dimanche 21 septembre 2008

la nuit du temps pressé














Laocoon 1610-14 El Greco 137,5x172,5cm


Le temps en deux

pans de l'histoire

du temps pressé

en tête sortie

tout droit du

songe sans jeu

est jalonné de joies

où le je jet gêne

tous les gènes sous

lesquels est donc né

le jeu de la chair

qui enfle et entend

entrer en action

pour trouver cette

forme trop ferme

et fermée du corps

avec tous ses puits

de jour des orifices

fichés aux bouts

desquels dehors

le risque en joue

mais si d'aventure

ce corps est capté

il campe se coupe

du monde prend le

dedans pour dehors

là est la vie

qui pousse à jouir

pulsions de mort

du corps éteint

de la mémoire

qui frappe de lever

par la force virile

des choses le

seul sens celui

des sens du dehors

pour parcourir au

delà de sa vie

la vacillante et

vasculaire poussée

d'entrer dans un

espace de mémoire

l'espace de l'espèce

mémorisée né

de cette chair

soufflée soudain

l'herbe folle

qui plie policée

dans ce dehors

horrifique du pli

ombrageux lien

enfin retourné

qui touche le fond

feinte et fin

de ce bout du

corps obligé

de voir tous ces

corps décharnés

du dehors du damier

du jeu qui soulève

un corps nouveau

son corps délité

qui incorpore

encore une fois

dehors la nuit

du temps passé

par la respiration.


Thierry Texedre, septembre 2008.





samedi 20 septembre 2008

une lueur dans l'abîme





















peinture de Christophe Hohler


collage sur « Streams » de Philippe Hersant


Fixation fixité qui dure à entendre
vu la cessation des sons des veines
vibratoires qui ont eu un impact
sur l'esprit pour le dévisser de sa
position posture verticalité de la
réalisation chair vertébré la chasse
investie du nombre contre l'un lente
exposition du corps vidé de sa suave
envie de vivre vidé de sa terreur du
vide vidé de l'ombre portée au corps
incarné immanence de l'immaculée
conception de la divine imagination
fond de l'homme assis sur ce fort
essors essuyé sous les coups de sa
mort prématurée imposition des mains
pour revenir au dire au son au ciel
clair d'une levée de jour chaude excision
du mal qui sévit qui rime avec la psyché
l'aval l'irréalité du corps sans sa tête vif
traitement du regard qui tombe sous
l'effort d'être d'entendre de l'entendement
d'exister pour rien comme ça simple
glissement des couches du temps qui
s'allonge qui trempe sa tentative de
tentation de risquer la question la seule
qui vaille la peine de sortir du trou noir
de la poésie sans fond sans fin sans lieu
la dernière question qui est cette lueur.


Thierry Texedre





lundi 1 septembre 2008

Habitations















"Etat d'esprit: les adieux" 1911
de Umberto Boccioni

Habitations



Gnoses polymorphiques
Habitations
collage sur « La nuits des éplorés » de Sunleif Rasmussen

Coeurs d'enfants sondés soudés scandés
sous l'interpellation du rythme lent d'ores
et déjà cloué sur la rencontre inhérente
au rivage musical orchestral tempéré et
mordu de l'enfoncement du jeu musical
sous-jacent sortie des poussées hurlements
cris invertébrés du corps ahurissant grave
compromis de l'éclairage ténu des coeurs
transposés transfigurés sous le regard vrai
musical et composé des tintements posés
comme site stase strate de la violation du
régime temporel ouverture du chant long
ivresse hermétique qui fend l'air intangible
ordre du port de chair habit hardi harangué
sourd silence de la démesure orchestrale
entrecoupée des nuits éplorées des sourdes
évocations polymorphes éplorées démesure
qui monte jusqu'aux coeurs cavité du vide
qui est entrée de la chair dans une musique
franchissement du dire poussé par l'ombre
rayonnante l'ondulation possession vitale.

Double incrustation dans l'asthénie du dire
transparent translucide traversée musicale
rentrée des corps en nuits enfantées étrange
tourment du coeur qui bat sourde effraction
éplorée des enfants entrés en gutturales clés
de la possession infernale du chant sorti tiré
ici bas vocal quand l'orchestral vaquant tire
du jeu sa durée envoûtement intempestif de
l'irrationalité des voix transversalement au
corps d'écriture musicale au temps recours
à face d'immortalité face fastidieuse de la
lourde pression pourrissement verbal entré
dans le son qui monte et redescend à même
l'inflexion phénoménale de la transverbale
irruption de la voix courte mais éruptive
lâchée pour entonner l'air le rendre spatial
l'orchestre est moins perçu moins audible
c'est un fond que cette voix rétractée va vite
remplir va vite entourer l'instrumentation
la tenir comme arc-boutée sur un régime
de transmission des pouvoirs échange sur
quel silence quel contre-point réforme du
dire ponctué avant et sans vision après de la
lecture autre que celle respirée ponctuation
insaisissable du matériau sonore du souffle
qui finit par soulever dresser la vivante voix
du fond infini de la mort de la nuit des lâches.

Thierry Texedre, septembre 2008.

vendredi 15 août 2008

La créature temps






















Transpiration du recours aux
choses de cette chasse aux
errances où le regard hagard
saute transmué en lignes en
courbes modulations posées
sur l'esprit de liberté retiré
rouge de peur d'être nu de
la traversée pêle-mêle de
la fonction charismatique
qui craint l'être père même
le corps souterrain stationné
au plus profond de la hantise
verbale verticale vieille veine
de la plus inorganique lueur
de la plus improbable fiction
la fixation du sol sous l'être
fonction qui mène là-haut
où le vide s'installe se nomme
se fond dans une couleur ocre
d'y voir du noir matière chair
quelle musique qui monte qui
fractionne qui tente une sortie
lente agonie d'une tempête
sous la transition du son suite
aventureuse sortie du son
suite ténue pour voir du voir
de la vie créature ondulatoire
créée par la vue tombée sous
les coups du musical frottement
qui enfle qui tape tente l'oeuvre
ouverture du son contre l'objet
clos aventuré arrivé dans la
masse informe sans rappel et
sans suite une mise au tombeau
du dire qui n'en dit plus assez
pour choir voir seule une ligne
de parole indistincte se dresse
pour donner à voir une liquide
corpulence évaporation de
la dérive de la locomotion de
l'asens de l'aspérité sensitive
l'astre se voit on voit le temps
qui s 'étire se distord et s'éteint .

Thierry Texedre, le 15 août 2008

samedi 2 août 2008

3 Hymnes autour du corps

Contracter
constituer
converser
contribuer
concilier
réouverture du
seuil de la vraie
écoute du fond
d'une certaine
musique faite
pour n'être jamais
écoutée mais bien
pour tenter alors
de trouver l'âme
vive vite vérifiée.


Traverser
transcrire
transpirer
terminer
terrifier
cet acte avide
de terroriser
l'engourdissement
des gènes générés
grande preuve de
l'incessante peur
qui monte de ce fond
improbable du corps
déprimé mais qui jouit
qui enveloppe son sang.


Façonner
frictionner
fertiliser
fortifier
fabriquer
ce rien qui pousse
et monte le long
du corps placé
comme si sa force
devait pousser
un peu du dedans
et frôler en plus
en surface la peau
la laisser tactilement
la surprendre mortelle.

mardi 22 juillet 2008

Le son

collage sur 7 études pour piano de Pascal Dusapin


Ficher le son au coeur
fuir ce martèlement seul
faire dire aux coups ce qui
formera le présent prêt
fastidieuse lenteur qui
fascine l'oreille de l'ordre.

Lentement le son sort
librement de l'air en l'air
lueur encore invisible
lassée de ne pas s'y tenir
limite de la raison sur la
ligne qui ouvre à l'affaire.

Ivresse du corps d'audition
irascible impression d'un
irritable livre ouvert à la page
interdite pour quelque temps
infernale mutation du son
impossible à entendre avant.

Passer par la pulsation
pour produire du rythme
provoquer du son station
primordiale du saut sur
plus de vol valeur vite
pliée sur un train d'enfer.

Pourtant rien ne laisse voir
partout une irruption du
parcours pulsion primaire
probable inflexion du corps
plus près de sa fin et vite
propulsé de manquer le saut.

Éradiquer le son reste moins
enthousiasmant que sa vie
entrouverte par quoi il résiste
encore au bruit qui le soulève
erreur du son du bruit masqué
entendu avant ce son sonnet.

Radicalement le son est
roué de coups par le bruit
rendu permanent ici même
rare est le son qui semble
rayonner partout pourtant
rougeoyant au corps chaud.

Thierry Texedre juillet 2008

dimanche 20 juillet 2008

La gravité du Temps




Ascèse n°1 2006 Fabienne Verdier




La gravité du Temps

Triptyque/3

Le Temps est plus important qu'il n'y paraît ou
ce qui force le temps c'est l'homme être parlant
le temps est hors de portée de l'homme mais
aussi il le traverse c'est le temps de la conscience
que les religions ont imperturbablement vissé
dans nos esprits par une structuration qui encore
aujourd'hui rend compte de ses effets non pas
pour une cause destructrice ou déviationnistes
application dans certains courants terroristes en
ce début de XXIe siècle mais aura permis une autre
voie plus matérialiste celle-là par laquelle l'image
culturelle se décentrera perdra son centre au
profit d'un élargissement législatif une vision
périphérique où l'étendue n'est plus idéelle mais
idéale révolution Copernicienne révolution aussi
dans les Arts qui vont se libérer du joug de l'église
et aller voir où les sciences ouvrent parallèlement
au monothéisme une voie plus temporelle que
spatiale et c'est là l'erreur cette scission programme
annoncé d'une dérive d'avoir diviser le temps pour
mieux y voir son corps celui de la jouissance en
représentation pas ce corps carné compressé coupé
divisé mi-tête mi-chair sans cesse prêt à prendre le
temps pour l'espace qui lui n'est pas encore un choix
de société pour preuve la reproduction effrénée que
nous vivons reproduction d'objets représentation
au lieu de sens du sens de [l'espace /Autre /espèce]
pour lequel l'homme semble passer outre poussé
par une suffisance qui le porte à préférer plutôt que
de vivre extérieur à son ego son moi irréalité de ce
monde secoué par le mouvement substrat inventé
pour inonder les corps d'un pouvoir incommensurable
d'altérité mentale jamais atteint à ce jour et faire croire
à un heureux futur que la maîtrise humaine n'a de
cesse de faire croire encore addiction drogue douce
ce qui est relayé ici c'est d'être dans un temps et non
un espace on s'en doute ce qui est caractéristique à
chaque époque dans une nouvelle déraison inventée
d'une histoire exhortée par l'arrivée de la consumation/
consommation portées à l'écran de la temporalité
compressée autre illumination autre illusion qu'aucun
texte de loi ne veut mettre en suspens faire du futur
semble aujourd'hui de moins en moins probable contre
vents et marrées pourtant la subjectivité résiste et se
met en avant dans son rôle de pensant travail sur ce
qu'est l'espace hors du temps l'horloge interne du
vivant n'ayant que peu à voir avec le temps divisé que
nous connaissons la vie n'est pas une abstraction mais
c'est par une abstraction du temps que la peinture
par sauts successifs va ouvrir ce champs impossible
à saisir qu'est celui de l'espace pas architectonique pas
architectural pas en volume objet minimaliste mais
regardez bien ce que la peinture est entrain de livrer
l'ouvert/fermé du Texte/Loi où s'engouffre l'espace
qui annule le temps dans sa conception socialisante
le temps a été divisé alors qu'il aurait dû être mis enfin
en espace pour clore en dernière instance l'intelligence.

collage 3 sur The Canyon de Philip Glass
Thierry Texedre Juillet 2008

vendredi 18 juillet 2008

Terre neuve





A bigger Grand Canyon 207x744,2cm 1998 David Hockney

Sous un ciel clair et tendre
l'irréalité se fait plus ferme
formation de nuages au loin
dans le milieu du jour la joue
semble être tendue comme
pour s'élancer contre ce qui
la claque l'interdit divinement
de l'apostrophe de l'interdit
de ne rien répéter que la soif
d'amour amour du dire pour
qu'une impression vienne se
calquer sous l'oeil là où naît
la forme infernale de l'image
imaginaire d'un espace chargé
d'amour de l'amour du voyage
dans les grands canyons de la
traversée du nouveau monde
sous un ciel plombé par les
ondes du sable chaud et de la
vision sans eau du sol rouge
qui court le long des grandes
sinuosités des vestiges qu'une
terre arrogante va interdire va
rendre rayonnantes tellement
la vie semble encore impossible
humanité à l'aube transgression
de sa civilisation sur les traces
de l'animal encore chassé aux
plus illustres heures de notre
contemplation ici maintenant
au plus près de cette ère viscère
inconsistante de la société du
temps plus que celle de l'espace
contre un dire jouisseur d'un
autre sexe par quoi on pense.

