dimanche 8 mai 2016

L'homme expatrié

(pour une grande messe des morts)

Quelle fin ouvre au Paradis, devant la grande exactitude du temps ? Sur la voix exaltante qui montre de l'effacement du souffle dans l'expiration de la vie, quoi de moins interdit que la cessation illusoire de cette vie encore extraordinaire par son appel à la mémoire ; mémoire de la vie à rebours. Rencontre de l'astre, terre subordonnée à la monstruosité de l'être déterminé à maudire l'animal qui monte en lui. Depuis quelle parole cet être vient se poser aux pieds de l'animalité du lit terrifique de l'inconnaissable ? Il se passe comme un retournement volcanique de ce qui jouit depuis l'animal prostré dans l'être de l'intériorité ulcérée part cette mémoire qui noue sa parole entrain de composer avec l'extérieur, illumination d'un aveuglement de la mort vers cette peur que l'inconscient dresse, comme feinte de l'éclairante vérité qu'un désir inaliénable va représenter par un psychodrame insubordonné à la langue. D'une entrée dans la caverne, sonne l'origine de l'improbable fin par la mort ; excentrique exclamation de la vie en chants montrant le paradis musical traversant ce corps psalmodique. De quelle douleur ce corps naît-il ? Sinon de n'être jamais là où la parole joue avec la chair, la violant avant de mettre à mort la parole liée à la lecture. Exposition d'un texte encore sans traduction. Expulsion vers ce qui sera l'autre vie, dans un retour fulgurant du corps ressuscité, veille du corps pensant. Torsion encore déchirée du corps sur la chair excentrée, de biais, contaminée par l’œil sa référence/réverbération vers une naissance-peau, comme mise à mort de son commun qui exalte la reconnaissance. Le commun serait donc le propre de l’œil. L'homme serait donc ce qui pense la cause du commun encore démontré par la langue, encore soumis à la lecture, encore l'étreinte de la chair avec sa peau. La soumission de l'homme au risque d'expulser son dire se contracte vers une improvisation de la peur d'être, une imposture de ce qui touche le commun comme béatitude de ce qui touche au vrai, à l'objet indécent de l'art d'assembler, de mettre en commun. Mimétisme qui prend en charge cette mise en demeure de l'animalité, comme extraterritorialité de l'animal prostré depuis son risque d'oublier, avaler, absorber tout espace lié à la chair ; récitant par là cette chasse de l'homme, l'expatrier, le faire taire depuis son insupportable mise à mort de ce qui pense pour la mémoire, pour ce présent fantasmatique.



Thierry Texedre, le 8 mai 2016.





dimanche 1 mai 2016

De l'origine à l'inquisition du futur









De l'origine à l'inquisition du futur

C'est comme si l'origine
devait se soumettre
sous nos pieds
et que le futur s'évertuait
à risquer l'impossible
présent pour peu
qu'une pensée sans cesse
en état de différence
s'ordonnait en un cinéma
dont on sait dès lors
que le cinéma n'est jamais
le vrai mais un état de mise
à mort d'une demeure
du sujet sous la coupe
d'un inconscient collectif
toujours plus ramassé
et rassasié et ressassé
modelé et éthéré par la langue
qui en dit long sur un retour
du retour vers ce qui
vous contient d'une forme
une mise en forme du futur
la future condition
de votre futur pour l'immersion
dans un vite vidant l’œil
de son regard inventant
l'imminence de ce lieu
sans arrêt ni fixité
nouvelle image qui anime
cette mémoire recluse
à trop éveiller un passé
l'animation qui montre
les maux au pire et la souffrance
au mieux veille du commencement
dont vous allez souffler
la faute en regardant
cet autre le passé
nous voilà donc bien dans
cette sorte de spirale
qui en impose forclusion
l'intérêt que nous portons
à l'intériorité qui elle dans
d'autres interactions se nommerait
âme ou être et même sujet
plus en avant ce qui est indolore
c'est ce continuum de choses
plus vraies les unes que les autres
et jusqu'à la langue dont
on peut mesurer les moindres
déplacements condensations
déflagrations jusqu'à
ce fou qui lui se déplace
aussi insidieux et compromis
si la culture met encore
en avant ses pères c'est en
catimini pour nous faire croire
qu'ils y sont pour quelque chose
comme ce qui sera ne sera qu'à
tout renverser du passé
et encore il est temps de passer
à autre chose
une langue vit de ne jamais être
l'écriture de ses blocages
elle est alors hystérique mystique
idéologique psychanalytique
elle feint l'existence
dans l'extase et le véridique
de quelle hérésie ce moment
étirant son passé jusqu'à la cassure
du futur est-il le lieu
possible de l'extériorité du présent
procès de l'impossible
tracé du présent en trois opuscules
trilogie de l'exercice flamboyant
que la peinture ouvre
supportant par là
ce que la langue inaugure
sous les bons hospices de
la parole mise en écriture.



