vendredi 6 février 2015

Supplications


D'un rugissement du corps
qui éructe trop érudit de sa
gloire à renaître inconsidérément
depuis l'origine impuissante de
la terreur d'exister voilà le socle
interdit de la décomposition
de la chair sentie par cette fleure
aux couleurs consenties et drôles
perdue au milieu de nulle part
par sa tige qui ondule face au
vent dans l'immensité humide
d'un champ de blé avant l'orage.

L'heureuse course du temps
après ce corps nu qui danse
dans ces herbes folles et qui
sourit de s'en foutre du regard
malotru qui s'évertue à dénicher
les fautes les marges les polices
démasquant ce silencieux décor
sautent sur l'occlusion du corps
qui serre les dents avant de se
soumettre au travers de la cité
qui suinte tant et si bien la cause
incommensurable de la mort.

On s'en remet au jugement voilé
du commencement de la vie
ici au milieu de ces errements
et de ces amoncellements de corps
dépossédés par la musique bruits
ininterrompus de la dérive obtuse
de cette petite histoire de la vie
dont on ne sait pas encore qu'elle
renâcle à respirer les odeurs de
l'amour impuissant à rattraper
l'erreur de naître pour penser et ce
dont on sait c'est qu'il pousse à jouir.


Thierry Texedre, le 6 février 2015.






jeudi 5 février 2015

Prière




Plié par ce temps
de la possession
le corps meurtri
s'évanouit et se
tait partout où la
mort survient et
sait partout où la
voix se fait par
la douleur du temps
et se voue vertueuse
dans l'impuissance
à montrer hors de la
terrible guerre de
la peur du corps
au vivant par la chair
alors la parole criée
pleure de la très
austère supplication
auprès de cette vie
qui tombe sur les
corps damnés depuis
la folle visitation qui
lie dans la paix la
résurrection ultime
et l'indéterminable
vérité du temps de
la dépossession
voilà ce récitatif
qui met au pilori
ce corps mort pour
avoir aimé amour
pour l'innommable
origine qui montre
la voie telle une
fragile naissance
perpétuellement
touchée par la grâce
car l'amour tient du
miraculeux destin
de l'esprit né du corps
qui pense la voie
du redressement
des corps pour être.



Thierry Texedre, le 5 février 2015.


autre corps:










mardi 3 février 2015

Corps de lecture



Configuration de l'astronomique résolution qu'une masse a de devenir corps par la puissance de l'impesanteur.

Sur quelle atomisation le corps vit dans une surdité constitutive de la réalité mise en arrêt par la feinte de l'esprit monstrueux voilà le rendez-vous qui va rendre compte de la vérité du dire comme impossible extériorisation de la vie en vraie tessiture de la parole informative contemporaine cloaque qui va transpercer les corps pour ouvrir cette plainte perpétuelle de la voix vers la mort du corps pensé véritable forclusion de la métamorphose qui s'opère quand ce corps vient buter contre la voix retournée comme chair de la chair usurpation de la voix qui montre ce corps commémoré en image insoutenable de l'invention qui montre la chair à l'esprit pour rendre ce corps cavité corps de l'immanence corps du temps corps de la possession corps du pourrissement de la mort dans l'esprit de l'être entrain de se montrer chair parce qu'il ne peut penser qu'à voir cette chair à cause du temps la grande souffrance demeure l'orchestration du temps partout le temps est à découvert le voile est soulevé pour laisser apparaître la terreur de la voix devant le corps qui se délite qui se défausse qui hante la vie qui se heurte à la déploration et à la grande fugue au lieu invité par la voix de l'acte dramatique de la résurrection comme naissance et jaillissement de l'éternité dans l'espace du temps que l'étant tente d'imprimer en parlant du corps qui parle pour réveiller la chair la mettre en surface pleine d'un engendrement des sens attouchements devant le retournement de la chair en désir d'appartenir à d'autres corps autre par les voix et la reconnaissance du même creux cavité de cet intime entre les plis de la peau pour faire sortir la parole du déhanchement canonique la vulgate phrase fatidique entrain de naître pour être lue.

Touché par l'impressionnante existence le corps martyrisé se défait se montre comme l'atome inusité qui serait l'alternative de la chair à masquer cet intérieur ce renversement dont l'époque contemporaine semble s'éprendre risque de ne plus résoudre ce tremblement du corps d'où l'âme émerge outrage de l'empressement de l'esprit à toucher sa commémoration chair de l'imposture de l'esprit face à son corps multiple corps de l'expulsion corps de l'explosion de la chair pour trouver ce qui l'interdit à être ce corps de la jouissance rature de l'écrit face à la grande imperfection du corps à mourir dans une infinité de paroles dans une polylogie des voix.



