jeudi 25 août 2016

Plaidoyer pour une plaie















































Plaidoyer pour une plaie

… De ne pouvoir représenter, je me met en pleurs, pour voir ce sacerdoce – peut-être dans ces profondeurs, plein d'une peine, plainte d'enterrer ces mots inavoués – jusqu'au centre, jusqu'à cette intime conviction de la croyance. Coupé du monde de la vulgarité, ne puis-je puiser en moi que des soucieux endoctrinements, que ces dérives inhospitalières, pour m'éloigner du temps vrai – de ces errances sans suite se montre l'appel à d'autres antagonismes – pour couvrir la douleur qui me tiraille, et m'émeut quand-même. Quel éloignement de la peinture peut se soustraire au dire impuissant de la représentation ? Peut-être cette musique entrain de parcourir en tête, tout le corps excavé de sa vérité ; contagion qui parcourt tous les sens, pour les embraser, embrasser ce qui à l'intérieur se soumet à la chair. Vois-tu ce fardeau qui alourdit tant ce discours insignifiant, pour l'ensevelir sous mille couches, ersatz du vocabulaire impuni par la chair ; grande compromission avec l'extériorité de la voix depuis sa mise en peinture, (folie peut-être que cette musique !) vertu du corps qui s'efface, se retire en rature de la peinture, dessin au trait noir, traitement de ce destin insoumis et tyrannique...



Thierry Texedre, le 25 août 2016.



La grenouille théologique, 2015 Robert Boulloche.


mercredi 24 août 2016

Jugement







































Rives réservées
au risque du rite
en osmose suaire
potentiel de la vie
contre l'être mort
du risque encouru
par le temps vite
visité partout torse
en pieds et mesure
du tour en surface
terre foulée goutte
sur l'étendue vierge
par quelle rencontre
regard dressé drame
liquoreux du cri
lancé au monde
en contre rentré
par la bouche béate
de s'entendre dire
un monde nommé
en mer sans fond
le poison lèche
la peau en danse
transe du dire
qui monte à temps
tempête à passer
son temps à réciter
dans quelle cité
voit-on le sang
monter sur les corps
couchés sur le sol
que voit-on de loin
ou de près sur quel
horizon zéphir
au zénith du pouvoir
d'exulter du sang
versé par la guerre
des mots monstres
entrain de sortir
de ces rêves opaques
passerelles ondulantes
oiseau de mauvaise
augure qui pique
à vif sur les plaies
baisées de nos dieux
encore idylliques
en corps phalliques.


Thierry Texedre, le 24 août 2016.







mardi 23 août 2016

Paroles en sauts du corps intraduisible





Paroles en sauts du corps intraduisible

… On entre dans ce risque d'oublier, pour commenter l'absence de voix, pour esquiver ce manque d'entendement de la parole à se risquer hors du sens. Vitesse oblige du rassemblement des choses qui indisposent le regard promis à une rencontre avec ce regard déplacé et invalide... Le risque d'essoufflement de ce sujet interpellé dans la chaleur insupportable du corps surdimensionné, le risque de montrer un récit sur l'étreinte monstrueuse avec l'existentielle profusion du vivant, la peur d'exprimer autrement que par des mots l'emprise de la chair sur la surdité du réel face au vrai ; voilà le parcours inapproprié de l'être depuis cette cavité-caverne qu'est le corps pensant... Mots sans cessation, sans début ni fin, pour montrer que le corps rencontre l'être quand la chair se met à jouir pour penser ses sens... Petit déplacement dans la mesure qu'un texte peint ne peut être dit qu'à montrer ce sens dont on touche désormais l'intelligence à trop voir, voir jusqu'à cette visitation du nouveau monde, inventé pour continuer à jouir, jeter le discrédit sur cette parole du lieu de la subjectivité monothéiste...


Thierry Texedre, le 23 août 2016.




