lundi 18 juin 2007

l'abime euclidien - SUJET - 9 / 14
















Latine, 215 x 195 cm Iris Levasseur, 2005.



"... Le voyage auquel on est invité est tout autant psychique
que corporel: la présence de motifs interprétables aussi bien
dans leur réalité concrète que dans leur signification
symbolique, scelle l'indissolubilité entre ces deux ordres..."

"... L'artiste qui oublie définitivement l'espace euclidien, ne
se contente cependant pas non plus de la bidimentionnalité
de la toile..."



Sujet - 9

si le pictural est
une question d'espace
c'est aussi une histoire
du sujet parlant
d'où sa division
dans l'aplatissement
dû au format clôture
d'un sujet clivé
divisé dans une temporalité
Cartésienne où la vue
vient tenter sa représentation
au plus près de
la corporéité
sa doublure l'autre
face irreprésentable
du délire
soutenu par le pacte social
la loi la séparation
l'éloignement de toute
tentative d'objectivation
là est la tension
que toute langue fait
subir à la Chose
que le verbe fait être
que le parlant fait chair
la matière picturale
comme subjectivité
qui n'est pas être sans
l'innommable diminution
de la gravitation
dans l'expansion
de l'univers où ses objets
vont en décroissant
où l'espace prend
l'immonde commodité
de faire sur le dire
n'étant pensant que
chassé de son volume
symbolisant
l'errance n'a de sujet
que singulier
la copulation n'a de sujet
que divisé
si Dieu est dans l'au-delà
le sujet est dans l'immanence
c'est dans cet éloignement
que le pensant peut
et dans l'annulation
de son dire que tient
l'écriture en termes
de socialiser
que la pluralité des gènes
donne à résoudre
que le pensant en vient
à ne plus penser
que dans une zone
de turbulence où
traitement du nombre
et espaces hybrides
sont la réalité
d'un monde atomisé

dimanche 17 juin 2007

aveugle - SUJET - 8 / 14


la parabole des aveugles
1568, Pieter Brueghel l'Ancien,
154 x 86 cm


la puissance de l'allucination

"... Alors que les peintres du XVIe siècle analysent les
articulations, la musculature d'un corps, les nuances
d'un mouvement, Bruegel, s'attache à la forme globale,
à la ligne qui brièvement exprime une masse, suggère
du mouvement la force dominante..."



Sujet 8

suite à cette aire
non encore éludée
nous pouvons lire sur
ce promontoire
l'appel de l'un double
qui n'est double que
de l'ignorer dans le
fond de l'innommable
homme femme divisés
par la reproduction
le dire voit pour que le
faire soit présence opérant
un retour sur la division
des corps pris dans la
jouissance promise au
sac du social dont
la transpiration passe
par la peau au niveau
de la vue seul lien
produisant du nombre
dans l'infini de
l'humanité enfin
consciente que la langue
n'en finit pas avec
ses mouvances ses
maux ses terreurs ses
blancs ses vertiges du
grand bazar du vide
ses bribes illisibles
mais indice marque
signe de ce qui sera
peut-être futur antérieur
l'acte de parole
les mots figurés
vont provoquer du dire
du sens ultérieurement
à l'espace de leur
apparition soustraits
qu'ils sont à l'encombrement
compulsif de la représentation
que le site visuel
met en scène
la scène est la seule
liaison entre le futur et
un passé histoire d'en
dire influencé
par ce sujet clivé
divisé en un temps
voué à la castration
qu'est-ce que peut faire
l'écriture sinon parler
au corps pensant
provoquer un chant
qui n'a d'autre intérêt
que de donner à voir
alors que l'homme privé
de la vue va provoquer
cet état de fait
le corps n'a de vue
que picturalement

samedi 16 juin 2007

l'improvisation - SUJET 7 / 14





















Représentation du Dieu Brahmâ créateur de
l'hindouisme.
"La musique indienne est censée avoir une
origine divine. Selon la mythologie indienne,
c'est par la musique que Brahmâ a créé l'Univers."


Sujet 7

improvisation du dire
au plus près du délire
dégradé devant la raison
n'en déplaise à la somme
théologique afin d'insister
sur le pôle de l'irréel
grandissant pour faire
avorter le rôle du fini
dans le lieu de l'irréalité
rite de ce qui indiffère
le faire dans une sombre
tonalité enfouie au plus
profond de nous-même
en une dictée infondée
celle qu'un cul mal ouvert
méprise dans son économie
du geste de la poussée
interne est-ce là la conscience
du corps ou la précipitation
dans un inventaire de
la fonction d'être ici ne
s'agit-il pas déjà d'un
récitatif d'une passion
de ce que jette l'accent
de l'action du verbe fait
chair dont on aura déjà
entonné la vérité
la confusion qui règne
dans une lecture des sons
vient de ce que la langue
parlée aspire à retourner
l'image que la loi codifie
comme roue carrée
mais la réalité n'a
que faire de cet état de fait
et ne produit en rien
de telles ignominies
sinon d'avortements
et de charniers de
superpositions de surfaces
intelligibles de strates
plongée dans la couleur
pour en revenir au vrai
celui de la jouissance
la langue mal intentionnée
dira de sa propre chair
qu'elle ne peut induire
des propos voués à spéculer
sur l'essence intellect de
la parole en acte
alors que la psychanalyse
enfonce le clou
l'aire de la jouissance
s'enfonce à son tour
dans les vertiges de l'enfer

musiques




















Edouard Grieg 1843 - 1907


Edouard Grieg écrivit le concerto en la mineur opus 16 en 1868,
alors qu'il avait 25 ans et se trouvait au Danemark en compagnie
de plusieurs amis. Le concerto fut donné
en première audition à Rome le 3 avril 1870.

les têtes oraculaires - SUJET 6 / 14






Theraphim Hebraeorum
représenté par Athanase Kircher 1652


"... Le phénomène des têtes oraculaires est bien présent dans
l'ancien testament sous le nom de teraphim, figures momifiées
sous la langue desquelles étaient placée une plaque d'or avec
des incantations..."


Sujet 6

où et quelle parole
à ce dire foutre quand
au plus près d'un autre
fatras celui du mal
qui résonne et entonne
son chant dans un rythme
endiablé et enlacé le
corps privé de toucher
d'un corps éclaté se
double de chair coulée
dans la couleur que
le peintre seul peut
rendre compte et sortir
de sa doublure par
l'action-painting l'acte
de dessiner ce que
nommer la matière fait
bouger les corps les secouent
les rends à leur mobilité
celle du pulsionnel
incarné de l'action
Christique renouvelée
le lieu de la parole
est le point celui d'un
arrêt qui redonne à la
langue sa chair ce dont
le sujet vient sommer
le seul espace que le
corps produit et qui laisse
à l'être le pouvoir d'écouter
le dire et par là la loi
comme tentation image
répétition du jeu social
de son volume pris dans
une dérive des générations
de la reproduction
somme toute du pôle
féminin du chant
de l'entrée dans le dire
producteur d'affects
comment atteindre le
fil du dire dans l'écoute
seule alors que le corps
peut sans l'usage de
la parole si celle-ci
tient l'espace comme
sa jouissance dans une
mort programmée
des corps naissants
démembrés dans le dire

la peau, le pli - SUJET 5 / 14














cliché de François Leclair


L'âme n'est pas la peau, l'essence qu'on retire de cette surface
charnelle n'est pas sans rappeler que la mémoire se joue de
toute surface, qu'elle soit culturelle ou physique.
Seul l'instant, l'inné, l'immédiat, l'éphémère peut craindre qu'un corps subisse qu'on lui inculque une âme pour
la lui arracher.


