Une textualité qui recherche en permanence son écriture et sa peinture, sans toutefois entrer "en représentation", le lieu ? Une musicalité, pas dans "le son" d'une lecture qui reste aléatoire, mais dans ce qu'un sujet peut de penser: où en est son image, la scription ?
Peinture/Musique
jeudi 8 août 2019
Vestige
L'ourlet décousu
Tire sa révérence
Partant au soleil levant
L'attente le repli l'instant
Troublant de la mémoire
Devant l'imminence
Du désordre apparent
L'impossible désert
Qui est ce qui joue
L'existence de la chair
Dans l'éjaculation
De la mémoire montrant
Le monde tel qu'il est
C'est-à-dire irréel
L'art s'y live
Pour ne pas
Tomber sur
La mort la pluie
Acide jetée sur
La surdité des plis
De la peau mortelle
La couture qui craque
Jusqu'à perdre haleine
De la respiration foetale
Du désir oublié à cause
De cette mémoire
D'une déviance
La dérive l'oubli
L'irrésistible ascension
Vers ces sommes
Ces drames et frasques
Que l'humanité nourrit
À cause de la mémoire
Qui est causer parler
Avant de dire ce faire
Qui tourne autour de
L'affaire le vestige
Dont on ne peut
Se départir se défaire
Parce que c'est la mort
Qui fout en l'air
Le corps pour l'initier
Lui faire croire en la chair
Avant qu'une mémoire
N'abolisse la mort.
Thierry Texedre, Jeudi 8 août 2019.
vendredi 12 juillet 2019
Raccord
Raccord
Sur
cet accord
La
ligne s’éteint
À
mesure que monte
l’air
de l’étreinte
Ligne
écoutée
Ligne
raccourcie
Par
le temps pressé
Le
tempérament
Lointain
de l’effacement
Au
futur fragmenté
Se
plait la ligne
Ici-bas de
la courbe
Curviligne
décousue
D'un
tam-tam
Sans
fin ni début
Aux
oreilles du plaisir
Qui
sort par les orifices
Du
trou noir exagéré
La
ligne qui danse
Sur
le fil d’un béat
Jeu
de piste
Sur
quoi on s’attend
Au
risque de dessiner
Pour
faire apparaître
La
figure du présent
Dévisageant
le corps
Monstrueux
du réel
Tarabusté
par l’esprit
Qui
dessine en rond
Pour
se sortir de l’art
Enflammé
d’une main
Qui
peint ses couleurs
Pour
faire taire ce quoi
Qu'il
en soit du corps
De
l’élocution devant
Ce
savoir orchestral
Du
dessin en notes
D'une
musique déjouée.
Thierry Texedre,
le 12 juillet 2019.
gouache de Lise Roussel
vendredi 28 juin 2019
Voix
Frei Carlos ( ? - 1540)
peintre
portugais d’origine flamande
Annonciation,
vers 1520, 197,5 cm x 198 cm
Voix
D’une prolifération
La mort sort de la plaie
Pour lentement s’ouvrir
Au risque de montrer la vie
Voix émasculées
De la gangrène enlevée
Et élevée au rang de la gloire
Taraudée partout sur les aires
De la peinture entrain
De peindre sa propre mort
Voilà les voix qui s’élèvent
Au plus haut point
De ce ciel circonspect
Tourné vers la croyance couchée
Sur la terre inséminée
Jeux de ces voix puisant
Au cœur aseptisé
De l’insémination irréelle
Du sexe en jets du fond
Peint grand réservoir
Pour nier ces voix de la mémoire
Qui tremble pour avoir déjouée
L'immanente résurrection
De la naissance d’une polémique
La guerre qui tombe
Sur les errances de la vie
Qui parle pour croire qu’elle est
Terre contaminée du vrai
Sur les replis d’un délire
Du genre humain
Monté sur son atomique
Électrique et élastique
Pour danser l’impossible
Immortalité du sexe
Sans une reproduction
De la séquence femme
En jeu pour dire ce
Qu’un Paradis a de nauséabond
Voilà que sort la peinture du fond
Obscur de la vocifération
D'un pensant improvisé
Pour sortir l’œil du regard.