L'escamoteur - Jérôme Bosch v. 1475-1505






lundi 22 août 2016

Autoportrait



… Schisme virtuel d'une commémoration, continuum ininterrompu de la frayeur qui monte dans l'esprit ulcéré. Cours des choses qui monte au plus haut de la tempête insoumise, pour faire part de ce paradis perdu. Paradis du temps de la peinture encore évincée par l'exposition de l’œil qui invente à regarder à distance ; exposition par les forceps de ces tableaux en réminiscence, au format, à l'huile, chair de la chair occultée. Le risque de la parole serait celui que prend la musique à être, au centre du corps jouisseur ; cadavérique conclusion que ce corps sourd va opérer à trop mettre de la vue dans cette sortie de l'être, sorte d'affaissement du vrai dans l'intentionnelle résolution de l'enterrement du corps, de son éternité absoute par l'immortalité de la lettre qui regarde ce qui pense le corps. Séparation vulnérable de la lecture et de sa mise en jachère par la peinture qui pense son sujet ; à trop s'emparer du corps dans la beauté d'un clivage de son volume. Corps chantant, corps couvert par l'art d'escamoter le temps, pour visiter alors l'exacte consternation face au regard indiscret du reflet, du même, depuis ce sommeil invitant le dessin, charogne en composition dans la parole qui s'initie au ventre du peint. Sous la constellation de ces paroles dites en chevauchant la peinture, le récit s'essouffle, se consacre, se décide, s'exclue du corps pour fusionner dans cette musique qui enfle, enfile, chauffe, charrie des onomatopées, manques, coupes, caricatures, en mettant sur pause cette syntaxe désuète et hypocondriaque. Si le vertige s'empare du texte, c'est pour mieux puiser dans cette mémoire à-rebours ; pour la montrer en vie de la chair vers l'esprit via le jeu infini de ce jouir interdit...




Thierry Texedre, le 22 août 2016.






dimanche 21 août 2016

Le clapotis au-delà duquel tombe la nuit






Le clapotis au-delà duquel tombe la nuit

Soustraite à la suture
la vie ventre à terre
s'enfonce dans le col
utérin envers du décor
causé par ce vide glané
au travers du galvanisé
sang froid de la chair
putréfiée par le chaud
départ du tremblement
orchestral de la voix
caricature de la vie en
plainte étreinte pourquoi
pas entre les bras de
la tentative d'extraction
du dedans par la parole
biomorphique à trop
en dire de la mort oubliée
vociférations du temps
qui en sourdine se traîne
et s'évanouit dans les bras
du corps décharné et sec
vidé de sa substance ulcéré
et remonté contre le mal
qui l'envoie dans l'ombilic
des limbes avant de vivre
pour l'éternité l'âme en paix
sur le nuage vulgaire
des lois proclamées des
livres ouverts en saintes
écritures depuis l'aune
des temps immémoriaux.

Thierry Texedre, le 21 août 2016.








vendredi 19 août 2016

Mère







Mère

« Mère très chère, que vois-tu d'une vie qui montre l'exactitude ou ses désillusions par les ans passés, et aussi un futur improvisé ; et cette autre invitation à aimer le temps précieux, le temps présent ? Par quelle déconvenue te réserves-tu la joie devant des naissances, les créations d'un corps qui dissout toute vérité, pour te laisser toucher le monde l'éveil et l'immanence d'un lieu, d'un lien indéfectible avec la vie. Mère très chère qui monte aux cieux par l'étreinte qui nous lie pour l'éternité, sans cessation d'aucune sorte, par delà toutes les faiblesse ici-bas, je te prie comme gloire, par tous les présages et des glissements vers les fonds sans fin de l'enfer, je te prie. Autour de ta joie je chante ton amour, si le temps présent me l'inflige. Par quelles âmes le sort s'évertue à me coucher à tes côtés, par l'immaculé, par le chant de ces anges venus m'absoudre des mots inquisiteurs à ton encontre ; à quel âge te vois-je à mes pieds me priant d'aimer le temps futur qui jaillira peut-être en congrégation de nos âmes réunies ? Je prie ta divine présence à mes côtés, par la même mémoire qui nous a engendré. Alors je te prie de bien vouloir m'aimer aussi longtemps que le temps ressuscitera. »



Thierry Texedre, le 19 août 2016.







mercredi 17 août 2016

Jazz



… Chamade chargée du temps tendu, les cordes coudées contre le jeu d'une guitare. Le synthétiseur pleure des notes arides dans l'aigu. Haute voltige, jusqu'au sens imprévu d'une réplique en fusion du souffle. Là, sous les hospices de l'improvisation, retombe l'explosive densité du tam-tam des percussions ; juste juxtaposition au tremblement révulsé du saxo qui sourdement commente puis contient la trame instrumentale. Tout touche au sublime, en transe, depuis la trachée crachée, pour lancer et faire jaillir les couleurs en musique...



