Une textualité qui recherche en permanence son écriture et sa peinture, sans toutefois entrer "en représentation", le lieu ? Une musicalité, pas dans "le son" d'une lecture qui reste aléatoire, mais dans ce qu'un sujet peut de penser: où en est son image, la scription ?
Peinture/Musique
dimanche 20 mai 2012
Feux Noirs
Poignant
isomorphe
tel
que risque de brûler
sous
l'esprit l'interdit
point
de la tête rentrée
quand
l'ombre après
se
donne en spectacle
fournaise
sur les braises
du
spectre détenteur
et
donner en spectacle
les
songes invincibles
calcinés
poussant au
crime
concassés coupés
en
retour par l'esprit sot
du
corps calamiteux
feux
du désespoir cou
tendu
du foetus qui gît
pour
entendre résonner
la
noirceur esclave du
corps
de cette tête tenue
tremblotante
et toquée
pastorale
du ventre vers
ce
ténébreux fond dieu
de
l'enfer soleil noir
de
l'érection l'éjaculant
de
tous ses feux jusqu'
aux
lieux interdits du
centre
véniel ouverture
vénérienne
du sexe noir
collé
à sa dégondée nue
au
col touché par la
flamme
lien enserpenté
de
la peau pernicieuse
que
ces corps enchâssés.
Thierry
Texedre, le 20 mai 2012.
samedi 19 mai 2012
Première fois
La
première fois c'est là
le
la qui appelle à la loi
pour
toucher à la coulée
de
la foi vers ce temps
dépassé
ou né dépecé
c'est
la déperdition qui
me
ment et m'entend lire
le
livre ouvert à la dernière
page
pour remonter le
temps
l'emmener à la
couverture
en hibernation
le
temps appelle son ombre
vautrée
là sans couverture
sans
la loi qui ouvre au risque
obsession
du vent sourd qui
me
tire en arrière pour me
renverser
me coucher et
m'ensevelir
minéral ourlet
du
temps qui peste testament
d'un
grand balancement
au
visage à découvert et
vivant
vitreux ventru et
débusqué
dans un silence
du
quoi du dire qui n'a que
ça
à dire de la dernière et
étroite
voie du désir né du
commencement
des coups
découpés
dans le vide sidéré
de
la vie née de l'éternité.
Thierry
Texedre, le 19 mai 2012.
vendredi 18 mai 2012
Le début
Le
jour se lève, rien n'est plus impitoyable que le commencement
de quelque chose d'imminent, l'illustre inconnu d'un ressenti
terrible, l'impuissance devant l'absence de voix; voix qui se
retient, qui appelle le corps à la rescousse. On ressasse le
travers d'un passé conquis, sous l'aile protectrice de la
reconnaissance. Le début en impose. La fin de quelque chose
sans doute! L'émerveillement d'une ère, d'une vague
assaillante, d'une future commémoration pour marquer le sens
des choses. La mémoire boit-elle sa source pour s'enivrer de
ce qui l'absout: l'enterrement du croire en croître.
Remplacement du jour par le croître, juste pour ouïr la
tentative d'une parole, nommément intérieure, avant que
sa rencontre avec l'air n'y soit pour quelque chose: la
représentation. On entrerait dans un espace assujetti au
risque de ne pas nommer cette irruption. Le jour se mêle à
cet autre lieu, dans un commencement à deux temps, double
hélice de la vie qui passe par la tessiture «intemporelle»
de l'apparition. Aucun son ne peut rendre compte de cet état
de dissection du fracassant jour juché sur la pointe du
sommeil virevoltant de tous ses éclats, avant de retomber dans
la clarté confuse de cette mémoire inondée
d'images à résoudre. Le jour tant attendu, n'en est pas
moins le contraire de l'acquis, le contraire du paysage mis comme tel
là, au juste moment où nommer n'est pas encore le
tragique affect du corps-postulat. C'est encore une charge
émotionnelle qui tente de rendre au corps sa consistance, sa
matière, cette économie damnée dans le dire
primordial.