Thierry Texedre, le 3 février 2015.





vendredi 30 janvier 2015

De la mort à la vie







De la mort à la vie

De quelle mort
le corps saute
par la vie rituel
crépusculaire
de ces battements
incessants qui
franchissent les
cimes et les mers
d'un corps charrié
puisse-il être la
cause effacée du
cloaque répété
de la fin en un
lieu incomplet
de ces tombes
écarlates accoudées
au sol baisé par
les tremblements
de l'improvisation
écourtée partout
où le monde sort
de l'inquiétant
déferlement du
feu intérieur et de
la chair qui se croit
immortelle et jouit
de la mort même
pour vivre le temps
d'asservir l'outrage
des mots interdits.


Thierry Texedre, le 30 janvier 2015.





jeudi 29 janvier 2015

Érotique zone


Marque insoutenable du trauma, vulgarité de la parole face au corps qui suinte de tout son être. Ventilation du souffle extrême dans l'apoplexie qui rentre dans cette chair inavouable. Connerie que ces mots orgasmiques, tant que leur viol ne sera pas consommé. Voir de loin l'inutilité de la foi, au risque de se faire sauter la tronche, dans un monde comique, l'ordre interne se met en marche vers l'asphyxie totale, contre toute attente d'une glissante jouissance dans les plis de l'orgasme ; sexualité dramatiquement double. Grande occultation de la peau qui sécrète la volonté de lentement mortifier l'envie de sonder l'intérieur du corps élu. Temps de la jubile excavation du sortilège insupportable de ces caressantes ondulations sur la peau. Un silence tente de s'installer, pour faire de la dissidence la vérité du corps martyrisé. Peine perdue du cloaque que la parole installe entre les dents du déhanchement de l'être infini du mensonge. On se ronge, et on défonce la vie, on se pique sur les raccourcis du genre humain, enfantement du songe encore trop jeune pour monter, par les formes alambiquées du pouvoir érotique sur le pénis et la vulve, l'excitation sexuelle, le coït primordial qui entre dans l'intime férocité de l'animal. Trou et érection continuellement qui forniquent pour retourner le corps de l'intérieur, pour comprendre la différence entre l'homme et la femme, montrer ce que la peau fait voir en surface de son désir ininterrompu. Cloué dans les schismes du cerveau inquisiteur, le sens indiscret de l'amour semble se montrer en montant sur l'indicible locution, avec ce corps narcotique. Tarabuster, courir après cette force indécente de l'indécelable martellement de ces mots de tête, jusqu'à leur vocifération, la maladie qui rumine ce que le gosier doit râler à la fin, quand plus rien ne semble sortir du sexe, magnifié dans l'impressionnante perversité de la représentation.




Thierry Texedre, le 29 janvier 2015.




  

mardi 27 janvier 2015

Le corps borderline






Le corps borderline

Le grand couvert du corps qui feinte, voilà le risque que ce corps a de neutraliser la langue, pour faire naître le désir inassouvi de la jouissance. Voilà ce qui est mis dans une temporalité illicite. L'histoire, qui tente de redémarrer ce qu'un corps plié n'a de cesse de revisiter par la mémoire, comme illusion et risque de mettre à mal ce « vréel » asymétrique, va inonder des corps « meurtriers » dans ce qu'ils ont d'insoutenable et d'incompréhensible. Comment ne pas continuer ce réel sans mettre en avant un passé comme lecture/introduction à un corps qui pense, un corps autre qui serait la multitude inoccupée par la pensée, de la chair sur l'os clef du recentrement de la négativité qui frôle le corps par une introspection de la langue « vulgate ». Giclée inassouvie de la rencontre entre l'atomisation des corps et leur innocuité, point de toxicité dans le regard qui viole sans cesse sa chair, corps qui sont impossible à nommer, tant leur éclatement en vol semble se retourner comme un gant, pour donner à « lire » l'ordre inversé de la vie, jusqu'au jeu inintelligible de la matière. La foudroyante vie du recentrement opéré par la chair sur l'os semble bien loin de l'excitation qui monte en pulsions incontournables, là est le fond incompréhensible qui marque la langue autour des paroles du surgissement de la profondeur du corps « plein », intériorité de la complainte. Par quels soubresauts, ce corps agit-il sur la langue ? Par ceux de l'exterritorialité de la peinture. Remonter jusqu'aux compressions du corps, juste ce qu'il faut d'avance, pour ne pas perdre le fil, celui de la parole, induction misérable du corps nu ! Voile obscure qui rend grâce au vice inopiné de la parole intrigante, pour laisser tomber le voile sur l'innocente résurrection de l'intellect qui subsiste encore ; - ne faut-il pas s'en plaindre ! - de par un va-et-vient incessant qui s'enfourne entre la peinture et l'art de manier le verbe, celui analytique. La vocifération du temps semble finir par faire corps avec la peau pour ne laisser croire qu'à une suite instable d'artifices enflammés, dans l'art d'exceller, l'art des sens ; ceux qui vous remettent dans le chemin insensé de la représentation de chose. Le risque reprend du service avec le vice, la décapitation de l'infini, auriculaire dégénérescence du corps de l'entendement. Nous serions à l'aube de l'enfantement d'une érection insoumise au temps de la reproduction des corps.