Thierry Texedre, le 17 août 2016.



 

mardi 16 août 2016

L'éveil vertueux











L'éveil vertueux

Dans l'expansion évasive
du retournement de la vie
en musique voilà le recours
tant attendu du défilement
sujette à la chair blême et
corps dissout dans l'abîme
vulnérable attentat force
des sons que monte l'air
incendiaire l'air insoumis
qui coule la chair ouverte
chant du soulèvement
vers d'autres territoires
australes vertige du long
corps en effervescence
corps qui monte les bras
occultés par l'infatigable
effraction du ventre trop
redondant pour nourrir
la bonne marche debout
s'en suit l'accouchement
douloureux des mots
dans une inconvenante
tempête trop précoce
pour faire crier la voix
pressée de faire sortir
l'incident de la démesure
et de l'irrecevable mot
prêt à rendre sourd
la plus têtue des notes
le plus obtus des sons
pour pourvoir au train
train de la vie vite vouée
à l'éternité par les heures
et les jours jusqu'au bout
en se jouant des mots.


Thierry Texedre, le 16 août 2016.








jeudi 11 août 2016

Une ligne
















Une ligne

Ligne insidieuse
du chant étonné
qu'un saut soudain
va emporter dans
la dentelle sous-cutanée
du cou profilé jusqu'au
départ des seins
retombé la main
prise dans le sac

Col du virus encore
planté dans la chair
grand ouvert écarté
pour éviter l'été
une chaleur vive
prise de panique
quand la vulgarité
trompe l'étreinte
pour qu'elle se plie

Attendu par l'estuaire
du bas repus il sonde
et ressort de ce con
capiteux pour tuer
le temps l'esquiver
le poncer le lisser
l'amener à la ligne
avec le bras dressé
par un signe vagabond


Thierry Texedre, le 11 août 2016.






*Egon Schiele, « Acte d’amour », 1915


lundi 8 août 2016

Mouvements
















Mouvements

Sur quelle onde
porteuse se tient
l'or l'âme les battements
du cœur incertain
depuis l'origine de cette
humanité ouverte
au risque d'amour
dans ce magma monté
dans l'origine du drame
impitoyable de la guerre
grandeur du corps
envoûtant devenu
incertain par cette
mémoire rituelle
mémoire musicale
en mots inquisiteurs
par quelle peur
par quelle fin
le corps rend l'âme
au vent ventricule
d'une chair charriée
par le cours qui a jailli
de ce format peint
pour avoir vu l'au-delà
l'autre sphère du temps
passé en images
qui sourdement vont
rendre à la parole
une nouvelle identité
programmatique et que
l'inconscient inventé
pour envoûter
sonnera sa fin encore
pour sauter sur
l'inconsistance
du jeu inassouvi
de la vie visitée par
ce sacré peint en retour
d'une insoumission du corps
au photographique ni
au cinématique
et psalmodié dans le pensant.


Thierry Texedre, le 8 août 2016.







dimanche 7 août 2016

Suture 2



Cloué au pilori malfamé de l'exorcisme institutionnel l'esprit tuteuré s'étreint et s'extrait du corps départi de la peau ténue terrifiante osmose de la réalité qui montre l'envie de passer à l'acte paroles en l'air depuis l'air de rien ricanements insouciants qui volent au secours de l'inconscience ivre ici-bas illisible mystère de la parole qui tente d'esquiver sa mise à mort du récit pour lancer le cri qui tombe et échoue au bas mot de l'esprit retors tentative vulgaire d'enfermer le récit dans une imagerie qui tourne court pour caresser le réel le livrer au calvaire de la grammaire indice d'un temps inventaire des images assoupies face à la musique qui rend compte d'une poursuite insaisissable du présent sauf à entendre ce que l'image traverse depuis l'entendement que l'esprit semble restituer en voix illuminant la chair en la soumettant au tremblement du désir en jeu dans la jouissance pour absorber et béatement soumettre l'air au sang renversant du véridique assaut de la vie contre cette finitude du corps pensant sa fin chasse gardée du renflement de la peau temps qui renvoi l'étreinte au commencement investi par l'outrage fait à l'au-delà incommensurable face à face avec le sacré encore trop présent pour montrer un discours qui ne soit pas sourd à ce qui naît à ce qui puise dans l'immanence de la peinture encore pleine d'intérêt par les temps qui courent à cause de l'irréalité que le désir se doit d'exprimer dans d'inquiétantes expériences nommées en d'érotiques transfigurations pour faire croire que le corps s'éclate quel court-circuit le corps vidé à posséder à rentrer et à sortir de cette possession dont parle la chair tant que se montre l'enivrante explosion de ces corps traversés par leur transparente tentation d'exister d'ouverture et de fermeture quel cloaque qui s'ouvre pour laisser entrer la peinture là où l'être prend en charge la danse insurrectionnelle de la chair en musique s'il plaît à l'esprit de l'imprimer de l'intensifier corps qui concomitant se balance va dans la découpe mémoire insupportée par l'envie pressante de penser corps capté par l'innommable indécence de la fin et du début de la vie le jour et la nuit pour rêver l'infini.




