jeudi 29 septembre 2011

L'irrespectabilité du dire


Le tour des choses est un fait, il restera à jamais irrecevable. Circonscrire ce tout reste de l'ordre de l'incantation, de l'irréel qui soudain afflue dans les arcanes de ce dire impuissant à extraire une vérité; sauf celle peut-être de cette parole intrusive. Un soulèvement devenant nécessaire à ce rejet, pour qu'une forme en émerge. L'extrême monumentalité de l'homme réside dans sa tautologie, sa redondance à répéter comme signe avant coureur d'une négation de cet objet représentable. L'histoire n'en a pas fini de soulever les couches, les retourner, les décrypter, sans toutefois en saisir la moindre grandeur du temps ainsi mis à nu. Une certaine résignation rendue obsolète par l'étirement du temps, l'homme s'accordera à dire, dans ce lieu noué, tel un manque, dans une interrogation renversante, puisque vidée de la dite chose. Du dire qui comblerait cette chose, voilà qui renversera bien des vérités, même proches d'une spiritualité. L'enterrement du dire augurerait une fin plus tragique que celle d'une grande guerre. Il semblerait que ces deux entités soient liées par deux temps croisés, séisme qui gronde en ce début de XXIe siècle. Nous reviendrons sur le dire qui ouvre un ourlet, un retournement du tempérament, un schisme en perspective. Le dire est aujourd'hui propulsé dans d'insupportables réseaux dont la vue altérée en flashs conduit à une mémoire exponentielle à mesure que son objet devient la chose représentée. Perte de sens. Pourrissement du dire qui s'implante dans d'infinies ressacs, poussé à jouir pour mieux rencontrer le désir, celui de l'asens.




Thierry Texedre, le 29 septembre 2011.

mardi 27 septembre 2011

Récitatif du coeur








La tête ne produit plus
sous le couvert de la
terrible exhortation du
sang en coulée entrejambe
excitation du genre humain
qui souffre dans sa foi pour
avoir mis à mal cette tête
folie du temps qui se répète
renversement de la guerre
par les armes en guerre
des mots jusqu'à la lie
le couvert est mis pour
l'éternité à l'homme de
s'asseoir à table repas
du dernier jour avant
la résurrection de l'avant
aventure à rebours de
la découverte du corps
possédé du corps troué
par les bouts inoculés
de la grande lèpre du
sexe monstrueusement
dressé devant ce spectacle
exubérant celui ouvert
enterrement de la naissance
en une infinité de cris
intra-utérins le socle de
l'illumination du spectre
de Dieu derrière relevé
en jets inassouvis sur
l'indécente féminité du
genre expié de l'homme
redressé pour mourir dans
d'immondes attentats le jour
d'après la tête tombée dans
ce sac plein de peau ténue
transgression du grand
humain en austère animalcule
pour mettre la tête en l'air
et s'envoyer pour toujours
en apothéose récitatif du cœur.






Thierry Texedre, le 27 septembre 2011.

dimanche 25 septembre 2011

Jazz







Le blues vous prend
là où vous ne l'attendez
pas à pas il passe c'est
une passerelle pour
l'éternité on s'y attache
serait-ce cet espoir
qu'on croit enfin clôt
caressante consistance
du jazz en soi un soir
poursuivant notre éther
nu dans l'ombre de notre
âme sombre secoué par
tout un tour un demi
s'il vous plaît jusqu'à
l'extinction des feux
petit matin zigzaguant
dans la rue un verre à
la main il vous prend
le peu de respect qu'il
vous reste la chemise
en boule boulimie l'air
joué par le trompettiste
s'éteint par terre en
overdose moi aussi.


Thierry Texedre, le 25 septembre 2011.

samedi 24 septembre 2011

De l'art encore de l'art...






Au fil du temps l'eau devient trouble. Les oiseaux s'éloignent dans le ciel. Les jours semblent s'allonger, s'éterniser. Le bleu du ciel devient gris. L'été s'évanouit dans l'éternité sans retour. Rien ne semble laisser de trace dans les têtes évanouies. Un son macabre résonne au coeur de ces entrailles humaines. L'homme s'élance dans les airs, poussant jusqu'à l'apothéose la douce exaltation d'être oiseau. Un frémissement sous les bras tendus, juste assez pour lentement déplacer les membres. L'homme jette comme un cri, le cri de l'espoir. Le cri d'une croyance indéfectible en cet instant pour la vie. De celle qui donne un envol léger et gracieux. La liberté s'installe-t-elle pour toujours, en des lieux sans fin, sans risquer la route incertaine de ces sans logis. La vitesse s'acquiert à mesure du battement des bras. On croirait une image de Folon. Le corps entier fend l'air à grands renforts d'une technique apprise de ses congénères. L'homme s'élance se surprend de l'altitude par un regard rapide. L'oiseau est en altitude plus haut que la plupart des vertébrés ailés cette espèce. Un nuage sombre surgit soudain de nulle part, épais et orageux. Au milieu, les éclairs fusent de partout, l'homme surprit veut sortir de ce cloaque, comme affolé et sans repères. Un éclair le touche, c'est la chute vertigineuse qui commence. Tout défile dans sa tête, jusqu'aux temps où il était homme debout, marchant dans la campagne humide. Le corps semblait s'accélérer, et tournoyait en vrille. Un trou dans le sol, autour une tache brune, au milieu une forme compacte, une sorte de compression à l'envers, un César, encore de l'art vivant.


Thierry Texedre, le 24 septembre 2011.

samedi 3 septembre 2011

Cathédrale






Grandeur de cet
édifice du règne par
l'immortel
amour d'une voix
pour un peuple
élu
touché est l'étrange
corps au plus profond
de cet être partagé
souffrance
à outrance de la vie
vers quels cieux
se tourne
l'âme
que vive ce cœur
ou si bas se
bousculent ces âmes
tourmentées du
fond
de la terre
dans quelle
partition
face tournée de
l'adoration un mal
revient en risques
incessants tristesse
du jour qui se couche
à vos pieds à suivre
en finir avec ce
jugement
inquisition de la face
qui revient cachée de
derrière cette
mémoire
résolue triste corps
damné pour avoir
reculé quand la
nuit
lui apparut désopilante
pleine de cette
ivresse dressée
les ombres
sortent de partout
les ombres de
l'imaginaire qu'un
jour
ce corps désemparé
n'aura de cesse
d'exfolier
en songes irrespectueux



Thierry Texedre, le 3 septembre 2011.

mardi 23 août 2011

Rituel








On les voit qui marchent droit. Les enchâssements des bottes semblent plus rectiligne que jamais. Ils sont comme alignés dans l'immensité d'un champ déserté par la vie. Ces dieux sont vêtus de complets rigides et décorés. De grands drapeaux aux couleurs incendiaires volent au vent. Une voix monte de cette armée des ombres qui jaillit. C'est à l'unisson qu'un chant est répété, en même temps que le bruit des bottes qui frappent le sol durci. C'est l'éclairant entraînement des soldats pour la pire des catastrophes à venir. Derrière, suivent d'immense machines à chenilles, canons pointés vers cet horizon qu'on entend teinter à la volée. Serais-ce pour prévenir de l'approche imminente des chars? La population est groupée au début, puis disséminée par la peur qui prend au ventre quand s'avance l'arme fatale. Les habitants sont de plus en plus exposés. Ils sortent pour ne pas mourir enterrés sous les décombres. Des abords de la banlieue se dressent encore des maisons vidées de leurs occupants. Parfois on passe du temps à longer des ruines fumantes. Le sol est recouvert d'une chaîne ininterrompue de corps entassés et puant la charogne. De nombreux points rouges s'enfilent dans le brun sombre des cadavres exposés au ciel enflammé.





Thierry Texedre, le 23 août 2011.

Nagasaki








Sauts de puce. Ce corps s'évanouit assurément vers l'infiniment petit. S'il ressort vaincu, c'est pour mieux s'épancher sur l'interminable digression de la vie. Introduction vers ce seuil intolérable de la guerre érudition. Bombe excavatrice, bombardement à retardement de ce qu'un deuil a à faire avec la vie. L'inexplicable extension du meurtre en coups excommuniés, transporter le corps où la vie plonge, une plongée dans l'affiliation à une terreur de l'acte dérisoire, décentré, dédramatisé d'aimer. On circule plus vite que jamais dans l'apothéose du temps reclus. Les corps dansent. Illuminés par l'asphyxie hystérique de la pensée inspirée. Une guerre incessante voit le jour dans un corps martelé par le temps souffreteux. L'esprit s'impose quand le temps se dépose, s'intronise. Le temps court moins vite que ce corps détenteur de l'idéologie dominante. On tremble à l'idée d'une répétition des actes, actions courtes. Actes d'une faillite du corps dépossédé de cette chair insatiable. On tripatouille l'esprit pour l'asseoir sur ce deuil, celui de l'insubordination à la vie du corps cavité. Capacité à résister au massacre annoncé. Le ciel dressé devant est plus clair. Il se resserre, s'évanouit en eau pure. Cette pureté est celle du prétendu tremblement de terre qui secoue la tête, tête coupée du corps emporté. Trame de la dislocation lente du temps à découvert. On rit partout. On éclate de rire plus fort. On danse en zigzaguant entre les verges érigées. Les corps montrent leurs attributs. Les chairs s'étalent roses et rouges, noirs et jaunes comme pour préparer un plus grand tableau. Les seins pointés vers l'esprit endémique, vont pisser ce lait blanc, juchés sur d'infini têtes classées par couleur. L'immensité des têtes qui chantent un hymne à la joie. u loin quelques cloches sonnent. Ce tintement renversant tourne les yeux exorbités de ces corps surmontés de pustules aromatiques. Les jambes repliées autour des cous, les serrent, pour laisser s'échapper plus bas, sous le ventre, des sentinelles électriques, les verges excommuniées qui pissent l'amour en jets délicieux, éjaculation extrême du temps présent. Les jours heureux pressent ces frasques irréels pour un mort. Le seul qui jamais n'eut le courage de vivre tourné face contre terre, pour sentir monter ce parfum, doux bordel du corps marchant nu sur une étreinte charnelle, tirant sur tout ce qui se lève. On respire la langue en vie, virevoltant au vent du grand désespoir de l'homme savant. La guerre commence. On se retire. On retient son souffle. On souffre de trop d'indulgence. Un appel semble droit devant venir au devant de vous. Des gestes de désespoir, des mots pour jouir.



