mercredi 31 juillet 2013

Supplice












Strates du corps
dissout dans
l'amertume du
soubresaut interdit
de la peau tendue
stigmates de ces
pulsions averties
par tant de déposition
croix du jour manqué
de ces douleurs
vertébrales qui
sentent la fin
pourrissement
de l'investissement
de la peau autour
de ces aigres
torpeurs du temps
avalé en drame
inventé par la
pensée qui ondule
ressuscitée
des morts en
mots dépensés
il se trame quelque
chose de l'interdit
devant ce monde
lancinant qui
tourne court
avant que sombre
la tentation de
déposer ce corps
en terre tendresse
à court terme
jusqu'au moment
où le souffle s'éteint.





Thierry Texedre, le 31 juillet 2013.

vendredi 12 juillet 2013

De la chair











Soudaine allocution le jour J, vu de loin, pour crédibiliser ce risque de soulèvement de la chair dans cette erratique convulsion de la réalité née. Opération imprimée dans les plis du risque meurtrier de déchirer la surface en soudaine plainte. Voix qui tombe du ciel tonitruant, juste récidive de cette extension qui vient du fond de la gorge, en cris, puis en onomatopées révulsives, puis enfin en début de phrases, coupes dans l'alignement verbal; vers ce voile translucide qui marque comme dans un commencement, l'amorce d'un exercice qui touche au sens; début de ces signes qui ondoient entre doute et réponse devant l'intelligible réflexe de tout questionnement en pensées. Ne faut-il pas forcer la diction dans ce qu'elle donne à résoudre du corps de la dépense? Dans une invulnérable dépossession de la chair via sa déambulation dans le couloir de ce fou athée, atterré dans d'immenses occlusions de la vue fractionnée et attachée à l'image; pour aimer l'objet! Là serait le lieu de la représentation, viol insupportable du corps dans ce qu'il a de plus intime (l'âme?): la chair. Devant quelle capitulation la chair omet-elle ce dire malencontreux qui vient la souder comme sens intérieur qui nous lie à ce grand autre immonde, qui va de l'os à la chair et de la chair à la parole; comme l'incontournable glissement à rebours de la parole vers l'être?





Thierry Texedre, le 12 juillet 2013.



lundi 1 juillet 2013

Le sens de la chair











Choc et tocs d'une cavité qui s'esbroufe en appel au plus offrant, raison déraisonnable; là, le temps s'évade de ces marasmes qui inoculent à l'ostensible vie la peur de continuer l'inévitable danse de ce sens qui vous rencontre, celui du dépaysement vital du corps macabre. Tragédie de ces recourbements incessants vers une fin qui pousse le jouir dans des retranchements inavouables (là reste encore ce mystère inexpliqué aujourd'hui: comment le jouir peut-il, via la chair, se soustraire à tant d'images érotiques?). Enfin, le jour dit, c'est bien une translation qui a lieu; de sa concomitante ivresse, pour salir l'espace de l'esprit demeuré réel au regard de ce qui le met en situation de jouir. Renvoyer cet insupportable esprit aux temps reculés de l'invention d'une mémoire. Morbide mémoire qui tremble plus vite que sa somme rétrécissant à mesure qu'on avance dans ce pouvoir dire immaculé, violé, raturé, rayé de toutes parts par un peintre qui cherche le nom, sur quelle toile tendue à l'aune de l'éclaboussure de la parole en face de la toile; renvoyée au dire insidieux de la loi qui clôt l'immersion de l’œil en tremblements et clignements, pour contredire un dire naissant au centre du corps arque bouté sur la chair diaphane. Partout se mire la chair, vertigineuse, forniquant par opposition à la jouissance de quelque représentation de chose; chose, la chose, la force béante du corps dissout dans la couleur mise en chair pour lentement fouiller dans les doutes horripilants du temps béatement griffonné par la main qui tremble, de dessiner l'être.