Sujet 5

si le corps peut il sort
de sa textualité pour
dissoudre le dire dans
un pari que seule la
chair donne à trans-
paraître pour sombrer
dans le pli le côté
baroque de la divine
humanité du dire du
sujet divisé pris dans
la grandeur du chantre
entendu par le foutre
comme exutoire ou dé-
rivatif de ce qui lui
colle à la peau de ce
peu de peau qui lui
reste en somme l'er-
reur de toute chose sa
doublure son poil plié
à côté d'un autre pour
donner l'impression
au texte qui sort de
ses pores loin de l'être
au plus près de la
chair du corps entravé
dans une aire de la
forclusion du parlant
enfin rivé à son être
à son traitement à sa
cure à son discours à
sa sommation celle
du sujet lié au corps
du sujet double par
la vue-vulve et aussi
le fonctionnel le sujet
qui n'est pas la somme
ne serait pas corps
inerte mais sujet
tabou là où le geste
sexuel n'est pas encore
érotisable le corps
naissant traite le son
au même titre que la
mort socialise toute
action la pressant
pour neutraliser la
forme humaine in-
existante du point de
vue du corps naissant

musiques / du collage parodique à l'élan passionnel















Alfred Schnittke
le 6 avril 1989 à Moscou


"... Le quatuor à corde No 4 composé en 1989 représente
un aspect plus ramassé et plus sombre du compositeur.
Il laisse une impression de nuit obscure parcourue de
quelques gémissements, une "suite lyrique" sans amour
composé en cinq mouvements. Ce quatuor dure environ
38 minutes. Ces mouvements donnent la prépondérance
à l'obscure pour terminer dans le silence..."

SUJET 4 / 14





tablette d'écolier, Basse Mésopotamie,
fin du IIIe millénaire, argile diam. 7,4
x ép. 25 cm



"... En évoluant du signe-image au signe-son et en devenant
cunéiforme, l'écriture passe de la notation aide-mémoire à
l'enregistrement de documents religieux, de textes littéraires
et poétiques (épopée de Gilgamesh) entre autres..."

écriture cunéiforme

"... Les scribes, Dub-Sar, ont laissés des essais sur leur
formation, qui sont devenus des textes classiques maintes
fois recopiés dans l'école, l'E-Dub-Ba, la "maison des tablettes..."

"... Les anciens habitants de la Mésopotamie avaient une
idée très élevée de leur écriture..."



Sujet 4

la capacité à densifier
la textualité relève d'une
amorce de ce que dire
peut régler résoudre la
problématique picturale
dans une plongée dans
la matière textuelle via
le pictural la couleur
image acoustique comment
se peut-il qu'un corps
d'écriture donne le ton et
le son à travers ses mo-
dulations ses vibrations
audibles dans des règles
sonores comment avancer
dans la scription sinon
suivre le son dans l'écoute
à l'écoute dans son trai-
tement par son système
d'impression auditive
le noeud du dire se peut
dans une substantivation
du corps d'écriture qui se
construit peu à peu dans
son approche du jeu avec
du réel par l'entremise
de l'aléatoire qui sonde
le monde profond de
l'image déjà en deçà
de l'inconscient du rôle
que celui-ci entretient
avec la parole avec son
sujet débordé par l'acte
de mise à mort de son
Dieu de son monothéisme
pour continuer laïque dans
la parole résurrectionnelle
la parole sauve toujours
la mise à l'image quoi
qu'en dise la scène Catho-
lique à cause du repas
Christique là est la den-
sité de toute langue dont
on retire cet alignement
comme cause comme
tentation de tout actant
face à sa charge émo-
tionnelle


vendredi 15 juin 2007

musiques
















Écouter le concerto pour piano et orchestre "Les 22 arcanes du Tarot" de Larry Sitsky compositeur australien né en 1934.

Sujet 3 / 14







Le Christ de Servian, 2006
Véronique Bellot




catharisme
"... De Servian, bourg hérétique cathare, ses habitants apeurés se
réfugièrent à Béziers pour y trouver la fin que l'on sait lors du
massacre de ses quinze mille habitants..."



Sujet 3

lancé dans cette course
à l'identité le texte
s'allonge se donne
les moyens d'une autre
lisibilité de son corps
d'écriture pour ne plus
perdre son dire et lui
rendre des intentions
moins baroques où
danse et vidéo confi-
gurent une alternative
de génération l'all-
ongement rime poétise
et vient grossir le
rang des pages noircies
des sons ininterrompus
jusqu'aux rivages du
sujet plongé dans le
dire dans la transition
humaine pleine de ne
plus dire d'un dire
qui n'aille pas de soi
et qui fait fondre l'i-
mage comme délire
comme si l'imagination
venait soustraire l'être
au parlant via le sujet
jusqu'alors marginalisé
le seul espace qui vaille
donne à la respiration
le rythme des corps gr-
andissant question de
figure ou condensation
du facteur humain au
profit d'une vacation
subjective où sens et
loi trament le moment
de jouissance pour traquer
le site phrastique dans
ce qu'il a encore d'interdit
l'érotique est encore là
où on ne l'attend pas
privé d'image qu'il est
en tant qu'amorce d'une
chair d'écriture d'une
production d'images
pour peu que l'on s'aventure
dans ces travers la vie
est l'allongement textuel

SUJET 2 / 14






triptyque novohispano 2006 plumes, cartes et graffiti Alessandra Russo


Sujet 2


en filigrane en réserve
en action quelque part
se dresse cette densité
non encore élucidée
qui tient lieu d'ordre
d'un ordre que seul
l'inconscient arrive
à gérer à gestualiser
sous forme d'écriture
dans la deuxième
apparition celle qui
efface le corps résurrec-
tionnel ou si l'on
veut la liaison du
dire et de la mort
la mort n'allant pas
de soi celle-ci termine
le récit de toute langue
pour laisser une amorce
apparaître sous la forme
d'un dire autre faisant
figure de tout sujet
anthéologique notons
le désordre dans toute
formulation de cette
capacité à doubler l'a-
gencement la structura-
tion de l'imaginaire
à travers l'irrecevable
et assourdissante ges-
tation d'un corps dé-
plié verticalisé et
soumis à la parole
la dérive des langues
résonne à nouveau
dans un mal nécessaire
qui vient sortir la
graphie de son rôle
d'arbitre le voir passe
alors son temps à
tenter une approche une
redéfinition du pa-
radis un décryptage
contemporain qui passe
par un travail dans
la textualité un travail
dans l'ordre de tout
imaginaire

l'art par soustraction













l'apparition de la Vierge au sourd-muet
Moretto, 1532.





"... Grimper dans la montagne du monte Paitone, en
Lombardie, pour aller voir un tableau fondamental
de la Renaissance italienne, l'apparition de la Vierge
au sourd-muet du Moretto de 1532, caché dans
l'obscurité d'un sanctuaire au parfum intense d'encens,
sanctuaire auquel on accède après une longue marche.
On arrive au tableau à la fois épuisé et tonifié par cette
élévation physique et subjective qui donne à l'oeuvre
l'aura d'une vraie apparition, au coeur des montagnes
qu'on vient de traverser..."
Alessandra Russo


mardi 12 juin 2007

SUJET 1 / 14







La vague 1869 Gustave Courbet, 76 x 151 cm.




