samedi 22 septembre 2007

Matière du pensant ou traduction













"Mola" figure du labyrinthe chez les indiens Kunas
population du Panama.


"penser à la ressemblance, c'est penser à une chose
fausse à priori. Les sens déforment. L'esprit forme.
Il n'y a de certitude que dans ce que l'esprit conçoit"
Georges Braque

Faire passer la structure labyrinthique de l'invisible
au visible a sans doute été une étape importante de
l'avènement de l'homme. Les premières traces de
labyrynthe remontent à plus de 3500 ans. Ne sont-ils
pas une organisation que la vie veut et par quoi elle
se réalise et pas seulement utilisés dans des rites de
fertilité?



Matière du pensant ou traduction


Sur une terre où des possédés aux humeurs
vagabondes vont et viennent imperturbables
attendant on ne sait quel raisonnement
qui leur serait attribué en retour de leurs
croyances ne vont-ils pas se livrer à la chasse
aux dires marquant de ces marques qui font
loi à nouveau comme leurs postures valent
de se mettre en accord avec des déchirures
des incisions dans la matière verbale dans
l'attente d'autres lois qui leur donneraient
raison et attribution calme et liberté de faire
débarrassés qu'ils seraient de la faute de ne
pouvoir manquer de dire leur reproduction entre
deux morts enfin dans l'incessation de ce bruit
sonnant la fin du dire d'être possédé
n'entend plus que de livrer au corps ce qui l'a
promu au rang de pensant sur cette terre où
sont encore quelques raisonnements de voir
à leur insu quelque chose d'insondable
peut-être ou que cela provienne d'une idée
qu'à une autre temporalité on aurait pu se faire
sur l'indistinguable matière là où tout reste
à faire de ce faire qui rappelle que la terre rêve
du rêve de ce qui pense donc vit hors histoire
hé oui encore une fois cela vient à temps cela relève
d'une terreur du plein de ce qu'il est bourré
d'impossibles trous où sortir et entrer pour trouver
l'être percé mais placé et livré à sa parole à son
dire architectoniquement celle-là même qui
peut dire et avancer dans son réel dans son vrai
pour que le corps pensant respire au lieu de quoi
ce corps est enfermé et clos malade de symptômes
d'actes manqués que la terre ne cesse de porter
dans son chemin de croix immuable certitude
que la ressource vient à manquer à un moment
où à un autre contre toute humeur laissée
à son irrecevable raisonnement voilà donc ce
qu'il en est de ce terrain fertile doit-on
le répéter qui n'a jamais cessé d'apparaître à
ne pas pouvoir en finir avec la débauche de cette
langue qui passe d'une rive à l'autre d'une
temporalité à une autre impromptu et encore
d'une autre langue à venir se faisant en en
divinisant une autre en deçà à n'y plus tenir
sa langue et de plier la terre à cause de
la vue-vision tellurienne des communications
telle est la fornication en commun le partage
inaudible du raisonnement en deux
que la vue permet aussi loin que la matière
le peut aussi près que la communion s'étale
ces décryptages traversent la terre pour donner
des signes à l'audition de la signifiance
qui en retour va compromettre le sens de lisibilité
du langage d'un temps stratifié d'une temporalité
où le vrai n'est pas encore la réalité le présent
terre où vont faire abstraction les sujets à cause de
leur socialisation à outrance de n'y plus voir qu'un
voile opaque de la pensée vidée de tout symbolique
à un moment où le terrain est favorable au pensant
mais à l'être pensant qui n'est pas l'être car l'être
se lève du pouvoir du sang le non être étant la
phase asphyxiante le sursaut d'une terre où
entendre n'est pas une histoire de lieu isolé
comme l'a été la terre à un moment le sujet en
est venu à prendre en écharpe la signifiance du
vivant mais surtout physiquement retour de la
matière et travail sur la picturalité pour ainsi
dire comme terrain du pensant pris au plus près
de la physique et au plus court en ce qui concerne
l'oeil via la couleur c'est là que va éclater avant
le réel le vrai dans une vraisemblabilisation
qui permet à la temporalité de faire surface
jusqu'à une représentation à déterminer à écrire
si ce n'est de ne pouvoir architectoniquement le
résoudre au présent de le nommer de le nombrer
de lui faire son volume socialement l'être n'a pas
son dire à cause d'aucun mot sonnant d'aucune
lisibilité textuelle impossible à encadrer
le symbolique est après il a sauté de l'autre côté
du pan où la matière pense les couleurs du sujet
c'est peut-être la dernière fois que la terre peut
une traçabilité de la matière pensante sur le lieu
jamais atteint à une saturation qui donne
aux couleurs la chance d'aller au plus près du site
phrastique de sa tenue au niveau de la loi socialement
à venir subjectivement à exister pour penser l'être
pris dans le sens commun du raisonnement
dirigé mais en investissant en sens inverse le
nombrant sa saturation là est le noeud de la
divination de la matière et de l'animalité pour
produire l'identité et l'hétérogénéité de ce mammifère
vestige terrestre ce qu'il lui faut c'est voir
l'entendement c'est-à -dire le signifiant
l'éclatement du dire va entraîner une implosion du
signifiant à un niveau où l'errance est le soulèvement
de l'unique la seule sortie possible d'un social
emmuré dans sa culture de déconstruction -
reconstruction-structuration d'une matière organique
sans identité puisque prise dans l'objectivation à
ce stade çà n'est plus humainement mais historiquement
que le corps perd sa langue celle-ci devient polylogique
il lui faut entendre celle du commun avant que d'être
mammifère ne fasse mémoire que la corporéité
agite son pensant matière de côté à côté du
langage c'est la seule vérité qu'un sujet va
ouvrir pour travailler la langue mais la langue
à travers l'image picturale la transcendance
passant à côté puisqu'elle est centrale de face donc
à côtoyer la mémoire à remonter jusqu'à la naissance
de l'écriture productrice de temporalité c'est une
reconnaissance du rythme que la subjectivité
n'invalidera pas puisque celle-ci a pour mémoire
le commun le nombre ce vers quoi tend la conscience
c'est une affaire à suivre au plus près du délire double
de la communauté du parlant rien à voir avec
le pensant s'entend le noeud reprend du service
avec l'ouïe matière à dire à en tendre les vibrations
auditives pour en sortir du corps toute expulsion
toute jouissance que la mémoire va stopper
au passage pour tenter une subjectivité le désir
prend forme et la forme fait bander l'atomisation
auditive pour ouvrir le corps aux organes
au toucher aux délices de la chair déliée de ses
débordements ardents l'érotique en est à l'origine
le rire
vient subordonner l'intellect
et ouvrir au visage sa corporéité sa conscience
une descente lente et livrée aux caresses
des gestes de l'autre sur soi
sur les différentes zones érectiles
surfaces où affleurent les sensations et le sang
par toutes les extrémités du corps du toucher
sur quoi les attouchements vont rendre au corps
une disposition à envelopper l'autre à le rendre
possédé et jouisseur
de le pousser à mémoriser à rire
à cause d'une demande d'y retourner
de s'en nourrir peut-être est-ce
une petite mort
faire corps avec la matière qui pense.

vendredi 21 septembre 2007

La macula (soc social) 4











Hurma 2004










La foule V
2005
sculptures de Magdalena Abakanowicz


La macula 4
polyptyque en quatre parties


Sur quel jeu prendre part
sinon dans la durée dans la temporalité
se peut-il que ce soit dans l'audition
sinon de faire marque par manque de réponse
au plus près de son lieu d'impression de ce que
l'écriture ne peut jamais livrer ne
peut jamais improviser sur son seuil son soc
d'appauvrissement de dire le minimum
de quelle lisibilité mais encore le minima
du vivant que le corps peut engendrer
que le corps peut naturel en deçà de
la parole linguale oesophagienne que seul
un sujet peut absorber peut différer pour
supprimer l'indéfinissable approche que tout
délire dérive que toute textualité entonne
quelle est cette espèce de déviation qui vient
se substituer au plus près du deuil
dans une lecture du lieu de l'invention
du divin marque qu'il soit et ne peut être
que dans le désir marquant se soutenant
par là de la lecture pour s'en suivre dans
l'étrange frange du saut qualitatif dans
la marge du corps social où se brûle toute chair
là est la scène de l'enfer-mement moment
du mensonge le corps étant dans un social lié
à ce mal-mensonge-moment temps clos
lié à la perception de trop y voir au centre
mais encore à l'apparition du nom lisibilité
dans le meurtre que le féminin rend
comme objet redonne ouvre au double
se dédouble dans la naissance enfin autre
en marge rit le pensant devant la représentation
la reproduction le fini le clos l'objet doublé
par la matière qui lui tombe dessus horrifié
la vie devient conscience pour pouvoir
inventer le pouvoir faire du sens dans la loi
de cette loi pour avancer et faire mémoire
pour entrer dans l'infini dans cette création
qui passe par la voix le cri la trace le nom
qui finit par tomber dans son lieu le social
puis dans la peinture elle aussi matière
image reproduction le sujet est là aveuglant
pour sortir à rebours du social dans la trame
cherchant un fond remonter à la surface
et dire ce qu'il en est de cette visitation
travail du corps naissance de cette chair
écriture absorber les plages du délire pour
entrer dans la frange de la folie qui tend la
surface du dire jusqu'à son éclatement
que représente la foi émiettement du sujet
écriture-lecture enfin dans le tout-social et
placer l'être comme lieu probable du nombre
et seulement de celui-ci comme véité dieu-
vérité du nombre-être du non être en somme
de son état dans le vide qui absorbe le nombre
à l'infini de l'acéphale humain qui lui est lié
face à cette pensée du site de la subjectivité
toute audition sociale ne peut qu'entraîner
une dépendance de la corporéité qui clive
toute matière pensante elle est pensante
de ne pas le savoir de passer par l'affaire
de la technique de l'être de son objet-image
le social ne peut que livrer le corps comme
délire et charnier dans une infestation
de la loi dans une poussée du pourrissement
de l'espace de tout échange social de tout
transfert par la peur pour donner au pensant
de prendre l'animalité pour ce qu'elle est.


Thierry Texedre, le 22 septembre 2007.


mercredi 19 septembre 2007

La macula (soc social) 3




















Peinture, mai 1994 Pierre Soulage, 165 x 130 cm.

