jeudi 29 mars 2012

Messe











Rouage de la répétition
d'une trappe
celle de la pétaudière
qui fait feu
de tout bois
en chantant
ces cantiques
calamité tellurique
de la voix
vociférant
de tous temps
voici le dernier
né des
temps
tempête
sur
quelle
fellation
du dire
au cul duquel
se dresse la
queue
incessante des
mots
du dire occultant
juste qu'un corps
encore beau
est né d'un pouvoir
noir vice
caché de
l'homme onomatopée
fin de ce temps en
une langue maudite
le cul par dessus
tête
en dire de la folie
rétractée
étirée
éteinte
ça répète ça interpelle
ça fout le camp
tout s'en échappe
du temps sauf peut-être
ce que le corps sait
sans cette mémoire
qui s'initie s'invite à
plus de résonance corps
psaume corps messe
message pour
pouvoir poursuivre
sans en finir avec
le jugement de cette
croyance insoupçonnée
le temps est venu
d'aller chercher entre
les lignes la voix
ultime d'une chair
devenue expressément
fornication pour
faire taire un dire
encore sous les fatras
fracassants du désir
circonvolution en
envolée lénifiante tué
par son étrangeté
celle du renoncement
du sexe face au
tremblement
cataclysmique
et vertigineux
du rien
du néant
néandertalien
impossible à dépasser.




Thierry Texedre, le 29 mars 2012.






samedi 24 mars 2012

Passion














Sans interruption la petite mesure bien tempérée va, au rythme hautement fragmenté de la vie. Quelle rive ira au loin, pour se rapprocher, entrer en magnificence. Magnificat, le corps crépusculaire se met à parler; le temps d'entendre ce léger murmure de la peau, juste un voile. Quelle transparente vocation du désir humain, quand il se tait! On passe par quelque chose qui a à voir avec la mort, juste le temps de vivre pour voir le jour, celui du lendemain peut-être. La grande démesure du corps humain passerait par sa cessation à parler, le temps de l'écoulement du temps. Traversant cette marée humaine, le corps seul va, au rythme effréné de l'épuisement de ce grand dire. Opulence de ce diktat, de l'effacement du désir face à la forme du corps épuisé. On pense le mal, celui du rien, de l'autre, comme passion. Le rien n'étant pas le vide, le vide n'étant pas le silence, le silence n'étant pas la douloureuse effraction de la naissance, on en conclurait alors que l'étirement du corps né, n'est pas cette reconnaissance que le dire tente, au plus près pourtant du bruissement de la chair. Quelle passion viendrait se donner au dire pourrissant, en cette fin de vie exhortée, et chantée par les anges au dessus de notre fin. Nous ne nous approchons pas encore de ce fait fracassant: l'amour glissant du désir dépassé en un jet extravagant du délice jouissant, exacerbé par les sens lentement, dans une suspension du temps. Des voix au loin se font entendre, rivière glissant de peaux en peaux, du courant bouillonnant en cascade ininterrompue. L'air est là entrant en nous, pour nous envahir, nous posséder d'un amour, feu du dire qui brûle en coups éclairants. La petite musique s'évade, monte dans les cieux, dans un grand tremblement qui traverse les corps, jusqu'à ce qu'un hurlement douloureux s'évade, doucereux, comme si enfin un dire pouvait être entendu, traduit dans une vraisemblance, celle de l'immanence. Le présent n'a plus l'effroi du souffle de la vie, mais la parole du corps résurrectionnel. Tous les corps ensemble donnent de la voix, quel souffle, quelle ode à l'existence, quel vivacité dans l'emportement des sonorités verbales, écho à la naissance du temps parlé. On parlerait parce que les corps forcés par la naissance, chanteraient l'immortalité du dire. Quelle occlusion pour le corps un et divisé, pour le corps déjà double avant de naître! Point d'effroi dans cette ivresse, si ce n'est l'impossible repos de la voix devant sa tessiture, le dire s'y installe en dansant? Le dire danse sa fin avant que le corps seul, en sa fin de vie, ne se souvienne du tremblement intérieur naissant. On danse pour ne pas penser, pour ne pas se souvenir, pour ne plus pleurer la mort. On chante en dansant pour exister, pour que le dire cesse, pour que la naissance enterre la mort. Vive la mort enterrée. Vive la fin des temps pour en finir avec la mémoire. Vive l'effervescence des sens dans le grand bruit des corps parlants. Vive ce leurre indubitable de la vie. Le risque de choisir la mort plutôt que la vie, ressentiment de puissance humaine, n'est un pouvoir qu'à jouir dans l'extrême, le grand vide, le grand saut dans l'immensité du rien, où tout se rejoint; opulence et richesse de la pensée sur l'infestation de l'objet de la possession. Quel amour plus puissant que cette dérive, que ce sacerdoce ontologique? Sinon l'autre, le non soi, l'apothéose de ce ressort, de la plus grande des naissances, la joie de l'union, rencontre d'une différence, sous un même corps dévêtu. Le vêtement serait la part cachée d'une future langue (sa peau?). Immanence de la vie sous quelle résurrection? Plutôt sous quelle infraction d'un corps désavoué, sien, possession comme mise en mémoire "tampon" d'un plein-corps absurde. Ce serait un commencement autre, une athéologie, polylogue des corps parlants. Un corps fou n'est fou qu'à représenter un corps consommé, et pourtant toujours hors de soi, inaccessible, intouchable et pourtant reconnaissable, plié. La reconnaissance passe par le temps vrai (vécu), l'accessibilité passe par un corps désirant, corps sensible qui opèrerait un transfert sur un autre corps, image transparente et découpée, image recomposée pour exister (le temps imaginaire). La tragique existence de l'homme soulève une passion qui n'a d'égale que sa démesure amoureuse et infinie, dialogue incessant d'une danse macabre. 