Thierry Texedre, le 28 juin 2019.
jeudi 20 juin 2019
Prosternation 2
François Burland (1958-)
artiste
plasticien
Prosternation 2
Un
temps du soulèvement, un attentat à la vie, pourquoi ne pas désirer
ce qui reste ; cet ersatz, ce sacré qui vole au secours de la
prostration du corps face à sa mort ? N’est-elle plus ce qui
montre au corps sa soudaine inopportunité ? Un viol a donc été
commis sur la parole, pour masquer au corps sa subtilité, sa chair.
Qu’est ce qui monte au cœur de la chair, sinon cette expression
dont on croit que le risque de l’âme est sa mise en scène.
L’attirante réverbération du centre de ce corps montré comme
chair, ce qui est subjuguant de sa jouissance, c’est quelque chose
qui a à voir avec l’âme noire. Photomontage de cette chair
exfoliée dans l’âme représentant ce qu’une peinture emporte
dans sa profondeur. Bain intérieur d’un corps montré dans la
peinture pour allonger le corps, le tirer pour ouvrir les extrémités
à l’intérieur de la chair ; bouche, anus, oreille, sexe, nez, œil
pour tenter une remontée vers l’origine qui n’est pas la vie
mais bien la mémoire. Ne faut-il pas se prosterner devant cette
chose hystérique par le parcours d’une sociabilité en devenir sur
l’axe naissance/mémoire, pour traverser un jeu, l’interdit qui
met en lumière une peinture de l’âme noire dans l’introduction
à la reproduction des corps ?
Thierry Texedre,
le 20 juin 2019.
mercredi 12 juin 2019
Plis et contre-plis de la peinture
Suite Grünevald (1994-1996)
Gérard Titus-Carmel (1942-), acrylique sur toile, 256,6 x 332,6 cm
Plis et contre-plis de la peinture
Plages
inséparables du tremblement révulsé de la peinture qui par la
plaie pulse ces désaccords au sein d’une pluie de couleurs. Parts
égales du tremblement vénale qui s’éteint dans la cadence
inconsidérée du livre qui se dessine ici, au plus près d’une
terreur de la coulée de couleurs intemporelles et divagantes, pour
réécrire la peinture sur ses actes assassins, et pour inventer
cette erreur du temps à malmener la peinture qui se figure sous les
coups de la parole atomisée. On entrerait en possession, de celle
qui parjure la représentation comme indice d’une abstraction en
devenir. Si rien ne tient dans la figure peinte d’un acte
aléatoire, sans l’immersion dans la couleur, alors cette peinture
ourlet, cette inconnue du temps que l’œil dévie, ce sacré
intérieur de l’être tendu pour musiquer la chair, ce drame de
l’immanente résurrection, tout cela se met en mesure alors
d’inventer ce qu’une peinture a de nommer un présent comme
représentation, comme réactivation de la vérité qui se met en
branle quand on prend le peintre en flagrant délit d’immortalité.
Un peintre est né communément quand il referme le dire dans
l’aplomb d’un format configuré dans les arcanes de la puissance
d’y voir ce qui peint un réel contre l’irréalité même du rêve
éveillant la représentation de la figure humaine plongé dans les
abîmes de la matière. Depuis quel mystère la peinture s’épanche
pour induire cette autre parole, infantile et jouissive en surface,
pour plonger alors dans les abîmes de la couleur compromise, de la
peinture qui illumine la croyance en train de se montrer depuis ce
qui la pense, comme lieu De profundis de l’instant du deuil aspiré
de la peinture dans l’histoire, de la peinture qui se meut de
mourir sans cesser d’approcher son sujet, sans montrer ce sujet
autrement que versatile.
Thierry Texedre,
le 12 juin 2019.
lundi 10 juin 2019
De la décollation
Le Caravage (1571-1610)
la
décapitation d’Holopherne par Judith (1599 ?)