Pierre Soulage est l'un des représentants de sa génération
des plus pertinent sur le travail gigantesque qui est fait
de la lumière (macula) qui viendra opérer une réfraction
sur l'oeil commun de l'observateur (Ad Reinhardt est en
cela celui qui a lancé la démarche, la prise de conscience
que l'objet de la peinture n'était plus suffisant dans la
représentation d'objet; le réel serait alors hors champ de la
peinture, la peinture n'est que sa réfraction) le commun est
singulier parce que pluriel; une mise à nu de l'oeil non
comme aveuglement, mais comme identité, identification
par rapport à la conscience qu'une lumière peut d'atteindre,
de traverser l'observateur devant la toile et qui cherche
l'image (peut-être l'icône, l'âme qui est sa singularité),
rien pourtant n'est plus figuratif à l'excès que d'atteindre
à ce paroxysme l'impression des couleurs que la lumière
dépose au fond de l'oeil,.Des couleurs qui prennent forme
sur la toile traversant la matérialité de la toile à travers
le volume laissé raclé tiré en périphérie pour laisser passer la
lumière pure en [figure/forme/couleur], pour ne donner à voir
que l'essence même de la vie: la lumière non décomposée en
une représentation euclidienne.


La macula 3

polyptyque en quatre parties


Dans un site textuel le
seul désir ne suffisant pas
nous en venons à dire au
plus près du site visuel dans
le format pictural comme vréel
en suspens pour commettre le
déluge pris dans la parole de
l'audition c'est en ces termes que
va prendre part le nouveau sujet
au désir comme sens de l'aire
de tout corps pensant socialisable
le vide tonnant l'humanité n'est
pas sans le circonscrire sans formaliser
le devenir de tout social un social
sur la frange du vivant alors que
le nombre vient soustraire du sujet
quand une société surdétermine sa
reproduction imposant du nombre
au vivant son autre peur plus encore
que la mort qui n'a pas eu raison
du dire enfin seulement la chair si
le nombre ne pensait pas mais qu'en
est-il du corps pensant de la chair
pensante surenchère dans la lutte
pour la loi pour une jouissance pour
un délire pris dans une temporalité
du sujet livré en pâture tant qu'il
y a de la textualité le pensant s'y
perdant s'y soustrayant de ne pas voir
de seulement entendre la macula
revient pour tendre au désordre du
pensant le pensant vient de l'écriture
dans sa scription même où la somme
des questions fait matière émergence
du magma chromatique que la peinture
donne à voir l'intellection passe
par la loi la loi se donne à lire sous la
forme d'une saisie du sujet d'une
remontée du pensant au niveau du corps
comme conscience de l'être comme parlant
là le social fait noeud jouissance comme
tel le délire peut commencer son histoire
le rêve est la liaison entre ce qui précède
et ce qui suit la loi qui est diurne comme il
se doit car le sommeil est une autre histoire
le volume du social sa place est une plongée
dans le corps pensant entre la naissance et
une résurrection comme butée du vivant
et Dieu n'en est pas moins mort à cause
du social il meurt devant la peur des hommes
de vivre dans ce social dans l'être.

La Macula (soc social) 2




















L'Annonciation, iconostase de l'église de Carligi
en Moldavie.
Dans le passé artistique, culturel, et spirituel de
toute l'europe de l'Est orthodoxe, les icônes
ont joué un rôle important en tant qu'objets de
culte(dormition chez les orthodoxes, et assomption
chez les catholiques), désignés du nom
d'iconostase (une porte ouverte vers le monde
divin, la macula). Marie a été élevée au ciel corps
et âme au terme de sa vie terrestre, aujourd'hui elle
est Dieu incarné.


La macula 2
Polyptyque en quatre parties.


Si toute textualité est
appelée à être compressée
l'écoute elle ne peut s'y substituer
dans la mesure ou sa lecture
prend le relais pour la compréhension
d'un sens d'une prise de lecture
qu'en est-il du son pris dans le jeu
de la loi dans le désir de représentation
l'approche de telles sonorités va
rendre le système verbale inaudible
tellement sa raison d'être passe par le sujet
le sujet d'une écoute de l'être son
du son au plus près d'un corps pensant
par l'impossible substitution de la chair
comme volume temporalité immortelle
de l'animal humain pensable à cause
de la peur du corps pensant comme vide
de la subjectivité absente du désir
livré à la seule jouissance que la chair
bombarde particules du paradis pensant
de son insoutenable matière atomique
dont les pulsions rendent un nombre
incalculable de visions d'images
de mémoire à rebours pour entendre
le corps impossible un corps
dénaturé la nature n'est pas
ce qui sort de la textualité
c'est le social en tant que corps
non le pensant mais le volume
la temporalité d'une recherche
du désir ce qui après le monothéisme
tend à faire la macula s'entendant
dans tout état du dire pour
penser l'être entre le sujet et l'autre
pour sonder le fond du jeu des corps
pris dans le sens la représentation
le délire pris dans son double pensant
le social n'étant jamais le vide le
vide étant la tâche au niveau du
paragramme dans lélangue que
toute lecture peut la raison n'étant
que du nombre appuyé et insistant
devant une jouissance découvrant
le sens c'est là que l'intelligible fait
fond pour à la surface remonter du
fond des couleurs de la matière du sujet
de la peinture qu'est la chair qui pense.

mardi 18 septembre 2007

Vassily Kandinsky (1866-1944)















Le salon de musique, à la "Grosse Berliner Bauaustellung" de mars
1931, détruit après l'exposition il est reconstitué en 1975 d'après les
gouaches originales pour la galerie Artcurial.
Le salon de musique est la seconde oeuvre monumentale que
Kandinsky réalisera durant sa période au Bauhaus. Le "Salon" est
un espace, délimité par trois parois en céramique peinte, où les arts
se rencontrent dans l'esprit de l'oeuvre d'art total.
Le MAMCS de Strasbourg le présente du 1e juillet au 31 décembre
2007.
Kandinsky est l'un des fondateurs de l'art abstrait.

La Macula (soc social) 1













Dans le film de Carole Arcega "Macula" de 2004, un corps
photosensible se révèle, puis s'abime à la lumière.
La "Macula" ou petite tâche jaune, est le point de la rétine le
plus sensible à la lumière.
...Carole Arcega est l'une des représentantes majeures du
nouveau "cinéma corporel", elle "prolonge" un cinéma
expérimental et l'art vidéo... Son travail se situe à la frontière
de la photographie, du cinéma, de la peinture; une écriture de
l'entre-image, lieu possible d'imaginaire... Elle fait participer
régulièrement des danseurs, compositeurs ou d'autres cinéastes
au cours de projections performances.

La Macula 1
Polyptyque en quatre parties,
et lecture comme soc social.


D'une plongée dans l'indéfini
pour n'en remonter imprégné
du plus total dénuement mentalement
inconsistant et incontournable
dépression du genre humain
donnant comme lecture une poussée
d'un dire à rebours où le cri
surgit doublure que le corps manifeste
sous forme de gestes d'articulations
que le mouvement montre
que la liquidité se livre où le formel
décomposé et soustrait ne peut tenir
la distance avec la pensée
toujours plus indécent cet autre
mal intemporel qu'est la raison
d'une résonance directe avec le
corps livré à son animalité
compulsion raisonnement impuissant
d'un dire criant où membres et
chair vont tenir bon devant
l'immortalité du pensant qui se
prend la tête entre les jambes pour
imploser dans le délire de sa
socialité indécidable pour ne pas
laisser tomber le corps qui dit plus
au sujet que tout les discours
analytiques et pornographiques réunis
nous en sommes encore à l'âge de
la pensée pensant par manque de corps
à cause toujours de la réunion
du sujet et son autre soutenus
du site religio-psychanalytique
encore noués et dénués à vif
devant la montée du nombre
le pensant se mordant la queue
de tout ramener au signe
allant du plan au volume
du vivant au mort de la mort
à une résurrection sexuée
l'être montre encore une démesure
à cause du nombre faisant tâche
dans la mare immaculée de
l'infini incertitude du monde pensant
le vertige remporte l'adhésion d'une
causalité qui serait l'inquiétude devant
le vide que toute répétition dépose
devant un social devant le délire
incarnation du mal à venir à venir qui pour
le moment ne tient pas de produire de l'image
de ne pas faire du dire dans lalangue
les voix du corps parlant n'en disant
que dans la mesure ou le nombre
fait sens fait représentation fait futur.

lundi 17 septembre 2007

Rite de la subjectivité ou anamorphose

















Grande image de Valérie Jouve,
l'humain et le mur.


Rite de la subjectivité
ou anamorphose.

Passant devant un mur aussi banal
qu'il y paraît l'homme se tourne
vers celui-ci et le contemple comme attiré
rien ne semble ressortir ni même une image
se remettant dans ses pensées il s'arrête pourtant
se sentant comme attiré pressé de voir
se demandant pourquoi son attention
se maintient si grande alors que le mur
n'est fait que de matériaux habituels
sans grand intérêt rien que décrépitude
qui n'ait à justifier que son regard ne s'y posa
rien qui ne pourrait prétendre répondre prendre vie
faire naître une quelconque interrogation
qui aux yeux d'autres gens demeurerait sans intérêt
qu'en est-il de cette fixité du regard envahi
de cette attirance pour un morceau de mur
livrée au moindre silence la parole se révèle
intérieure et renvoyée par le mur
de sa face de sa figure sortie de profondis.

Thierry Texedre, le 17 septembre 2007.

mercredi 12 septembre 2007

Panic




















David Bowie


Panic
D'après David Bowie
en 16 vers antistatiques*

Délier ces langues qui font et défont
la verge copulation du champ raide
didactique d'un lieu ce lieu
vient tacher la plaie impossible à
défaire selon la raison du moins
sans en faire un songe sans se le
dire une fois pour toutes de ce tout
définitif où rien ne vient donner le
récit à la vue qui passe le ton qui
doit s'en remettre au vide au plus
grand déferlement de rires de rides
de défaites au plus près de la vision
capitalisation de cet être raisonné
et délicatement suggestif et défini
promu au rang de mal être afin
d'y renoncer à cette inhumanité
cet état de chant soulève comme
un vol d'oiseau comme une légèreté
irréelle que seul un rêve peut un autre
accord qui met le corps en lévitation.

*état d'apesanteur
Thierry Texedre, le 13 septembre 2007.

samedi 8 septembre 2007

Manifeste et manifestation




















En pleine guerre d'Algérie, la manifestation du 17
octobre 1961 à Paris.
La répression qui a eu lieu a fait de 50 à 200 morts
tous algériens et massacrés en plein Paris.



