jeudi 16 mars 2017

Avant que la peinture soit






































Avant que la peinture soit

Sous la pérenne peau pliée froissée tendue ténue troussée en traits incurvés par les temps passés de la robe claire, tombe du ciel la parole incurvée et cursive, trouée et elliptique. Songe parallèle de ces accords distingués, voilà la compromission avec la peau de cette parole montrée du doigt, en astre vulgaire, parole de la chair escortée par la peau en repli. Vol austère qui sent bon la fleur d'oranger, l'été impitoyable clôt cette fragrance dans la descente insatisfaite du soleil vers son solstice. Au bout de cette pendaison sombre, l'alternative qui montre un regard blanchi par l'eau clair du matin endormi. Voilà en ces termes et pour la première fois, divine circonvolution de cette sexuation irrésistible par les plis volubiles de sa native blancheur, l'autre foi, reproduction à venir, monde lié à la représentation. Glissant dans ce miasme insoumis de la parole première, l'infant de la giration s'adonne à la monstrueuse fatalité de la duplication. Prière de cet insupporter qui feint d'envelopper l'air du temps de l'autre, dans les pires affaires de la foi, amour envers ces sens nouveaux. Là est l’intérêt pour la disgrâce, celle du père et de la séparation fœtale d'avec la mère, comédie de l'entre-deux, resterait ce courant alternant de l'un à l'autre, puisant dans l'impuissance d'aimer l'image mère, jusqu'à ce mirage montrant l'éternité qu'un rêve pousse à jeter au crédit de la jouissance. On entre alors dans ce qui peut peindre la rencontre avec ce sujet jeté dans l'arène éruptive de la possession de l'image retournée, retournement du temps en un puissant redressement des couleurs, sexe en érection d'où sort un délicieux traitement, pulsion subite d'un dessin déchirant la blanche tension de la toile exaltée. Dansant depuis l'origine concave du corps introduit, l'orbite illisible du bras dessinant se pare de tous ses attributs pour essuyer la feuille, ôter cette écriture qui vient de l'antériorité illisible et historique, et fouiller les fibres pour passer à autre chose. Frotter le support jusqu'à sa plus sensible compression, là où semble se découvrir l'intérieur, la chair, la matière, la fuite en avant jusqu'au trou, ce trou de la disparition de toute représentation. Le dessin troué, le dessin interrompu, le destin singulier de ce qui trouble la peinture contre la reproduction du même impossible. Toujours est-il que le/la peintre se montre dans la digression, la faute, la naissance singulière qui passe par la reconnaissance du lieu de l'impuissante parole à attraper les battements du cœur partagé.
Sur quelques peintures de Sandra Martagex




Thierry Texedre, le 16 mars 2017.








mardi 14 mars 2017

Incantations



Du rien
le port du voile
est entiché
oculaire puisant
dans la paresse
altérée du risque
d'avaler le dieu
assouvi par l’œil
par les prières
prison du poison
avalé par la poisse
qui fuit le chant
interminable de
la contemplation
ici-bas là-haut
du divin reclus
rituel intriguent
que la loi défausse
par ces danses
quel sourire verse
de ces exactions
un coups d'arrêt
au temps en état
de disgrâce
les décapitations
volent bas
par les temps
qui couvrent
et recouvrent
les morts les mots
les traductions
qui sonnent
aux portes de
la bombe en
retard sur l'horaire
ça jouit partout
pour quel ventre
c'est de la relique
religieuse las de
parler dans le vide
que chie l'enfer
vers l'enfermement
depuis que l'homme
est soumis à la
reproduction
postnatale le ragot
que ce fléau
sème et la terreur
juste pour passer
le reste de la vie
à comploter avec
l'aérienne lueur
d'un soleil vieilli
par l'infiniment
rien de la langue
convulsive parce
qu'un jour certain
elle est née du sang
jailli d'un corps
bleui par le froid
mortel de la fin.