Thierry Texedre, le 24 mars 2012.




vendredi 23 mars 2012

Petit jeu














Joue le jour du jeu jeudi
un matin malgré tout
tour du visage enjoué
étreinte de ces peaux
oripeaux aussitôt traînés
et tirés à quatre épingles
euphémisme du vent
qui souffle sur eux
heure de se lever
être si tôt debout
joue contre joue ça
avalise le droit de se taire
retirer une seule parole
et ça fraie effrayé par
l'heureux désir qui monte
et rougit leur peau
oh pour glisser sur les
effarés ces lèvres se
sont collées en suçant
entrant s'ouvrant dedans
enragés pour se toucher
esprit étourdi la pointe
tendue de ces langues
gracieuses et humides.




Thierry Texedre, le 23 mars 2012.



samedi 17 mars 2012

Voix










Trachée coupée
ouverture
c'est le temps qui
s'évertue
s'allonge
s'initie dans l'artefact
inhospitalier de la
terreur
tentation de rivaliser
avec le temps
contre quoi
l'homme s'ouvre
indifféremment
au renflement
supposé de l'autre
voie celle du féminin
femme omniprésente
du temps
que son autre
inversement érigé
gène délité
de l'esprit eunuque
de l'esprit rire
du risque d'allusion
à cette reproduction
se souvient
au milieu de l'esprit
qui demeure
ce mourant dire
parce que le dire
n'a d'autre source
que ce croire sourd
impulsif et torse
vrille temporelle
fiente en couche
en une rythmique
folle sans discontinue
seuls les bruissements
de paroles chuchotées
semblent tarauder
le corps soulevé
de deux ergonomies
irascibles
la femme touche
ce segment totem
avalé en paroles folles
foutre disjoncté de son
l'autre qui entre en
sombre machination
dans un délire
livide et
liquoreux de l'expulsion
du dire outrage
de la nuit
immonde et
imminente qui
inonde un corps
intérieur qui jouit et fuit
en dépression de la
voix
dépressurisation
sonde nourricière
pour aller chercher
un corps de peau
dans ce vide
vide plein
d'une peau qui s'évanouit
en un vol sur l'air
léger
d'un attentat démasqué
en touches rapides
martelées pour
enflammer l'existence
du corps
qui est tel que l'oiseau
sifflant la fin tragique
de l'empressement
de l’œil
à reproduire
la guerre sans fin
de la dévoration
celle que la chair
charrie.


