vendredi 13 avril 2007

réponses à quelques questions 8

Qu'en est-il aujourd'hui de l'esprit,
peut-être n'est-ce plus d 'esprit que
nous devons parler?


Thierry Texedre - Si nous nous employons
à ressortir l'esprit de sa case départ de
son contexte d'espace, de calcul, de
l'être possédé en somme!, c'est aussi pour
faire face à ce qui me semble naître au
plus profond de l'inconscient: le schisme.
Il y a un schisme entre l'esprit et le pensant.
L'esprit ne devient Saint qu'à penser la loi
par l'acte qui le tient du corps parlant. La
dérive de l'église est la même que celle des
sciences. Mais dans ce particularisme,
nous avons eu une secousse: la psychana-
lyse qui en partage la véridique présence,
d'un corps pris dans l'opacité de sa mémoire,
apprentissage de l'esprit loin du pensant,
par sa symbolisation et l'inconscient qui
en retour remonte comme étirement social
de tout ce qui n'est pas le présent, l'actuel,
le vrai, que le corps dans son entier expulse
sous formes d'actes manqués, de lapsus, etc...
L'esprit venant d'ailleurs (le chercher n'est
pas le temporel, le vrai, il doit être replacé
dans le réel qui le tient du pensant: c'est la
place du vréel, soit qu'un corps pense qu'un
corps est parlant), le penser passe par le
corps fait chair tout comme la peinture a su
réagir à son état d'impasse religieuse au
moment où elle découvrait la chair de sa
chair dans l'immaculée Conception, dans la
pure création de l'esprit Saint; de ne pas y
toucher sans réveiller l'affaire de la Figure,
de la Sainte Face. La matière de la peinture
s'est faite chair avec l'huile et la transparence
des couches de peinture qui amènera la
géométrie euclidienne à son point de non
retour avec l'esprit. Là est la rupture avec
l'esprit comme risque spirituel, pour en
ressortir au XXième siècle dans du spirituel
dans l'art. La peinture aura été Marie avant
d'être Esprit de Dieu fait homme et qu'elle
fut féminité avant d'être Un (le corps pensant).
D'où tant de représentations de la chair dans
l'histoire de la peinture. Corps /volumes,
corps voluptueux. Mais cela ne tiendra pas
devant un pensant rebelle, rétif, l'être prend
le devant de la scène la scène se prostitue,
n'a-t-elle pas d'autre choix? En peignant des
femmes des nus plus nus plus décharnés,
pour faire comprendre au corps qu'il est
pensant, mais encore qu'il est parlant!
Nous en avons eu un Manet, un Cézanne,
puis un Picasso, et encore un Cane; ça
n'arrête pas de faire sauter les regards!
Pour y voir non la représentation euclidienne,
mais la Vue, de cette vue qui est le passage
avéré du pensant pour que le corps soit,
dans une transfiguration,révélé à l'esprit;
dans sa chair en parole/peinture.
N'est-ce pas là une révolution à retourner
les esprits! Par l'importance de la
transmission de la parole par une scription
qu'en donne à visiter la peinture en état
de figuration.

le Christ aux limbes, vers 1450 -1516 Jérôme Boch


jeudi 12 avril 2007

à quia, deuxième mouvement 3

pour crier qu'elle peut l'infester!
qu'elle veut surtout tomber
dans la sombre affaire:
c'est là que se ferme la marche.
monter descendre remonter...
chercher à quia... ce qui
veut bien résoudre le sens, le pli
d'une telle affliction,
d'une telle descente aux enfers...
quoi? rien!
à quoi on crie que ça vient
peut-être du fond béant!!
on ne sait jamais ça peut virer,
ça s'ouvre, ça nuit, ça fuit,
ça rencontre, ça pense sans suite...
c'est lui le dire, lui l'autre face!