Thierry Texedre, le 7 août 2016.    






vendredi 5 août 2016

Errance

Errance

Jour de joie quelle improvisation
sur l'eau on débarque sans raison
tout autour les sables de Loire
semblent au repos jusqu'au soir
la Sterne pierregarin désespoir
aidant s'en va voler autre part
au passage de la belle gabare
la voile au vent chaud et gredin
destination Candes-Saint-Martin
où la Vienne nous attend noire
profonde et agitée en territoire
d'Indre-et-Loire invitant touristes
et badauds à visiter l'universaliste
histoire qui s'offre au regard accaparé
ébahi de la faune humaine agglutinée
pourtant le temps va s'allonger lent
et paisible lorsqu'on atteint indolent
le soir qui rougeoie en peint les cimes
peupliers et saules pleurent sublimes.


Thierry Texedre, le 5 août 2016.






























jeudi 4 août 2016

Métatexte





Métatexte

Courir.
Souffler... Sortir du noir ?
Être dans l'occultation de soi !
Avoir soif de vivre quoi ?
Marcher.
Longer un mur... En sortir.
Souffler à nouveau, encore...
Encoder des notes, chiffrer, lire.
Liberté de lire.
Coucher sur le papier.
Se coucher.
Le rêve vient assez tôt.
Quoi de neuf par ici ? Sinon rien par là !
Vider de son sens la parole exacte.
Extériorité du texte dans la parole inappropriée...
Changement de page.
On tourne le dos, ça sent bon le sens...
On s'arrête.
On repart.
Silence... Point d'achoppement du sens en sens du corps présent.
En présence de ce corps en choc, état de nausée du discours indiscret...
Autre jaillissement verbale.
Saut depuis l'intérieur, inconsistance de l'inconscient devant l'âge...
Silence.
Suite en bruit sourd suivi d'un autre silence.
Gramme d'un texte à venir qui pousse la jouissance où commence le temps.
Le temps qui vole au secours du corps exactement là où la chair chasse ?
Tombe le trait sur la feuille.
Griffonnage, gribouillis, ratures, biffures, taches...
Encre.
Noir intense, présentant une osmose avec de futures couleurs à observer.
Essai.
Peindre.
Sortir du noir...
Encore courir pour se plonger dans les couleurs, soulever le sens, et l'ôter.
Sans suite...
Quelle surprise, le temps prend l'image dans ses filets.



Thierry Texedre, le 4 août 2016.







mercredi 3 août 2016

Prière





Prière 

Salut reine
espoir surmontoir de la vie
chevillé au corps
par tous les schismes
de la terre escamotée
depuis l'origine des temps
immémoriaux
vois ce sacré
temple de la parole
qui dicte l'avant
pour faire du temps futur
l'étreinte éternelle
qui montre l'esprit
et la pensée
que l’œil tempéré
tente de s’extasier
par les pieds et mains libres
en prière en voix en désir
infini d'aimer tête
en amont en aval bercé
par le soleil levant
vois ce tempérament
ce regard tourné
en gémissant
en pleurant
la vie qui la pense
belle occurrence
soit bénie entre toutes les morts
passées et futures
douce dame qui prie
et cherche la perfection
montrez-nous ce lieu
salvateur de la raison
partout où toutes les passions
envolées par les ans
et la grande guerre
que nous méditons
vient la victoire sur la mort.


