samedi 23 mars 2013

Du juste temps



Sous quelle disposition le temps se soude? Vers sa terreur de la vie, versatile irruption de la nature qui dresse sa peau, comme commencement de la représentation. 
Sous quels hospices la vie tient, devenue maîtresse de la chair, pour construire cette terrifiante culture, celle qui confirme l'intelligence de l'animalité faite pensée? De biais, le corps se met à reprendre et à reconnaître l'altération de la vie sous différentes formes et différents états pulsionnels du corps pensant. Ce corps dissout dans l'immensité de la matière, semble coloré, plutôt mis en couleur, pour expulser cet aveuglant registre de la mort, partout présente dans la chair. On tient là l'apothéose d'une vérité qui se mettrait à renaître, juste pour éviter de ne pas faire volume, du volume de ce corps dessiné dans la sculpturale hérédité de l'art. Voir, voilà que se pose la question qui suinte fort la nécrose, immanente forclusion du terrible coup de butoir sur l'intellection de la foi, que cette foi soit la voie surannée qui s'impose à la vision, d'un corps pris dans la parole; de la parole, prisme de l'envie d'explorer les orifices du temps de la peur d'y voir? Fragile sinuosité de la peau qui s'émancipera plus avant, de sa surface, pour produire, avec la répétition, ce fracassant pouvoir de reconnaissance du temps. Le temps serait cette irruption de la raison dans l'impossible arrêt de la vie, comme lieu de la conscience, lien avec la pensée en action; l'action painting peut-être du moment révélé de cet inconscient mis à découvert? Le temps se souderait donc sous l'effet de l'action painting? 
Dans quelle peinture ce temps provoquerait-il assez de réalité pour faire croire à l'autre, ce nouveau qui vient se mettre de travers dans le temps représenté comme action? Voilà le pire scénario qui se jouxte à celui de l'inversion du temps comme corps d'écriture ou corps de l'animalité. On tremble à l'idée de croire ces chefs-d’œuvre comme le déroulement de l'irrésolution de la pensée qui sert l'incompréhension du désir devant l'être; sujet du questionnement? Folle extinction de la chair qui semble s'arrêter là où le corps concave s'ouvre. 
Corps concave? Corps de l'intériorité des sens, exploration de l'illusion de ces corps comme chair de la béatitude, chair de la jouissance, chair de la douleur, comme chair de ce corps diurne aussi. La nuit du corps serait alors la mise sous tension de sa désespérance; celui-ci viendrait à se retirer de la voix, de la parole, pour alors seulement produire ce corps de chair anonyme, traumatique, tronqué et hystérique.
Faut-il que ce temps de la forclusion se soude? Est-il irresponsable d'aller chercher un autre temps qui "colle à la peau" de ce réactionnaire temps présent ? Le réel de ce temps n'est-il que le reflet mal extirpé d'un autre temps plus transversal, de ce vivant héritage du temps socialisé qui interfère sur notre état de pensée? Je crois que cette foi doit s'empresser de reconnaître quelque matière picturale qui a à voir avec cette autre foi dont l'histoire dira qu'elle est pour partie cette nouvelle sortie du coin dans la plaie béante du corps de l'humanité en mal de foi.

Thierry Texedre, le 23 mars 2013.


"Aujourd'hui, au XXIe siècle, le néant guette la peinture. Le rasoir d'Ocham a trop bien fait son travail, par élimination, destruction, réduction, décomposition. Fin de la peinture, mort de l'art ? C'est le moment de la vidéo, de la photo, du film, de l'installation. Mais tout cela peut être aussi l'art. Je crois que Bill Viola est un grand artiste. Seulement il s'agit toujours de l'image reproduite mécaniquement."... "Or la peinture possède un plan, une dimension qui est proprement la sienne et irremplaçable. La peinture est une sécrétion humain, travaillant directement dans la chair de la matière. Il y a une présence physique immédiatement, viscéralement vécue. Dans la peinture, c'est la chair qui devient verbe.
Et cette sécrétion chimique, alchimique, continuera avec de hautes et basses périodes, mais sera toujours présente tant que l'homme vivra encore sur cette terre ou même peut être ailleurs sur une autre planète, quelque part dans le transfini des univers." Judit Reigl