Manifeste et manifestation

1- L'art est un transfert, un transfuge, une
épiphanie qui peut déduire ce que le dire n'a
pas encore eu la chance de résoudre.

2- Comment réduire ce qui revient à l'art,
sinon en laissant l'art libre de résoudre ses
diktats ses emphases et ses répulsions. s'il
y a jouissance en art, c'est parce que ce qui
revient à la sexualité n'est pas la reproduction
de l'espèce, donc n'a pas encore réagit quand
à savoir ce qui pousse l'humanité à créer, ce qui
va s'apparenter à l'art, plutôt que de résoudre les
problèmes techniques.

3- Pourquoi l'art est-il le lieu où la création se
rend, au même titre que la science cherche à
résoudre les mystères que tout questionnement
préfigure? Pourquoi ce lieu est aussi absent du
présent dans un milieu socialisé (pour la première
fois la question est posée de savoir si le XXIe
siècle n'a pas à démontrer pourquoi le social
s'efface de l'action-manifestation et laisse place
à un terrorisme généralisé qui s'oppose à la crise
identitaire du XXe siècle), et qu'il est lié au
renouvellement des savoirs débordés vidés de
leur substance: le présent, donc de son pensant.
C'est a se demander si de penser n'a pas plus de
droit de loi à la censure que la pornographie ou
la violence!

4- Raisonnement et questionnements sont les
bases de toute activité lié à l'intelligible, mais
cette intellection n'est véridique ou plutôt vraie
que si elle donne lieu à produire du futur, dans
une révélation extrême qui prend en compte la
survie de l'espèce, sa mémoire collective. De
même que la mort et l'au-delà après la mort
ont été des structurations de la pensée en action,
d'une action de la matière qui était entrain de
découvrir le sens. Le sens de toute subjectivité
liée et dépense de cette pensée.

5- Le matérialisme aujourd'hui prône une vue
de la vie collectivement basée sur la dépense,
la jouissance en est encore au stade de l'image
errante, de ce que l'interdit a de fonction créatrice
de sens. Le privé a changé d'ordre, il est visité
par l'autre et se tient de résoudre un mal, un sujet
qui ne pense plus qu'à soutenir le signe d'une telle
malédiction.

6- La peinture et la musique ont en commun de
résoudre ce que les sciences n'ont pas encore
ébauché: le traitement des corps par l'image
productrice de mémoire, productrice d'une
transfiguration de la parole.

7- Ce que la dépense peut, c'est de ne jamais
arrêter de produire du sens, car il n'y a sens
qu'à être vrai, qu'à tomber, chuter, descente
aux portes du symbolique, là où le Vide est
l'énergie comme somme de tout mouvement,
du mouvement pensant, puis du mouvement
producteur d'échange. Cet échange est terroriste
et acte de rébellion, acte manqué, action de grâce
pour penser ultérieurement seulement. Le
raisonnement est alors lié à cette tentation de
redressement du corps qui n'en a pas fini avec
sa fonction de dépense, parce qu'il est le corps
d'un autre, étranger à lui-même, d'où l'étrangeté
du questionnement, d'où ces pulsions qui
inondent le Tout relationnel à coups de Sens.

8- La manifestation d'un sujet n'est pas l'implication
d'une manifestation collective, ou de masse, dans
sa forme politique. l'économie de marché de la
société libérale engage la manifestation subjective
dans les arts, mais c'est aussi ce que la religion
monothéiste chrétienne a enlevé à la peinture, qui
à chaque changement de civilisation doit prendre
en compte l'appel de cette manifestation
subjective; centre névralgique du pensant, sans
laquelle il n'aurait pas eu peut-être une séparation des
sciences et des techniques, les sciences apportant
d'autres vérités que celles des techniques qui ont un
impacte plus rapide sur le milieu social et
environnemental. Donc centre de la subjectivité, mais
encore décentrement après Kepler, pour une vision
qui a un double foyer, mais pas encore l'inconscient.
Ça restera encore longtemps une question de Mal.
Aujourd'hui encore le Mal reste majeur dans la
préhension des figures de parole liées à l'image
qu'un sujet peut noué entre l'être et l'abject, entre
l'espace Intérieur et l'Autre. Il n'y a d'avancée que par
sauts qualitatifs ( qui le sont par un travail d'addiction
du mental à ce qu'il peut d'imaginer son futur, donc de
vivre son présent), qui ne s'opèrent qu'à certains
moments de l'histoire sociale du régime d'effraction
qu'une civilisation peut, pour contrebalancer le
terrorisme de l'anéantissement des anciennes valeurs
devenues jeux pour touristes, simulation d'une histoire
passée ayant avortée de son réel pour tenir l'image
comme elle n'a jamais été sauf à être peinte. La
nature revient toujours sur le devant de la scène quand
du pensant se prend à vendre de la pensée comme une
marchandise, rares sont les cas où une langue écrit
et pense en me temps ce que la peinture peint de
vérité sur son sujet, sur le temps, le présent. Pas
d'imitation sans Mal, pas d'invention sans tension.
D'une nature qui n'a pas le même régime de
productivité que celui des humains, ici, dans celle
de notre modernité matérialiste libérale, où
technologies de pointes et exhortation des objets
de plaisir, et une dépense effrénée dans la
consommation de masse vont tarauder, changer les
masses, pour recréer un milieu biotope où la flore
et la faune se divisent, parce que de la pensée existe.
L'air en est le lien comme la matière est le lien
du milieu matériel. Mais cette histoire là n'est pas la
vraie. Ça n'est que l'image qu'en reçoivent des
civilisations, pas le pensant qui opère en dessous,
et qui fait bouger les stratifications culturelles et
les lois dans ces sociétés.

vendredi 7 septembre 2007

Cathédrale




















cathédrale de Rouen, le portail vu de face
harmonie brune
1892 Claude Monet
107 x 73 cm


Cathédrale

Quoi qu'il soit dit de ce dire en rien
conforme au récit de ce qu'il produit suite
à cet air improvisé et hautement célébré
dans cette hauteur insondable et illuminée
là se tient la célébration du coeur de
cette oeuvre à définir de cette errance oisive
vue qui mène au bas tout près de l'autel
de voir la croix située sous l'oeil inscrit le cri
de nulle part venu d'ailleurs à travers les vitraux
de ce grand hôtel ouverture préfigurée par le
dit inavouable et inviolé et insoumis travers
de celui qu'un corps croit de n'être là ici bas
qu'à obéir sur ce bois cloué rivé sur le sol
traînant par là ce moindre corps lié livré
aux traitements de la consolation vocale
attention du très haut sur celle du plus offert
des pauvres des oeuvres autres et couvertes
de honte couvert de ce lourd fardeau des pleurs
et des implorations risque d'une longue
envolée qui va se soustraire et dédier au
seul à l'unique qui entend qui dit qui voit
sans un sens sans ce qui pense sans le travers
qui s'affirme qui se soumet à n'importe
quel ordre loi passion régime en infraction
ce faire pourquoi se taire tant d'attente
que de ne rien supplier mais plutôt que le dire
aller rendu valide cette infirmation de l'un
quel est ce quoi qui fait résonner les têtes
et qui en appelle au pieu lieu silence
qu'un tel avancement pourrait induire
pourrait supporter dedans dans la maison
ce son cette passion prière piété du lieu saint
dit dans la cathédrale dans cette silencieuse
et pure devant lui il s'en trouve au dehors
autre autrement entier même après la fin du lieu
du risque qui lui est autorisé offert de mourir
hanté par l'inspiration d'une presque pliée
passion alors que l'ivresse dehors s'installe
le coeur dedans bat de résoudre absoudre
devant sa grande immanence et le chant plein
des errances envahies vient résonner avant
que les grandes orgues ne commencent
à jouer le souffle resté ici maintenant vivant.


Thierry Texedre, le 7 septembre 2007.