Collage sur The Canyon de Philip Glass
Juillet 2008
Thierry Texedre

dimanche 13 juillet 2008

D'une lamentation à une résurrection




















la Résurrection du Christ 1634-39 Rembrandt



Lamentation lente de la division
du dire qui rend l'âme à la liquidité
autisme de la parole qui fond sous
le soleil liaison au corps absorbé de
l'homme humanité de la conscience
livrée au pire la féminité la réalité
de cette insipide rhétorique du pan
privé obligé de regarder obliquement
sentant l'aire de la parole se liquéfier
l'absoudre pour une éternité impossible
à rêver il y a eu comme une pression
devant un devenir ivre de grandeur
malgré l'homme à ses dépends ou si
on veut dans l'introspection probable
de l'inconscient qui va rivaliser avec
l'animalité plus générale et encore
à découvrir à tenter ce qui revient au
volume voir n'est pas une affaire liée
à l'apprentissage ni à la culture mais
c'est bien une histoire de la disparition
de sa surface découverte par l'abstraction
en peinture voir est une surface pas un
volume tel que un peut se diviser en deux
ce vol intempestif du dire doit aussi se
diviser pour découvrir son volume sa
césure est ce qui marque et manque à
l'homme pour se sauver de l'incalculable
erreur qu'il prend pour le vrai et qu'il
atomise de trop dire et de dire dans la
dépense autre erreur majeure de la seule
civilisation dont nous avons dépendu
celle du monothéisme qui tend à son
autre face une ouverture celle diptyque
quelque chose qui a à voir avec son
raisonnement et l'image la résurrection.

Thierry Texedre Juillet 2008

dimanche 22 juin 2008

la vainaissance

" Le cri de la naissance est un
dérapage, celui du démon qui
inaugure une fête galante, une
lumière blanche vient tourner
autour pour l'ennivrer, le posséder,
pour l'enlever et l'élever, le
soustraire aux codes humiliants
de la vie, de la visitation."

interdit l'amour

Sur quoi l'amour
vois comme tout
tourne
autour de nous
et ton visage radieux
irradie
toute mon âme
et mon corps se penche
sur toi
pour lever nos ombres
les doutes
les peurs
les pleurs
seuls sortent
tellement mon coeur
entre sans voix
ni lieu
que celui de ta chair
douce amer
folie que cela
en pire peut-être
sans prise certainement
sous le voile
d'une infinie tendresse
quand les ténèbres
s'envolent
et s'enroulent
pour s'ouvrir à la paix
entre tes seins
contre tes reins
entre tes jambes
pour intriguer le temps
le disputer
à tes courbes
et embrasser ta faim
d'un amour sans fin
avec celui
qui forme l'union
insondable de l'un
contre ce rien rouage
ensemencé
grande porte des sens
grande affaire que
nos vies
toute la vie
l'éternité
s'en remet au glissement
sensuel de l'apparition
du corps plein
d'effraction
du corps cavité
du corps paroles
anonymat du frottement
intempestif
dans l'affection
un temps saint
station de l'acte
acté et volé
au temps
du grand choc de
nos deux corps
enlacés
comblés et convertis.

samedi 21 juin 2008

on danse













Danseuse à la barre 1900 Edgar Degas



Du bloc pensée au pire sens
du jet d'encre qui va tomber
sous le coup d'arrêt du désir
se livre une guerre celle de
la lisière du terrain vidé et violé
de l'image entendue comme
sens sans futur ni lois ni droit
autre temporal lobe impression
incessante sur le jet rougeâtre
qui sort quand on le presse
oiseau de mauvaise augure
que cet hominidé décidé à
statuer sur son sort et celui
de la chair sa jouissance idée
des charniers passés chasse
de la socialité du pensant futur
en attendant qu'on soit plus et
qu'on pense moins il y a les mots
un moment où l'irréversibilité
va jouer en faveur du moins
cause de cet inconscient inventé
pour prendre la place du rêve et
remettre en cause la psychanalyse
via l'image insoutenable travail
de sape de la vitesse pas celle
de la lumière qui opère une
surdité de l'image mais celle
qui a soulevé tout le XIXe siècle
pour libérer les masses de joug
des croyantes oppressions et
pour tenter une approche subjective
mentale sur quoi ça se passera
collectivement quel leurre que cette
bifurcation soudaine qui essouffle
le rythme et le coupe ce souffle
ce monstre apparaît comme d'une
sortie du manque de son au-delà
d'une moindre mort des corps
engloutis dans l'anévrisme du
haut découpé des codes immoraux
morceaux de vies sans suite
pour mettre en place la dépense
celle économique elliptique du site
phrastique qui dit en analyse
ce que le nombre passe sous
silence la mort de l'énergie
virale vitesse qu'on dévitalise à
grands pas plus on avance plus on
danse plus on vit plus on reproduit.

Thierry Texedre

samedi 14 juin 2008

à nu




















cliché d'Ava Brodsky de Gouttes


Transpiration, sous quelle transaction
réagit-elle? Sous une seule et unique
fonction, celle de la respiration par tous
les pores, efforts sous le poids de la
relation intérieure à la mort; celle de la
chair. Quel calme tempéré sur cette
tempête recouverte, pour quelle âme
infamie ouverte au bord de l'écriture:
érotisme à venir. Le poids des corps va
moins peser à mesure qu'une économie
va s'installer: celle de la vie. La vie rend
compte de la naissance d'une mort libre,
d'une liberté que l'érotique prive de voir.
La respiration est la mise à nu du corps
plein d'une effraction: celle du voile qui
tombe sur l'économie érotique: le désir.

Thierry Texedre

lundi 12 mai 2008

l'oeil


















"le Paradis de Dante, série 4, Empyrée" Micheline Lo



"De l' inspiration, quand la chair en un clin d'oeil
vient faire taire l'effroi au fond du trou, et la voix
monte avec dans un coin l'instinct, la tête baissée."

jeudi 8 mai 2008

l'apocalypse 1




















Moïse et le buisson ardent XIVe s. Haggadah dorée



Libre cours des choses allant chase
choix charrié au plus haut fait de cette
altérité humaine de la chaîne parlante
aidant sur le terrain fertile imaginé du
temps clos ici bas enfin le futur revient
comme l'a été celui d'avant l'un l'union
cause la castration cause du commun
mieux le véritable intérieur reste l'âme - du nombre
indice de ce qui va dépiter toute cette
raison et lui donner d'autres priorités - ce qui revient au présent
c'est là le coeur même et l'âme vraie - dire
qui est et du quoi de quel objet substrat
l'humain se souvient -il de cette image - à rebours
ce qui tombe sous le poids de l'ivresse
du savoir qui éclate de moins envahir - la langue
contre de la vulgarité de la circulaire
langue mais aussi de la linéaire langue - morte
contre une croisée des temps introduits
contre de la langue indécidable celle
qui est une sortie du registre de la lecture
intellection pour comprimer ce corps - continent
d'une pluralité des voix et des plaintes - de la fin des temps
crépusculaires changement comme ce
qui est somatisé tombe sous les coups
d'une musique comme symptôme car
nous voici dans un flottement musical
où les repères défilent ficelés feux fous
forçage fracassant d'une nuée d'anges
onde porteuse naissance nativité nausée
perte des repères sens retournés chair
de la césité comme fermeture de pouvoir - en moins
la parole qui s'éteint telle la flamme vie
champs dévasté de l'humanité agonie
mensonge de la voix cri ponctuée par le
feu intérieur montant paysage sombre
libéré des lois théologiques voies louant
l'accès au centre plutôt physique gènes
matière chair jouissance intériorité plutôt - l'extériorité
la vision horrifique et véridique du présent
contre la vision imaginaire autre paradis - de la quintessence.


vendredi 2 mai 2008

l'âme sens












Sei Shônagon par Otsuka



collage sur le Requiem de Rey Eisen


La représentation temporelle et sensible
contre de la représentation symbolique
question de devenir passage après d'une
désolation via un temps entre nostalgie
et mélancolie contraste qui va marquer
une lumière un point nodale à partir duquel
tout devient possible et la symbolisation
après-coup peut alors entrer par la grande
porte du devenir pas de l'enfer mais de la
mémoire qui se remodèle et du rythme qui
relaye la répétition du jeu du dernier degré
de la décomposition un degré qui n'est pas
le degré zéro de l'écriture mais bien celui
de l'imaginaire qui s'inscrit dans un autre
espace les sens dans un espace couvert
que l'hébétude nomme ultérieurement soit
de mettre en place une autre progression
celle du symbolique dans un retournement
un refoulement du jeu social en cours pour
faire sauter le verrou du discours commun
voir de la représentation si encrée dans
cette postmodernité la désolation n'est-elle
pas un leurre celui d'une belle infamie qui
rend la mort plus douce sinon qu'en est-il
de la résurrection d'une création qui sort
d'une naissance sans dessus dessous et
d'un autre dire plus incertain plus improbable
que le précédent d'un devenir qui prend en
écharpe l'espace restreint de la musique
qui emplit la cavité boite crânienne plus
sourde à cet appel qu'à celui du délire un
délire est ce qui représente symboliquement
et un sujet est ce qui perd son délire en le
doublant d'un autre délire transversale et
mélancolique plus près d'une mort que de
la naissance d'une temporalité sensible qui
renaît du site phrastique naissance d'une
mortelle addiction rite du signifiant changeant
signe dentelle coupé ouvert l'âme intervient
et va s'étendre d'un deuil au champs de
l'ivresse qui passe par la sensibilité du temps
de la plainte retournement de la pulsion de
mort sur un coup d'arrêt celui de la fin des
temps des temps de la vraisemblance vérité
du cri chanté ici tout près de cette divine âme
sensible et induite d'un jour qui se lève des
plus grands songes vocaux de la plus
intestine et mortifère des lois chapitre qui va
commencer chasse des sourdes écoutes.



Thierry Texedre

lundi 14 avril 2008

Le soleil pourri













Bleu II, 1961 Juan Miro 3,49 x 2,68 m



collage sur "petals (1988 ) de Kaija Saariaho


Rive rivée sous le toit trait
du corps rayé enfoncé suturé
souscription du dire divisé
rouge rizière où pousse le lit
de quelque nourriture fade sous
le soleil pourri par l'ancien
testament du seuil couleur
croisée des dieux aux lectures
textes interdits textes illisibles
fin du socle nom division de
la terreur nocturne du dire
qui effraie les plus réceptifs
jeunes appuyés sur la mère telle
une sainte à la tétée têtue nue
nudité du corps reproduction
du corps asséné par la chaude
sexuée cette irrecevable tempête
temps du jeu jouissance occulte
rêve diurne pour nager dans
l'élévation du trait dessin
dessiné sur le sol terreux très
en deçà de la direction diction
sous les traits de l'astre élevé
de sa chaude réverbération
dans l'eau inondée du sang
menstrues coulées colorées de
l'astre encore chaud pour un coeur
indistinct tant qu'une parole
parcourt les ondes d'un corps ténu
porteur de l'astre sous le ciel bleu.