l'atelier de Judith Reigl



jeudi 21 mars 2013

Les plis du temps










 
Travers du coup
sur la peau qui
lit l’œil frappé
par on ne sait quelle
poisseuse vérité
sur la béance du
col poli pour
s'asseoir dessus
vertueux et
éthéré c'est l'envie
le trou béant de
l'exactitude du
temps taraudé par
la parole
du désir
malhonnête
qui va boucher les
orifices justes
c'est pour rire je crois
juste pour écrire ces
quelques notations
improvisées dans
la couleur du temps
un grand coup
de derrière la
dérive du corps
qui s'affale de tout
son long ligature
des trompes l’œil
ne peut plus pleurer
il est rond et le
corps se convulse
déjà pour se lier
avec la mort
à trop y voir
la lumière et
les sons sur la
plus énigmatique
musique jouée pour
les funérailles de
l'amant dénié devant
la parole de ce dieu
unique parole qui
couvre tous les ans
amoncelés dans
cette souveraine
souffrance du jouir
qui jalonne les
rives du corps
secoué dans sa
chute sans cesser
de naître il file
dans l'espace de
l'esprit arythmique
de sa queue collée
au fil des ans
sur une peau
intérimaire triangle
des annonciations
de ces chuchotements
anonymes et féminins
en filigrane apostrophé
se range du côté des
amphétamines
pour convaincre
le sort du monde
d'aller dans ce
sacré en coin
certainement
en train de se
faire dévorer
par le temps
tantrique.




Thierry Texedre, le 21 mars 2013. 


 

mercredi 20 mars 2013

Sinuosité de la peau niée




Secoué par le temps du court recourt à l'asphyxie instantanément tournée vers l'avenir de la polémique entre la vie et la mort, ce renégat de corps va choisir ou choir. On le traîne dans les plus pitoyables aspérités de la peau pour jouir, jusqu'à rompre avec la paupérisation de la pornographie, juste fin de l'hétérogénéité dans l'irréalité de la parole qui se répète inlassablement, traversant les rivages irradiés de l'amour qui s'évade dans l'espace de l'hystérie. Déplacement du corps qui est un corps prématuré, rouage de la parole refermée dans la répétition inaugurale de l'écart jouissif du corps avec sa dramaturgie. La fin tragique de l'homme dans sa dérive sans nom du corps voué à l'obscur tournoiement de cette vérité qui s'efface au profit de la réalité, va le conduire à recommencer sans cesse, avec l'écart qui le destine à la reproduction, une rare empathie pour l'analytique résolution de son être tourné en dérision par le corps hypertrophié de l'exaltation pour sa peau ouverte en dramatiques sens expulsés par « l'avent » de la naissance du lieu de « l'endroit » résurrectionnel. Fétichisation de la naissance pour expulser de ce corps ce qui le met en situation de jouir, jusqu'au lent passage vers un volume lumineux de son intégralité. Utopie ou vérité qui ira jusqu'au déchirement probable de la peau. Contorsions qui semblent ne cesser que pour laisser la place à ces replis du souffle en catatonie, voix qui supplie et danse avec les onomatopées, faisant volte-face avec sa laideur, son grain de peau taraudant cet être jusqu'à son inconsistance, son insuffisance. Tout semble se rétrécir jusqu'à la peinture qui remplace ces mots avalés, altérés, par l'énumération de ces sens, en lieu et place d'une peau tirée à quatre épingles. Avançant dans une matière colorée qui frappe la peau - jusqu'à relever la couleur, chaude censure du corps coupé, plages outrées, ouverture de la chair jusqu'à cette innocente inquisition du dedans par l'esprit qui traverse le corps de la jouissance pour exister – l'étant se justifie par son irremplaçable visitation du corps-matière inopinément revenu, de l'être diminué jusqu'à son plus petit grain visible (le grain de la conscience insupportable à écouter). Le corps tombe donc à n'être plus que le gramme inconscient de la vie qui s'étire comme peau du néant nébuleux. Ce qui revient à dire que la peau n'existe que comme interdit du temps nié.



Thierry Texedre, le 20 mars 2013.

samedi 2 mars 2013

Caresse sur cet infini inviolé

 