Chant en deux parties:
Diptyque opérant un retour sur le Sujet au moment ou
celui-ci n'est plus que l'ombre de lui-même et, interdit,
voir censuré dans le régime politique actuel. Faire remonter
ce Sujet là est le risque, un signe que la liberté des corps qui
pensent n'ont pas fini de renouveler son espace; celui qu'une
subjectivité peut, et ce dans un temps court, juin 2007.

Chant 1 " Sujet " de 1 à 14
Chant 2 "Autre / Sujet " de 1 à 14



Sujet 1

Rien de ce que le dire
peut va au plus près de
la ligne de fond que
vient dissoudre ce que
le faire donne à la vue
en ces termes que valent
les résolutions les pro-
positions du site du dire
pris dans la déperdition
de ce que la vue englobe
selon ces termes nous pou-
vons croire que la seule
vocation humaine est
de résoudre par la pensée-
action des faits en
quelque sorte tangibles
mais rien ne prouve que
ces idéaux tendent à la
haute connaissance de
l'être parlant pressé dans
son dire et du faire dé-
possédé qu'il est de l'ins-
tinct d'espèce de l'ani-
malité humainement
possible l'écriture peint
à travers l'image qu'elle
tire qu'elle "animalise"
afin de faire vibrer de
donner à ce qui revient
à la lecture l'ultime
cicatrisation à la co-
médie ses lettres d'avan-
cement du site scriptural
de la mémoire à rebours
de la connaissance d'une
mouvance d'un flux
somatique nous pouvons
avancer sur un socle
où lois et pulsions sont
dans la dissonance
l'intérêt que lui porte
l'être écoutant donc
jouisseur donc intelligible
donc damné donc pris
dans sa chair dans la
parole comme fond de
tout sens de toute li-
sibilité n'est-ce pas là ce
que l'on nomme le
pré-texte

lundi 11 juin 2007

Première période, textes d'avant 1975 - 5


















qui faisait comme une fleur
2003 Caty Banneville, 100 x 100 cm.



Que sa beauté indolore, et de la senteur perfide qui tombe
sur moi, de sa ferveur à m'obtenir et de son impassible attention
toute incomplète d'entreprendre, et à s'étendre pour se sentir
bien de mon odeur, de son incomparable indécence; je tire
mon inconfortable laideur du sexe endolori. Je peux entretenir
les liens avec sa partie sexuée, sa présence primordiale d'attirer
et de suspendre, sans que cela n'entraîne à l'amour. Tout devant,
certes déplié, incomplet, sans entraves ni la curiosité fade et
intempestive de la vulgarité, face à ce qu'elle entraîne, pour
m'emporter; j'arrive devant sa rondeur qui descend jusque sous
le ventre, au dessus des jambes repliées pour cacher l'ampleur
et la protubérance de ses boudins bien roulés. L'entrée se présente
à mon cri comme au pire de l'étrangeté. Des lèvres carminées
et gonflées, comme meurtries d'une impatiente bouffée, viennent
s'exhiber; entrouvertes. Les membres tirés s'allongent dans la
démesure et l'oubli. Je ne sais si c'est la première raideur contre
elle qui la poussera à s'enfermer, d'aspirer mon tronc, mais tout
de nous deux ne sera plus que pulsation et montée de sang.
Elle est au bord de l'indifférence et de l'abjection, qu'elle soit
pendant l'acte contractée ou détendue.

Les Hébétudes 2006 / 2007 - 7






Cliché: Xinjiang, la Chine
réinventée, 2006 Joan Bardeletti.

Espace trouble en Chine: "Le Xinjiang est aujourd'hui la seule
province chinoise où des opposants politiques sont mis à mort",
Joan Bardeletti.


Les Hébétudes - 7


L'hébétude prend acte qu'un corps peut peindre à partir du réel/
vrai qui n'est pas encore le vécu commun mais sa loi, pour le
dire virtuellement à travers la peinture qui fractionne une
subjectivité avant de la faire être, avant de la socialiser. je n'aurai
de cesse de le répéter qu'il faut travailler la forme impossible à
visionner par quelqu'autre moyen que celui de la peinture, là où
son invention semble questionner l'être à rebours.

* Julia Kristeva: "H explore le moment où le matérialisme peut
se parler. L'épreuve de l'attaque, de la séparation pulsionnelle,
de l'immobilisme ou de la mort, en même temps que leur reprise
dans une polyvalence logique découpée, rythmée. Le sujet se perd
pour s'immerger dans le procès matériel et historique, mais il se
reconstitue, reprend son unité et parle, rythmé, sa dissolution aussi
bien que son retour. Le rythme est l'énonciation de la douleur. Une
douleur ressentie comme telle dès qu'un mot (signifié, signifiant) se
pose; une douleur qui ne s'évide qu'après avoir bombardé tous les
mots en circulation dans, avant, après, le sujet énonçant. Sans cette
douleur d'une schize multipliée, aucune chance de parler le procès
du sujet, de la matière, de l'histoire, comme un procès dialectique,
c'est-à-dire un et hétérogène."

L'ébétude est un risque= entendre.
Si le réel va de soi d'un point de vue ontologique (connaissance
de l'être plutôt que son "sujet"), le risque que prend l'entendement
à convaincre l'analyste va rendre l'hébétude à son sujet comme risque
de prendre l'Un à son défaut: l'hétérogène, la matière du mouvement
( qui n'est pas les corps), la jouissance qu'un corps d'existence a
d'entendre ce qui se joue d'hébétude pour qu'un sujet parlant produise
de reconnaissance, d'étrangeté face à l'Objet (qui serait son point de
non retour, sa fin, l'origine de l'être qui n'est autre que la Chose
entendue comme représentation), de la Chose qui a à voir avec
l'hébétude.
L'hébétude est une clôture, un noeud dont les aboutissements se
séparent en l'absence d'une "figure" (le noeud) d'existence, de ne pas
être désiré (l'inconnaissable), mais faisant figure puisque tout dans
l'hébétude est histoire d'intérieur/extérieur et fait qu'il y a reconnaissance
(le noeud borroméen) d'une énigme qui pose tout questionnement,
toute lisibilité (celle d'une langue dont le mouvement fait perdre le
"sens" mais aussi lui donne comme virtualité de "construire" un
pensant, sa vue que d'aucun ne traduiront sans une relecture de ce qui
fait penser l'être qu'une hébétude isole), questionnement de l'être, du
fini; respiration de la langue, elle se prend à parler, à inventer par le
rythme, l'écriture se prend à son défaut, se prend à érotiser la langue.
L'hébétude n'a pas fini de produire du Réel, vrai vraisemblablement,
en tout cas "vréel".

jeudi 7 juin 2007

l'oiseau vole







la sarcleuse 1961- 63, Georges Braque

"La campagne travaille désormais sans paysans."


l'oiseau vole

par l'amour du vide
par l'effort qu'il consent
jamais l'homme n'aura d'air
devant ce spectacle délectable
apostrophe l'enfant arrêté
dit qu'il est beau l'oiseau
pour montrer la terreur du lieu
au dessus du nid de ces gens
mais l'oiseau vole sur eux
avides de gloire et d'espace
la loi des penseurs acerbes
demeurant immonde par la foi
devant ce visage pâli
en passions éperdues
en rut et en équilibre
de cette aire civilisée
du ciel assombri et meurtri
et que naisse cet évadé
en haut loin des hommes
l'envol du nid perché
après qu'il lui soit donné
l'oiseau vole de son propre chef

Décembre 1989,
Thierry Texedre.

mercredi 6 juin 2007

La nudité


















Hermaphrodite, Longelin Franck


La nudité

devant cette
indécence
elle lui
susurre
d'arrêter
après s'être
dévêtu
découverte
alors
de cette
ombre
masculine
aux formes
alertes
et
rudes
avec
au bas
du ventre
ces sacs
et cette
pendaison
qui
confère
à la
nudité
sa
virilité.