Thierry Texedre, le 17 mars 2012.






dimanche 11 mars 2012

L'ourlet du corps
















Trace ancienne du temps
qui court sinueusement
quelle mémoire en tient
les vertiges vestige passé
ou outrance du présent
immanquablement fixe
le présent serait fixe ça
dérange l'équilibre de la
mémoire la vérité de l'oeil
qui commence ce non-lieu
en une interminable fin
douleur du temps verbal
qui prend la vue pour une
suspicion de la lumière
sur le temps passé dans
son croisement avec la
fin fin en représentation
trace tournée en dérision
par l'ensevelissement de
ce socle verbal impossible
à entendre tellement ce
croisement cet entre-deux
du corps cavité somme
le temps au plus court de
l'entendement en réduit
que prend la forme du corps
réfléchi réfléchissement
temporel de l'homme qui
s'évertue à fuguer écrire
le temps qu'au féminin
l'intérieur pousse à jouir
la mort laisse la place au
risque d'annulation du dire
pour lui substituer un corps
corps d'écriture qui va
commencer à feindre la
mort montée de cette chair
vers l'acuité virtuelle de
la vue tétanisée par l'un
mémoire de l'immortalité
du risque d'expansion du
corps pensant poussé par
tous les sens à jeter ce jouir
dans les affres immondes de
l'infini animé des pulsions
inconscientes du pouvoir
d'expulsion de tout corps
voué à naître à disparaître
un corps-ourlet ou hurlé?




Thierry Texedre, le 11 mars 2012.




mardi 28 février 2012

L'air glottique










 

L'air glottique

Intransigeance du dehors
pour soulever l'exactitude
du temps ça reviendrait
à dire l'excommunication
de Dieu sous les traits de
l'origine l'infant indistinct
de la mère voué quelque
peu au régime du père par
l'occlusion du dedans en
risques irritants grattant
la peau de toutes parts et
fécalement et masochiste
étirement la peau fermée
appel de ces voix occultées
pour croire à ce vrai amour
immortel des deux inavoués
mortifère éruption du futur
drame de la croyance en l'un
les lois tombent de ces deux
intrusions dans le corps de
l'avant du langage juste pour
l'avaliser le faire naître en
une chair chaste chant du
lieu de l'intérieur qui glisse
lentement vers cet être là
la vie s'évertue à entrer dans
la voix juste pour ne pas
soulever le problème de la
croyance la croyance prend
la voix pour la vie juste pour
ne pas sombrer dans l'ordre
que la mort installe en naissant
on murmurerait que de vivre
est plus fort que de le dire
mais ce dire nous ment quand
la voix s'empare de tant d'air
pour montrer ce que monter
au ciel incendie la parole de
tant d'images de jouissances
innombrables afin que ce corps
souffrant ne s'en fasse pas
le temps de parcourir les sons
de l'intérieur en langue gène
en rire rentré de la copulation
circonvolution damnée du désir
d'exister l'excitation s'y tient
face à l'opulence de la chair nue.



Thierry Texedre, le 28 février 2012.





lundi 27 février 2012

Le souffle en portrait












Portrait du souffle

Stratifié ce risque de
hausser le ton en voix
écarlate donne à voir
le renflement un don
une irruption du devin
du corps en vie envie
impensable de la peau
statufié le tronc dressé
droit se tient comme
empressé de parcourir
l'intensité du désir d'y
voir en coupe la peau
absorbée par quelque
impossible prose filée
dans l'air du temps rire
de ce temps risqué à
un avenir transparent
quelle abomination la
peau traîne-t-elle vers
l'assombrissement de
l'aorte gonflée gnose
de l'impuissance de la
chair quand se pose
la question de l'enfer
là la peau s'évertue à
laisser une distance
celle entre la naissance
et la fin tragique l'air
vient l'écoute du temps
est là comme pour ne
plus céder à la mort
le souffle éternel de la
grande musique qui
respire aux sons du
frottement de deux
corps pour un portrait
au firmament envolé
par les touches d'un rire
démasqué en ritournelle.