La formidable générosité du corps, par ses glissements crescendos, la peau qui enfle vertueuse, rassasiée de ne jamais s'en tirer que par d'infimes tressautements imperceptibles, de l'érectile suavité de la surface du corps enivrant, par ses cantiques caressant nos oreilles impunies... Quelle somme qui traverse les pores aériens de ces incommensurables trésors chantés pour l'éternité, trop vite éloignés... On voudrait s'y perdre, s'y reposer, s'en remettre, que Dieu me pardonne ces affabulations, mais ce corps qui soi-disant se délite, restera à tout jamais ma terrible mémoire qui n'ose plus s'effacer de mon être délivré par tant d'agonies intérieures... L'affect, ces pulsions invincibles, vont et viennent tels des oiseaux en proie à d'effroyables surgissements, dans ce sommeil qui cesse par cette apocalypse rayonnante qui souffle sur tant d'amoureuses rêveries dont on ne voudra jamais cesser d'y être plongé... Quelle souffrance vénérable peut tenir devant le temps de cette peau qui dévisse tout notre être, défiant la pesanteur sous l'habit de fortune... Les plis du regard vont et viennent dans un va-et-vient proche de l'objet sur l'eau, navigant à vue - la face irradie sous les traits grimaçants de l'apothéose survivance de la peau. J'avale ces maux immatures pour exciter mes sens, sans discontinuer, en rires effarants, en partageant ce bonheur; ourlet à ma vie qui s'arrête l'instant d'un trop grand émoi, penché sur mes amours éternels... Mes mains caressent la peau jusqu'à l'infini, immensément grande la sensation qui monte en moi, vertigineuse exclusion du monde des vivants, vers l'irremplaçable jouissance de ces attouchements dissidents; que la chair rencontrée restera inconsolable... Maquillage involontaire du temps qui pousse la surface à rencontrer un volume, relique le jour où la mémoire cessera d'extraire ce volume devenu plus vrai que nature. Vieille lune aux rides carnassières, la fin de vie entre partout où la peau encore tenue et tendue joue de ses ondes prometteuses... L'heure est à remonter le courant jusqu'à quelle source? La peau est douée d'une extrême élasticité, peut-être jusqu'à cette naissance qui vous lie avec l'erreur de naître. L'étalement entre en scène, les mains affleurent la peau légère et lisse. Sa couleur m'importe peu, la peinture est là pour faire le reste. C'est-à dire tout ce qui n'a pas à faire et qui n'a rien à voir avec ces caresses ontologiques, puisque tout mon être s'y induit... L'infini dénaturé de l'être est cet élégante béatitude qui nous sied devant l'éternité inviolée du néant...



Thierry Texedre, le 3 mars 2013

vendredi 8 février 2013

Sordide gestation


Satire quelle satire que cette close enfermée dans d'immondes obscénités. Souffle béant de la parole outrancière le temps s'affale lenteur du corps plié dans sa parole invertébrée. Trahir la poussière honteuse de ces voix crépusculaires on cherche la seule vérité qui inonde ce qui reste de corps lié de nos aspirations vertigineuses. Fragment irraisonné de la compassion qui traîne par là aussi. Sourdine du corps compilé sous des tonnes de déchets puants on se croirait entrain d'outrepasser comme ces tombes vidées de leur substance pédoncule terroriste qui frappe à la porte du néant. Pour rien rien que de devoir s'inviter depuis l'origine du monde la sexuation impunie et virtuellement de face. Le corps de face se met à risquer la métamorphose. Enfin demeure l'invention d'un texte à venir qui n'a pas lieu sans ses miasmes verbaux. Le verbe choit pour l'infini dans des sons irremplaçables autant le dire. La foi n'est foi que rencontrée par le dire dans un volume ouvert à la face voie sans foi de l'électron parole. Jaillissement incertain et pourtant véridique passant par d'innommables ondulations de la peau caressée. On casse ce trauma tiré par la voix qui s'égosille intentionnellement à des fins macabres. Le corps n'est corps que dans une pluralité de l'autre. La dérive de l'un entache l'impunité de ce réel immédiat coupé en quatre par le temps en trois. Le temps sordide qui s'aventure dans cette parole indolore du corps pluriel se vante d'être pour le moins rassasié de sa chair comme vérité du texte à venir. Couvert le fragile déchirement de la vocation de la chair se met à fuir de tous ses orifices avant d'appartenir à la terre. Les heures persanes voilà que ce trou devient tremblement sous la peau rétrécie du temps entrée dans l'immensité du désir pour oublier ce tout du corps troué. Infestation de cette hilarité monumentale de la langue à trop s'indigner de penser le sens. Finissons-en nous n'avons plus guère de temps pour rédiger la facture ininterrompue du délire délictueux de la parole faite chair. L'art perd son temps sauf à décoller la peau pour aller boire ce sang odorant sans foi sans discours ni droit le devoir finissant de cette marche sur quelle terre inondée de ces couches corps charniers recouverts juste pour continuer à naître.