Igor Stravinski (1882 - 1971)

La première du

"Sacre du Printemps"

d'Igor Stravinski

fut donnée

le 29 mai 1913

au théâtre des

Champs Elysées

à Paris.

réponses à quelques questions 7

Que dites-vous du "cri " sinon que
ça fuse de partout, non? La parole
en France commence à rendre
compte d'un fait qui était jusqu'
alors plutôt élitiste: l'au-delà?


Thierry Texedre - S'il fallait évaluer
ce qu'un cri vaut dans l'écoute qu'en
fait l'individualité promu au rang
de gestionnaire de sa propre
digression pensante, nous aurions
bien du mal à rendre des comptes
quand au nombre de ceux qui ont
l'oreille de la "vision", de ce qui
s'entend en retour comme nouvelles
lois pour de nouveaux espaces de
pensée.
Il est évident qu'en ces temps de
tension en France, nous aurions
bien du mal à faire passer un
message qui n'a à voir avec la
culture que le " cri ", qu'à
permettre son espace, son volume
que celle-ci rendra à son compte,
s'évertuant à créer du social, du
spectacle, du jeu, mais vidé de son
format le tableau, "la toile tendue"
qui résonne aux sons des couleurs
/lumière vibrant dans cet immaculé
de la matière du sujet parlant.
C'est un mouvement qui a pris
naissance avec un Marc Devade
entre autre, comme théoricien et
lettré. S'il faut le répéter, c'est
dans la gravité de la situation en
France que va se propager ce
mouvement, et ce, sur fond de
Vide/Pensant, d'une lutte dans
ce social qui passe à côté de son
image, on le voit bien par le Cri!
Ça va créer une certaine
difficulté à dire culturellement,
c'est le sacre du printemps!!

mercredi 11 avril 2007

le cri, 1893 Edward Munch 91 x 73 cm


à quia, deuxième mouvement 2

les chants aussi n'écoutent pas!
s'il n'y a pas la lecture...
ils voient sur quelle rive?
les deux s'accrochent,
à quelle rive mimée, docile,
filmée plusieurs fois!
les doigts s'y soulèvent,
autant de fois qu'ils touchent!
diversement répété, innombrables,
rampant tel un lambin
le long de la verve verdure,
rasée, pour se plaindre...
que des reliques au sol,
enterrement des êtres allongés...
les pieds posés, passant
là aussi! allons, tenir encore...
qui donc a posé les pieds le premier?
barbotant le long de la rive
rose rosée un matin blanc trouble!
relève toi, qui est apprivoisé, improvisé?
c'est un viol, en terre, on le presse,
ou bien une envolée?
la laideur rend monstrueux à l'intérieur,
on e finit avec elle, elle est indéterminée!
naissance en un tour de main, à leur tour,
dans le sens, dans une érection
qu'une danse réalise revisite!
entend comme ça résonne,
parce qu'on tente de dire, d'un dire
humainement menti,
du très profond écart que l'art
divinise - proclame peut-être -
par ce à quoi on répond si!
d'un si dominé...
en fin de tentation, d'effraction,
du rejet jeté, expulsé...
c'est ainsi que va à qui?
à quoi bon,
ton rire vient rendre grâce
à ce sourire insolent!
lentement il lui tombe dessus,
lui rentre dedans pour plaire...
c'est on ne peut plus défait,
petit à petit elle succombe
à son dessous, à son milieu,
mime le fait de bouger...

dimanche 8 avril 2007

l'art de la fugue, 1980-82 Judit Reigl 220 x 320


réponses à quelques questions 6

Dans un ordre tel que le nôtre,
tel que nous le concevons, comment
pensez-vous que soit plausible
une pensée où le rituel scriptural
serait lié à celui de la peinture?


