dimanche 3 juin 2012

Mouvements rétrogrades













Arrière-cour du temps saccadé, le temps est le vice-caché de la mort. La mémoire diffuse se rétracte dans une ombre brumeuse, c'est le début de cette éclosion d'une trace mnésiques. Là où se densifient les actes manqués, la mémoire souffre, la mémoire tempère, la mémoire va plus vite que sa reconnaissance en mots. La mort est la grande absente du grand chambardement qui régit la mémoire. On traite le fou, mais savez-vous ce qu'un fou peut faire quand la création s'en mêle? Mémoire en parasitage du verbe, comme fin du verbe comme commencement, début de tout. Traversez la fin des temps, et votre mémoire se liquéfie, pour renaître autrement, dans une matière, celle de la tempête des corps célestes. L'univers est ce calcul de l'infini qui se soutient d'une mémoire à court terme, mémoire temporale. Le vide est la partie de l'univers qui résout momentanément la vérité de ces corps célestes. L'atomisation de l'univers est le résultat de la mémoire qui remonte le temps, à trop se donner en spectacle. Trop plein, débordement, rétroaction, effet de retour sur l'image ainsi créée, pour entériner la mémoire en songes infinis sur l'espace insignifiant du temps. Tenter de résoudre ce qui de l'univers ou du temps est à l'origine de la vraisemblable vérité, tient du miracle. Croire n'est que ce milieu impétueux d'un corps pensant, là où l'être est forclos, coupé du moment irréversible du temps passé. L'extermination, la poussée vers l'apothéose de la dévoration des corps, semble avoir un lien plus important avec la mémoire que ses mots eux-mêmes pour l'intelligibilité et le sens de la parole, de la mise en volume du dire dans l'art de peindre, de représenter, de donner à voir, dans cette mise à plat du format peint. Le ralentissement et l’anéantissement de tout corps, donne à voir ce qui le dessine, coupes et découpes dans une trans-réalité, transformation de l'avant vers une résolution de ce corps possédé par la mémoire, dépossédé de son image, pour en finir avec le temps. On pense parce que le temps est notre déposition, souffrance de la chair, pour faire remonter ce que croire a de tiraillement dans l'amour pour l'un. J'aime ce seul et unique être qui n'est ni moi ni l'autre, mais ce détachement, l'unique émoi, par dessus tout, de l'indivisible étant du corps jouissant. Corps utérin?

 

Thierry Texedre, le 3 juin 2012.


vendredi 1 juin 2012

L'indomptable désir







L'indécence du corps ne descend pas jusqu'au sexe. Du plus court à sa pulsion ouverture vers cette jouissance en vrille, et incommensurable. Le pli n'a qu'à bien se tenir, sur quoi un autre corps peut s’empaler. Se sucer, se courser, s'anéantir, se redresser pour enfin remplir ce trou du désir inopinément. Les mains resserrent le sexe durci, juste pour presser le sang. Les veines semblent gonfler, drainer l'indomptable bambou pour malmener l'affaire. Quelle verge raide vient sucer le con ouvert et rose à l'intérieur. Les lèvres se resserrent autour du gros gland caverneux. Les deux corps s'esquivent un court instant, puis se serrent l'un sur l'autre, comme si les deux parties ne faisaient plus qu'un corps suintant, dégageant les membres remuants et effrayés, de chaque côté d'un tronc au milieu mystérieux et indistinct. Quel instinct peut se mesurer à une telle forclusion? Là où rien ne pense, là où tout s'efface, se densifie et s'annule. L'enfournement de la verge est violent, comme pour faire mal à ce dedans impérial et impétueux. Ravage du temps de la parole. Prière immonde à l'appel d'une jouissance indécidable. On nie là l'acte même d'un désir abouti. L'art du spectacle se dessine sans visage, sans lieu ni ressort de l'amour. On aime pour avoir mis le mal en patience. Les corps se redressent sous les coups, au fond, en butée, au relâchement de soi. Les gémissements sortent du fond des deux gorges, et la semence éjaculée sort pour goutter sur les draps immaculés. Le corps-osmose soudain se sépare, pour laisser deux êtres imparfaits glisser sur les côtés du lit, touchés et déchirés par cette lévitation de l'orgasme qui les emporte.



Thierry Texedre, le 1 juin 2012.




vendredi 25 mai 2012

Dehors, l'infini...