Janvier 1990,
Thierry Texedre.


Musiques














au piano,
Philip Glass
"Il développe une musique basée sur des modules répétitifs."
Écouter son opéra Le voyage créé en 1992.













le grand souffle, Thierry Texedre 1990


L'immonde

animal
humain
pour ta
bouche
ouverte
devant
ce festin
collectif
avale
sans
recul
ta proie
de chair
évertues
-toi
à rendre
au public
ta
fortune
buccale
saisi
par on
ne sait
quelle
boulimie
promet
d'offrir
ces
cris
à la
divine
comédie
arrache
à la vie
ce qu'elle
a de plus
informe
le coeur
vidé
de son
amour
la mort
au
milieu
de cet
infini
prend
les corps
livides
et blancs
destinés
à être
perdus
entassés
et nus
au fond
de ta
gorge
chaude
terre
d'accueil
pour
de futurs
élus
dans
un
hymne
au monde.

Janvier 1990,
Thierry Texedre.


mardi 5 juin 2007

réponses à quelques questions - 9




















sous l'arbre,1987 Philippe Agostini, 200 x 150 cm.


"Le motif ne construit pas l'image. Tout cela se met en place,
s'organise comme une plante qui chercherait la lumière
dans une pièce sombre" Philippe Agostini.

"Pas de composition préalable. La peinture de Philippe
Agostini oscille entre continuité et rupture."




Qu'est-ce qui vous fait choisir aujourd'hui l'écriture plutôt
que la peinture, comme travail plus pertinent?


Thierry Texedre - C'est sans doute l'amour de l'image,
mais surtout de ce qu'elle ne cache pas, c'est à dire
sa chair.
Ce qui apparaît comme divinatoire et qui est en même
temps atemporel, dans le sens de l'éternité de l'image
prise dans la subjectivité qui elle est liée à la mort.
Nous pouvons reculer devant cette synthèse qui veut
que l'image numérique supplante celle plus archaïque
du tableau ou de la surface liée au support, à l'objet
de la reconnaissance.
Il faut un réalisme ou une certaine dose de conviction
pour illuminer ce qui reste de peinture dans ce débat
de début du XXIe siècle. Et ce sera chose faite d'illuminer
la peinture comme Dieu qu'on a voulu pour mort avec
les manipulations génétiques naissantes. Tout cela est
affaire de vue et par vue il faut s'en remettre à la musique,
à l'audition.
Histoire de saut qualitatif qui va devoir être fait par les
peintres pour maintenir l'image comme Dieu; et ça
représente non de croire en un dieu ou d'être iconodule,
mais de travailler l'image de la peinture pour la rendre
à son sujet qui n'a plus de sens en dehors de la dépense.
Dépense et jouissance comme oppositions dont la
censure va ouvrir les vannes pour nier l'image, et faire
croire que Dieu est mort parce qu'il n'existe pas!
Non, c'est encore une fois une histoire de structuration
des êtres parlants, qu'ils soient être c'est l'image qui le
dit dans un temps court du vivant, dans ce qu'il le figure;
et ce dans une société où jamais le hasard n'abolira
les grammes scripturaux qui font et défont la peinture
de ce siècle.
Nous en reparlerons, cette scription est celle que la
peinture veut pour représenter non l'image en tant
que forme, mais pour donner à tout sujet la capacité
d'aller jusqu'à rendre à l'inconscient la possibilité
d'être un langage!

thierry Texedre, juin 2007.

lundi 4 juin 2007

Les Hébétudes 2006 / 2007 - 6















l'hésitation. La compagnie de Vénus - 2000
Marie Sallantin, 116 x 89 cm.

" Les mythes ne sont que la parole ancestrale d'une civilisation"
Giovanni Lista.

" Pourquoi Vénus? Parce que le thème de la femme nue, apparu
vers 1500 dans l'art d'Occident, est historiquement à la fois une
affirmation de la peinture et de la beauté"
Jean-Luc Chalumeau.


Les Hébétudes - 6

C'est un fait avéré que le corps prend naissance dans le " all over "
coupé en deux divisé, et qui laisse passer la lumière que seul un
corps morcelé peut résoudre métaphoriquement, en créant un
double, son image pour le coup, parce qu'un corps ne peut que
cliver son "être".
C'est en cela que Picasso, puis Louis Cane s'y sont collé, livrant par
là bataille dans une déconstruction de [l'image / l'étant / la langue],
doublant en cela toute valeur marchande; ça livre des choses encore;
contre toute attente, ça trouble de reconnaître ce qui se fait dans
l'hébétude, ça ne peut que s'entendre du dire qu'une musique
commence à envahir tout l'espace extérieur à la peinture. Qu'en
est-il de la présence/ absence des corps dans la mémoire? C'est là
que se joue l'ordre la loi ( lire Louis Cane à ce sujet), lutte des
contraires, le dire en redemande de cette absence/présence des
corps mais en mémoire de quoi?
De quoi faire que ce qui pense n'est pas imprégné de foi ou
d'exactitude scientifique ( la recherche est indice de quelque chose
qui tire l'hébétude vers l'horizontalité du social, du commun), mais
bien d'une approche d'un lieu qu'un corps peut penser ( il n'est pas
en reste avec l'image qu'il invente pour faire volume, être par la suite,
de penser parce qu'il n'y a que ça à faire - créer l'image - le cri est
sorti d'y voir cette représentation - par peur - l'hébétude fait peur
aux corps qui y sont tombé; quel inconscient irait nier cela dans des
gestes plus sûrs que de croire, que de délier la langue dans
" leslangues " dans la littérature.
La picturalité va présenter au corps sa béatitude dans un format où est
représenté la loi, mais encore la jouissance à venir des corps, quelque
soit ce qu'un groupe a d'extraire par l'anthropologie l'hébétude d'un
autre groupe dont l'espace pensant permet un nouveau questionnement
un nouveau procès du pensant dans l'actualité contemporaine.
Il y a rupture dans l'hébétude, son évanouissement, son évanescence,
parce qu'une mémoire n'a lieu qu'à ne pas faire exister cette hébétude,
à ne pas la reconnaître, à agir pour ainsi dire sans jamais dire d'un dire
qui n'est pas celui analytique ni commun à l'opposé, mais par le biais
du pictural une peinture qui tient les corps au plus près du format
virtuellement peut-être mais visiblement pour que ce corps fasse
chair d'être parce qu'il est vu sous la forme picturale.
L'hébétude est tout sauf l'indice qui se joue d'elle, pour la retirer du
cadre de la vision, la rendre transparente telle qu'elle ne pourrait plus
jamais inquiéter la subjectivité.
Un peintre comme Marie Sallantin peut rendre compte de ce qu'est
l'hébétude entrain de prendre forme ( la loi l'y oblige ). L'hébétude
est pourtant devant, autre part, à la croisée de ce que l'écriture va
déchirer ou immobiliser dans l'histoire du code narratif.

samedi 2 juin 2007

Holocauste et Fugue, le risque.




















vue en rêve,1910, Egon Schiele (1890-1918), 48 x 32 cm.