Oui, cette question est posée en
terme de paragrammatique, de
délire pris dans un autre délire,
où vont se perdre et l'image et
la "bande son" d'un groupe
humain socialisé dans la société
des signes. Elle vise à mettre en
liaison un amas de couches
culturelles, de strates de superpo-
sitions de codes culturels qui n'ont
de mémoire qu'à être mécaniquement
revisitées. C'est un ordre terroriste
qui nous fait mal, mais d'un mal qui
est plus profond que celui de la
maladie. C'est un mal incurable
impropre à la visibilité. Seul un
pensant peut se résoudre à déplacer
ce mal et ce, dans des compositions
d'écriture scripturale. La musique de
ces compositions n'est pas très loin
de la musique contemporaine d'un
Arvo Part ou d'un Pascal Dusapin.
La question générale de l'instrumental
et le rôle de la répétition dans l'écoute,
dans l'approche qu'en font Michael
Levinas et Mauricio Kagel aussi en
musique, n'ont pas à envier l'écriture
textuelle qui elle n'a que trop répété
l'oraison funèbre de la peinture.
Heureusement que la masse d'information
(le Marxisme à son point d'éclatement:
l'infini comme masse produisant de
l'information, où est l'épuisement des
ressources d'une telle idéologie?) qui
est à disposition du commun et son
renouvellement dans une dépense
effrénée et sans fin, n'en est plus qu'à la
copie de la copie.
Histoire de refuge par manque de
composition! C'est l'infinité qui est
prise pour l'infini, et qu'en vérité çà
n'est que la pénétration le "all over" du
langage qui cherche l'image, mais à la place
n'a que la question de la figure à résoudre.
Par contre, il faut bien se dire que la
peinture n'étant pas du ressort du
mouvement (le mouvement Futuriste
en a été l'écueil), mais de la pensée pure,
il y a un travail sur le format pictural
(sa découpe à la Matisse), et la
symbolique qui s'y joue (qui structure)
à l'intérieur (son sujet). Cette intériorité
déclencherait en quelque sorte non une
histoire ou un savoir, mais un "déchirement
du voile" comme dans Jonchaies de Yannis
Xenakis, non le mythe, mais une poussée
(c'est un passage vers quelque chose qui
prend au corps et donne à penser son sujet).
L'audition d'une langue qui pourrait être
"leslangues"; James Joyce l'avait bien
ritualisée et Philippe Sollers comme
dernier écrivain sur la Figure peinte aussi,
s'il n'est pas l'autre Picasso qui a fait faire
un quart de tour à l'écriture en ce début
de XXIème siècle!

jeudi 5 avril 2007

sortie un dimanche, mars 2007 Thierry Texedre 20,2 x 21,2 cm


à quia, deuxième mouvement 1

à quia, à qui? à quoi?
il arrive qu'il soit là ou ici
voir au dessus de l'aire, l'enfer!
pour reprendre de toi ce qui se tire,
le relire, entre-temps, çà dure...
pour rendre ce qui a le droit debout
de se livrer à ce qu'il y a d'ivresse...
ce qui revient à donner un peu
de tirant, tient! reste! retire-toi de moi,
de là, qui lie le mien à ta face-sas!
rien n'allant jamais de soi, à quoi on répond?
relie ce qui te retient et te plier-lier,
déplier au bout, debout,en bout de course...
bien sûr!
il s'en faut de peu que çà vous tombe dessus!
sur lequel on est deux! à quoi on
réplique plaqué dessiné distrait...
faut-il s'en souvenir de cette ronde?
ode aux caresses ambulantes, faute
de ne pas s'y lier, trop rapidement,
saans allant sans redressement...
dressé, grand, belle erreur!
à quoi ressemble qui?
dressé ici, pour tout dire ça fait rire!
et quelle belle peur!
à l'heure où les culeurs
se font d'encre,
elle fait entrer la phrase qui lui va
le mieux, la mienne pour la sienne!
pour sombrer dans un tempo...
élargis les deux corps,
transport léthargique du fond vers...
vers le texte allongé étiré,
jusqu'à ce qu'il s'étale!
qui est-il? va-t-il s'entendre raisonner,
n'évitant pas les sons!
ceux qui n'ont pas la parole...
aucune!!
il n'est pas là où on l'entend,
sur le vide impressionnant!
il brûle d'une improbable impatience...
de ses yeux larges et dépités,
où voient-il, à quia quoi?
inégales faces!! et la loi!!!
es-ce un choix illisible?