Thierry Texedre, le 1er mai 2016.







mardi 26 avril 2016

Séquence



Séquestré par l'enfer
ce renfermement tait
cette sorte de feinte
qui vole au dessus de
l'esprit rencontre entre
la vie et sa tentation
pour mettre en marche
ce qui montre l'âme
comme fondement de
l'intériorité liberté que
la parole mettra en jeu
pour montrer ce que
la musique va traduire
en sonnant la peinture
de laisser la place au
monde insoumis de la
plaie rougissante du
paganisme commun
l'ordination électrique
qui fuit l'intelligence
de la vitesse du peint
mais la magie semble
rester au centre de l'art
embrumant les esprits
pour qu'ils tournent
en dérision l'expiration
l'entrée dans l'indéfini
dont on sait que c'est
par là que se passera
cette mise en jeu du
jouir jeté tel un corps
défait de sa chair vu
l'immortalité que croire
depuis ce qui se pense
montre du sens insensé
que la chair esquive
elle comme animalité
vraie de cette sensation
en surface de la peau
révélation de l'âme
embrassée par ce qui
sort l'érotique sens
de la vie liberté entre
la naissance et la fin.


Thierry Texedre, le 26 avril 2016.





                                                                    La chambre d’Âmes










dimanche 24 avril 2016

Bel ange



Regarde l'escalade
de l'erreur montrée
comme si la lueur
en vue de cela allait
se mettre à trembler
tout en réchauffant
nos bien pâles effets

De ces lieux les anges
de la vie vite passée
de vie en trépas vont
s'étendre sur l'herbe
en prairie en champs
chercher un autre âge
la peur du bien craché

Folâtre les obligés
de la défiance le lit
l'estrade remontée
d'un piteux théâtre
qui pique à la figure
obligeant à la fuite
à la nudité du cœur



Thierry Texedre, le 24 avril 2016.







vendredi 22 avril 2016

Lettre







Lettre *

L'air du temps

Je pleure cet instant dédié au risque de la disparition, ce vol irrésistible en sauts, m'esclaffant que rien ne vaut ce regard en suspension dans la poussière de l'air respiré. J'aspire au repos paisible qu'un train d'enfer rapporte du fond des âges, par tant d'amertume, tant d'inexistence, et que ce corps douloureux enveloppe. Tour de vis de la chair qui bloque, fracasse, enferme par tous les temps, pour émasculer ma mémoire. En feintes, l'air du temps me joue des tours, jusqu'à me couper la peau en profondeur, pour laisser sortir le malin qui s'évertue à jouir d'une probable diminution de mon amour pour l'autre. Je rase les murs dehors, et dedans ma chair se remue pour essayer de passer outre en sortant, pliée depuis le fond, pour me laisser jouir l'éternité que ce corps fatigué m'interdit. J'ai mal aux mots jusqu'à les faire sauter, il faut bien encorder pour tenir bon, c'est la seule façon d'extraire la vérité de cette inépuisable intensité du drame de la vie. Relique du désespoir, je crois de plus en plus à cet appel du dedans qui m'indispose, me rétracte, m'emporte depuis la fournaise du clapotis du sang,  debout, pour me risquer à une autre parole ; serait-ce un schisme avec "ce croire" ? Outrage d'entrer dans l'exacte opposition avec un regard amoureux qui immole mon âme, jusqu'à noyer mes certitudes sur la mort. Depuis les débuts de la vie osée, je « crois » à courir après ce qui montre la mémoire pour identifier le nœud la « sortie » d'un présent sans fin. Pleurs de l'inséparable ouverture au monde du corps qui me hante, m'esclaffe, m'introduit dans la noirceur inventée d'un lumineux départ de l'envie en frasques fistés par l'écartèlement des membres jusqu'à la douleur extrême de la fin. De cette foutue fournaise qui m'inocule la mort en catimini, j'ergote sans arrêt, sous l'emprise d'une autre servitude ; la reconnaissance de l'autre, pour m'immerger dans l'indifférence du même. Pouvez-vous m'interdire de croire, ma peur est immense, croire serait au bout, cette chute dans l'immensité de l'infiniment vrai, de la détermination à n'être qu'à condition de n'exister qu'en paroles raccourcies par l’œil de l'étreinte. Sachez que mon mal est ce tremblement interdit depuis l'os qui frôle la cassure.