Thierry Texedre, le 19 juillet 2011.

dimanche 21 août 2011

Sans titre

Sous la houlette du vent feutré
le corps travesti se transforme
damné il est converti en un rire
fendu la couleur de sa peau est
pâle poussé par l'empressement
de ses pas il passe par un lourd
et barbaresque étirement de la
voix qui se risque dans d'irréelles
intonations les paroles s'envolent
par un heureux hasard comprend
il compile des phrases pleines de
maladresse ivresse du cours des
choses on s'y prend à en traduire
le moindre signe perte des sons
qui prennent place à l'arrière des
chocs frustration de la musique.



Thierry Texedre, le 21 juillet 2011.

samedi 13 août 2011

Tyrannie de l'âme

Transporté par les événements qui m'inclinent à tout refuser en bloc, je rentre en apnée; passage obligé de cet état conscient à un autre, celui de l'indifférence. À l'extérieur, on s'épanche sur tout ce qui vous rempli d'actes insignifiants, exhortation de cette soudaine envie de domination. À l'intérieur, c'est l'apothéose, le silence domine tout, même les quelques imprécations qui passent par là, ne se mêlent pas à ce doux endroit de liberté. À l'extérieur la foule. Dedans, l'espace infini de ces accords sans notes, la virtualité de l'absence est plus pure que le cristal. On ne peut rien détenir. Même pas de ces mirages traumatiques, on est suspendu à l'insolence en dehors du temps. Le temps est enfin dépossédé. On est la liberté. Les mots jouent avec indécence et bonhomie. Ce sexe est accroché à un croc, on le tire pour le chasser, il s'évade, s'enfuit, va où il peut se vider des remords qui le hantent. Le sexe est ce qui con-fesse à l'impossible évacuation de cette pulsion (latin pulsio, action de pousser) de vie, entre psychique et somatique. Satisfaire ce quoi, objet fœtal qui n'est que l'extrême flou, de cette citadelle excommuniée d'un corps autre, d'un «autre corps», celui de l'étranger, de l'étrangeté. Dedans, point d'étrangeté, tout y est irrémédiablement sans fond ni forme. On peut à loisir interchanger ou laisser aller jusqu'à la déformation. Cette difformité n'est-elle pas la diffraction même opérée par la lumière sur l’œil? Réflexe qui opère une catharsis (en grec signifie purification), moyen ultime ou syncope de la chair? Ce serait le songe qui n'a de force qu'à s'émanciper de la chair. Rêve qui met en pâture tout ce qui entre par tous les pores de la peau. L'arrachement au temps se fait sans risque ni effort. Toutes les guerres ne suffisent pas à refermer les portes de ce paradis démentiel. L'extérieur fait dire de ces démons qu'ils vous dévorent l'esprit jusqu'à la folie. Certains n'en reviendraient pas. Ils voudraient qu'on n'en use point ou avec modération. Ça ferait tourner les têtes, une certaine jouissance aurait-elle lieu là aussi? Ce corps qui jouit de tout et là de rien, remet-il en cause l'objet désiré, pour remettre sur le métier l'érotique impulsion de l'autre force, intérieure celle-là? Je voudrais simplement dire que ce dedans est l'endroit où l'âme s'agite, se livre, vit, dans les bras de sa bien aimée la chair.
Tout le risque est de perdre l'antre, intérieur expulsé. On peut dire que ce qui tient l'intérieur n'est autre que la déraison livrée aux ébats de cette chair immaculée. Ce qui se retourne ici, n'est autre que l'impossible extériorité du corps de chair. Seul ce centre (pièce où tous les points sont sans lieu, autrement dit un centre n'a lieu qu'à ne jamais rencontrer son point de fixation) rencontré est le temps dépossédé de sa géométrie. Cet ouvert/fermé de l'intérieur est une apostrophe et une hypothèse: l'âme s'adresse au corps pour l'exalter, ce serait une rhétorique du corps souffrant. Aucune fiction n'aura de cesse d'articuler cet autre extérieur, réalité de deux hémisphères qui vont s'imprégner l'une de l'autre, pour que ce corps dépense la terreur de l'âme en dérive de la pensée. Corps pensant de la dépense dans une tyrannie de l'âme envers ce corps extérieur. On penserait parce qu'on se risquerait à «rendre l'âme». Un combat sur quoi on finirait un temps, pour reprendre souffle avec le corps intérieur, coup d'arrêt de la vie dans une découverte de l'âme en fin de vie. Touche finale du grand chambardement de la posture humaine qui se tient d'aller dans un balancement saisissant de l'extériorité vers son introduction: le commencement de l'âme c'est l'indistinction du verbe, du dire, de la parole, et de l'étant dans la vulgate, écriture de la vision intérieure.



Thierry Texedre, le 7 août 2011.

samedi 25 juin 2011

Suite

Soubresaut du firmament provoqué par l'escapade la possession du temps secoué pour exister là-haut point de lassitude l'infini s'empare de notre travers de notre note martelée comme d'exubérantes écritures d'une musique qui masque la perte d'une mémoire apostropher la mémoire pour juxtaposer le temps à l'éternité de l'espace infini du vide ergonomique le temps s'en prend à l'apothéose d'un terme celui de cette mort exténuante du renflement respiratoire qui tourne court dans un sens celui des aiguilles du temps tragique un jeu se dessine dans une passation de pouvoir c'est de cette résurrection des corps que s'exclame l'air d'une sinuosité de la vie.



Thierry Texedre, le 25 juin 2011.

dimanche 12 juin 2011

L'être

Quelle souffrance que ce resplendissant air qui sort, intériorité du temps. Coupé de ces affranchissements liés au risque d'ouvrir la bouche pour dire en trop, dominé par l'essoufflement du corps. On ne se rate pas quand ce dire va, titubant, ratant la marche, à pieds joints dans la vieille syntaxe décollée. Un rire étouffé porté par les ondes vocales insidieuses, et tout reste à faire, le temps s'empare de vous, pour essayer de vous déguiser en mort providentielle. Travers du corps qui pousse à couper le vertige de cette mort annoncée, en chimères extravagantes d'un être dévoilé. On sent monter cette osmose avec la fin du corps, la finesse despotique de ces rites ancestraux qui vous reviennent en pleine face! Nous y voilà. Le temps s'en moque, et nous aussi, sauf peut-être justement à en retirer cet être, à le tirer comme on tire sur ce sexe immature, impuissance de l'être à restituer le partage sans souffrance, mais tellement dionysiaque! Étranglement de ce corps par l'intérieur tonitruant, nous n'en avons que quelques sonorités, et elles passent un peu par le bout ouvert de cette peau irisée.




Thierry Texedre, le 12 juin 2011.

vendredi 27 mai 2011

Parole 1

En filigrane on croit
croyance d'une petite
mort du corps dans
ce qu'il a de survivance
le temps d'assener ce
quelque chose du corps
qui danse ontologique
et désirant drame de
la crainte de mourir
avant d'avorter le dire
de le couper de cette
sortie du rire gestation
d'une rengaine volage
de la parole interdite
celle du corps pleureur
qui taraude l'esprit
malin cette fin de vie
n'est là que pour fuir
l'interminable tentation
du corps altéré de toutes
parts par l'opacité de
la musique intérieure
induite par quelques
rares infections en pets
notoires infestation
du dedans pris pour
cette histoire de l'être
qui commence à se faire
mal voir par le temps
par cette montée de la
température qui saute
aux yeux en mille morts
de ces corps rendus à
leur éternité parole de
digressions digestes
sous d'impossibles lits
d'où vont naître les
frasques à venir passé
recomposé sans fin ni
dépossession du pire
damné antéchristique.




Thierry Texedre, le 27 mai 2011.

lundi 4 avril 2011

Le temps rêve

Souvenirs du haut de cette
monstrueuse saison douce
altération de cette sortie du
temps tempête du corps dit
dicté comme ce qui le met
en volume espèce de rêve
qui martèle peau détendue
qui tombe dans les abîmes
divins de la mort vénale en
vie voltige dans l'air du jour
des petites peaux naissantes
qui se plient aux éternelles
incidences de l'apothéose du
gène gangrené gare au risque
d'avaler vite ce rien naissant
qui se fout de tout pourvu
de ses atouts ceux de l'attrait
pour l'éternité l'envoûtement
orchestral pour l'esprit détour
vers l'étirement de l'éther air
qui se couvre du désir encore
peu probable d'attenter à la
vie par dessus la jambe on
s'en remet à cette vile raison
pour se grandir quand bien
même le ciel dirigé vers les
étoiles vous inocule l'envie
d'en jouer raison du rêve faux
le rêve n'est pas la joie flamme
demeurée entre la parole folle
détenue et vocifère le mal être
lentement le récit va courir
tout le long du corps dépité
en sang érection en jets fatals.