mardi 3 avril 2007

à quia, premier mouvement 2

à quoi il impose la question
toujours en mouvement
mouvoir ensemble devant
sa séparation du ton tonal
en insistant sur l'ouverture
qu'un corps va tenter de transparaître
être après sa longue évasion
de sortir impossible de retenir
pourtant en souffrant de tout dire
dire on ne peut plus dédié
à cette folle parole qu'elle proclame
qu'elle exerce sur lui sur sa vision
visiter la vision qu'une parole tait
de la taire pour qu'elle arrive ici
lentement longuement énumérant
le va-et-vient d'une ode d'un lieu
et que l'ensemble créera le corps
élu ça va se soulever ça va irréalisé
nommer à quoi faut-il s'attendre
sinon sombrer dans ce vacarme ce son
indésirable qui opère une expulsion
excisés qu'ils sont et vont au second plan
pour en sortir pour se lier entiers
à deux à cet exergue à ce fracas
de mots qui convoquent la loi
soit qu'il en soit ainsi pour toujours
soit qu'elle suppose qu'on sonne le glas
jamais de ces deux choix démontrés
l'un comme l'autre ne partageront
on ne sait qu'elle musique parole
par ici par là au plus près du rite
majeur qu'un corps envahi
ira inonde de sa chair peau
au lieu d'une indécision allons
commençons le seul traitement
en tant que sens humainement
en pensant que trois corps vont
rendre l'affect coupable d'un seul
qui a dit qu'un dire s'écoute
qui a fait ce qu'une parole est
qu'elle soit l'être n'a pas reçu
l'audition qu'un corps déchu
seul puisse rendre véridique
ouverture écho en réserve
de la chair faite entendement
son sonner le glas avant qu'elle
essaie de soustraire au vrai son réel
elle le réel qui opère par bribes
par chair interposée par dire
masquant étirant le chassant lui
l'autre le corps être elle qu'elle
peut ne pas entendre à qui la faute
sauf à s'y remettre au traitement
au choix à l'éternité comme site
situé s'y trouver s'y décrire s'y
reconnaître enfin quoi quelle fiction
attention mesurée calcul des idéalités
calcul de l'image qui tue la tue
celle qu'un corps peut lui avouer avorter
sa prime origine ça y est c'est là
la naissance se fait remontée çà sent
elle divinise elle est à l'origine c'est
la seule vivante vérité à qui on dit

accouchements, Louis Cane 1980


à quia, premier mouvement 1

à quoi ça ressemble
sinon au dire pris dans
la tourmente qu'un corps
qui a crié l'a suivi
l'a emprunté pour remonter
au plus près d'avant qu'un
corps d'élision aura
suffit à résoudre sans dire
sans souffle sans savoir
que l'être au fond ne vaut
que parce que ce corps
n'en est un qu'un peu
livré à un autre et ainsi
de suite dans l'immensité
des raisons qui n'en sont
que d'arrêter de penser
pour voir l'être pour le dire
pour entendre dire son autre
sa face de la face rivée
de la face amoureuse entière
impromptue face contre sol
apathie aplatie et irréelle
atome insondable
qu'on invite au regard
qu'on substitue à sa muse
elle qui n'est pas la face
mais sa tentative d'évasion
à n'en plus finir ni douter
à se situer au plus près
du lieu de sa plénitude son vide
elle réalise comme si elle
soulevait un monde
enveloppé dans les sphères
éthérées d'un monde ailleurs
elle réalise ce qu'aucun n'a
pût démontrer sexuellement
l'acte intemporel d'affects
qui parcourent tout le corps
laissant comme réalité
le touché le glissement léger
qu'une chair recevra
d'être érotisée là la langue
ne parle qu'à condition
qu'un corps à qui on éructe
la naissance résiste réside

lundi 2 avril 2007

l'Origine du monde,1866 Gustave Courbet


réponses à quelques questions 5

Le Déjeuner sur l'herbe de Manet est un scandale
dans l'histoire de la peinture au même titre que
l'avait été la fresque du Déluge universel de Paolo
Uccello. Pourquoi dans l'écriture contemporaine
pensez vous qu'il s'amorce une autre voie, toute
autre que celle des surréalistes qui ont échoués à
écrire ce que la psychanalyse a écouté?