"La fugue (de fuga, fuite) est une forme de composition
musicale dont le thème, ou sujet, passant successivement
dans toutes les voix, et dans diverses tonalités, semble sans
cesse fuir." Marcel Dupré


pris dans la foi par le plaisir
Texte en 5 volets dans la digression.


Volet 1

Vois-tu combien j'ai eu
du mal à tenir ma
foi en ce qui reste
imperturbable: l'autre.
Je ne me prononcerai
pas sur ce qu'une
infidélité aurait de
désastreuse pour
la corporéité toute entière.
Disons simplement
que tout sujet de la
langue se meurt de n'y
pouvoir tenir et que
là où se tient le sujet
ça saute tout le temps,
même que la communauté
dira que ce n'est pas de
ce sujet là qu'il est question;
comme si le sujet était
pluriel, comme s'il
pouvait s'oublier
quelque part pour
préserver ce qu'ils
estiment être important;
et quelle immonde
proclamation que celle,
des êtres humains pris
dans le tournoiement
culturel et social déjà
révulsé par la génération
des filles et des fils.


Volet 2

Je dois mettre du
féminin en avant pour
bien marquer la
reproduction de l'espèce
avant celle idéologique
et de l'acquis des
sphincters-glottiques
aux stades de
l'apprentissage d'une
humanité naissante
mais encore tombée ou
tombant dans la
reconnaissance de
ce fait: l'analyse.
ne pas en sortir et
pour l'éternité rester
dans la dépendance
de cette peau neuve
à peine remise
de l'holocauste
charnel-sexuel
par l'entremise des
corps truffés d'organes
déroutants et de
chair inhumaine
tant par l'odeur
insoutenable qu'elle
dégage que par sa
capacité à développer
le sens d'imagination
de nos êtres obscènes.
Ainsi changer un mot
rayer une phrase, remanier
les termes pour produire
une langue vidée de
l'asens, reviendrait à...
Cut up.


Volet 3


Mutiler sur le champ
la seule énergie
qui fasse que l'analyse
aura lieu
et que privé d'analyse
nous serions par là-
même livrés aux
jeux de la misère
d'une vie où
l'intelligence et
les pulsions seront
affectées.
Être amené à faire
un choix dans le vide,
n'est pas du ressort
des plus infectés.
Et je suis de ceux-là.
Qu'en est-il alors
de cette peinture qui
me ronge et ressort
de mes pores sous la
forme d'une apothéose
à la féminité
livrée à son dire;
c'est à dire au
pire de devoir vivre
avec l'unique
humanité émasculée
Mais cette peinture me
creuse et se livre sur
moi à l'étrangeté,
phénomènes expiatoires...
D'un retour en force
du subconscient par
cette sexualité fantasmé
ou de la sublimation.
L'intérêt de cette
peinture n'est pas de
faire apparaître quelque
pornographie pour l'arrêter,
ou la faire voir, mais
de prendre les corps
habillés de leur chair;


Volet 4

et pris dans le mal
de s'y trouver pour
aller du stade
religieux à celui plus
récent et plus pertinent
de l'appel au plaisir
du relationnel et social,
comme soutenant
la modernité la plus
actuelle des sociétés
humaines matérialistes
dialectiques ou pluralistes.
La foi n'a plus la place
qu'elle tenait tant
dans la théologie que
dans un social à son
comble dans l'hétérogène
du chaos vu comme tel
mais toujours déjà
structuré, d'une structure
qui serait un indice
marquant mais aussi
pris dans la numération.
Nous n'en finirons
jamais assez de dire
ce qui révolutionne
tout sujet de la langue
à travers ce qui fait
symptôme en cette
dernière moitié de XXe
siècle: la peinture
livrée au dire, d'un
dire au-delà du visible
dans la lecture au
format et d'un dire
producteur d'un en-
deçà du processus
métaphysique et scientifique
mais encore d'un dire
n'allant pas sans sa
chair: la peinturescripturale.


Volet 5

L'idée qu'une lecture
serait possible ne va
pas sans poser dans
ce sens la traduction
de l'écriture à
travers sa "fugue"
phonétique ou l'écoute
par l'audition.
L'idée encore peu répandue
que de Rien ou du Vide
puisse sortir quelque chose
de lisible ou de stable
ou bien en traduction,
rend l'écriture et la
lecture qui pourrait en
être faite dépendante
de tout fondement
post-scriptural; irait
dans le sens d'une
retombée matérialiste
du soutien ou de la
doublure que reproduit
toute action pertinente,
relative à l'action peinte.
L'écriture est un spasme
qui devrait permettre à
tout écrivain d'en suivre
la prise de vie du point
de toute productivité,
et ce, avant que l'aspect
empirique et marchand
ne s'éprenne de la
syntaxe pour y mieux
rendre un nom, étendre une
plus grande cruauté
intellectuelle: la censure...

Thierry Texedre, juin 2007.







mercredi 30 mai 2007

A propos des Drippings

















Jackson Pollock (1912-1956)

C'est Max Ernst qui inventa ce procédé considéré comme
mettant en avant la subjectivité de celui qui l'utilisera,
mettant l'oeuvre et l'artiste sur une même temporalité,
intrinsèquement avec la découverte de l'inconscient.
Pollock se mettait en mouvement avec son corps penché
au dessus de ses toiles posées à même le sol pour la plupart,
commandant un mélange de peinture, dans un pot percé en
son fond servant d'encensoir, afin que celle-ci s'écoule
en un mince filet de couleur/sang sortant symboliquement
de son corps (entrant dans la peinture comme si celle-ci
était un élément ouvert partout), tournant et dansant tout
autour de la toile.
Le mélange est fait de l'imprévisible maîtrise de l'intérieur, de
"l'incontrôlable et du contrôlable", versé par entrelacs et
superpositions de tracés et éclaboussures, formant un chaos
face à l'observateur - "plus de dix ans avant que la théorie
du chaos elle-même ne soit découverte".

Thierry Texedre, mai 2007.

De la chair à la conscience du mal.




















nu au store, de Ava Brodsky de Gouttes

"... L'esthétique transgresse les règles du genre au
sein d'une androgynie où se mêle une corporéité
entre le dedans et le dehors. Une mise en scène qui
donne à voir une sensualité qui dépasse le regard
du deux, qui parfois se cherche dans l'autre, tout en se
perdant dans l'oubli de l'autre [...] La chair est exaltée..."
Natacha Chetcuti, sociologue, Paris, le 21 oct. 2006.



Lors de lectures multiples et éparses, nous remarquerons
le sens altéré de ce qui en est tiré; ce sont des bribes ces
points, ces bâtonnets, ces liaisons, ces boucles d'élision
de l'écriture, qui donne la mesure de la suite scripturale
qui nous marque par avance dans la trace que la chair nous
connaît: celle en creux et extérieure qu'est la question du
va-et-vient par la chair.