Thierry Texedre, le 2 avril 2011.

dimanche 30 janvier 2011

Résurrection

Doucement le corps ment
s'échappe de sa gangue
gangrène incertaine
mais qui monte du fond
focalisé dans cette
fracture couverte de
la parole illimitée
et inappropriée quelle
déportation que cette
parole parodie
dogme que ce fracas
au loin des désordres
monumentaux de l'esprit
humain chassé de ses
terres par sa reproduction
illimitée d'un corps là
comme fantomatique
là pour exhorter la
résurrection la réalité
du sens répétition de cet
âme qui saute d'un corps
étrange à un corps reconnu
la reconnaissance est un
signe pour l'esprit libre
de reproduire saut de
mouche qui s'écrase
sur la vitre-écran du dire
cloaque vertigineux du
corps fractionné du corps
organe c'est l'ordre
des choses que cette
résurrection ce ciel ouvert
cette respiration nouvelle
en filigrane dans ces gènes
opulents lente agonie
de l'espèce qui fornique
forme ininterrompue de
l'esprit dressé à nourrir sa
chair d'un amour immaculé
naissance irrationnelle
de l'autre inhumanité par
l'instant présent répété
inlassablement livré aux
sens dans l'empire dominé
du soleil noir coma du
vivant détenu par l'image
de sa résurrection esprit
renversant de la liberté
d'exclure le corps du monde
tempétueux et désordonné
couche du double drame
l'enfermement dans
la renversante vérité de
la tentation amoureuse
bonne fée que cette lie
dépositaire du bon vin
degré dissout dans l'ivraie
dramatique et pullulante
de ces graminées exactions
au sortir d'une folle musique
enivrante du folklore grandi
par ces pousses puissantes
de la vie en écho réceptacle
d'un commencement veine
d'où le son en sens sortira
en gigue rapide mouvement
des corps célestes qui vont
et viennent dansant au
dessus de ce tremblant de
ce licencieux corps terrestre.





Thierry Texedre, le 30 janvier 2011.

mercredi 12 janvier 2011

Corps ininterrompu

Je luis
au crépuscule
tout s'étire et
se joue de
la lente
lueur
infinie du
jour qui monte
en moi
en ce jour
dédié aux
dieux élevés
en filigrane
enterrement
du moi
pour que la
gloire
s'évertue à me
rencontrer
dans la dignité
de la vie virtuose
vie qui s'anime
et me caresse
le peu de toucher
qui reste en moi
avant une
descente
auprès de ma
bien aimée
disparue
l'éternité
qui laisse aller
ses gants dorés
le long de mes
cuisses pour
me montrer le
pouvoir de
l'irruption damnée
du corps
brillamment
installé tout près
de cette âme
en défaite
amour intérieur
qui ne se vive
qu'à se réserver
à l'entendement
irrésolu de
cet autre
misère dupliquée
de mon
miroir brisé
dessin ombiliqué
de ce marasme
de ce raz de marée
que ces dieux
vénérés
vont devoir
occulter le
temps d'une
apothéose
de l'effervescent
baisé qui souffle
sur un corps
ininterrompu.




Thierry Texedre, le 12 janvier 2011.

lundi 3 janvier 2011

Un son dame

En octaves couchées
sur le papier ces notes
noircissent ténébreuses
de la trame apprivoisée
les éclats extravagants
sur une musique jazzy
libre dans ses accords
volant au secours de la
dame chanteuse charme
divinement les pas en
cadence des gens foule
hétéroclite qui se frotte
au risque grandissant
d'appartenir envoûtée
à l'insolente envolée du
corps dans l'éternelle
ivresse aux résonnantes
sonorités de l'irréel fond
sans fin d'un temps qui
s'écoule infiniment court
l'infini occulté retourné.




Thierry Texedre, le 3 janvier 2011

vendredi 10 décembre 2010

Les blés






les
blés
c'est
les
blés
sûr


Tendre dérive du vent
dûment cerné par la
tige ondulante de l'épi
mûr sec penché sous
cette chaleur insensée
du soleil au zénith un
zeste de tournoiement
de l'air dans le champ
un brin couché puis un
autre sous deux corps
éparpillés sur la couche
d'un fourmillement de
tiges fixées dans les plis
dans un tissage pourtant
serré des vêtements en
tas dessous ces nudités
vulnérables aux dos liés
aux mains croisées sur
ces sexes enliassés par
quelle pénétration suée
sueur en herbe disgrâce
du corps fouillé destin
déplacé de l'avortement
de l'idée qu'on se fait de
ces blessures ouvertes
ces blés béants en tête.





Thierry Texedre, le 10 décembre 2010.

lundi 29 novembre 2010

La face en corps

Mirage c'est un mirage
qui gonfle qui perturbe
l'asens ascension fouilles
dans ce fracas intérieur
tempête interminable du
dedans danse des viscères
sous les coups du sang
qui tinte tintinnabule des
ressors lancés à grande
vitesse vite effacés vite
peints cache sous un jour
nouveau cache où se risque
les mandibules qui claquent
crachent ce sang pour rien
rassasié ce corps hume use
de ce pouvoir d'ergonomie
du sens renversant quand
il sort du trou qu'une chair
offre finalement à l'opuscule
l'ordre se met en marche
rien que pour voir de la vue
infiniment double et reliée
au centre centripète couche
superposée strates collées
au corps qui rugit le mal
la péréquation qu'il vide
du vide entrain de rendre
raréfaction du centre au
plus dur de la tentation et
de l'être qui l'identifie cet
être hydre corticale à têtes
multiples se devine quand
la pensée vient à manquer
manque son but le songe
d'une nuit insondable du
corps qui soulève le mal à
trop entendre les voix de la
tabula rasa humaine qui
s'échappe du trou en pets
notoires pour l'éternité
cette fois c'est le bloc du
nombre qui met l'homme
au centre de l'immortalité
innommable du centre
miroir inhumain du corps
feutré qui avance à pas
cadencés la musique par
dessus la jambe en sons
épars cacophonie qui va
régler l'improvisation du
temps en tête mémoire de
l'insubordination de l'être
plié noué source de l'air
inspiré expulsé trempé où
ce sang froid finit par tirer
un coup pour en finir avec
le jugement roué de coups
de l'Un réglé comme du
papier à musique il faut
musiquer les sens partout
où se passe cet étrange
regard de face pour une fois
la face en corps une fois.






Thierry Texedre, le 29 novembre 2010.

mercredi 17 novembre 2010

De l'oeil au loin

Soudure du temps
avec l'indivisible
le déhanchement
du vol ciel dehors
vers ce soleil rouge
choc du soleil sur
l'impossible corps
du temps fini visite
du ciel par cette
chair qui se déplie
devant la lumière
trop rapide pour
que ce penchant
opprime l'entaille
faite au cœur clou
du spectacle voile
transparent sur un
enterrement occlusif
fermeture du rideau
de fer en devanture
du bien laissé pour
compte dans la nuit
évanouie de l'esprit
tentaculaire du lieu
le lieu est tellement
inventé qu'il n'y a de
place que pour l'œil
maintenant arraché
au vent du temps
tant attendu partout
où l'espace du lieu
disparaît disparition
avérée de la chair
damnée celle qui se
pense comme lieu
du commun tenu
pour responsable
de la terrifiante voix
énonciation éjectée
du corps expulsion
du corps troué encore
poussé cette pulsion
qui laisse à la mémoire
comme un léger regret
d'amertume à mener
le combat contre le
coup du sort du corps
ce coup d'arrêt d'un
horizon celui que la
tête acéphale vient
en respiration montrer.





Thierry Texedre, le 17 novembre 2010.

Adieu au féminin

Toute étendue en résilience
dirige sa fin le fil de la vie
vers cette translation cette
vie avortée transfert du lit
infini de la chair rayée du
discours trop enclin à parler
au lieu de respirer oh couac
lentement ça meurt ça saoul
par l'indignation du pouvoir
rentré dans la tête crépuscule
du corps fendu en deux en
parlant son désir de ce désir
qui n'est que cette répétition
de l'oralité qui sature à mesure
que le lieu du corps s'empresse
de jouir sa double vérité celle
du commencement et de la fin
de ce corps suturé où va sortir
un rien un petit ressort saut
du dedans vers l'extérieur pour
troubler la vie la chair en touche
marge de la vérité du dire que
ce corps soutient avec feinte
douloureux corps l'imposture
du dire en est la cause saute
sur l'étreinte difforme de la
tentation d'avorter oh là c'est
bien l'avortement qui a lieu
résidence de la chair qui pousse
dedans en danse imperceptible
douleur en contractions adieu
majuscule que l'œil deux d'y
voir ira accoucher en tête avant
d'avorter en couches descente
troublante du corps nouveau
créé tel un usurpateur entrant
dans la danse le lieu du désir
apprivoisé par ici les forceps
accusé levez-vous dites nous
si votre nom parle au féminin
par l'air essoufflé du dieu dit
air entre d-et-e l'erreur aura
été de mettre le sexe de la femme
à la place de l'air à dieu écartelé
par ce fait jouissant de sa césure
n'a-t-il pas oublié la femme où
se cache le dire insaisissable
l'insignifiante oraison celle de sa
troublante existence à retirer
du coup de ce dire en jouissance.





Thierry Texedre, le 15 novembre 2010.

mercredi 1 septembre 2010

De l'amour et de la mer

Les vagues insensées les vagues ondulantes
sous une immensité bleue sous le ciel long
en langueur est lourd léger la mer se replie
danse mondaine monstrueuse enjôleuse elle
est l'ancêtre du temps d'un désir d'éternité

Vouée à l'envoûtement c'est elle qui sort de
l'eau en fleur enivrante en femme fontaine
fondant sur cette clameur lointaine qui va
monter épuisée hante avec étonnement l'eau
à peine voilée d'infime féminité elle touche

La vie arrachée aux eaux opaques de l'étendue
brillamment gesticulé dense et dramatique
s'échappe du temps disposé là comme par
enchantement de cet interlude dédié à l'arche
qui commence à s'étendre au dessus du cours

Des choses s'élèvent déchaussées des mots
qui ronronnent à tort et à travers sur les bords
le long des côtes ancestrales arrimée là comme
par enchantement partout où l'homme naquît
entouré tel un lierre autour de la mer meurtrie

La mort s'approche sur laquelle l'homme dresse
toute son irrésolution son désespoir d'aveugle
ne détient-il pas le pouvoir d'immerger son
amour dans les bras écartés de sa bienheureuse
légèreté léguée à la mélancolie vague à l'âme

Le temps des lilas là-bas sur la berge humide
c'est le temps des roses des amours incertains
de tous ces cris d'amours dans la pâleur du jour
joué à coups de dés jamais le temps ne passera
pour se soulever lentement inséparable plongée.