Thierry Texedre, le 27 février 2012.

jeudi 23 février 2012

Origène





 Déni du travers de la vie
sous le couvert de l'esprit
d'une démesure du dire
indistinctement insensible
au coup d'arrêt de la vie
le temps de se remémorer
comme un passé overdose
dure réalité du risque d'elle
cette vie amour en deux
encore une illusion de la
phrase du cœur qui court
poussé par l'envie d'enfler
enfoncement de la musique
sur un corps pressé corps
désarticulé de la pauvreté
intérieur couverture en moins
de la peau givrée justesse
de la culture qui s'efface et
s'engonce gommée par les
traits vieillissant de la peau
en marche la peau peur en
pluie de la remontée sourde
du dedans sujet absolu sujet
de l'extension de l'envers
inversé de l'univers vers l'un
unique exhortation des voix
pour enfiler ce corps dissout
dans l'amniotique retard du
temps qui retrousse à trop
naître légiférer sa fatalité
trop reconnaître l'affolement
du corps obtus face à la voix
naissante peu de réalisme
dans ce trajet incessant qui
montre une montée en foi
de la croyance vocale du père
dansé par les fils plus tard
et le cycle menstruel qui va
coucher la mère au moment
des rapports amoureux l'avant
qui sera touché par l'extension
de cette naissance l'univers le
dit le dire manque l'origine
puisque l'origine du monde
est une naissance sans voix
génétique inventée pour clouer
la voix sur ce croire originel.


Thierry Texedre, le 23 février 2012.

dimanche 12 février 2012

L'inopiné











Arracher cette vérité, carcasse vidée de sa substance, le sexe rongé par les sens. Ce travers sonde le dedans en longues litanies. La voix l'extrude, ce travers élargi, rouge, gonflé. L'antre affaissé se rue sur ce trait pointu de l'écriture dressée, comme pour copuler. On se traîne transparent et durci par l'esquisse. Point de songes, juste un jus jaillissant du dedans chaud. Une liqueur blanchâtre retombe des airs. Le pubis est vierge de toute l'étendue d'une pilosité naturelle. Qu'importe l'âge. Les corps se noient dans quelques frottements résolus. Les mains parcourent les moindres plis de leur peau claire. Un doigt glisse vers le bas du dos, jusqu'à ce qu'un cri long et inattendu referme en sursaut le rectum rendu. Les deux corps roulent sur un sol recouvert d'une couverture tombée du lit. Les pieds sont enroulés dans le tissus, corolle d'une fleur entrain d'éclore. Un léger supplice commence. On s'aime à entendre l'un demander à l'autre, ou refuser pour mieux jouir. Les dents du temps marquent cette folle résistance; pour rendre insupportable la vue, qui serait celle d'un oeil incestueux. L'inattendu submerge le ciel, pour qu'ils s'en-voient.



sur Un mois d'octobre de Bruno Mantovani
Thierry Texedre, le 12 février 2012.

dimanche 5 février 2012

Les offrandes oubliées














Quel corps touche à ces dons apparus par quel miracle, toucher du bout des doigts... Chair du délice. Oripeaux envolés du cœur meurtri! Trame de la jouissance à-venir. Commencement d'une tétralogie du corps. De la vue qui s'enfonce dans la sombre machination de l'esprit machiavélique, vers ce toucher endémique, transfert de l'oral vers l'anal, liaison de la peau avec cet intériorité du corps entre les mains. On tiendrait ce corps pour le sculpter, auscultation de l’œil pour en savoir plus sur les liens qu'il y a entre cette rencontre de deux corps et le vide qui couvre la parole séquencée de ces attouchements éruptifs. C'est de cette insoumission au corps que se révèle cette jouissance marquante. Traces cognitives et essai du parler déjà indéfendable aux yeux de l'amour. Quelle chair que cet évent? La respiration du corps intérieur pour insuffler à la chair le désir d'être touchée. Là encore, la chair pense, pour ne plus entendre une souffrance... Offrir le corps à l'apothéose du désir. La feinte, cette irascible tentation de l'esprit marqué par l'envie de se détacher du corps. De biais, le corps est de biais, il respire l'impossible éclosion du dire. On offre ce désir prématuré de croire, pour toucher cet au-delà du temps, l'emplir de cette mémoire inconditionnelle. La mémoire prend le pouvoir. Pas seulement, elle s'étend partout où son désir se confond avec l'objet d'une représentation du corps; corps prématuré? On toucherait à cette mémoire comme miettes d'un corps enseveli, d'un corps possédé de la chair, de l'évanouissement de la chair?