Thierry Texedre, le 1 juillet 2013.   



mardi 25 juin 2013

Jachère







Traitement de la lumière
galvanisée en sourdine
le grand chambardement
semble se mettre en quatre
pour hanter les voiles ici
étalés en plis rabibochés
face à ces monstruosités
qui réveillent l'enlacement
incertain d'un corps ajouré

Tohu-bohu insidieux du
cours des choses tombe
dans ces lassitudes étalées
au coin de l’œil qui s’essaie
autant le dire qu'il parait vil
d'attendre l'empressement
d'une irruption cutanée
vite endeuillée l'air éteinte

Point de trace ici encore lu
en vertigineux vers invisibles
vautrés sur un corps d'écriture
moins ténu quand il tend sa
courbe de dos déplacé tel
un arc prêt à visiter le corps
d'écriture pour le pénétrer
pour le déshabiller d'un cri

Chaque jour qui va se chante
en chassant les viles différences
dominées dans ces corps élus
domicile disgracieux d'une chair
inchangée et étirée en rond de
jambes trop grosses pour se
plier chair en jachère que voilà
pointé le nez aquilin à découvert





Thierry Texedre, le 25 juin 2013.

dimanche 16 juin 2013

Fabienne Verdier






















Fabienne Verdier, peindre l'instant par Telerama_BA




















L'atelier de peinture de Fabienne Verdier. Au centre, un immense pinceau constitué d'une trentaine de queues de cheval que l'artiste manipule au moyen d'un guidon de vélo. Crédit : Fabienne Verdier








vendredi 14 juin 2013

Danse en digression




Sussions inassouvies du grand chambardement oral, voilà l'appel au plus haut point de cette source, vie, ersatz, chuchotements de ces pulsions impuissantes; pourrissement du temps en danse oppressante. Frange de l'apothéose de la mort en ce lieu invité et invisible à l’œil. La mort soudain, se tait, pour usurper la vie qui s'invite à l'étalement de ces lieux trop nombreux pour être du ressort de l'intelligence. Lieux indécents de l'amour poursuivi par un plaisir inoffensif, jeu vraisemblable de l'altérité du corps face à sa propre fin. De ce rien qui descend de si près du précipice ostensiblement présent dans la nuit des songes insoumis à la mort, va, l'affolement du désir qui martèle sa chaîne de mémoire qui s'allonge telle une vie précédemment mise en histoire. Traîne! Oh vicissitudes de la mort inhospitalière! Et pourtant pleine de traces homériques, rassasiée par les ans passés à copuler avec la parole assise sur ces alignements pour les faire descendre jusqu'au fond impuissant du point final irrespirable. L'affolement du corps revient sur le devant de ses miasmes hideux, figure insignifiante, grimaces, fracture avec le temps poussé par son soudain souffle. Cœur qui fait perdre de ses battements l'invitation à la vie-oubli, improvisation à la décollation du temps, pour reconnaître ce qui du corps et de sa chair va rencontrer le vrai, l'immanente résurrection de ces deux évents en un; âme impossible à centrer. On entendrait encore ce souffle incertain, de loin, là où rien ne semble aller de soi. Vicissitude de quelle modération sur quelle atomisation de ce corps en une infinité d'exterminations des sons en musique. Là serait le paradis lugubre de ces couleurs si vives, qu'elles rencontreraient l'esprit encore en devenir chez l'homme né. Terre du rien engendré par les démons descendus des cieux pour inviter un corps sexué à d'autres errances, moins mise en chair, pour garder cette mémoire comme toupie d'une folie à venir. Face à ces remparts, aux branches ramenées vers la cime, les feuilles se dressent pour majestueusement prendre du soleil ce que ces dieux n'ont pas caressé chez l'homme aux pieds d'argile. Rater ce suc délicieux qui sort de cette bouche entrouverte, aux lèvres gonflées par l'humidité du corps trop nu. Point de linge, point de chaude vêture, ni de raisonnement dans ces livraisons paradisiaques, seul dressé se tient d'aventure l'animalcule vertébral inoffensif face à ces matières dansantes partout, en grande symphonie, pour couvrir de joie les grands oripeaux de l'homme au sexe dressé. Dans la grossesse couvent les enfantements, par mille possessions et éblouissements.