Thierry Texedre - Si la psychanalyse a fait un
travail considérable sur le sujet, mais encore un
sujet socialisé, les surréalistes eux en ont ouvert
le procès. Ils sont allé chercher dans l'inconscient
ce qu'un corps d'écriture pouvait déverser,
produire d'irréalité plus vraie que la parole sur
le divan. Échec, comme à chaque courant
esthétique, mais avancée significative sur
l'économie du corps d'écriture, au moment de
la séparation sur l'interprétation de l'écriture
automatique entre Breton et Artaud, et ce
dés le début de leurs rédactions. Gustave Courbet
a aussi perturbé l'analyse avec l'Origine du monde.
En réservant à l'image un statut érotique moins
fort que l'entrée du sujet dans l'insondable
vérité de la lumière inspirée de tout corps nu,
de tout corps/ chair/érotique/pensant.
Quand au déluge d'Uccello, c'est comme si
rien ne pourrait venir après l'image, comme
matière, comme la "dernière peinture du
monde", à cause de l'écriture qui n'en finit
pas de prendre à rebours ce corps morcelé,
que la psychanalyse autorisera dans sa lecture
au XXe siècle, dans le langage de l'inconscient.
Et qui donnera un coup de buttoir à son sujet,
s'ouvrant sur un plis qui fait foule; le regard
ne s'opère pas, il faut le résoudre, il faudra briser
la scène en passant par un Déjeuner sur l'herbe!
Que Louis Cane n'aura de cesse d'inciser, pour
son Picasso c'est le figurable; et ce pour faire
rendre l'âme à ce pensant dénudé, devenu
femme ou loi?

Hermaphrodite


"à quia", monologue en trois mouvements, préambule 2:
"Une des nombreuses représentations de l'Hermaphrodite,
symbolisant les deux manières d'être au monde: le masculin
et le féminin. Soit, avec le Soleil, l'être homme et avec
la Lune, l'être femme. Mais aussi, avec le premier la
masculinité latente de la femme et, avec la seconde, la
féminité latente de l'homme. L'un n'existe pas sans l'autre."

dimanche 1 avril 2007

Wassily Kandinsky, sketch for Deluge II, 1912.


"à quia" monologue en trois mouvements, préambule 1:

"Être "à quia", c'est ne plus savoir que
répondre, éprouver un grand embarras, une
lassitude profonde etc. Mettre en "scène"
musicale l'extrême tension des rapports qui
naissent spontanément dés que le piano ou
l'orchestre se rencontrent.
Le "devenir orchestre" de ce piano-là peut
donner le sentiment d'une grande tristesse.
Sa parole devient alors très intérieure,
abandonnée, comme un chant d'enfant qui tourne
sur lui-même, il est démuni... Ainsi, celui qui ne
cesse d'être "à quia" n'est sans doute jamais celui
que l'on croit mais alternativement l'un et l'autre."
Pascal Dusapin 2001/2002 concerto pour piano
et orchestre.



Notes sur une textualité en trois mouvements
de "à quia":

Cette lassitude est permanente dans le texte qui
va prendre en écharpe un dialogue sans jamais pouvoir
le solutionner ou le mettre en mesure. C'est ainsi qu'
un monologue s'instaure sans jamais le vouloir, car les
"mots" vont dominer la "textualité", et ce, dés qu'un
sujet rencontre son propre texte. La ponctuation est ou
n'est pas, selon que tourne le chant entrain de se
recomposer; sans jamais parvenir à former une "scène"
à l'identique d'une orchestration ou d'un jeu social. Là,
l'orchestre c'est la lecture, une lecture que mesure un
sujet visité qui serait dans une temporalité de l'instant
furtif, effaçable et caché.
Thierry Texedre - décembre 2006.