Thierry Texedre, le 5 février 2012.


jeudi 2 février 2012

Fuir et/ou enfouir












Sous ce ciel éthéré semble s'étirer au loin quelques monts flous. Flous par leur rondeur, et leur éloignement. On entend presque respirer cette terre qui se gousse de nous. Elle ne succombe pas, contrairement à nos embardées pessimistes. Que nos coeurs se souviennent de l'après, de l'au-delà, de la matière dont nous sommes les quelques ténébreux mouvements. On ne respire pas cet air saint, mais l'apothéose de nos songes pleins de cette imposture sur le monde. Plus près de nous, quelques fumées, et odeurs nauséabondes, et cette cacophonie d'une ivresse livresque presque, au demeurant la peur du vide. Traversant ces quelques volutes kilométriques du temps présent, j'aspire à moins de plein, laissant mon imaginaire vagabonder sur les frasques d'une humanité tombée dans l'amour du feu, par sa mort à crédit de la fin de vie. Je m'octroie le droit de rêver plus libre que n'importe quelle économie numérique des réseaux informatiques, l'information d'internet, qui coupe ce corps socialisé en lui imprimant un inconscient. L'ombre d'une remise à plat de ce désir insatisfait d'un corps sans nom, d'un corps sans cavité, du corps transparent.




Thierry Texedre, le 2 février 2012.


vendredi 27 janvier 2012

Pulsations

Ton trait ténu tourne le long du corps en pression tonitruante. Trace du trait trouvé là comme opéré par les sons en répétition. Ton en traitement oblique obligé juste pour oublier ce léger déplacement des sons. Pulsé du fond de la gorge du temps se répète la voix exposition depuis le fond des âges. On traîne cette informelle gesticulation du fond en cavité capiteuse du corps détouré. Réveil de cette effroi généré par les ondes exclamées. Exposition du corps devant l’œil rétracté en flou. Espace rétréci de l’œil. La musique a lieu. Le lieu est né. Du néant. Battement intérieur des sons en pulsations. Tourniquet de la norme en vie pulsionnelle. La mort du dire est dictée par l'essor de ce gonflement du dedans en danse excavée dans une sortie des sons de la chair. On se risque à résonner dans un bruissement léger de la peau sur la vie aérienne. Unisson du coup donné à la voix comme un déhanchement de loin du corps. Une prière pour entendre ce cœur battre pieusement.




Thierry Texedre, le 27 Janvier 2012.

dimanche 22 janvier 2012

Désirs inassouvis










Du trou béant de
la béatitude du
temps
juste de ce temps
terre de l'enterrement
se jettent d'immortels
élus élégiaques
pour en finir
avec ce pourrissement
de l'éternité
du temps passé
à la postérité
on s'étire en triste
dépassement
de la possession
du désir antique
de jouir de la
découverte par
l'oeil de ce jour
en naissance
quelle reconnaissance
vient se substituer
à ce corps extirpé
de sa chair en voix
vocation à voir cette voix
avant son corps
saut dans ce vertige
du trou futur
en corps possédé
en un martellement
incessant de ces
cordes en vocale
infection du désir
de dire cette parole
détention provisoire
d'une voix en
musique rapprochée
pouvoir de l'immanent
raisonnement pour
intenter à cet
enterrement
du trou inespéré
de la naissance.





sur Dies Irae de Galina Ustvolskaya

Thierry Texedre, le 22 Janvier 2012.


mercredi 18 janvier 2012

L'insensé du sens

Sur Turbulences de Bruno Mantovani



Du traitement du texte le corps s'éclipse. Il s'éternise pourtant dans ce résidu incontournable du sens que le signe désigne, en évoquant la parole ingérée par ce corps inconnaissable. Nous éviterons donc de décrier ce signe, comme résiduel, ou de la chair atomisée. Le corps dans ce cas sera un corps d'élection, un corps sourd à toute parole. Nous éviterons donc ce qui fait sens dans sa parole: la chair. Seul le temps éclipsé, seul le corps dépecé, saura résoudre ce temps de la dépossession du corps. Du pourrissement du temps en mémoire, on retiendra cette hiératique surdité de sa chair, pour la revisiter en musique, trace indéniable d'un corps-cavité qui se remet en marche; qui se heurtera à la vitesse du vieillissement de l'être nommé par un lieu: celui de la peinture. On entendra par là un corps musical impossible à franchir, improprement illisible pour avoir tenté de mettre son objet ( le corps) dans une impression: le plié du vêtement identifié (la peau), impression qui se joue du temps de la vie, en vitesse d'un savoir illimité et dense; parcours du temps dans son escamotage de la peau. Un lieu pourtant, discontinu, semble résister à ce savoir exponentiel au temps: passage résurrectionnel de la musique à la peinture, pour tenter de mettre en forme quelque chose qui a à voir avec la peau. Peau de la problématique que la chair semble opérer via le corps, le corps de la locution (la locomotion du corps s'étend d'un temps qui se divise pour mieux intégrer, parcourir un corps fractionné).