Thierry Texedre, le 8 février 2013.

dimanche 20 janvier 2013

C'est passé par la fin des temps





Partout s'étale l'aphasie la longue
tentative d'exclusion de la vie de
ce corps tant fêté par tous les monts
et les continents concupiscents par
peur d'être d'une certaine rencontre
de l'improvisation vers la folle vanité

Pourquoi la vie s'arrêterait-elle sur
cet aphorisme indécent au crépuscule
de la mort de ces corps en tiraillements
inondant l'atmosphérique vérité de
ce pédoncule des anges fiché sur l'être
on entrerait dans cette ère inhospitalière

Pourrissement de la vulnérabilité du temps
qui se referme sur un ciel assermenté
recouvert par ces draps blancs purifiés
par on ne sait quelle anamnèse tortionnaire
pour retrouver une mémoire fragmentaire
par quel miracle pourquoi le temps régresse

Partie gagnée du temps désaxé puissance
de la vue sur la vie au rythme insoutenable
de ces naissances irresponsables juste ce
qu'il faut de vie pour recommencer l'étreinte
qui enfantera cette mère nourricière non
enfin traversée par la fin des temps illusion

Passant par là la sourde envie de jouer avec
le temps ce corps malandrin s'octroie avec
la ferme envie de s'évanouir dans ces cieux
ancestraux notre pleine intériorité du corps
à des fins nihilistes à tout prendre pourquoi
ne pas s'évader dans ce chaos carnassier


Thierry Texedre, le 20 janvier 2013.

jeudi 17 janvier 2013

Plage de guerre



Le foutre passé par les armes
le temps s'évanouit en vent
violent de ces déracinements
immensément inséparables
corps soudés au tiraillement
de ces belles ivresses natives
n'iront plus en guerre sur la
seule terre nommée en jours
horribles gavés de ces râles
espacés par ces cris inventés
par la folie humaine humble
le jour et tyrannique la nuit
belle nuit qui hante ces rêves
obscurcis par la tentation de
franchir l'avenir à deux cordes
celle qui se présente et celle
qui est représentée commun
cadavre de ces enlisements
verbaux qui vont trouer la vie
pour faire fuir les corps de ces
autres en face ennemi invisible
sans rendre ces viscères à Dieu
pour monter aux cieux silence
ça tourne d'un cinéma sans fin
qui va s'aventurer au milieu du
grand manège impuni de ces
religions traquées désespérant
est l'art de la guerre quand le
col de l'ulcéreux chatouillement
intérieur reprend de la viande
en respirant la vertigineuse vie
sans vision du coma sépulcral
la terrifiante guerre s'étend là
où bat cette infamie du genre
de l'osmose radicale pris un
détenu par l'esprit tintamarre
en tension partout où ces corps
soumis se dressent avec envie.



Thierry Texedre, le 17 janvier 2013.

mardi 1 janvier 2013

Le regard des songes




Souffrir fusse sous les
attraits de ces failles
obscures du râle rétréci
du temps de la dépouille

Sous des regards inquiets
se risque l'art éloquent
de la fugue jusqu'au fait
de ce rempare impétueux

Sur quel tremblement la
vie se met à transpirer
de tous ses pores de tout
ce qui fait face à la mort

Suave mort devant l'invisible
rencontre avec ces démons
intérieurs tournés en délit
dédié à la grande mère litanie

Souffrir sur le temps de la
possession de la chair en
une pléiade de caresses
accouplées avec les songes.



Thierry Texedre, le 1 Janvier 2013.

samedi 22 décembre 2012

âme qui vive




Quel sortilège que ce vent
rencontré outrageusement
dans une tempête assignée
quadrillage que ces temps
en effervescence dans l'âge
agité du vieil homme assit
près de cet esprit prosaïque
qui le soulève encore perdu
pris dans un tel tournoiement
de ses rêves renquillés pour
l'éternité par l'essoufflement
qui gronde qui obtempère
juste sa cible et fend l'âme
pour laisser passer un filet
de son sang impétueux en
jets de ceux de ce cœur qui
est bientôt conduit par l'âme
noire en d'autres lieux impies



Thierry Texedre, le 22 décembre 2012.


samedi 8 décembre 2012

Plaidoyer pour un temps déprogrammé



C'est dit, c'est deux pour toujours.

Si l'air semble traversé par ce qui s'aventure
dans un temps dissout droit irascible coït né
du regard éteint dans l'évitement de ces sens
orage ravageur oh tellurique fantasmagorie
qui vous frôle avec ardeur et hardiesse pour
tenter ce sacré qui franchit les rîmes de ces
cimes infestées du diable de discours distendu

Si de cet épicentre vient de se réveiller l'art
tant décrié de la poussive et chaste parole
tournée en dérision dans cette bienheureuse
danse de ses lettres sinueuse et encartées
pour distendre et dispenser la parole de ses
histoires inconsidérées qui remontent aussi
là dans une lassitude de respirer la vie chaos
transfert trame transite tout tend à toucher
au but bientôt belle elle fera face à l'infini né
néfaste et fragmenté on y voit du voir opaque