samedi 31 mars 2007

Edouard Manet, déjeuner sur l'herbe, 1863. Huile sur toile. 208 x 204,5 cm.


réponses à quelques questions 4 Le Déluge II de Louis Cane 318 x 440 cm 1983-1984
















L'image est en péril tant que
la peinture existe, mais encore
avant, avec les lois des trois
monothéismes, mais encore tout
ce qui relève du symbolique, du
sens et du signe (le sens reste en
suspens et n'est pas stable ); même
le signe n'est plus producteur
aujourd'hui comme rivage où se
rattacher (l'objet qu'un sujet
consomme et ce collectivement
ne contient aucun signe: aucune
parole qui fasse loi), pour ne pas
sombrer dans terreur nocturne
de l'imaginaire.
Si j'ai laissé l'imaginaire comme
corollaire c'est aussi parce que
c'est une affaire de lieu et de
cogitation, de structure.
Nous avons eu des oeuvres d'art
en peinture, en musique et nous
aurons des oeuvres aussi dans la
scription, dans des compositions
qui vaudront autant qu'un Van -
Gogh sur le marché de l'art.
Il le faut pour relancer l'inscription
du sujet dans l'ordre symbolique.
C'est une lutte qui ne fait que
commencer, et le tout social en
question, le nombre, l'humain
devra prendre en compte ce qui
précède les langues (écoutez le
Miserere d'Arvo Part), dans la chair
même des corps qu'on perd par les
charniers recouverts de la consom-
mation, sur le mal qui est la question
de l'être. Cela manque d'oeuvres
majeurs qui prennent corps,
ou productrices d'image?

vendredi 30 mars 2007

monstruosités 5

Ce qui a été plus fort que jamais
ce qui depuis ne l'aura pas été,
l'homme envahit de cette pensée
et apeuré de sa première image
chassa, parcourant des contrées,
passages où l'image n'était pas,
se ruant dans des espaces étrangers,
étrangeté que parcourir tous ces
mondes dans l'irréalité de ses
songes, ayant perdu à jamais
l'image infestée insoumise et
invisible. Il se fond alentours pour
faire corps avec elle. Ne peut se
détacher de son objet en songe.
Il craint de le perdre, il trouve
en marquant son corps la chair
et ce qui en coule un sang rouge.
De ses doigts il disperse autour
de la plaie la couleur encore
chaude et douloureuse; il pense,
il marque, il sait sa chair comme
une vision et crie en retour il entend.

jeudi 29 mars 2007

réponses à quelques questions 3


Revenons si vous le
voulez bien à la parole.
Cette parole qui ne sait
pas ce qu'elle dit
de la chose, peut dans
la tension qu'elle
exerce par son écriture,
mettre en péril l'image
de ce début de siècle?
Qu'en est-il alors
pour vous dans votre
travail, face à un
auditoire sceptique
peut-être devant tant
d'improvisation?




Thierry Texedre - Là, le sujet est vaste
et insondable à mes yeux. Mais pour l'heure
il faut laisser aux critiques et spécialistes de
l'écriture, aux psychanalystes et aux idéologues
s'il y a lieu de donner matière à leurs colloques.
Mais cela ne peut se faire que s'ils s'aventurent
sur les traces de mes improvisations!
L'expressionnisme est passé par là avant Lacan,
et heureusement! Mais en peinture pour faire
un raccourci, un collage, sur ce qu'il en est du
pouvoir d'effraction et de production de l'image/
écriture que je désigne par la scription.
Beaucoup d'écrits de peintres en sont à l'origine qui
n'a jamais été la parole mais l'écoute.
Citons en quelques uns: Barnett Newman,
Ad Reinhardt, Marc Devade, Louis Cane, Dominique
Thiolat, Marc Rothko, K. Malévitch, De Kooning...
Ainsi que des écrivains dont nous reparlerons.
La langue est cette prononciation que peut
l'usage courant dans notre société par les "usagers",
mais qui n'est pas le "sujet", et encore moins sa loi.
Car ce qu'il y a de parole ICI, n'est en rien celle
qu'entend son lecteur qui est "à quia", et pour qui
un sens doit advenir après un instant de prise de
lecture. Mais cette écriture est incessante
comme la parole et, ce que j'en disais plus avant
du sismographe, c'est bien par ce qu'il y a une parole
irréductible que l'homo sapiens en a finit avec son
corps et qu'il a découvert la parole intérieurement.
D'où la représentation par l'objet, la peinture, et par
couches successives la peur, le mal, les maux, les clans,
les luttes, les dérives et toujours ce chant intérieur
qui perdure. La parole n'est pas censurée à condition
qu'elle ne rencontre pas son écriture.