Thierry Texedre

samedi 12 avril 2008

symétrie













triptyque 1966 Mark Rothko
"peindre à la fois le fini et l'infini"

collage sur Oi Kuu (1990) pour clarinette
basse et violoncelle de Kaija Saariaho


La peinture dure et chasse
l'accès au dire pour le refaire
le faire sauter et aussi l'interdire
que ce Dieu opuscule rivé use
ce dire pour enfreindre la vision
mentalement la retrouver faire
trembler l'indice qui soulève
des monts et des rivières lieux
du liquide et du solide sourds
l'écoute se fait entendre des mots
supposés quelle interprétation
et raisonnement avant le nombre
avant la lettre après la peinture
ressaisissement des sons orbites
longeant le cours de la rivière
ronflement du vent dans l'oreille
intériorité maligne liberté du
traitement du corps qui souffre
souffle de voir créer et appeler
se faire sauter la tête dans le futur
se redresser au passé verticalité
du corps qui gronde devant le
saut de l'animal symétrique pour
sordide qu'il soit souffrant en
entrant en confession pour passer
du sol au ciel perspective effacée
la peinture dure et chasse.

"Si l'art prouve quelque chose, c'est bien
le seul pouvoir d'occultation du dire qui
passe par l'ouverture à cette chose: la vérité."

Thierry Texedre le 12 avril 2008

mardi 26 février 2008

imprudence




















photographie de Mâelle Anne



Infestation du lieu du pourtour
de ce qu'un mâle va toucher
pour enflammer tout autour de
ce rire rite rondeur de la mère
maternité martellement du lait
sous le couvert de sa tétée tant
désirée omniprésente frange de
ce court extrait du récit perdu
du recours au sein de la sainte
révélation sous les plis du corps
matière irréelle du temps tendu
du temps pressé de la nourriture
étalée au grand jour et au cul
de la chair charriée aussi saoule
que de boire le lait pulsion pis
encore veine perdue dans ce
chantier celui d'un chant entré
entendu pour que ce corps bénis
soit celui de la nourriture terrestre
passage entre une féminité et le
coeur annonciation de la venue
vérité en son sein de la passion
selon cette imprudence l'ivresse
du démon devant sa terreur sa
résistance au cours des choses à
la tentation d'élucider le mystère
de la nativité oraison d'un corps à
venir d'une corporéité qui sonde
la terrifiante effluve des charniers
qui vont revivre être revisité au
moment où le tremblement se fait
entendre se saisir de l'enfantement
infestation de l'être qui va naître
aussi de ne pas pouvoir traduire
de ne pas encore livrer toute son
hystérie devant un autre ordre une
autre lecture d'autres Lois ouvertes
à cette humanité qui boit le lait
jusqu'à la lie jusqu'à moins d'espace
de l'espace qu'un temps manque à
rediriger les lectures en musiques.

Thierry Texedre

lundi 21 janvier 2008

L'adoration de l'enfant





















La Sainte Famille vers 1507 Raphaël

Un texte écrit sans ponctuation, qui va se former
comme un récit, implosé et coupé du monde de
l'imaginaire, quand il fait un retour sur l'inconscient.
Dictée stéréotypée, mais aussi collages de différentes
phases d'une subjectivité. Errance entre l'extériorité,
la peur, et les réflexes innés venus du somatique, ce
qui relève de l'intériorité.


L'enfant et sa mère vont dans un sens celui
que la mère détient conforme à une habitude
hebdomadaire celle du va et vient du domicile
à l'extérieur de l'extérieur au marché devant un
étalage le désir de l'enfant s'éveille soudain à
la vue de l'objet plaisant peut-être est-ce de la
nourriture ou des vêtements alignés sur des
présentoirs que va naître le dénouement qui s'
en suit offrant au passage devant ces étalages
une curiosité par ses couleurs et provoque chez
l'enfant comme une impression de dépendance
à la reproduction à la répétition du niveau de
socialité la mère peut lui refuser ce changement
de position en repassant en remontant le cours
des choses le cours du sens le refus du sujet
devant cette attitude provoque chez lui une
surenchère au niveau émotionnel sur le registre
du pulsionnel et du fonctionnement de sa mémoire
de son état de refus de compulsion ici c'est une
simulation du principe de réalité pour conforter le
lieu de toute vérité par l'inconscient en jeu en tant
que prise de position de l'enfant dans un temps
qui est un temps court en une autre temporalité
il y aurait eu ce que l'on nomme un blocage et
le fait éducatif porteur de négation pour la formation
de l'identité nous nommerons cela (les pleurs de
l'enfant face au refus prolongé de sa mère à céder
devant l'envie qu'il a de l'objet du désir) comme
faisant partie du réseau de fonctionnement de la
limite du corps social l'enfant comprend le refus de
la mère et pourtant il insiste continûment vu que
le sens est biface et dans l'infinité de son dilemme
l'analyse de l'adulte produit son avenir dans un
retour du pulsionnel sous l'aspect sous l'impact de
la simulation tant par l'image que par la scription
c'est l'inconscient qui fait retour dans une remontée
au pulsionnel au réel au corps action mais surtout
dans ce que l'étrangeté a pour effet de provoquer la
découverte du pulsionnel (soudain la mère cède le
sens perdu est retrouvé mais pas dans sa quiétude
c'est ouvert de sa doublure que le sens opère la
communication n'est pas close la réalité créée par
l'information est rompue par une figure celle de la
famille figure qui change le registre de ce qu'on
nomme aujourd'hui le sujet parlant pour une
simulation un simulacre du pulsionnel dans l'écriture
en retour l'enfant aura l'objet de son désir alors qu'il
pleure encore quelques instants après l'annonciation
le retour au signifiant c'est l'inconscient qui fait
fonction de butée de retenue quand l'enfant fait
l'apprentissage de ses sens au même moment mais
c'est le retour de l'inconscient dans l'énonciation
sous la forme de la pulsion de simulation un retour
du sujet de la langue dans une retombée de la
peinture ou grain de la picturalité qui bouge l'enfant
le fait agir intentionnellement dans l'image registre
que la mère porte c'est dans l'instant du retour à la
cessation des pleurs que l'enfant maîtrise la socialité
dans un état de sociabilité le jeu du pulsionnel
réalise son double dans l'anamorphose dans la
lecture de son vréel la vie est plus indifférente que
la mort.

Thierry Texedre, le 21 janvier 2008.

vendredi 11 janvier 2008

Un temps parlé






















Le temps dévoilant la vérité 1615-20 Charles Dauphin 142x108 cm

"L'allégorie semble vouloir dire que l'écoulement
du temps est nécessaire à la manifestation de la
Vérité. La Vérité est drapée de bleu, le Temps est
vêtu de rouge vif."

Un temps parlé 2

Les interférences ou les interactions des projets
d'expressions écrites vont dans le sens, ou vers
un appauvrissement du site scriptural, au profit
d'une oralité éduquée et dépendante du seuil
de l'écriture prédicative. Notons que cette
recherche d'une écriture dont la communicabilité
reste à démontrer, est asociale, ne va pas sans
sombrer dans une reconnaissance formelle, et
dont les rythmes qui la génère donnent le pouvoir
d'un temps entre la représentation et le sujet de
cette reconnaissance. Le sujet est donc une
individualité commune à chaque être parlant sexué,
c'est-à dire masculin/ féminin, singulier/ pluriel.
Nous sommes loin de l'humanité pensante, ou des
masses populaires des idéologies globalisantes
calquées sur le code religieux. Les bases sociales
et culturelles ne sont pas que transversales aux
rythmes des corps pensants. Il y a aussi comme
une verticalité qui opère un retour sur la subjectivité.
Des disciplines comme le structuralisme et la
psychanalyse vont débloquer le sens que
l'inconscient découvre: l'avortement de tout dire
sans un continuum dans l'infinité pensante de toute
subjectivité. L'écriture risque en retour de perdre sa
Loi, le nom n'y suffisant plus à recouvrir une Nativité
par une autre à ne plus y voir que l'objet qui perdure,
et pas sa jouissance. D'un développement en dehors
de la langue, parlée, comme productrice de sens
labial, d'une lecture oblitérée. Pour sortir la respiration,
ce corps perdu récitera syntaxiquement, dans une
écriture virtuelle, pour mettre en forme un sujet ouvert/
fermé et pris depuis un délire pour dans un autre délire
re-présenter. Là, l'Image-auditive va pouvoir jouer un
rôle dans la structuration commune/unitaire de tout
corps pensant. Ce qui va en découdre avec l'Être qui
fait surface en retour. Une représentation diachronique
comme au cinéma, ou synchronique comme dans un
tableau: pas de représentation dans le Vréel, c'est-à dire
le vivant qui hoquette, action qui acte, qui secoue
quelque peu. Tout cela pour dire que nous devons
produire une littéralité dans l'écriture, qui fasse loi, par
un travail du pulsionnel et de l'inconscient, de l'unique
et du commun, qui engendrent mémoire et social,
dépense et loi, harmonie et abjection dans l'étrangeté
du mouvement ; dans le Vide de l'Univers.




mardi 8 janvier 2008

Un temps parlé






















D'Edgard Varèse (1883-1965), la première oeuvre
hybride pour bande magnétique et orchestre,
"Déserts" est jouée en création mondiale au théâtre
des Champs Elysées le 2 déc. 1954 sous la
direction d'Hermann Scherchen. Varèse a inventé la
musique contemporaine, il fut un grand visionnaire.


Un temps parlé I

Comment sortir de cette production de
thèmes, de sujets aussi variés soient-ils,
comment résoudre cette énigme qui veut
que chaque fois qu'il est abordé, un
événement peut devenir très vite un réflexe
et une mode, une approche qui nourrit les
illusions des pratiques économiques dans
le Tout Social, sans en évaluer pour l'heure
ce qui sera l'Histoire, le Mythe ou l'Idéologie
ainsi transmissibles. Si ce n'est par l'écoute
de ce que l'oeil vous donne à voir par sa
transsubstantiation. Il n'y a pas de paradoxe
entre ce que l'oeil vous fait voir et ce que
l'oreille vous permet d'entendre. Car de l'un
à l'autre il y a cette transformation qui passe
par l'Esprit rivé à son pensant (un corps), pour
dans ce passage de l'un à l'autre venir rendre
intelligible toute nouvelle image, mais parce
qu'il y a langage, du parlé visionné donc
écouté du son qu'un Esprit est d'Etre pensant.
Sans ce son pas de pensant. L'Esprit ne peut
avoir lieu sans son lien à la parole, mais ce
lieu n'est pas l'espace restreint du temps court.
Entendre n'est pas écouter mais définira plus
en amont ce que l'inconscient va trouver comme
ramassé: le sens, qu'un signe va rencontrer dans
ce temps court. Si un signe c'est ce qui se répète,
c'est par cette même répétition que le son,
l'écoute va produire de la loi: la parole liée au
Verbe livré en cela au langage du temps court.
Le Verbe fait Loi n'est pas légitimé par un temps
court, mais par le temps long, celui de l'Eternité.
Le dualisme des deux temps est absolu et le
discours n'est pas celui du temps long. L'Esprit
seul peut transmuer le passage d'un chant à une
loi et d'une loi à un temps long. Un texte qui est
un temps long est double par la connaissance
qu'il peut donner au Sujet pensant. Cette
connaissance passe par la lecture de la Matière
qui est la chair de ce corps pensant. Ce sujet
pensant contient en ces termes l'âme, l'essence
vitale, le Plein qui se déverse dans le sang
transfiguré par Jésus Christ comme d'une
visitation de l'Esprit par tout pensant trinitaire.
Mais en passant par l'écoute, la voix la voie réelle
s'il faut parvenir à ce que l'écoute devienne la
première des deux perceptions (la vue , l'ouïe).
Cela devient une "vue" sur l'engendrement de
l'écriture, de la cursivité de l'écriture linéaire, et
par là même, une importance à la lecture
transversale des énoncés, ainsi "noircis" dans leur
chute; et l'éclatement des lettres en surfaces
apposées les unes près des autres pour faire texte.

samedi 5 janvier 2008

Dominique Lièvre






















Dominique Lièvre et Jean-Louis Agobet
Deux concerts donnés à l'Opéra-théâtre d'Avignon le 28 juin 2007

Dominique Lièvre:
OBSIDIENNE pour cor, trompette, trombonne et orchestre,
en création mondiale.