Si l'air prend des allures de rêve on entre en
état de catatonie vice caché dans l'étreinte de
l'âme avec le coeur pour toucher ce paradis
d'où vont s'envoler les êtres élus de cette chair
qui glisse imperturbable dans ce trou où la mort
est résistance dans cette fin des temps où nulle
détresse n'enferme la mort dans le ciel peint

Si la couleur de la voix réside en ces maux si
vertueux c'est pour que de cette guerre native
s'empresse la vue de ce dont on parle intérieur
de l'illusion en figure Christique en mots action
en mots grave impulsion de nos sens par le corps
émané et touché par la grâce au moment du sacré
souffrance du temps de la possession vers quelle
tempête vers quelle joie vers la mort déjà là au
début jusqu'à cette tombe pour passer ce destin
par-dessus les sommets éternels ivresse de l'un



Thierry Texedre, le 8 décembre 2013.


lundi 26 novembre 2012

La chose ténue


Charge étiré du corps éteint
sous la houlette éreintée de
cette extase de la fornication
de la progéniture larvée large
exploration du coin lu ouvert
et dessiné par la peinture ou
le rêve éveillé évasion de cette
température qui monte en se
montrant telle qu'elle veut bien

Chancre de ces oripeaux feints
et ridés du corps soudain haï
arrêté pour avoir voulu exhiber
ses dessous ténébreux et coulés
dans une sorte d'évasion de la
peau habituée à se replier sous
cette sorte de descente vertige
vaste opération de nettoyage du
dedans coincé par l'abstraction

Chaque corps étant le comble
du précédent et l'artérite du
prochain on se demande par
quel hasard ces corps se sont
croisé au fait de leur vice et
vers ces cris entrecoupés jets
peints sur les seins trop têtus
pour faire l'amour en amateur
en chants de ces coups évidés

Chasse couchée des corps laids
du devant nus du derrière obtus
et du regard en retard sur l'art
dissout de l'esprit avant féru et
après forcené du désespoir du
lit retrouvé les deux astragales
détournés de la course vulvaire
s'évadent du doute dramatique
qui sonne au réveil de la moelle

Chose rusée par les récits passés
la grande chiasse où va se passer
le représentamen voué à mettre la
chair posture d'exclusion dessous
se vautre dans l'artifice verbal vers
l'objet déterminant d'un en-corps
morcelé dans l'inachèvement sans
fin du parcours pathétique de la
conscience d'existence de ce corps.



Thierry Texedre, le 26 novembre 2912.


dimanche 25 novembre 2012

Susurrer

 

Suave suintement
du sexe saisi
par cette légère
progression des
doigts sur la peau
lente descente puis
en remontant
serre plus le gland
gonflé dans la
douleur soulevée
du corps caverneux
un peu par envie
d'expulser de vider
visite de l'étrange
élue décidée sous
les attraits de visu
déterminé le jonc
semble tout à coup
se soustraire au
plaisir des prémices
en position redressée
il se met à secouer
tout son être féru
et festoyant déjà
d'un jet prêt à
en finir avec la
pression possession
devenue sienne dans
l'instant rêvé par-delà
les entremets de
ces délices promis.


Thierry Texedre, le 25 novembre 2012.