*

Thierry Texedre, le 14 mars 2017.








lundi 13 mars 2017

De l'attraction des corps

Ernest Pignon Ernest - Prisons, exposition















De l'attraction des corps

L'attraction des corps, certitude puis éviction d'un recentrement du vrai et du réel. Sur quelle tempérance l'espace qui montre l'alternative de penser, va-t-elle occasionner l'incertitude de rencontrer ce qui tente le jeu musical ? Dans une rencontre peut-être avec la peinture qui se coupe du lieu de l'espace de son sujet et de l'histoire transposée en culture, pour montrer un autre temps, un temps que la musique n'aura plus le temps de faire entendre, du moins dans l'espace même socialisé, du même temps d'exposition que la peinture entrain de se montrer à l'intelligence qui s'entend reconnaître un objet à représenter. Faut-il interférer, couper court à ce lieu de la réfraction de deux temps comme vérité (la vérité ou vériance serait cette constitution/structure qui montre l'impossible similitude qui parcourt l'acte d'association - la vérité ne rencontre jamais l'être), sur ce socle invitant à une mise à mort, mise en perspective de la cessation du véridique (qu'elles soient de l'ordre d'une mise en vie-duplication de celle humaine, pour montrer la mécanique, la marche, le déroulement de toute vérité par sa configuration/mise en répétition dans une démonstration et le maintien dans la vie de l'humain réparé) tentées pour n'être qu'à l'aune d'une autre ère, toute sa possession rituelle du calcul exponentiel de la vie dérivée, à cause de cette information qui n'a de pouvoir qu'à risquer la mise à mort de l'objet du désir, l'architecturale monstruosité d'une représentation d'objet ( ou obvie ), et cela depuis quelle dépense ?

*

Le risque lent
de provoquer les sens
en apesanteur
montrer l'effet
qui traque la peau
caressante fournaise
qui monte monstre
insensible jaillissant
des battements
du cœur invité
au risque douloureux
d'engendrer l'acte
vulgaire et tellurique
du désir du discret
déferlement
qui sort la peau
de sa gangue
par le souffle
invité au diapason
quelle grâce
la chair se risquant
rougeoyante
l'apothéose
en tremblements
occultes et l'esprit
lui par sa mémoire
la lumière du dedans
de ce damné corps
tenté par un plaisir
puissant et de travers
compromet
l’œil resté en suspens

*


Thierry Texedre, le 13 mars 2017.










lundi 6 mars 2017

L'insolence par la peau



Sombre machination du terrassé suintement de la pénétration couturée par la peau eucharistique, pour essuyer l'orgasme sur la plage du derrière défaussé. Voilà, à la traîne, l’ensemencement interdit par l'affluence du col en plein traitement, utérus macabre, taraudé par la pulsation du corps accroché au cœur insouciant et ulcéré par l’instinct de survie. On délibère pendant l'acte sexuel, pour passer à autre chose, moins sensuelle, moins hétérogène ; sans doute autrement que par un discours sur la plaie pornographique qui joue à cache- cache avec cette alternative qui sied au plaisir de l'inassouvissement par la chair. Le cul en l'air, elle se sort de cette mauvaise posture dans un effort, taraudé en vain par tant de songes impromptus, et pourtant qui suture sa cavité rectale entichée d'un godemiché bien enfoncé ; pour fermer ce fruit impudique du vertige d'un désir liminaire. En avant, la vulve feint de s'ouvrir au jeu de l'exposition de la verge qui grossit à mesure qu'elle se laisse caresser. La main de celui qui s'embarque, dans une marée déchaînée, surplombe le triangle pubien prêt à se rabattre autour de l'entrée vulvaire où les grosses lèvres se montrent gonflées à travers une forte pilosité brune. Une déferlante de petits cris spasmodiques s'abat sur le devant des deux corps face à face, prêts à s'illuminer de la présence de leur peau superbement nue. L'après-midi, dans la chambre louée, fut un peu plus ravagée qu'à l'habitude, par la pluie dehors, et l'insoumission de deux amoureux laissant le jour filer pour, sans se détacher, puiser dans de longs baisers sans fin jusqu'au petit matin blême et blanchâtre dehors. Un peu plus loin d'autres couples sortent en catimini de l’hôtel, sans tourner la tête du côté de l'avenue où s'entassent les voitures pressées d'avaler le bitume. Elle se penche vers l'homme, comme pour lui murmurer quelque chose d'insaisissable : « Je t'aime !, je t'aime !, on s'appelle vite ! » L'homme répond, le regard effacé, un léger sourire sur le coin des lèvres, « Oui, si tu veux, je... Je t'aime... »