Jean-Louis Agobet:
CONCERT SCORREVOLE pour cor et orchestre,
en création mondiale.

jeudi 27 décembre 2007

Passé composé de la vitesse

















Pluie, vapeur et vitesse, le Great Western Railway 1844
William Turner 91x122 cm


collage sur "passé composé" de Mauricio Kagel


Passé composé de la vitesse

Translation ou vitesse sur la route en long
rail course double sens ou croisements
crois-en ma direction elle est bien celle
de la saisissante rudesse de la mécanique
corps acier plié et assis où la machine
roues à quatre pattes tourne avale le temps
si ce n'est la dérive de cette pesanteur
qui laisse tomber la marche et pose sa peau
pour être monté dans son ombre portée
en attendant l'illusion du déplacement
du train voiture en descendant toucher
sol et lieu identifié en un lieu vite réduit
qui anime l'espace de sa nudité lointaine
du travers vite trempé danse déhanchée
s'il faut y trouver une cause c'est la chasse
loin avant la marche debout demi-tour et aller
à l'envers lentement ces corps sont vidés et
sondés éparpillés sur l'asphalte sur l'enrobé
mort du corps vitesse qui semble s'inscrire
de quelque chose de pouvoir entrer en pause
comme on entre en religion c'était avant
publique et commun les pieds avancent de
traîner des pieds cessation de la vitesse
dés que descend la parole du haut qui croise
la vitesse qui le dépasse qui ravit le jouisseur
seul derrière l'engin érigé et puissant et faux
fausse alerte de la vitesse qui fonce floue
pour réduire au silence son apparition son
reflet sa réaction ses pulsations du coeur qui
bat plus fort après s'être envolé du sol libre
hauteur avec l'objet jeté dans un sens vitesse
enfer qui ronfle moteurs action chauffe
propulsion vers le futur passé de sa combustion
pour laisser un présent derrière comme seule
possibilité d'une telle transformation électrique
autant que l'oeil du regard qui semble traîner
transcription de la parole finie et forcée
par on ne sait quel tempérament température
huile qui monte en chauffe résistance usure
pour réduire le temps à sa simple fin celle des
corps que la puissance du vide prend au plus
court sens caché de la jouissance vue vision
visitation du code route espace profil du
sens interdit de la langue parlant en deçà
et qui n'a pas le temps de parler tant la vie
teste à l'envers la vélocité des roues voix
des airs roulés comme des forces vives vides
de l'espace corps machine envie de vivre au plus
près du désir que l'espace entoure de son objet
clôture devant l'habitacle clarté du sommeil
de la vraie tentative du privé de pouvoir se
retourner le rêve va plus vite que la vitesse objet
qui retourne l'homme roulant pour le miner
le ronger le dissoudre dans l'illusion lumière
de l'imaginaire qui prend le large en sonnant
l'homme partout désespérément vole après
avoir visité son espèce forme circulatoire
plein d'air sang pompe virus son voix oiseau
avion espace déplié du papier copié collé
mouvement de l'animal étrange de l'objet lancé.


Thierry Texedre, le 27 décembre 2007.






jeudi 20 décembre 2007

Jacques Lenot




un compositeur
une musique

Jacques Lenot

Né en 1945, Jacques Lenot
peut être considéré comme
un compositeur inclassable,
et s'affirme comme une
personnalité autodidacte.

"Je ne peux pas vivre sans
mes douze sons. Si j'écris
avec onze, je sais qu'il en
manque un, et ce un peut
être un silence, un creux,
un vide ou un manque ou
un cadavre."











lundi 17 décembre 2007

Le rêve





Le rêve


Temps plein temps de la plénitude
qui sort du trou il faut se dire
que ce trou n'est que l'apparition
d'une autre temporalité celle du trop
qui remonte à la surface à l'entrée
et même qu'il y a de la peur là-dessous
celle que la nuit de l'endormissement
réserve au pouvoir des songes des rêves
il faudra éclaircir ce qui se passe là
dessous dans ce temps plein qui agite
ses orifices ses contractions d'images
compulsives inventions nocturnes de la
moins visible de ces attractions celle de
la mort qui se vautre sous les chairs et
qui hante les rivages du rêve pour le
détrousser et le faire sombrer dans les
plus immondes actes de son corps étendu
ou de ce corps joint et rivé dans son lit
du corps chevillé au martellement du songe
l'aveuglement du jour vient l'implorer
pour le tenir de sa puissante imposture
de faire vivre le rêve à rebours jusqu'à
rompre le sommeil le pourrir de hantises
pour donner la mémoire en réponse à la vue
vision d'affects de coupes sombres de
superpositions et de collages hilarants
de coups de voyages d'inondations colorées
ne déchire pas le voile qui s'offre à toi
il y a aussi le redresser de ce sexe plié depuis
la nuit des temps à le croire si actif soudain
au point de prendre à revers celui qui le porte
dans un humide titillement pour l'autre élue
pas seulement du reste le trou est ouvert
il peut venir tarauder les deux damnés
virage que prend le sommeil qui se pend
à l'esprit au réveil pour le retourner le noyer
dans une espèce d'inspection du rêve élargi
à l'espace maintenant visible avant de prendre
congé et sortir une prochaine fois dans son
temps vidé et aride mais plein d'une légère
inspiration respirer c'est tout ce qui compte.


Thierry Texedre, le 17 décembre 2007.






Les tentations, après (1988-1989) Popovic Ljuba







mercredi 5 décembre 2007

A côté du divan de la cure analytique et/ou une transsubstantiation de Dieu dans l'Art


















nu avec une jambe levée 1992 Lucian Freud

"Chez L. Freud, ce n'est pas lui le véritable modèle, mais le
vivant qui s'y révèle et que la peinture souhaite ré-incarner."

"Le motif du sexe exposé aux regards évoque la célèbre toile
de Gustave Courbet l'origine du monde de1866, qui montre
sans ambages un sexe féminin. Chez Freud cependant, il ne
s'agit pas de rayonnement érotique mais d'une corporalité
naturelle, chargée sexuellement, que son impudence dénuée
de prétention peut rendre acceptable."


Le dialogue ou l'amour ordinaire du regard 5/8
A côté du divan de la cure analytique et/ou une
transsubstantiation de Dieu dans l'Art.

- Pardonnez-moi de vous interrompre mais cet objet perdu
serait celui d'un pensant identifiable dans le cours des
siècles, comme étant celui de la voix de Dieu avant de
devenir au XXe siècle la voix de l'inconscient avec la
psychanalyse, combien même ce déplacement aura opéré
un retour plus particulier sur la subjectivité dans les arts
de la fin du XXe siècle?

T - Oui c'est en quelque sorte une révolution que la
pensée peut, mais elle reste idéologique dans une polylogie
de
s voix, des "chants" qui s'ouvrent au pensant, un pensant
collectivement pris dans un registre plus dense où le rêve
prend le relais l'imaginaire étant la partie visible de ce coma.
Le dialogue est avant tout une conversation avec un au-
delà une instance irréelle qui tient lieu d'accompagnement
d'accouchement: même le Christ serait venu avant d'être né
de la chair. La pensée peut encore produire des effets qui
sont de l'ordre du "marqueur", structure qui tient devant
le symbolique plus crédible dans nos moeurs sociaux, peut-
être sommes nous habités par trop de calculs influencés par
le nombre toujours croissant de l'humanité. J'en reviens au
hasard qui est une croisée d'espaces la trace qui ne fait pas
encore sens, donc il faut le souligner afin d'en tirer tout
l'enseignement dans ce qu'il a de vraisemblance. Ce qui le
fait être hasard, c'est l'instant d'imprévisibilité surprenant
toute action pensée ou lieu tel que le rêve le traverse dans le
temps de celui qui rencontre qui fait acte de baigner dans
l'impossible image fermée. Le hasard est surprenant par sa
présence, sa temporalité même qui le fait craindre d'une
partie de nous-même. Il impressionne par la négativité qui
l'anime puisqu'aucune rationalité n'a de prise sur son lieu
en creux, trou noir où tout objet va sombrer du désir au
meurtre. Sans substance ce vide prend l'allure du hasard
quand la pensée fait irruption dans le choc de deux corps
dans l'illusion d'un nouveau sens, d'une remise à plat du
temps: c'est la cause du questionnement. C'est de cet
hétérogène que va sortir ce qu'un hasard jamais n'abolira:
le nombre. A propos du questionnement qu'un pensant aurait
de donner au pouvoir exercé sur l'intérieur sur ce qu'un
corps peut de penser sa chair en retour, du hasard de prendre
peur devant cet état de fait qu'un corps pense avant d'être et
non l'inverse; le hasard prend place, s'incruste là au milieu
de cette vérité du sujet qui pense croyant, j'ai bien dit
croyant, nous y voila retour du croyant sur les lieux du dit:
le dire = hasard = croyance. Dieu est l'ancrage du sujet
prenant naissance de son pensant entrain de se faire dire.
Dieu est en présence perpétuelle puisqu'impossible à tuer
sans tuer l'homme par la même occasion, déstructuration
des sujets retours sur le sémiotique, seul repère d'une distance
liée à la forme, eh oui! L'humanité a pris forme par la figure
de son Dieu Un. L'imaginaire fait le reste replié sur le
noeud que l'inconscient dévoile dans le même temps, et non
quand Sigmund Freud l'avalise au début du XXe siècle.
comme Dieu est présent, dans le doute de la psychanalyse,
il est aussi l'étrangeté de ce corps livré à la segmentation
à cause de sa chair, à l'obsessionnel objet convoité désir
nourriture anthropophagie, mais amour d'un lieu impossible
à fixer: Dieu n'a pas de lieu, le Paradis ciel/terre compromet
la vision théologique au profit d'une lecture poétique, d'une
illumination comme je le dis souvent. par contre Dieu est
pris dans son infinité désirante qu'un être pensant aurait pu
en faire jouissance mais manquant son histoire, le Un n'y
suffisant plus, les corps ne s'y tenant plus voir en peinture
avec un Pablo Picasso et ses Demoiselles d'Avignon, les
charniers reprennent de l'intensité il faut multiplier les
démembrements les terreurs deviennent mondiales, les
mots restent sourds pendant trop longtemps; la création
musicale n'a jamais été aussi envahissante aussi la marque,
le symptôme d'une humanité qui perd son pensant à trop
entendre: c'est l'invention du temps qui se termine en trop.
Dieu n'en a pas fini avec cette espèce pensante, parce qu'elle
n'a rien à faire que se porter au plus haut point d'ancrage qui
la fait être, de pousser son corps à être deux pour le faire
penser. L'autre pluriel peut entendre l'unique dire, qui fait
que Dieu traverse par l'unique ce qui renvoie à la loi, une
parole qui traverse l'un dans l'instant présent. Le dialogue
peut entrer en conversation, l'oral qui est une pluralité et cet
impossible sujet désirant qui n'a pas encore d'identité; Dieu
y est la reconnaissance, et la peinture passe avec justesse,
avec les forceps pour répondre à cette voix qui plus tard
est devenue musique, produisant par électrochoc le présent
sans voix, les sexes en sont restés béants et tout en retenue,
impropres à reproduire. Le nombre ne pouvant faire nombre
qu'à faire parole et loi c'est-à-dire reproduire. Sinon l'Enfer
guette. Si le christianisme devient catholique, c'est en partie
pour fuire ce que le surréalisme a d'inquiétant: l'inconscient.
C'est la poésie qui en retour viendra clouer à jamais son
croyant laissant libre l'ouverture dans laquelle la peinture va
aussi s'engouffrer entre les deux premières guerres mondiales.
En avalant par la même occasion le pôle politique et idéo-
logique dominant : le Marxisme. Ce qui donnera naissance
à l'expressionnisme abstrait pendant la seconde guerre
mondiale. Mettant en avant jusqu'à aujourd'hui la question
du sujet pensant. Pourtant après l'annonce de la mort de Dieu
au XIXe siècle on peut dire que cette question restera au
coeur des problèmes artistiques du XXe siècle. La grande
question qui fait surface aujourd'hui est celle de l'altérité
de la subjectivité privée de Dieu et des idéologies censurées
et perverties à tout jamais. L'éternité la trinité la laïcité vont
relancer un autre débat sur la place de Dieu, sur la figure de
Dieu dans un espace matérialiste dialectique sous le couvert
d'une économie de marché libérale, de la place de tout être
parlant, de sa subjectivité, du corps pensant pris dans la chair.
Si la chair pense, Dieu est nourriture Dieu est chair pour
revenir faire parler les corps la dépense des corps, si l'esprit
ne suffit pas, il est traversé par la chair d'y voir (Di-eu) comme
le matérialisme de la matière du sujet parlant.



mardi 4 décembre 2007

Un compositeur
















Compositeur, chef d'orchestre, et metteur en scène,
Mauricio Kagel est né le 24 décembre 1931 à
Buenos Aires en Argentine, en 1957 il s'installe
à Cologne en Allemagne.