Thierry Texedre, le 31 août 2010.

samedi 14 août 2010

Terre d'airain

Terre sur laquelle sonne l'arrière garde
du terrible pouvoir d'une armée lancée
en divisions fanatiques pourchassant
l'ennemi impuissant à faire face tant
sa garde est fantomatique et décousue
courte espérance en un imaginaire fort
d'improvisation dans telle circonstance

Les hommes avançant plein de véracité
vont franchir les espaces étrangers en
tranchant en perçant en saignant ces ôtes
rendus à la terreur du fracas des pas sur
le sol trempé d'un rouge qui coule étalé
de ces tranchées creusées pour s'enterrer
se cacher vers d'autres contrées enfumées

En songes les victimes râles encore le temps
d'un écoulement lent de cette vertigineuse
tempête drame continu qui s'avance vers la
haute colline noircie par les corps calcinés
déposés ça et là entassés d'où s'échappe une
litanie un dernier souffle une senteur perfide
doublé d'une épaisse fumée dans un ciel terre.




Thierry Texedre, le 14 août 2010.

dimanche 18 juillet 2010

Le saut

De ce lointain paysage, elle passe
pour rendre en songes ma paisible
passion; pour celle qui entre en moi,
et tentera de jouer avec une blessure
gravée; grave irruption de l'amour,
de l'extase qui touchera mon cœur.

Vers d'anodins baisés, je tente de
m'évader; devant les errances de nos
deux vies, visibles, quand l'heure
sonne au lever du lit encore chaud;
éternelle communion des bouffées,
de ces bouts de chair douce, charriée.

Sinueux, temporel et infini, l'amour
du martyre volé cède aux larmes;
au centre de l'épanchement avoué,
cet élan insouciant revient griser
comme une attente; une voie vers
laquelle les pleurs incertains iront.

Ma tendre touche mon émoi, mon
improvisation fragile; couverte des
rires attendris qu'un lointain écho
va nous mettre en tête, quand l'éclair
vient frapper nos deux tentatives,
de passer ensemble le pont, en saut.




Thierry Texedre, le 18 juillet 2010.

lundi 12 juillet 2010

Du côté du corps

Du côté de la côte
où le genre humain
s'évertue et se tue
l'astre naît duquel
sont sorti les fées
les enchanteresses
restées pour rien
juste pour le plaisir
l'affection le baisé
redresseur de torts
tortueuse oraison
qui monte le long
du corps vitreux et
étriqué dansent les
habits souillés et
secs drapés gorge
refermée resserrée
gonfle tout le long
de la pente en dents
de scie comme tirée
par d'infimes brins
écueils en filigrane
resserrés pour livrer
la monstrueuse fille
de sa queue écaillée
du sable scintillant
aux sources de l'air
dehors quand l'eau
en pluie fine touche
finalement le corps
lisse en se dressant
debout les pieds en
bas vus d'une vision
en sens caché sans
dessus dessous en
équilibre pour naître.



Thierry Texedre, le 12 juillet 2010.

dimanche 16 mai 2010

La mer

Sous l'étendue en pure perte
de la mer en ondes vagues
l'océan dispute sa profonde
insolence avec les cieux
soulevés comme de vastes
épanchements imperturbables
sans cesse les marées
prolongent ces creux nés
des temps révulsés rare
renouveau du grand lieu
liquide en plongée en chant
des sirènes pour l'esprit
perdu d'un corps naissant
né du fond des océans
autre isolement de ces êtres
libres en longues prouesses
pendu au cou du pêcheur
le son absent de nos ouïes
va passer du temps avant
l'interminable obsession
du souffle coupé sous la
pleine offrande aux cieux une
certaine voix vocifère face
contre terre lentement il
va s'éveiller et quitter ce lit
liquide en sommeil dans
l'interminable éternité de
l'astre tombé de ce doux ciel
en méandres dispendieux.




Thierry Texedre, le 16 mai 2010.

samedi 8 mai 2010

Sous couvert de la tétanie

Sucré sans aucune intention d'en redemander de redresser l'astre dure plus insouciant que sa digne rivale en ouverture reste qu'il est insoumis et en replis sous adrénaline risque de perte de mémoire et d'amphétamines sous la peau ce rien qui remonte à la surface délimitation de la chair mis en coulisses travers de cette sorte de frange interdite liée au désir de l'introduction intensification du vertige de l'horreur de ne plus faire surface divination de ce futur instrumentalisé par l'étirement du monde en vue ophtalmique du risque de traduire l'acte en action sans retour souffle en souffrance du risque d'apparition du miracle du murage piqué là comme une trouée gratuite un grattage du con en impulsion sens caché et ricanement de la jouissance devant ce rictus ce sexe d'homme raté enfoncé pour défoncer la peau et risquer d'imperturbables cassures du transfert taraudé par la peur d'en finir avec l'image insaisissable et cloaque de l'essence consumée convoitée concrétion cadavérique du corps exsangue et blanc vidé de ses sens asthmatiques fragile supputation du toucher qui gangrène l'astre fragile du bas indigestion asexué qui passe du rose au rouge meurtri dramatique virée du risque d'excision du col ouvert de l'assomption divine vrillée pour avoir mis en poche l'esprit inquisition l'esprit tenu pour responsable des affres de l'ergotisme spasmes introduisant à l'ablation du crane pour un temps illimité corps acéphale soumis à la terreur du sexe terrorisme contre un corps qui met en couches ce drame.



Thierry Texedre, le 5 mai 2010.

mercredi 7 avril 2010

L'affection des sons

Touche rouée en roue rature de l'élocution sur le drôle de rétrécissement du jeu de mains matière directement impulsive qui vous éclate à la face à force d'entamer l'entretien d'une thématique sur le songe savoir qui tombe à pic pour entourer et enfermer l'air du trou qui impulse au corps sa vitesse de survie sa composition invitation à rédiger une entrée entourée par l'effet du temps sur l'indifférence de la musique sur l'affect affaire de compulsion de digression devant l'infestation des notes sur le couloir d'une audible lecture libre et entrée en atomisation en chair encore en chair en chair entendre la chair entonner un air une distinction musicale vite éteinte si la chair s'en mêle autant se livrer à d'imposantes effractions sur le corps le corps surface le corps sur la force de la chair carnivore combinaison de l'acquis et du néant du vide et de la surface comme il se trouve que la surface tombe sous le régime de l'esprit la chair vous tombe dessus à cet instant comme pour montrer que le corps s'essouffle le corps n'en peut plus de mettre les sons sous sa coupe sous cette peur passible de combinaisons mises en tête et en chair.


sur une musique de Magnus Lindberg
Clarinet Quintet, for clarinet and string quartet
Thierry Texedre, le 7 avril 2010

lundi 5 avril 2010

Glossopoeia stcfelvspprvdppgej

Sous ses soudaine sensation
tombe tant touché tout tourné
ce cour convulsif couché cent
fois franchi feu fournaise fuite
en enterrement et entrée entre
les lointaines larmes longeant
votre visage vers votre vie vis
sans savoir surdité socle table
penchée pour pouvoir prendre
part partout prêcher prête par
rapport risqué rouage ridicule
vomi voir vendu virage vite vu
du dieu damné dans des dents
plantées pour passer pousser
pourchasser pleine plaisanterie
grandement gravir goutter gel
en errance erreur et étirement
juste joué jeté jusqu'au jour j.




Thierry Texedre, le 5 avril 2010.

samedi 27 mars 2010

Ô rage

Ô rage du dantesque radeau
du lieu intérieur de la divine
destinée ravageuse et courbée
droit et dressé dans l'immensité
désirante des rouages de la vie
sombrant dans les méandres
de l'opuscule clapotis désordre
du décors mis en ligne des corps
figurés en fin de vie au début
de l'éternité qui campe là une
musique lascive et ponctuée
par d'innombrables étreintes
amoureuses acné qui prolixe
qui s'étend dans un ciel pesant
passé par les armes pour avoir
navigué dans l'étreinte d'une voix
appelée en marge des mots sous
l'empressement du temps qui
couve les corps allongés au
passé et debout au présent sauf
que le temps s'évade par les voies
d'eau en mer future fracture forcée
immonde descente aux enfers de
la voie du sang dans ses artères
aériennes avéré visitant l'esprit
rangé dans la catégorie comble
d'ironie du sortilège de la mémoire
qui fond sur l'imaginaire damné
du corps transparent du corps
opaque du corps représenté en
clôture de la vie de l'objet objecté
objection viscérale de l'atomisation
irréductible du chant des sirènes
pour âme qui vive visitation
de l'inéluctable résurrection
des corps dans l'esprit station
arrêt du coeur compromit du
corps coupé de sa direction sens
sans dessus dessous dans l'antre
des lois louange du chant des
extrémités des exclusions de
cet air de cette figure proche de
l'éternité du dire intérieur poussé
par quelle pulsion pour quel sas
quelle ouverture du temps à la
chair charriée en sang faute de
quoi la vie manque son départ
sa poussée vers l'étrange dérive
dans l'océan liqueur séminale
semence irrationnelle du temps
présent tenté par l'expulsion
l'exclusion pour l'infiniment
grande erreur qu'a l'homme à
représenter sous les signes
immolés de cette chair parlante.




