jeudi 5 avril 2012

Lamentation












Quelle incertitude que ce
cerveau qui se risque excité
d'exister d'exterminer sa
vie sur d'autres corps éteints
quelle irréalité que cette
légèreté émasculée de dire
sous ce soubassement qui
vous met en érection
vers des cieux hospices
de ces yeux rivés vers
cet appel irréductible
de l'apparition lumineuse
du corps bénit d'entre
toutes les femmes corps
féminin de l'apparition
absolu et abominable
mutation mutilation de
l'être immanent parlêtre
tachycardie du corps si
ce n'est de sa vue vision
on entre en état de croyance
on s'y initie on tombe sous
les coups de l'enfer qui
valse et danse dans cette
abomination du sens en
sensations du temps occulté
le temps de l'occupation
est ce temps du martellement
qui monte en soi pour y
insérer comme une tessiture
une occurrence un pâle rejet
de la vie qui s'active se met
en branle pour inexister
pousser à jouir dans un corps
dénaturé dérivé déconnecté
détonation du risque pour
l'être de fuir de se soumettre
au pire à ce nombre illimité
de l'humanité qui penche
vers sa fin quand ce nombre
incalculable se souvient
d'un inconscient semblable
à l'immanence du sujet du jeu
qu'un sujet peut de penser
sa liberté occultation du
nombre en monde monumental
le dire se met à faire la sourde
oreille quand l'objet du désir
disparaît à la vue du nombre
de la fin des temps de ces
corps caverneux occultés
la vie du corps s'éteint si
le corps se multiplie à l'infini
pour terroriser tout discours
sur l'invention de la vie de la
seule vie comme amour
de l'éternel temps du corps
né en chantant les mots du
futur retable du triple lieu
corps-esprit-parole en un
l'un de la grande liberté
du temps retroussé du corps
dans une force celle de
la face immortelle de l'un
indice perpétuel de ces sens
prédisposés au tremblement
de la terre aux pieds de laquelle
toute musique devient le rite
de passage de cette nouvelle
marrée dans sa remontée
en rivière coup de pinceau
du songe sinueux en corps
escamoté chasse du corps
dans sa pulsation pulsions
de l'errance éradiquée quelle
force ce corps a-t-il pour en
finir avec le jugement de Dieu.






Thierry Texedre, le 5 avril 2012.






dimanche 1 avril 2012

Dépaysement













Pauvre corps détenu
dépenaillé étourdi
par ces affres rendues
en surfaces dessinées
nées de l'émergence
du traitement insidieux
de l'irréalité de la chair

pause de l'irréductible
massacre du dedans
arraché aux branches
mortes du temps tiré
d'affaire à cause de ce
risque d'exploration des
veines du fourmillement
pulsionnel en sang en
manque marmonné du
plein arythmique causé
par l'échéance meurtrie
de la vie ininterrompue

pas si dramatique le lieu
du corps plein se tient
là comme si de sa veine
allait tomber tout le poids
insistant de la chair masse
monstruosité de la chair
qui succombe devant l’œil

principe d'occlusion de l’œil
qui tentera une dernière fois
de s'initier dans un creux
insupportable de la découpe
verbale pour explorer ce vrai
ce départ en vrac du temps
le tétaniser pour vivre à plat
surface reconnaissable de
ces nombres illégaux qui
comptent en calculs savants
ce ras de marée humaine
dans le grand jeu amoureux.



Thierry Texedre, le 1 avril 2012.




vendredi 30 mars 2012

Viol












Un vent violent
vrille les corps défaits
dans leur peau ténue
possédés par ce masque
opulent et suave transit
par cette fièvre chaude
d'une étrange sueur
surexposé surexcité
le corps s'ouvre en
apothéose apostrophé
sur l'autre authentique
la corde est tendue
elle se casse vrille tend
attendue par cette peau
lézardée choquée cloque
apparue par l'essentiel
dense de ces tiraillements
intermittence du désir et de
la peur insoupçonnée du mal
entré dans une jouissance
insurrectionnelle on tape
les corps se raidissent pour
rendre à l'âme toute son
inusité l'âme affadie se plante
inutile et ignorante elle cause
la perte du corps devenu
autre d'un corps soulevé par
les ténèbres de la pulsion de
mort tout semble s'éventrer
se dissoudre s'enlacer
se tortiller se rétracter
s'évanouir se neutraliser
s'effiler s'évader
s'ériger en loi
seule vérité
dans la peau
de l'être.