La réserve des couleurs















Echo des lumières
juin 1983 Marc Devade 129x194 cm



La réserve des couleurs


Au risque d'être double l'écriture donne à voir.
Le texte qui passe est en réserve devant celui
plus imprimé, plus travesti, plus habillé qu'un
autre texte aurait de se laisser emporter dans
une lisibilité qui n'a à voir qu'avec l'économie
d'une pensée, une écriture discursive, allusive.
La censure se situe au niveau de l'entre-deux
textes, là où ceux-ci vont interroger l'individualité,
le sujet qui emporte avec lui l'image qu'il croit;
celle qui le fait croire. Laïque, athée, croyant, le
projet qu'une telle lecture opère sur chacun va
oblitérer son moi, son nom au profit d'un non-lieu.

Ce qui se présente comme étant de l'audible
n'est en rien plausible pour cette écoute qui
sonne aux oreilles, qui retire toute énergie
de son dire: le régime du dire passe aussi par
cette étendue inopérante quand à sa diction,
à son raisonnement, à son tempérament, et
pour tout dire, retour à la case départ; celle du
souffle éruptif qu'un sujet peut de respirer son
intérieur peau chair pulsion sens remontée du
code perceptif couleurs, également pour injecter
à l'oeil toute la splendeur des rites et des visions
des passions et des illuminations érotiques sur
le corps détenu. Sur son toucher sa puissance
d'érection des sens du toucher de l'organe mâle
femelle, animalité naissance retour, encore du
jeu sans fin, de cette humanité qui digère pour
mieux en parler, pour laisser aller ce qu'un lien
automatique aura d'écriture; pour laisser dire
ce qu'un inconscient discours va prendre à bras
le corps. Cet infini en représentation dans la
peinture couleur somme blanche, verbe prose.

Thierry Texedre, le 4 décembre 2007.

lundi 3 décembre 2007

Un compositeur


















Philip Glass, musicien et compositeur américain
né le 31 janvier 1937 à Baltimore aux Etats-Unis.

samedi 1 décembre 2007

Du réel au mirage social





















Antonin Artaud 1990 Gottfried Helnwein 167x131 cm



Du réel au mirage social

Ni Artaud ni Pollock parmi les plus impunis, n'ont mis
dans la psychanalyse les oripeaux qu'ils portaient, leur
chair peau vêtement toilette souillure rejet vomissement,
puisque la psychanalyse n'est pas la seule voie qui rende
compte de ce qu'on a nommé l'âme le moi l'ego le sujet
sa figure: son fou, le malade (qui n'est pas le fou et qui
peut n'avoir besoin que d'une assistance du point de vue
somatique seulement, pas psychique, moins insoumis).
Les arts sont la preuve que le psychique n'en a pas fini
avec le somatique ce corps en disgrâce et trop beau pour
être vrai aux yeux du social qui le consume qui le tient.
Et ce, chaque jour pour le terroriser un peu plus, pour que
le malin revienne jouer dans la cour des grandes censures.
L'inconscient y trouve son compte! Il ressort en discours?
Il y a comme une remontée de la dépense d'un sujet lié plié,
et qui est de l'ordre de l'infini, de la chute et du vide délice.
Ici, dès qu'ils travaillent l'image inerte tant qu'on ne lui
substituera pas une autre entité figurable, unique trace du
point euclidien qui fait être tout semblable, chaque parole.
Donc une réelle conscience du commun pour la prohibition
de son être; celui-ci passe devant ses yeux, défile, c'est ce
qu'on peut comprendre la façon dont nous vivons, pris
entre l'information continue, la circulation des clivages sur
la toile, non celle du peintre mais bien celle d'internet.
Et encore les lois réagissant parce qu'elles font la circulation
des corps: travail repos extérieur intérieur, espace non mental
bien sûr, nous dirons architectonique de l'espace des corps.
Tout cela fait que ça défile devant, donc les arts ne peuvent
que rendre compte de la coupure de la transversalité du réel.
Son point d'achoppement le réel entier puisque mort née,
mort avant d'aller se faire enfoncer dans une courte béance.
Le sol se dérobe à mesure qu'on le situe; stature du nom!
Chasser trouer inverser se voûter pour rien, c'est ça le réel
qui se fend qui rend l'âme à son social inhumanité vraie:
le moins qu'on puisse dire c'est que l'espace est encore clos,
tant que la peinture n'a pas envahie la musique pour plainte,
pour pardonner à l'écriture sa pauvre faculté à jouir alignée,
et attachée au poteau dans l'attente d'un coup trou chair temps.

Thierry Texedre, le 1 décembre 2007.
musique: Violin Concerto de Philip Glass

samedi 24 novembre 2007

Le dialogue ou l'amour ordinaire du regard
















peinture de Michèle Laverdac


- Qu'est-ce que la peinture pour Michèle Laverdac?

- "La peinture, c'est avant tout un dialogue entre deux
imaginaires... La spiritualité est importante pour moi,
la critique me l'a souvent reproché... On m'a reproché
cette peinture "peinte", avec ses lumières, pensée,
réfléchie, méditative, qui subissait une sorte d'interdit."
Michèle Laverdac

"Toutes les images ne sont finalement tissées que de mots."
Ralph Dekoninck novembre 2006


Le dialogue ou l'amour ordinaire du regard

-
Le dialogue ou l'amour ordinaire du regard

- Le dualisme proposé de la rencontre dans un dialogue
de deux corps pensants contribue-t-il à gérer ou plutôt à
formater le lieu social qui se déroule aujourd'hui, dans
l'état de mondialisation généralisée que nous vivons?

T- Si les sciences pressent toujours les êtres pensants
que nous sommes, c'est pour mieux intégrer le malin
qui en d'autres termes pouvait gérer l'imaginaire dans
un certain passé, mais pas seulement, il faut rompre
avec la pensée qui voudrait que la langue influe sur la
suite des événements que sont une découverte
conceptuelle ou ce que la philosophie nous donne à
rendre compte de la conscience humaine et sociale;
en somme il y va plus d'une censure du pensant, de sa
cassure sociale, que d'une lecture de celui-ci au niveau
de l'écriture d'une écriture longitudinale, linéaire telle
qu'elle fonctionne encore ici.

- Cette doublure du champs parole/écriture ne va pas
sans risques pour son écoute/lecture allant dans le sens
d'une plongée dans le social virtualisé avec les outils
informatiques et internet. Dans sa structure philosophique
comme origine d'un sujet visuel plus que corporel, le
social n'a pu s'en remettre et la philosophie elle court
après son épouvantail à mieux digérer sa maîtrise des
formes. Son sujet n'étant jamais stabilisé, sauf à le mettre
en situation d'être en situation de croyant!

- Si le dialogue est devenu source de liberté, origine
d'une autre vue au niveau social, comment se fait la
compréhension, la survie de l'espèce, et pour être plus
précis au détriment de sa reproduction qui est, dans un
futur, proche remise en question, celle du doute?

T- Vous avez mis le point sur la chose la plus censurée
maintenant, sur le risque qu'il y a à reproduire, à faire
de l'espèce comme on fait du commerce (il faut
reproduire disent les politiques d'un point de vue
économique), mais c'est là le dilemme de faire ce qu'il y
a de lois au sortir desquelles toute pensée est dénaturée.
Cela ne va plus dans ce sens, le noeud n'est plus là où
on l'attend. L'image de l'humain étant fragmentée, il
n'y a plus de recours au politique qui avalise les lois
pour un social à la démesure irréelle. Nous nous
arrogeons le droit d'en découdre autrement que par ce
qui fait retour dans l'écriture; non la chose sexuelle,
ni l'indice religio-éthique qui induit une espèce clouée
à sa trinité, à la loi hébraïque, à son risque de ne jamais y
revenir , à s'y noyer!

- Revenir à quoi si ce n'est à la reproduction?

T- Attention à ne pas revenir à la case départ! A ne pas
s'y résoudre l'effet de verticalité de la textualité
moderne n'en a pas pour autant l'amour du corps de sa
chair, de son volume contre toute attente d'un sujet qui
pousse à penser. On reste sur notre fin dans presque tous
les cas de figures. Encore un peu de patience et peut-
être verra-t-on apparaître quelques penseurs plus prêts à
en découdre avec l'espace en position de force avec
quelques peintres, musiciens, pour soulever l'énormité
aveuglante qu'on ne peut plus reproduire sans son corps
pensant autre loi autre mystère.

- Bien sûr ça peut rendre compte d'un niveau d'écoute
impossible à délier, impropre à consommer dans l'état
actuel de nos états dissemblables. Mais qu'en est-il de la
fin du social et de l'explosion de l'économie de marché qui
masque toute parole vraie, pas celle du dire, celle qui fait
loi plutôt, son noeud étant lié au doute à la négativité?
Et qui pour le coup empoisonne depuis presque deux
siècles la subjectivité impropre à passer à la psychanalyse!

T- Ça veut dire que ça pense mais comme le décalage est
impossible à saisir, ça prend part au niveau de la vue de
l'image pour amorcer de plus en plus vite un virage à
360° pour produire un retour sur image; son arrêt? Au
moins l'inconscient, la terreur généralisée n'est-ce pas?



Dans la pensée prophétique, le Pathos Dei s'émeut
toujours en rapport au monde extérieur. Selon le
théologien Kitamori, Dieu en douleur est un Dieu
qui guérit les plaies humaines par ses propres plaies.
En Jésus , Dieu lui-même fut brisé et blessé.

De la souffrance de Dieu

Pour Rahner le Dieu d'Israël et de Jésus est , en effet,
différent de la divinité lointaine et insensible des
philosophies de la Grèce classique. Il est proche et
vivant; il est un Dieu au visage d'homme.

Pour Fiedrich Nietzsche Dieu est mort par idéologie
et non par principe de réalité. Antonin Artaud revisite
la foi pour sortir un sujet brisé par cette foi, pour
agir sur ce corps mort-né d'avoir voulu croire en
sa pure pensée, celle des lois bien sûr.

prologue
Dieu ne peut Être que par sa seule absence, sa voix
entendue est une subjectivité, de la matière pensante,
chercher Dieu c'est l'Un dans la pliure des voix, dans
le rejet du polythéisme antique et prendre l'homme
comme seul interlocuteur, seul intermédiaire entre la
voix entendue et celle d'un Dieu réduit à n'être qu'en
sa seule absence. L'autre voix passe par d'autres lois
qui ne peuvent avoir lieu qu'à travailler avec la voix
transformationnelle: la peinture et la musique puis
l'écriture en sont les principaux fondements qui
vont continuer à structurer tout sujet pensant, Dieu
en passe par là sous son apparition/disparition de
l'acte créateur du sujet de la matière qui pense. Il n'y
a plus de ce fait de théologie qu'à connaître le Père, et
du vécu de l'inconnaissable à la connaissance de Dieu.
Comme Dieu est représentable, seule la voix qui elle
se livre fait une transmutation de la mémoire, Philippe
Sollers en fait l'expérience et en donne des balises, fait
loi même en ce début de XXIe siècle. La représentation
elle, est censurée (si le préverbal permet l'acte même
de la création il n'est lisible qu'à livrer un corps nommé).
même à croire que la prolifération ininterrompue
d'images et de sons et d'écrits font entrer une séquence
hors-temps dans l'humanité, en marche dans la dépense
d'une nouvelle histoire de la douleur de la psychè.
Car il faut dans l'urgence penser que Dieu Être suprême
n'est pas là pour notre bon plaisir de jouir de l'avoir
descendu eh oui de là-haut! Ciel que cette terre est triste
à en mourir: c'est cela penser , faire circuler le verbe
où on l'attend: la mort!



le dialogue ou l'amour ordinaire du regard 2

- Est-il possible de comprendre que les religions ont
primé la croyance, ont assez exhorté voir exorcisé le mal
qui ronge l'humanité, et est-il possible de rendre compte
d'un tel débat sans tomber sur sa fin, sur la fin du
monothéisme au profit d'une polylogie, comme on a
sonné le glas de Dieu?