Sur la Symphonie N°3 opus 56 de Mendelssohn
Thierry Texedre, le 27 mars 2010.

mardi 23 mars 2010

Amour mon bel amour

Aveu d'un amour infini
aussi enchanté aussi
divin que le ciel autour
semble bleu dans un
lointain azur oh amour
oh ma tendre chair et
ma grandeur immergée
dans mes saveurs mes
noces souvenir ici et
pour toujours devant
l'amour porté aux nues
vol du dessus de cette
vie en songes immaculés
entrée dans l'impromptu
de tes ondes en beauté
jusqu'au bout du monde
jusqu'à la fin des temps.

dimanche 14 mars 2010

L'immortel

La béance du coeur de l'âme
reste ouverte précisément
pour n'être que l'âme infâme
d'un coeur à retardement
d'un couperet qui manque
de tomber sur cette tête en
arrière en retrait sur pause
pour avoir voulu se mettre
en travers de dieu en un de
ces deux acteurs union des
deux dans l'anamorphose
du temps oui du présent
de cette mémoire en tête
qui en impose qui croit et
par dessus tout croît en
s'arrogeant le droit à la loi
loi oblige pour croire sur quoi
on va asseoir un lieu lien du
sens de l'identité tellurique
extrême onction du corps
qui en impose sur sa haute
tête pleine du manque de
vide vidée de cette lumière
imposture qu'est la présence
de l'immaculée conception
de l'image audition imagine
que sans ce sas tout devient
opaque et sombre de l'ombre
impressionnée sur le divan
de la légèreté de l'âme mise
en folie pour s'être détourné
du corps de sa cavité source
du savoir imperturbable de
cette transe des coups portés
à l'âme ouverte ouvrage à
remettre sur l'enjeu de l'esprit
qui tourne en dérision sa
chair puisqu'elle est érection
avant le désir d'intériorité
la femme en érection là est
le grand mystère d'un dieu
prométhéen poussé par les
vents violents du temps
passé souffle de l'immortel.



Thierry Texedre, le 14 mars 2010.

vendredi 12 mars 2010

Le jeu de la jouissance

Quels espoirs pour une autre vision de notre tentative d'élucidation du dire, de sa mise en lumière? Peut-être faudra-t-il une certaine reconnaissance de ce dire qui reste sous imposture, comme on dit sous x. L'absence du dire est la preuve qu'il est là, comme moteur et signifiant du sens taraudé de l'existence d'une distance, du temps. De ce dire mis en risque de maltraitance de sons objet: le corps-érection, le eau-corps. Reflet tiré sur la tranche improvisée de la vie. Le dédale opératoire du dire n'est lisible qu'à passer son temps à craindre une traduction. Vérité de la naissance via l'esprit de la décollation textuelle. La tête n'en est que plus insoutenable en mots. En doute inquisition et frasques du corps logé en chair. La chair tend vers sa cassure, brisure du coup de grâce donné à la vie, pas celle du corps naissant, mais bien du corps reconnaissant. Juste retour de l'étreinte du corps avec le dire dans un temps qui est faux. Le temps réel n'est possible qu'à faire taire le dire en le coupant de ce souffle qui mène au cri expiatoire. De ces mots intestins et d'une chair dépossédée de sa souffrance: l'extase n'est plus très loin. L'effort du corps à souffrir pour penser est le comble de cette erreur de jouir parce que l'effort est tel que cette chair s'en trouverait alors morcelée et coupée de la réalité, parce qu'il y a jouissance en jeu, jonchée au passé, toujours déjà mise au passé avant la lettre.


Thierry Texedre, le 12 mars 2010.

Le dire rond

Sous les seuls astres des cieux
se consument ces terres hirsutes
irradiées de commun et de maux
immortels irrigation des terres
insidieuses dans la plus grande
ferveur du temps qui passe dans
l'axe du point doublement tracé
en espace réglé ovoïde ouverture
de la terreur du commencement
du temps sons vibrants entrelacs
qui comptent les années sur terre
surdité des hommes devant l'axe
de la terre entourée du verbiage
satellite de l'œil évidé pour une
fois de sa substance onéreuse de
cette marque en signe de quoi
on traîne désespérément le long
du fleuve une ombre noire depuis
le fond des choses jusqu'à l'espoir
de la surface des choses respirées
l'esprit enfoncé du cou se met
à parler une autre langue moins
audible à ces infestations du corps
intronisé dans une parole faussée
un fossé d'une délivrance qui va
prendre forme s'enfonçant dans
des temps insondables et fous
c'est la foi qui revient au galop
celle du rêve qu'un corps pour être
doit supporter sous l'emprise de
cet irrémédiable saut dans le vide
que d'aucun n'auront de cesse
d'alimenter foi en vide vitesse là
est la chute des corps loin de leur
dire et de l'œil poison poisson dans
l'eau du rêve tout contre l'entreprise
en prière de l'amour chanté ici-bas
ici pour l'amour d'une naissance
communication du verbe dans la
naissance dans l'invention l'aveu
et la hantise de sa perte de sa mort
sous le règne infidèle de la tentation
d'exorciser l'astre carré en route
pour l'éternité et l'infini du dire rond
le rond d'une danse rare et en faute
faussement martyrisée pour avoir
aimé l'astre dans une élévation une
faute du regard devant l'immanente
exposition du ciel vautré dans l'œil
irisé et injecté d'un sang rouge rubis.




Sur la Suite liturgique d'André Jolivet
Thierry Texedre, le 12 mars 2010.

lundi 1 mars 2010

L'éclairement

Aveugle du désir ou
redirection du geste
qui tombe sur le rien
qui inonde l'intérieur
insoumis de la chair
taraudée par l'unique
traitement de ce corps
par l'esprit en creux
l'esprit est un creux
qui ne se remplit qu'à
user du désir avant
de prendre l'œil en
aveugle en doute en
usurpation du son
à la place de cet œil
éclairé par trop de
signes jusqu'à tendre
la jouissance irradiée
et totémique de cet
être devenu humain
à cause de l'esprit
qui à force de balbutier
se voit contraint de voir
d'écrire puis de lire
sa peur de jouir au
lieu de désirer entrer
en respiration étreinte
au lieu d'étendre son
dire éteint sur les rives
de l'analphabétique
couleur somme blanche
qui coule autour et
de travers sur la surface
usée jusqu'à l'évitement
trame qui se noue et
qui dénoue le théâtre
incessant de son double.


«L'écriture tombe sous
les traits de la peinture
qui peint d'entendre ces
voix irrespirables, drame
sous la danse des corps.»


«L'œil trahit par cet
éclairement de l'être
se voit dans une loi,
celle de l'impossible
position à représenter,
en conséquence de
quoi il va être et croit.»


Thierry Texedre, le 1 mars 2010.

dimanche 14 février 2010

A perpétuité

Bulbe douloureux de la passion
transversalité du temps sur ce
corps marqué défait détricoté
jusqu'à la longue litanie qui se
fond se réforme dans une rare
dualité du corps tendu traversé
par l'ode enchanteresse qui tinte
dans la cavité en tête dans un
léger martèlement lente agonie
d'une subjectivité mise en doute
dans une éternelle profusion de
l'être communément apparenté
à la laïcité à l'identité commune
au même au pareil à cet aire qui
vient de loin qui sonne clair aux
oreilles auriculaire passion que
la vue va tenter d'extraire dans
une répétition spectaculaire de
l'imaginaire en multiplication des
images des thèmes insondables
extirpés du corps par tous les
incontournables orifices touchés
par la grâce symphonique de
l'éclat en deuil de l'amour don
donné à l'être posé là comme si
tout tremblement de la chair n'
était qu'une irascible ponctualité
de la détresse du temps humain
détenu par les accords de cette
somme musicale à rebours en
vice des sons descente en enfer
du corps par l'esprit de chair le
seul qui ronge l'espace tendu
des sons frottés par l'archet lié
au plaisir de rentrer dans l'ombre
ondulatoire de l'esprit mort avant
sa naissance celle de cette ivresse
de nativité vraie commencement
où les sons soulevés en matière
retombent en couleurs dés le bleu
immatériel du temps vu par l'oeil
déchu du temps en corps décharné
nudité de la raison nouée par la
passion par l'insoutenable tentation
du corps qui danse sur les ondes
répétée des coups sur la tension
des sens du toucher de l'extraction
de la pensée qui commence où
l'animalité s'arrête deux prises
pour le chasseur deux fois touché
par l'impossible réunion de la raison
et du désir du soulèvement des corps
quand cette petite musique se laisse
entendre au fond dans l'antre du
désordre intérieur dans cette folle
capacité à s'autodétruire surdité
du texte à croire souffrance depuis
le corps à s'immerger dans ses sons
sous l'empressement déraisonnable
de la chair qui tremble à perpétuité.



Thierry Texedre, le 14 février 2010.

vendredi 18 décembre 2009

En maux d'amour

Découvrez la playlist Delerue avec Georges Delerue



Sous quelle vibration le coeur s'étend-il
s'étire-t-il vers d'autres cieux que ceux
de l'aimée chère et tendre aimée qui n'est
plus dans ce coeur que l'ombre endolorie
d'une errance que la chair peut soudain
encore entendre lointaine dans un léger
glissement de la douleur du mal d'amour
que prend cette forme si fragmentée de
l'être indésirable sans sommation sans ce
tendre regard passé pour toujours empli
de l'infamie d'une fin de l'affliction dans
ce corps soudoyé par d'infinis tourments
dans ce tournoiement en tête qui frappe
qui donne en concert l'impossible retour
vers cet îlot de senteurs immaculées sur
l'odeur posée dans les beaux ébats en vie
de l'amour porté dans la pureté la légère
liberté de cette tendresse de l'enlacement
divin qui s'offre à de doux êtres emportés.