Toujours ce risque
essoufflement de
l'erreur
erreur de vivre
de vite tourner
DEHORS
hors de soi
touché au fond du
soi ce cœur incertain
qui vous tient
prison tisons
brûlants
SOIT
en tiraillements
interdits qui perlent
dans l'infini
L'INFINI
du reste du silence
qui monte et se
montre
on croit encore que ce
soi disant braillement
de la voix se dresse
et que croire
NAÎT
nausée
et immortel
l'immortel corps qui
braille tout son être
pour enflammer les
âmes insoumises
et insouciantes
c'est dehors que
naît l'infini
pour augurer la
fin des temps la
toupie du temps
qui s'élève dans les
airs de ces voix
inaudibles
l'infini est
APOSTROPHÉ. 



Thierry Texedre, le 25 mai 2012. 



dimanche 20 mai 2012

Jérôme Combier

















Feux Noirs












Poignant isomorphe
tel que risque de brûler
sous l'esprit l'interdit
point de la tête rentrée
quand l'ombre après
se donne en spectacle
fournaise sur les braises
du spectre détenteur
et donner en spectacle
les songes invincibles
calcinés poussant au
crime concassés coupés
en retour par l'esprit sot
du corps calamiteux
feux du désespoir cou
tendu du foetus qui gît
pour entendre résonner
la noirceur esclave du
corps de cette tête tenue
tremblotante et toquée
pastorale du ventre vers
ce ténébreux fond dieu
de l'enfer soleil noir
de l'érection l'éjaculant
de tous ses feux jusqu'
aux lieux interdits du
centre véniel ouverture
vénérienne du sexe noir
collé à sa dégondée nue
au col touché par la
flamme lien enserpenté
de la peau pernicieuse
que ces corps enchâssés.



Thierry Texedre, le 20 mai 2012.



samedi 19 mai 2012

Première fois











La première fois c'est là
le la qui appelle à la loi
pour toucher à la coulée
de la foi vers ce temps
dépassé ou né dépecé
c'est la déperdition qui
me ment et m'entend lire
le livre ouvert à la dernière
page pour remonter le
temps l'emmener à la
couverture en hibernation
le temps appelle son ombre
vautrée là sans couverture
sans la loi qui ouvre au risque
obsession du vent sourd qui
me tire en arrière pour me
renverser me coucher et
m'ensevelir minéral ourlet
du temps qui peste testament
d'un grand balancement
au visage à découvert et
vivant vitreux ventru et
débusqué dans un silence
du quoi du dire qui n'a que
ça à dire de la dernière et
étroite voie du désir né du
commencement des coups
découpés dans le vide sidéré
de la vie née de l'éternité.



Thierry Texedre, le 19 mai 2012.




vendredi 18 mai 2012

Lisbeth Gruwez













Le début





 







Le jour se lève, rien n'est plus impitoyable que le commencement de quelque chose d'imminent, l'illustre inconnu d'un ressenti terrible, l'impuissance devant l'absence de voix; voix qui se retient, qui appelle le corps à la rescousse. On ressasse le travers d'un passé conquis, sous l'aile protectrice de la reconnaissance. Le début en impose. La fin de quelque chose sans doute! L'émerveillement d'une ère, d'une vague assaillante, d'une future commémoration pour marquer le sens des choses. La mémoire boit-elle sa source pour s'enivrer de ce qui l'absout: l'enterrement du croire en croître. Remplacement du jour par le croître, juste pour ouïr la tentative d'une parole, nommément intérieure, avant que sa rencontre avec l'air n'y soit pour quelque chose: la représentation. On entrerait dans un espace assujetti au risque de ne pas nommer cette irruption. Le jour se mêle à cet autre lieu, dans un commencement à deux temps, double hélice de la vie qui passe par la tessiture «intemporelle» de l'apparition. Aucun son ne peut rendre compte de cet état de dissection du fracassant jour juché sur la pointe du sommeil virevoltant de tous ses éclats, avant de retomber dans la clarté confuse de cette mémoire inondée d'images à résoudre. Le jour tant attendu, n'en est pas moins le contraire de l'acquis, le contraire du paysage mis comme tel là, au juste moment où nommer n'est pas encore le tragique affect du corps-postulat. C'est encore une charge émotionnelle qui tente de rendre au corps sa consistance, sa matière, cette économie damnée dans le dire primordial.




Thierry Texedre, le 18 mai 2012. 