Thierry Texedre, le 2 mars 2017.




 

mardi 21 février 2017

Fracture

Eliane Larus - L'enfer, 1988 - acrylique sur bois, (180 x 154 cm).
“Mon but n'est pas de figurer un objet ou un site mais de figurer la pensée, de donner celle-ci à ressentir. Mon sentiment est qu'une œuvre doit s'adresser immédiatement à la pensée, mettre celle-ci en mouvement, et pour cela parler son langage, ou du moins parler un langage dans lequel la pensée peut se reconnaître. Elle ne le peut pas, à ce qu'il me semble, dans les images qu'on appelle réalistes”.
















Fracture

Le train-train est périmé
insistant et esseulé l'art
de montrer l'entrée
dans l'intelligible
se fait plus pressant
montrant par là
ce sacré en gestation
fil conducteur du sujet
forclos et arrimé
au risque de parler
cette fin de la croyante
exactitude de la chose
en lieu et foi
pour risquer un vrai
désaccord avec son récit
en lois qui fourvoient
l'état d'urgence
du contrat social
fragmenté et polymérisé
en jeu de la dépense
de la matière
et de l'image
pour béatement
revisiter l'être
et la croyance
dans cet infini
fermé au stade
de l’exceptionnelle
visitation du néant
courtisé par ce coup
de dé dépendant
d'un hasard aboli.


Thierry Texedre, le 21 février 2017.










lundi 20 février 2017

L'ivresse

Henri Matisse – La danse 1 – La Danse 2 – La Danse inachevée






L'ivresse

Courte couche du bu béat
engendrant l'ivresse
du ténu téton troué
par sa somme suave
vol à l'arraché
du lait sorti de la chaude
succion versatile
soumission au rythme
de la faim
vite exclue du ventre
en pets givrés
pour tambouriner
le martèlement
de l'allaitement
on s'affaire à boire
le vin viticole
juste sorti de la cuve
le presser en jus roté
à en rire autrement
pour peu que ça saoul
l'esprit retors
allons il faut se jeter
dans la marelle
du temps quel paradis
cet été passé
à s'en tirer vers le né
vers cet absolu
de la danse selon Matisse.


Thierry Texedre, le 20 février 2017.



L'ivresse*
Courte couche du bu béat
engendrant l'ivresse
du ténu téton troué
par sa somme suave
vol à l'arraché
du lait sorti de la chaude
succion versatile
soumission au rythme
de la faim
vite exclue du ventre
en pets givrés
pour tambouriner
le martèlement
de l'allaitement
on s'affaire à boire
le vin viticole
juste sorti de la cuve
le presser en jus roté
à en rire autrement
pour peu que ça saoul
l'esprit retors
pousser la roue
autre ivresse
autre sensation
autre fulgurance
le vin n'y suffit plus
la transfiguration
là est le nœud
allons il faut se jeter
dans la marelle
du temps quel paradis
cet été passé
à s'en tirer vers le né
vers cet absolu
de la danse selon Matisse
selon le sacre désacralisé
en danse de l'inconscient
au travail rite de passage
risque de jouir par l'enjeu.
Thierry Texedre, le 21 février 2017.
*version remaniée de "L'ivresse".

vendredi 17 février 2017

Volte-face



Oppenheim Meret (1913-1985), Das Frühlingsfest (Le Festin cannibale), 1959-60.






