Thierry Texedre, le 3 août 2016.








mardi 2 août 2016

Jeu




Clavicule dégondée du cloporte
austère en filigrane frôle l’asphyxie
astéroïde impulsive du coin de l’œil
raclure du chien enragé par le jazz
encore allumé depuis le coucher
carcasse cadavérique du chant
des oiseaux qui simulent l'éclair
le band orchestral sous les arbres
assignés à l'entre-deux dévissé
voilà le jeu pétrifié des gammes
de ces os assoiffés qui claquent.




Thierry Texedre, le 2 juillet 2016.

























Corps corollaire

Direct osmose
course poursuite
en sidération
consumé le cœur
overdose s'éteint
et renaît et pousse
fort sur l'aspiré
inspiré de la vie
en claquettes
déversées en
fracassantes
consommations
contractions
qui concordent
avec le vent
ventricule vissé
carpe diem au
corps corollaire.


Thierry Texedre, le 2 août 2016.






Image 1



Feule l'animal croc-en-jambe de ces étreintes verticales dans l'étrille étripée par les ongles ensanglantés du vent retourné à l'origine de la matière mer échouée depuis l'ombre de la parole remisée dans l'écriture en lois occultes couvertes et recouvertes par les cadavres exquis de la brume qui galvaude qui grouille jusque dans la gorge profonde de la voix encore trop salée pour faire du vrai en souffle essoufflé bien avant le coucher du soleil qui a trop chauffé trop évaporé l'eau de la vie ralentie par l'excitation de la vue encore et encore irrespectueuse de l'âme addictive à l'insolence d'une armée de soldats prêts à en découdre avec un dieu campé sur ce promontoire celui de la pandémie parole passible de mort pour avoir mis l'être au milieu d'un champ assurément libre de vivre tous les délires possibles libre de croasser pour entendre de ce lieu cette voix unanime qui réconcilie et réconforte la vie en société de ces dépenses incommensurables et irrationnelles devant le chaos indécent de la mort.



Thierry Texedre, le 2 août 2016.











jeudi 21 juillet 2016

L'auréole à l'orée de l'aurore



Course inopinée
le nez raccourci
à compter par ici
et par là le robinet
ouvert pour finir
par noyer le pire
l'énormité du dé
qui jamais n'abolira
l'apparition du verbe
décousu et sans rime.



Thierry Texedre, le 21 juillet 2016.






mercredi 20 juillet 2016

D'aucune rive

 Quelles turgescences s'imposent au règne racorni de l'indigne refrain du fantasmatique corps d'écriture étriqué enquillé ankylosé et enkysté dans les racines du chaos sinon la plaie qui frôle la jouissance divine de la peau arrachée à l'entre-jambe macabre de la reproduction le temps s'efface fuyant et impropre à fumer un joint violé par la gangrène du bec poussif d'une expulsion de la pensée risible en gloussant tout autour de la voix qui crie ulcérée par l'impossible sortie de ces mots trop découpés en saucissonnage et le cut-up de ces monstruosités la congélation en phrases apocalyptiques et irrespirables phrases hachées par la décomposition de cette chair sur l'individu illusoire qui dort pour ne plus entendre chanter les graves régurgitations des pensées passant à l'essorage plus vite à sec aspect de la face penchée sur les pieds du corps redressé avant l'enterrement la mise en boite la programmation pour faire disparaître par un court-circuit d'excrémentielles paroles le dire immonde qui tue le monde avant que celui-ci n'entre dans l'hypothétique éternité du néant numismatique.





                       Thierry Texedre, le 20 juillet 2016.












dimanche 17 juillet 2016

Concertation





Concertation

Par quelle force
indécelable le corps
prend en charge
ce tempo nauséeux
qui gouverne la pensée
pour la décider à faire
face à cette perte d'énergie
qui explose depuis
la mémoire et l'espace
musculaire d'un corps
ce manque de décision
cette mémoire arc-boutée
sur un vide qui s'étire
et s'agrandit jusqu'à
ce que la matière cérébrale
retourne à l'origine
de cette glorieuse découverte
qui monte et montre
au nouveau-né qu'un
temps va apparaître mêlé
d'apprentissages ou
de constructions encodées
pour lier au social
l'esprit animé d'un partage
socle inusité nouveau monde
qui s'éveille à la reconnaissance
origine qui prend forme
dans un corps relégué
à l'expulsion la cessation
l'extinction pour finir
par ce moins qui tient
tout le corps dans sa
tyrannique exterritorialité
lueur de l'étreinte
avec la mort qui nous
initie au risque du rien
le néant l'égaliseur
du temps dépecé
qui avale par anticipation
signe qui nous convie à la vie
par cette mémoire
qui souffre du mal de vivre
au déferlement infectieux
l'infestation qui noue
l'esprit au corps
juste où commence
l'inséparable perdition
de la mémoire au corps.