Thierry
Texedre, le 18 mai 2012.
jeudi 17 mai 2012
Aléatoire
L'autre raison d'espérer
de
l'autiste raisonnement
qui
indiffère l'étirement
du
dire sur lequel la ligne
mélodique
drame du hic
la
circonvolution du son
en
atmosphérique corps
coordonné
convoité du cou
tissé
sur la feuille de dessin
choie
systématique le coin
enfoncé
en bouche béate
en
corps béquille couché
sur
le côté virage cassé
de
la locomotion du corps
décapité
coup du sort
s'arrête
sur l'image de l'art
sous
d'immenses espaces
esquissés
en temps réel
sur
la peau gravée grave
affaire
du martellement
des
doigts sur le clavier
rouage
digressif du temps
saccadé
sous la peau ténue
distance
insupportable
qui
s'opère quand l'esprit
vient
se substituer au reste
quelle
peau reste renverse
l'affolante
gesticulation du
rendu
sombre de la voix
pour
calquer le corps posé
là
en souffrance pour le
mettre
en vrac claque à plat
faute
majeure qui résonne
aux
sons répétés du piano
sourdement
tapé en bruit
le
bruit couvert de la bouche
couverte
par les ondes
choc
électrochoc chasse
au
dire virevoltant au vent
pour
s'éloigner en une pauvre
poignée
de mots inaudibles
coup
sur la tête pilonnage
matraquage
de ces errances
érudites
pour implorer la
gorge
tranchée du sang qui
monte
qui serre le temps
qui
inspire l'évanouissement
qui
tente ce redressement
posture
avant de vider dedans
avant
la fin inespéré de jouir.
Thierry
Texedre, le 17 mai 2012.
dimanche 13 mai 2012
La Folia
Corps
noué corps volupté
corps
énoncé corps encensé
corps
du corps coupé carré
ment
en montrant sa peau
déposée
sur un nombre au
oh
combien dramatique du
temps
tenté partout parti
et
souffler sur les flammes
du
désespoir encorder le
corps
pour le serrer saoule
éparpillé
aux quatre vents
corps
de la nature ventre
de
la vie qui s'en remettra
au
dernier instant en tout
dernier
ressort vertigineux
triturant tirant les viscères
de l'air respirer la dernière
bouffée
d'air l'erreur de ne
pas retenir les battements
cœur qui fait pareil vieille
lune
amoindrie desséchée
dommage
que le corps s'en
foute
du temps le temps de
partir
le reste du temps qui
lui
revient en mémoire pour
choir
vers quelle folie nue
du
nid désiré en tous sens
répéter
à l'infini de mourir
en
folles secousses rythme
violé
du dit corps décharné
pâle
reflet d'avant de l'écho
d'une
échéance fatale voulue
tout
s'éteint du dedans dédié
au
ventre de celle en dentelle
du
jour ajouré enfant de celle
torturée
dés le jour où la mort
blanche
viendra lui refermer
les
yeux dame damnée douce
vue
du vrai visage de la mort.
Thierry
Texedre, le 13 mai 2012.
samedi 12 mai 2012
En corps du temps
Oh
cité interdite du corps
oh
tentation du corps ici
touché
par la grâce de Dieu
voit
sur toi tout ton être
fécondé
pour qu'un étirement
impétueux
lance au-delà
de
nos deux amours cette
buée
éruptive qui annonce
enfin
l'élan de ces caresses
inassouvies
du présent trop
lent
pour respirer la vie
oh
quel éternel refrain voue
notre cœur à d'autres ébats
d'autres
tentations hermétiques
le
présent viendrait à s'empresser
soudain
pour longer la veine
claire
du dépaysement de la
peau
qui tremble sous les
caresses
irréelles de quel appel
en
cadence recouverte de
fleurs
odorantes aux pétales
savoureux
irradiés dans
l'huile
brillamment passée
sur
ce corps conversé constellé
convulsé
courtisé couturé
constamment
remis sur le
métier
même amour même
sortie
du vide pour entrer dans
l'interminable
rengaine de
cette
musique sans mots
sans
entrer dans la chair chaude
juste
le temps de couvrir la
peau
de cette même mémoire
mémoire
de la peau jusqu'au
plus
profond émoi de la chair
qui
se tord de plaisir sous les
doigts
innocents de la vie invitée.