Volte-face

Le jour se reteint
de cette rencontre
vulgaire à l'ombre
qui m'emporte rare
est le jour qui luit
pour exfolier la fleure
indécente de l'astre
le jour de cette rencontre
en teintes de ma mie
qui se mire dans
l'eau du pré bas
par quelle bassesse
le temps s'empare
de mon affection
pour cette ambre
ce scintillement même
le même que celui
de ma fille dévoilée
au matin blême
de la folle tension
de ces corps amoureux
sortis de nulle part
pour aller cousus
par le ventre
de l'exaltante chair
lentement le train-train
de la vie reprend
la courte vie
qui tombe sourde
aux sens invités
à l'heure du coucher
les dents serrées
le souffle interdit
le cœur débattant
de la même histoire
sans fin le forcené
lui s'en va repu.


Thierry Texedre, le 17 février 2017.







mercredi 15 février 2017

La sainte ordinaire

Louise Bourgeois - La Maladie de l'amour, 2008.







































La sainte ordinaire

Sur l'insignifiance du socle qui montre l'image, voilà que s'étreignent l'assassin et la sainte ordinaire, la volcanique rectitude du sexe amoureux depuis cette chair qui puise dans la musique des sens ; l'insignifiance entretient là quelque chose qui a à voir avec l'altérité. Donne-moi à voir ce qu'un sujet pense de l'étreinte passée, pour remettre le couvert, dans la concordance avec ce qui touche au corps déjà baroque (d'une multitude de points de vues), le lieu qui se dissout dans la transparence du jeu amoureux. Nom de l'indécence et de l'exaltation, chants de l'insouciante déperdition de la propriété d'un corps qui pense après avoir joui. De ce nom blême sort l'indistinction de ces images dans la répétition, copie de l’ersatz pourrissant de l'intérieur comme mystère insoutenable, lieu de la découverte d'un abîme ; l'invitation au titre de l'érotique. Par quelle pornographie, les sens s'en remettent au risque de l'image fervente, et s'entremêlant, le porno et l'érotique fulminent jusqu'au sang et la douleur de l'insignifiance trop pressée pour jeter opprobre sur le crédit accordé à la légitime insuffisance de l'acte amoureux plié sur l'être amoureux ; irruption par là de ce qui pense une parole, en signe d'apothéose de la parole vulgaire. Partant de ce chemin instruit de la parole, le corps surgit par insoumission au registre de la cognition, couvert par les amalgames, les grammes de l'expulsion de l'engendrement des organes, en douleur et extase, fuyant l'entrée dans ce temps déferlant en phrases en textes livrés à l'ouvert/fermé de la verbalisation encore muette dans sa traduction/trauma/musicalité/déviance de l'exactitude/vérité/vraisemblance/extension.



Thierry Texedre, le 15 février 2017.





   

mardi 7 février 2017

Désert du temps



























Georgia O'Keeffe, Rust Red Hills (Les Collines rouges), 1930.




Désert du temps


Course inanimée
sur la surdité
du temps possédé
voilà le récit
vulgaire qui sombre
pour pousser un
ultime cri
devant le ciel
de ces saisons
hellénistes
course du temps
dépensant l'exquis
souffle de l'ordre
insoumis soudain
en travers du réel
qui sort en sol
béatement borné
par cette rencontre
de la fin des temps
ornés de cet or
lumineux et aveugle
au cou du défunt
courte animation
qui parle toutes
les langues
au crépuscule
de la vie sombre
claquant des doigts
le corps fragile
meurtri passe
par l'étreinte
avec l'autre vie
l'au-delà détrempé
de la chair
violée par le né
du corps soumis
à l'amour embrassé
jusqu'au fond
en un final
qui jaillit en blanc
manteau mandarin
qui chevauche
l'esprit démesuré.