Thierry Texedre, le 14 juin 2013.             

samedi 8 juin 2013

Humeurs intérieures

















Soubresaut de la terreur
qui s'installe et saute de
toutes parts depuis ces
commémorations peur
de ce vide d'où il flambe
versatile la pulsion osée
de tous ces corps décapités
et puis les infimes infirmités
du temps vont aller forcer
par peur de piquer la peau
le grain de l'aversion saut
de ce petit corps jusqu'au
beau milieu de l'infiniment
petit depuis ces artères
qui gonflent à se gaver
devenus derniers instants
nourriture terrestre terre
de l'infini qui va trembler
on tire parti de cet étrange
droit à pourchasser le loup
paisible qui démange le
pire piqué dans la cervelle
du con qui pense partout
où les verges saoules folles
et trop belles tentaculaires
suceront à s'y méprendre
le plaisir inassouvi qui vient
découper la putain de chair
si inondée des yeux à rendre
l'âme voilà qu'attend le bien.



Thierry Texedre, le 8 juin 2013.



samedi 1 juin 2013

Paroles du sortilège de la peau.









Le risque qui nous reste nous précipiterait dans ce devenir, ce rien ombrageux qui vous suinte des orifices, jusqu'à cette terreur qui frappe aux portes de ces oreilles inattendues. Incertaine digression de ces errements involontaires, vers d'autres contrées, d'autres surfaces à découvrir, le temps de dissoudre un peu de ce dire qui soulève le rien dans une grande tempérance. Voilà ce risque d'élocution qui s'installe, et s'étale pour d'imposantes sollicitudes, de celles qui vous inondent un corps hirsute. Vu ce risque-souvenir, vu ce rapiéçage de la peau tant désirée, en coups incisifs, mortels peut-être, le corps s'évanouirait, au risque de ne laisser qu'un souvenir effacé de notre chair caressée, partout où des odes se seront soulevées dans la joie, et d'exister, dans l'extrême tentation d'être et d'aimer, traversé par l'autre enchéri de quelques doux attouchements. Risquer d'abolir l'aversion pour l'autre aimé, jusqu'à prendre un corps comme si une divination le rendait impossible à définir, impropre à le consumer, à le consacrer peut-être. Voir ce qui semble réservé à d'impossibles réalités, jusqu'au mensonge, celui de cette parodie-parole, de cette pantalonnade amoureuse du néant, du rien ouvert/fermé de cette face déchirée, pour s'entendre exciter l'acuité de l'audition-affection du corps improvisé. On traîne ce raz-de-marée de mots inaudibles, jusqu'au jour qui se lève, la nuit passée par-là, le temps d'extirper du dedans, de sortir de la chair comme une invitation à la compréhension, pour finir par interroger la langue de ses mots inassouvis. De quelle peau sort ce sordide mot, devenu lieu crasseux de la langue inviolée? Sinon de quelle réplique peut-on sortir ces lamentations liées au masticage verbal? Aucune lecture ne peut résoudre l'éloquente destinée de ce corps-cavité qui est l'ordination de la chair. Par quelle simplicité - l'air qui vous sort de cette gorge serait dramatique - se résout la langue? Vrillée, décongestionnée, traumatisée, la langue s'éteindrait à trop se souvenir de ses vertiges. Rassurée, elle se remet à écrire ces quelques aboiements intelligibles, pour que de cette lecture si aléatoire sorte d'une bouche béate et enflée, la verve de l'oratoire vie en un lieu habité, caverne de l'inspiration du temps en devenir, du commencement d'une rencontre de deux corps, de plusieurs corps, d'une infinité de corps jusqu'aux confins de l'univers, là où les étoiles dansent pour tromper l'homme sans tête.