Thierry Texedre, le 22 avril 2016.

*Ce texte est supposé être une fiction.





jeudi 21 avril 2016

Fleur du temps



Quelle instabilité
nuée auriculaire
de cette forfaiture
intraduisible cri
alarmant de la vie

Attention marque
du trait volcanique
puise dans le sol
le ferment si fumé
de la couleur ornée

Pour sortir puiser
un jour lieu lueur
inattention écart
cette renaissance
l'étreinte du cœur

Fleur du temps
au crépuscule
étamine en toi
la belle flamme
nous embrase

Du serment caché
fond d'un œil
pleurant la soif
d'un amour écarté
à l'aube renaît



Thierry Texedre, le 21 avril 2015.








samedi 16 avril 2016

Danse macabre 2



Sur ce court instant,
voilà bien le cours des choses tant désirées et en rêve.
Sans regard ni paroles,
l'art s'évade depuis l'astre parlant ce recours au travers.
Traversée de la ligne qui montre l'avant,
ce qui sourdement retient ce souffle pour continuer à danser en apesanteur,
ce sacré sexe remisé pour plus d'expulsion du corps ;
quatre à quatre descendre les marches du désir.
On entend ces récits depuis l'école des arts de la litote.
Pourquoi pas en exaltant le vice que des sciences exactes proposent de l'objet déconstruit pour faire taire l'homme envoûté.
Travail soigné de l'exercice qui consiste en une puissante démonstration de la propension à résoudre ce qui jouit ici bas,
devant l'éternelle monstruosité du chaos qui défile,
comme une armée bien entraînée de ces fourmillements intérieurs au corps visité par cette chair incarcérée dans l'épaisse fumée du vraisemblable parcours de la vie coupée entre socialité et animalité contre cette bestialité parvenue dans l'esprit qui pense pour avoir cédé à la mort.
Ça touche au cadavre exquis dont la flamme immolée de cette âme infortune danse,
autour des restes balayés en cendres jetées aux quatre vents.
On touche à cette dérive en raccourci,
rencontre avec une sortie du travail dévoilé comme si d'aller plus vite pour passer à l'entendement de l'écho en sourdine,
qui frappe à la porte, et se passait de cette mémoire fragmentée,
pour enfin montrer la mort avant celle vraie du corps, la monter en rêveries comme objet de l'essoufflement,
dans l'assourdissante lumière qui s'éteint au moment du sommeil.
Allongé, le corps en appelle au risque insurmontable de ne plus jamais parler la langue du corps, celle de l'étrangeté hallucinante des sens au milieu de nulle part, perdus pour n'être jamais qu'en travers de cette marche illuminée de l'esprit sur la chair, elle aimant plutôt la danse.
La folie inhume l'indécence fondant sur le regard fixe qui se soustrait à l'image radicale de la cogitation,
pour incendier,
risquer de se battre avec les ombres de la mort installée partout où rôde la parole ignifugée de la prédication verbale.
Autres danses,
pour un rêve impuissant à montrer la vie au présent.
On tremble encore à l'idée qu'un ressort du cœur travaille avec la pensée,
saut installé et étalé au grand jour, pour frapper sur l'égalité des maux figurés dans un recours à la peinture,
comme succédanée de cette danse macabre.