Thierry Texedre, le 7 février 2017.










dimanche 5 février 2017

La mort trépassée

Peter Paul Rubens - Tête de Méduse, 1618























La mort trépassée
(ou Chant pour un instant)
Le Baroque


Osmose
du chant
ténu
offense
sur cette identité
sur ce sujet
cœur insoumis
contre la plaie béante
de ces affres pandémie
de la multiplication
sans cessation
du nombre
en corps
en chair
montrée du doigt
par l’ostracisme
inconscient du pire
engendrement
de la dépense
de la procréation
sans cessation
ni vertige
dans l'infiniment
grande passion
du jeu libre
d'accoucher
l'inhumanité
réplique d'une ivresse
guerre impie sur la
grande surdité du monde
livré à son dérèglement
l'extase du pouvoir
de prier l'autre
de céder au même
pour lentement
faire sortir du fond
insécable
la peur
l'endroit de l'indifférence
à monter sur le nombre
pour compter
sur le sens
l'amalgame
et l'identité
partout devant
un ciel émasculé.

*


Ultime résistance vers cette oraison de l'interdit, pour envelopper la douleur ultime, la cessation de toute vie. Vertige que cette vie qui monte, et transgresse la volonté d'existence. Chants de l'allégresse vers une introspection de la chair en jeux de l'insondable liberté pour l'égalité et la fraternité du sol fertile, de la vie inconditionnelle. Trempé par les ondes porteuses d'espérance, allons vers la gloire infinie de nos exactions, de ressusciter des morts, par l'impossible fin du règne animé par les anges de la jouissance sans cesse remise en question. D'un infime tremblement du corps élevé au ciel de la modernité, voilà le ressort volcanique de la passion qui monte en nous, pour extraire de cet appel, de cette parole, l'acte intransigeant de la vérité qui pousse la vie vers sa plénitude. Touchant au secret révélé de la vie, l'être en nous pour retracer le sens d'un chemin sous les regards indiscrets de la chair, en dansant et rythmant ce sens interminable du commun dénominateur qui monte en soi. Musique des mots alternant le jour et la nuit profonde du chemin de l'irremplaçable gravité de l'amour.



Thierry Texedre, le 4 février 2017.






jeudi 2 février 2017

L'accroupissement du corps

Louis Cane, "Ménines accroupies" huile sur toile ( 2,30 x 2,30 cm ).







































L'accroupissement du corps

Tourné vers sa tentation
ce regain et l'atmosphérique
du temps qui poursuit la vie
de ces vicissitudes obliques
depuis le vide tant étreint
qu'un corps dissout appel
à monter et entrer en accord
avec la chair crépusculaire
monstration de la mort là
plébiscitée comme pléthore
de ces profondeurs illégales
lieu arque-bouté sur l'artifice
sur l'indistinction de la fin
prohibée depuis l'origine
et du jeu d'aimer du désir
en sens inverse à cette mort
suffocante en mots décriés
là est l'horrifique éclat de la
chair entrain de se tirer et
le foutre en l'air l'ombre
excentrique du ciel qui coule
en zigzag post-opératoire
mots en alluvions étirées
jusqu'à la mère nourricière
de l'envers du corps incertain
trempé versatile et claqué.




Thierry Texedre, le 2 février 2017.







lundi 23 janvier 2017

Consternation

Pablo Picasso «  Les demoiselles d'Avignon », 1906-1907.