Thierry Texedre, le 30 mars 2012.



jeudi 29 mars 2012

Messe











Rouage de la répétition
d'une trappe
celle de la pétaudière
qui fait feu
de tout bois
en chantant
ces cantiques
calamité tellurique
de la voix
vociférant
de tous temps
voici le dernier
né des
temps
tempête
sur
quelle
fellation
du dire
au cul duquel
se dresse la
queue
incessante des
mots
du dire occultant
juste qu'un corps
encore beau
est né d'un pouvoir
noir vice
caché de
l'homme onomatopée
fin de ce temps en
une langue maudite
le cul par dessus
tête
en dire de la folie
rétractée
étirée
éteinte
ça répète ça interpelle
ça fout le camp
tout s'en échappe
du temps sauf peut-être
ce que le corps sait
sans cette mémoire
qui s'initie s'invite à
plus de résonance corps
psaume corps messe
message pour
pouvoir poursuivre
sans en finir avec
le jugement de cette
croyance insoupçonnée
le temps est venu
d'aller chercher entre
les lignes la voix
ultime d'une chair
devenue expressément
fornication pour
faire taire un dire
encore sous les fatras
fracassants du désir
circonvolution en
envolée lénifiante tué
par son étrangeté
celle du renoncement
du sexe face au
tremblement
cataclysmique
et vertigineux
du rien
du néant
néandertalien
impossible à dépasser.




Thierry Texedre, le 29 mars 2012.






samedi 24 mars 2012

Passion














Sans interruption la petite mesure bien tempérée va, au rythme hautement fragmenté de la vie. Quelle rive ira au loin, pour se rapprocher, entrer en magnificence. Magnificat, le corps crépusculaire se met à parler; le temps d'entendre ce léger murmure de la peau, juste un voile. Quelle transparente vocation du désir humain, quand il se tait! On passe par quelque chose qui a à voir avec la mort, juste le temps de vivre pour voir le jour, celui du lendemain peut-être. La grande démesure du corps humain passerait par sa cessation à parler, le temps de l'écoulement du temps. Traversant cette marée humaine, le corps seul va, au rythme effréné de l'épuisement de ce grand dire. Opulence de ce diktat, de l'effacement du désir face à la forme du corps épuisé. On pense le mal, celui du rien, de l'autre, comme passion. Le rien n'étant pas le vide, le vide n'étant pas le silence, le silence n'étant pas la douloureuse effraction de la naissance, on en conclurait alors que l'étirement du corps né, n'est pas cette reconnaissance que le dire tente, au plus près pourtant du bruissement de la chair. Quelle passion viendrait se donner au dire pourrissant, en cette fin de vie exhortée, et chantée par les anges au dessus de notre fin. Nous ne nous approchons pas encore de ce fait fracassant: l'amour glissant du désir dépassé en un jet extravagant du délice jouissant, exacerbé par les sens lentement, dans une suspension du temps. Des voix au loin se font entendre, rivière glissant de peaux en peaux, du courant bouillonnant en cascade ininterrompue. L'air est là entrant en nous, pour nous envahir, nous posséder d'un amour, feu du dire qui brûle en coups éclairants. La petite musique s'évade, monte dans les cieux, dans un grand tremblement qui traverse les corps, jusqu'à ce qu'un hurlement douloureux s'évade, doucereux, comme si enfin un dire pouvait être entendu, traduit dans une vraisemblance, celle de l'immanence. Le présent n'a plus l'effroi du souffle de la vie, mais la parole du corps résurrectionnel. Tous les corps ensemble donnent de la voix, quel souffle, quelle ode à l'existence, quel vivacité dans l'emportement des sonorités verbales, écho à la naissance du temps parlé. On parlerait parce que les corps forcés par la naissance, chanteraient l'immortalité du dire. Quelle occlusion pour le corps un et divisé, pour le corps déjà double avant de naître! Point d'effroi dans cette ivresse, si ce n'est l'impossible repos de la voix devant sa tessiture, le dire s'y installe en dansant? Le dire danse sa fin avant que le corps seul, en sa fin de vie, ne se souvienne du tremblement intérieur naissant. On danse pour ne pas penser, pour ne pas se souvenir, pour ne plus pleurer la mort. On chante en dansant pour exister, pour que le dire cesse, pour que la naissance enterre la mort. Vive la mort enterrée. Vive la fin des temps pour en finir avec la mémoire. Vive l'effervescence des sens dans le grand bruit des corps parlants. Vive ce leurre indubitable de la vie. Le risque de choisir la mort plutôt que la vie, ressentiment de puissance humaine, n'est un pouvoir qu'à jouir dans l'extrême, le grand vide, le grand saut dans l'immensité du rien, où tout se rejoint; opulence et richesse de la pensée sur l'infestation de l'objet de la possession. Quel amour plus puissant que cette dérive, que ce sacerdoce ontologique? Sinon l'autre, le non soi, l'apothéose de ce ressort, de la plus grande des naissances, la joie de l'union, rencontre d'une différence, sous un même corps dévêtu. Le vêtement serait la part cachée d'une future langue (sa peau?). Immanence de la vie sous quelle résurrection? Plutôt sous quelle infraction d'un corps désavoué, sien, possession comme mise en mémoire "tampon" d'un plein-corps absurde. Ce serait un commencement autre, une athéologie, polylogue des corps parlants. Un corps fou n'est fou qu'à représenter un corps consommé, et pourtant toujours hors de soi, inaccessible, intouchable et pourtant reconnaissable, plié. La reconnaissance passe par le temps vrai (vécu), l'accessibilité passe par un corps désirant, corps sensible qui opèrerait un transfert sur un autre corps, image transparente et découpée, image recomposée pour exister (le temps imaginaire). La tragique existence de l'homme soulève une passion qui n'a d'égale que sa démesure amoureuse et infinie, dialogue incessant d'une danse macabre. 