Thierry Texedre, le 1 juin 2013.

      

samedi 25 mai 2013

Travelling












Catatonie du temps
roué de coups par
cet orgasme envoûté
de corps destitué va
vers ces oripeaux qui
sont entassés froissés
et déchirés avant de
passer ces derniers
instants dans les affres
de ces flammes trop
rouges pour sortir la
respiration risquée de
la danse incandescente
et compulsive là est
le risque inespéré de
se passer d'une mémoire
trop fragile pour tenir
dans la durée de cet
enfer notoire né de la vie
de cette petite respiration
tarabiscotée en fin de vie
courageuse compression
du temps qui s'évade
encore et encore d'une
extension moins grave
que d'une suppression
oppression illimitée
de l'espace indifférent
à l'homme trop enclin
à distinguer sa vision de
face pour sortir sa queue
tête dépliée renversée
et ramassée sur un corps
agacé un corps ôté de
sa scatologie mortifère
saccadé ce corps est
enclin à des soubresauts
irréfléchis pourrissement
de la densité du temps
soulevé vers cette fin
entrain de s'élever des
deux pieds pour marcher
verticalement hauteur
au non pensant violé
de ses organes blessés
par le long défilement
de la vie qui vaut pour
s'être déplacé vestibule
ombilic de ces limbes.



Thierry Texedre, le 25 mai 2013 

mercredi 22 mai 2013

Paysage 2




Tout porte à croire
que le temps rend
de tous ses états
la vilaine face de
l'homme encore
trop près de ce voir

Rendu possible par
ces quelques doutes
qui passent par les
sons impossible à
oublier tant l'audible
rentre dans ces corps

Qui traînent où les
grandes étendues
songent à remplir
l'au-delà trop proche
pour déplacer cette
croyance au vide tu

Taraudé par l'envie
improvisée de voir
l'homme s'étreindra
dans les bras du vide
crépusculaire et clos
jusqu'à cette cavité

Couloir qui y pénètre
plus loin au risque
de ne plus se glousser
de la moindre ligne
respirée engouement
du vestibule membre

Champs réfractaires
se remplissant du tour
de roue carré comptent
pour la récréative vie
abstraction action que
renvoie l’immense rêve

Thierry Texedre, le 22 mai 2013.



dimanche 12 mai 2013

Du sang indécent




Sur le sang
avéré du lit
honoré entre
les lignes de
ces dessous
indécents se
livre la peur
pour rire du
grand amour
oublié en coup
de maître nu
ni d'avant ni
du dedans nié
ce sang lent
va louant les
anges d'avaler
par tant de cris
évanouis la vie
pour la vider
de ses poux
puants en râle
sanguinaire là
est l'oraison
funèbre tout
en chantant
l'étreinte tirée
de ce spectre
pubis entouré
de quelle nuit
du désespoir
au milieu tiré
ce trait posé
rosi et béat
pour passer
un temps par
dessus cul et
dentelle pliée
sous les deux
rondeurs du
derrière bombé
impressionné
devant ce grand
échalas de verge
vestige de l'art
vestibule du
fond indécent
de l'âme hurlée
d'un viol attrapé
par tout ce mal
aisé de l'infini
fisté finalement.



Thierry Texedre, le 12 mai 2013

samedi 13 avril 2013

La peau déshabillée




Par quelle liberté
a-t-on le droit
d’arrêter la vie
jusqu’au sommet
du désir envoûté
par tant de peine
de quelle innocence
la vie semble arrêter
l’étreinte poussée à
l’extrême dilapidé
par de sombres
machinations du
coin de l’œil encore
endormi en vain
écartelé par un
front savamment
répudié par ce soleil
satanique satire
devant une flamme
la vie du droit à
vivre intensément
jusqu’au bout de
la nuit de la nuit
ourlée dans les bras
de l’infini soulèvement
de cette liberté en
tirant sur la peau
pour mettre à plat
cette conscience
indésirable du viol
d’une peau désertée
désir inassouvi de
ces sens entrain
de chercher l’accord
avec la surface
en peau déshabillée
par tant de sourires
liberté désirée tu as
de ces déambulations
pour t’évader et
t’évanouir jusqu’au
fond caché de nos
êtres dénaturés
être là pour éviter
le temps tant que
le corps s’ouvre à
d’autres hémisphères.