T- Ça n'est sensible que dans la mesure où aujourd'hui
la plus grande révolution culturelle est musicale. Le son
joue la lettre, la chasse et tire à côté le plus souvent. Sauf
dans les grandes oeuvres qui relancent l'écriture que
le surréalisme a fait sauté avec Artaud. Et Burrough en
a pris pour se faire éclater la figure Christique, la femme
s'y cache derrière comme toujours, l'écriture...La langue,
et j'en passe, tout tourne plus vite au profit du récit bien
sûr, les mythes refont surface parce que en attendant on
préfère le pire: l'ivresse du jeu musical des langues mortes,
oui nous touchons le fond du trou, c'est ça c'est une
histoire que la politique surveille, ce trou béant qui ronge
les mentalités, qui prend la relique pour l'éternité et
l'image pour de la spiritualité. Nous entrons dans une ère
infâme et illisible, c'est plus facile à maîtriser non?
Donc le son joue le rôle de Dieu, le jeu est là dans sa
temporalité humaine, mais à y regarder de plus près, c'est
d'atemporalité qu'il s'agit. Il faudrait en faire une analyse
plus serrée, plus équivoque, plus informelle bien sûr. Mais
le sens d'une perte de la croyance religieuse va dans celui
des charniers passés sous silence, de ceux que l'écriture
malmène au plus haut point, avec Pierre Guyotat pour
l'un des acteurs de la langue les plus pertinent qui va
permettre au seuil d'une pensée vivante, la pensée du dehors
(produire de l'intérieur que les religions se sont empressé
d'ouvrir: moins de sujet, plus de commun, c'est là l'horreur).
Pour savoir le savoir qu'un corps peut, le savoir du son
n'est rien sans ce corps érotique, ce corps qui de tout fait
tout pour danser son intérieur. S'il en était autrement à quoi
bon le monothéisme? Sinon à privilégier l'invention
sociale! La philosophie prenant appui à son tour sur ce
social arque bouté par le politique qui compose non de la
musique mais des pseudo-lois impropres à la jouissance
qu'une sexualité a du mal à écouter; voyez comme un
sexe se double d'une audition et non du masculin/
féminin, encore qu'il faille en distinguer les avances
et les reculs selon que l'un ou l'autre pense ou baise ou
se baise à penser sa jouissance à cause d'un certain
Freud. Un autre psychanalyste Lacan s'en est mieux tiré
la langue était là encore pour lui prendre l'image plus vite,
la lui arracher aux autres: un peu de sujet quand même!
Et que la philosophie ait une importance pour voir ce que
le social a de dérives dans l'image dans l'histoire close d'un
roman définitif pour en penser sa terreur du dialogue, là
est le vrai prolongement de tout entendement, de toute
vraisemblance aux yeux de croire. Dialogue parce qu'elle
est à même de diaboliser en faisant volume. Et par là
passer aux pulsions de les canaliser. Là encore la
psychanalyse a fait l'impasse sur l'être pour ne plus le
voir en peinture, ça dépasse Lacan et son Courbet!

- Cette origine du monde plus globalement, la philosophie
va s'en emparer structurellement avec son pensant qui fait sens
dans la temporalité du pensant, n'est-elle pas issue du retour
d'une signifiance entrain de rompre avec un ordre plus
collectif, une unité plus sociologique?

T- La rationalité est un ordre qui donne au visible toute sa
dimension, et ce, dans le registre d'une unité qui entame le
nombre pour le faire vaciller; ou encore ce seuil collectif
d'une humanité en train de se défaire ce n'est pas une défaite
comme on pourrait le penser, mais un saut vers une autre
vision de réseaux qui vont tenir un rôle impossible à
soumettre du point de vue de la rationalité. Allons dans ce
sens le sens a encore droit de citer aujourd'hui, mais pour
combien de temps encore? La cassure est telle que toute
subjectivité devient improbable, floue, et impropre à passer
au niveau social. La philosophie peut toujours produire ses
effets dans ce tout social, dans la masse pensante le dialogue
n'en est pas moins rompu!

- La soumission n'est-elle pas alors l'éligibilité du corps
contre toute attente d'une chair qui n'est chair que dans la
mesure où elle est dialogue?

T- La rationalité (plus nationale que l'irrationalité), passe par
ce corps pris dans son dialogue avec les forces d'attraction
qu'une nouvelle peinture peut, rendant l'observateur dépité
et faisant retour sur ses images sacro-saintes ou par un effet
boomerang, de se prendre la tête pour son sexe et aller bien
vite copuler loin de la peinture, ou encore l'histoire des tags
(Basquiat) qui sont au plus court du peint l'erreur qu'une
peinture a de se soustraire à l'oeil qui fait imprimer du social
sur un corps privé de nom, anonymat et dépression que la
doit frapper plus vite en raccourci. Cette rationalité est prise
dans les forceps de la peinture sa doublure, sa chair, la
langue qui en retour produit cette soumission, l'élision qui
va droit dans la matière sociale: c'est le rôle imparti à la
philosophie qui est remis en cause ici à faire taire la langue.

- Vous revenez souvent à la peinture , mais n'est-ce pas pour
entendre au delà de la musique le dialogue que des corps
manquant leur pensant vont introduire dans la loi, dans la
textualité pour produire du pensant, pour faire surface?

T- Faire surface c'est faire de la langue malgré la culture
en incessante mouvance, en continuelle chute. Les corps
ne suivant pas cette chute comme ils sont pris dans le travers,
voyez comment se terminerait l'éclairage du lieu d'inhumanité
qui marque notre contemporanéité!

- L'amour va-t-il servir Dieu dans le futur, ou le regard porté
sur la matière pensante permet-il d'aller chercher Dieu où il
n'est pas, c'est-à-dire au fond dans le sang versé?
T- Si le partage formule l'amour, c'est dans une double
exposition que va se jouer l'apparition de Dieu non
sans retenir un certain souffle dans le seul but d'avaler
sa disparition, sa diversion c'est là le terme, et le virage
pris pour continuer la parole: point de raison mais du
corps pris dans son pensant, sa matière. Tout cela pour
qu'un tout social s'en tire avec quelques hurlements de
devoir en finir avec le nom de Dieu. Et si cette disparition
persiste, c'est que le sang n'y suffisant pas, le pensant
s'en soit mêlé un peu à la façon dont les arts s'y sont pris,
traversant par leur lecture de l'au-delà retourné en deçà;
pour questionner et soulever le voile de l'après-coup du
refoulé pulsionnel. Un soulèvement pour l'avenir de Dieu,
pour le regard de l'amour qu'une suite de figures va tenter
de composer. De composer comme l'écriture fait encore loi.
La philosophie a longtemps exorcisé ce fait qui est ainsi
couché au futur, notre point d'achoppement en sera
privilégié au niveau social, par l'inspiration qui n'est pas
spirituelle, mais résurrectionnelle; que la peinture a su
donner aux lettres dans leur exploration de l'Un.

- Si Dieu a un avant comme soulèvement de l'identité
subjective, n'est-il que cela en tant que flou voir floculation
du régime identitaire ou bien sa divinité trinitaire n'est-elle
pas déjà une annonciation que son vrai son existence et par
là son fou ne sont que l'amorce d'un autre espace, que la
pensée pousse à jouir le corps; pensée animale qui n'a pas
encore été explorée?

T- Sauf que l'écriture s'en est emparée, c'est son espace.
Pour que Dieu ait un avant, ne faut-il pas qu'il passe par
son détachement mais encore sa traversée sa présence dans
l'immanence, mais aussi dans l'infini résonance des corps
que l'écoute permet, que la pensée devienne. La figure de
Dieu réside dans son immaculée conception dans son
importance d'une impossible représentation, mais que cet
avant prend du futur pour que de l'antérieur le présent rôde,
et sème la panique dans la vision qu'en a l'homme, les lois
en dépendent. Pourtant cela n'a pas d'incidence dans le
fait que Dieu se soit fait homme, l'esprit ayant eu du mal
à le supporter sauf à le ressusciter: paradis oblige, mais c'est
par la petite porte que rentre le dialogue, l'amour ordinaire
en somme qui va enfoncer le clou pour l'éternité descendue
et faite homme. Le dialogue amoureux l'impossible
soumission à l'autre prendra le relais à cause de son parlant,
parler du corps qui écoute son effraction la crucifixion;
et son impossibilité à reconnaître son Dieu le sens caché du
vivant scientifiquement probable, mais théologiquement
opaque! A croire en Dieu le risque court de le perdre de le
mettre en forme. Dieu passe par le non dit, son origine que
la philosophie va exhumer lentement aidé par les corps
découpés et fragmentés de la peinture du XXe siècle.
Jusqu'à rompre avec les lieux du jeu social, il faut répondre
à ce qu'une révolution transfert, et Dieu s'y retient!

- Le temps manquant c'est-à-dire le présent ne va-t-il pas
subir un coup plus dur que celui que la psychanalyse a
donné au début du XXe siècle? Cela va sans dire, l'ordre des
choses va opérer dans ce sens semble-t-il, encore qu'on peut
se soustraire à ce type de questionnement non? Qu'en est-il
exactement de ce présent qui fait figure peut-être celle d'un
Dieu qui n'a que sa représentation pour survivre alors que
le dialogue ou l'amour peut le recentrer n'est-ce pas?

T- C'est là le point le plus sensible de l'espace du pensant
pris dans sa fermeture/ouverture du site de la représentation
de ce qui se voit du sensible, de ce qui fait en bout de chaîne
le social. Son temps c'est le temps qui marque qui imprime
qui fait symptôme de l'espèce en proie au symbolique, à
l'état de chair. Cet état étant une forme impulsant au parlant
son dire pour qu'il passe son temps à penser donc à faire sens;
mais hélas il ne peut être qu'en pensant et pensant qu'en
s'inscrivant comme inconscient la plus part du temps de son
état de veille. La psychanalyse a dégagé ce qu'on nomme
une mise en acte de l'inconscient préexistant à sa découverte.
Et ce, afin de prendre Dieu pour la matière du corps peint!
C'est pire que de dire, s'agissant bien d'un discours d'un
dialogue, qu'une subjectivité échappe encore et toujours au
dire pour qu'il saute son corps d'élection son gramme
d'inscription son signifié: l'inspiration passe à côté de la
psychanalyse parce qu'elle lit ce que la peinture travaille
depuis qu'elle est tombée dans la profondeur des corps
morcelés et des charniers impensables

.
T - Oui bien sûr on peut toujours se soustraire à la
psychanalyse dans un travail de sape d'usure du code
de la signifiance. Allons, il faut reconnaître que ça passe
tout près du fou, mais aussi du rire pour de rire, en
somme, mais il revient vite! Le sujet? Même maltraité,
même en pourrissement et çà, ça ne va pas dans le sens
de la représentation voir même pas dans celui de la
reproduction; ça ressort du vertige et sûrement de la
transsubstantiation. Quel retour remarqué sur le code
religieux Chrétien, mais ça passe surtout pour le présent
par la résurrection de tout pensant simplifié socialement
par le point de vue de l'art pictural. Le dialogue peut
faire intervention de Dieu à travers la parole qu'un présent
peut, qu'un présent peut faire de sa loi. La loi tord le sujet
pour résoudre son nombre, l'infinité de la reproduction,
l'espèce n'étant menacée qu'en perdant son espace de
pensée; ou le corps se joue des croyances le corps
jouissant de penser peu, et même jamais par amour pour
une rencontre. Ça tient à peu près comme un questionne-
ment ne clôt jamais l'impossible reproduction de la mise
en avant du dire.