Thierry Texedre, le 27 janvier 2015.




  

vendredi 23 janvier 2015

Avant la déconstruction du corps né







Avant la déconstruction du corps né

1 Passage

… Sur l'essence inaudible du corps imposteur, l'espace semble rivé au risque impuissant de naître. Devant cette cessation de la vie, vient la résurrection, au plus haut point de négation du corps nu. Que la chair soit ainsi nue, pour risquer l'infraction de la vie. Quelle nauséabonde impuissance de la vie face au désir inopiné de ce corps fatidique depuis l'horizontale vérité de la vie, avant cette renversante complexité de la verticalité, du redressement de la pensée, pour sa mise en mémoire de ce grand bouleversement, passage de l'utérin à la surface gangrenée de la respiration, cœur apostolique ultérieur. Combien de gnoses pour faire et défaire cette inappropriée de germination, dans l'implacable conspiration de la chair et de l'os ? Voir en contamination des paroles imputrescibles de la langue, pour en retirer l'impuissance inespérée du désir meurtrier de jouir ; comme si le corps marmonnait dans son intime conviction, l'impossible mort de l'être - tant et tant découpé par les peintres - pour sortir de ce nœud indécent la virile opulence de la chair comme maltraitance infinie de la cogitation illégale du corps. Le corps somme la chair de retourner la peau pour voir, et penser vrai, penser l'origine de ce corps entrai de fuir vers sa propre fin...

2 Conséquences

… Consécutivement, l'irruption de la vie et de la pensée vont entériner ce qu'aucune vie n'aura encore créé. Jour inanimé de ce dernier temps de la vie, vie qui n'a de présence, ni dans l'esprit qui se doit d'imaginer un corps faramineux, ni dans l'au-delà créé pour ne pas jouir de la mort ; là est le mystère qu'un corps éteint se voit raviver dans l'appel que cette résurrection a faite tomber sur les vivants comme chair de la chair ; les voix éteintes du corps martyrisé se réveillent dans la chair ressuscitée. Chair dont la présence n'a de sens qu'à être, naissance comme pensée imminente de la mort commémorée. Depuis quel atome, le corps naît-il depuis sa conception, par l'improvisation de la mort d'un autre corps ? Le temps, ourlet déplié de l'aire, de l'espace de l'esprit, se contracte sous l'empressement de l'esprit à croire sa propre inexistence dans l'au-delà : sa somme serait cette compilation des corps dans l'irrésolution de l'éternité. Commémoration de la vie sous quelle impulsion de la fin qui neutraliserait toute dégradation du corps dans son pourrissement. La disparition d'un être cher serait ce sas dans lequel tout corps qui se délite marquerait la fin d'une renversante fusion entre l'âme et la chair comme drame insoutenable de la rencontre entre la naissance et la décomposition, une petite mort cellulaire qui sonne déjà au levant de l'apparition, de la sortie du fœtus du ventre de la mère. Penser serait lié à ce passage comme risque de survie d'une couche exposée au ventre déchiré de l'exhortation de la vie par la chair plongée dans l'inapproprié et l'impossible verbalisation de cette douleur qui enfantera, pour mettre en forme la vie extra-utérine...

3 Connaissance

… Temps pressé, temps oppressé, sur la surdité de ce vol téméraire qui vient gloser avec les franchissements du temps en sens, sens de ce corps calamiteux. Chose de l'altérité du corps suspendu au cours des choses, musique que la vie impose au risque d'altérité de la chair. Temps de l'empressement des variations que la chair inocule à cette impossible pensée depuis l'astre d'or qui feinte avec ces couleurs édulcorées dans ce sas terrestre. Injonction de la candeur des voix devant l'appel de la langue inviolée depuis l'origine épique de la vie qui pense. Clac et clameurs de ces ondes inaccoutumées la face cachée et les pieds liés sur la route du corps martyrisé. Sauts dans l'allongement occipital interminable des lettres et de ses lectures, pour peu que l'image subsiste, vers cette imminente caresse de la peau, versatile langue qui teinte aux yeux de la chair impassible ; maîtresse insoupçonnée de ce divin retour de la foi en imprédictibles ostentations de l'exquise vie lancée comme le vitriole sur la peau nue. Quelle reconnaissance ce corps a-t-il devant l'insurrection qui opposent l'art et la vie, sinon celle de l'imputrescible lit de la matière qui s'oppose à l'engendrement du désir meurtrier d'entrer dans l'opposition à la mort par la grande porte du destin foudroyé par la chair, ici, chaloupant d'un mort à une vie, d'une naissance à une connaissance insoumise au risque d'une renaissance. Le temps va vriller et se tordre jusqu'au renflement qui tient lieu de suintement de coulée de ces couleurs qui montent au cœur de la grandeur du corps mourant de ses actes ; l’œil en action se met à générer les couleurs du tempo qui dépasse le temps tuméfié et découpé par les affres de l'ouvert/fermé qui sied au corps livré à cette intériorité qui somme les gênes d'accélérer la mort. Doute et empressement sont bien là pour faire ruisseler le temps sur la peau, dans un seul but : écarter les jambes du corps pour laisser sortir ce qui le pense. Éclatement en bombardements et en ivresse d'ouvrir ce corps pour l'empaler sur la langue sur la surdité de la chair à toute fracturation, le corps est entier et meurt entier malmené par la décapitation que le verbe ose sur sa descendance. Descendre du corps est ce ras de marée qui va prendre en écharpe la vie pour l'annoncer, l'attraper en vol, la tenir comme source de vie que l'imaginaire intrusif vient sculpter et faire jouer depuis la passion, pour faire connaissance avec un autre corps compulsé...