Thierry Texedre, le 13 avril 2013.

mercredi 10 avril 2013

Capture







 
Capture du champ de la possession du commun, dans l'usage qui en est fait de sa terreur de tenir son ouverture; capture d'une utilisation du sens, par ce qui forme le signe: la répétition dans l'invitation à l'image.
On traiterait le corps comme si ce commun se risquait à garder en mémoire, d'une mémoire plus éloignée du sujet dans la répétition - dans un temps qui s'émancipe de son immédiateté – la somme d'évanouissement des images qui ondulent dans l'exploration de la cogitation au début de sa formation (dans l'information transformée en une forme que l'imagination reformule).
Le vol incertain de ces images rencontrerait ainsi l'arrivée d'une gestation de sauts phoniques que le corps transgresse par des gestes opératoires, comme addition, addiction à ces images, en les fixant; vestige qui parle de circonscrire, en inventant une reconnaissance que ce commun signe en multipliant les « prises de vues ».
On traite ce corps captif de sa vue transgressive, pour en tirer les réseaux liés à la parole, pour développer, dévoiler et lire ces signes en touchant au pouvoir de futurs mots reliés, écriture qui double la parole pour exposer un corps parlant possédé par la virtualité d'un commun insurrectionnel.
Les sons, davantage, reviennent pour traverser la naissance d'une langue, en nombre si important, que ce commun résisterait jusqu'à dissoudre la parole dans l'art d'exprimer un ordre musical qui combine l'excès et l'impossible unité de la voix, même défendu par ce commun.
Collage pour initier le commun - la voix s'interposerait à ce commun, par l'exploration de l'art musical, jusqu'à renvoyer sur le commun une force d'attention, un obsessionnel retour en voix dans l'écriture - le poussant à extraire une image fragmentée d'un corps comme « double/identité ». Sinuosité d'un désir imposteur, vers une terminaison, nerfs à vifs, peau qui vient soumettre à la mémoire sa douce hétérogénéité, vers le début d'une probable érotisation de l'appareil sensoriel du corps humain.





Thierry Texedre, le 10 avril 2013.








lundi 8 avril 2013

Prière en dessous des vers









 
Sous quelle émission
les bruits vont-ils en
se transformant en se
montrant et changeant
de pied depuis cette ivre
sonorité d'une musique
entrain de chanter la
mort Te Deum pour un
jour nourri pèle mêle
les sons se remplissent
de cet amour divin pour
une vie en pleine éternité
s'embrasant de la mort
dans une rencontre quel
firmament depuis ce ciel
de la cicatrisation du corps
soulevé par tant de maux
maudits qui dévalent la
grande impuissance de
l'homme face à l'élocution
de la douleur infinie d'où
sort l'abstinence irrésolue
de ce corps qui est martelé
la chair suppose exister
en partant de cette mort
insurmontable quand bien
même la vie se met à croire
depuis la petite mort qui
chante dans l'ivresse
haut et fort ce requiem
communion en contrastes
insupportables de la plaie
de la lumière dressée de
ces corpuscules indécents
et indigents jusqu'au bout
de la nuit noire en pleurs
accomplis en danses niées
du gosier trop sec pour
contracter la peste langue
en vers innocent râle juste
à temps avant que cette
parole de verbe n'arrive.




Thierry Texedre, le 8 avril 2013.







vendredi 29 mars 2013

Musique




Quel tempérament ce sacré qui ondule dans nos cœurs. Coupé de toute ergonomie, le corps peut encore se mettre à souffrir et aimer dans une allocution verbale et celle plus forte, de la musique, de celles dont on dit qu'elles sont de la grande musique. 

