Une textualité qui recherche en permanence son écriture et sa peinture, sans toutefois entrer "en représentation", le lieu ? Une musicalité, pas dans "le son" d'une lecture qui reste aléatoire, mais dans ce qu'un sujet peut de penser: où en est son image, la scription ?
Peinture/Musique
jeudi 22 novembre 2018
Glissando
Fabienne Verdier - Glissando, 2018, acrylique et technique mixte sur toile, 106 x 90 cm
Thierry Texedre, le 22 novembre 2018.
Glissando
Sur
la surdité du clapet
fermer
ce sas
ce
sac vidé
de
sa contamination
paroles
de l’holocauste
gravées
grave
dans
le cerveau
vertical
ça sent bon
la
réplique autant le dire
tunnel
qui tourne
au
jus injustifié
en
vrille ça part
non
programmé le
reflet
de la possession
sur
un air de jazz
couche
ta peau
sur
le cours des choses
tiraillé
et railleur l’infidèle
joue
à cette libre pointure
qui
dure et qui pointe
pour
faire ronfler
les
moteurs menteurs
à
l’arrêt devant les seins
qui
pendent pointés
sur
le frein retroussé
ça
claque c’est le clou
le
tumulte tuméfié
de
la peau pincée
dans
un glissando
qui
grommelle en flaque
lueur
du pistil poussant
sur
ses arrières
le
rythme grimaçant
clac
et il ressort tige
prête
à en découdre
la
queue en trompette
qui
joue un air
du
tonnerre de dieu
lascive
pilosité qui fourmille
qui
s’étourdit en serrant
les
usages dans ses plis.
Thierry Texedre, le 22 novembre 2018.
mercredi 21 novembre 2018
Ensemble
Achille Devéria (1800-1857)
peintre illustrateur et graveur français
les illustrations des "curiosa"
Schnittke - Piano Quartet in A Minor
peintre illustrateur et graveur français
les illustrations des "curiosa"
Ensemble
Plongeant
dans cette suave douleur du temps oppressé, voilà le jour qui
s’avance, tel un précipice une impossible résurrection amoureuse.
Tremblant au plus profond de cet être inanimé, ce cœur meurtri
vient suinter, coupant au plus court ce temps, cette satanée
saturation de la foi. Non que cette croyance soit celle religieuse,
mais plutôt redirigée sur la chair, l’odorante chair de l’autre
aimée. D’un risque de passer outre, de dépasser ces impuissantes
réactions qui vous paralysent, ou de verbaliser ce léger
consentement, n’est-ce pas là une redondance qui fait faillir la
parole par la folle certitude du partage. Voilà bien ce qui frôle
l’instinct au plus près, pour éviter, évincer ce tremblement
devant l’être cher, devant l’autre qui vous fait perdre toute
constance, tout atermoiement toute plainte; le risque de comprendre
est plus grand devant cette foi qui relève ce corps meurtri.
Pulsions du désir, cette vérité du corps qui fait tomber les
masques, arrêt sur image, les deux êtres se regardent dans un vide
sidéral, l’espace d’un éclair, les yeux humides, l’attente
devient alors intolérable. Une blessure qui s’entend comme d’une
compromission, et de doux attouchements font face au regard de la
pénétration. Le mystère n’en demeure pas moins inviolé.
Thierry
Texedre, le 21 novembre 2018.
Schnittke - Piano Quartet in A Minor
mardi 20 novembre 2018
samedi 3 novembre 2018
Avec ou sans
Neal Fox (1981-)
Avec ou sans
Avec ou sans
Atténué vers ces ligatures infâmes
qui pleurent le temps désarticulé
outré ce sursaut du corps trop nu
défigurant la peau jusqu’au risque
de la démesure du sexe concis
courtisant ce derme démoniaque
un peu trop longtemps et jouir
le gland grossi par l’œil convoité
d’une image immaculée et porno
porc insatiable qui fronce les plis
nauséeux puisant le voluptueux
du bas du ventre jusqu’à l’extase
les jambes repliées sous le lit
le lit chargé d’une irrespirable
contention les draps froissés
sous les fesses insidieuses
et rougies par les frottements
aussi l’interdit l’Infini de
l’effroi c’est la chair qui jubile
à mesure que monte la liqueur
la séminale jouissance sortie
ma main Claudine se balance.
ma main Claudine se balance.