Thierry Texedre, le 17 juillet 2016.








Michel Hénocq dessin








samedi 16 juillet 2016

Plein comme un corps trop nu




Plein comme un corps trop nu

Plein en ce début de journée dans l'ombre d'une ruelle aux murs rapprochés et trop hauts pour laisser passer les rayons du soleil il se réveille presque impuissant à se lever tant des relents nauséabonds lui montent à la tête les yeux mi-clos restent encore collés aux paupières le temps de faire surface il est encore dégoûté par la soirée si bien arrosée avec les potes mais la tête tape comme gorgée aussi des alcools vidés la veille il se souvient un peu de cette superbe rencontre avec une blonde un peu dans le ton du spectacle offert à l'endroit en cette fin d'année scolaire et l'examen fêté aïe quelle torture que ces mélanges cocktails et alcools forts tout ça pour en arriver là mais bon il faut bien s'amuser pourquoi pas se défoncer pour oublier le train train de la vie et les soucis hein bon assez juré il faut se lever maintenant il essaye à nouveau de se mettre debout se tenant à une gouttière toute proche les pieds un peu rentrés et les jambes tremblantes il reprend un peu ses esprits avant de se stabiliser à la verticale les bras joints enserrant le tuyau comme pour espérer se sortir d'un mauvais pas il secoue la tête tel un chat au réveil et regarde autour de lui puis sur lui et retient sa respiration comment est-ce possible qu'il soit torse nu et la moitié du buste peint et passé au feutre et un bras aussi avec la main en plus toute noire il se touche d'autres parties mais ne voit pas son visage peint aussi quelle saoulerie c'est pas vrai que je suis imbibé de la sorte ou quoi pour m'être mis dans un tel état vers midi les rayons du soleil entrent dans la chambre à travers les rideaux tirés et il se réveille se frotte les yeux puis soulève la couette d'un mouvement brusque et regarde attentivement tout son corps nu le touche longuement et se retourne vers la glace au dessus du lit pour se regarder avide de comprendre l'histoire et là rien la peau est lisse et sans la moindre tache avait-il seulement rêvé ?



Thierry Texedre, le 16 juillet 2016.






    

mercredi 13 juillet 2016

La mort Polichinelle




La mort Polichinelle

Quatre à quatre les marches
sont descendues et remontées
par le temps pressé et dépressif
partout se montrent les langues
dédiées ou déliées autour du vol
inconnaissable de la terreur
qui manie l'ordre et l'indifférence
recluses les paroles se terrent
tant et tant de fois qu'un écrit
le demande pour démanteler
un lieu du social soulevé par
le lien inapproprié de la vie
à l'image qui se réverbère dans
l'illusion de la lumière qui luit
pour insuffler au corps un délire
d'exister l'existence de l'immortalité
de la terrifiante inexactitude de l'âme
qui vrombit en sourdine rayonnante
et immatérielle au cœur de l'être
ulcéré par la mort celle Polichinelle
d'un secret qui court partout
et surtout là où l'extrémité de la vie
vire au cauchemar l'être se masque
la face pour mieux faire croire
au secret devant l'accord social
qui frôle l'indifférence pour avoir
pris en charge l'éternité l'air de rien
que la parole reflète elle parfaitement
depuis le devant et le derrière
voilà fatidique le discours parole
qui enfle et grossit et sourd
se met en chasse d'exorciser
le cours des choses l'aventure
du corps suspendu à l'expulsion
celle de l'histoire de la terre
qui ordonne à une intronisation
avant de dépenser ce que la parole
a invité massacre primaire de
la parole en sens inverse de la vie
vraie qui marque pour passer
et non pour avancer le temps
jusqu'au point de non retour
là où l'on ne perd pas la face
pour en passer de la vie usurpée
dans un ciel glaçant d'indifférence
d'un bleu parfait au noir improvisé
du coin de l’œil n'ignore pas la
langueur de la larme qui touche
au fond dramatique de l'amour
en musique qui peint cette autre face
dans la solitude du désert fatidique
et feutré encore entrain de dire...