Véritable passation des pouvoirs entre celui qui est de l'ordre des lois sociales, et celui dont on ne retire comme pouvoir que sa lecture plus proche de la peau, de l'affleurement de la peau, vers cette intériorité du corps d'où les sens partent, en images drapées du risque d'infinies représentations qui se répètent inlassablement pour trouver ce plaisir qui inocule à la chair sa très sainte satiété. Musique au long discours enflammé par les sons qui frôlent et rencontrent le cœur plein du désir inassouvi de jouir dans l'infiniment grande acception du corps amoureux. Écoute extraordinaire de ces accords évanescents et suspendus à trop de béatitude. Le vent et les sons vont et viennent en irruptions atomisées dans ce corps de la dépense; là encore le regard semble pris en défaut. Jeux écartés du temps présent qui s'essouffle de trop rencontrer l'espace du corps qui pense. Pense pour avoir écrit ces exhortations pour en jouer, en prendre acte, les exposer au temps de l'air, de l'air qui souffle jusqu'au futur qui se trouve pris dans l'écriture musicale comme composition de la dépense qu'un corps qui pense peut d'écouter sa chair, avant que l'écriture ne revienne dissoudre l'air entendu, comme disparition inévitable de ce présent dans un ordonnancement de la mémoire; là la mémoire rétroactivement se risque à d'autres images pour inventer l'écriture musicale de son futur présent. Du sacré, voilà qui sort fort bien de ce présent pour que ce corps croit encore à sa pensée en passant par les ondes qui transportent les sons insufflés par l'étant de l'être là comme disposant de sa chair pour dominer sa dernière parole, la dépasser, la transfigurer, et rencontrer l'apothéose dans l'écoute magistrale d'une composition instrumentale encore trop sourde pour être entendu, sous les coups de ces artifices dont on sait qu'ils servent d'instruments, de relais pour déposséder l'être de sa complétude, de sa fracture avec la parole identitaire d'un sujet pensant. On traite de dérive la musique qui semble s'étirer sur des refrains, ou sur une répétition des accords, pour user de la transe, comme bombardement de l'intérieur du corps; jusqu'à le priver de cette pensée qui viendrait se fixer dans une horreur de sa dramatisation du corps qui ne jouirait qu'à ne jamais penser? Qui ne jouirait qu'à ne plus penser la douloureuse fin de son temps lentement revisité par la mort, le vide, la perte de mémoire programmée par le corps qui se délite. 

La résurrection que la musique propose, est l'enveloppement des sons dans les plis de la peau. Caresse sur un temps inassouvi, enfoncement de l'air entendu dans l'extrême intériorité de la chair, vers cet être insoupçonné, jusqu'à l'âme transfigurée par l'allégorie envoûtante, telle une drogue, d'une musique qui s'allonge aussi loin qu'un corps a de se délivrer à découvrir ses plaisirs cachés. Voila donc l'extériorité de la musique. Tête à tête avec l'autre composition de ce continent sauvage.


La sortie de ce fléau qui rogne l'esprit du très oublié corps, c'est encore rencontrer la musique comme si celle-ci, en sons économiques, venait à recomposer le corps qui musique avant la lettre, juste déroulement de la peinture qui commence, hypertrophiée par une jouissance qui n'en finit plus d'accomplir sa très fragile reproduction des sons, dans une récidive inquisition du corps enlevé de son élévation colorée.