monstruosités 4

Ce monde inimaginable encore dans un
proche passé, et qui n'existe que dans
une architectonique, la vraie vie-vision
peut-être? D'un espace où l'errance n'est
plus que dans ce seul passage-rue qui n'est
plus l'espace mais sa pensée.
La pensée a en horreur ce soit-disant vide
qui n'est vide que de figurer; c'est faire
l'image: l'abjecte motricité de la matière
qui se rue qui se joue de l'être croisé, chassé,
à la rue; l'intériorité étant vidé de sa
substance: encore le corps qui cherche
sa chair!
La chair qu'un "Dieu" avait fait homme,
et qui n'avait pu prendre forme qu'à
penser Dieu!

l'autre côté du corps, huile sur papier, Thierry Texedre.



Un compositeur




















Pascal Dusapin (né en 1955)


réponse à quelques questions 2

Au niveau de ce qu'on entend par création
de textes que je dirai comme dissonants,
comment vous y prenez-vous pour composer,
si c'est bien de composition dont il s'agit?


Thierry Texedre - L'acte même de création n'a
lieu qu'en ayant eu soin de disposer le texte
de façon à ce qu'il soit en porte à faux avec
le jeu habituel de toute écriture, mais là le blanc
de la page c'est la part musical que j'écoute;
donc un ailleurs possible!, ne pouvant toucher
à l'écriture idéologique et aux textes sacrés.
Cela dit, il y a relation avec les textes sacrés
dans la mesure où ce qui s'y trame d'écriture
défait le sens de leurs lois, et en reformule
de nouvelles instantanément.
Cela prend effet dans l'inconscient collectif
qui n'est que parce qu'il y a du social pour
un sujet.
Le jeu inconscient du sujet entend à condition
que ce collectif, le nombre, prenne l'audition
de ces textes pour un nouvel espace.
Je ne peux que le répéter, il s'agit bien d'un espace
où, ce qu'un sujet peintre peut de travailler la
figure Christique dans sa chair, dans la représentation
du mal pour en faire sortir l'être; l'être parlant
en serait apparut.


Je vous ferai part d'une composition que j'ai
créée avec la musique de Pascal Dusapin. Le
titre de sa composition est "à quia". J'ai repris
le titre et une une temporalité d'écriture
"automatique" pour réaliser l'expérience.

mardi 27 mars 2007

Marc Devade

Marc Devade (1943 - 1983) Echo des lumières, 1983 -  huile sur toile - H 135 x L 196 cm




réponses à quelques questions 1

Les langues qui sont parlées dans les pays occidentalisés
ne pourraient pas faire comprendre à une communauté,
à son tout social, ce qu'elles parlent en terme de
répétition; et par voie de conséquence ce qu'elles en
écrivent?