Thierry Texedre, le 12 mai 2012.
lundi 7 mai 2012
Nocturne
Intransigeance
de la
nuit
qui sort de son
lit
irrévérencieuse et
crépusculaire
sauts
dans
l'incongru songe
qui
transperce l'âcre
désarroi
de l'être las
d'en
passer par quelle
cauchemar
pli tressé
serré
épongé dans le
grand
noir du saut le
saut
dans l'incertain
le
saut dans l'invisible
quelle
étreinte que ce
ravissement
d'errer là
où
ça prend le corps
de
travers juste pour
le
rendre plus innocent
immanence
du rejet
jusque
dans cette chair
insolente
plongée des
profondeurs
du songe
jusqu'au
cri réducteur
qui
réveille ce corps
affadi
par l'éclair ténu
qui
pique à vif la peau
du
défunt moribond
mort
pour avoir bu à
cette
eau tumultueuse
d'une
visite à l'insoumis
du
tréfonds pouvoir
de
recréer un autre lit
libre
de conjurer le sort
pour
danser le matin
même
privé de sa main
courante
mémoire d'un
autre
sort ressort ressenti
de
la mémoire embaumée.
Thierry
Texedre, le 7 mai 2012.
samedi 5 mai 2012
Un temps attenté
Pourtour
dans ce champs
onomatopée
du chant
qui
outrepasse le temps
du
trou étiré d'un rien
invité
à sortir du sort
de
la rencontre de la fin
des
temps jeter le sort
de
soi juste pour ouïr
juste
en surface surdité
des
contours chuchotés
un
rien du déplacé passé
pour
ressasser et rater
le
jour du début du levé
lente
perte d'un temps
devant
soi dans un être
don
de soi solstice d'été
ténu
soit nourrit de cette
langueur
affligeante qui
passe
sous la paupière
davantage
avant de cligner
des
yeux face au rejeton
posté
là juste pour faire
peur
au corps découverte
de
la vie vitale virevoltant
regard
d'une voix voilée
sourdine
du temps tempéré.
Thierry
Texedre, le 5 mai 2012.
dimanche 29 avril 2012
Le rythme incrédule de la production
1
Sous quels hospices l'art a-t-il su transmettre ce rituel perpétuellement reconduit dans l'inconsistance du sujet? Nous pourrions élever le débat sur d'autres terres, hérétiques celles-là. La question toucherait alors au dedans, à la reproduction, à la féminité peut-être. L'art ici, n'a pas à se départir de telle reproduction, l'infant serait cette césure qui doit mettre le sujet féminin dans une posture-corps liée par une posture- identitaire, reconnaissance intérieure d'un moi trop informel? Restauration du deuil? Non, l'art prend une autre voie, contre toute attente, voie érigée dans cette dépense du corps intraduisible et irascible (sauf à rencontrer la mort et son cortège âme, mémoire, loi du père cette autre voix extérieure?); vers cette étrangeté illégitime et intraduisible au présent: la voix et/ou le dire – voidir – sans voix, ou avec du dire? L'étant du dire est constant, tel qu'une sismographie rendrait possible l'art de l'écoute-vision du sujet. L'assentiment pour cette autre figure de la peinture qu'est l'abstraction, rend alors possible ce saut qualitatif dans l'indécence d'un corps polyptyque. Représentation de l'ouvert/fermé du corps à sa «pulsation» vitale, celle-là même qui a été oubliée du dire après la naissance du corps, avant qu'il ne devienne parlant. Écholalie du dire qui ne fait que renvoyer à matière inerte de la parole, chose absente de sa forme, forme en éternelle déconstruction, là où se cache son fou. Ne peut-on pas dire à écouter qu'on s'en fout, sauf là encore de la musique: puisqu'un corps pensant connaîtrait la musique? Produire du son serait alors l'écart entre la mort et sa définition? Le risque pour l'art serait de perdre sa représentation du corps capté? L'abstraction est un tour, un retournement, un malaise devant l'action-peinte; comme revers de la figure du sujet hors du dire proscrit? La sublimation dans l'art, retournerait-elle sa féminité pour l'accoucher, immanquablement le corps accouche de l'homme qui questionne l'accouchement sans ce/se dire incantatoire? Pas seulement. Produire est tout sauf le dire vrai/le dire est tout sauf le faire répéter. L'incrédulité de la production touche à son comble dans l'abomination du sujet-peintre qui peint le dire-son de l'autre absent de l'abstraction, présence là alors de l'invention d'un corps de création, d'un corps naissant; d'un accouchement du corps féminin.