Thierry Texedre, le 29 mars 2013.

samedi 23 mars 2013

Du juste temps



Sous quelle disposition le temps se soude? Vers sa terreur de la vie, versatile irruption de la nature qui dresse sa peau, comme commencement de la représentation. 
Sous quels hospices la vie tient, devenue maîtresse de la chair, pour construire cette terrifiante culture, celle qui confirme l'intelligence de l'animalité faite pensée? De biais, le corps se met à reprendre et à reconnaître l'altération de la vie sous différentes formes et différents états pulsionnels du corps pensant. Ce corps dissout dans l'immensité de la matière, semble coloré, plutôt mis en couleur, pour expulser cet aveuglant registre de la mort, partout présente dans la chair. On tient là l'apothéose d'une vérité qui se mettrait à renaître, juste pour éviter de ne pas faire volume, du volume de ce corps dessiné dans la sculpturale hérédité de l'art. Voir, voilà que se pose la question qui suinte fort la nécrose, immanente forclusion du terrible coup de butoir sur l'intellection de la foi, que cette foi soit la voie surannée qui s'impose à la vision, d'un corps pris dans la parole; de la parole, prisme de l'envie d'explorer les orifices du temps de la peur d'y voir? Fragile sinuosité de la peau qui s'émancipera plus avant, de sa surface, pour produire, avec la répétition, ce fracassant pouvoir de reconnaissance du temps. Le temps serait cette irruption de la raison dans l'impossible arrêt de la vie, comme lieu de la conscience, lien avec la pensée en action; l'action painting peut-être du moment révélé de cet inconscient mis à découvert? Le temps se souderait donc sous l'effet de l'action painting? 
Dans quelle peinture ce temps provoquerait-il assez de réalité pour faire croire à l'autre, ce nouveau qui vient se mettre de travers dans le temps représenté comme action? Voilà le pire scénario qui se jouxte à celui de l'inversion du temps comme corps d'écriture ou corps de l'animalité. On tremble à l'idée de croire ces chefs-d’œuvre comme le déroulement de l'irrésolution de la pensée qui sert l'incompréhension du désir devant l'être; sujet du questionnement? Folle extinction de la chair qui semble s'arrêter là où le corps concave s'ouvre. 
Corps concave? Corps de l'intériorité des sens, exploration de l'illusion de ces corps comme chair de la béatitude, chair de la jouissance, chair de la douleur, comme chair de ce corps diurne aussi. La nuit du corps serait alors la mise sous tension de sa désespérance; celui-ci viendrait à se retirer de la voix, de la parole, pour alors seulement produire ce corps de chair anonyme, traumatique, tronqué et hystérique.
Faut-il que ce temps de la forclusion se soude? Est-il irresponsable d'aller chercher un autre temps qui "colle à la peau" de ce réactionnaire temps présent ? Le réel de ce temps n'est-il que le reflet mal extirpé d'un autre temps plus transversal, de ce vivant héritage du temps socialisé qui interfère sur notre état de pensée? Je crois que cette foi doit s'empresser de reconnaître quelque matière picturale qui a à voir avec cette autre foi dont l'histoire dira qu'elle est pour partie cette nouvelle sortie du coin dans la plaie béante du corps de l'humanité en mal de foi.

Thierry Texedre, le 23 mars 2013.


"Aujourd'hui, au XXIe siècle, le néant guette la peinture. Le rasoir d'Ocham a trop bien fait son travail, par élimination, destruction, réduction, décomposition. Fin de la peinture, mort de l'art ? C'est le moment de la vidéo, de la photo, du film, de l'installation. Mais tout cela peut être aussi l'art. Je crois que Bill Viola est un grand artiste. Seulement il s'agit toujours de l'image reproduite mécaniquement."... "Or la peinture possède un plan, une dimension qui est proprement la sienne et irremplaçable. La peinture est une sécrétion humain, travaillant directement dans la chair de la matière. Il y a une présence physique immédiatement, viscéralement vécue. Dans la peinture, c'est la chair qui devient verbe.
Et cette sécrétion chimique, alchimique, continuera avec de hautes et basses périodes, mais sera toujours présente tant que l'homme vivra encore sur cette terre ou même peut être ailleurs sur une autre planète, quelque part dans le transfini des univers." Judit Reigl