Thierry Texedre, le 16 avril 2016.






le jardin de la mort Hugo Khnopff 1896








mercredi 13 avril 2016

Clapotis 2








Clapotis 2

Las de ricaner sur
la musique le corps
nu se vautre à terre
par tous les diables
qu'est-ce donc qui
frôle cette peau née
du commencement
insidieux de la danse
en accords découpés
stridente déchirure
en voix grave errante
et dépossédée de sa
langue entrain de
lécher le sol grave
débouté de ses sens
la peau s'évente se
masturbe s'exclue
de l'autre pour jouir
un peu du manque
d'expansion en pluie
du contournement
que l’œil aplati voit
en pleurs inondant
l'exclu l'outragé lu
depuis une pluie de
mots agacés cousus
depuis ce sexe fleuve
paradant en frasques
vestibules rétrécis
et jeter le sommeil
en pâture au cirque
du jet atavique jailli
de nulle part et sucé
tel un suc dédié délice
qui frôle l'extinction
de l'espèce à toucher
au risque de la mort
à placarder entre les
seins cette image
qui ose l'enfer lu
de telle façon qu'on
eut cru au diable
à répéter les sons
sans dessus dessous
taratata la langue
s'évertue à ronfler
le ronron illimité
de l'existence pas
si utile que ça au
corps coulissant
le long de l'esprit
enterré bien avant
la chair chiée chut
elle sonne déjà l'art
qui croit tripatouiller
les organes pour
démonter le vrai du
faux en toute folie.


Thierry Texedre, le 13 avril 2015.











samedi 9 avril 2016

D'un corps traversé 1, 2



1
Si vous saviez ce que désirer ramasse de risque et d'amertume. Sur ce registre l'étreinte se mesurerait avec un corps possédé par la parole encore trop vraie pour rester sur une poussée des sens. Se remettre en accord avec la prosternation depuis l'annonciation d'une danse de la chair par ces signes impuissants à rester au dehors, extinction de l’œil qui ferme la bonne marche du sens de l'objet vulgaire, de celui qui serait plus hostile à la mémoire qu'un sujet qui feinte de penser va commencer à foutre en l'air, expulser de sa détermination à être. Qu'un savoir passe par l'émerveillement que penser jouit d'avoir reconnu un sujet forçant l'objet remisant sa tragédie de parler en chose,dans l'inconsistance révélée de ces mots sortis pour laisser libre court à des pulsions qui dépossèdent la parole de toute vraisemblance. Un corps carné qui met cette connaissance dans une déperdition culturelle, voilà une résistance de la chair ; résidence dont on se passerait bien, à cause de ces affects effervescents qui feintent d'embrasser l'être, pour qu'il se mette à battre dans un corps on ne peut plus privé de sa chair, puisqu'une fois touchée la chair met en péril l'être, le ramassant en une sortie de l'affect par les orifices inassouvis du sang contracté par un cœur qui se débat de ce qu'il y a entre chair et pensée.

2
Qu'est-ce qui frôle l'inclinaison pour ce jaillissement de l'image dans l'indécision de peindre ? Depuis l'inassouvissement de voir un traitement par le geste exhorté comme seule mise en marche de la possession de l'unique par une mémoire polyphonique : d'une musique qui montrerait la monstruosité de l'image entrain d'éructer un dire du dépaysement monumental face au paysage d'un sujet socialisé. Si l'abstraction le sort le rencontre à des fins occultant la fixité peinte, c'est aussi par rapport à cette musique, de la montrer comme l'infini du dire qui se plie à l'urgence d'un dire musiqué, chair qui se glisse dans l'utérus de l'espace toujours à remettre en question. Un corps traversé peut-il mentir sur sa chair ? Voilà bien là quelque chose qui a à voir avec le retournement de la peau, d'une vie qui sortirait de cette traversée, de travers, enjambant l'être, pour s'essayer à plus d'exactitude dans l'évitement d'un présent érotique ; en recentrant ce recommencement, par une mise en mémoire de l'extériorité du corps sur ce qui l'immerge dans l'érotique, c'est-à-dire être par une mise en forme des sens restitués par le frottement de la peau sur l'immanence de la douleur et du plaisir supportés ou insupportés, dans une mémoire qui nomme l'accès au présent fragmenté en fuites, vers un futur antérieur. Un corps traversé serait un corps dont la chair moribonde manquerait de consistance (là le corps fait appel à l'érotisation de sa voix dans la chair), à des fins d'inaptitude au jeu qui montre le vrai face à la vraisemblance. On comprend alors que cette rencontre avec un corps traversé par l’œil inéprouvé ne suffit plus à la parole qui souffre lentement devant l'illusion créée par la compromission que la chair offre aux extrémités convulsives du corps. Le temps d'un volume (l'espace clivé de l'esprit qui croit en sa marche biomorphique ne résout en rien l'apparence du corps-caverne) se mesure avec un corps-caverne, pour introduire l'esprit à sa vision du dedans. Voir serait un aller et retour du dedans à l'extérieur, pour soulever ce qui manque à la parole-écriture, lien indéfectible depuis la déposition du corps de chair en trace et peinture. Peintures rupestres et signes ostentatoires, traces jusqu'à ce qui architecture (architectonique) l'espace social qui se mesure à l'effraction du repos sur l’insécable retour de la vie sur le corps. Initiation de l'imitation par la chair, dans une parole expulsant son érotisation, pour rencontrer ce que la peinture n'aura plus jamais oublié, comme séquence d'une mise en réalité de cette intériorité d'un corps qui pense la fin de la représentation pour explorer l'espace de l'invention de l'innommable visuel, ouverture vers l'intellection touchant à l'irréelle extension de l'univers intérieur que cette traversée du corps oblige, obsède et ordonne.