Thierry Texedre - Dans votre question peut-être que
vous pouvez séparer langue parlée et écriture. Pour
vous répondre simplement, ce qui dans ma réponse
reviendrait à entrer en social comme on entrait en
religion au moyen-âge, pour lutter contre les
hérétiques, mais là n'est pas la question. Il en va
tout autrement dans les faits, dans le social, qui a
tout absorbé sur son passage, sur une généralisation
de la multimédiatisation internet après celle de la
photographie.
L'écoute est sismographique. Elle enregistre et
retranscrit sous une formephonique ce qu'une écoute
a d'entendre de langue qui pour le moment
n'existe pas, mais qui déjà pose les bases d'un futur
questionnement.
L'interdit aujourd'hui n'est pas ce que des lois ont
imposé au commun, mais bien l'entente, la voix de
ce qu'une langue (différente selon les cultures encore
en vigueur dans les pays occidentalises) peut dire
d'une possible lecture qu'un corps pensant peut,
déchiré entre un social cadré réglé, et une sortie
possible, un débordement de la langue qui entre
dans une ère inimaginable.
C'est pour cela qu'un sujet ne peut à lui seul
(même le locuteur) rendre compte de ce
sismographe, de cette lecture insoumise et
"impropre à la consommation"de masse. Mais
attention, la langue en question c'est la masse,
le tout, le parlant!





On vous reproche de ne pas avoir de but dans ce
qu'on lit de vos textes, vers une concision ou quelque
chose de tangible. Peut-être qu'on peut se poser la
question d'une écriture sans sens?


Thierry Texedre - Il faut bien se dire que ce lien
textuel n'a pas grand chose à voir avec l'écriture
intelligible au sens où ce qui se lit est compréhensible
dans son acception première; dans son intonation
il faut suivre et se laisser porter par le flux ou
bien décrocher. Dans la vie çà décroche beaucoup
et il reste trop peu de personnes dont le sens
n'est pas la priorité dans la lisibilité d'un texte!





si ce n'est pas de sens qu'il s'agit ni de futur,
alors quel est le lieu qui vous fait écrire?
Et pourquoi l'écriture?


Thierry Texedre - Nous pouvons dire aujourd'hui
que cette écriture doit aller à la rencontre d'un
espace qui n'a pas lieu (histoire de vide) ; voir
les toiles d'un Barnett Newman ou d'un
Marc Devade en dit plus long que tous les plus
beaux discours rassemblés. Une révolution
est en marche, et l'humanité la suit
indépendamment de ses actions au sein de
la société.
C'est un espace qui se construit où la langue n'est
pas encore faite contrairement à ce que les
sociétés monothéistes ont pu faire. Pourquoi l'image?
Vous avez la réponse.

Monstruosités



lundi 26 mars 2007

monstruosités 3

Pourquoi questionner ce corporel qui se rue!
Attendu qu'un corps descendant va à la rencontre
d'une tête qui marche, qui marche sur l'image qui
passe. Attentif à cet acte de débauche extrême,
l'humain est pris la tête dans le sac! Tête à un oeil,
central, sur son front, sur le front du pensant dépris de
sa mesure par sa démesure comme centre névralgique
qui le conduit au multimania; ces multimédias,
hystérie qu'une psychanalyse aura eu soin de déplacer,
de tapisser sur tous les écrans du monde contemplé.

monstruosités 2

De quel espace s'agi-il? D'errer, d'aller dans ces "rues/
passages"(le mot rue n'est pas lié à l'entre-deux du privé,
de l'invisibilité-intériorité architectonique, mais au rejet
qu'un corps peut de se priver d'être!), où des entités
humaines vont tenir comme une reconnaissance et viennent,
laissant planer un regard "vidé" de ce qu'en notre fin de
vingtième siècle on avait attribué à la "figure"(lire marcelin
Pleynet sur "question de figure"chez dominique Thiolat),
figurative serait la réalité des corps liés ou livrés au présent;
d'un présent producteur de folie.

dimanche 25 mars 2007

monstruosités 1

Texte entendu comme terreur de
l'écoute et de l'audible. La monstruosité
donne à rencontrer des figures de
l'horreur dans un terrorisme généralisé.
L'illisibilité est la démonstration qu'un
corps en l’occurrence un corps "d'écriture",
n'est lisible qu'à avoir affaire avec la
matière d'un sujet pensant.