2
Dans quelle temporalité l'art a-t-il un lien à la subjectivité? Ce lien serait celui d'une irréalité de Dieu, contraction d'un temps commun vidé de sa représentation sur un modèle ostentatoire, drame de la fin de la vie, résurrection ou vie après la mort. Le corps serait cette finitude prête à entrer en communion avec l'autre, comme au-delà insaisissable mais ontologique, irrationnel mais prié de se livrer corps et âme à l'union fatale dans cette transfiguration du temps en corps, de la mort en vie. L'art y trace ce petit chemin, là où se jette le corps, dans une matière hétérogène, dans un enfantement, dans un acte de création possible, pli dans un corps mortel, pli du temps, là où la parole s'évanouit en coulées aériennes, couleurs du temps présenté dans un format, ce que plus tard le chevalet permettra au peintre d'évacuer: le dire-lois. Là encore une production tombera sous les coups de pinceaux du peintre, faisant remonter un sujet clivé, pour y révéler cette part de l'autre-soi, partie jouée dans la perspective, découverte et réalité tridimensionnelle du paysage devenu intérieur, devenu à son tour une chose douloureuse: l'âme ou l'intériorité-extériorité de l'être et son dessein. L'âmélêtre, nœud de la fin du divin, sera la condition inéluctable d'un retournement du fort intérieur au profit de la sexation. Un retournement à cent quatre-vingt degrés du corps dans une action du corps-peintre au milieu de sa peinture. Sexes qui vont renvoyer la représentation du sujet en représentation de l'objet du désir, découpe dans la couleur, sens caché du corps divisé, du corps dépossédé de sa beauté, diversion du vivant. Révolution qui à chaque temporalité, va casser le rythme de production du temps présent, l'Objet, du voir disparaît dans une matière avec sa figure: celle du corps dessiné: le dessein du corps représenté. Une production qui revoie alors à ce corps dépossédé de son âme, de son être, de sa consistance, et, de sa résurrection, sauf à le peindre en coupes (transparence et lieux aux contours dissemblables, on commence à rendre compte d'un œil qui ne trouve jamais le contour sans une lecture de la personne, d'un sujet seul, reconnaissant, et jouissant d'une vérité impropre au dire de la lecture-écriture). Sans cesse une production chasse sur les terres d'une autre production, sans remettre à plat ce qui la détricote, c'est le nœud de la création, paroles à reprendre, traduction d'un temps possédé par le jeu incessant de subjectivités incongrues. L'impossible renversement d'un dire déjà trop éloigné pour être entendu. Là commence la partie du jeu de la musique, qui peint autrement une peinture qui musique.