Thierry Texedre, le 18 décembre 2009.

samedi 21 novembre 2009

Tous les deux

Il ne se passait rien. Nous étions assis à une table, dehors, près d'un arbre; sous un saule. Nous deux, comme deux étrangers. Sans dire un mot. Le temps passait et emplissait largement l'après-midi ensoleillé. Nos deux mains tendues au milieu de la table commençaient à tournoyer dans nos esprits. Ou peut-être était-ce le plateau en bois qui nous jouait un tour de passe passe. Nous étions dans un autre monde; le monde irremplaçable de l'imaginaire. Non, pas deux personnes en même temps? Je reprenais un peu le dessus des choses de la vie. Je lui lançais: «mais que faisons-nous planté là, comme deux vases sans vie?» Aucune réponse, rien que son regard hagard, fixe, droit et sans rides, lisse; ouvert à toutes sortes de supputations. Pas même sa main qui ne se desserre. Au contraire, je sens comme une force intérieure, une vibrante explosion de ses veines. «Que dis-je, je parle en l'air, pour rien? Et je suis aussi figé qu'elle? ouvre au moins la bouche! Lève-toi...» Elle est droite et son teint est clair, presque blanc. Je me mets à douter de ce troublant risque d'être avalé par la musique de l'imagination. Qu'elle m'emporte loin d'ici, ou qu'elle me rapproche de ma bien aimée. J'en reviens toujours à ce double possible, que deux êtres peuvent en même temps s'évader de l'instant présent. j'en ai presque froid dans le dos. Je ressens déjà quelques frissons, j'ai la chair de poule comme on dit. Toutes ces impressions vont si vite qu'il me serait impossible d'en rendre compte, à la seconde où je vous parle. D'ailleurs je suis inquiet, du présent, si impalpable, rien que d'y penser. Les yeux de la femme sont mi-clos, à peine ouverts, juste assez pour ne pas me questionner. Un voile nous sépare, nous enveloppe, tourne autour de nos deux corps assis. Le feuillage léger du saule pleureur dessine sur la table des tracés imbriqués, emmêlés. Un léger vent nous soulève, et les images changent autour des mains. L'étirement des branches vertes entraînent le feuillu dans une danse immatérielle. Je m'épuisais à trouver une réponse à d'infinies illuminations de nos deux personnes. Touchée par la grâce, la femme tombe en arrière sur une couverture verte, verdure de feuilles et d'herbes folles. Elle s'allonge les bras écartés, les mains lâches. La tête en arrière enfoncée dans l'herbe, au pied de l'arbre dévolu. Le réveil est un véritable cauchemar. «Chéri, que se passe-t-il? Raconte! Je suis là, je t'aime, allons raconte.»

Thierry Texedre, le 19 novembre 2009.

samedi 7 novembre 2009

L'être pensant

Tout autour
du centre de l'esprit
se traite
toutes les opérations
périphéries de
la déraison
de l'imaginaire
de l'infamie
propre à
l'homme
ce centre où
l'esprit a lieu
où il se tient
où il dérive
tant il prend
la pensée pour
l'esprit
l'esprit pour penser
noyau de l'esprit
penser qui tombe
sous les coups
d'arrêt
de la pensée nommée
nom de l'esprit
de l'esprit en veille
état de l'être
être en veille
en veille
veiller
sur l'urgence
qu'il y a de veiller
sur la pensée du centre
de l'esprit
es-tu là le là
du lieu le là du
déchantement
pas celui de la musique
qui ne cesse
elle de rencontrer
l'urgence de penser
pour voir et
entendre
simultanément
ce qui fait que penser
c'est de la chair
de la vie en chair
de cet être cher
sous le bel astre
encore doré
comme adossé
à l'infini avant
de pointer en fond
du fond de l'esprit
cette chaleur
insoutenable qui
vous frappe un instant
pour rien comme ça
juste parce que
c'est une histoire de
temps
que nous ne
pouvons régler sauf
à en finir avec ce
noyau cette aire
impulsé à la vie
vive émotion
de l'esprit qui
tourne court
vertige
vérité de ce
déséquilibre
dénaturé en pleine
face
dans un aveuglant
passage des rayons
du soleil devant
l'oeil
aveuglé
dominé
amené
à ne plus distinguer
que par l'ouïe
le touché
c'est donc cela
l'effroyable circulation
qui va de l'oreille
à la peau
possédée
en possession de ces
moyens montages en
pulsions
d'où émerge le
geste
le geste léger de l'être
douloureux
et empli de tentations
insupportables
insurgé
l'être se met à en
découdre de ce
mal
mal être
privé de la vue
une illumination vient
devient comme nécessaire
au corps mis en chair
c'est d'une vérité criante
la voix
que sort cette soudaine
identité vraie
la vision
la seule vision
que penser
penser pousse à jouir
c'est la flamme
même
de la vie impulsée
impénétrable
animalité du corps
sorti en chair
pour inventer
l'être pensant.

collage sur le Concerto N°3
de Nicolas Bacri

Thierry Texedre, le 6 novembre 2009.

mardi 27 octobre 2009

Contours en corps



L'origine du monde, 1866
Gustave Courbet




Acte 1

Contours de ce corps poussé dans les retranchements de l'incidence de la chair de l'excès cédant au désir insupportable de l'appel des sens sous le couvert vertigineux des extrémités érogènes corps morcelé corps rougi au fer enfoncement de la boite crânienne sous drague drogue groggy les lèvres de la bouche béante sont gonflées entre les cuisses écartées comme en transe en tremblement les mains plongées dans l'étrange jaillissement de la jouissance en cours les lèvres se resserrent le sexe durci semble ne plus retenir l'envie de laisser aller ce filet chaud qui glisse sous le corps le drap est imprimé d'une auréole jaune qui s'allonge de chaque côté du bassin encore collé à l'acte exaspéré violation en tête l'odeur de stupre qui monte dans la pièce elle se soulève enfin en arrière faisant bascule avec ses jambes maintenant rapprochées et tenues par les mains posées sur les genoux des mains glissantes et rougies par la violence de la masturbation vaginale de sa cadence ininterrompue jusqu'à l'extrême limite de l'insoutenable transe.

Acte 2

Du rêve en montée sur cet élan illusion de la queue glacée du mâle va surgir l'effrontée la gueuse faisant volte face retournant son corps de rêve le tourmentant d'horribles blessures creusées à même la peau le pieu enfoncé tel une possédée n'est-elle pas au-delà de la folle traversée en rut du désir inassouvi de se faire traverser la chair pour en sortir en possession de l'âme de cet autre violenté malgré lui la verge grosse monte et redresse sa tête rosée qui devient carminée dans l'enfermement du con autour le corps sauté est en rondeurs et en plis les seins palpés les pointes redressées aussi où une sensibilité extrême mène à l'extase au cri à l'agitation du corps à sa pulsation à sa perte de repères dans l'espace restreint de la chambre elle semble expulser le mal de ses entrailles en invitant l'homme au délice de ses phantasmes en recluse de sa profondeur de chair elle succombe aux attributs qui l'emportent dans un autre lieu le risque du soulèvement de sa jouissance les deux corps se croisent sans jamais prendre le risque de sortir l'un des deux du jeu ils se rejettent se lèvent s'accouplent à nouveau de face de dos le tronc allongé pour laisser voir les recoins froissés entre les fesses du cul relevé danse interminable va-et-vient insensé et sensible dans l'indifférence des yeux sans lequel rien n'est éteint du désir partagé là en suspens en plus en trop pour rien gratuit là pour produire cet état de dépendance de l'accouplement sans cesse exposé dans n'importe quel lieu.

mardi 13 octobre 2009

Penser

1

Donatello fend de sa pierre l'enterrement, par l'entremise de la coupe. Coupe de tête, n'est-ce pas là comme un retour sur notre siècle qui tourne tête sur pieu, l'exposant au nombre grandissant des songes imaginés sans tête? L'enterrement en tête qui vaut pour toute pensée, en moins sa corporéité, sauf à la sculpter? ouvrage à produire comme fin de tout objet ayant un lien (son lieu) avec la représentation. Cette matière par enlèvement, manque son temps à vouloir penser, à sculpter et scruter cet horizon mis en perspective. Pourtant ce pouvoir de penser sans tête est un pouvoir d'existence. Notre siècle invaliderait-il le corps, sauf à le couper? Vision partielle ou visitation de l'esprit mis sous la tutelle de sa matière? L'esprit contemporain ne pense qu'à «dépenser» et soustraire du nombre cette osmose hors du temps qu'est l'acte même de penser. Le nombre consommé, comme on aurait dit consumé, pour avoir cru penser en un temps: celui de l'identique. L'étirement du temps de la Renaissance est le même que celui du XXIe siècle, coiffé au poteau par l'inertie de l'unique, trempé et traqué par le nombre: celui des corps humains déshumanisés pour avoir préféré la jouissance à la loi. L'enlèvement de la tête humaine passerait par un pouvoir lié à l'hypostase. L'effacement récurent de l'esprit de chair au profit de la chair eschatologique. Enterrement intrinsèque à la chose absente, celle dans la tête de laquelle dort l'enseigne d'une pensée/action. Penser serait donc une liaison entre ce corps mis en discours, clos, entier, et un corps sans tête, corps obtus.