Thierry Texedre, le 24 mars 2012.




vendredi 23 mars 2012

Petit jeu














Joue le jour du jeu jeudi
un matin malgré tout
tour du visage enjoué
étreinte de ces peaux
oripeaux aussitôt traînés
et tirés à quatre épingles
euphémisme du vent
qui souffle sur eux
heure de se lever
être si tôt debout
joue contre joue ça
avalise le droit de se taire
retirer une seule parole
et ça fraie effrayé par
l'heureux désir qui monte
et rougit leur peau
oh pour glisser sur les
effarés ces lèvres se
sont collées en suçant
entrant s'ouvrant dedans
enragés pour se toucher
esprit étourdi la pointe
tendue de ces langues
gracieuses et humides.




Thierry Texedre, le 23 mars 2012.



samedi 17 mars 2012

Voix










Trachée coupée
ouverture
c'est le temps qui
s'évertue
s'allonge
s'initie dans l'artefact
inhospitalier de la
terreur
tentation de rivaliser
avec le temps
contre quoi
l'homme s'ouvre
indifféremment
au renflement
supposé de l'autre
voie celle du féminin
femme omniprésente
du temps
que son autre
inversement érigé
gène délité
de l'esprit eunuque
de l'esprit rire
du risque d'allusion
à cette reproduction
se souvient
au milieu de l'esprit
qui demeure
ce mourant dire
parce que le dire
n'a d'autre source
que ce croire sourd
impulsif et torse
vrille temporelle
fiente en couche
en une rythmique
folle sans discontinue
seuls les bruissements
de paroles chuchotées
semblent tarauder
le corps soulevé
de deux ergonomies
irascibles
la femme touche
ce segment totem
avalé en paroles folles
foutre disjoncté de son
l'autre qui entre en
sombre machination
dans un délire
livide et
liquoreux de l'expulsion
du dire outrage
de la nuit
immonde et
imminente qui
inonde un corps
intérieur qui jouit et fuit
en dépression de la
voix
dépressurisation
sonde nourricière
pour aller chercher
un corps de peau
dans ce vide
vide plein
d'une peau qui s'évanouit
en un vol sur l'air
léger
d'un attentat démasqué
en touches rapides
martelées pour
enflammer l'existence
du corps
qui est tel que l'oiseau
sifflant la fin tragique
de l'empressement
de l’œil
à reproduire
la guerre sans fin
de la dévoration
celle que la chair
charrie.