Thierry Texedre, le 23 janvier 2015.






lundi 19 janvier 2015

Rêverie







Rêverie 2

Fleure qui a consenti
sur les tiges coupées
du matin redressé
sueur en gouttes ici
en bas depuis le sol terre
grimpante inclinaison
soudain dans la déraison
du vent qui foule l'air
entonné en chants
dérisoires qui louent
l'amoureuse de tout
la terre qui fait tant
pour ces naissances
oppressantes du coup
de grâce donné au fou
feu de l'incendie des sens
feu-follet insaisissable
il manque l'immanence
de ce corps qui pense
joie de l'inconnaissable.



Thierry Texedre, le 20 janvier 2015.








dimanche 18 janvier 2015

En toc tic tac clac








En toc tic tac clac


Choc clinique qui sort
le temps de sa torpeur
vertébrale raison encore
fringant l'âge de l'horreur
sonne le corps juste alors
dehors s’esbroufe l'acteur
tout vêtu de mots inodores
il sonne sourd le détracteur
de ces connes idées à tort
et recouvert d'une ardeur
à épiler les poils du corps
fini tous les toc en sueur
sur cette belle nudité retors
laissée à l'abandon cœur
soumis à la vie en accord
et d'un vaste élan de terreur
sonne l'heure de la mort.



Thierry Texedre, le 18 janvier 2014.



mercredi 14 janvier 2015

À cloche-pied



À cloche-pied souffle
le vent rassasié par
l'étreinte volubile de
la bouche en retard
à cause du mauvais
temps qui se pare
de ses plus laids
habits usurpant la
folie qui ricane tant
pour faire tomber sa
ritournelle vie laissant
gronder l'esprit délicat
souffle divin au dessus
partout où la lune assoit
sa belle ombre emportée
dans les chemins sur soi
en une tentaculaire volupté.




Thierry Texedre, le 14 janvier 2015.

samedi 10 janvier 2015

L'oeil de la mort






L’œil de la mort

Sordide esquisse du col
cou courbé de la terreur
collectée la chair hurle
depuis le jour juché sur
la tentative d'extraction
de la chair déchirée et
vient le drame en surface
douce nuit d'ivresse dans
le lit enfoncé dans la peur
d'être du dedans indécis
tremblant de l'ourlet défait
de cette peau qui s'ouvre
en feuille envolée jusqu'à
la cime de ces illustres
mots du sort de la langue
on s'esclaffe par l'horreur
qui vient lit ta fin sous toi
née du ventre de la mère
merci à la terre qui tourne
mal parce qu'elle saute elle
se fait regretter d'être à
l'origine du né nauséabond
voilà bien ce qui décide
la peur de sursauter à
cause de la conscience
qui naît de l'être de l'étant
le destin que la mort folle
dessine comme conscience
esquisse de l'existence nue
de cette somme dont nous
sommes faits faribole d'un
viol dont l'homme ne saura
point se dépêtrer sauf à
dramatiquement faire jurer
la terrible parole cul par
dessus tête dans la foi la
tourmente l’œil de la mort.