2

Est-ce une vérité que ce risque d'altération de la pensée mise à sac par une protubérance incommensurable de l'image/ dépense; exorbitée l'image taille, coupe, sape, retire, vide pour mieux boucher sa raison. La décollation, elle, n'a de symbolique que sa mise en vraisemblance du délire mis en étirement dans un autre délire, cause d'une vérité autre, tentative de sortir de la psychose. La peur, engendrement d'un autre récit, va couper court à la jouissance, pour tenter une transsubstantiation L'être n'est être qu'à consumer sa terreur, de prendre en chasse la dépense. Tentation de restituer à cette subjectivité la dérive de son fou vers la lettre. Lettre/ analyse, écriture/sémiotique, dire/ questionnement, pour opérer une une sortie en deçà de la voix: pluralité du corps livré au retranchement du commun, à sa mise à niveau par le sujet comme identification en temps réel de l'infini, réserve de la mémoire mise en tampon. Début d'une histoire où l'autre pluriel va fournir au sujet matière à vivre. Les réseaux liés au cortex vont s'expanser, la vie trouve ses marques dans la résolution de tentatives d'évitement de toucher la mort cellulaire, celle-ci va exister ultérieurement pour clore le débat interminable de la raison face à l'hétérogène immensément touché par les sens du corps en chair: schisme qui confère au commun une vraie autorité sur le sujet trop occupé avec la corporéité mise à nu. Il est à noter que le sujet va disparaître au niveau du temps vécu, pour vouloir penser, et que penser ici, ne sera pas structuré comme le langage écrit. L'oral y puisera son être, mais pas la pensée. La pensée mord à pleine dents pour se maintenir en tant que fonction d'interception, dans des réseaux complexes, de la dopamine, parmi les neurotransmetteurs actifs dans le cerveau. Point de lien avec le plaisir, mais une déferlante de signaux qui vont innerver et irradier l'organisme tout entier, le mettant en catatonie partielle. La motricité du sujet est alors pour le moins mise en "temps libre", évanescence apparentée à quelque chose qui ressemble à un état de dysfonctionnement motriciel. Penser coupe tout rapport avec le réel, sauf à le construire avant son apparition, construction qui n'est déjà plus intuitive, puisque soumise au manque de plaisir, réalité du lien social avalisé en expulsé/oralisé. L'action est l'indice/signe que le sujet se met en état libre de conduite commune, en conductibilité pour rompre avec une fiction, rompre la chaîne parlante reconnaissable, et saper toute institutionnalisation de son fou.
Texte mis en signe distinctif: que penser n'est pas encore de l'ordre de la perception.
Thierry Texedre, le 13 octobre 2009.

dimanche 11 octobre 2009

L'oeil danse à deux

Danse de sa sortie à force d'éviter
le risque d'attroupement du genre
humain face contre terre les dents
plantées dans le sol épaissi trempé
dans l'action générée de la sèche
ritournelle de la langue sévère de
la sève qui tient en suspension l'oeil
attendri par des paroles inertes tics
de la paupière qui plie sous le poids
des ans le visage défait par les nuits
sans fin éruption cutanée pour avoir
gratté ce poil poussé sous la peau
il est sorti du corps des ténèbres
dans l'insistance du vague à l'âme
qui opère comme un ras le bol c'est
un ras de marrée une soumission
de la voix aux ordres du corps qui
va sauter en éparpillements de chair
carnassier avant il devra éradiquer
ces errances innombrables sans foi
ni loi en tête mal faite monstruosité
de la pensée qui tente une dérive de
son corps en marchant sur sa peau
en la troussant en la tissant aiguilles
plantées pour en coudre la bouche
clore ces ouvertures grêle déferlante
qui creuse et crève l'abcès laissant
couler ce superflu ce sans vie sang
senti sorti par tous les sens pores
infectés infestés par l'attouchement
en zone interdite des lèvres violées
voile irrésistible à franchir saut de
l'oeil en tête sur la chair sentinelle
en danse ritournelle de la peau collée
contre la naissance en creux du feu
intérieur douceur du soir des deux
amants renversés par terre sans lieux.

dimanche 4 octobre 2009

Requiem

collage sur le Requiem d'Alfred Schnittke

1


Tache imperturbable sur l'os vidé de sa reconnaissante chair
Touchée par l'apostrophe le rite dramatique de la vie en peau
Tentative d'avortement des mots en plaintes en sang coulures
Tressage du court instant de l'écoute en coeur pressé de rendre
Tous ces atouts tous ces attributs à l'horreur faite homme nié
Transfiguration de l'imposition en masse des corps dénoués
Traversée en pestiféré du corps en chair schisme dans la nuée
Tentation de résoudre le plaisir en pulsations en fornication
Trou béant qui va emporter les jeux les notes lancées dans la
Travée en basilique danse des sons empruntés dans l'air dense
Tassement des vertèbres sous le poids d'une chute chaste entrée
Tant que la chair persiste sous la lumière en travers des vitraux
Tissage de la peau dans une glorification de l'esprit saint esprit
Touché au plus profond de ces modulations excavées en croix
Tout se passe comme si ce chant grégorien se risque à forcer
Toutes les issues de l'hystérie en image mise en mots en pleurs


2


Traces de l'insistant martellement des voix sous l'esprit en coeur
Travers du long défilement en image de l'autre image croyance
Tentation de mettre en avant cet exorcisme de la pensée l'un
Traduit au coeur du corps retiré de sa gaine la peau en puisant
Tous les sens qu'une chair parvient à s'approprier offertoire et
Trou ramassé travée fragmentée tout en croyance sous le poids
Tiraillé de la peine pendue à cette voie humaine détachée en joie
Triste parcours du don dans l'espérance en concile union de cette
Tyrannique gestation du commun pris dans l'un pour isoler la vie
Tessiture qui se met en chasse du démoniaque jeu le désir l'infini
Traqué et ivre dans cet union entre l'infini et l'immortel rouage
Transgression de cette roue du temps qui n'en finit pas de rire
Tardant à s'immortaliser tout autour du sac dans la renaissance
Traduction du corps par le langage comme loi en froide sonorité
Tendue extension du corps vidé de cette substance pas la mort
Terminant pour toujours la vie vide de l'esprit monté en croix


3


Trois fonctions de cette résurgence de cette vie en chants élus
Trinité c'est cela c'est le bien qui s'envole retourne le corps
Transpercé par d'insondables mortification en fils en vérité du
Transbordement inconscient du père en chair écriture sous la
Tentation tellurique de l'esprit du sens sans dessus dessous de
Tant de vérité en vision en vue insensible d'être écoute sourde
Troussée et mise en rémission en acte en arc de sexe démence
Touchée pour en sang révélé en vin meurt de sa chair en pain
Transformé dans l'imaginaire pour l'éternité pour penser moins
Tumultueusement tempête du cri qui sort en nombre du corps
Tombant sur un soc en terre sainte terrible tripotage du corps
Tourné vers ce ciel en haut en tour du temps tondu en femme
Transgression en fin en tournoiement dans l'espace de l'espèce
Tournée vers un bas allongé en couple en scie coups de dents
Travail du son sur l'esprit qui va vibrer pour entendre la voix
Tonnant partout dans le ciel en bleu étiré ouvert en libre chant
Tenir par là le commencement de la vie la vie éternelle en bien.




Thierry Texedre, le 4 octobre 2009.

dimanche 26 juillet 2009

Nocturne

collage sur «Nocturne pour violoncelle et piano»
d'André Jolivet

Fragile détention du genre humain
quel emprisonnement
infranchissable liaison du temps
à l'espace de l'esprit
victime d'une imposture propre à
l'homme la transversalité même
celle de la femme
production et reproduction dans un
glissement vertébral
irremplaçable discours sur l'élévation
du corps poussé
par l'expectoral toux en gosier respiratoire
franchissement du vrai
quand la respiration vient à manquer
maltraitance de la chair sur ce corps
occlusion des yeux
occlusion intestinale
occlusion olfactive
occlusion du coeur
pourrissement de l'être en corps
transgression du corps en sens
pluralité des sens vers l'anesthésie
qu'un oeil
en débats peut résoudre
respiration suspendue à la mort dédiée
pas encore édifiée
les dieux n'en pèsent pas encore
la portée
musique de l'insupportable déité
unaire dans ce soi
pluriel puisque pris dans l'autre et
la femme représentation du sujet
accouché
trop loin de la parole pour
l'entendre dire vrai
cette parole aimante à tire d'elle
rouage en sang en sens encensé ou insensé
qui tombe sous les coups
de la loi du glissement des mots
maux
en tête de laquelle vont sortir ce verbe
fait chair
parole du sujet de la forclusion
parole du sujet sans lieu ni vérité
sauf à tenter l'apparition
de cette mémoire
médecine du corps déplié
schisme émietté de la grande
représentation.

vendredi 24 juillet 2009

L'éden

L'éden, ce spectre dépecé, désemparé, rétréci pour avoir été à l'aune du temps. Touché par la grâce, cet espace illumine encore l'espace contemporain. Le rend soutenable. Parcours de l'abjection du siècle présent, par sa soutenance sociale résolument consommatrice de sens. Entrée dans une danse où les corps sont à leur extrême tension. Tempête qui cause l'effacement progressif de l'identité subjective. Identité qui souffre en retrait, dans un traitement compulsif de la langue. Jouissance d'une langue fermée, finie. L'inconscient en est l'extrême rouage, roue qui passe par sa consumation, carré d'une circonférence qui bute sur ce corps invalide. Hors du mouvement qui lui est une transgression de ce lien social érudit. Le corps n'est pas dans l'érudition mais dans une dévêture; pôle de la dislocation, de l'émiettement du corps en chair. Chair qui est le point de départ de ce paradis. S'agit-il bien d'un paradis? Ou d'une humeur? Ou de la découverte de la chair, parce qu'il y a eu pensée à un moment précis de l'extraordinaire fonction de la chair à transformer tout corps en son contraire: la chose. Passant par un objet désiré par la mise en sens, mouvement, temps présent, signe que la répétition passe par l'impossible atteinte de cette chose. Paradis parce qu'il y a transfiguration, à cause de l'incessante oscillation entre ce corps pris dans la mesure du temps, et la recherche du temps perdu. Perte du corps, obsession linguale qui vire à l'image, à l'éden. La dispersion du corps en fragments va lui permettre de penser l'impensable: la résolution de sa fin, une petite mort à côté de ce paradis déplacé, en amont de la vie, l'éden en ressort imaginé, pour penser, position du franchissement de ce lien social forclos, en corps vierge, et perdre tout pouvoir du corps sur la vie.