Thierry Texedre, le 18 janvier 2012.

jeudi 12 janvier 2012

Duo






Sur les traces du sacerdoce, coup du sort, le ridicule ne tue plus. On est en pleine réverbération du dire. S'il tourne rond, ne s'use-t-il pas à céder le pas à l'image intemporelle? Une image qui n'est encore image qu'à se relier au dire par on ne sait quelle confirmation du véridique? Pauvre humanité qui touche au plus agressif, le cri ininterrompu de cet être rebondi, rendu à sa chair par la seule intransigeance de ce vrai ininterrompu. On croirait une pièce, théâtralement inventée pour rompre avec ce silence du temps. Le temps n'est pas cette alternative à l'image qui nous dévore, en silence, mais bien ce grand silence impossible à soutenir, l'être ne se supporte que de parler cette absence de déroulement de la reconnaissance vocale comme signes transverbaux de la signifiance linguistique. Toucher le corps dans son temps réel, revient à parler l'absence d'image, la visite du corps dont on reconnaîtra la mesure, la ligne génétique chez un Jackson Pollock. Quel juste retour chez ce peintre pour annoncer l'impossible image chez l'homme, sauf à brouiller les cartes dans une tentative de rencontrer ce corps sourd chez la femme? Femme peintre? La musique ne s'en remettrait pas si ce corps féminin en finissait avec l'accouchement? L'image qui en résulte n'a de pouvoir sur la parole qu'à la mettre en gestation, entre-guillemets de l'image qui s'autorise à dire ce qu'une musicalité seule parvient à rendre ce double corps-musique indéfectible, et le lieu d'une reproduction sans laquelle aucune diction n'aurait à renouveler sa corporéité. Le dire insondable du vrai aurait lieu dans une transmutation de l'immanence du corps, et de cette parole comme hémisphère du corps d'écoute, d'un corps sous l'emprise de le penser. L'origine de ce corps n'est en rien ce corps pensant tant révélé dans les années soixante-dix, mais une charge-addiction interne au corps, qui sous une impulsion externe va penser le corps. Une dynamique qui vaut pour la musique, qui n'est image qu'à la jouer. On touche au mystère de l'écrit qui n'est là qu'à la condition que cette image lui colle à la peau. Pourtant bien des écrivains se sont essayé à divers jeux de la lettre, pour essayer de sortir l'image de ce sas irrespirable dans lequel se risque le corps. Maux, violence, sexe, folie, respiration qui s'offusque de l'impossible dire face à cette fracassante image mise en demeure, tronquée, traversée, sans nom, le meurtre serait donc permanent? La peinture est dans sa ténébreuse vérité pour éjecter ce dire de l'image, rendre au corps ce qui du dire n'est plus audible par la musique.




Thierry Texedre, le 12 janvier 2012.



mercredi 4 janvier 2012

Dire le rêve













Source inconséquente du rêve
immortalité de la veine oculaire
du ras de marée des sons en
voix orbitales irruption du son
sans dessus dessous déportation
du rêve caduc casse de l'air ici
bas en batterie germination de
cet espace indécis et rétrécis
vers l'extérieur enflammé sué
suave distorsion de la bouche
qui tente cet appel alentour de
la voix inondée par son sexe
repus recroquevillé en peau ridée
des plis du divin lieu véhément
événement en rupture avec le clos
le fermé l'enfermement de cet
essai vilain de la parole atténuée
le rêve reprend de la force sous
cette face aux yeux fermés pour
en finir avec l'esprit inquiétant
de l'exposition de sa voix au dos
infranchissable de l'autre raison
de derrière cette divine expression
n'en retient que l'essentiel la
trace effacée du risque pour l'oeil
de garder enfoncé au plus profond
l'image qu'un rêve atomisé fait
ressurgir pour glisser le long de
cette peau ingénue la couper
la morfondre indéfiniment pour
dire le rêve en jouissant du vide.