l'atelier de Judith Reigl



jeudi 21 mars 2013

Les plis du temps










 
Travers du coup
sur la peau qui
lit l’œil frappé
par on ne sait quelle
poisseuse vérité
sur la béance du
col poli pour
s'asseoir dessus
vertueux et
éthéré c'est l'envie
le trou béant de
l'exactitude du
temps taraudé par
la parole
du désir
malhonnête
qui va boucher les
orifices justes
c'est pour rire je crois
juste pour écrire ces
quelques notations
improvisées dans
la couleur du temps
un grand coup
de derrière la
dérive du corps
qui s'affale de tout
son long ligature
des trompes l’œil
ne peut plus pleurer
il est rond et le
corps se convulse
déjà pour se lier
avec la mort
à trop y voir
la lumière et
les sons sur la
plus énigmatique
musique jouée pour
les funérailles de
l'amant dénié devant
la parole de ce dieu
unique parole qui
couvre tous les ans
amoncelés dans
cette souveraine
souffrance du jouir
qui jalonne les
rives du corps
secoué dans sa
chute sans cesser
de naître il file
dans l'espace de
l'esprit arythmique
de sa queue collée
au fil des ans
sur une peau
intérimaire triangle
des annonciations
de ces chuchotements
anonymes et féminins
en filigrane apostrophé
se range du côté des
amphétamines
pour convaincre
le sort du monde
d'aller dans ce
sacré en coin
certainement
en train de se
faire dévorer
par le temps
tantrique.




Thierry Texedre, le 21 mars 2013. 


 

mercredi 20 mars 2013

Sinuosité de la peau niée




Secoué par le temps du court recourt à l'asphyxie instantanément tournée vers l'avenir de la polémique entre la vie et la mort, ce renégat de corps va choisir ou choir. On le traîne dans les plus pitoyables aspérités de la peau pour jouir, jusqu'à rompre avec la paupérisation de la pornographie, juste fin de l'hétérogénéité dans l'irréalité de la parole qui se répète inlassablement, traversant les rivages irradiés de l'amour qui s'évade dans l'espace de l'hystérie. Déplacement du corps qui est un corps prématuré, rouage de la parole refermée dans la répétition inaugurale de l'écart jouissif du corps avec sa dramaturgie. La fin tragique de l'homme dans sa dérive sans nom du corps voué à l'obscur tournoiement de cette vérité qui s'efface au profit de la réalité, va le conduire à recommencer sans cesse, avec l'écart qui le destine à la reproduction, une rare empathie pour l'analytique résolution de son être tourné en dérision par le corps hypertrophié de l'exaltation pour sa peau ouverte en dramatiques sens expulsés par « l'avent » de la naissance du lieu de « l'endroit » résurrectionnel. Fétichisation de la naissance pour expulser de ce corps ce qui le met en situation de jouir, jusqu'au lent passage vers un volume lumineux de son intégralité. Utopie ou vérité qui ira jusqu'au déchirement probable de la peau. Contorsions qui semblent ne cesser que pour laisser la place à ces replis du souffle en catatonie, voix qui supplie et danse avec les onomatopées, faisant volte-face avec sa laideur, son grain de peau taraudant cet être jusqu'à son inconsistance, son insuffisance. Tout semble se rétrécir jusqu'à la peinture qui remplace ces mots avalés, altérés, par l'énumération de ces sens, en lieu et place d'une peau tirée à quatre épingles. Avançant dans une matière colorée qui frappe la peau - jusqu'à relever la couleur, chaude censure du corps coupé, plages outrées, ouverture de la chair jusqu'à cette innocente inquisition du dedans par l'esprit qui traverse le corps de la jouissance pour exister – l'étant se justifie par son irremplaçable visitation du corps-matière inopinément revenu, de l'être diminué jusqu'à son plus petit grain visible (le grain de la conscience insupportable à écouter). Le corps tombe donc à n'être plus que le gramme inconscient de la vie qui s'étire comme peau du néant nébuleux. Ce qui revient à dire que la peau n'existe que comme interdit du temps nié.



Thierry Texedre, le 20 mars 2013.