- Si le dialogue place le sujet amoureux dans une posture
d'infini, face à un travail de la représentation qui n'en a
que faire d'aller et venir comme le fait la dépense; cette
dépense ne va-t-elle pas rompre avec son délit avec le
délire la peur que toute identité masque?

T - L'énigme qu'un sujet soit amoureux va jusqu'à faire
taire sa phobie, son aisance dans son arrimage au site
phrastique qui colle à l'inconscient, comme son double,
parce qu'il est lui aussi fondé sur une structure: celle-ci
n'est que la signifiance et pas n'importe laquelle! C'est
l'impossible jointement d'un sujet à son unique, au nom
puisqu'il se multiplie génétiquement, donc c'est une
histoire à rebours de ce qu'un corps peut de ce qu'une
corporéité va penser va sexualiser via l'érotique sondant
sa pornographie, son écriture, sa jouissance et son stade
de socialisation dans la peinture comme fondement du
sujet divisé. Cette peinture peint parce qu'elle veut en
venir à bout de la langue qu'un sujet peut, proposant une
perspective innovent entre spectateur/spectacle et
réceptacle/réservoir renvoi au fond pulsionnel de la
subjectivité qui fonde ce tout social pris dans son délire
d'y voir, de parler pour y voir quoi? Sinon Dieu! Le délire
innove inonde toutes les langues pourvu qu'elles soient
parlées. Mais ça n'est qu'un rêve un rêve éveillé pour tout
dire. Comment ne pas croire alors que la langue ne fait
que ça d'y croire, même avec un corps tronqué un corps
en reste qui veut en venir à bout de cette langue à cause
de sa sexualité qui colle à la peau, qui délit les langues,
qui n'arrête pas de faire symptôme, même dans les rêves
nocturnes; encore que ce langage est pauvre à côté de ce
qui s'y essaye d'aller plus loin que celle de la loi, mais
collée au corps. N'a-t-elle jamais été que cela livrant le
corps au Vide éclairé de la matière de son sujet ébloui-
ssement divination même voilà le noeud qui fait du corps
humain une matière. Il faut bien se le marteler pour qu'
une mémoire même socialement légale vienne tenter une
vraie respiration pas celle qui fait vivre mais celle qui
fait souffrir. D'une jouissance tantôt pornographique
tantôt érotique, sachant par là qu'un corps d'écriture
viendra inonder innover à déchiffrer aussi ce qu'un
avenir possède de lois irrémédiablement cadrées pour
un social qu'un présent irradié tente de raccourcir,
d'intégrer dans le bel espace de la représentation. Dieu
se cache partout où il a fait faux bond même dans sa
couche l'homme!

- Vous rapportez beaucoup le dialogue au milieu d'un
magma inondé comme vous dites par Dieu, qu'en est-
il de ce Dieu faisant l'impasse sur un christianisme
déchiré par la représentation clouée sur la peinture
saignée à en mourir?

T - C'est un fait que bien avant cette incarnation qui a
fait le Nous du Notre d'un Moi opérant une rationalité
tempérée et qui nous est connue aujourd'hui à travers une
production d'effets dévastateurs sur les êtres pensants,
les symptômes de l'objet perdu, c'est bien de cela qu'il
s'agit encore une fois: d'avoir découvert par les travers,
mais dans un mouvement entendu intérieurement et
collectivement, qu'est intervenu ce pensant, cette voix,
cet au-delà irreprésentable puisqu'Elle, Celle Eve, Autre
et Objet...

A côté du divan de la cure analytique et/ou une
transsubstantiation de Dieu dans l'Art.

- Pardonnez-moi de vous interrompre mais cet objet perdu
serait celui d'un pensant identifiable dans le cours des
siècles, comme étant celui de la voix de Dieu avant de
devenir au XXe siècle la voix de l'inconscient avec la
psychanalyse, combien même ce déplacement aura opéré
un retour plus particulier sur la subjectivité dans les arts
de la fin du XXe siècle?

T - Oui c'est en quelque sorte une révolution que la
pensée peut, mais elle reste idéologique dans une polylogie
des voix, des "chants" qui s'ouvrent au pensant, un pensant
collectivement pris dans un registre plus dense où le rêve
prend le relais l'imaginaire étant la partie visible de ce coma.
Le dialogue est avant tout une conversation avec un au-
delà une instance irréelle qui tient lieu d'accompagnement
d'accouchement: même le Christ serait venu avant d'être né
de la chair. La pensée peut encore produire des effets qui
sont de l'ordre du "marqueur", structure qui tient devant
le symbolique plus crédible dans nos moeurs sociaux, peut-
être sommes nous habités par trop de calculs influencés par
le nombre toujours croissant de l'humanité. J'en reviens au
hasard qui est une croisée d'espaces la trace qui ne fait pas
encore sens, donc il faut le souligner afin d'en tirer tout
l'enseignement dans ce qu'il a de vraisemblance. Ce qui le
fait être hasard, c'est l'instant d'imprévisibilité surprenant
toute action pensée ou lieu tel que le rêve le traverse dans le
temps de celui qui rencontre qui fait acte de baigner dans
l'impossible image fermée. Le hasard est surprenant par sa
présence, sa temporalité même qui le fait craindre d'une
partie de nous-même. Il impressionne par la négativité qui
l'anime puisqu'aucune rationalité n'a de prise sur son lieu
en creux, trou noir où tout objet va sombrer du désir au
meurtre. Sans substance ce vide prend l'allure du hasard
quand la pensée fait irruption dans le choc de deux corps
dans l'illusion d'un nouveau sens, d'une remise à plat du
temps: c'est la cause du questionnement. C'est de cet
hétérogène que va sortir ce qu'un hasard jamais n'abolira:
le nombre. A propos du questionnement qu'un pensant aurait
de donner au pouvoir exercé sur l'intérieur sur ce qu'un
corps peut de penser sa chair en retour, du hasard de prendre
peur devant cet état de fait qu'un corps pense avant d'être et
non l'inverse; le hasard prend place, s'incruste là au milieu
de cette vérité du sujet qui pense croyant, j'ai bien dit
croyant, nous y voila retour du croyant sur les lieux du dit:
le dire = hasard = croyance. Dieu est l'ancrage du sujet
prenant naissance de son pensant entrain de se faire dire.
Dieu est en présence perpétuelle puisqu'impossible à tuer
sans tuer l'homme par la même occasion, déstructuration
des sujets retours sur le sémiotique, seul repère d'une distance
liée à la forme, eh oui! L'humanité a pris forme par la figure
de son Dieu Un. L'imaginaire fait le reste replié sur le
noeud que l'inconscient dévoile dans le même temps, et non
quand Sigmund Freud l'avalise au début du XXe siècle.
comme Dieu est présent, dans le doute de la psychanalyse,
il est aussi l'étrangeté de ce corps livré à la segmentation
à cause de sa chair, à l'obsessionnel objet convoité désir
nourriture anthropophagie, mais amour d'un lieu impossible
à fixer: Dieu n'a pas de lieu, le Paradis ciel/terre compromet
la vision théologique au profit d'une lecture poétique, d'une
illumination comme je le dis souvent. par contre Dieu est
pris dans son infinité désirante qu'un être pensant aurait pu
en faire jouissance mais manquant son histoire, le Un n'y
suffisant plus, les corps ne s'y tenant plus voir en peinture
avec un Pablo Picasso et ses Demoiselles d'Avignon, les
charniers reprennent de l'intensité il faut multiplier les
démembrements les terreurs deviennent mondiales, les
mots restent sourds pendant trop longtemps; la création
musicale n'a jamais été aussi envahissante aussi la marque,
le symptôme d'une humanité qui perd son pensant à trop
entendre: c'est l'invention du temps qui se termine en trop.
Dieu n'en a pas fini avec cette espèce pensante, parce qu'elle
n'a rien à faire que se porter au plus haut point d'ancrage qui
la fait être, de pousser son corps à être deux pour le faire
penser. L'autre pluriel peut entendre l'unique dire, qui fait
que Dieu traverse par l'unique ce qui renvoie à la loi, une
parole qui traverse l'un dans l'instant présent. Le dialogue
peut entrer en conversation, l'oral qui est une pluralité et cet
impossible sujet désirant qui n'a pas encore d'identité; Dieu
y est la reconnaissance, et la peinture passe avec justesse,
avec les forceps pour répondre à cette voix qui plus tard
est devenue musique, produisant par électrochoc le présent
sans voix, les sexes en sont restés béants et tout en retenue,
impropres à reproduire. Le nombre ne pouvant faire nombre
qu'à faire parole et loi c'est-à-dire reproduire. Sinon l'Enfer
guette. Si le christianisme devient catholique, c'est en partie
pour fuir ce que le surréalisme a d'inquiétant: l'inconscient.
C'est la poésie qui en retour viendra clouer à jamais son
croyant laissant libre l'ouverture dans laquelle la peinture va
aussi s'engouffrer entre les deux premières guerres mondiales.
En avalant par la même occasion le pôle politique et idéo-
logique dominant : le Marxisme. Ce qui donnera naissance
à l'expressionnisme abstrait pendant la seconde guerre
mondiale. Mettant en avant jusqu'à aujourd'hui la question
du sujet pensant. Pourtant après l'annonce de la mort de Dieu
au XIXe siècle on peut dire que cette question restera au
coeur des problèmes artistiques du XXe siècle. La grande
question qui fait surface aujourd'hui est celle de l'altérité
de la subjectivité privée de Dieu et des idéologies censurées
et perverties à tout jamais. L'éternité la trinité la laïcité vont
relancer un autre débat sur la place de Dieu, sur la figure de
Dieu dans un espace matérialiste dialectique sous le couvert
d'une économie de marché libérale, de la place de tout être
parlant, de sa subjectivité, du corps pensant pris dans la chair.
Si la chair pense, Dieu est nourriture Dieu est chair pour
revenir faire parler les corps la dépense des corps, si l'esprit
ne suffit pas, il est traversé par la chair d'y voir (Di-eu) comme
le matérialisme de la matière du sujet parlant.

T - Le désir est au dialogue ce qui le pousse à être sourd
et qui croît proportionnellement à l'inversion retournement
qu'une privation de liberté laisse supposer; une jouissance
refoulée, un dialogue vrai qui serait le désir qu'une
réponse apporterait comme jouissance d'un corps
transsubstantié, un corps pensant amour d'un dialogue
emprunté au corps soumis au parjure de la mémoire.
Le temps croise Dieu et quelque part la jouissance est
totale, le corps n'a plus sa tête, la liberté fonctionne pour
rien, juste pour un dialogue de sourd. A l'entendre, le sujet
parait isolé, à l'écoute le sujet dialogue. Il ne peut y avoir
dialogue qu'en allant chercher ce corps "pourrissant" là où
il peut dans une décollation, déchirer le voile, le pli d'une
pensée opérant la rationalité, le laïque. Cela passe par le
son, l'entendement même, une musique qu'un corps
assourdi peut supposer soustraire à l'absolue
contamination érotique: la représentation en a pris
un coup, sa mort est annoncée! c'est pas si grave, Dieu
aussi en est mort! Le seul délire possible qu'un discours
veut résoudre, l'énigme d'un corps pensant pense-t-il
encore aujourd'hui? C'est une question qui fait aussi
surface au moment où l'homme croit qu'il pense à cause
du nombre, du calcul envahissant la planète. Pas de
résurrection pour ce corps acéphale.

- Vous faites part d'un pensant qui n'est libre de rien
sinon déjà de mettre son être en réserve, et cela en
passant par la peinture, une certaine peinture semble-t-il;
mais qui n'est pas sans poser un autre problème, celui
d'avancer sur ce site irréel pourrait-on dire, sans
jamais le tenir, sans jamais matérialiser l'indice qui ferait
qu'un pensant fasse corps avec sa chair!