Thierry Texedre, le 4 janvier 2012.

samedi 31 décembre 2011

L'enterrement du dire












C'est l'enterrement du dire
une bonne fois pour
se risquer à découvert
vers d'autres isotropes
le temps de se vider
du sang de nos mémoires
improvisées jusqu'au
tréfonds du jour endeuillé
l'enterrement du dire
un peu pour ce désir
inassouvi qui frôle ce
qui reste de respiration
dans un corps décollé
l'enterrement du dire
du soupire intenté une
dernière fois dans le
douloureux accouchement
dramatique d'un temps
reculé de l'exposition
de ces corps boiteux
face au cycle du soleil
caché celui noir de ce
dedans en tête dépression
qui vous asphyxie sur
quoi la grande surdité
de la dernière guerre
s'expulse s'expatrie
dans quelle raison le
temps vote sa perte
dans cette sombre fin
du dire invraisemblable
c'est l'enterrement du dire.



Thierry Texedre, le 31 décembre 2011.


vendredi 23 décembre 2011

Inconséquences











Là, le rien se tient, ivre de quelle progression du songe envoûtant qui me guette. On triture, malaxe, forme, redonne vie au rien. Quelle travers vient ouvrir l'entendement du chant, dehors, là-bas, en flou? Surdité de ma mémoire. C'est l'enfermement de mon corps. Même ces chants volages qui me tiennent compagnie, semblent rentrer dans l'attirante révolte d'un autre corps trop éloigné. Je me traîne dans d'incommensurables errances inondant mon oeil grand ouvert. Obtus, j'avale quelque gorgée de mots, de ces mots qui vous délivrent de l'infection glottique. Sur quel pied se tient mon être déterminé à en finir avec ces gesticulations? Les barreaux de le vie me réserveraient-ils quelque monstrueuse dictature? L'autre pied se met à renâcler une dizaine de mots inhospitaliers, juste pour avoir l'air dehors. Se croire là où d'impitoyables ombres vous collent à la peau. Pas même le temps d'en placer une. Elles vous rongent jusqu'au sang. Imitant même vos émotions. Aucun secret, on reste sous tension en permanence, on en viendrait à se tirer une balle, tellement la mémoire s'en sert, le temps d'immoler une pensée-illusion. Ici, il faut tirer sur ce qui s'offre à vous. Le regard est grandement tétanisé par l'apoplexie du vice. Quel vice, sinon celui du regard défait de la douleur colorée. Je vois parce que la couleur m'inonde de toutes ses diffractions. J'espère jouir de ne jamais en finir avec ce déplacement entre mon dedans irrecevable et ce dehors capiteux; de la lumière de l'esprit malin. Les mots sortent de partout. Une cage m'invite à perdre l'usage de mes jambes, émasculées par la petitesse de cette prison à ciel ouvert. Ouverture sur la forme frontale du désir absent, la douleur du temps me fait mentir sur l'usage de la parole diminuée. Je veux ce vide pour ne pas m'entendre souffrir. On va peut-être venir me chercher. J'exclus toute ingérence dans l'exploration de cette torture qui fragmente mon esprit. Même les songes se réduisent à la plus simple expression. La faim traverse un court instant tout ce corps amaigris, et réduit à mordre les quelques mots qui remontent dans la bouche, ouverte, la langue s'évade du dedans, il reste quelques minutes au temps pour en finir avec mon âme.





Thierry Texedre, le 23 décembre 2011. 