Ce qui suit peut être donné comme faisant partie de la
démonstration en cours où le corps de la peinture immerge
dans la liquidité de sa chair, hors de l'image en chute. Nous
pouvons donc dire ceci, que le mal n'est pas l'inverse mécanique
du bien soit le Mal n'égale pas le Bien selon le cartouche
suivant: Mal [Bien] Sujet. Toute continuation suppose un
renversement des contraires dans l'ordonnancement des
langues. Ce qui donne l'apparition de la figurabilité et de
l'abstractible relatif à la césure, à un moment clef de sortie
dans le sens du sujet en mal de toute tentative/tentation.
C'est la "conscience du mal" absorbée par le sujet parlant
dont Antonin Artaud signale la présence, et qui fait le volume
et donne des "couleurs" à la peinture. L'Être n'est pas divisé
entre le Mal et le Bien. Il est hors de soi et extérieur.
Selon que Un se divise en Deux, après le Bien (la Loi), vient
le Mal comme clôture de la DIVISION de l'Ëtre. Division en
un Sens entre la fonction prédicative et le sujet de l'énonciation.

Thierry Texedre, mai 2007.

dimanche 27 mai 2007

Les Hébétudes 2006 / 2007 - 5








le métro, 2005 Barry Frydlender, dim. de la photo 151 x 208 cm.




Les Hébétudes - 5

Comment par le seul raisonnement pouvons -nous aller de l'avant?
A-t-on besoin de raisonner pour faire? pas seulement, mais à y
regarder de plus près, nous avançons dans un aveuglement total,
celui de l'irrecevable, celui que le noir peut au regard du temps à
passer; à faire l'objet du penser, et ce par le seul fait avéré que la
raison est entièrement tournée vers une mise en forme de la
matière, d'abord de ce qui est cerné puis de ce qui est au carré
dans une lecture au format (en passant par l'objet, vers sa chose:
l'objet en soi n'a d'intérêt que celui de la reconnaissance). Un corps
en son entier y puise la force de ne pas penser. Le raisonnement
tient la conscience comme son objet. Les schèmes de la
conscience ne suffisent pas à prendre l'être à son défaut:
l'inconstance, l'hétérogène. Il y a une objectivité à raisonner,
à tenter une approche de penser le monde pour donner corps à
l'espace socialement raisonné, ou plutôt pris dans le raisonnement
qui tient d'être non par la subjectivité (l'esprit), mais par le social,
voir le collectif, où pour être plus moderne: un "nombrant".
Si l'hébétude accroche l'être dans ce qu'il y a de commun, c'est
en cela que ce socle va permettre au "parler" de franchir ce qu'on
peut appeler dans ce cas de figure un "passant", le passer/penser la
la langue en faisant remonter toute trace d'un passé pris dans la peinture
de Marc Devade, en plus et pour clore ce débat sur l'image, la
figure Christique comme fond de toute la peinture, et le mal
comme couleur, pas de fond sans elles!
Revisiter à ce sujet ce qui revient à la figure "question de la figure"
peintures de Dominique Thiolat de mai 1975 à août 1975 présentées
par Marcelin Pleynet à la galerie Rencontres; ou dans la même
temporalité les toiles de Judith Reigl, en particulier sa série des
"déroulements" (1973-1976), présentées à l'ARC en novembre 1976.
Si le "temps vrai" est égal au "temps légal" c'est en temps que retour
sur la question de la Figure (D. Thiolat), mais pas seulement (cette
question reste sans fin dans la mesure où ce qui lui appartient c'est
le risque de fermer tout pensant quand à sa place, à sa venue, à ce
qu'elle a de vraisemblance devant ce qui sert de sens dans un va-et-
vient de l'une à l'autre corporéité). L'ombre de Barnett Newman
plane au coeur (l'être) de la peinture où pourtant tout corps
représentable (instable) n'est que refoulé par le travail qu'une
subjectivité (le vrai) va produire. Marc Devade s'y plongeait déjà
dans la couleur (par un retour du refoulé, de son moins pensant)
dans la matière du sujet comme renaissance du corps d'écriture.
et ce pour sauter le pas d'une toujours plus rapide modernité
qui n'en restait pas moins à la représentation euclidienne au bout
de la chaîne du parlant.


Lisa G















Une autre vue dans la peinture avec Lisa G qui
prend "l'Hébétude" à bras le corps de/et faire
apparaître, faire remonter à la surface, à la
conscience, les signes qui apprivoisent l'imaginaire,
et la narration.
Ce que peut voir tout être socialisé de sa propre
dépense dans l'Image figurative; dépassement
des symboles Surréalistes, pour en attirer une
multitude d'autres, sans jamais s'y soumettre.
Pour dire que la peinture de Lisa G touche à
l'effleurement érotique de la couleur qu'elle peut.

Thierry Texedre, Mai 2007.

samedi 26 mai 2007

Les Hébétudes 2006 / 2007 - 4



Scène de rue au chien debout, 1996, Eliane Larus, 100 x 100 cm.

"A la suite d'un Jean Dubuffet, poursuivant sa quête d'une
spontanéité intacte dans l'art asilaire, les productions
d'enfants ou l'art Naîf, Eliane Larus depuis les années
70, développe sa poésie où se côtoient des figures
qu'elle veut naîves mais pas innocentes; son travail est
chargé d'un certain sens."


Les Hébétudes - 4

Cela ne va pas sans prendre pour vrai la tentative de poser
comme être ce qui revient à la possession qu'une subjectivité
porte à se tenir dans la posture d'une vision de face. Si cette
posture va de soi en ce qu'un humain voit et raisonne dans
une même temporalité, il y a comme un paradoxe a essayer
de "dépister", de faire remonter la question de savoir pourquoi
il y va de l'être, de cet être qui n'est être que de raisonner.
Il faut pour conduire un raisonnement en passer par cette
évidence que l'être est la raison prise dans les filets de la
subjectivité. Et que le dire ne va pas sans aller chercher une
dose de ce qui se tient du vrai: la signifiance. Là où la vision
n'a de face que son aveuglement. Si la vision est l'aveuglement
de face, la vue elle n'a jamais été assujettie à cet aveuglement,
puisque de vue il y a aussi, au niveau périphérique. Moins
y voir, mais voir en coin, que le mouvement peut ouvrir à
une vision de notre position de sujet qui pense. Stimuler ce
qui permettra en amont de rendre possible le raisonnement.
C'est là que se tient le jeu, que la matière du sujet; ce qui
pense. Pourtant de voir de face rend l'image possible, et cette
image peut aussi aller jusqu'à représenter et symboliser ce
qu'une croyance n'aura de cesse d'alimenter. Pourtant la
vision n'est que le résultat d'une socialisation de la vue qui
opère comme pour une traduction, en décryptant les signes
qui vont aller structurer le sujet en tant que sujet socialisé
dés qu'une image se forme avant tout symbole avant tout
repérage mnémonique, pouvant en cela traduire sa présence
au milieu d'un groupe mobile. Le sujet en est le nomade, et
en même temps l'instrument, que l'indicible participe, qu'un
indiscernable peut troubler la vue, la rendre par là vision;
par la force qu'un corps exerce sur la pensée pour lui
soumettre ce qui revient à l'inconscient. Le moins d'une
pensée, le moins faire, le laisser faire qu'un corps peut,
que l'inconscient peut seul traduire en termes de langage.
Comprendre c'est aller au delà des formes, chercher ce
qu'un être a de possession où le raisonnement se cache.












L'Enfer,
1988
Eliane Larus
180 x 154 cm

mercredi 23 mai 2007

D'un format éclaté ou l'amour de la gloire.




















maternité, 1905, Pablo Picasso.