Thierry Texedre, le 9 avril 2016.







vendredi 8 avril 2016

Trémolo


Satanée sottise
en catimini
le vent s'envole
vers l'espace
rencardé des pores
de la peau
fort de s'envoyer
de toute prise
par l'esprit
raréfié en mots
insupportable
et sonne l'hallali
la retraite
de l'inimitable
prétention du corps
encore mal fagoté
là la chair
vibre de ses plis
illimités enfin
avant ce saut
dans l'essentiel
depuis l'avant
aminci de l'âme
escortée par
les partisans
de l'inoubliable
ravissement
de la nudité
tremble le centre
historique de
la naissance
en nourriture
rentrée par l'être
quelle rencontre
oiseau débraillé
qui picore
l’œil de
l'émerveillement
le destin
aux sublimes
couleurs du temps
pressé le regard
qui sauve et ôté
du notre danse
d'une peinture
déconcertante.


Thierry Texedre, le 8 avril 2016.








mercredi 6 avril 2016

D'un corps traversé









D'un corps traversé

1

Si vous saviez ce que désirer ramasse de risque et d'amertume. Sur ce registre l'étreinte se mesurerait avec un corps possédé par la parole encore trop vraie pour rester sur une poussée des sens. Se remettre en accord avec la prosternation depuis l'annonciation d'une danse de la chair par ces signes impuissants à rester au dehors, extinction de l’œil qui ferme la bonne marche du sens de l'objet vulgaire, de celui qui serait plus hostile à la mémoire qu'un sujet qui feinte de penser va commencer à foutre en l'air, expulser de sa détermination à être. Qu'un savoir passe par l'émerveillement que penser jouit d'avoir reconnu un sujet forçant l'objet remisant sa tragédie de parler en chose,dans l'inconsistance révélée de ces mots sortis pour laisser libre cours à des pulsions qui dépossèdent la parole de toute vraisemblance. Un corps carné qui met cette connaissance dans une déperdition culturelle; voilà une résistance de la chair, résidence dont on se passerait bien, à cause de ces affects effervescents qui feintent d'embrasser l'être, pour qu'il se mette à battre dans un corps on ne peut plus privé de sa chair, puisqu'une fois touchée la chair met en péril l'être, le ramassant en une sortie de l'affect par les orifices inassouvis du sang contracté par un cœur qui se débat de ce qu'il y a entre chair et pensée.

Thierry Texedre, le 6 avril 2016.








samedi 2 avril 2016

À tire-d'aile



Sur la douloureuse
extension de l'oral
vient s'éclaircir la
compassion vouée
au tremblement tiré
du miracle amoureux
illustrant par ce retour
à l'entrée dans une
plainte incandescente
des larmes ultimes
d'un corps occupé
par l'immensité du
son battant d'un cœur
joint à la caressante
nécessité de tenir sur
le fil du plaisir extase
qui va rendre au sang
tout son jaillissement
vers l'étendue de l'être
congédié par la pensée
les bruits qui sortent en
arrière du corps dénué
de toute nudité pour
essouffler l'infini se
dressent o combien de
peines et de guerres
devant l'étreinte en vie
embrassée par l'esprit
libre et confisqué filent
sur le bloc parole d'un
érectile début des mots.