 

jeudi 17 mai 2012

Aléatoire
















L'autre raison d'espérer
de l'autiste raisonnement
qui indiffère l'étirement
du dire sur lequel la ligne
mélodique drame du hic
la circonvolution du son
en atmosphérique corps
coordonné convoité du cou
tissé sur la feuille de dessin
choie systématique le coin
enfoncé en bouche béate
en corps béquille couché
sur le côté virage cassé
de la locomotion du corps
décapité coup du sort
s'arrête sur l'image de l'art
sous d'immenses espaces
esquissés en temps réel
sur la peau gravée grave
affaire du martellement
des doigts sur le clavier
rouage digressif du temps
saccadé sous la peau ténue
distance insupportable
qui s'opère quand l'esprit
vient se substituer au reste
quelle peau reste renverse
l'affolante gesticulation du
rendu sombre de la voix
pour calquer le corps posé
là en souffrance pour le
mettre en vrac claque à plat
faute majeure qui résonne
aux sons répétés du piano
sourdement tapé en bruit
le bruit couvert de la bouche
couverte par les ondes
choc électrochoc chasse
au dire virevoltant au vent
pour s'éloigner en une pauvre
poignée de mots inaudibles
coup sur la tête pilonnage
matraquage de ces errances
érudites pour implorer la
gorge tranchée du sang qui
monte qui serre le temps
qui inspire l'évanouissement
qui tente ce redressement
posture avant de vider dedans
avant la fin inespéré de jouir.



Thierry Texedre, le 17 mai 2012.

dimanche 13 mai 2012

La Folia












Corps noué corps volupté
corps énoncé corps encensé
corps du corps coupé carré
ment en montrant sa peau
déposée sur un nombre au
oh combien dramatique du
temps tenté partout parti
et souffler sur les flammes
du désespoir encorder le
corps pour le serrer saoule
éparpillé aux quatre vents
corps de la nature ventre
de la vie qui s'en remettra
au dernier instant en tout
dernier ressort vertigineux
triturant tirant les viscères
de l'air respirer la dernière
bouffée d'air l'erreur de ne
pas retenir les battements
cœur qui fait pareil vieille
lune amoindrie desséchée
dommage que le corps s'en
foute du temps le temps de
partir le reste du temps qui
lui revient en mémoire pour
choir vers quelle folie nue
du nid désiré en tous sens
répéter à l'infini de mourir
en folles secousses rythme
violé du dit corps décharné
pâle reflet d'avant de l'écho
d'une échéance fatale voulue
tout s'éteint du dedans dédié
au ventre de celle en dentelle
du jour ajouré enfant de celle
torturée dés le jour où la mort
blanche viendra lui refermer
les yeux dame damnée douce
vue du vrai visage de la mort.



Thierry Texedre, le 13 mai 2012.






samedi 12 mai 2012

En corps du temps













Oh cité interdite du corps
oh tentation du corps ici
touché par la grâce de Dieu
voit sur toi tout ton être
fécondé pour qu'un étirement
impétueux lance au-delà
de nos deux amours cette
buée éruptive qui annonce
enfin l'élan de ces caresses
inassouvies du présent trop
lent pour respirer la vie
oh quel éternel refrain voue
notre cœur à d'autres ébats
d'autres tentations hermétiques
le présent viendrait à s'empresser
soudain pour longer la veine
claire du dépaysement de la
peau qui tremble sous les
caresses irréelles de quel appel
en cadence recouverte de
fleurs odorantes aux pétales
savoureux irradiés dans
l'huile brillamment passée
sur ce corps conversé constellé
convulsé courtisé couturé
constamment remis sur le
métier même amour même
sortie du vide pour entrer dans
l'interminable rengaine de
cette musique sans mots
sans entrer dans la chair chaude
juste le temps de couvrir la
peau de cette même mémoire
mémoire de la peau jusqu'au
plus profond émoi de la chair
qui se tord de plaisir sous les
doigts innocents de la vie invitée.