Dans quelle temporalité l'art a-t-il un lien à la subjectivité? Ce lien serait celui d'une irréalité de Dieu, contraction d'un temps commun vidé de sa représentation sur un modèle ostentatoire, drame de la fin de la vie, résurrection ou vie après la mort. Le corps serait cette finitude prête à entrer en communion avec l'autre, comme au-delà insaisissable mais ontologique, irrationnel mais prié de se livrer corps et âme à l'union fatale dans cette transfiguration du temps en corps, de la mort en vie. L'art y trace ce petit chemin, là où se jette le corps, dans une matière hétérogène, dans un enfantement, dans un acte de création possible, pli dans un corps mortel, pli du temps, là où la parole s'évanouit en coulées aériennes, couleurs du temps présenté dans un format, ce que plus tard le chevalet permettra au peintre d'évacuer: le dire-lois. Là encore une production tombera sous les coups de pinceaux du peintre, faisant remonter un sujet clivé, pour y révéler cette part de l'autre-soi, partie jouée dans la perspective, découverte et réalité tridimensionnelle du paysage devenu intérieur, devenu à son tour une chose douloureuse: l'âme ou l'intériorité-extériorité de l'être et son dessein. L'âmélêtre, nœud de la fin du divin, sera la condition inéluctable d'un retournement du fort intérieur au profit de la sexation. Un retournement à cent quatre-vingt degrés du corps dans une action du corps-peintre au milieu de sa peinture. Sexes qui vont renvoyer la représentation du sujet en représentation de l'objet du désir, découpe dans la couleur, sens caché du corps divisé, du corps dépossédé de sa beauté, diversion du vivant. Révolution qui à chaque temporalité, va casser le rythme de production du temps présent, l'Objet, du voir disparaît dans une matière avec sa figure: celle du corps dessiné: le dessein du corps représenté. Une production qui revoie alors à ce corps dépossédé de son âme, de son être, de sa consistance, et, de sa résurrection, sauf à le peindre en coupes (transparence et lieux aux contours dissemblables, on commence à rendre compte d'un œil qui ne trouve jamais le contour sans une lecture de la personne, d'un sujet seul, reconnaissant, et jouissant d'une vérité impropre au dire de la lecture-écriture). Sans cesse une production chasse sur les terres d'une autre production, sans remettre à plat ce qui la détricote, c'est le nœud de la création, paroles à reprendre, traduction d'un temps possédé par le jeu incessant de subjectivités incongrues. L'impossible renversement d'un dire déjà trop éloigné pour être entendu. Là commence la partie du jeu de la musique, qui peint autrement une peinture qui musique.
Thierry
Texedre, le 1 mai 2012.
vendredi 27 avril 2012
Traversante désirée
Temps
troué dehors caché
de
la fin du corps saturé
clos
d'une fin de la peau
claque
sur la fin en chair
de
l'être éternellement
érotique
espace de l'esprit
enfin
libre sous les sauts
impétueux
des organes
osés
en os posés sous la
renversante
chair désirée.
Touché
par la grâce des
deux
conférences cirque
de
l'audible maîtresse
versatile
de l'air respirée
l'esprit
saute telle une
puce
sur son antre rusé
rupestre
l'esprit n'est en
fin
de compte que ce très
long
parcours intérieur
de
la fièvre qui vous désire.
Torpeur
du corps aligné
sur
l'indécence des coupes
coutures
et coutumes
quatre
à quatre descente
dans
l'ombre organique
du
présent qui revient
en
mémoire à revers à
force
de respirer le risque
affligeant
des mots éclatés
l'attirante
variation du désir.
Thierry
Texedre, le 27 avril 2012.
jeudi 26 avril 2012
mercredi 25 avril 2012
Entre suc et culte
Sons
secs du vent ventilé
du
temps pressé de la
gorge
secouée par l'air
vendue
au ventre vautré
retirer
de cette vérité
la
plus suave caresse
du
bas encore plié relu
par
mille voix mimétique
figure
danse du temps
pressé
du corps devenu
acéphale
aspiré par l'astre.
Sournoise
débourrage
du
triangle vulve vigne
qui
pend son raisin jus
jusqu'à
la lie pressé et
joué
d'avance par le bec
verseur
qui pend depuis
l'aérienne
semence en
sens
inverse touchée par
la
grâce d'une mort polie
annonce
montrée monstre
monumental
maltraité.