Thierry Texedre, le 2 avril 2016.





vendredi 1 avril 2016

Le monde mouvant de l'étreinte



Depuis quand cette voix rassasiée rafle-t-elle l'intransigeante exactitude de parler ce vrai dont on sait qu'il est éphémère et plein de ce qui se montre comme mémoire. Mémoire de la douleur, la même aussi que ce plaisir inassouvi, par l'entremise l'ouverture à la chair, tactique caressante de l'amoncellement des effluves amoureuses depuis l'éclatement du corps en être chair, cher amour, comment ne peux-tu pas voir cette suture des yeux à la peau paupérisée. J'entends mal aussi, quand les bruits sont éreintés et entérinés, en musique trop savante – pour que je n'en souffre pas – en une tyrannique exécution des mots en chants enchantés par un vent du violent viol de la pensée penchant sa tête au pied levé. L'attente est longue, les sons s'envolent, s'élèvent dans l'éther de l'éternuement dans le dénuement des onomatopées sulfureuses. Quelle tragédie que ces lignes alternant avec la peinture, l'espace du vide en essuyant la morale, et ces ratures ces biffures, qui osent se frayer un chemin sur l'étalement de la chair devant ; quelques pleurs viennent incuber l'essence même de l'allergie au plaisir, le temps s'efface, quand bien même l'illumination se prend dans les filets de la peinture inventée pour dresser les corps de la mort délivrée, et les destiner à ce que les mots n'arrivent pas à mettre en musique. Silence ! On tourne. Le spectacle produit ses effets –  on rit on avale l'air de rien, puisque la peinture va polémiquer avec l'infini en jeu dans le langage. Et puis tant pis, on préfère s'en remettre à la musique savante, celle qui froisse le solstice de la mémoire – là où se mêlent les signes et la signifiance, là où l'inconscience fait l'apparition du jeu musical – juste de quoi se laisser entraîner dans les orifices instrumentaux. L'amour disparaît – là où se reconstituent les pores d'une peau surface de l'envie – c'est le seuil du plaisir et de l'exutoire, poésie de l'entre-deux, du resserrement et de l'ouverture au monde. Du monde mouvant de l'étreinte qui touche à l'émerveillement d'une rencontre...



Thierry Texedre, le 1er avril 2016.





lundi 21 mars 2016

La chair perpétuelle des pensées



Père de l'extrême opacité de la vie
par les ans à venir partout où monte
la haine monstrueuse la chair lasse
l'extinction qui se norme naissance

Tremblement irraisonné l'exactitude
du sang obtus du verbe inextinguible
dans le ventre misérable de la maladie
qui court depuis l'origine du cri sorti

On attend le jour qui va soudain partir
de ce raccourci entrain de s'élever en
humanité gaine du sang retroussé pour
que jaillisse chaud l'exalté le séminal

La chair aura partout énoncé poussé
l'avaleur de mots des retranchements
de l'irremplaçable souffle pour jeter le
discrédit sur l'irrésolution de la pensée

Pourquoi devenant la question s'évertue
l'ordre inépuisable frapper l'inhumation
du corps à raconter l'histoire le retour
de la dépense dans la mémoire exclue ?

L'affaire est close si ce n'est que le tour
de cette dépense se montre depuis l'ordre
en lois imprégnées de la parole qui fuit
un crépuscule pour expulser tous les sens

Illimité le retournement du corps qui feint
d'expulser les maux horrifiques de la chair
pour se sauver et se mettre debout à l'aube
aveugle de la vie sur un bleu premier libre

Extrême jugement du commencement jugé
par cette folle exécution qui montre les plis
de la naissance d'où cette sortie se voit vite
pour quelque vertébrale possession sexuée

On tenterait ce déchirement de la pensée
qui se défait se délite s'extirpe du corps
devant sa doublure comme essai déposé
devant une dépense de la pensée penchée

Oh père tout puissant vois-tu ce dernier
corps qui luit de tous ses feux à l'aube
de cette éternité couverte par des chants
créés d'une nouvelle force faramineuse

Puisse-t-il être ce ruissellement
qui vient du haut de ces montagnes
en eau vive jusqu'au sang ramassé
océan luisant par ici de l'humanité.