Thierry Texedre, le 13 juillet 2016.








dimanche 10 juillet 2016

Avant le mot né






Avertissement
Ceci est une fiction dont on
ne saurait sortir quelques
agrégats liés à la temporalité
du langage via la compréhension
de l'écrit.

Avant le mot né

Agglomérat de cellules porteuses
tendues en arc de cercle comme
pour envoyer de la matière en
état d'apesanteur vers des sites
grammaticaux encore interdits
à l'ordre actuel de la rhétorique
sous une constellation de lettres
irréconciliables et ignorées le temps
se couvre d'évitements et de remise
en forme des mots en chocs et liens
improbables mêlant sens et objets
qui vont se contracter et se couper
de la vue encore inhibée par la seule
mémoire occlusive quand à sa portée
identitaire par un pôle imaginaire
un rôle déterminant le montrant
du point de vue de l'étirement
du temps en sections liées à l'objet
inventé qu'un lien peut objectiver
l'antimatière se manifeste projection
d'une excitation du niveau rétinien
pour innerver les neurones cervicaux
et influer sur l'image qui commence
à se manifester intraduisible en mots
ce qui pense montre alors un sens
qui inaugure une multitude de circuits
entrain de passer de la matière à l'idée
idée qui interdit encore au corps d'écrire
sa pensée en mots le néant semble se
soustraire de l'extinction d'un fragment
intelligible précédent se noue un signe
en un ensemble intriqué dans la mémoire
pour commencer un recouvrement
une temporalité nouvelle onomatopées
d'une sortie en voix avant le mot né.


Thierry Texedre, le 10 juillet 2016.








vendredi 8 juillet 2016

Âmes étrangères






Âmes étrangères

Déperdition de ces âmes contaminées
par l'ange noir figure tabulaire du bon
retournement de la foi en douleur de l'âme
vilenie qui détermine l'incertaine vérité
d'un délire pris dans cet autre délire
délivrance de ces maux qui grattent
et consument l'immortalité du rêve
encré dans l'astre insupporté par la mémoire
astre de ce déviant caractère qui montre
et jette l'opprobre à l'image vulgate
l'image qui coupe dans l'histoire
d'une peinture monstrueuse de la douleur
âmes du désuet discours encore prêt
à entamer l'irréparable carnage du lien
en cela concrétisé par la parole affect
lien de la vie à l'ouvrage dans l'immensité
qu'un désir n'aura de cesse d'exalter
en jeux interdits depuis la fin insupportable
de l'érotique livré au risque de l'insignifiance
figure image bloquée dans la peinture
qui tient le temps en otage ouvrage né
de la douleur d'intenter au massacre de l'être
présent depuis l'autre rive l'animalité
d'un temps dirigé par celui de la perspective
qu'un drame puise sa chair dans
ce que la musique essaimera durant des siècles
soit dit en passant la parole musique encore
ce que la peinture n'a de cesse d'exclure
de son format la chair insignifiante
qui loupe la mort dans sa recomposition
entrée dans la danse d'une musique
illusion de l'esprit qui souffre de penser
à cause de ce rêve qui explore et implore
l'indiscrète rencontre avec ses mondes oniriques
torchis qui tombe jusqu'au dessous ossature
de l'indistinct de l'offertoire musique
du temps osé de l'os qui claque des dents
entré dans le vent des sons obliques
en joie de l'expiration de la vie depuis celle
de la souffrance excommuniée dans l'étreinte
tension de ces âmes damnées qui parlent
l'incompréhensible détention qui s'offre
à la vie trop obtuse pour être de l'être là
en réalité d'un présent impossible
à montrer et à dépasser là se dépose
la gloire du vivant en un lieu arqué
arque-bouté et prêt à entrer en guerre
avec la prière guerre des mots et sens
depuis l'entrée de la chair en mots
dépense de cette gloire qui vient
inonder la parole femme de ces pleurs
ultimes mort qui entre dans la joie
résurrection des mots qui se risquent
devant l'indicible jouissance
qui tient bon en dansant sur les corps
fantastiques de ces rêves assermentés.






Thierry Texedre, le 8 juillet 2016.