jeudi 22 décembre 2011

Vestubule de la vie













Tout s'éternise, se retire, se défile sous l'astre éternel, celui de la vie. Cette vie qui virevoltait dans l'instantané, elle convoquait ces corps allongés sous l'infini; pourchassée par sa propre tentation de mourir pour quelque présent, instant du désir précieux et irréel. Une nuée de voix s'élèveront jusqu'aux cieux, jusqu'à frapper le long et cruel jour de la vie. On chante maintenant autour de ces cordes emblématiques, pour signifier l'érection du corps en psaumes. Le temps présent marque sa présence en tête redressée de tous ces corps décharnés et transparents. La cruauté s'est installée pour jouir du temps dépassé. Les voix horrifiés haussent en coeur la voix en dansant. Danse macabre du feu. L'enfer s'étend partout, les corps perdent un à un leurs chair, peau dépecée, pelée, donnée en pâture au cours des choses. L'extraction de ces voix, vociférant de douleur, se finit en une chute sans fin dans un vide tournoyant. Le souffle sans vie de ces voix remonte jusqu'à l'ouverture du sol, du trou introuvable , en fanfaronnant, poussant des cris pitoyables. Une cité était née de ces artefacts illicites et fourvoyés dans d'immenses échos de quelques voix ressuscitées d'entre les morts. On serait entré dans ce vestibule qui commence par la vie, l'insoutenable pulsation de la mort.




Thierry Texedre, le 22 décembre 2011.

mardi 20 décembre 2011

Vers une surdité de la musique du corps




Quelle trajectoire, quelle hystérie que le drame qui nous lie au trauma? Trace dans un corps obturé, clivé, torturé par cet esprit hirsute? Conglomérat, parole exposée au dire de l'immédiateté, le corps s'en souviendrait-il s'il était privé de ce désir insoutenable d'aimer sans fin, un autre corps, celui de l'altération, celui de la chair? Questionnement insupportable de l'imposant risque de s'enivrer des paroles circonspects de l'exposition d'une telle chair? Le dire s'oppose à la parole, pour mettre la chair sur pause; absorption du temps dans l'inhumanité du corps, comme cavité découverte, dedans de la pensée «réflexion». Une tentative d'élaboration de «l'élocutoire» interpellé comme question de la chair troublante d'un corps coupé du temps, montre bien que tout questionnement s'évanouit dans l'improbable rétention du temps dans un corps segmenté. L'usurpatrice psychologie n'en garde pas moins un souvenir, atavisme de l'histoire qu'une mémoire à rebours rencontrerait, comme imposture mais révélation d'un discours minimum, l'évanouissement d'une réalité du lieu sociétal chez l'humain? On entrerait donc dans une ère du manque, de la trouée éphémère du corps en suspension? Visite d'un bout de corps-mémoire, et dans un même temps de ce derrière oculaire qui file vers une mémoire à deux temps. Si la peinture peut s'en emparer, du corps livré à la chose en deux temps, la musique prendrait elle, le risque de retenir la traversée du corps, de le mettre en forme, de le lier, le tirer de cette chair introspective, mise en mémoire du présent comme objet de désir , matière insubordonnée à la pensée discursive. Un lien autre s'échapperait, là encore, de ces sonorités immatérielles, pour tendre vers cet enterrement du mal, monstruosité d'un pensant recomposé.

Thierry Texedre, le 20 décembre 2011.
 
 

vendredi 16 décembre 2011

Danse de l'étirement du corps











Nous tendons à une apothéose
la surdité du site phrastique
dans sa tentative du repli
renversante irruption dans
la danse apostrophée drame
de l'ouverture d'une musique
en étirement du corps absolu
corps compromis damné et
renversé en coupes du regard
grondant grondement du regard
qui s'ouvre à la découverte de ce
derrière-devant douloureuse
excavation de la chair à demi
enfoncée dans d'insupportables
oripeaux grammaticaux du dire
en image en pause sur quelle
fixation le temps humain se
redresse-t-il pour voir derrière
ce risque d'exciser le rite du
temps revisité par cet arrêt sur
image traumatique illusion de
l'illumination d'une jouissance
expansive quel risque d'ouvrir
le temps à cette autre immanence
immaculée sous le regard hagard
de l'homme déchu du désir qu'il
eût ouï pour l'éternité en geste
celui de l'écartèlement de la
femme hystérique dans sa voix
éruptive enlacer ce corps couvert
d'hérésie la femme s'élève en
naissance pour accoucher du dire
atomisation du récit postérieur
en une parole hiatus trace de
cette impédance imperturbable
du songe dansé en une douce
musique acéphale de l'arythmie
du corps et son souffle du corps
et sa reconnaissance de l'impossible
révolution de la pensée fracturée
étrange renversement du temps
en une poussée du sens avéré
de cette mort proférée de l'amour
exhumation de ce corps amoureux.




Thierry Texedre, le 16 décembre 2011.