lundi 3 septembre 2007

Corps d'écriture, dialogue dans l'urgence de l'improvisation 3/3 3
























désir rouge
, Lisa G 92 x 73 cm


Dialogue 3/3 3

S- Je voudrais ajouter quelque chose pour quand
même répondre, non parce qu'il y a du sens au
dire, mais pour donner une ouverture sur quelque
chose qui a à voir avec le plaisir.
T- Vous m'ôtez le mot de la bouche, c'est comme
un aveuglement, une réponse qui est faite à toute
individualité, qu'elle soit ou non du domaine de
ce qu'on appelle la civilisation de l'image ( qui est
à son terme depuis le début du XXe siècle avec
l'arrivée de l'inconscient comme révolution de
"l'intérieur" du corps, là précisément où "l'âme"
s'effondre s'efface au profit d'une extériorisation
d'un ouvert des fonctions vitales humaines).
S- Bien, tentons d'éclaircir le débat.
Il faut configurer un corps, un corps qui est un
corps d'écriture. Dans ce cas, nous nous posons
maintenant comme liés à la psychanalyse (qui
enregistre son fou comme avant l'apparition de la
psychiatrie, le malade mental aujourd'hui n'est
fou qu'à perdre son pensant, d'où la question d'une
remise à plat du pensant, pour faire vite, de la
vitesse d'un De Kooning, mais encore l'état
symbolique en excès que pose un peintre comme
Lisa G indispensable liaison de la folie au rêve),
via l'état de l"être" du corps religieux (l'histoire
de l'âme), et par là identitairement au Tout Social
comme Subjectivation de la société contemporaine.
Le vrai vient enseigner son réel pour lui conformer
une structure: la Temporalité (la peinture n'est
pas morte!). D'où la dépense pour continuer.
C'est là le mystère ou pour être plus dans le temps,
"la parole est la matière". La psychanalyse pose
le problème d'un sujet à qui il manque son réel.
C'est pour cela qu'il faut en passer par l'analyse;
sans laquelle toute construction toute approche du
religieux est ou devient illisible à rebours! Pour
contracter la subjectivité il faut en passer par le
Peint d'une peinture qui n'ait de peinture que son
absence de visibilité au niveau de son désir, du
fonctionnement du désir. Du désir d'y voir du
corps sa chair représentation de la couleur,
impression comme forme en fin de parcours,
comme vision et visitation. En quelques sortes
c'est dans la perte du peint que la peinture
commence à "raisonner", le XXe siècle en a eu
les soubresauts avec l'abstraction, et certains
peintres comme Marc Devade, Louis Cane,
Judit Reigl... Soustraction donc (du figuratif),
puis subjectivation, appel par le désir (le
désir lié au cadre social n'est pas le désir, c'est
un voile opaque qui n'est que la partie visible
de ce qu'on a nommé "l'hébétude" et qui prend
les mots pour du réel, rien à voir avec "leslangue")
de quelque chose qui jusqu'à présent n'est pas
envisageable dans le domaine pictural (ici,
encore une fois nous nous en approchons chez
le peintre Thierry Cauwet). C'est peut-être
dans la musique que depuis plus d'un siècle,
la peinture se tourne pour la nier dans l'écriture
( sauf avec quelques écrivains comme James
Joyce, Antonin Artaud, Philippe Sollers, Pierre
Guyotat). La musique qui enveloppe le plus ce
qui revient à la figure résurrectionnelle. pour
ce qui est de tenir ou pas comme sujet avec
l'image auditive et l'image visuelle, ou plutôt
sans l'image peinte, c'est bien de l'ordre de
l'abjection dont il s'agit. Du rejet pur et simple
par où passe l'unique, sa reprise d'une mise en
forme, sa prise de possession d'une mise en
forme, dans la mouvance du lieu de la peinture
comme centre pensant d'un sujet de l'illisible,
absent du corps interdit de sa chair (on ne
pense pas la chair, on en est le signe), dépositaire
de sa passion! Là la passion relance le corps
pensant pour lui induire la lisibilité le social au
plus antérieur, au plus refoulé à répéter à prendre
le sens pour une langue, c'est "leslangue" qui
commence à produire partout où il y a rupture
entre cultures et sciences exactes, et qui
commence dans la division de tout sujet pensant.
Si l'on enlève au sujet ce qu'il laisse tomber
sur l'identification de l'Un, çà ne peut aller dans
le sens de l'information comme vous le présentez,
et ce à cause du désir. Il ne peut être dans le
repentir si ce n'est dans une approche du
parcours religieux, des textes religieux comme
indice d'une trace du pensant au XXIe siècle,
de son archéologie ici découverte au grand jour,
sous les bons hospices d'une dérive dans
l'hébétude, la vue baisse de ne pas l'enregistrer!
Donc, il va s'en dire que le désir étant persistant
dans l'humanité, malgré la strate religieuse, il
aura quand même parcouru à travers des
révolutions luttes des classes contre le profit
capitaliste qui persiste tellement que le sujet en
a perdu le sens que l'écriture du XXe siècle et
deux grandes guerres mondiales n'ont pas
suffit à régler, se libère-t-il dans "l'asens"?
Les morts ont engendré un autre espace qu'aucune
médiatisation n'a encore reconnue et proclamé,
et encore moins les pouvoirs politiques qui se
sont succédés, çà n'est pas visualisable? Ce qui
va entraîner dans cette course les pulsions la
loi le nom et Dieu. Dieu entre dans le Désir!
A partir de là tout s'enchaîne. L'information à
outrance "circule" mais passe à côté imposant
à son sujet d'être et pour être il se structure clivé.
Le désir provoque l'identification; à vous de
choisir, attention cependant à l'image qu'un désir
possède ne serait-elle que cadrée socialement!
Le temps qui importe à la peinture peut
provenir de la dépense imprimée en un lieu
social déterminé, qui induit une prise de
possession d'une temporalité qui raccourcit le
travail sur le sujet en lui substituant la
représentation et même l'abstraction, celle-ci plus
proche dans la pensée comme système donc en
dehors d'un social hétérogène; afin de résoudre
ce qui provoque le présent, ce qui le mène en même
temps que son dépassement en temps qu'image, et
pourtant encore abstraction d'une temporalité
discursive.
T- Vous posez le questionnement en tant que partie,
liaison au pictural, cordon indiscutable par la langue,
et d'une figure impossible à rendre à son centre, à sa
perspective, mais qui fait l'ouverture sur un présent
probable un présent que penser peut peut-être
dérouler devant nous en peinture? C'est le travail
de penser qui vaut pour quelques instants insaisissables,
pouvoir des corps des lois des nombres voir des noms
de l'Un qui à chaque intervention de notre part fait
tomber les corps dans ses charniers dans une aire
qui n'a que faire de la parole.
S- Si le questionnement revêt un droit c'est celui du
développement dans le pictural. C'est dans un va- et-
vient entre la figure et le système, et la matière qui
parle plus qu'elle ne représente . Toute cette alternative
est traduite par une disposition que le réel atomise
que le réel chasse et qui va dans le sens d'une volonté
de montrer que penser n'est pas impossible sans la
représentation à ses trousses, et encore moins sans
l'abstraction chromatique, mais y contribuât bien sûr.
En cela les deux formes vont s'imbriquer se fondre
s'effacer dans un mouvement incessant, pour donner
corps, du corps de la corporéité et de la subjectivité,
dans une temporalité non divisible, où le sujet
implose de savoir, et n'aura que faire de ce dire
sinon de donner à lire le social comme étant livré
à sa mouvance à sa dérive; mais pas sans l'identité,
sans le discours pris dans un autre, une mouvance
certes mais dans ce cas de la reproduction du
corps pensant.
[Pour terminer cette conversation, nous nous
tournons du côté de l'auditeur qui pour la
circonstance voit poindre quelque chose qui
a l'air d'un sens ou plus exactement d'une fin
en soi, une construction que les cathédrales et
l'abstraction chromatique d'un Barnett Newman
en peinture ont tenté de faire remonter à la
surface de ce nouveau réel.]


Thierry Texedre, le 4 septembre 2007.

hymne à l'apothéose















Dante et Virgile aux enfers,1822 Eugène Delacroix 189 x 241,5 cm

"L'apothéose est l'acte de consécration par lequel on divinise un
humain après sa mort."
"Le rapport entre le mot écrit et la voix est au coeur de l'écriture."

hymne à l'apothéose
(inspiré d'un hymne à la justice)
ensemble diptyque comprenant pour chaque strophe
27 vers rythmiques libres.

1
Qui préside et qui confère
au plus pur peuple
un entier engouement pour la paix
qu'elle soit volontaire ou suaire.
Que nous entendions gronder
au loin les canons
du peuple élu
qui verra naître sa vérité
parmi les frères armés plein de courage
aux encombrements, aux plaintes,
aux machinations; car seule cette volonté
dirigera nos êtres.
Et nos coeurs éparpillés viendront
régler cette protestation
en une immense véracité,
en un territoire uni et promu
à la plus haute tache, immonde
soit-elle, impropre
fût-elle, mais jamais d'amour
pour l'éternelle union des hommes
ne cessera d'apporter au comble
qui se dresse dans les corps saisis,
une fièvre de désir d'aboutir
à la sommité intelligente,
que cette humanité imprègne
à l'aube d'un nouveau siècle,
à l'attrait d'une nouvelle fécondité.


2
Partout s'enfonce l'homme à ses dépends,
malgré sa force imprévisible et rageuse,
partout brûle l'égalité et la civilisation;
pour que se mêle à ces terreurs
le spectre d'une éternité vidée,
insondable même par son obscure
vertige, par sa chute au plus profond
tréfonds; et disparaître alors
dans un dernier élan de relent.
Dans un hymne aux cris déchirants
dans sa robe pourpre encendrée,
interrompant la définition de sa gloire
vénérée, par ceux qui tiennent
le haut de cette précieuse bataille;
les vainqueurs n'étant pas pleurés.
Que ceux pour qui vous rêvez
restent en vos mémoires à jamais,
en prières et en espérances.
Qu'aucune injustice jamais
ne vienne entraver dans le futur
l'humilité du destin
qui entrera encore pour des décennies
dans le pouvoir d'indépendance universelle
qui prévaut dans tous les horizons,
avec un soleil noir.
Partageons ensemble et découvrons
l'innommable règne du pensant.

Thierry Texedre, septembre 1987.


dimanche 2 septembre 2007

prélude et allegro pour violon ou de la modulation du corps au son

















Kreisler Fritz (1875-1962)
Violoniste et compositeur d'origine autrichienne,
a composé entre autre un prélude et allegro pour
violon, dans le style de Pugnani Gaetano (1731-1798).


de la modulation du corps au son

Début déjà haut sur le fil ça frotte fort
et l'air fait de cette figure une lecture rapide
et en rit avant de se défaire de s'ériger de se vider
qui en accord joue au dessus bien plus haut plus vrai
que le son légal pour s'étendre dans l'espace plein
et résonner à l'infini dans l'intérieur autre
du corps en prise possession passion vite ça joue
vibre libre action d'écoute figée plutôt damnée
ce corps livré oreilles ouvertes fermées dehors
pas aux sonorités envolées des membres entiers
la caisse redonne du souffle au corps ivre ici
écoutant entendu étendu émotionné et traversé
de son fond réveillé l'âme s'agite qui mortel martelé
ingère l'audition qui tend aussi de archet et chasse
pour dissoudre le tout tout autour c'est grossi défait
haut bas grave rapide il court et s'insurge et la puissante
sonorité qui revient plus vite plus sèche mais haute
en couleur elle tend elle saute transit traverse
de part en part ce geste de va-et-vient divin
plus serré et d'une envolée insoutenable sans son
dire sans lien avec quelque parole seuls les sons
traversent courent partagent avec le corps un rien
un temps rétréci petite mise en attente sans virer
que du glissement mélodique court quelque chose
se passe qui annonce qui renvoie à l'image que la corde
saute ou glisse c'est trop vite ça dépasse ça part
trop tard le corps est déplié autant le dire manque
absent et c'est tant mieux les autres c'est là la
réserve ce coma qui saute court inonde l'ouïe
déesse que cette litanie qui d'en haut sort et sert
à tourner l'esprit pour ne faire croire qu'à l'être
aller crescendo puis tempéré puis allegro pour
faire encore descendre ce corps dans l'autorité du son
qui seul accompagne une visitation un repli
une répétition de ce qui vient du violon un viol
arquebouté dans le creux de l'épaule pour faire
plier l'audition pour la mettre dans le temps vrai
temps plein temps de la peste intestine et rêve éteint
d'inverser les rôles que ce corps tient maintenant
sa fin n'est que le début de sa cause le son modulé.