Thierry Texedre, le 17 mars 2012.






dimanche 11 mars 2012

L'ourlet du corps
















Trace ancienne du temps
qui court sinueusement
quelle mémoire en tient
les vertiges vestige passé
ou outrance du présent
immanquablement fixe
le présent serait fixe ça
dérange l'équilibre de la
mémoire la vérité de l'oeil
qui commence ce non-lieu
en une interminable fin
douleur du temps verbal
qui prend la vue pour une
suspicion de la lumière
sur le temps passé dans
son croisement avec la
fin fin en représentation
trace tournée en dérision
par l'ensevelissement de
ce socle verbal impossible
à entendre tellement ce
croisement cet entre-deux
du corps cavité somme
le temps au plus court de
l'entendement en réduit
que prend la forme du corps
réfléchi réfléchissement
temporel de l'homme qui
s'évertue à fuguer écrire
le temps qu'au féminin
l'intérieur pousse à jouir
la mort laisse la place au
risque d'annulation du dire
pour lui substituer un corps
corps d'écriture qui va
commencer à feindre la
mort montée de cette chair
vers l'acuité virtuelle de
la vue tétanisée par l'un
mémoire de l'immortalité
du risque d'expansion du
corps pensant poussé par
tous les sens à jeter ce jouir
dans les affres immondes de
l'infini animé des pulsions
inconscientes du pouvoir
d'expulsion de tout corps
voué à naître à disparaître
un corps-ourlet ou hurlé?




Thierry Texedre, le 11 mars 2012.




mardi 28 février 2012

L'air glottique










 

L'air glottique

Intransigeance du dehors
pour soulever l'exactitude
du temps ça reviendrait
à dire l'excommunication
de Dieu sous les traits de
l'origine l'infant indistinct
de la mère voué quelque
peu au régime du père par
l'occlusion du dedans en
risques irritants grattant
la peau de toutes parts et
fécalement et masochiste
étirement la peau fermée
appel de ces voix occultées
pour croire à ce vrai amour
immortel des deux inavoués
mortifère éruption du futur
drame de la croyance en l'un
les lois tombent de ces deux
intrusions dans le corps de
l'avant du langage juste pour
l'avaliser le faire naître en
une chair chaste chant du
lieu de l'intérieur qui glisse
lentement vers cet être là
la vie s'évertue à entrer dans
la voix juste pour ne pas
soulever le problème de la
croyance la croyance prend
la voix pour la vie juste pour
ne pas sombrer dans l'ordre
que la mort installe en naissant
on murmurerait que de vivre
est plus fort que de le dire
mais ce dire nous ment quand
la voix s'empare de tant d'air
pour montrer ce que monter
au ciel incendie la parole de
tant d'images de jouissances
innombrables afin que ce corps
souffrant ne s'en fasse pas
le temps de parcourir les sons
de l'intérieur en langue gène
en rire rentré de la copulation
circonvolution damnée du désir
d'exister l'excitation s'y tient
face à l'opulence de la chair nue.



Thierry Texedre, le 28 février 2012.





lundi 27 février 2012

Le souffle en portrait












Portrait du souffle

Stratifié ce risque de
hausser le ton en voix
écarlate donne à voir
le renflement un don
une irruption du devin
du corps en vie envie
impensable de la peau
statufié le tronc dressé
droit se tient comme
empressé de parcourir
l'intensité du désir d'y
voir en coupe la peau
absorbée par quelque
impossible prose filée
dans l'air du temps rire
de ce temps risqué à
un avenir transparent
quelle abomination la
peau traîne-t-elle vers
l'assombrissement de
l'aorte gonflée gnose
de l'impuissance de la
chair quand se pose
la question de l'enfer
là la peau s'évertue à
laisser une distance
celle entre la naissance
et la fin tragique l'air
vient l'écoute du temps
est là comme pour ne
plus céder à la mort
le souffle éternel de la
grande musique qui
respire aux sons du
frottement de deux
corps pour un portrait
au firmament envolé
par les touches d'un rire
démasqué en ritournelle.



Thierry Texedre, le 27 février 2012.

jeudi 23 février 2012

Origène





 Déni du travers de la vie
sous le couvert de l'esprit
d'une démesure du dire
indistinctement insensible
au coup d'arrêt de la vie
le temps de se remémorer
comme un passé overdose
dure réalité du risque d'elle
cette vie amour en deux
encore une illusion de la
phrase du cœur qui court
poussé par l'envie d'enfler
enfoncement de la musique
sur un corps pressé corps
désarticulé de la pauvreté
intérieur couverture en moins
de la peau givrée justesse
de la culture qui s'efface et
s'engonce gommée par les
traits vieillissant de la peau
en marche la peau peur en
pluie de la remontée sourde
du dedans sujet absolu sujet
de l'extension de l'envers
inversé de l'univers vers l'un
unique exhortation des voix
pour enfiler ce corps dissout
dans l'amniotique retard du
temps qui retrousse à trop
naître légiférer sa fatalité
trop reconnaître l'affolement
du corps obtus face à la voix
naissante peu de réalisme
dans ce trajet incessant qui
montre une montée en foi
de la croyance vocale du père
dansé par les fils plus tard
et le cycle menstruel qui va
coucher la mère au moment
des rapports amoureux l'avant
qui sera touché par l'extension
de cette naissance l'univers le
dit le dire manque l'origine
puisque l'origine du monde
est une naissance sans voix
génétique inventée pour clouer
la voix sur ce croire originel.