Thierry Texedre, le 10 janvier 2015.





jeudi 8 janvier 2015

L'histoire qui roule







L'histoire qui roule
Au petit matin danse et s'élève la brume au-dessus des sols pavés un petit vent tourbillonne et fait voler les feuilles jusqu'au seuil encore endormi de quelques commerces dans la ville en province les rues sont pavées comme au tempsjadis les premiers piétons sortent s'empressent et courent vers leur voiture comme attrapés et piqués par une mouche à n'en point douter le jour est là chahuté par l'automne coloré des arbres qui longent le boulevard à deux pas une danse semble sortir du centre de la terre comme pour faire vibrer la ville après une nuit bien trop calme c'est le tremblement des moteurs qui chauffent et des gens qui parlent un peu fort après les premiers embouteillages aux ronds-points les autos dansent en tournant dans le même sens tantôt en appuyant sur le frein tantôt en accélérant pour presser l'heure qui défile jusqu'à la pointeuse c'est l'heure d'embaucher on renâcle depuis l'aube on gémit et on trépigne d'envie de partir avant l'heure de partir hors de cet entonnoir gris d'où sortent à la chaîne de belles voitures qui brillent de tout leur éclat ça roule pour le grand patron qui vend et vend encore sous les yeux blafards des ouvriers atones.



Thierry Texedre, le 8 janvier 2015.




mardi 6 janvier 2015

Coup du corps






Variation sur l'au-delà 

2
Coup du corps 

Le risque pour
ce corps
d'éviter la mort
vient du fait
qu'il tombe
sous les coups
de la résurrection
la grande peur
d'une mort
certaine
est liée
au tremblement
de la jouissance
qui s'offre au corps
pour l'amener
à l'image
oui le corps
saute devant
l'image
même le chant
même la peinture
même la foi
concourent
au risque
vertueux de
penser
malgré ce
corps entier
le corps est
entier et un
avant qu'on
entende frapper
les coups du
cœur immonde
de la foi
la foi commence
là où l'on
commente texte
qui vole le risque
de mourir vrai
hé oui mourir
n'est vrai qu'à
laisser en suspens
la vie de ce texte
l'éradiquer voilà
le vrai sujet qui
saute aux yeux
de la mauvaise mort
jets immanquables
de ce feu aux couleurs
de lumière celle
semblable au corps
divin mort pour
avoir reconnu cette
voix comme celle de
l'éternité voix
qui sonne le
dévoilement
infini de la parole
comme austérité
de la vie du corps
pensant.




Thierry Texedre, le 10 janvier 2015.




dimanche 4 janvier 2015

Variations sur l'au-delà











Variations sur l'au-delà


1

Suinte la chair sur l'os
la chair clouée
en peau tenaille
entrée dans la fin
du jour illusion
du coin de l’œil
Érythrée
conciliabule du
début inviolé de la
mort magnanime
mort inusité depuis
l'avant irrésolu
qui tombe comme
le ciel
jouit du moment
éclaboussure
infinie qui monte
jusqu'aux cieux
impérieux
voilà ce jeu impie
qui frappe à la
porte de l'enfer
réminiscence
de celui terrestre
sur quel sol indécidable
de la fin d'un temps
de la possession
chair de la chair
vois-tu ce vol interdit
à la parole
vol couché
sur la carne
incendiaire du
corps malotru
du tournis en virgules
et points de ces
pointillés en suspension
sur l'exclamation utérine
revenue de chez les morts
pour offusquer la
parole imberbe
et vierge devant
ce corps illuminé
de la peau arrachée
à la vie voile de la
fin dans la douleur
inappropriée
au texte de la foi
de la béatitude
de ces voix revenues
de l'au-delà
figure de cet
Un
unique risque
de l'ultime
improvisation des corps
quand la fin vient
frapper ouvre la porte
du souffle
soudain interrogé
trou de cette farce
érigée pour avoir pensé
pour mettre en
mémoire cette même
vie depuis l'origine
martelée du sang
Cœur
engouffré dans la
Chair
pour mettre au lit
la vie schisme de la
résurrection
naissance de cette autre
cavité du délitement
qui donne le cri
Cri de la douleur
insécable de la chair
qui chante petite
musique du viol
de la vie retournée
en épuisements
jusqu'au rite passage
qui se joue de la vie
ligne de lumière
que l’œil inocule
et livre au délicieux
délire d’exclure le corps
depuis l'arrachement de
l'âme à cette caverne
cataclysmique
Âme
amniotique
d'où sortira la grande
Peinture
de la délivrance.



Thierry Texedre, le 4 janvier 2015.








mercredi 31 décembre 2014

Danse macabre







Danse macabre

Le temps m'importe peu
je loue le temps qui s'effiloche
je récite ces vaporeuses forces
qui tournent le mal tant les jours
rallongent ma querelle avec
le regard boiteux du xylophone
entrain de déformer ma gueule

béante exclusion coin fermé
de la page grande ouverte
où se lisent les gouttes d'eau
d'un livre à venir nuit collée
au ventre meurtri du sourd
soulèvement endiablé qui
court après la vie tintamarre

autant vous dire que les restes
sont sortis du néant pour livrer
tous les secrets du rythme ondulé
de la vie chaotique chasse gardée
alors de la mort encore trop ténue
pour passer par dessus les têtes
remarquées de la vie vénérée