Thierry Texedre, le 21 mars 2016.







samedi 19 mars 2016

Du trou polymérisé de la vue









Du trou polymérisé de la vue

Quel trublion
ôter à ce risque
d'entrer dans une
intense comédie
du rendu cornu
que ce pensant
dément puise
dans un salut
démantèlement
de la foi en un
archaïque jeu
avec ces airs lissés
dans le vent rentré
par la voix jurée
depuis un corps
suintant la nausée
attendu que ce
drame de la vie
vous console à
toujours s'évader
du présent pour
nuire au délicieux
risque d'aimer
temps pressé par
l'amante vidéo
visiteuse virtuelle
la comédie du
risque déshabillé
de faire voir ce
corps toujours
trop nu en vrai
pour laisser dire
à la parole cette
insupportable
plainte du corps
déchiré par la
peau en vrac les
sens polymérisés
depuis l'éternité
l'étranglement
par l'image le trou
qui nous vient
du dehors par où
ce film est passé
pour couper
tous ces neurones
d'un grand mal
plus vrai que la
démesure humaine
et à tout jamais
insignifiant
qui se vautre
l'inconscient
lui l'insoumis au
dur carnage
de la musique
qui couvre tout
ce dedans obsolète
et transporté dans
une chaste langue
applaudie pour
que la mémoire
use et usurpe
l'ouverture de
la mort en marche
en paroles inaudibles
au futur enfanté
par l'immonde
expansion de la
peinture qui jouit
d'avoir perdu la vue.


Thierry Texedre, le 19 mars 2016.














lundi 14 mars 2016

Écart en éclats



Écartement incendiaire du vulgaire
sur l'affolement involontaire de la main
entrain de remonter jusqu'à l'entrée
indissoluble de la fournaise récréative
pour y déposer cette ambre charmille
qui frotte en sons impressionnants
caresse dans un saut de l'infanticide
vers l'outrecuidance du corps défait
de ses oripeaux sur la couche du plaisir
révolu de la tremblante intouchable
en circonvolutions et torsions du tronc
arrivé au seuil du désir asphyxié par
l'art du peintre offrant toutes les images
par la peau aux couleurs délivrées.



Thierry Texedre, le 14 mars 2016.   






vendredi 4 mars 2016

Feinte en deux




Forcer ce lieu impossible
parler l'étreinte du texte
pour tenter une sortie
dans l'extériorité
du silence vide
qui prend en otage
cette réfraction de la lumière
absolue dans les songes noirs
du redressement du corps
en deux hémisphères
qui se retournent
pour parler en rires
de ce gros avenant
collé au siège de l’hérédité
frein sur cette surdité
qui commence à plaider
sa décollation
coupant cette parole
pour l'éviter enfin
ne plus jamais montrer
ce qui monte du dedans
pour engrosser les dents
acérées de l'envie
dard insupporté
de la douleur olfactive
en porte-à-faux
avec le temps pressé
du passage par l'infini
qui prend tout de l'avant
afin de rendre les derniers
instants de la vie
souffle indécent
ce sens interdit
cette course poursuite
avec les jambes du tronc
blessé de travers
esprit de la déliquescence
du bel être jugé par la grâce
de sa belle étreinte
l'écriture fantaisiste de ce pieux
racorni par les ans
s’efface d'une lecture lueur
de derrière les oreilles coupées
en catimini laissant au sang
la place qui lui convient
de circuler libre et irréel
en eau des sens libres
du vertige inégal au ras
du sol perdu allongé et inerte.



Thierry Texedre, le 4 mars 2016.









jeudi 3 mars 2016

Pêle-mêle


Sur l'exquise détresse
de l'exclusion
j'excuse ce sacré
pour ce qu'il m'enferme
de paroles l'écoute
d'un purgatoire ici-bas en rires
s'esclaffant de toute ma peau
troussée par mon sexe érigé
en une profonde indécence
du pourrissement lié
aux frasques de la chair
j'en appelle au paradis
d'excuser ma terreur face
au ventre de la terre
trop gonflée pour me plaire
je tourne et retourne
au carré du tableau
ce schisme insoutenable
qui me vautre dans un stupre
stupide aux ardeurs
défendues par le désordre
irrésolu de la kabbale
montre-toi esprit
inconnaissable et tyrannique
je t'exhorte à enfreindre
ces ruts assermentés
depuis l'enfer de l'enfermement
que l'écriture entrain de nuire à
l'exercice illisible de la lecture
foire de ne reconnaître
que sa peinture
ou voit par les ans ce corps
cavité qui crie
au diable à pleines mains
ouste que Dieu me pardonne
si vous avez reconnu les sens
sous votre bonne étoile
sens interdits par l'infant
pour le mettre en sommeil
oui ce sommeil rétréci
par ce qui pense l'interdit
on vit alors de ce rien
de ces myriade de paroles
humides devant le con
trop ouvert pour avoir jouit
de mon prépuce pontificale
voilà le seul remède qui enfle pour
décider de l'avenir de l'homme
assit devant celle
armée de ces désirs vibrants.