Thierry Texedre, le 23 février 2012.

dimanche 12 février 2012

L'inopiné











Arracher cette vérité, carcasse vidée de sa substance, le sexe rongé par les sens. Ce travers sonde le dedans en longues litanies. La voix l'extrude, ce travers élargi, rouge, gonflé. L'antre affaissé se rue sur ce trait pointu de l'écriture dressée, comme pour copuler. On se traîne transparent et durci par l'esquisse. Point de songes, juste un jus jaillissant du dedans chaud. Une liqueur blanchâtre retombe des airs. Le pubis est vierge de toute l'étendue d'une pilosité naturelle. Qu'importe l'âge. Les corps se noient dans quelques frottements résolus. Les mains parcourent les moindres plis de leur peau claire. Un doigt glisse vers le bas du dos, jusqu'à ce qu'un cri long et inattendu referme en sursaut le rectum rendu. Les deux corps roulent sur un sol recouvert d'une couverture tombée du lit. Les pieds sont enroulés dans le tissus, corolle d'une fleur entrain d'éclore. Un léger supplice commence. On s'aime à entendre l'un demander à l'autre, ou refuser pour mieux jouir. Les dents du temps marquent cette folle résistance; pour rendre insupportable la vue, qui serait celle d'un oeil incestueux. L'inattendu submerge le ciel, pour qu'ils s'en-voient.



sur Un mois d'octobre de Bruno Mantovani
Thierry Texedre, le 12 février 2012.

dimanche 5 février 2012

Les offrandes oubliées














Quel corps touche à ces dons apparus par quel miracle, toucher du bout des doigts... Chair du délice. Oripeaux envolés du cœur meurtri! Trame de la jouissance à-venir. Commencement d'une tétralogie du corps. De la vue qui s'enfonce dans la sombre machination de l'esprit machiavélique, vers ce toucher endémique, transfert de l'oral vers l'anal, liaison de la peau avec cet intériorité du corps entre les mains. On tiendrait ce corps pour le sculpter, auscultation de l’œil pour en savoir plus sur les liens qu'il y a entre cette rencontre de deux corps et le vide qui couvre la parole séquencée de ces attouchements éruptifs. C'est de cette insoumission au corps que se révèle cette jouissance marquante. Traces cognitives et essai du parler déjà indéfendable aux yeux de l'amour. Quelle chair que cet évent? La respiration du corps intérieur pour insuffler à la chair le désir d'être touchée. Là encore, la chair pense, pour ne plus entendre une souffrance... Offrir le corps à l'apothéose du désir. La feinte, cette irascible tentation de l'esprit marqué par l'envie de se détacher du corps. De biais, le corps est de biais, il respire l'impossible éclosion du dire. On offre ce désir prématuré de croire, pour toucher cet au-delà du temps, l'emplir de cette mémoire inconditionnelle. La mémoire prend le pouvoir. Pas seulement, elle s'étend partout où son désir se confond avec l'objet d'une représentation du corps; corps prématuré? On toucherait à cette mémoire comme miettes d'un corps enseveli, d'un corps possédé de la chair, de l'évanouissement de la chair?




Thierry Texedre, le 5 février 2012.


jeudi 2 février 2012

Fuir et/ou enfouir












Sous ce ciel éthéré semble s'étirer au loin quelques monts flous. Flous par leur rondeur, et leur éloignement. On entend presque respirer cette terre qui se gousse de nous. Elle ne succombe pas, contrairement à nos embardées pessimistes. Que nos coeurs se souviennent de l'après, de l'au-delà, de la matière dont nous sommes les quelques ténébreux mouvements. On ne respire pas cet air saint, mais l'apothéose de nos songes pleins de cette imposture sur le monde. Plus près de nous, quelques fumées, et odeurs nauséabondes, et cette cacophonie d'une ivresse livresque presque, au demeurant la peur du vide. Traversant ces quelques volutes kilométriques du temps présent, j'aspire à moins de plein, laissant mon imaginaire vagabonder sur les frasques d'une humanité tombée dans l'amour du feu, par sa mort à crédit de la fin de vie. Je m'octroie le droit de rêver plus libre que n'importe quelle économie numérique des réseaux informatiques, l'information d'internet, qui coupe ce corps socialisé en lui imprimant un inconscient. L'ombre d'une remise à plat de ce désir insatisfait d'un corps sans nom, d'un corps sans cavité, du corps transparent.