Thierry Texedre, le 12 mai 2012.

lundi 7 mai 2012

Nocturne











Intransigeance de la
nuit qui sort de son
lit irrévérencieuse et
crépusculaire sauts
dans l'incongru songe
qui transperce l'âcre
désarroi de l'être las
d'en passer par quelle
cauchemar pli tressé
serré épongé dans le
grand noir du saut le
saut dans l'incertain
le saut dans l'invisible
quelle étreinte que ce
ravissement d'errer là
où ça prend le corps
de travers juste pour
le rendre plus innocent
immanence du rejet
jusque dans cette chair
insolente plongée des
profondeurs du songe
jusqu'au cri réducteur
qui réveille ce corps
affadi par l'éclair ténu
qui pique à vif la peau
du défunt moribond
mort pour avoir bu à
cette eau tumultueuse
d'une visite à l'insoumis
du tréfonds pouvoir
de recréer un autre lit
libre de conjurer le sort
pour danser le matin
même privé de sa main
courante mémoire d'un
autre sort ressort ressenti
de la mémoire embaumée.


Thierry Texedre, le 7 mai 2012.




samedi 5 mai 2012

Un temps attenté




Pourtour dans ce champs
onomatopée du chant
qui outrepasse le temps
du trou étiré d'un rien
invité à sortir du sort
de la rencontre de la fin
des temps jeter le sort
de soi juste pour ouïr
juste en surface surdité
des contours chuchotés
un rien du déplacé passé
pour ressasser et rater
le jour du début du levé
lente perte d'un temps
devant soi dans un être
don de soi solstice d'été
ténu soit nourrit de cette
langueur affligeante qui
passe sous la paupière
davantage avant de cligner
des yeux face au rejeton
posté là juste pour faire
peur au corps découverte
de la vie vitale virevoltant
regard d'une voix voilée
sourdine du temps tempéré.




Thierry Texedre, le 5 mai 2012.


dimanche 29 avril 2012

Le rythme incrédule de la production




1
Sous quels hospices l'art a-t-il su transmettre ce rituel perpétuellement reconduit dans l'inconsistance du sujet? Nous pourrions élever le débat sur d'autres terres, hérétiques celles-là. La question toucherait alors au dedans, à la reproduction, à la féminité peut-être. L'art ici, n'a pas à se départir de telle reproduction, l'infant serait cette césure qui doit mettre le sujet féminin dans une posture-corps liée par une posture- identitaire, reconnaissance intérieure d'un moi trop informel? Restauration du deuil? Non, l'art prend une autre voie, contre toute attente, voie érigée dans cette dépense du corps intraduisible et irascible (sauf à rencontrer la mort et son cortège âme, mémoire, loi du père cette autre voix extérieure?); vers cette étrangeté illégitime et intraduisible au présent: la voix et/ou le dire – voidir – sans voix, ou avec du dire? L'étant du dire est constant, tel qu'une sismographie rendrait possible l'art de l'écoute-vision du sujet. L'assentiment pour cette autre figure de la peinture qu'est l'abstraction, rend alors possible ce saut qualitatif dans l'indécence d'un corps polyptyque. Représentation de l'ouvert/fermé du corps à sa «pulsation» vitale, celle-là même qui a été oubliée du dire après la naissance du corps, avant qu'il ne devienne parlant. Écholalie du dire qui ne fait que renvoyer à matière inerte de la parole, chose absente de sa forme, forme en éternelle déconstruction, là où se cache son fou. Ne peut-on pas dire à écouter qu'on s'en fout, sauf là encore de la musique: puisqu'un corps pensant connaîtrait la musique? Produire du son serait alors l'écart entre la mort et sa définition? Le risque pour l'art serait de perdre sa représentation du corps capté? L'abstraction est un tour, un retournement, un malaise devant l'action-peinte; comme revers de la figure du sujet hors du dire proscrit? La sublimation dans l'art, retournerait-elle sa féminité pour l'accoucher, immanquablement le corps accouche de l'homme qui questionne l'accouchement sans ce/se dire incantatoire? Pas seulement. Produire est tout sauf le dire vrai/le dire est tout sauf le faire répéter. L'incrédulité de la production touche à son comble dans l'abomination du sujet-peintre qui peint le dire-son de l'autre absent de l'abstraction, présence là alors de l'invention d'un corps de création, d'un corps naissant; d'un accouchement du corps féminin.