vendredi 10 juillet 2009

Trauma

Suite sur la conduction en alternance
de deux axes transparents croisée de
deux corps double régime don et arrêt
sur image forclusion et reproduction
corps en pensée et corps en chair vision
risque d'une charge émotionnelle quand
ce corps vient à croiser cette pensée idée
du choc que pourrait faire l'infraction à
l'anéantissement de la vie par la masse
monstrueuse de l'extrapolation d'une
telle fonction forcée forçage naissance
de l'architectonique blasphématoire de
la vie virée du socle vibratoire en ouïe
entendement lointain du geste pensée
geste plutôt que cogitation geste planté
là comme pour endosser la loi qui fera
ce socle base nom de la légitime socialité
du genre humain qui sort à peine de ses
balbutiements lèvres gercées par le froid
endémique d'une attraction terrestre et
son contraire l'élévation sonnée soudaine
sommation de la parole en acte acte premier
qui est la frange de toute lisibilité de toute
vision risque d'entendre au lieu de faire
glisser les corps les uns contre les autres
frôlement ininterrompu qui est la cause
de l'invention de la vérité bien avant la
première apparition de l'un en religions
éparpillement du pouvoir d'exister à
l'infini pour atteindre l'emphatique mort
étirée pour toucher cet autre risque vrai
parce qu'il apparaîtra à un moment où la
vie tourne au risque rature mal massacre
images apparues pour supporter cette
fiction des corps atomisés sans retour
vers l'immersion colorée de ces peintres
expressionnistes abstraits forts d'approcher
la cause de cette parole devenue laïque
pour conjurer l'espace qui s'offre l'esprit
en nourriture culture comme grain peau
passage du sensible au divin du commun
au spirituel du vrai à la reconnaissance.

lundi 15 juin 2009

Dans les plis de l'immortalité




















Ciel, peinture de Patrick Delorme



Apocryphe de la terre sous un régime
hautement gangrené par les heurts les
déformations figurales du corps pourri
dépaysé par l'excommunication de la
femme frasques entre l'enterrement et
l'origine vasculaire des dessous en peau
peu de chance que ça cesse l'homme va
en ligne creuser la langue qui raconte
sa chair sa létale chair polyphonique
par chance ou peut-être par pur amnésie
dans sa plus moderne mutilation de son
corps sens du règne animal couvert du
sang de la projection projet de mise à
plat du corps défait en biffures rayures
osmose de la pensée qui va arc-bouter
et plier sa terrible intériorité jusqu'à
l'objet sa dernière effraction avant la
mort nature soulevée à cause de l'excès
avec son immatérielle tentation d'aimer
voilà que se soulève ce rien menu et
en parlant change le cap de cette pensée
en division dommage de la séparation
millénaire cellulaire fliqué par l'oraison
funéraire de la divinité corpusculaire
sciences de l'inexactitude démembrée
dérive au large des eaux en otage en
profondeurs sombres et opaques nuées
sans fond ni forclusion sans fin ni paix
l'ombre humaine seule va compter le
temps qui lui reste avant l'aveuglement
kaléidoscope incessant sur l'oeil rétine
dilatée déchaussée de sa gaine sortie
en croyance blanc en somme colorées
pour sortir du lieu métaphorique de la
langue et tendre vers une soudaine
transfiguration une multitude de jets
en murmure en attraction des sens en
vrai vérité insoutenable de l'apocalypse
de l'image imaginée pour montrer à
l'homme que sur ses aires il invente à
profusion l'objet de son désir dépense
transposée en jouissance en immortalité.

samedi 9 mai 2009

Sous le signe du corps I




photo de la série "portrait intime"
de Estelle Conus



Sous ces tractations insidieuses, ce corps s'éprend du très improbable soulagement, ce souci d'extirper rien à la syntaxe. De quelle exhortation s'agit -il? Sinon de celles plurielles des cris entonnés par une remontée. Une remontée de ce fond intertextuel. Texte soudé à la chair par laquelle vient se soulever la souffrance. Survenue de cette rigueur, souffrance intérieure liée, ligaturée au risque de penser plus. plutôt que prévus, plus absorbé que jamais, cette ode n'est joyeuse qu'à faire souffrance, de celle qui est infranchissable. L'infranchissable réaction de la souffrance qui sort du corps déposé, en repos, en replis, en jonction avec le sens du son haleté. Tour de passe-passe pour avoir tiré parti du pire, ce corps va devoir aligner et sa chair et sa biologie. Troublé par ce site physiologique, l'homme s'éprend de sa surface, pour oublier son architecture. Os pris dans ses cartilages rivés pour tenir son squelette, toute force dehors, ce jeu des cordes passe pour une figure, celle d'un corps entier. Pour penser sa chair, ce corps en os ose sa fragmentation, son état est celui somatique, puis cognitif. courte illusion qui le retourne en images tabulaires, lois intemporelles du soulèvement de ce corps; de son enroulement en un redressement proche de la verticalité dramatique, soumission à la loi de la pesanteur. Réaction du rôle infectieux de la parole qui tire sur tout ce qui devient structurel. Trauma du corps cavité en os, duquel tout semble converger. Structure portée à son paroxysme dans le cri: position parallèle qui souligne combien l'axe os/cri fait trembler la parole pour qu'elle en vienne à sortir de ce fond en chair et en os du dit corps pensant. De n'être pensant qu'à oser recouvrir l'os de cette chair qu'à le rediriger sous la forme représentée du corps socialisé. Ce corps en pousse de chair n'est être qu'à penser sa chair sous l'invalidité de cet os, état d'apesanteur découvert par un reliquat (acter) de cogitation. Tout tourne donc autour de cette nuance entre action et variation. Le corps n'est donc pas ce corps décrit comme tel, entier et en image. Mais partiellement il s'écrit, et se décrit, pour se dire; passant du signe à la signifiance, retournement temporel d'une masse qui devient réelle sous l'impulsion de sa chair. Ça devient le moteur d'un corps en mouvement, mais par ce mouvement va perdre tout sens de sa véritable existence: celle d'une ossification, d'une cassure entre vrai et vérité (celle humaine). L'incandescence de la langue, langue du sujet parlant est le dernier lien qui manque à tout corps inerte, masse touchée par le fractionnement verbal de l'homme. Les arts ont longtemps opérer ce renversement de la matière inerte en une paupérisation collective usurpatrice du corps via l'intellection. Peut-être était-ce le seul moyen tangible pour équilibrer l'affect et cette masse/corps, pour petit à petit quitter ce risque théologique, puis celui spirituel et virtuel.

jeudi 7 mai 2009

Voyage


En Chine à Lo Yang, 1974 Gérard Fromanger



Voyage loin du clair-obscur
là où le songe prend place
direction vers cette mer saoule
de trop boire en collage en
vérité pensive variation sur
une lente traversée immersion
dans l'atome crochu courir
en continu vers ce pôle lumineux
d'une lumière irradiée à cause
de la lenteur de l'homme à cran
s'empressant d'en finir avec
l'insolation vertébrale qui le
tire vers le bas bassesse brandie
à trop insister sur l'air allègrement
entouré de fractions d'effractions
de risques de se mouvoir à causer
sur les risques du trop plein
d'images retour à la fugue à
sa grande descente entre les mains
de cette mort mort du risque
d'être éthéré risque d'absolu
quand la vie est plus loin dans
l'inaccessibilité de la pulsion
de mort maternité oblige à trop
insister sur les risques d'un voyage
dans cette autre aire ailes du désir
d'élévation lentement puis violent
viol du risque d'aborder les
rives d'une petite musique tendue
violons qui glissent sous l'archer.

L'arbre envie l'oeil

collage sur la 8ème
symphonie de
Christophe Penderesky


Que cet oeil soit maudit
mort de l'oeil en coin
malaise du corps plus
tenté par l'extrémité du
désir quand l'oeil saute
quand l'oeil s'émerveille
se lève pour ouvrir la
page blanche de son
extension de sa tension
de sa tentation rivé sur
ce lointain rivage visite
hystérique de la pression
de la veine qui enfle pour
esquisser un semblant de
dessin plutôt un dessein
irisé de cils pour mieux
appréhender l'image folie
du cil de ce battement
cardiaque outrancier foutu
qu'est-ce qui pousse au
beau sinon l'extrême peur
résistance à la loi le beau
n'est pas une circonscription
où aucune sortie possible
n'a lieu mais une sortie de
cet enroulement vers lequel
tout corps de vision tend
la vie se déroule en beauté
et le beau est une pause
entre cet enroulement et
le déroulement continu de
la vie le beau est une fiction
opposée au mal le beau
est un grattage celui de la
peau qui gagne à être chair
la chair est intérieure pas
objet du désir l'erreur de la
psychanalyse a été de faire
croire que cet intérieur
n'était recevable qu'à la
seule condition d'avoir été
oublié la beauté n'est pas un
oubli compulsé convulsé
là est le contour de l'oeil
pour voir ce couac intérieur
qui vous pousse qui hausse
qui glousse pêle mêle dans
son temps tempête du corps
couché sous les yeux regard
habité habillé de l'homme
en chants en tête le songe
d'une nuit intériorité qui
suit des chants inondant
l'attention portée à son
paroxysme séisme du corps
pris dans l'oeil du cyclone
l'oeil qui n'en finit pas de
cligner dans le grondement
orchestral de la symphonie
du corps époumoné et gonflé.

jeudi 30 avril 2009

D'un rayonnement

collage sur la Sonate pour violon
et piano Op. 134 de Dimitri Shostakovitch



Le seul recours au risque
de la folie
n'est-il pas celui d'user
les codes
en agitation du corps nu
irruption
du nu dans l'énoncé autant
que l'arrimage somatique
enterrement
de l'esprit d'initiation pour
se fondre
se rompre
aux irrespectueuses inondations
de la suave
sensualité
du corps caverne
du corps touché
feinte théologique de l'image
double
en un
en deuil de l'atténuation ravage
en tête
en queue
en con
connotation qui va siffler aux
oreilles
desquelles vient l'irrationnel
monstruosité du verbe fait chair
pour s'ouvrir
pour ouïr
un court moment à pleine tentation
apparition de l'intellection pour dire
du dire cri
du cri effluve
effusion de sang
sans cesse martelé pour changer
l'image en vraisemblance en vérité
d'un dire circonscrit circoncision
vénérable pour socialement être
être sans corps polylogie des voix
voies sans issues sans dessus dessous
germination qui tombe d'en haut
haut bas sexe en haut bas du haut
tête en bas du haut sexué en reste en
rien risque d'altération du haut vers
son fou
frusques
vêtu pour astreindre l'oeil à vibrer
à visiter l'étirement du corps étiré
dans ses
rayons incandescents.