Thierry Texedre, le 2 septembre 2007.

mercredi 29 août 2007

dialogue dans l'urgence de l'improvisation 3/3 2




















la tentation,1998 Frédéric Clavère 310 x 260 cm


Dialogue 3/3 2

[Chacun reprend sa place, tout redevient possible,
l'écoute est redevenue possible, les jambes de S
sont croisées l'une sur l'autre pour céder à plus
de patience. T est envahit d'une intense disposition
à marquer le pas, à prendre la parole.]
T- Résoudre un questionnement quel qu'il soit,
quel qu'en soit sa teneur, ne suffit pas à l'échange,
ni l'idéologie ni l'ordre social ne tiennent longtemps
devant l'incidence qui enveloppe l'ordre interprétatif
visuel et sonore. Qu'en est-il de ces deux champs dans
l'ordre du vivant, dans le sens que l'humain lui
confère pour produire du pensant, mais du pensant
en volume?
S- La dérision dans laquelle tout corps s'enfonce,
s'immerge vaut pour ce qu'il tend à résoudre soit
toute question qu'elle veut bien se poser en analyse,
qu'elle se donne à lire dans un volume pensant; donc
ce qui est pensé reste de l'ordre de l'indésirable et de
l'abjection. Résoudre tout questionnement c'est dire
d'emblée son impossible conviction face au néant,
à l'immensité du magma de la pensée pour soutenir
son côté socialisant, sa probable lecture des sites
scripturaux/picturaux/musicaux. Le visuel traverse
le musical, le pictural relance l'écriture et l'écriture
tient la langue entre ses deux mâchoires; à quand
l'ouverture de la bouche pour laisser sortir un seul
cri celui de l'humain impossible à résoudre?
T- Si le rêve tient une place importante dans l'état
de lisibilité de la toile, cela est-il dû à la veille ou à
la densité du sommeil comme matériau palpable
de l'état de veille?
S- L'impossibilité à résoudre quelqu'équation de
la pensée humaine amène à prendre en considération
le rêve; pas ce qu'en ont fait les surréalistes pour
opérer une césure, mais plutôt ce qui va dans la
droite ligne de ce qui induit le pôle qui se construit
pour faire l'imaginaire, donc par voie de conséquence
le rêve... Le rêve vient opérer une redistribution
des opérateurs liés à la représentation en matière
de peinture. Il n'y a de peinture que par un pur
"hasard". On peut aussi dire un "croisement", une
"réserve". Donc, le hasard dépasse l'induction
technique de tout savoir, de toute identité. Si le
hasard n'est pas pris comme vérité, comme
vraisemblable, au titre de quoi il passe par
l'inconscient au travail chez un sujet, ce même
hasard n'est hasard que donné dans un ensemble
plus vaste, un volume, une reconnaissance.
C'est le signe, non identifiable, donc qui prend
part à la réalisation qu'une subjectivité sonde.
La peinture étant repérable au niveau du nombre
ou social, le hasard prend en écharpe l'inconscient
comme matériau de la lisibilité, du langage et de
l'imaginaire qui trempe l'outil dans une matière,
celle du corps symbolisant parce que pensant.
Pour donner chair à la peinture, au format, à la
figure dont on n'a pas encore ouvert son vréel.
A quand la fin de la peinture? Sinon jamais. Car
Dieu vient la tenir, la fixer dans son impossible
représentation et c'est par là que passe la peinture
dans une absence de volume et de profondeur
impropre.
[Continuation de tiques, de mimiques de toutes
sortes, pour pour accompagner les questionnements
et l'écoute d'une approche en marge d'une
résolution des questions; sans jamais faire face à
l'aveuglante réponse qui n'a rien à faire avec la vue.]
T- La peinture peut-elle rester longtemps en
immersion, dans le sens que ce que le peintre peut
rendre ne lui porte pas atteinte; ou plus
exactement n'a rien à voir, ou encore de circuler,
de tourner en rond, quand il peint, de ne pas être?
Dans un autre ordre nous voyons certains historiens
reprendre le sujet comme un acquis, une réalité,
et régler la peinture comme s'il s'agissait d'un
"roman" où toute représentation serait là, dans une
autre temporalité que l'artiste viendrait cadrer et
fermer l'image. N'est-ce pas là le lieu de la plus
grande "terreur" du XXIe siècle que de masquer le
nom du sujet sous une pléthore d'adjectifs de sens
et d'actions contre la subjectivité d'un pensant qui
prend corps maintenant, mais qui n'est pas dans le
courant général d'une culture qui appauvrit et règne
autour ou plus violemment sur celui-ci?
S- L'effet de subjectivation entre en conflit avec
le cadre social qui entérine la représentation en
peinture pour lui substituer des visions partielles
qui fondent un autre sujet ou plus exactement
le prennent pour cible contre de la vue encore et
encore indéfiniment. Surprise par une surdose,
overdose malgré elle, trop plein de sens compulsé,
superposé et aplati, trop dense pour être mesuré
dans une temporalité de l'être et par là-même du
pensant. Sauts qualitatifs puisqu'il en faut pour
rendre à la vue la place qu'elle occupait avant
l'arrivée du dire! En ce qui concerne la peinture ou
plus exactement son format, la forme qu'elle imprime
au dire, nous pouvons résoudre son énigme en posant
une subjectivité à s'y résoudre à s'y inscrire; du dire
on passe aux écritures, des écritures on va traiter la
matière pensante théologiquement, les couleurs elles
seront prises pour ce que l'humain commence à saisir:
que la signifiance n'est pas dans le sens chronologique
des mouvements biologiques de nos corps. Le sujet est
livré à un calcul qui remonte au plus profond de la
corporéité, au stade préverbal plus exactement. Si son
lieu de brisure est de dépendre de quelque chose
d'unique, que cette chose soit déifiée ou liée au vide,
chaos surface peinte dans un saut au niveau de
l'expressionnisme abstrait, à travers l'abstraction
chromatique, et plus particulièrement dans un
questionnement au all over (l'ouvert/fermé) via
l'action painting comme combat sur le socle de la
surface (l'image) matérielle; nous n'avons pas encore
fait surgir sa volumétrie, sa consistance au stade le plus
avancé du mouvement des corps, sinon de le deviner,
de le parcourir par le biais des pulsions, des sons, et
aussi de la parole, pas encore du discours sauf à le
prendre en analyse et de produire de la langue dans
une certaine temporalité. Le sujet à ce moment est
toujours posthume à l'image.
[Quelque chose d'irréel vient fixer les deux regards
pour n'en laisser apparaître que l'infestation du mental
de la pensée, de l'introspection du sujet en cours
d'interjection.]
T- De la parole il en va toujours de trop ou plutôt déjà
de la mesure culturellement parlant, dans le tout
social; donc nous nous posons en ces termes comme
les dépositaires du moment vréel du sujet pensant, du
sujet de la dépense. En quels termes doit-on résoudre ou
former une structure pouvant contracter tout sujet jusqu'
à lui rompre sa configuration psychanalytiquement?
Tiendrait-il s'il n'avait pas l'image multiforme comme
consolidation du stade de socialisation du corps
pensant, de l'être parlant? Et enfin doit-on résoudre ce
que le sujet laisse tomber sur le socle identitaire c'est-à-
dire l'information que toute scription oblige, en deçà des
médias qui sont la surface de toute écriture de tout désir
repenti! n'est-ce pas?
S- Belles configurations dans vos trois questions, dans
votre allongement du site scriptural comme divination,
comme usurpation insupportable de la pensée au profit
d'une socialisation d'un sens qui produit de l'errance, de
la lutte même au niveau du pensant. Il faut laisser le
soin aux lettrés de démêler toute facture inhérente aux
redressements éruptifs de la pensée, comme d'aller vers
un enterrement de la couche introduisant à l'analyse de
l'ouverture de l'image, de la vérité constructive
constitutive de la déification avant que n'intervienne par
sauts irrationnels l'indécidable projection de la peinture
dans son impossible représentation de l'irascible Dieu.
De ce Dieu encore à venir et déjà si vite enterré par on
ne sait quelle possession de la jouissance procréative.
A ne pas confondre avec sa parole contre ce qui
s'apparente aux sciences exactes. Nous en tirerons ce
que bon nous semble, malgré le Sens! Mais il va falloir
un de ces jours autoriser l'apparition de quelqu' image,
aussi insoutenable que cela puisse paraître. En attendant
un peu de symbolique dans l'image ne fait pas de mal!
Et encore collé à son imaginaire, quelques peintres en
font bon usage aujourd'hui comme Lisa G. La peinture
passe par un refus de jouir... Et cela pour quelques
décennies et verra-t-on son cadre retentir jusqu'au plus
lointain paysage urbanisé, là où penser est synonyme de
vision, d'une vision de l'entendement bien sûr!
T- Vous excédez toute participation aux
questionnements, vous évitez, peut-être pour sortir de
la subjectivité?
[Quelque chose d'impossible vient de faire surface dans
l'intérêt des deux acteurs, pour ce qui revient à
l'interpellation, à l'inquiétante étrangeté de
l'hétérogénéité qui n'est pas sans rappeler la matière!]

lundi 27 août 2007

quatuor




















Béla Bartok
Sur son quatrième quatuor à cordes composé en 1928,
et créé en mars 1929 à Budapest:
"... un arc enjambant cinq mouvements unissant les
différents morceaux dans un palindrome géant... Cette
continuité organique donne aux rythmes et aux
couleurs instrumentales une liberté fabuleuse..."


Quatuor [parties 1 à 5]

1
Particularité d'une musique
qui tend à résonner et induit
quelque distraction quelque réserve
de son de savoir quelle en est la raison
celle du pouvoir qui opère une ode
ridicule oraison devant l'étendue
de la matière sonore qui enlève
au rythme ce qu'il a de symétrique
de celle qui se tient cachée derrière
la forme harmonique du lieu écouté
le lieu est écouté écorché éventré
pourquoi telle question du son fondu
du regard impossible tant l'appui sur
le son est glissant descendant entrant
dans l'antre du corps désenchanté
pour tétaniser et offrir un choc au pied
duquel le corps sourd finit par se taire
allons y à peu de frais à trop y croire
attendu qu'à cette vitesse l'écoute s'use
l'écoute répète un peu trop qu'elle vibre
vite et haute violente et écrasante.