Thierry Texedre, le 2 février 2012.


vendredi 27 janvier 2012

Pulsations

Ton trait ténu tourne le long du corps en pression tonitruante. Trace du trait trouvé là comme opéré par les sons en répétition. Ton en traitement oblique obligé juste pour oublier ce léger déplacement des sons. Pulsé du fond de la gorge du temps se répète la voix exposition depuis le fond des âges. On traîne cette informelle gesticulation du fond en cavité capiteuse du corps détouré. Réveil de cette effroi généré par les ondes exclamées. Exposition du corps devant l’œil rétracté en flou. Espace rétréci de l’œil. La musique a lieu. Le lieu est né. Du néant. Battement intérieur des sons en pulsations. Tourniquet de la norme en vie pulsionnelle. La mort du dire est dictée par l'essor de ce gonflement du dedans en danse excavée dans une sortie des sons de la chair. On se risque à résonner dans un bruissement léger de la peau sur la vie aérienne. Unisson du coup donné à la voix comme un déhanchement de loin du corps. Une prière pour entendre ce cœur battre pieusement.




Thierry Texedre, le 27 Janvier 2012.

dimanche 22 janvier 2012

Désirs inassouvis










Du trou béant de
la béatitude du
temps
juste de ce temps
terre de l'enterrement
se jettent d'immortels
élus élégiaques
pour en finir
avec ce pourrissement
de l'éternité
du temps passé
à la postérité
on s'étire en triste
dépassement
de la possession
du désir antique
de jouir de la
découverte par
l'oeil de ce jour
en naissance
quelle reconnaissance
vient se substituer
à ce corps extirpé
de sa chair en voix
vocation à voir cette voix
avant son corps
saut dans ce vertige
du trou futur
en corps possédé
en un martellement
incessant de ces
cordes en vocale
infection du désir
de dire cette parole
détention provisoire
d'une voix en
musique rapprochée
pouvoir de l'immanent
raisonnement pour
intenter à cet
enterrement
du trou inespéré
de la naissance.





sur Dies Irae de Galina Ustvolskaya

Thierry Texedre, le 22 Janvier 2012.


mercredi 18 janvier 2012

L'insensé du sens

Sur Turbulences de Bruno Mantovani



Du traitement du texte le corps s'éclipse. Il s'éternise pourtant dans ce résidu incontournable du sens que le signe désigne, en évoquant la parole ingérée par ce corps inconnaissable. Nous éviterons donc de décrier ce signe, comme résiduel, ou de la chair atomisée. Le corps dans ce cas sera un corps d'élection, un corps sourd à toute parole. Nous éviterons donc ce qui fait sens dans sa parole: la chair. Seul le temps éclipsé, seul le corps dépecé, saura résoudre ce temps de la dépossession du corps. Du pourrissement du temps en mémoire, on retiendra cette hiératique surdité de sa chair, pour la revisiter en musique, trace indéniable d'un corps-cavité qui se remet en marche; qui se heurtera à la vitesse du vieillissement de l'être nommé par un lieu: celui de la peinture. On entendra par là un corps musical impossible à franchir, improprement illisible pour avoir tenté de mettre son objet ( le corps) dans une impression: le plié du vêtement identifié (la peau), impression qui se joue du temps de la vie, en vitesse d'un savoir illimité et dense; parcours du temps dans son escamotage de la peau. Un lieu pourtant, discontinu, semble résister à ce savoir exponentiel au temps: passage résurrectionnel de la musique à la peinture, pour tenter de mettre en forme quelque chose qui a à voir avec la peau. Peau de la problématique que la chair semble opérer via le corps, le corps de la locution (la locomotion du corps s'étend d'un temps qui se divise pour mieux intégrer, parcourir un corps fractionné).




Thierry Texedre, le 18 janvier 2012.