2
Dans quelle temporalité l'art a-t-il un lien à la subjectivité? Ce lien serait celui d'une irréalité de Dieu, contraction d'un temps commun vidé de sa représentation sur un modèle ostentatoire, drame de la fin de la vie, résurrection ou vie après la mort. Le corps serait cette finitude prête à entrer en communion avec l'autre, comme au-delà insaisissable mais ontologique, irrationnel mais prié de se livrer corps et âme à l'union fatale dans cette transfiguration du temps en corps, de la mort en vie. L'art y trace ce petit chemin, là où se jette le corps, dans une matière hétérogène, dans un enfantement, dans un acte de création possible, pli dans un corps mortel, pli du temps, là où la parole s'évanouit en coulées aériennes, couleurs du temps présenté dans un format, ce que plus tard le chevalet permettra au peintre d'évacuer: le dire-lois. Là encore une production tombera sous les coups de pinceaux du peintre, faisant remonter un sujet clivé, pour y révéler cette part de l'autre-soi, partie jouée dans la perspective, découverte et réalité tridimensionnelle du paysage devenu intérieur, devenu à son tour une chose douloureuse: l'âme ou l'intériorité-extériorité de l'être et son dessein. L'âmélêtre, nœud de la fin du divin, sera la condition inéluctable d'un retournement du fort intérieur au profit de la sexation. Un retournement à cent quatre-vingt degrés du corps dans une action du corps-peintre au milieu de sa peinture. Sexes qui vont renvoyer la représentation du sujet en représentation de l'objet du désir, découpe dans la couleur, sens caché du corps divisé, du corps dépossédé de sa beauté, diversion du vivant. Révolution qui à chaque temporalité, va casser le rythme de production du temps présent, l'Objet, du voir disparaît dans une matière avec sa figure: celle du corps dessiné: le dessein du corps représenté. Une production qui revoie alors à ce corps dépossédé de son âme, de son être, de sa consistance, et, de sa résurrection, sauf à le peindre en coupes (transparence et lieux aux contours dissemblables, on commence à rendre compte d'un œil qui ne trouve jamais le contour sans une lecture de la personne, d'un sujet seul, reconnaissant, et jouissant d'une vérité impropre au dire de la lecture-écriture). Sans cesse une production chasse sur les terres d'une autre production, sans remettre à plat ce qui la détricote, c'est le nœud de la création, paroles à reprendre, traduction d'un temps possédé par le jeu incessant de subjectivités incongrues. L'impossible renversement d'un dire déjà trop éloigné pour être entendu. Là commence la partie du jeu de la musique, qui peint autrement une peinture qui musique.


Thierry Texedre, le 1 mai 2012.





vendredi 27 avril 2012

Traversante désirée







 
Temps troué dehors caché
de la fin du corps saturé
clos d'une fin de la peau
claque sur la fin en chair
de l'être éternellement
érotique espace de l'esprit
enfin libre sous les sauts
impétueux des organes
osés en os posés sous la
renversante chair désirée.

Touché par la grâce des
deux conférences cirque
de l'audible maîtresse
versatile de l'air respirée
l'esprit saute telle une
puce sur son antre rusé
rupestre l'esprit n'est en
fin de compte que ce très
long parcours intérieur
de la fièvre qui vous désire.

Torpeur du corps aligné
sur l'indécence des coupes
coutures et coutumes
quatre à quatre descente
dans l'ombre organique
du présent qui revient
en mémoire à revers à
force de respirer le risque
affligeant des mots éclatés
l'attirante variation du désir.




Thierry Texedre, le 27 avril 2012.

mercredi 25 avril 2012

Entre suc et culte









Sons secs du vent ventilé
du temps pressé de la
gorge secouée par l'air
vendue au ventre vautré
retirer de cette vérité
la plus suave caresse
du bas encore plié relu
par mille voix mimétique
figure danse du temps
pressé du corps devenu
acéphale aspiré par l'astre.

Sournoise débourrage
du triangle vulve vigne
qui pend son raisin jus
jusqu'à la lie pressé et
joué d'avance par le bec
verseur qui pend depuis
l'aérienne semence en
sens inverse touchée par
la grâce d'une mort polie
annonce montrée monstre
monumental maltraité.

Du mâle malin du mort
reconnu comme la marrée
de l'eau ingérée contre
l'air respirée un air de suc
quelle voix qui monte de
l'intérieur du plus loin
interdit du dit désir si ce
dénie se dénoue naturel
et né inopinément d'une
inondation invulnérable
qui de sa vulgarité sombre.