samedi 24 novembre 2012

Le corps du doute









 
Doute de quelle occurrence du risque d'insuffler au corps sa terreur d'exister. Datation de la mort, vers sa chute, chuintement de la chair qui se tend, dormition possible de l'esprit en gestation. On en viendrait à regretter la venue de ce rescapé contingenté à son double, à la mort pour retirer à la chair toute sa jouissance, sa passion irrévérencieuse et totalitaire. Le désir se voit, il progresse, et lentement monte dans les yeux de ce pitoyable résidu, la flamme flamboyante d'un regard béat. Touché dans le fond traversé de ce corps marqué dans sa chair, l'ivresse de celui-ci, corps morcelé, va rencontrer ce rien qui monte de l'intérieur tarabiscoté et fouillé, pour engendrer la pensée libre de tout regard. Point de regard, point d'image, pas encore une cohérente pensée, c'est à son avantage que de rester en amont. Paroles encore moins humaines, taraudées - ce livre encore à écrire se fait lignes - alignements et réservoir; rien à voir avec sa chair engoncée dans les plis de l'inconsistante subversion de l'inconscient. Bout du chemin, bas de cette irremplaçable vie, jour de l'entre vie/mort; tabou qui vient se poser en tyrannique ostentation du dire futur fabulateur. Honte de l'irremplaçable frappe de ces lettres virées et enroulées avant de se déposer en attributs d'un dire probable. On croirait l'homme prêt à engendrer une sortie de la lecture aléatoire d'un texte irréel. Tourné en dérision ce risque d'explication de ces questionnements ininterrompus, va dans une transgression, s'affairer à trop de désir d'apostropher la lecture, jusqu'à ce qu'elle se renverse, se couche - taches invisibles à l'oeil nu – on s'y traîne, en plein mirage, délié de toute exactitude, certitude sans lieu, le corps est gangrené par une coulée incessante qui sort d'un « sang d'encre » avéré. Sonne les épitaphes pour un corps déposé dans ses aléas, aléatoire marquage, ligne de vision qui se tourne jusqu'à en perdre la vue de face. Forme impossible à tenir, la parole naît. Elle s'y proclame, parcimonieusement peut-être, avant de formuler cet empressement à rencontrer l'être-là. L'étrangeté de cet ici formé par les lettres de la parole appliquée au milieu des fractionnements musicaux de la phonétique abusive. L'étant là lié à ces lettres allusives voit son étalement des corps de lettres en lignes étalées jusqu'à l'être étreint devant l'immanquable glissement énigmatique de la force rectiligne de quelque vraisemblable vérité dans le positionnement textuel. Le souffle rencontrant ce vide intercalé entre deux images déconcertant, risquant de se perdre à trop attendre une respiration; reprendre vie dans l'allongement verbal naissant. Épilogue du groupe nommé pour commencer à rassembler des corps d'écriture, forme de la dérive du verbe vers l'image atomisée, double attraction vers un corps d'étreinte densifié pour faire partir ce réel, le pousser dans les retranchements du temps qui sonne lascivement, folle extraction du nombre d'un corps absolu et silencieux.



Thierry Texedre, le 24 novembre 2012.

jeudi 22 novembre 2012

Drame extatique du corps sans voix











 
Les derniers soubresauts de la terreur du dire qui confère au temps sa densité, illumination de cette oreille basse, bassesse de l'audition devant l'immensité de ces mots aléatoires. Tiraillement dans l'apothéose mortifère de la petite musique endiablée, donnant accès au corps comprimé. Ce risque de sauter sur les mots atomisés, rend la parole intraduisible, puisque avalée par une écoute déflorée, déchirure de cette entrée sombre, vent qui ondoie, outrageusement dans l'espace du corps illimité de la vue béate. Touchant au risque vertueux d'aller vers cet empressement de l'exhortation de la chair, le corps déchiré par une chair crépusculaire, voit la peau sur l'os. Chair absoute, absente, arabesque virevoltant quand la peur du manque de chair se fait sentir, dans les battements du coeur, musique de ces coups qui font respirer, restituer la respiration. Dominé par ce corps irisé de quelque écorché, peau qui siffle à la vue du corps privé de sa chair, l'éclat de la parole souffre, soumis au retournement incisif de la peur d'entrer dans l'épaisseur de ces pleurs, chair introspection, chair tendue vers ces odeurs exécrables, la mort entre par-dessus les têtes. Décollation. Têtes sur le sol, sang laissé là, comme un éclaté, une fracture de ces os si offusqués par le tremblement irraisonné de la voix exsangue de toute vie frontale. La vue de biais, elle, se tait. La vue de face, rend l'âme, pour vous emporter dans les ténébreuses voies gangrenées par l'esprit malin. Voix dirigée vers quelle opulente stratégie de l'existence, pour s'évanouir, s'évader, se retirer, s'emporter, s'arque bouter pour se redresser et fuir. De ces voix qui viennent de partout, en sons pleins de sens, outrageusement pour rendre sourd le corps de l'élocution. Extase du corps sourd, drame du corps désabusé qui est parti de ces sons-sens à l'intérieur du corps de cette autre vie, infâme, c'est l'infini qui n'a pas fini de mettre le questionnement tortueux attaché aux rivets de la croix moribonde de la mise à mort de la chair, parole-jouissance de la chair torturée. On casse les rouages de la parole pour en faire une gangrène, coupure à vif prête à jouer avec les os séparés, déjà là avant la grande démonstration de la terreur-massacre, trou dans l'amour, trouée dans ce ciel devenu jets incessants de cette reproduction du temps perdu. Partout les sons s'épanchent pour sortir leurs cris stridents, copulation de ces corps descendant de partout, passant au présent dans un gonflement des lèvres qui vibrent, joues grossies jusqu'à l'apoplexie, la voix semble enfin en finir avec le sens alterné de sa dépression et de sa jouissance, elle jette dans un émoi extrême ce qui ressemble à l'âme empêtrée dans ses abattis.