la béate ouverture du monde
souverain s'enorgueillit de la
douce inquiétude qui plonge
la vie dans l'ardeur qui sévit
depuis l'origine du monde la
seule lueur qui sorte l'infini du
corps dépossédé de sa chair

serait-ce l'heure d'appeler au
grand renversement de la guerre
qui étreint notre âme ensevelie
par d'interminables obstructions
et couchée sur le lit du cloaque
converti de l'abomination qui
régit nos souffles assermentés

guerre du fric-frac des os semés
au vent virevoltant sous les ailes
du désir insoumis par l’arrogante
finitude de la vie courtisée par
l'ossuaire démangeaison du trac
caché dans les culottes du peu de


peau qui reste accrochée dessus.



Thierry Texedre, le 31 décembre 2014.






mardi 30 décembre 2014

Rachel Yedid peintre







Sur les peintures de Rachel Yedid



Ce qui claque chez Rachel Yedid c'est l'eau. Les sujets sont traités avec harmonie, je veux dire par là avec la délicatesse du ruissellement de l'eau sur les bords à vifs des corps qui semblent flotter dans l'air. Pourtant, ces bords sont livrés à l'apoplexie du dedans. L'intérieur du corps de l'autre qui regarde, et de l'autre qui reconstruit ce bord de la peau, ce trait absent aux endroits clés d'une pulsation intérieure. Le bord serait-il celui de la nudité tactile dont souffre l'autre qui regarde ? Là, est le grand mystère d'une peinture dont les effets sur notre tension (celle du regard trop près de l'écoute [l’a-tension]), contribueront à emporter le regard dans un éloignement et/ou une présence dans la série de peintures, ici « les Odes d'un roi », jusqu'à cette rencontre avec l'affleurement inquiétant de la couleur et de la forme. Le lit s'est formé, et forcé, pour faire danser les corps unanimement seuls et féminins. La grande peinture serait cet accès au format du corps qui possède tous les atouts d'une sensibilité qui daigne jouer avec la peur d'exposer cette peau hirsute et joyeuse, quand le regard de l'autre tente de restituer le contour à la couleur qui rend toute sa lumière à l'intelligence de l'exposition. Voilà le risque pour cette peinture de retenir le corps, de revenir au corps, de rappeler le corps, dont l'invisibilité semble s'atténuer, se réduire, à mesure qu'on avance dans cette série de toiles, et ce, pour donner naissance à la prochaine impression, à une nouvelle représentation qui marque déjà sa teneur, et son opulence, et un drame qui se faufile discrètement pour l'heure, dans ce chant qui invite ce vainqueur à aimer serrer dans ses bras les amantes de ces Odes guerrières.




Thierry Texedre, le 28 décembre 2014.






Jeu







Jeu

Je suis couvert dit le ciel
tes nuages se font rares
dit le vent ta fraîcheur
se retire dit la vallée
ta forêt est encore sombre
dit le jardin parsemé
d'arbres d'ornements
tu claques des dents dit
le vieil homme à l'enfant
trop pressé d'aller jouer.



Thierry Texedre, le 30 décembre 2014.







dimanche 28 décembre 2014

Fugue




… Oiseau du ravage la mort du ratage grand couloir qui hante le regard dressé sur la queue dans le lit de l'aube de la mort à découvert le feu souffle à toute allure forcé d'apparaître dans les yeux ceux du regard omnipotent né et rougi par l'espoir d'appartenir à l'esprit tumultueux du déchirement de la parole urticaire insuline et gloussement gravé de ces mots asséchés ci-gît l'amorce d'une tellurique rencontre avec la rupestre verrue qui sort du fond dramatique de la vue pour se tirer et virer de bord vers l'atmosphérique et insoumise opération du sang dans le blanc des yeux inopérants et ventripotents touchant l'entre-jambe exaspéré voir par l'impossible tressautement de la chair encore baignée par l'excitation du sexe hurlé et grossi passage obligé par l'esprit entrain de se soumettre aux enfers galvanisés par ce con cadavérique qui commence à jouir de ses mains enlacées dans ce jus qui fait couler le temps jusqu'à l’infini quoi ce vol ulcéré de la vérité du désir est en plein saut dans l'infiniment petit juste retournement de la vérité qui dépasse et dépossède la pensée elle s'épuise en chants inaudibles et s'essouffle en terribles fractures de la chair qui plie sous le poids de la dépense jeux interdits de la béatitude qui rend ses érections sordides pour faire croire à la pensée que ce rite orgasmique stimule la parole impossible et stigmatisée par l'érotique recouvrement de la chair paupérisée par la peau ravage de la peau qui tourne au rythme du dépassement du temps en lumière du choc illuminant qui frappe l'ancrage de la jouissance dans la reproduction préliminaire pornographique comme coup de butoir entre « l'unune et l'uneun » fuite d'une voix à l'autre excavation du commencement de la vie qui fend l'écorché pour goûter les plaisirs du resserrement atomique de la chair jubilatoire dans un jaillissement ultime du train-train barbare qui cloue le corps sur la croix du corps prostitué...