Thierry Texedre, le 25 avril 2012.


dimanche 22 avril 2012

Passe-temps/temps passé




Quel bruissement léger devant soi, quel ordre des choses anime le vent, lentement nous envahissant? Ronde des enfants sur l'asphalte, juste le temps d'avant le déjeuner. Ils se donnent la main, traversant la grande étendue noire, encore chaude sous leurs pieds chaussés de petits escarpins. La journée est étouffante, le vent réchauffant encore plus l'air, et ça dure depuis plusieurs jours. Quel été, quelle étrange atmosphère, le ciel est lourd, de grands nuages épais avancent au loin, comme pour envahir et avaler le ciel trop clair pour résister. Nous étions une bande de copains, un jour sans la classe, peut-être le début des vacances. Les parents nous avaient permis de jouer dehors. a petite place du village était goudronnée, autour, quelques voiture garées, nous permettaient de jouer à cache cache selon que notre imagination le permettait, ou que l'un d'entre nous en eut l'idée magistrale. Et les jours passaient dans la plus grande insouciance, nos vies valaient plus que tout au monde. Les adultes devenaient de simples soldats, ou poupées de chiffon, ou encore des hybrides moitié humains et moitié animaux, un peu pour nous faire peur. Nous devions rentrer soudainement, comme nous inventions des jeux, pour passer le temps, pour faire les grands, pour faire semblant, jusqu'à l'épuisement de notre enfance, recul du temps, saisons de notre mémoire? On n'imagine pas ce que le passé peut laisser comme trace dans la mémoire, on entre là dans un tricotage, on fait une pelote, juste pour conforter un présent pris dans une spirale; vérité? invention? composition entre ce présent et ces remontées? On tend vers l'absurdité de la vie quand on recompose. L'innocence vient se mêler à l'imprudence, pour, dans un méli-mélo, exposer un photo-montage, un collage, de ce passé-présent inconséquent et improbable dans le temps qui défile, le temps des autres, un autre temps? Si l'enfance permet une foule de souvenirs tous plus intriqués les uns les autres, c'est pour autant impropre de parler de souvenirs, nous devrions parler plutôt de lecture, et d'inventaire pour inventer une langue à venir, Traquenard de la langue dans un éternel recommencement. Posture insoutenable de l'enfant face aux ivresses insignifiantes mais faisant loi de la langue qui tombe sur ce soi pour l'asseoir dans l'inéluctable erreur de la lecture d'une infinitude de l'existence, vers une enfance-offense de son lien social. L'outre-tombe de la fiction de ce lieu commun qu'est l'enfance.



Thierry Texedre, le 21 avril 2012.