Clavicule austère, relique d'un temps dépecé, risque d'apparaître un peu identique. La forme insinue ce que la violence verbale atténue. Tumeur maligne du carnage que sent déjà l'aube d'une modernité décontaminée, ralentie par l'asymétrie de la vie ; ridicule course après l'existence d'une chair en accord avec le questionnement de l'après, de ce qui se montre au dire indiscuté et ombrageux pour l'esprit risqué à montrer cette mémoire violée par l'envie d'exclusion de la mort. Vol au-dessus de cette musique ; inquisition et consternation de la vie, pour soustraire à l'image ce risque d’éradiquer la peau, la livrer, il faut la délivrer de cette monstruosité qui monte en mémoire de la partita, offrande au signifiant surdéterminé, exercice lent de la défloration des sens, pour extraire du signe interdit, faire remonter au cul ce relent de vice interminable de la parole qui tombe à pic sur sa parodie : l'imitation qui fait souffrir l'érotique suspension du corps qui est mis debout pour expulser cette résignation, la parole à venir. Vendue la voilà corrélativement au sexe l'enfant terrible du corps impuissant devant sa jubilation à monter sur la chair pour la couper, la traverser, la rendre impossible à consommer, pour trouver ce dire vrillé en une parole à décomposer en silence, pour passer à la langue qui sent son écart avec la chair, pour lentement s'affaiblir dans l'amour en pointillé, en extraction, en tentation du cri cubique, qui joue avec une future image. Clap de fin, l'incidence ; la vie est cette incidence qui met fin au règne de la vérité qu'un dire occulte. Tension dans la découpe, l'art ne s'en remet pas. Expulsion vers ce centre sans cesse montré du doigt, centre, telle cette mise à mort d'une fin qui rentre dans ce retournement de la vie, l'insistance de cet entre-deux, de ce zip intolérable qui se trame au nez de cet œil intempestif et plié comme le toucher vole au vent.


Thierry Texedre, le 23 janvier 2017.
















































mardi 10 janvier 2017

Le bain



«  La Suzanne de Rembrandt est peinte dans une pose suggestive, l'un des deux hommes est penché sur elle. Une tension psychologique palpable est créée par le jeu de l'ombre et de la lumière. Dans le visage de Suzanne, le regard est clair et perçant comme le rayon de lumière qui fait ressortir sa silhouette de l'ombre ; dans celui des vieillards, un désir sombre monte comme l'obscurité ambiante dont ils émergent. »



  
Rembrandt – Suzanne et les deux vieillards, 1647


Le bain

Paroles poussées par la sortie. Pourvu qu'on s'en rappelle, et que ça serve à quelque chose ! Porte insouciante, surnaturelle et visible en songes, d'une ouverture qui montre le bain, dans ce qu'il a d’excitation quand on entre dans sa liquidité, lueur d'un fond qui appelle ; le fond encore flou et dépourvu d'une image qui fourmille, jusqu'à ce qu'une marque, un pied, se soulève, pour qu'on y voie le mystère de l'eau. Vague à l'âme, étreinte avec le soulèvement du fond astringent et soudain défait ; qui serait lié au thermique, au resserrement de l'eau sur la peau qui joue malgré elle aux bras de la belle demeure insoumise, se laisser envelopper, encore lascive, par des caresses, liquide qui brasse les états sulfureux de sa masse transfigurée. Femme au bain du ravissement, d'une nudité, d'un ensorcellement, d'un regard autre. D'un regard tourné vers l'autre rivage, pour se laisser amarrer à une indiscrétion, un amas d'herbes folles juxtaposées, entourant le corps lumineux. Lumière d'un mystère, lentement qui émerveille, qui montre ses attributs, en se redressant à moitié, dans l'eau qui reflète le ciel et des arbres dessinés, comme penchés pour saluer du regard la belle insidieuse. Le regard blême du condamné semble encore courtiser la lumière, jusqu'à ce point de non-retour de la nudité ; puisant dans la prostration du corps nu, et l'autre, entiché d'habits sombres, reluque une dernière fois avant de disparaître dans l'ombre masquée du bord de l'eau. La femme à la nudité se retourne soudain, prise d'effroi, pour jeter son regard tendre sur la surface de l'eau. Une forme, entourée de ronds qui s'écartent, se montre à elle, comme plissée ; le visage est reconnaissable un court instant.