Thierry Texedre, le 28 décembre 2014.





vendredi 19 décembre 2014

Glissements



… Fracture voilà là le rythme insoutenable de la tempête intérieure qui monte soutenue par l'impossible résolution de la raison risquée glissante oppression du temps qui fractionne l'être le délite l'immondice corps qui se vautre par terre où seule la surface vous enfonce dans l'enfer de la matière décomposition de l'être en un temps record juste au moment irréversible de la mort illuminant la douleur d'un éclair qui fulmine au milieu des corps outrepassant leur chair dans l'ossuaire de l'abjection d'une puante naissance de l'intelligible rien du corps ne sort de soi sans y trouver l'ardeur délibérée de laisser courir les sens pour caresser la peau tendre et hypostasiée sourire du divin à sortir de sa condition juste au moment où l'homme s’assoit pour commencer un récit sur la mort de Dieu sur un recul une mise au tombeau et cette tourmente dans laquelle jaillit ce nouveau soi avec son disant aux portes du divan le verbe allongé juste ce qu'il faut pour qu'on entende le récit ricaner à son tour sur la face cachée de la mort là où se tient dressé le temps illégal de l'homme le temps de la parole illimitée qui va rouvrir l'incommensurable évitement de la vie afin d'y voir ce qu'aucune peinture n'a jamais ouvert au monde l'origine incompatible que la pensée n'a de cesse de mettre en extase... Mirage occulte d'une dérive vers l'au-delà juste ce qu'il faut pour ne plus fauter feinte alors du terrifiant orgasme qui tue le corps qui le mutile l'exclus le reclus l'ignoble renflement de la peur d'exister sauf à croire sous quel couvert concassé par les dents de la chair malade de la faim hystérique d'avaler les sons avant qu'ils ne soient entendus en retour par l'intérieur hirsute de la tête livrée aux chants sirupeux de l'opéra menstruel viens voir le corps ficelé le corps aigre le corps calamiteux quand il se regarde dans le miroir de l'ombre portée d'un soubresaut de l'éternité au seuil de la mort pour finir par respirer la vraie manie du cœur à battre par amour depuis quand l'amour s'arrache aux errances de la haine puisée dans ce fond excessif du corps livide et coagulé par le sang dramatique de l'embrasement des cordes vocales en choc chasse chimérique de la recherche du jeu plein de ces microbes atteints par le malaise que la chair procure quand deux corps se frottent avant la pénétration fusion qui fractionne à nouveau le pouvoir d’excitation de la peau sur le non dit de la cérébrale imposture de la parole cours des choses qui enfle et enserre les cavités pour faire ricaner les zones urticantes de la polémique qui a lieu au milieu de la peinture à l'huile comme chair de la chair le temps aurait été tarabiscoté si la chair n'avait jamais connu la peinture parole énigmatique qui elle est alambiquée illusion du temps qui s'écoule le corps vivant est deux avant d'être un et trois depuis que l'esprit s'en est emparé pour le nuire l’annihiler construction du néant que la chair ouvre à la peinture qui authentifie alors l'éclosion d'un lieu où un lien social s'épuise et accouche au terme d'une longue perversion inondant l'un des deux corps par un doux jaillissement séminal...




Thierry Texedre, le 19 décembre 2014.


lundi 15 décembre 2014

Dormition









Dormition


… Ric-rac le retour essoufflé de la longue langue inusité interdite au souffle exaspéré par le vent incessant qui tourbillonne dans la tête acouphènes en sourdine de l'extérieur vol irrationnel qui ventile l'impossible conscience dégondée depuis l'entrée et de l'autre côté en face où d'autres subjectivités sordides s'alignent les âmes damnées viennent et repartent pour entrer partout où le risque du corps d'entrer en érudition se meut rasé ravagé assit sur les rouages rasoirs de ce temps dépecé de l'horloge tic-tac là est le nœud insoutenable de l'écho dans un risque d'enfermement métallique où résonne la tonitruante éradication de ce vol du viol incessant de la chair qui prend la main dans le sac l'autre antre autiste anagramme du couple indubitable qui gît au fond humide de ce gouffre terreur nocturne de la dormition galvanisée glissement de cet astre nombre infini de corps nés de la double appartenance mort-vie incalculable parce que éternellement mis en situation de résurrection voilà le cri sorti de nul part voué à l’inextinguible réminiscence et au risque d'aller chercher la langue partout où le temps lui saute à la tête...
Siffle crache yeux écarquillés et bras en l'air courir ça-et-là traverser la rue entre les voitures et face à elles elle qui s'arrête pile tape le sang coule le corps saute le temps est secoué et la vie repart à l'heure cette fois...