Thierry Texedre, le 3 novembre 2018.
jeudi 1 novembre 2018
Contemplation
Karel Appel, danseurs du désert, 1954
Contemplation
Comment
défaire le rejet
du
tronc commun le sujet
de
la perte la peste publique
le
rejet voulu du traitement
de
la parole comme idée
idée
d’un sens commun
livré
à l’altérité du corps
encore
raturé de la vision
qu’une
connaissance lit
en
musiquant un corps
contraint
à rencontrer
l’illisibilité
de la parole
parler
dans l’exaltation
d’un
désert la faire danser.
Thierry
Texedre, le 1 novembre 2018.
lundi 29 octobre 2018
L'antérire
Yue Minjun (1962-)
sans titre, 1994
sans titre, 1994
L’antérire
Du
bord dénaturé la face cachée
plus
jamais le rire n’aura de dilution
détermination
sur le regard de voir
l’illimité
l’éternité l’étirement
de
l’indécence qui prend l’air
du
temps le temps de l’oppression
le
temps de l’introduction
de
s’introduire dans l’irréel
la
lumière qui tombe sur la chair
le
schisme du circuit mental
montré
dans la polémique
qui
force la chair à s’évider
se
creuser pour nourrir l’esprit
l’esprit
caricature et rire
de
la compromission assise
sur
les braises de la guerre
qui
vous tombe dessus
sur
quelques paroles en l’air
l’air
de rien la raideur du sexe
en
trop de sa polémique rituel
tombé
du temps présenté
au
spectacle la giration
qui
tourne court à cause
de
cette ingénue le duel
holistique
du double indistinct
parties
qui concourent au même
dans
la différence et l’inadéquat
glissements
dans l’insoutenable
l’insensé
d’un pensé de la dépense
Un
rire sous les habits vertueux
de
la peau jubilation
peau
traînée peau gainée
laissée
pour compte sur
les
braises de l’amour
insignifiant
d’un départ
pour
l’autre rive quelle rivière !
Thierry
Texedre, le 29 octobre 2018.
vendredi 26 octobre 2018
Les sexes sirupeux
Pablo Picasso, Dora et le Minotaure, 1936
Les sexes sirupeux
Les sexes sirupeux
Poussé
par les regards
convulsés
de l’amour
toute
étreinte sans retenue
l’orifice
ébahi s’envole
l’indécente
contagion
vers
d’autres sphères
d’une
affaire sans foi
c’est
par la nudité
l’immersion
dans la fente
cadencée
le retrait du désir
qui
en implore au droit
le
montrant du doigt
contre
ces sussions
vertigineuses
à l’envers
l’être
renversé par ces jeux
ces
caresses du con au pli
de
la verge redressée
en
mille sucs à venir
des
délices sur la vulve
humide
à cette heure
quelle
grandeur que ce
lent
plaisir qui entre mots
indiscrets
et attouchements
se
mêlent dans la disgrâce
sur
la peau vertigineuse
l’écartement
des corps
hybrides
vont pisser
sur
l’air du temps
les
sexes insoumis
sortent
un après-midi
poussés
par l’envie
l’extrême
étirement
de
leurs abus enflammés
jusqu’au
petit matin
les
draps froissés
sont
jetés par dessus
cette
frivolité l’errance
le
sommeil le resserrement
des
chairs sur l’amant.
Thierry
Texedre, le 26 octobre 2018.
lundi 24 septembre 2018
Les derniers jours
Lucas
Cranach l’Ancien (1472-1553)
Pietà
sous la croix, 1510
Les derniers jours
Juste
à côté
du
risque étiré
étriper
la chair
pour
raconter
cette
terrible histoire
la
folle étreinte du monde
avec
l’air le soleil et l’eau
arythmie
saoule de l’orgueil
étiré
de la peau galvanisée
sous
le soleil de Satan
sous
les airs de Dieu
d’un
ultime corps cavité
encore
trop bu pour être
de
l’être qui frôle l’arrêt
ce
sont les derniers jours
d’un
temps dépassé pressé
de
risquer l’asphyxie
à
trop en parler de ces mots
morts
depuis qu’ils sombrent
par
l’égalité de la parole
écriture
humaine éradiquée
triturant
la voix pour mieux
s’en
approprier l’interdit
celui
d’un corps absout
de
toute infirmité
l’infernale
infirmité
qui
plonge la parole
dans
les affres du recommencement
due
ce continuel intérieur disloqué
en
un palimpseste sérénissime
la
divine extermination du peint
encore
expiant la parole pulsion
impulsée
depuis l’astre vivant
animalité
poussée en cris plis
et
torsion de la cavité crânienne
voilà
le retour de la peinture
qui
s’offre ce corps au jus
du
jugement dernier
le
jugement du jet
jeté
en pâture aux abîmes
de
la bestialité humaine
contre
l’animalité retirée
de
sa jouissance en terminant
par
ces quelques putréfactions
ces
tortionnaires qui brûlent
les
voix de la raison et l’art
dans
d’interminables oraisons
et
danses du plaisir cinétique.