De
la décollation
Ô
Dieu plaie de la vie
Travers
de la mort
Usurpée
dans cet élan
Introduit de
la guerre
Prière
qui souffre
Au
plus haut point
De
ces lamentations
Oculaires
ou crépusculaires
L'air
irrespirable du temps
Découvert
d’un ciel étreint
Par
l’amour insatiable
Et
tempétueux devant
Ce
mur lamentations lues
Dans
cette illumination
Qui
tremble de voir ces corps
Si
paisibles la face cachée
Pendant
qu’une prière
Vient
rêver les tableaux
D'une
peinture qui voit
Ce
qu’un dieu déplace
Fracture
de la chair
Dans
l’être d’un sujet pensant
Sa
fin comme ivresse et sang
D'un
retournement phénoménal
D’un
gramme érotique
Traversé
par la matière
Insupportée
du corps saint
Danse
inaudible en tête
Hallucinatoire
dans sa décollation
Partita
de l’insoluble expiation
Qui
résonne par l’homme
Improprement
pensant
Sans
sa mise à mort
Comme
lieu de ce qui le pense.
Thierry Texedre,
le 10 juin 2019.
vendredi 7 juin 2019
Vertige d'un corps blanc
Vertige
d’un corps blanc
Trouée
du sordide excavé
Sorti
de nulle part et violé
Par
les astres et aussi
Rabattu
sur ces voiles
Austères
taraudés par le temps
Ce
corps blanc escamoté
Tend
vers cette sortie le pli
Polymérisé de
la parole
Qui
hante la chair chassée
De
ces démons crépusculaires
Doux
ciel matador du glissement
Vers
l’intérieur en jet
Voilà
le risque ontologique
De
réverbération du corps
Sur
le blanc comme plein
Lumière
de cette vie jet
De
la jouissance pénétrante
D'un
corps sujet de la plaie
L'être
vêtu de blanc le blanc
De
ce vertige qui s’agglomère
Au
risque du rien à la fin
Impénétrable
d’une mort
Sans
risque et sans âme
La
vie aussi se jette à corps perdu
Dans
une mort indélébile
Dans
un corps d’écriture qui n’a de cesse
D'installer
celle-ci au plus près du centre
L'en-deçà
de la parole comme chair
De
l’intériorité intentée du centre
Jeté
en pâture au jouir jubilatoire
Le
jouir d’un œil livré au ciel
À
la pandémie qui se rend
Tant
et si bien aux portes du paradis
Le
paradis ce partage qui se centre
Au
cœur de l’apologie le drame
Qui
tient le corps au blanc d’y voir
Ce
noir passer un temps à fragmenter
La
représentation parce qu’elle naît
De
ne plus voir le centre
De
ne plus passer par la rêverie
Pour
soulever un corps sauvage
Pour
l’emporter vers sa liberté
La
liberté d’élocution du sexe
Publié
pour donner du sens
Pour
l’érotisation de ses sens.
Thierry Texedre,
le 7 juin 2019.
artiste
peintre Emilie Picard (1984-)
mardi 28 mai 2019
L’œil
peinture d’Allan
Villavicencio (1987-)
L’œil
Quel
accident
Fortuit
ou forclos
Cet
œil instable
Invite
au regard traversé
Instance
de la vision
Qui
frôle un paradis
Le
rejet de son être
L'étant
de ce transfert
Transgressé
et mis hors
De
ce format qui sied
À
ce corps déviant
Pour
avoir mis en forme
Ce
que l’œil pendu
À
sa pensée l’intériorité
Montre
comme absence
Dense
et insensé
Le
front ouvert
À
cette chair risquée
L'œil
s’évanouit
À
mesure qu’il rencontre
Cette
extériorité
Ce
sas véridique
Pour
entonner
Un
champs de l’accident
De
l'incertaine expiration
Du
jeu entre l’œil et
L'incidence
peinte
Qui
montre un corps
Solstice
un corps deviné
Thierry Texedre,
le 28 mai 2019.