Thierry Texedre, le 3 mars 2016.









mardi 1 mars 2016

De la béatitude du vide






De la béatitude du vide


Belle ignominie que ce saut intransigeant dans l'instable itinéraire de la vie. Comblée, celle qui revient en mémoire pour esquiver la fin, la dénaturer dans ce risque d'existence, dans un appel au cri insidieux de commencer autre chose. Voilà bien là ce révérencieux vol au plus élevé des maux, misère de l'exactitude de la fin devant ce qui sort de la douleur comme rencontre avec l'autre rive. Dédiée à l'arrière de la vie, cette finitude ne servira que la cause d'évoluer dans ce développement récréatif qui sied à l'environnement de l'acquisition de la parole, pourvu que celle-ci rentre dans l'ordre inapproprié de l'ouïe. Extraction du social via ce qui le met en stase, forme délibérée de l'extension de la vue sur l'ultime réfraction de la pensée. On sortirait alors de ce qui veut bien penser la fin, pour immortaliser cet objet du désir fractionné, pour avoir évolué dans un site impunément abjecte : celui de l’œil comme altération de la chose dite, dictée qui va de la parole à son atomisation dans l'impossible résolution de la vérité de ce dire, tant que dire sonne l'ordre d'exister en commun. Véridique saut dans l'inconnu, en nuées obscures d'une rencontre avec un sujet clivé, pour avoir touché au plus près cette irruption du corps dans la tentation sexuelle ; risquant par là d'explorer la représentation, images répétées d'un étalement des sens sue un corps de chair voué à renaître de ses cendres dans l'érotique, et la peinture aussi, haute en couleur, en peau couchée dans ses battements cardiaques, vibration des atomes qui plongent les zones érogènes dans une variété de tons éruptifs. Érudition de la chair qui croit rencontrer son volume en peinture, et le chante en musique pour taire cette loi dont on retire de la parole l'esprit. Chasse gardée de la vie qui voit ce que la mort n'aura de cesse d'exagérer : l'exercice illégale d'aimer, pourvu que la nativité se voile en peinture. Plus près de nous, ce qui sonne aux oreilles du fou, l'exagère, le rend sourd à l'excavation de ce qui tient l'ordre du corps, les membres asexués du corps ouvert à la mort par cette naissance autre, et ce quand le temps disparaît. Traficotage qui se met en branle, entre l'art et la loi, commencement d'une histoire, sur le viol de la parole par l'écriture. On prendrait vite pour habitude de croire à cette musique dont on rend compte aujourd'hui de ses jeux dans la lumineuse reproduction ininterrompue de l'espèce humaine, pour en finir avec le jugement de l'art. Vive cette vie ensanglantée entre chair et plaie, entendement de l'espèce qui ne croit plus qu'à jouir de l'immanente exactitude de la mise à mort de l'animal, extinction pour couper court à l'animalité du corps pensant dont la pornographie rend compte en filigrane, et qui n'est là qu'à causer du temps dépassé. Un voile étrange s'étend sur l'astre inaugural qui touche au paradis perdu, pour laisser comme un puissant recouvrement de l'âme par l'éternité vulgaire du corps sans lieu ni destin. On entrerait dans un temps où la béatitude du vide semble résoudre l'infection qui a lieu depuis l'origine de la vie, vide qui pour le moment n'existe pas.




Thierry Texedre, le 1er mars 2016.



     

jeudi 18 février 2016

Chassé des ténèbres









Chassé des ténèbres

Sur les hautes voix
rescapées du froid
tiraillement de la foi
chante l'espoir
autrement détenu
par tant de haine
et de joie incendiaire
contaminé en ces temps
d'impossible erreur
passible de n'être plus
que chassé des ténèbres
exténuantes qui l'éradique
ventre à terre sur ce territoire
usurpé comme dépecé
de ses anamorphoses
phosphoriques
qui emplissent l'estuaire
de l'hourloupe maçonnique
hurle au loup
plainte pleine de croyances
ça embaume le suc délicieux
d'un anachronique
temps tempétueux.


Thierry Texedre, le 18 février 2016.