2
Double séance deux trois troisième
écoute encore ici là haut bas rien
encore il faut s'y coller s'y enregistrer
coller l'oreille écouter deux à trois fois
encore non moins peut-être quatre fois et
pour de bon le saisir tient il est là non
là bas haut bas droite gauche dessous
en haut il se déplace passe par dessus
et revient à la place qu'il avait avant.


3
Ce n'est plus de cette écoute qu'il y a
un peu de peur d'en avoir la mémoire
usée lentement celle-ci se défait et
tire à elle ce qui lui reste d'étirement
en voilà une horreur erreur pour peu que
la peur s'en trouve libérée livrée au son
qui s'enfuit qui prend le large qui pose
une note au pied du seul arc plié
celui qui donne à résonner à frapper à
allonger jusqu'à sombrer dans l'harmonie
qui est la pause silence attente verticale
sur une envolée mélodique trop diffuse
rien et puis tout en silence petite écoute
lien avec l'horizontale qui prend part au
silence qui danse lentement qui vénère.


4
Piquer sur le vif la corde raide
est vibrée sifflante sonorité coupée
passant d'un son brut à celui plus aigu
et enlevé sauts entrecoupés de martellements
de pincements de jaillissements de pointes
dansées avant que la danse ne soit visible
caressant les cordes piquées et hérissées
d'une raideur et le son est entrecoupé et allongé.


5
Écrasante violente et vite jouée
vibrant au dessus des corps éteints
usés de devoir vibrer aussi autant
croyant à ce qu'ils sentent de la mémoire
qui se tait et jamais le rythme s'envole
pieds arrachés et pouvoir liés le corps descend
chant pourquoi il se tait il en tire il en est là
sur quel désenchantement va-t-il vivre
fondu par quel temps tant dédié
éventré par l'attention du jeu rendu
écouté par quelque faute d'accords avant
derrière là devant après quand c'est mieux
symétrique l'arc va continuer à tendre
enlevé et sautant tout en avant devant
ode retour à un rythme plus lourd sourd
raisonnant par là au plus court le son
réserve des couleurs induites distordant la
musique que l'ensemble joue et introduit.


Thierry Texedre, le 27 août 2007.

jeudi 23 août 2007

dialogue dans l'urgence de l'improvisation 3/3 1

















nativité, 2004 Louis Cane, 75 x 101 cm



Femme ou Peinture? Peut-être l'Amonde qui tourne
encore autour d'un lieu qui n'en est plus à un Enfer
près! Et pour cause Dieu trempe dans cette affaire.

Dialogue 3/3 1

[La reprise du dialogue semble poser la question
de la femme qui est superposée à la peinture.
Ou plus exactement la figure Christique n'est-elle
pas entrain de glisser sous celle de la femme, à
moins que Vénus ne vienne trouer la femme, la
prendre pour la figure de Dieu, la peinture s'en
souvient à travers les nombreuses représentations
contemporaines qui font de cette figure idéelle
un espace libre pour une autre peinture figurable.]
T- Si la peinture a un rôle social à jouer, n'est-il
pas celui qu'une grande révolution doit produire,
doit annoncer, en prouvant au sujet sa terreur du
dire, d'un dire qui n'a pas d'exclusivité à appartenir
à une langue, à l'apprentissage que celle-ci demande?
S- Effectivement la langue d'une telle peinture est
celle qu'un sujet contemporain peut dans l'ivresse de
de sa vision impropre à supporter son image, l'unique
événement qui peut opérer un calcul, un nombre, une
spatialité, une éructation inaudible mais début d'une
mémoire donc d'un début de socialité, parce qu'une
parole naît de ce nombre qui fait signe dans cette
modernité; à trop chanter le changement de la
consommation de masse! Ça prend du pensant à
faire de la pensée une ouverture, le futur d'une espèce
d'humscription, sentir le sens, pas le bon, pas l'irruption,
le Mal s'en charge! Et l'espèce est obtuse, la lenteur
n'est pas le mot pour dire l'espèce, mais plutôt
l'allongement que son refoulement produit "ce qui
se passe biologiquement", donc du pensant qui
fait une spatialité qui a on ne peut plus d'importance
dans l'immédiateté du son!
Le sujet produisant un saut qualitatif (on ne peut penser
en voyant seulement), en voyant (de l'ordre de la vision,
voir Dieu ou sa parole en somme si c'est de l'Amonde
qu'on tient le lien le milieu son fou la Figure Christique
transmuée dans la Vierge Marie qui tourne à 360°du
retour à Dieu, là se cache son sujet passage obligé
écho vague lumière son lecture multiple comme si
d'une instabilité naissait son nombre corps chair dépliée
repliée mise en picturalité effacée dans la scription)
sa picturalité se faire, mais encore pourra-t-il la lire
collectivement (l'individu n'a pas seul un pouvoir de
lecture, c'est une partition qui se joue à plusieurs) puis
faire socialement ce qu'on nommera une prise de
conscience (la loi), le sens possible d'une techné
toujours déjà distante de son objet, en retrait, à côté,
ou plus probablement qui produit en retour la Vue vraie
où se tient l'hébétude de l'espace objectal à côté de
celui biologique séparation du champ pictural d'un
"Nell Mezzo"de 1981, par exemple chez le peintre
Marc Devade. La peinture peint la chair mais encore
de cette chair remonte une couleur qui pense, la
peinture pense son sujet à l'envers de ce qu'on croit!
Il peint dans sa somme athéologique et le sujet
divisé (visible dans La Peinture), c'est pour cela qu'il
y a du peint et du non dit malgré le son (la petite
musique qui monte en vous du dire lecture écoute)
qui toujours laisse un fond un passage possible pour
entendre la loi et l'approche probable d'une signifiance;
de quelque chose qui fait sens du sens de la
polyphonie des voix. Nous touchons là à une implosion
une onde de choc balayant tout sur son passage.
La lange avec et l'écriture qui malmène l'écrivain
détenu et sans le garde fou de la locution. Au risque
de perdre le Nom du père, de se mettre en situation de
refermer la femme comme la page sauf ... à faire de
la partition son oeil son point de décentrement de
reconnaissance du corps d'écriture.
[La pièce est chauffée par les deux hommes qui
respirent dans un air empli d'une substance
évanescente qui réapparaît compacte et se déplace
lentement au dessus de leur tête, les yeux
semblent injectés de sang, la fumée piquante est trop
imposante, il leur faut interrompre la conversation
pour que l'atmosphère redevienne supportable après
qu'ils aient quitté la pièce .]
[Un peu plus tard, la conversation peut reprendre,
comme si rien ne s'était passé. Sauf peut-être S qui
laisse de côté pour le moment la cigarette. Il pose
le porte cigarette sur le coin du cendrier qui est
plein de cendres.]
T- Vous portez par un parcours "tabulaire" pourrait-
on dire, un travail sur le dire au niveau de ce que la
peinture abstraite a dénoncé; soit la figure comme
centre impossible dans la lecture, mais encore un
retour sur la fonction du corps parlant, l'ondulation
que produit toute entité pensante.
S- Remettre à plat ce que le dire déverse dans la
discontinuité du vivant revient à faire vivre la peinture
pour ce qu'elle travaille dans la continuité. La fin
d'un langage c'est aussi la marque de la répétition
au niveau du signifié, quelque soit le signifiant en
cours. Donc pour en revenir à la peinture, la couleur
est la seule matière colorée vivante (le dessin n'est
qu'une déviation, une dérive de la liquidité matière,
sa "rive", en passant par son épandage et son séchage;
la matière du sujet de la peinture), dans le sens que
c'est par la couleur que passe tout parcours de fixation
donc de loi donc de socialisation donc enfin de
forme en bout de souffle! Et peut-être de la Figure!
La difficulté qu'il y a à extraire les corps de la
couleur, c'est comme apprendre une langue avec
tout ce que cela implique de retour sur l'image, donc
sur la répétition; sachant que c'est un matériau, mais
encore que le vide laissé à tout sujet indice de son
vivant de son histoire à "en faire", font qu'il manque
encore un travail parallèle sur la conscience que la
matière pensante mémorise au niveau du corps qui
n'est pas l'identité socialisation et être, mais pas
encore du pensant. Nous touchons donc à quelque
chose que la peinture peut représenter, peut remettre
dans une spatialité encore au début du XXIe siècle.
A défaut de Figure il en retourne qu'on peint
maintenant la question! Le questionnement de Dieu
et plus à rebours, une histoire de castration symbolique,
et qu'à s'y résigner à cette question on passe à l'acte,
au plus près du résurrectionnel dans le fond dans
l'imaginaire dans la réponse à refaire un "moi", une
"épiphanie" de la subjectivité.
[Silence évident avec pourtant un bruissement
latent, celui que tout corps entretient face à son être
face à l'impossible Face, à l'impossible résolution
que tout dire prend en écharpe; l'insondable et
insoutenable bruit du corps parlant, sans qu'aucune
identification ne soit nécessaire pour tout ce qui
s'entend au milieu dans l'air allumé maintenant.]

mercredi 22 août 2007

de la peau à la loi




















le mur peau, photo de Nicole Tran Ba Vang


de la peau à la loi

A quel attentisme faut-il s'attendre,
ou à quelle source doit-on se fier
pour sonder l'intouchable légèreté de
l'être? Sinon à l'effleurement, au tactile
subjectile qui étourdit l'intériorité
comme si de faire une telle approche
pouvait permettre une remontée
vers l'insoutenable polémique mille
fois engagée, attendue, ressentie, et
certes une introspection inconsciente;
de savoir ce qu'il en retourne de l'espace
qui s'ouvre à cet intérieur. Mais pas
encore celui de la mémoire qui compte.
Mais bien de cet espace tactile qu'un
sujet peut, de recevoir en surface une
possession. Une tentation délibérée de
se prendre au pli de la peau et de son
odeur, de sa conspiration, de son
attention glissante qui donne à réagir,
à faire de la peau un grain. De cette
posture qui enivre, qui remonte au
rachis, qui provoque et donne le frisson,
à s'y soumettre. De ces états de tension
qui vont faire oublier qu'un parcours
caressant est une ivresse par laquelle
un corps peau peut comprendre, peut
réagir et tenter une fusion avec un
autre corps, soit de son rapprochement,
soit d'une apposition. Là est l'origine
immémoriale que l'humanité a décidé
de soumettre à la règle, à la loi aussi
parce que le toucher n'a de loi que là où
d'un commun sort une identité, un trou
que la mémoire comble par l'érogène.
L'attente n'est pas si longue, tout
s'irise, tout se découvre et prend le
devant de la scène; pour commencer
le temps de la chair, commencer à
s'enfoncer en elle.