Thierry
Texedre, le 24 septembre 2018.
jeudi 20 septembre 2018
Ô froideur
Youcef Korichi (1974 -)
artiste peintre français
artiste peintre français
Ô
froideur
Derrière
ta plaie
immensité
de l’extase
commémorée
dans l’amour
improvisé
depuis l’origine
de
ces virtualités
imaginées
du dieu
impulsé
du dire
expulsé
depuis l’art
immolé
pour exposer
l’irréel
sur l’autel
du
désir insupporté
désir
que soulève
ce
corps enveloppé
et
caché dans les plis
du
cri intérieur
tu
diras ce que bon
te
semble en restant
indifférent
à la mémoire
car
c’est cet air qui ronge
et
frappe dans l’esprit
la
tête de l’insuffisance
ce
qui frappe l’esprit
de
marcher tout en parlant
l’évasion
encensée
de
la semence.
Thierry
Texedre, le 20 septembre 2018.
lundi 10 septembre 2018
L'origine en cours
L’origine
en cours
« Traque
du sort sortilège du macabre voile du fond intolérable du temps
secoué voilà le ressac l’eau étirement des veines saccagées par
les sons sorte de halo polymérisé du risque monstrueux d’initier
le vol animal en filigrane retard du temps sur un sexe encore
inconsidéré consistance d’un tremblement du corps ablation d’un
côté sans la douleur la douleur semble imminente luminescente et
inappropriée à l’arrachement de la chair un peu moins que quand
il y a la terreur et le tortionnaire le lamentable coup du sort
dramatique existence qui frôle l’extinction cité inhumaine du
défilement des êtres supposés détenir l’existence et la
procréation probable insuffisance de l’esprit face au risque de
mourir avant d’en finir avec la mémoire opération de suppression
impression des membres inférieurs pour ne plus avoir le droit de
marcher comme on le sent ça sent le sang frais qui coule sur un air
criant de la cruauté la chair chassée de l’esprit qui coupe court
pour penser avant de se montrer avec la mémoire ultime détérioration
de l’être cause insupportée de la douleur prostrée devant
l’infini du rêve opaque entrain de forniquer avec le corps cousu
de ses mots désaxés depuis l’origine le né immortel de la
foutaise des sons remonter le temps la cruauté du temps prostré aux
pieds de l’histoire histoire hallucinée du corps traduit au moment
où les sons de l’origine disparaissent. »
Thierry
Texedre, le 10 septembre 2018.
Lungu
Alina Ada (1995-)
artiste
peintre roumaine
« hommage
à Adrian Ghenie », huile sur toile, 140 x 120 cm
Adrian
Ghenie, né le 13 août 1977 à Baia Mare, est un peintre roumain.
mercredi 5 septembre 2018
Voix... Silence
Voix…
Silence
Sur
l’immonde rétractation
du
temps voilà le retournement
l’insidieux
contournement
de
la roue terre immergée
depuis
l’aune le recours au vice
celui
de marcher la tête relevée
les
bras plongeant dans les rides
d’une
tentation d’expier le glissement
là
est le nœud d’une innocence
de
la chair face au rite
qui
montre et parle
devant
le grand silence
d’une
sourde exactitude
celle
qui pense ce silence
pour
mettre les mots en voix
et
la voix en simagrées
lente
rétractation du corps
sur
l’appesantissement
la
plaie d’un silence
entrain
de dépouiller
le
corps de son verbe.