samedi 14 avril 2012

Transfiguration











État de déliquescence
du grand soi partout
les corps se mettent à
chanter hauteur du très
haut fils divin devenu
lumière pour les hommes
de cette tentation soulevée
pour donner à la vue le
procès de l'aube sur un
crépuscule c'est une vie
nouvelle enchanteresse
par sa brillance sa blanche
étendue en réfraction sur
les corps dilatés devenus
même sous l'irréductible
mortalité de l'âme qui
vient se fondre dans les
bras tendus de ce dieu
immanent trois personnes
en une seule Dieu fait fils
en une personne sur la
vie de l'homme comme
apparition d'un songe
plus vrai que celui de la
vie vertigineuse du temps
Dieu comment es-tu un
et trois dans cette lumière
faite pour l'homme et
par Jésus lui-même eu
regard au temps qui s'est
arrêté pour les hommes
nous te prions toi notre
Dieu Christ et lumière toi
qui nous est apparût au
cœur de notre appartenance
les cloches retentissent
pour chanter ta venue te
voilà mis sous notre regard
de croyants nous sonnons
ta gloire nous chantons
tous ta grandeur par la
foi qui nous remplit roi
du monde roi ici-bas que
rien ne viendra contester
que ta joie demeure en nous
et par toi notre rêve est
celui de l'éternité du ciel
notre vie traverse le temps
jusqu'à la mort pour la
sublimer la transcender
nos chants et notre labeur
sonnent à tout va pour
enfreindre les lois humaines
à tout jamais jusque sur
les hauteurs de ces monts
appelés de partout prions
cette résurrection à venir
allons vers notre destinée
en possession de la douleur
en lui montrant le chemin
de la fin des temps de la fin
des morts en toi réapparu
dans l'immanente lumière
de la déposition de la fin
tout s'étend maintenant
dans les airs éradiques du
soulèvement des hommes
le ciel vient créer une vie
dissonante et verticale
les hommes se perdent
à y voir jusqu'à y croire
comme pour le temps
Dieu n'y est pas soumis
Dieu est partout jusque
dans la sombre figuration
terrestre où tout ressemble
à tout sous des yeux jure
l'homme aveuglés par l'éclat
d'une illumination subite
Que Dieu pardonne aux
indésirables aux croyants
dans l'impénétrable lieu
que tous les hommes en
Jésus visitent dans l'instant
de cette transfiguration
sonne enfin l'amour éternel
seigneur que se termine à
jamais l'étendue de notre
démesure dans le partage
dans l'immensité de ta chair
devenue Dieu pour l'amour
des hommes transposition
du corps en esprit Saint.
Sur d'immanquables caresses
des corps en Dieu dieu de
l'éloignement du corps
dans sa fin corps de la fin
de Dieu séparé de l'emprise
du verbe fait chair en l'homme
en Jésus Christ éloignement
par le temps de ce miracle
le temps mal aimé par cette
chair meurtrie du vivant de
Dieu sur terre devant l'homme
au firmament illuminé au ciel
déposé là pour l'éternité
l'homme plié par un long
silence celui qui sépare la
grande croyance de l'Un
de cette ordination de l'esprit
qui repose en paix par tant
de maux ceux de l'impossible
croyance du parlant face
à cette demeure irréductible
demeure de Dieu apparu
en Jésus Christ avant que
n'advienne la fin indubitable
du corps dans sa mise à mort
par quelles souffrances
quelles croyances au verbe
comme essence première
de cette croyance au père
père qui me pardonne
si de ce corps ténu je jure
de me repentir pour dire
partout la bonne nouvelle
que ton fils soit venu ici-bas
pour sauver le monde prions
sous quelle étoile notre mémoire
va-t-elle se mettre à retenir
la naissance nouvelle du
temps par l'amour de tous
par l'amour de notre prochain
prions ensemble dans la joie
de l'apparition de Dieu en
Jésus Christ notre sauveur
le temps pressé des hommes
semble pousser cet air chanté
de la vie vers quelle éternité
après quelle mort souveraine
une fraction du second temps
se redresse pour les corps pour
laisser aller ces âmes impures
si souveraines aux pieds de la
terre nourricière quelles âmes
iraient se purifier au purgatoire
naissant dans ce doute de Dieu
sous quelle renaissance la
pensée va-t-elle dans une
lumière irremplaçable rencontrer
le génie dépositaire du début
d'un lieu divin et scolastique
social comme socle d'un être
pensant les chœurs chantent
sous quelle répétition de la fin
de Dieu sauf à l'emporter
dans une aire reproduite
à l'infini du temps présent
dans une mise en perspective
une percée du temps de l'étant
figure du temps devenu celui
de la peinture hystérie de la
voix de Dieu en un début aussi
celui d'une musique apostolique
sur les textes en voix de la
venue du fils de Dieu sur terre
par Marie mère de Dieu et
vierge pour avoir enfanté
la naissance de l'être par
l'an du temps de l'homme
L'heure a sonné pour enfanter
dans la douleur par les ans
du futur cette béatitude l'amour
dansé par les corps célestes.
On entre dans l'aire des médias
point là de répétition sans
le sens ni de sens sans signe
le corps est un corps neurologique
un corps coupé de sa chair
une osmose entrain de se défaire
l'esprit est moins lyrique ça
prend le ciel pour une sniff
les veines piquent aux écrans
la fumée du sang déporté du Christ
une lumière vient turlupiner
les sexes jusqu'à la dernière
dose celle de trop un paradis
artificiel qui tombe à pic quand
les corps secoués par l'esprit
pensant à la perte de son être
en leur fond intérieur sonne
la résistance au massacre dans
une fenêtre qui tire la suprême
jouissance lumière de la même
mémoire faite loi lentement
les corps transparaissent
on y voit une infinité d'organes
aux couleurs scannées sans
dessus dessous vrille du temps
pressé d'en finir avec l'esprit
vie pressée d'en finir avec
ces chants tempérés de la
pensée qui rend l'âme supplique
suppôt de Satan connaissance
qui s'empare de la naissance
pour la fragmenter en une
multitude de nébuleuses voix
drame vocal du temps charrié
par les ondes portables les ondes
télévisuelles pour arracher
au temps l'effondrement
du rien du silence et de l'illimité
l'au-delà de ce signifiant
la parole comme illumination
d'un corps celui de la chair et
du sang face à une reconnaissance
dans ce ciel ouvert et bleu
comme première couleur
invulnérable de la naissance
création intemporelle de la vie.



Thierry Texedre, le 17 avril 2012.