Thierry Texedre, le 10 janvier 2017.






lundi 9 janvier 2017

Propagation


Francisco de Goya - saturne dévorant un de ses fils, 1819/1823



Propagation

Que reste-t-il de cette mémoire dont on croit encore qu'elle est le lieu qui donne à la vie ce langage insupportable, parce que pris dans un temps déjà trop long pour qu'il soit celui vrai, comme l'ont été les religions ?
La faute, l'erreur, l'errance, et après on retrouve ce qui retourne la situation ; cette peur du vide, d'un vide (le vide est cette prise de consistance que la musique n'aura de cesse d'extraire en apparitions de la densité textuelle, comme son double mais aussi la déperdition du temps), qui serait résolument ouvert/fermé à un corps d'écriture qui frôle la parole, pour la monter contre ce temps en pleine déperdition. Espace en deux temps d'un corps insoupçonné, corps de la contamination par cette parole/acte qui pousse dans les dreniers retranchements la voix, pour la crier, l'extérioriser en une mémoire et, s'en sortir avec une autre langue, une autre bataille, un autre pouvoir.

*

Saut dans l'inconsistance
le bruit le coup de Trafalgar
à l'égard de l'écart en retard
de la cessation de la cécité
dans l'espace parcimonieux
du grand désert circonscrit
du récit d'un grand concert
pour goûter au goulot drôle
du sexe exquis exactement
ce ton tarabiscoté de la lèvre
grosseur endossée en sucre
qu'une langue lèche légère
cette fois le forçage flotte
jusqu'au milieu du feu
intérieur salace en sursis
amour inscrit dans la langue
qui bave les sens savourés
les encenser les dévorer
jusqu'à l'os osé du bras
tendu au fond de la chair.





Thierry Texedre, le 9 janvier 2017.





jeudi 5 janvier 2017

L'enfant de l'absolu







L'enfant de l'absolu

Sous la nuée en vol
d'un désir occulté
les amants vont
ensemble tirés
par l’incendiaire
le cœur de l'étreinte
sous cette ombre
un soir ensorcelé
rattraper l'amour
qui souffre au corps
de la femme enceinte
d'un autre tirailleur

Par ces chemins ouverts
depuis les sons affolés
de ces caresses sous
les branches et les habits
qui frissonnent froissées
par la péninsule suave
du dessous et la peau
qui tremble jusqu'à la voix
des amoureux par l'exquise
odeur montant du fond
insouciant des culottes
ouvertes au monde indiscret

Du terrible secret qui laisse
la lascive liberté de son côté
par ces êtres affamés se vautre
l'ensorcellement du temps
sur l'innommable déraison
couchant le soleil dans l'art
d'exister les mains agiles
grandissent jusqu'à l'horizon
où la peau va s'émerveiller
se rasséréner pour traverser
l'interdit le maquis de l'enfer
qui sépare alors les insoumis

L'ivresse montrant la seule
l'ultime porte du bonheur
aspergé par le sexe prépuce
de la fin d'une élection
érigée en vainqueur
épuisante au coin du chemin
à la croisée des bois
avant de partir vertige
du clair obscur sous la belle
la lune tout en rondeur des seins
voués à la rencontre de l'effleurée
qui monte à la gorge acidulée


Thierry Texedre, le 5 janvier 2017.








lundi 26 décembre 2016

Éclats








Éclats

Rouge, le temps de se lever, voir ce sacré comme quelque chose d'intentionnel, récréation à la dérive du dire inapproprié. Chose qui fend l’œil, le malmène, l'encercle tel un ressac, et la lune qui se souvient que la terre voit le jour. Attente, regard baissé sur un sol bleu nuit. Rencontre avec les opercules qui couvrent l'espace de l'esprit, les lucidités, les improvisations de ce silence qui tombe. Ne plus voir. Entendre ce silence qu'un trop plein de jour va retourner comme une insatiable rédemption, répétition d'un autre écrin, vie en catimini de cet appel du cirque en dedans.

*

Vocifération
du cul de braise
par les chiennes
de vies virées dans la contre-allée
du temps tendu
comme un arc debout fléché

perle indécente sous sédatif




*


Thierry Texedre, le 26 décembre 2016.