Thierry Texedre, le 15 décembre 2015.




  

lundi 8 décembre 2014

Frôlements








Frôlements

Cloué de si près par les impostures du dire le corps s'éventre sourire du rire ruisselant d'outrecuidance en s'enfonçant vocifération des sons dans le crâne obnubilé cloaque de la fin empressée d'en finir avec la foi vertige de l'incessation du ventre fou à tourner en rond avec l'esprit calamiteux et austère râle qui rentre et pousse ce qui l'a gavé de la famine infranchissable à l'envers pour vénérer ce corps mal léché partout sur la peau à vif jusqu'à son pire tremblement en sons aigus et aiguisés par une parole omniprésente pour couper au mieux la peau en tranches finesse ridicule d'un cheveux dépourvu de l'ivresse et qui va se soumette à l'interdiction d'éjaculer le verbe borné parce qu'il n'a pas encore oublié sa jouissance oublier sa stature son intelligible annexion au rythme insoutenable du vol de la parole ignominieuse entrain de creuser la chair jusqu'au fond où l'os se meut virtuose et irascible voilà bien là la seule musique qui sourde s'inocule au sang dévoilé dans une coupe Chrétienne partage de l'horreur d'être quand l'étant se cache derrière sa tentative d'extraction du temps rite des rouages de ce temps détenu par l’exorbitant œil anal au milieu planté de ce crâne gisant depuis l'origine de la violation de la vie partout les corps se traînent pour terrasser le temps et se lever et s'envoler et ressusciter et penser cette ablation de la tête souffle infini vois-tu vers quelle sombre machination ton même refrain se vend-il ?





Thierry Texedre, le 8 décembre 2014.





mercredi 26 novembre 2014

La suave condensation de l'exilé



Une tranche de la vie
le chuchotement
en catimini se met à
geindre comme le vain
coma cette délivrance
pleure au plus près
du très profond
déhanchement
vu d'ici de la vulve
la chair vulnérable
et insoupçonnée de la vie
le ventre virevoltant
et rond à l'aube d'un
déhanchement vomi
se sort depuis l'austère
improvisation des aboiements
pour repousser l'écho
dans ses retranchements
courte vie devenue le
lit inopiné de la puissance
oraison funèbre entrain
de jouer par la vilaine
caresse qui frôle des
corps jusqu'au bout
de la nuit sans le sommeil
une image qui manque avant
l'immersion sans fin
partir depuis le cœur
trempé par la suave
condensation
de l’exilé qui parle
quel péril à trop enfreindre
l'apothéose ce qui frappe
les battements du sang
se risque le sexe
de la vie sourde
s'envolent d'autres
intermittences pour
être vendu au plus fou
farfadet qui joue tel
le guignol vulgaire
empêtré dans les fils
marionnette ridicule
te voilà ignorée du haut
de ce monde piqué
il tuméfie partout ride
la face et frotte
sortir du mal épuisé
quelle suspicion dévore
le doute de la souffrance
lentement elle coule
sur les jambes écarlates
étreinte de l'envie
d'exister par le jaillissement
enflammé du coït coudé
les couilles gonflées.



Thierry Texedre, le 26 novembre 2014.






samedi 22 novembre 2014

Homicide




Mort inopinée du corps
pour la gloire de la chair
pour l'entrée au Paradis
depuis la grande feinte
du désir immaculé d'ôter
la vie à l'esprit de la folle
douleur illuminée par la
procréation infinie de la
voix irascible et dansante
depuis les ondulations de
cette petite musique du
dedans charismatique à
l'entrée du corps occulté
au début de l'annonciation
du double en doute divin
sous les coups voilés de
l'esprit trop risqué à voir
sa lente partition apparue
au milieu du temps déplié
démiurge du regard clôt
tant que la mort n'apparaît
pas poussée par les vents
du sacré chant de la voix
béatitude devant la langue
incarnée du haut des cieux
du doute contaminé par
la fin en conclave du sujet
déporté jusqu'au risque
d'y voir la chair du dehors
objet insaisissable du double
assis sur les braises de la
tentation par quelle tentative
irrationnelle d'éviter la
mort en la supputant du
bout des lèvres comme si
cette surannée excitée par
les vents violents du délire
programmé par le drame
la vérité se mettait debout
pour signifier que le Réel
risque de revenir le dire à
la vie de s'allonger dans les
bras de l'exquise multiplicité
des corps nés du regard inviolé
de l'amour atomique du temps
pour l'engendrement des corps
là est l'invention de l'homme
qui se figure le temps pour
que croire en la résurrection
même qui naît de l'extrême
impuissance à lier les corps
culmine la naissance en croix.



Thierry Texedre, le 22 novembre 2014.