire.»


Thierry Texedre, le 30 novembre 2017.