Thierry Texedre, le 22 novembre 2012.


dimanche 11 novembre 2012

Au pied du naître














Travers de la sainte famille qui outrepasse l'esprit inquiétant de cet au-delà, osmose du temps et de la naissance malgré elle... On trace, triture, traverse, taraude, fend, rend, expire, pour se rendre à l'évidence de la naissance... Frappé de ces erreurs, le temps vous susurre aux oreilles la vie qui monte et descend de cet intérieur indécent... Dérégulation du temps qui saute sur les genoux de la naissance inopérante, quand l'oeil se met à croire que la vue opère ce renversement des choses: la vie saute le temps pour continuer à exister sans se soucier nullement de ce qu'elle fait naître... Inondation du temps par ces naissances qui viennent gonfler l'espace de l'esprit insoumis au temps de la vie... Quelle invraisemblance que ce réceptacle qui sert de pagination à la vie... La vie ne s'en remet pas de s'être mêlée de l'espace qui l'a vue naître comme être intolérable de la vie impuissante qui génère ce vice, atavisme de mettre au monde par pure focalisation de la pensée sur son corps « dénudé » de sens; sens de la mémoire autorisée par la parole intermittente, parole de la naissance de ces sens de travers, trouée dans l'étalement des corps alignés et sourds à leur déchaînement vocal... Voix qui vient voler les sens sur cette surdité du trou béant de l'accouchement verbal... Aucun corps vénérable ne saurait venir à bout de ce sang qui coule régulièrement, quand la procréation a lieu dans d'insondables atermoiements du sexe doué d'une oculaire agitation de la cornée appuyée, pour voir de travers, pendant l'accouplement singulier de ces hémisphères rencontrés... On caresse un peu ce corps surestimé, jusqu'à ce que ce cloaque descendant de l'éjaculation meurtrière, vienne intenter à la vie de cet infant insoumis et illisible , ivresse se mêlant au renversement probable de cette génération illusoire, qui s'offre au née. Nativité qui ressurgit au moment de la tentation seule, on singe cette intelligence reconnue pour en faire un genre, une longue litanie, la pastorale agitation de ces corps au pied du naître...



Thierry Texedre, le 11 novembre 2012.



jeudi 1 novembre 2012

Modulation











Modéré la
mort du son
mirage doute
double gène
de la vie voile
étiré de la vie
trompe l'oeil
misérable fin
forcé dans la
vélocité toit du
temps pétrifié
farce de l'ourlet
du temps rendu
possible faille
force et facétie
qui fout le camp
dans l'étroite masse
montrée du doigt si
le corps danse encore
parti pour longtemps
en tremblements lents
voir ce qui se passe par
ces terres lointaines du
lieu dissout dans la mer
matière par laquelle j'entre
en guerre avec mon être corps
pesant corps lourd de conséquences
soudain souriant à la venue d'une voix
virevoltant çà et là pour m'envoyer dans
les airs respirer la présence de ce risque
allusion à d'autres innocuités pour m'extraire
maintenant de l'aberration d'une sonorité
trajectoire de ma mémoire jeu à rebours
vers sa naissance osée osmose du vivant
le jour d'après cette imposture du dire
acte quand on se pose en restant vivant
du vivant de ce corps qui lentement
va apprendre à reconnaître à voir
pour forcer ce manque de fini
qui en dit plus long sur ce
qu'il pense que sur ce qui
le met en marche à quatre
pattes le temps d'extirper
du dedans ce qui le fait
taire du dehors jusqu'à
quand pour quoi pour
finir par rencontrer ces
belles béatitudes du
corps connaissable
du temps dissout
dans les abîmes
de l'artère dense
la chair onguent
qui prend le pas
sur la rétine folle
l'oeil flou pour
rencontrer en
filigrane cousu
ce pincement
couvert par la
passion voilée
du plaisir né
néant de la
peau pensée.



Thierry Texedre, le 1 novembre 2012.