Parsemé de cette odeur fétide et héroïque
nous nous en irons dans la plainte valeureuse
pour garantir aux ivresses une floraison
de chants récités et pleurés ensemble
nous entonnerons ce dernier refrain en vie
et en blessures avant ce sursaut immodéré
et dédié rapide et généré dans la bouche
de cette blessure due à la vie comme vérité
et amour immonde dans l'enfantement à venir
pour la gloire des morts morts pour rien
d'avoir cru que l'avenir appartenait au passé
car ce chant reviendra insouciant et maladroit
dans sa terreur et son comble d'indécence
dans un combat que mèneront les peuples
défendus de naître dans la cause d'un rappel
s'il en est ainsi encore pour un temps indéterminé.

Juin 1988, Thierry Texedre.

Harmonie cachée, Sophie Sainrapt.






















"Sophie Sainrapt tend
vers un primitivisme
de la chair qui rend les
êtres interchangeables".
Laurence Debecque-
Michel.



Érotisme ou pornographie? Histoire d'harmonie cachée.

Le plaisir n'est pas érotique mais joue de l'interdit pornographique
en le plaçant de telle sorte qu'il produise un va-et-vient en surface
de l'immonde protocole de l'imposture temporelle de la jouissance.
L'érotisme n'est plus lié à l'image mentale d'une première
jouissance liée à l'interdit charnel pas encore nommé, et qui serait
acquise au sujet, mais en contrepartie ne suffit plus à exercer un
pressenti.
L'excitation sexuelle passe par une autre origine, celle qu'un
premier sens va de tromper toute croyance, toute vision, en la
rendant irréelle, sans parole, à fleur de peau; que le pan
pornographique prend pour sa techné, sa production commune.
Thierry Texedre, Mai 2007.

"L'érotisme c'est lorsque le vêtement baille." Roland Barthes.

lundi 21 mai 2007

MANIFESTE / 19 à 22
















"untitled", 1985,
cliché de Cindy
Sherman.



"Ici ce n'est pas
seulement un rôle
étranger que l'artiste
adopte, s'appropriant
que l'identité masculine,
elle franchit la limite
entre les deux sexes."
Margherita Leoni-Figini

MANIFESTE / 19 à 22

19 - Pour qu'il y ait conscience dans tout pensant
visant à prendre la parole, il faut un travail sur le
sujet, un sujet qui soit structuré à partir de l'image
réelle qu'une peinture peut, d'aller chercher son sujet
où le sacré a été visité comme dans une vision du
réel et de sa vérité. Ce sera un "vréel", une entité
qui donne lieu à un passage de la figure à la matière
colorée. Un va-et-vient qui donne à tourner, à
prendre appui sur ce socle qui déclenche en retour
le dire, la parole, et par là le faire-loi, dans un tout
social.

20 - L'état de transversalité qui a lieu dans l'expérience
culturelle internationale donne lieu à retourner sur
l'Histoire, en particulier celle occidentale, qui seule
peut créer une structure parlante, qui opère un
retournement ethnologique, qui ne peut faire loi
sans l'image refoulée. Cette image n'est pas l'image
fixe, ni celle du mouvement. Cette image tient du
signe sa parole et, du sujet sa scription pour, en retour,
donner à penser l'être inséparable du commun.

21 - Toute visitation d'une telle peinture est un état
d'urgence, une peinture du sacré qui structure tout
conscient, avec ou sans croyances, car tout est pris
dans l'Un. L'Un est la somme comme Dieu est l'indice
de la conscience que tout être est parlant, sans retour?
S'il l'est, c'est à rebours, donc pris dans la croyance
parce qu'il est socialisé, pensant parce que conscient,
et que l'invention est un passage nécessaire au format
duquel toute existence humaine peut en lire un état
pulsionnel, et par voies de conséquences l'inconscient.

22 - Tout art passe par cette inscription dans le dire,
mais seule la peinture vient subvertir le corps en son
entier; parce que le verbe se fait chair pour que la chair
se fasse verbe, est une action de grâce, que seul le
peintre peut, dans une transsubstantiation de ce qui
s'ouvre, de ce qui s'expose non de mort, non de chair,
mais de pensant, puis du sens en son extériorité, en son
double homme/femme.

Thierry Texedre, Mai 2007.

dimanche 20 mai 2007

MANIFESTE / 9 à 18

















"Le Christ mort pleuré par les Saintes femmes",1895 Georges Rouault,
146 x 114 cm.

MANIFESTE / 9 à 18
9 - La pratique picturale insiste sur le fait qu'une peinture vaut
de transformer le rapport au social si c'est une pratique sociale,
c'est dans ce sens une transformation des rapports sociaux en
jeu pour des décennies.

10 - L'objet représentation peut avoir lieu si le sujet qui l'habite
traverse les opérations permettant à l'étendue peinte d'en extraire
un corps de chair, un corps de parole dont les bases sont sociales.
Le regard d'une telle peinture serait celui que l'inconscient,
remontant sur la ligne de front du peint, et permettrait le plus
près d'une subjectivité illimitée, le format n'en étant que la
caverne.

11 - On ne peut représenter en peinture le temps ni l'espace, car
la peinture n'a à faire travailler que le pensant qui persiste dans la
parole et, n'a à voir comme peinture de ce tour de force que dés
qu'il y a parole devant la toile. C'est pour prétendre faire vivre des
potentialités, des corps d'invention qu'aucune peinture n'a encore
tenté sauf à en jouir.

12 - La parole n'est pas une question de composition, de travail
sur le sujet, la technique sert l'être pas le sujet; il n'y a pas de
pensant dans l'image finie du tableau.

13 - L'effet de contradiction qui ferme le format et ouvre l'image
donne une chance de lecture d'entrée, dans les couleurs que le
blanc sublime, que le blanc absorbe. Cette chance est celle de la
chair qui trouve son pensantdans un corps d'écriture, dans un
après-coup
de l'image peinte.

14 - Tout acte en peinture doit en référer au sujet peintre qui est
le seul à réhabiliter l'image, pour qu'en un seul coup de pinceau
le dire apparaisse possible extérieur au format.

15 - Le format du peintre va rendre compte d'une dépense qui
visera la subjectivité comme réserve des pulsions, qui entraînent
une structuration de l'espace lié au groupe qui aurait été traité
comme l'inconscient collectif dans une autre temporalité, une autre
lecture.

16 - C'est dans un esprit de représentation basée sur une présence
des corps dans la peinture que le groupe pourra s'identifier dans
une spatialité qui n'est ni celle de la nature, ni celle de l'abstraction.

17 - Il y a une lutte entre la représentation de la présence et l'absence
comme espace d'un possible déplacement vers l'image.

18 - L'image est en cours et seulement comme tel, car il n'y a pas
d'image/icône ni d'image/message. Rien de tel sinon une vue de
l'esprit qui expulse tout risque d'objet en additionnant les corps dont
l'unité les divisent à jamais, dans leur vision. Pas seulement, la parole
devient possible, autre, nouvelle, dans une plongée dans la somme
des couleurs, le blanc, ce fond sans fond où blanc et couleurs vont
et viennent rebondissants, sans s'associer et sans construction aucune.
Le dire n'est pas instructible d'objet, seules les lois ont ce pouvoir
d'effraction, pas le dire.

Thierry Texedre, Mai 2007.

vendredi 18 mai 2007

MANIFESTE / 1 à 8

"partition"ou le
regard sur la peinture,
Thierry Texedre, 2000.



MANIFESTE / 1 à 8


1 - Intrinsèquement, pas de
lumière comme élément
moteur dans une peinture;
c'est affaire de point de vue
et non de vision.

