samedi 16 juillet 2016

Plein comme un corps trop nu




Plein comme un corps trop nu

Plein en ce début de journée dans l'ombre d'une ruelle aux murs rapprochés et trop hauts pour laisser passer les rayons du soleil il se réveille presque impuissant à se lever tant des relents nauséabonds lui montent à la tête les yeux mi-clos restent encore collés aux paupières le temps de faire surface il est encore dégoûté par la soirée si bien arrosée avec les potes mais la tête tape comme gorgée aussi des alcools vidés la veille il se souvient un peu de cette superbe rencontre avec une blonde un peu dans le ton du spectacle offert à l'endroit en cette fin d'année scolaire et l'examen fêté aïe quelle torture que ces mélanges cocktails et alcools forts tout ça pour en arriver là mais bon il faut bien s'amuser pourquoi pas se défoncer pour oublier le train train de la vie et les soucis hein bon assez juré il faut se lever maintenant il essaye à nouveau de se mettre debout se tenant à une gouttière toute proche les pieds un peu rentrés et les jambes tremblantes il reprend un peu ses esprits avant de se stabiliser à la verticale les bras joints enserrant le tuyau comme pour espérer se sortir d'un mauvais pas il secoue la tête tel un chat au réveil et regarde autour de lui puis sur lui et retient sa respiration comment est-ce possible qu'il soit torse nu et la moitié du buste peint et passé au feutre et un bras aussi avec la main en plus toute noire il se touche d'autres parties mais ne voit pas son visage peint aussi quelle saoulerie c'est pas vrai que je suis imbibé de la sorte ou quoi pour m'être mis dans un tel état vers midi les rayons du soleil entrent dans la chambre à travers les rideaux tirés et il se réveille se frotte les yeux puis soulève la couette d'un mouvement brusque et regarde attentivement tout son corps nu le touche longuement et se retourne vers la glace au dessus du lit pour se regarder avide de comprendre l'histoire et là rien la peau est lisse et sans la moindre tache avait-il seulement rêvé ?



Thierry Texedre, le 16 juillet 2016.






    

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