T - C'est certainement difficile d'appréhender au niveau
d'une quelconque architectonique ce qu'un corps
viendrait à produire d'effets pris dans le commun, dans
le dialogue ou la polylogie. Mais il ne faut pas se faire
d'illusions, ce corps n'est pensant qu'à s'y soumettre
malgré sa configuration irrationnelle: ce corps se pose
en terme de figure tabulaire faisant loi donc étant et
pensant, ne faisant qu'un . Un pensant vient à se
socialiser parce qu'il y a du nombre et non du symbolique.
Parce qu'il y a du multiple, l'ordre n'est pas de ce monde,
Dieu y est soumis, de la soumission de la langue. La
parole ferme en Dieu tout ordonnancement. Pour
préciser votre question ou votre évitement du tout social
qui vous sort par les pores de la peau et moins par les
yeux, puisqu'il n'y a rien à l'horizon qui vaille la peine
d'en sortir de ce réel hypermédiatisé; je crois que le tout
fait retour dans ce sensible, le tactile, l'audible pour prendre
appui sur quelque chose d'instable: l'architecture. Celle-ci
n'est pas encore dévoilée à son vrai usage, usurpation d'
une matière morte qui agit sur des sujets dont la temporalité
est liée au refus de penser à cause du temps de la mémoire
qu'un corps obligé va vomir dans une petite mort, celle de
la disparition de certaines cellules au profit d'autres plus
nuisibles à l'état de santé de l'humain. Là est le problème
de l'architecture qui aura bâti avant la naissance pour
après se lier au malin pour dissoudre les corps jusqu'à les
montrer devant la mort pour qu'elle les emportent dans un
enfer perpétuel: toujours ce nombre qui fait loi pour des
corps qui pensent que l'architecture est extérieure? La
pensée est déjà faussée au début du parcours dans la mal-
traitance de l'espace de la subjectivité. la psychanalyse
projette une dépense qu'un sujet amoureux pourrait rejeter
avec l'analyse dans un travail sur l'inconscient qui ferme
tout sujet socialisé, mais qui ouvre au questionnement
du sens commun en rupture avec un pensant qui n'est pas
la pensée. Une rupture de la forme (son architecture)
pour lui substituer une surface de jouissance qu'un format
pictural aura travaillé pour éveiller à la subjectivité un
commun en porte-à-faux avec un sujet clivé. La liberté
d'un pensant est liée à son hymne à la voix qu'un chant
viendrait sublimer allant chercher dans les entrailles ce
qu'un corps produirait de mémoire: mémoire de la loi pour
vivre en pensant. Le dire doit faire de ce pensant sa
matière la matière d'un sujet en proie à être, en proie à
disparaître comme si Dieu n'avait jamais existé. Il faut
reconnaître qu'une société qui efface de sa mémoire
l'inquiétante étrangeté d'un corps divisible, soit prise
dans un tourbillon où l'irrationnel vient tempêter sur le
front de ses sujets, dans la sublimation. Il en va de même
pour un dialogue fermé à la troisième personne trinitaire:
l'Esprit saint qui sera "stigmatisé" en pensant au XXe
siècle.
Votre regard sur Dieu est posé en terme d'approche
par coups de visions, non des flashs comme pour la
photographie qui demande qu'on saisisse des instants
invisibles à l'oeil nu, trop rapides pour être vus, si
ce n'est dans une impression; mais dans le sens que
Dieu n'a pas encore sa place humainement sauf à le
parler?

T- Oui c'est certainement de cela qu'il s'agit, d'un dire
qui viendrait précéder une parole unique en soi, unique
et totale, qui dirait pour qu'un corps pense, pour qu'une
corporéité fasse ouverture dans une communauté une
société transfigurée dans un corps de parole où un sujet
enfin serait l'unique désir l'unique jouissance l'unique
dialogue amoureux pour faire court, et donner un coup
secouer l'idée l'image la croyance son monothéisme;
Dieu n'est plus un mais polylogique. Allons, il faut se
faire à l'idée qu'un corps n'est pas qu'une écriture, c'est
un pensant un peu à la façon de l'animalité qui règne
encore sur l'idolâtrie de l'intellection! Pour faire en un
raccourci intelligible, l'humain a des "mots animés", la
face du dire des "ani-maux": à ne pas prendre l'animal
au mot, l'homme se perd à érotiser sic.

- Le reproche que l'on peut vous faire c'est qu'il ressort
de vos réponses une remise en question permanente qui
fait éclater tout questionnement extérieur au corps
comme si toute question devait en passer par la chair, la
traverser dans le même temps que cette question est la
vraie dimension de l'humain.

T- Il faut en passer par là, par un temps qui n'a de
dimension que parce que la distance qui existe entre le
sujet et sa façon de vivre en société est une question de
marque; remarquez-le bien un questionnement bien sûr,
mais intraduisible en dehors du corps mourant de laisser
la trace qui se répétera, ensuite la trace d'avoir pensé et
jeté les bases de la rationalité moderne le flou existant
autour d'un développement informatif de la pensée;
libère la textualité, lui redonne du volume et une tempo-
ralité qui donne à penser aux sujets. D'où ce décalage
dans la dépense et peut-être aucune réponse dans une
saturation d'un site phrastique encombré et trop éloigné
du corps de la chair, répondant au seul indice qui manque:
le temps trop éloigné pour qu'on le nomme et trop près,
aveuglant pour le supporter Dieu! A y regarder de plus
près, le dialogue n'en devient possible que pris dans cette
saturation des voix plongées dans un système de signes
que le roman a plongé dans l'abîme de l'inconscient. Un
dialogue où la lutte pour penser n'a plus lieu puisqu'une
écoute n'a que peu de chance d'aller prendre son pensant
sur le fait. Qu'il en soit autrement n'a que peu d'intérêt
sinon de rendre les corps à l'imaginaire, ce qui vient après
la mort ce qui fonde la société.

- Nous tournons autour des deux développements qui
ont marqués le siècle précédent du rôle de la psychologie,
l'un ayant à faire avec l'inconscient collectif via les archétypes,
et l'autre les conceptions de la libido; l'un Jung l'autre Freud
"sublimé " par un Lacan pour l'inconscient qui est un langage,
cela n'a-t-il pas une incidence sur votre façon d'approcher de
choisir et de dérouler une lecture au "format" par rapport à une
écriture qui succombe déjà aux charmes de la musique?

T- Cet acte de cognition ne doit pas masquer ce que la théologie
et les religions monothéistes relayées au pouvoir plus politique
que religieux, ont fait de la pensée en général si nous nous
positionnons dans un état politique citoyen via cette laïcité des
services, de servir Dieu? La réponse à votre question passe par
cette musique des mots ces voix polylogiques liées à l'oralité,
mais qui renvoient à l'esprit pensant qui travaille la loi, et
développe la future société dans une voie qui laisse à la culture
artistique un espace d'où nous n'avons pas encore compris le sens
je le dis, le sens physiquement dans la chair. Pour en revenir à la
"lecture", c'est parce qu'un sujet fait l'impasse sur l'origine le
symptôme même d'une langue entrain de se défaire puisqu'elle
glisse immanquablement vers son "double" et "nombre", sa
déliquescence sa violence et l'oeil fixé en un centre toujours pris
dans le mouvement du jeu qu'une jouissance viendrait pérenniser,
et que cette lecture tombe à ne plus faire corps socialement, à
ne plus entendre que l'inconscient et la connaissance des
phénomènes de l'esprit. Comment ne pas pousser plus avant pour
secouer la vue des choses pour rendre compte qu'une connaissance
est à construire à inventer sur les bases de l'abstraction chromatique
en peinture! Comme la parole glisse sur des plaques culturelles et
politiques, elle inonde tout discours d'un lieu de Dieu que la loi
vient découvrir dans les plis du pensant. Nous savons maintenant
que Dieu n'est pas dans un au-delà mais bien dans la subjectivité
dans le sujet parlant, dans la matière du sujet pensant. Il a été
possible de représenter Dieu puisque la peinture est la matière du
sujet parlant, et que cette matière s'est faite chair si: "elle est chair
de la chair ou fait corps avec le peintre si elle est être plus que faire",
et "la peinture est celle qui se fait chair et ne prend pas corps parce
qu'elle ne peut plus le voir"!

T- C'est que la lecture se fait de plus en plus pressante
pour dire qu'il devient urgent d'aller chercher un pensant,
que notre modernité sous estime non par risque culturel,
ou par une idéologie dominante qui clos toute nouvelle
approche pertinente de penser autrement l'écriture, mais
parce qu'il y a une surimpression dans l'infinité des dires,
celle que l'animation des image a eu sur les cerveaux,
invention plus importante que la défection du monothéisme.
Le rôle d'un signifiant nouveau qui n'a pas encore fait son
collage dans la structuration de notre identité (l'histoire de
l'Etre n'y suffisant plus le déchirement humain continue sa
progression plus loin encore que toutes les guerres passées
réunies, c'est une terreur à venir qui commence à faire
symptôme comme je l'ai déjà dit). Mais ce signifiant doit
permettre aussi au désir de s'installer et même d'être représenté
dans des errances, des abominations rendues insoutenables,
au niveau du clivage social que toute individualité va bien
sûr souscrire puisqu'il y a jouissance. Un dialogue est
pourtant possible du point de vue des couches de langues
qui vont injecter (l' inconscient collectif?) le commun et
lui faire dire ce qu'un va- et-vient a de passer d'une écoute à
l'audition; non de l'écoute vers une utopie de la chair - de cette
chair qui fait remonter jusqu'aux charniers, ceux qui alimentent
les fours pour tout enterrement, la chair rendue cendre par le
Nombre comme Malin voilé dans sa modernité-loi - mais de
l' immaculé conception du dire audible parce qu'écouté.
C'en est fini des corps pensants mêmes allongés en état de
dormition comme la pensée pollue aux dires des bien-pensants.
La lecture elle, n'en peut plus d'avaler sans fin des images
données à penser, cousues trop court pour cette aire du social;
c'est pour cette raison que le dire perd toute sa crédibilité.
La théologie a essayé d'enrayer cette dérive cette cause que
parler n'est pas le vrai et que le vrai n'est palpable qu'en
tant qu'une impossible résilience devant cette jouissance qui colle
à la peau. Celle-ci marque le pas, et est la cause de la lutte des
corps, non pour que la pensée soit, mais pour que l'éternité
vienne faire tomber de la loi pour ce qu'il en reste de la
divination. La temporalité est une entité matérialisée pour
faire sauter les verrous, pour que s'ouvre l'infini de la chair
et c'est tout. L'histoire de la Mère nature n'est pas dans la
même temporalité que celle des humain, qu'on se le dise!
Le regard lui est par essence lié à la soumission parce qu'il est
absorbé par l'autre avant même la rencontre. La rencontre
permet le dialogue, et celui-ci tient d'aller chercher dans sa
chute le fond pulsionnel qui donne la parole au corps.
Une réaction en chaîne apparaît alors entraînant l'esprit
dans la matière qu'une pensée désigne arbitrairement. La
philosophie est morte d'avoir développé et mesuré la distance
nécessaire à toute compréhension, à tout commun, puis au
fameux social. Mais le dire (pas la parole) se refusant à
toute ingérence va continuer sa quête. Il tient où le noeud
fait sujet, qu'un pensant refuse; et c'est cela que la
représentation comble pour faire taire les corporéités en
pleine jouissance. La symbolique perd de sa latitude quand
à l'accélération des systèmes pensants, à cause de l'image
comme visitation et sas de dépression, que la théâtralité
alliée aux techno-sciences vont soulever pour dédoubler
tout relationnel, tout dialogue. Et pour clore le Vrai, et
par là Dieu. Attention à y revisiter la croyance, le risque
est qu'un pensant subjective par la chair qui travaille
la langue en cours; fasse se retourner le sens que l'être
pose.
Thierry Texedre, le 15 décembre 2007.