Le corps et la mémoire





Quel est ce risque qui nous emporte vers ces improvisations, dont nous ne pourrions plus nous défaire? Risque de perdre ces quelques affections pour ces acquis, de ceux qui nous enveloppent, nous materne, et nous octroient le droit à la dérive vers la bonne conscience. Conscience ou translation d'un état de cette densité de la mnésie en état de surimpression à cette conscience, par le biais de la parole (celle-ci serait « muette » au sens ou on l'entend dans le silence de l'écriture), on peut aussi l'entre apercevoir quand on « entend une voix intérieure » qui vous dicte ce qu'un état de veille ne peut résoudre. L'isoloir semble de mise dans un cas, et dans l'autre, une plongée dans le monde impénétrable et intriqué de la mémoire. Onde de choc pour celui qui s'aventure dans les « limbes » de celle , qui à défaut de partager l'apparition d'un corps avec ce qui le pense (le sien), n'a d'autre occurrence que de s'en remettre à une mémoire « divine ». De ces actes impossibles à rationaliser, puisqu'ils sont ce départ pour « l'étranger », voyage vers les profondeurs inopinées, états inséparables de la fonction d'apoplexie du corps cérébral qui tombe en désuétude face à son rejet de ladite mémoire. Corps qui flotte, corps qui en appelle au risque d'une perte, de cette perte viendrait alors un dernier acte de la « lumineuse » « apparition » de la mémoire? Mais celle-ci serait -elle priver de sa concision, brouillon « métaphysique » à remettre en ordre? Ou encore une fois choix d'un positionnement réflexif qui permettrait à une partie, une petite partie de ce qui apparaîtra, plus avant dans l'énonciation; de trouver cette « respiration verbale » comme lien d'un énoncé futur? On traiterait de ce qui déjà est là comme la réponse dans « une écriture automatique » que seule, de l'élément d'une grammaire discursive, l'acte de « penser » resterait comme trace; marquage qui plie/déplie pour que la mémoire « irise », Iris ne nous apparaît-elle pas comme messagère? Dépositaire d'un message, voilà bien là quelqu'autre symphonie descendue de notre ciel intérieur, pour jouer sur les gammes colorées de la mémoire! Images qui n'ont de pénétration qu'à exhausser ce dont on parle: la mémoire. Mémoire/miettes, mémoire/démontage, rupture avec les trois temps de l'abstraction, pour n'en retenir qu'un, autre, puisque devenu « lisible ». On peut dès lors s'inviter à d'autres essais, mais il y a encore une fois l'attention qui vient y prendre part, pour troubler la fête d'une répétition de « l'inconnaissable ». Si l'homme y recherche un « sens », ne risque-t-il pas de se perdre dans les méandres de la labyrinthique déraison; de rencontrer la fameuse « représentation » au bout d'un parcours chaotique d'une prise de pouvoir de ce « désir » inassouvi et/ou intermittent? Le noeud du problème commence là, pour cette mémoire qui « génère », indispose et se referme sur un corps de la « dépossession ». Pourquoi ce corps n'est pas simplement possédé? Parce qu'il ouvre la boîte de Pandore pour ne pas trouver son objet, la mémoire le lui permettrait au risque de faire de cet Objet la mise à mort de ce corps. Irradié de myriades d'étreintes de ses fonctions sensorielles à travers la locomotion expiatoire et jouissive de ce « dit » corps, par les ans et avec lenteur, de ce corps parlant.



Thierry Texedre, le 1 novembre 2012.

samedi 27 octobre 2012

Litanie









 



Peur paraphrasée par la nébuleuse voix aphone, extrapolation du temps en détonation de ces syllabes imparfaites. Le temps s'essouffle fleur faramineuse de la féminité opulente; on se traîne aux pieds de celle qui vous inonde de sa fente ravie. On traverse le temps d'un air de ne pas y toucher. Les vagues vont et viennent pour renvoyer cette voix à sa contamination, corps miasme, corps morcelé, corps sidéré. L'apothéose n'est pas loin, il faudra attenter à cette chair pour engendrer l'éternité dans le chaos. On souffre de souffler le vent qui sort de ce corps soudé à celle qui l'inocule, le franchit, l'avale, l'octroie. La peur se tient de savoir que le corps s'émancipe pour avoir tremblé depuis l'espace clos de l'esprit malin. Traitement de la forclusion, fermeture du temps sous les plis de la peau qui danse en faisant l'amour. Apothéose massacrée par les coups sur les ondes qu'un corps nu peut renvoyer au moment de la jouissance suprême qu'il franchit, double et un à la fois. Caressante joie de la fragrance du corps désespéré, dans ce fourmillement impitoyable des embruns colorés venu du dedans. Nébuleuse qui prend le risque de s'exhiber, fin du temps au présent, illusion complice de ces êtres inusités, inexistence devenue vérité du corps pris dans le pire déploiement de son soulèvement vénal. Sens de l'unique versé au versant impensable de la dépendance au sexe du corps tenté par ses voix obsolètes.



Thierry Texedre, le 27 octobre 2012.
sur A Far Cry - Schnittke: Concerto Grosso no.1 (1977), V. Rondo: Agitato