mardi 25 avril 2017

Arrachements

Jean-Charles Blais - "Sombrages", 2016 - Peinture sur affiches arrachées, 146 x 121 cm


























Arrachements

Posé sur la branche en vie
du cœur expatrié
l'esprit demeure
insoumis et
inavouable tant
cette séparation
montre l'arrachement
au temps exsangue
au temps présent
somptueux et meurtri
ne peut-on pas souffrir
au fait de cette gloire
au plus près de la densité
de la dure réalité
qui émeut la chair
pliée par l'esprit
en songes rentré
ridicule concertation
concert intraduisible
de la volupté en surface
par ces arrachements
ces ulcérations
qui glosent et frôlent
l'altération coupée
de cette parodie tête
arrêtée en plein vol
pour n'être pas encore
baisée par l'autre corps
écourté et sans les sons
du double poison
de quelle tempête intérieure
qui épuise tout le vide
laminé du grands déchirement.


Thierry Texedre, le 25 avril 2017.









samedi 22 avril 2017

Bestiaire

Aditi Lago - peintre


















Bestiaire

Par les temps hurlants
de la voix soulevant
le vent du ventre
rentré et tuméfié
la parole l'acte anonyme
de l'extravagante
raison pliée par l'onde
de l'ivresse tutorale
l'ombre improbable et
des yeux grisés
par leur gonflement eux
ils regardent la tête
au miroir déformé
relevant les contours
imaginés plumes libres
de voler au secours
de la laideur voilée
qui ressemble à ces cris
d'oiseaux licencieux
entrain de frôler la peau
écaillée par l'usage
altéré de la parole
l'incubatrice d'indice
que n'a-t-on pas eu
d'empressement quelle
extravagance passe
pour rassembler les traits
de l'animal imitant
les on dit poussifs
d'une arrivée en gare
sous le non dit lueur
en soi le soir l'étreinte de
l'essence des choses
faire et défaire le monde
le plier pour qu'il loge
dans le zigzag de l'éclair
force démiurgique
de ces monstres nés
pour inventer l'homme.

Thierry Texedre, le 22 avril 2017.







samedi 15 avril 2017

L'extraction

                                      Jérôme Bosch - L'extraction de la pierre de folie, 1494


















L'extraction

Le clou le vide
du travers
outré de la foi
en irruption
quel cataclysme
quelle drague du rien
né de la parole
qui s'efface
qui s'efforce
forclusion
du rire envoûté
par un coup porté
au cœur de la chair
voilà l'imposture
du corps prématuré
du temps posé
sur la possession
sur la surdité
qui monte aux
oreilles de la vie
qui montre ce nu
torturé par la musique
tuméfié par la peinture
et vissé aux pieds
de la mort
savez-vous
que par là tout se passe
que tout savoir
est proportionnel
à la voix qui l'anime
soit qu'une voix
effrénée vous saute
à la vue à qui
veut bien l'écouter
à bon entendeur
un salut s'impose
aux rescapés
de l'armée en mots
qui inondent le
souffle soudain
pris d'un sursaut
l'erratique envie d'en
finir avec la langue
l'extraction de l'âme
même qui saute
dehors retorse
en rêve et en vrai
pour montrer ce blême
corps sans vie
commémoré en objet
en matière grise la sortie
de ces monstrueux mots
marqués remarquez
par quel florilège
le regard s'invite
à l'empressement
à l'encombrement
petite peste pestiférée
polémique pour le pouvoir
la partie serait-elle
jouée que le temps
n'eut pas le temps
de s'emparer
de l'émerveillement
même de jouir de
se jeter dans l'arène
du sort déjoué
de la fin dés lors en vie
tel un fou.




Thierry Texedre, le 15 avril 2017.






vendredi 14 avril 2017

Stabat Mater




Stabat Mater
Mère de toutes les gloires
vois-tu ce sacerdoce qui
tombe au plus bas 
de notre misère
misère de l'avant
misère de l'après
mère de tous nos péchés
mère de nos délices
mère de nos songes
éphémère morale du temps
qui rencontre l'esprit
rendu possible par
la possession ivre
qu'un corps entendu
n'aura plus jamais
à montrer sa souffrance
puisqu'il voit sa fin
pour l'éternité
puissance de la mémoire
qui soudain touche
à la voix parodie
de la parole future
pour s'essayer au mal
essuyer les maux
de la tentation des sens
usant de l'incestueuse
différence avec les cieux
peinture entrain de quitter
l'espace en plis depuis
l'entrée en opposition
avec l'inavouable
déferlement du sang
qui coule au milieu
de la plaie ouverte
du désespoir
vêtement de la mère
mise en représentation
et chassée du né
pour avoir oublié
un instant le plaisir
par la vie éternelle.




Thierry Texedre, le 14 avril 2017.





samedi 8 avril 2017

Mémoire de corps

                                                            Michel Carlin (1935-), peintre

























Mémoire de corps

Par quelle polémique
le temps semble
inaccessible à la vie
pointé par la mémoire
le seul renversement
qui se montre à la vie
serait cette mise en demeure
qui s'offre à la mémoire
prendre le risque
de lentement vivre
cette défection ce manque
ce renversant sporadique
et exaltant oubli
point de polémique
dans ce satané rictus
qui soulève la bouche
jusqu'au cri arraché
à la peau surnaturelle
et désaxée par la hantise
de revivre de pousser
de fendre l'air de cette voix
polémique et illuminée
tant que l'incommensurable
surdité de la mémoire
sonde la sordide
infestation de la parole.




Thierry Texedre, le 8 avril 2017.







mercredi 5 avril 2017

Naître de rien

Gérard Salomon-Wasserman (1951-) peintre





Naître de rien

Troué l'exquis ressort
né de la paix du temps
assermenté en itinérant
en alchimie de la parole
qui tombe mal parce qu'elle
est le mal en puissance
elle plonge l'être dans
les flammes de la pression
puissante déclinaison
de l'examen qui commence
avec le né attendu
le né nébuleux de
ce non désiré du
corps inconnaissable
expulsé par le doux
orifice de la fente
dardée du plaisir
vissé à la chair
pour avoir expulsé
le viol inversé
de l'intellection
entrain de se déliter
jusqu'au risque
absurde de parler
les mots incontrôlables
de l'inconscient
à l’œuvre louve
exacerbée des sens
puisant dans l'extase
du nom passé
du maître mot mort
par l'impuissance
de l'acte d'aimer
de l'étreinte contre
les maux de la mémoire.


Thierry Texedre, le 5 avril 2017.
















mardi 4 avril 2017

De la peur


 Alexander Tinei (1967-) peintre hongrois, né à Caushani en Moldavie.



De la peur

Sur quelle étreinte la joie
s'étale et manque l'harmonie
qu'un corps ultime dans l'ivresse
pousse vers l'étirement
de la chair sur l'étreinte
de la peur devant l'envie
d'une démarche qui gronde
au milieu du corps incommunicable
corps dont les effets de la peur
vont tenter une rencontre avec
l'esprit qui s'inonde des miasmes
intraduisibles par les mots
monstrueux de l'ourlet
qui va du ventre au souffle
sulfureux de la voix
qui sort par une oreille
mal intentionnée
parce qu'elle entend
les rituels de la peur
à faire sombrer la chair
dans un risque
sans fond ouverture sur
le monde inattendu
de l'origine.



Thierry Texedre, le 4 avril 2017.