Thierry Texedre, août 2007.

dimanche 19 août 2007

interdit
















Appolon et Marsyas, 1637 Josepe de Ribera


Interdit

La jouissance c'est envoyer
chier la langue pour lui lécher
le con à cette putain de déféquée
jusqu'à en jouir de lâcher ce
foutre à rire de ce rien cette absence
de conscience d'aller sur les rives
du corps chanté d'avoir touché
un être de chair le rire violent
n'est-il pas le viol de l'âme
ce que le viol taraude sans cesse
de la chair livrée à toutes les étapes
pour toucher la fente et y pénétrer
y laisser sa semence pour en jouir
dans la répétition nous y voilà au plus près
de cette imperfectible chair sortie du charnier
serait-il parfait qu'Appolon lui-même n'aurait
aucune raison de s'y mesurer sauf à la lire
à sa musique mais voilà que la jouissance
s'en mêle à éviter les corps elle
les tient pour les entendre se tordre
se tirer en tous sens pour tirer un coup
ou se faire tringler comment est-ce
possible de ne pas tomber dans ces odeurs
de possession qui font du satyre l'animal
ou à l'allongement torsion copulation
pour tenir le temps d'une vie à rendre
l'âme à la déplier à la dédier à
l'entre-deux rite où les sens en ont pour
des ébats par la simple improvisation
n'est-elle pas perpétuelle dans l'intégralité
du con ouvert devant sa proie offerte
telle embrochée pour en chauffer
les chairs rouges livrées à l'instinct
et au rythme compulsif du corps palpitant
il y faut une dose d'appropriation
de l'autre pour s'entendre dire la loi
la jouissance cet état d'apesanteur
où pulsions et être sont confondus
à en dire long sur la question
peut-on tenir le position cette
explosion des corps saturés d'informations
dans l'oubli d'être pour se fondre
entre les jambes remonter à
l'incarnation à la transmutation
que l'esprit doit faire afin d'accoucher
de sa jouissance le corps laisse
aller dans tous ses états ses zones
érogènes avec la prise d'une autre
corporéité sa refonte dans le même dans
une matière anonyme où ni le temps
ni l'espace n'ont lieu une liaison où
l'échange pose la question d'une
continuité du rapport de l'acte amoureux
s'il est aussi éphémère soit qu'il tente
à perdurer à persuader animalité oblige
quelle jouissance peut imposer au corps
sa dérive vers la chair cette surface
produite à partir du commencement de
l'état foetal celui où nourriture et
matière utérine sont inséparables devant
ce bien lié à la vie sensible disons
au pensant comme liaison entre corporéité
et jouissance celle qui après un plaisir
détourné celui de l'être va rendre grâce
à la chair de cette grâce qui vous emporte
au seuil de l'infestation celle de l'éjaculé
par la prise de pouvoir immonde de l'objet aimé
lentement le désir monte pour soustraire
cette jouissance à la pesanteur du corps
pour le soulever l'amoindrir en sorte
que la chair seule puisse procurer à
l'être aimé un sursaut délibéré
de se livrer à l'infini de la chair creusée
de cette chair qui si elle ne copulait pas
n'aurait l'apparence que d'une ridicule
instrumentalisation chassée de toutes
parts participant de la nourriture des
entrailles la jouissance recouvre alors
de ses plis l'invention de la corporéité
l'annonce d'un corps livré et lié au pensant
de ce cul en rond sortent quelques pets notoires
pour que l'oreille entende ce qu'aucun
entendant peut comprendre c'est une sorte
de virilité qui se dégage de ces sphincters
d'où l'écartement le grossissement des chairs
des muscles du rectum bien décidé à ne pas
se livrer à découvert à rendre au sol ces
déjections de cacafoutaise mais en état de
sainteté pour un corps livré à son antre
planté point de recul de ce cul face à son autre
toujours déjà prothèse déjà béance d'une
jouissance interdisant l'union en un seul
état de chair sinon de passer par l'infini
pourceau qui fornique une dérive vers
la face ce devant derrière chassant cette
chair dont dépend tout corps nourriture tout
corps absorbant dévoré et suicidé d'y croire
redistribuer ce qui n'a de cesse une corporéité
obscène qui sème une tentation tant attendue
en situation d'instinct ou du sens produisant
une réaction du site de la locution que
la loi va entraîner dans sa rupture avec
l'isolement de la chair pourvu qu'elle compte
avec ce corps mis à nu par son pensant
de cette redistribution va dépendre une
mise en équilibre en instabilité avec non pas
la peur comme il aurait dû se soutenir
mais dans une transfiguration de la chair
transgression interdisant à la vue toute adjonction
toute tentative d'aplatissement de la figure
au passage peinte mais déjà sexuée.

étude au parc


















études,1969 Simon Hantaï 273 x 235 cm


Étude au parc.

Réussite de la lecture d'une brève
surface suite sinuosité dans cette vue
l'air du temps dehors le calme s'est fait
suivant les sillons des chemins creusés
encore pleins de la paisible errance
sens de la fin de journée d'un labeur
pour ces ouvriers descendus dans
la plaine et qui vont longer le fleuve
grossissant à cet endroit entouré
d'arbres imposants sur les berges
laissant sur l'eau planer l'ombre
de leur feuillage sombre et agité
par le vent frôlant et chantant
dans leur cime de leur grandeur

centenaire
au pied desquels marchent
des couples affadis par le temps
du travail avec le moindre rite comme
lien avec l'au-delà les éléments la vie
autre extérieure à leur moindre vécu
ils avancent lentement à pied comme
si la civilisation venait à s'arrêter au
lit du fleuve à l'endroit du parc ou
le chemin part à l'infini sillonnant
dans le même sens que le fleuve
communauté au repos ce jour ou
le ciel au dessus s'éclaircit et faciliter
la sortie des plus empressés qui vont
se poser le contraire pour demain le
mouvement reprendra dans la ville
immense aussi constructions serrées
et basses mêlées de gratte-ciels où
bureaux rivalisent avec d'autres états
les marchés contournent ces tours
pour les rendre plus vivantes
ils serpentent au rythme des saisons
comme jadis les rivières le long
des collines rondes et verdoyantes
toute cette agitation pour faire retour
sur le vide comme départ du coup
de pinceau de la trace qui marque
la naissance d'une écriture devenue
la civilisation dans le plus pur plein.


Thierry Texedre, août 2007.

vendredi 17 août 2007

relaxation ou de haut en bas








les yeux
"En 1959, le docteur Bela Julesz a inventé le premier
"stéréogramme", composé de 2 images sans signification
apparente. Cetapparent fouilli de points devient une
image en relief apparaissant lorsqu'on le regarde en
vision parallèle ou criosée."



Relaxation ou de haut en bas.

Le bloc tête est encore trop rivé
seule une concentration sur
l'extérieur peut-être une voix
p
eut résoudre cette diversion recluse
seule une concentration sur
l'extérieur peut-être une voix
peut résoudre cette diversion recluse
de la tête dans la conscience qu'un
et elle font de ne pas être divisés
l'inconscient n'en a pas pour longtemps
à rendre au corps sa libre inclinaison

de la tête dans la conscience qu'un
et elle font de ne pas être divisés
l'inconscient n'en a pas pour longtemps
à rendre au corps sa libre inclinaison
à se soumettre à la parole la voix
régime registre revisitation de l'esprit
qui se soumet au dire à l'image
qui fait remonter du fond l'autre l'abîme
l'inquiétante étrangeté pour la neutraliser
avec l'asphyxie du conscient sa césure
sa
rupture pour laisser place au bloc corps
descente dans l'intérieur écouter le flux
rendre au dedans ce qu'un dehors évide
évite dévie détourne inverse diffuse défait
diffusion donc image d'une entité qui passe
réflexologie du bloc corps devant la tête
supposée agir sous l'emprise des sens cachés
érotisation intérieure d'un pur paysage
tant qu'il descend dedans et frôle aussi
la
surface du corps prenant des postures
des positions comme il faut quand un signe
en demande de vide intérieur le fait être
ce corps pour qu'être il agisse sur le haut
mental redirection des actes manqués à la
surface sous forme de transmutation des
membres et des viscères pour une inclinaison
à flotter au dessus du corps chair et d'être un
le bloc tête est déjà en arrière loin de lui
d
u corps qui va au rythme de l'eau
marée envahissant tout l'être en état
de supporter l'absence du bloc tête supposé
maintenant disparu et dévoilé opaque et oublié
état d'apesanteur flux du désir qui monte
pour impulser l'énergie que ce corps sent parle
la mémoire reste la seule positivité accessible
mais sans son ombre le langage autour d'elle
la mémoire se livre sans aucune retenue
pas de rejets pas de craintes pas d'humeurs
partout danse l'air léger qui frôle l'ensemble
du corps longeant les moindres volumes
étirés libres et rassurés dans la mise en éveil
le corps vidé du malaise de la douleur de
l'infection de l'idée de mort pour aller jusqu'au
seul enseignement celui de l'éternité ici ouverte
le retrouver dans une purification lové après
la lévitation sans son bloc poids terre
action irréelle quand debout l'être s'en va.


Thierry Texedre, août 2007.




mardi 14 août 2007

dialogue dans l'urgence de l'improvisation 2/3













possibilités de dialogue

Image du film d'animation en trois épisodes écrit et
réalisé par Jan Svankmajer en 1982. "...Celui-ci trace
un portrait poignant des relations humaines, mise
en scène de deux hommes qui s'affrontent en sortant
divers objets de leur bouche..."