2 - La peinture ne peut exprimer
son état matériel que si celle-ci
prend à bras le corps une
résistance à la forme du sujet
supposé s'inviter à naviguer entre la lumière et la forme.

3 - La peinture qui peint ne peint pas un sujet, c'est le sujet
de la passion qui dicte et transforme, transfigure ce qu'on
appelle couleurs.

4 - Les couleurs sont la somme de ce qu'un corps peintre
peut de subvertir la loi en vigueur au moment ou l'image
apparaît.

5 - Les ondes porteuses de la matière comme couleurs sont
reçues en tant que format, qu'une lecture rend possible, selon
que celles-ci ont de soustraire à l'Histoire une parole pour
la rendre, la remettre au corps-vision.

6 - Ce corps-vision est un corps de chair qu'une peinture ira
chercher et conduire, continuer avec lui un bout de chemin,
une certaine parole/lecture possible; non de la peinture en
question, non de son format, ou de son image matérielle, mais
d'une parole qu'un corps qui pense peut d'être après une telle
vision de cette peinture.

7 - Il n'y a pas de peinture figurative et encore moins abstraite
pour révéler le vraisemblable format d'une peinture, et qu'elle
ne doit pas s'en remettre à un sujet, comme s'il s'agissait
d'une narration, d'une histoire, ou d'un mythe.

8 - La peinture prend en charge dans sa réalité matérielle un
sujet d'avant la peur primordiale, d'avant l'Histoire, d'avant la
mise en place d'un principe de société établi par des lois, avant
que la peinture soit Art; cette peinture n'a pas à faire avec l'art
passé autrement qu'en prenant comme lien une découpe du
corps dans la matière-dépense qu'il faut du faire voir. Et ce,
au même titre que cette matière qui insiste comme retour en
force du sujet, énigme du projet-image.

Thierry Texedre, Mai 2007.


mardi 15 mai 2007

Bien avant qu'un corps ne s'y passe...




Sans titre, No29, 1974, Louis Cane, 305 x 586 cm.




- Faut-il que nous dressions un portrait plus théorique de la
peinture qui s'ouvrirait vers un futur où celle-ci donnerait
le La à tout dire; comment envisagez-vous de poser ce
programme qui rendrait à la peinture une place
aujourd'hui qu'elle n'a plus, ou qui l'a fait se soustraire
au jeu politique et social que nous avons mis en place?


- Oui bien sûr, il est temps pour les artistes de s'ouvrir à
la peinture qui entre dans une nouvelle ère, à l'écoute,
donc au discours, et par là à la parole commune. En cela,
je crois que l'image sera ponctuée dans des oeuvres où
figure et "all over" viendront créer une secousse sismique
au niveau du verbal, de tout parlant devant la toile, comme
bien sûr réserve, réceptacle du travail formel qui consistera
en un autre point de vue que celui esthétique (qui à vrai
dire ne l'était pas pour l'époque), du point de vue du beau,
de la représentation qu'en ont transposé les Grecs. Comme
l'a démontré un Barnett Newman dans ses écrits, et plus
récemment de Louis Cane et de l'apport théorique de
Marcelin Pleynet également. Il faudra en passer par le
grand peintre Ad Reinhardt qui a posé les fondements d'une
pureté, d'un état de grâce chez le peintre mais avec en
amont un travail sur l'objet peint qui n'est Art qu'à vider,
qu'à creuser la figure, jusqu'à la confondre avec la vie.
Un tel enseignement reste appuyé sur celui d'un Marc
Devade qui revisite la subjectivité Chrétienne. Et encore
l'Infini qu'un Marc Rothko irradie, c'en est plein de penser.
Conscience autre que celle de la renaissance où je ne parle
pas de la perspective mais de la profondeur qui au XXe
siècle s'est renversée dans l'abstraction; par un travail sur
la surface où disparaît la question de la figure, au profit
d'une lecture narrative. C'est dans cet espace d'ouverture,
que peuvent intervenir des peintres au plus près de
fondements proches d'un espace où du corps doit advenir,
en tant que posture signifiante dans le tableau, celle du
sujet parlant. L'image n'aura de cesse d'être brisée, mais
le format demeure la seule vraisemblance tournant
autour de l'oeil du sujet. De celui qui vient trouver son
espace, osmose avec ce qui va faire qu'il aura la parole
sortie de cette image. Tout ceci n'est pas une histoire de
nature, ou de vérité, c'est une autre science qui vise à
construire un sujet dont les attributs vont visiter le
mouvement "télévisuel"généralisé. La techné n'aura de
cesse d'évoluer selon l'image générée, selon ce qui sera
déplié d'un futur producteur de social, producteur d'oralité.
.
Thierry Texedre, mai 2007.

lundi 14 mai 2007

regard ordinaire 3, "délivrance" 1990






















dessin d'enfant de Laetitia Texedre


délivrance

la chaise bascule
en avant pour aller
buter sur un bord
de la table
et se stabiliser
que fait-elle alors
sinon dormir
les bras croisés
la tête enfouie
les mains posées
sur la nuque
bien ainsi elle
s'assoit
pour se reposer
appuyée contre
sa table
très tôt elle sera
couverte d'un linge
au sommet
du dossier
là où la tête
dort
comme pour
la cacher
du jour
ainsi l'être
et l'objet
ensemble
se tiennent
liés à jamais
pour livrer
leur essence
si ce n'est
la stabilité
dans le chaos
la présence
dans l'indifférence
la source
dans la
délivrance.

Catholique et après...






Le Christ aux Limbes, Jérome Bosch

Les Limbes vont céder pour la doctrine de la foi Catholique.

"Dante, dans La Divine Comédie,peupla ce no man's land des âmes des enfants et de ceux qui n'avaient pas péché mais qui ne pouvaient connaître Dieu faute de baptême."

Catholique et après...

S'appesantir sur cet élan au plus profond de

nous-même, c'est cela la joie et l'ivresse de vivre.

Qu'en est-il de cet air solennel qui éveille

le soleil en chacun chacune de nous?

Nous progressons pour rendre grâce à Dieu.

Sinon à quoi bon se courber pour offrir

de servir l'immonde humanité, qui elle, vend

à Dieu ses sujets, par l'entremise de la passion,

dictée par un pouvoir d'identification.

Dans quelle ivresse nous sommes-nous

enchantés, et que de prières de postures

encore faut-il pour être aux yeux du Tout Puissant,

et par la très Sainte Eglise, parlant et pensant

dans la continuité Catholique.

février 1990,

Thierry Texedre.

Première période, textes d'avant 1975 - 4


cliché de Joan Colom







prostitution
Il a pleuré son sang jusqu'au cou il
en est abreuvé il est là où paraît il est
là il reste suer il en reste jusqu'au pied
demeure absent il a regardé devant
derrière sans cesse là à sa somme formée
pareil à une réforme oeil il a pressenti
dis-je ce qu'il crachera éthéré rauquement
respire il a rabattu la main manie
souffle sa main au plat du lobe il rit
d'autant puis se ramollit et court
boitant l'oeil injecté le cuir pileux sec
réalisé résolu spirituelle mastication
autodidactique réduction religieuse
connaissance sentimentale présence
folie factice dépasse son court substantiel
abstinence dénuée des parcours empruntés
empressés paradigme devant et tout s'étire.



dimanche 13 mai 2007

élégies


L'une des 171 élégies à la république d'Espagne de
Robert Motherwell peintes entre 1948 et 1990.