mardi 21 mai 2019
Le corps crépusculaire
Sergio
Moscona (1979-)
artiste
peintre né en Argentine
vit
et travaille à Quito, Equateur
Le
corps crépusculaire
Athée
et ténue la nudité
Surexposée
s’enflamme
Dans
l’infini dessein désuet
Le
destin du dessin
Qui
s’étire se soustrait
Et
se soumet au tremblement
De
la main sulfureuse
Pour
expulser pour jouir
Sur
la blancheur l’étalement
L'exaltation
de la figure
Insoluble
de la dépense
Entrée
dans l’invertébré
De
la séparation des corps
Sous
quelle haute tension
Tant
que ces fils illicites
Vont
et viennent vociférant
Par
tous leurs ébats bannis
Par
la censure insensée
Du
nu défendu par l’autre
De
face ou de la tête
Aux
pieds en suspension
Du
tremblement de l’œil
Qui
voit par derrière et
Le
rentrer pour le cacher
Du
risque c’est l’enfantillage
Plaisantin
de la naissance
Qui
s’agglomère à mesure
Que
l’art s’enflamme
Contre
la censure
Forclusion
du corps entier
Jeu
contre ce non-dit
En
train de naître
Là
gît la conspiration
Un
temps de la vaine
Impression
du corps mortifié.
Thierry Texedre,
le 22 mai 2019.
jeudi 16 mai 2019
Sens
Marlies
Wagner
peinture
« Vérité »
130x140 cm, 2019
Sens
Dessus
dessous
Le
sens plaie du corps
Obstrué
par le temps
Relique
du sang
Voile
de la plaie
La
vie se contracte
Contraste exhibé
Du
risque de taire
Cette
expiation
L'excitation
des sens
Pour
jouir pour dire
Ce
qu’un corps
A
de mimétisme
Sur
la parole
L'exclue
de la chair
Pour
avoir dessiné
Le
sens depuis la vie
Un
sens sans dessus
Ni
dessous
Voilà
tout ce qui sonne
Aux
oreilles de la mort
Car
la mort tient
La
vie sur des plaies
Les
plaies qui retournent
Jusqu'à
son abjection
La
vie en trop
Jusqu'au
soleil noir
De
l’essence d’une ombre
Du
commencement du noir
Qui
inaugure une autre
Extension
de la vie
C'est
l’infini alors
Livré
au recentrement
De
la lumière la terre
La
tellurique fournaise
Du
feu plein la tête
La
tête en train de tourner
Pas
rond jusqu’à ce sacré
Le
son en sens inverse
Le
son de son fou
Furtivement fagoté
Par
la parole la plaie.
Thierry Texedre,
le 16 mai 2019.
« Marlies
Wagner
conçoit et combine de manière additive des éléments qui ne
s’appartiennent pas réellement, créant ainsi une sorte de monde
onirique complexe qui semble familier au spectateur, mais aussi très
exotique et étrange. C'est comme un puzzle qui ne manque de
rien, mais aucune pièce ne peut être en trop. »
L’inconnaissable
Contrition,
voilà l’acte qui fait réverbérer la chose représentée, pour
exposer au corps pensant sa torpeur, ses songes comme exaction de la
solitude d’un corps pris dans une mémoire. La tentation de ce qui
pense serait une tentative d’extraction de l’être reconnaissable
parce qu’il vient de ce fond, du fond indécent du non-sens
expulsant cette bribe de mémoire qui inocule un pouvoir à l’être
par la présence d’une immersion dans l’indescriptible tension
avec la vue ; vision qui frôle l’asphyxie du lieu dans une
exhortation au monumental bestiaire qui rentre dans un corps de rêve.
Le rêve immatérialité du présent et pourtant songe dans ce corps
qui pense pour extrapoler l’être, le devancer. Où s’emmêlent
les fils de l’inconnaissable lieu d’une représentation du monde
indicible et traduit en songes sur la toile du peintre inopportun.
Cherchant un nom, ce peintre n’a de cesse de recommencer l’art de
peindre, pour immortaliser la féérique maîtrise qui est la sienne.
Un temps passé à renverser l’être d’un corps pensé pour
espérer songer ce qu’une parole a de retard sur la peinture ; la
peinture peint ce qu’une parole rencontre, de l’ultime
déploiement qui frôle ce corps d’élocution insensé, ce corps
qui pose les miettes de la parole quand cette peinture dépliée
donne à voir ce double rêve/réel dans un temps du dépassement de
l’être, parce que la peinture “voit” (elle fabrique du voir
comme objectivation de l’être, là comme si un temps au présent
menait la parole au plus près de cet être), avant que le corps ne
pense, dans un état de “transe” (de cette trans-formation)
qui met le sens, sans cesse, sans dessus dessous.
Thierry
Texedre,
le 17 juin 2019.
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