Dialogue 2/3


[S s'est rassit à sa place croisant maintenant
les jambes comme pour se stabiliser, se
contenir. Il tire de grandes bouffées sur sa
cigarette bien vissée dans son porte cigarette.
T est lui aussi revenu s'installer dans son
grand fauteuil, mais reste moins détendu.
Il a comme un toc, car de ses deux mains
rivées fermement sur les accoudoirs, il
semble s'y appuyer pour relever son buste par
petites saccades, tel un pantin désarticulé
peut le faire, mais T gratte aussi le bois sous
ses doigts. Et cela en toute discrétion,
imperceptible vision qui se répète tout au
plus deux ou trois fois, puis relâche ses doigts
et recommence après une brève interruption.
Les deux protagonistes reprennent la
conversation.]
T- Pourquoi la peinture fait-elle surgir un
nouveau sujet dans un Tout social bombardé
par le site musical?
S- Pour enfreindre la loi, celle qui tient socialement
parlant, et incorrecte, pour enfanter musicalement
l'image de l'imaginaire, celle de la figure peinte,
unique matérialité possible et architectonique
des corps qui sont socialement livrés à la langue,
qui pour parler, doit en découdre avec l'image,
avec l'espace que le seul site musical peut
légiférer. Et faire que la conscience relève de
l'écoute... La constitution d'images n'a que peu à
voir avec l'espace pictural car à trop produire de
l'image, le pensant écoute et c'est alors le son
qui devient le nouvel ordre de toute la productivité
liée à l'image, mais surtout à la langue qui perd sa
singularité au profit d'une dépose, d'une
décomposition du privé. Tout devient publique,
tout devient transparent léger et indésirable; pas
de loi pas d'impossible (l'impossibilité d'acquérir,
d'accéder à la raison à la lecture au sens, comme il
convient) pas de mort non plus dans la textualité,
à cause de la superposition des sites, des strates de
la mémoire, des cultures pour faire simple. Nous
nous posons alors dans un autre ordre qui serait
concomitant, voir parallèle à la textualité du régime
politique en vigueur 5quelque soit celui-ci
d'ailleurs).
[T arrête de gratter le bois des accoudoirs de son
fauteuil, il est plus concentré sur l'affaire en cours,
il en oublie même parfois de reprendre son souffle,
ça semble le mettre en position de relancer la
conversation.]
...
[Fixation des regards en face d'une telle lecture?
- s'agit-il du parlé, ou de la lecture ? Où en est le
texte à ce niveau d'interprétation? Se peut-il qu'il se
confonde avec de l'oral, la voix peut-elle masquer
le texte en en rajoutant?]
T- Je voudrais en venir à cette architectonique du
format, s'il y a format. Et quel est le rôle de la
technique dans le tableau. La technique aussi voit
son déplacement révolutionner le format. Se peut-il
qu'elle soit liée à la déclinaison du corps pris dans
la parole en cours, en état d'hébétude, en train de se
faire dans l'aveuglement dû au format de la toile et
surtout de la figure qui est donnée à voir? Sûrement
dans un déroulement, un soulèvement, son
dévoilement?
S- La techné n'est pas la forme, et l'information d'un
tableau quelle que soit son avancée culturelle, si le
tableau reste comme tel une immunité pour un futur.
En ces termes, nous avançons sur quelque chose de
diurne qui a à faire avec le signe, la signifiance et
pour cette probabilité, nous pouvons résoudre le
problème de la peinture a être dans la couleur, de
passer d'un état pur à un état abîmé (l'abîme euclidien)
pour ne pas dire du blanc au noir. La technique est
une liaison, une terminaison d'états dormants, postures
liées au code social et représentées dans la décharge
pulsionnelle que le sujet peintre produit distingué de
son inconscient qui lui fait le format virtuel. La forme
humaine permet l'état de densité de la liaison de
l'intérieur vers l'extérieur, son architectonique. Sa
"cathédrale", grands travaux de la peinture qui doit
parler (énigme du faire), plus que son faire-voir l'y
consent! Le mystère de l'état de tension dans laquelle
se trouve l'image peinte laisse entrevoir une certaine
disposition du corps pensant à fabriquer un imaginaire
un pensant pour peu que celui-ci soit un nombrant,
mais le nombre est une autre histoire, un autre abord
qui est de l'ordre de l'être. Que seul l'être pensant voit
dans l'abîme qu'il prépare, à cause de l'immonde. Du
délire articulé qui est d'inventer techniquement à
cause de ses organes, et non de son pensant, son
penchant indifférent à l'union puis à l'unique puis
encore à Dieu. Théologiquement parlant. C'est là la
confusion: croire que la sexualité est pensante! Pour
en venir à la durée du tableau dans le temps, sa
répétition, l'existence même de sa répétition vient du
fait que c'est à cause du nombre mais aussi des
cultes, des incantations à l'image que la forme a
fait format, puis picturalité, vision-érotisation à travers
la couleur-sang-coullée-verticalité-écoute. C'est là
l'invention vraie de la couleur qui prend comme
forme le mouvement des corps, mais surtout du corps
pour le penser et pouvoir le nommer socialement.
T- Nous constatons une absence de la couleur dans la
résolution du tableau, pourquoi un tel état de fait de ne
pas dire la couleur, une évidence aveuglante de
l'impossible temporalité de la couleur, sans son pli!
Ne serait-elle pas vidée de la loi et par là-même de
Dieu?
S- La couleur a refait surface depuis un siècle dans
un même temps avec la disparition de Dieu (et
l'introduction d'un Sujet avec la psychanalyse). Ou
plus exactement de sa lumière, de sa lisibilité, fin d'une
technique! La couleur est une question d'esprit. Si Dieu
est la couleur, comment le monothéisme pourrait-il
exister sans la lumière prise dans l'identité subjective
de l'homme, usage de l'art pariétal entre autre. C'est
l'éclairage des êtres qui fait le pensant et non Dieu.
Dieu est une partie de la peinture, la couleur, la
jouissance, le seul registre perturbateur, créateur.
De la combinaison des deux (lumière et couleur), Dieu
apparaît déjà dans la représentation des êtres, Dieu voit
son image (la peinture) se dresser (la subjectivité) pour
nommer dans la négativité (la mort de Dieu) son
hétérogénéité (états pulsionnels des corps et la peur
du mouvement qui est transsubstantiation dés la
sortie en cri) dissout dans le dire (discours de la chair)
sa cessation (la mort humaine) pour faire résurrection
dans l'imaginaire (socialisation avec la peinture comme
sens). Le recours à Dieu dans la peinture n'est pas sa
représentation mais la structuration d'une subjectivité
par la chair, par Dieu fait homme à son image que la
peinture ouvrira et fermera pour qu'un Sujet ouvre
à nouveau une autre vision, un autre regard sur
l'impossible spiritualité de l'homme. D'un retour sur
ce que la théologie n'a pas su projeter: sa matrice, sa
figure. En tout état de cause, nous touchons maintenant
l'immuable vertige du chaos, et que c'est bien
l'impossible figure de Dieu qui fait de nous des parlants!
Sur cet effet lié à Dieu, nous avons eu à redistribuer
autrement sa "chair" pour maintenant tenir le cap si
j'ose dire vis à vis de la croyance, mais encore et surtout
de la jouissance de l'espèce comme cause du dire et
plus généralement de la "parole" en tant que parole de
l'interdit, de la permissivité sociale. La loi a à faire
avec la couleur en ceci que s'il y a couleur, il y a
traversée depuis la profondeur (le blanc) de quelque
chose qui depuis toujours fait trace, marque les esprits,
donc l'intelligible, la pensée: c'est une approche du dire
de Dieu. La loi, ce sont les règles sociales ou
l'architecture, la division de l'espace du tableau, un
espace qui n'est pas nécessairement contigu.
Le chaos dans la toile n'est lisible que parce qu'il y a
espace, et l'espace n'est perceptible à ce stade que parce
qu'il y a recherche de la figure de Dieu!
[Les deux hommes remuent sur leur chaise, un peu à
cause de la chaleur dans la pièce, leurs visages brillent,
la sueur perle le long des tempes, ils s'autorisent une
pause.]
...
[Reprise de la conversation après quelques minutes de
détente, devant une machine à café.]
T- vous imaginez que Dieu n'est Dieu que parce qu'il
est perceptible en tant qu'image inaccessible, impossible
à supporter. C'est en quelque sorte un état de chair mais
déjà lumière, la projection de l'humain n'est donc pas
souhaitable pour entendre Dieu. La parole de Dieu est
l'impossible raisonnement, puisque en dehors des lois
humaines, c'est affaire de jouissance!
S- La peinture ne fait que çà d'effacer Dieu pour ne pas
rendre compte de son incapacité à entendre autre chose
que la voix du sujet. A force de fondre l'image de Dieu
dans la couleur, la mort de Dieu par impossibilité de
résoudre son énigme a envahie la peinture jusqu'à verser
la couleur, la matière en flaques, pour comprendre
autrement la théologie la recherche de l'unique figure
qui enlève au corps l'injustice que penser lui confère.
"D'yeux" est le fait avéré maintenant que çà n'est que çà
la recherche d'autre chose que la vue (peut-être la
pensée), en l'y excédant dans le sol symbolique, matière
toujours déjà défaite et retournement par l'idéologie
que toute masse s'approprie; mais surtout le pôle de
l'unique comme début des signes dans le champ du
pensant, des nombres, et dans une étendue à l'écriture.
Ne pas lâcher le son, le fil conducteur d'une origine qui
devrait faire histoire ou plus exactement volume, donc
exister; plus généralement comme intégrée au rôle du
social pour marquer le pensant qui n'est pas la culture,
mais sa signifiance.
Pour en revenir à dieu, c'est un chantier colossal qu'il
faudra un jour déchiffrer ou plus exactement rendre
visible! Car tout le XXe siècle n'a été que çà: douter de
la parole (de Dieu?), et encore la peinture n'a pas su
résoudre à l'échelle du civilisé (j'entends par là quelque
chose qui a à faire avec le "vréel", où le non n'est pas
sensible, où la négativité n'a pas encore fait de ravages)
ni l'image de Dieu ni ce qui l'a fait apparaître (il s'agit
donc bien de la conscience que penser est un regard
sur quelque chose de mouvant, d'hétérogène), donc il
ne reste qu'à la "musique" une seule chance pour faire
ce qu'aucun autre art (pas même la télécinématique qui
modélise, donc n'est pas de la pensée) n'a provoqué
dans le brassage social pour "contenir" sa jouissance,
afin de faire loi pour qu'il y ait du social. Mais les lois
ne sont pas celles que l'on croit! La matière pense, mais
encore la vie corrige sa trajectoire, c'est possible: il n'y
a pas que la reproduction encore moins la résurrection.
Il y a une autre voie (une voix) entre reproduction et
résurrection (la même image employée à l'encontre de
la Vierge Marie). Cette permanence permet un espace
où tout sujet toute matière peut s'engouffrer pour
donner du volume de la vie de la pensée...
[souffler reprend le dessus sur l'écoute, sur un état posé,
une veille presque hypnotique concertante peut-être;
détente oblige pour relancer le débat.]