Thierry
Texedre, le 5 septembre 2018.
dimanche 2 septembre 2018
Ô Soleil
Vermeer, La jeune fille au verre de vin (La Dame et les deux messieurs), vers 1659, huile sur toile, 78 x 68 cm
Ô
Soleil
Dans
la noirceur de l’ombre
quelle
jérémiade s’impose
soleil
montré dans sa bonté
au
plus près du jour passé
soufflant
par sa bonhomie
chaleur
de nos âmes errantes
la
force qui anime nos cœurs
depuis
les plaintes immuables
qui
franchissent les monts
et
les vallées tu nous voles
ces
austères musiques
qui
subjuguent nos paroles
et
dont on n’ose pleurer
la
joie du fond lumineux
de ta
gloire qui nous aveugle.
Thierry
Texedre, le 2 septembre 2018.
vendredi 31 août 2018
Le non fini
Giorgio Griffa (1936-)
« Giorgio
Griffa
dit préférer souligner le rythme plutôt que la répétition du
signe, car le rythme est un moyen de connaissance depuis toujours
(rythme de l’agriculture, de la Lune…). Il ne cherche donc pas à
enclore du temps dans la toile mais, presque au contraire, il place
sa toile dans le temps.
C’est
une écriture sans langage, qui ne réfère à rien d’extérieur,
et pourtant parle du monde. Il y a des ponctuations, des virgules,
des apostrophes, des points qui ne sont pas « finaux ».
Des points qui évoquent le début ou la continuité de quelque chose
mais certainement pas sa fin. Un langage qui ne fait pas récit, qui
reste opaque, imperméable à toute narration. A l’opposé
d’un Pollock, son geste n’est ni mystique, ni érotique, ni
romantique. »
Le
non fini
Qu’est-ce
que c’est
la
loi se retire
au
profit d’un temps
possédé
par l’œil
restreint
l’œil étreint
loi
surannée qui serine
l’oreille
qui écoute
un
temps qui peut
celui
de l’absorption
d’un
corps utérin
compilation
d’un acte
commun
et antérieur
au
temps tautologique
qu’est-ce
qui sort
quand
une parole dit
sinon
ce qui traverse
la
chair jusqu’au cri
ulcéré
et noué
les
fibres d’un corps
qui
sort de sa densité
pour
laisser courir
une
voix hors temps
une
voix qui couvre
lentement
la dispersion
d’un
corps caverneux
le
sexe non fini
d’une
traversée
de
la monstration
que
la loi intente.
Thierry
Texedre, le 31 août 2018.
mercredi 29 août 2018
La défigurale
Bernard Thomas-Roudex (1942-)
nous nous sommes tant aimés II (diptyque) 2010
nous nous sommes tant aimés II (diptyque) 2010
La
défigurale
Depuis
l’origine
imposture
du présent
le
ton monte sur l’art
qui
gangrène l’arrêt
d’un
corps entier
pour
montrer quelque
chose
qui a à voir
avec
l’innommable
convocation
de l’œil
austère
et défiguré
voilà
bien là
ce
qui frappe le corps
montré
pour en finir
non
avec un dieu
tranquille
et immanent
mais
avec un présent
improbable
depuis
l’origine
du dire
qui
en impose
pour
avoir cru
en
un dieu unique
de
quelle défiguration
s’agit-il
sinon
d’une
improvisation
de
la peau sous
la
passation de pouvoir
de
la chair encadrée
en
peinture de l’art
son
format sa jubilation
son
extrême fanatisme
voilà
la danse
d’une
chair reconnue
par
la religion
et
démontée étirée
en
coupe et double
pour
essayer de faire
passer
la jouissance
par
tous les recoins
de
la chair luisante
pénétrant
en son sein
puiser
dans l’origine
du
vivant en mots
du
futur dévisagé
car
les mots sont
le
dévisagé de ce corps
qui
marche vers sa chute
à
cause de ces temps
décalés
et doubles
voilà l'extraterritorialité
du
corps en mots
qui
doutent du peint
à
mesure que la peinture
se
montre véridique
à
l’œil encerclé
par
ce centre
partout
montré
comme
exactitude
de
la parole
entrain
de faire
de
la monstration
sa
plus belle
représentation
où
sont les restes
si
la marge est
circonscrite
dans
l’art de déliter
la
chair expulsée
du
puissant paradis
de
l’immanence verbale.
Thierry
Texedre, le 29 août 2018.
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