Du
mâle malin du mort
reconnu
comme la marrée
de
l'eau ingérée contre
l'air
respirée un air de suc
quelle
voix qui monte de
l'intérieur
du plus loin
interdit
du dit désir si ce
dénie
se dénoue naturel
et
né inopinément d'une
inondation
invulnérable
qui
de sa vulgarité sombre.
Thierry
Texedre, le 25 avril 2012.
dimanche 22 avril 2012
Passe-temps/temps passé
Quel
bruissement léger devant soi, quel ordre des choses anime le
vent, lentement nous envahissant? Ronde des enfants sur l'asphalte,
juste le temps d'avant le déjeuner. Ils se donnent la main,
traversant la grande étendue noire, encore chaude sous leurs
pieds chaussés de petits escarpins. La journée est
étouffante, le vent réchauffant encore plus l'air, et
ça dure depuis plusieurs jours. Quel été, quelle
étrange atmosphère, le ciel est lourd, de grands nuages
épais avancent au loin, comme pour envahir et avaler le ciel
trop clair pour résister. Nous étions une bande de
copains, un jour sans la classe, peut-être le début des
vacances. Les parents nous avaient permis de jouer dehors. a petite
place du village était goudronnée, autour, quelques
voiture garées, nous permettaient de jouer à cache
cache selon que notre imagination le permettait, ou que l'un d'entre
nous en eut l'idée magistrale. Et les jours passaient dans la
plus grande insouciance, nos vies valaient plus que tout au monde.
Les adultes devenaient de simples soldats, ou poupées de
chiffon, ou encore des hybrides moitié humains et moitié
animaux, un peu pour nous faire peur. Nous devions rentrer
soudainement, comme nous inventions des jeux, pour passer le temps,
pour faire les grands, pour faire semblant, jusqu'à
l'épuisement de notre enfance, recul du temps, saisons de
notre mémoire? On n'imagine pas ce que le passé peut
laisser comme trace dans la mémoire, on entre là dans
un tricotage, on fait une pelote, juste pour conforter un présent
pris dans une spirale; vérité? invention? composition
entre ce présent et ces remontées? On tend vers
l'absurdité de la vie quand on recompose. L'innocence vient se
mêler à l'imprudence, pour, dans un méli-mélo,
exposer un photo-montage, un collage, de ce passé-présent
inconséquent et improbable dans le temps qui défile, le
temps des autres, un autre temps? Si l'enfance permet une foule de
souvenirs tous plus intriqués les uns les autres, c'est pour
autant impropre de parler de souvenirs, nous devrions parler plutôt
de lecture, et d'inventaire pour inventer une langue à venir,
Traquenard de la langue dans un éternel recommencement.
Posture insoutenable de l'enfant face aux ivresses insignifiantes
mais faisant loi de la langue qui tombe sur ce soi pour l'asseoir
dans l'inéluctable erreur de la lecture d'une infinitude de
l'existence, vers une enfance-offense de son lien social.
L'outre-tombe de la fiction de ce lieu commun qu'est l'enfance.
Thierry
Texedre, le 21 avril 2012.
samedi 14 avril 2012
Transfiguration
État
de déliquescence
du
grand soi partout
les
corps se mettent à
chanter
hauteur du très
haut
fils divin devenu
lumière
pour les hommes
de
cette tentation soulevée
pour
donner à la vue le
procès
de l'aube sur un
crépuscule
c'est une vie
nouvelle
enchanteresse
par
sa brillance sa blanche
étendue
en réfraction sur
les
corps dilatés devenus
même
sous l'irréductible
mortalité
de l'âme qui
vient
se fondre dans les
bras
tendus de ce dieu
immanent
trois personnes
en
une seule Dieu fait fils
en
une personne sur la
vie
de l'homme comme
apparition
d'un songe
plus
vrai que celui de la
vie
vertigineuse du temps
Dieu
comment es-tu un
et
trois dans cette lumière
faite
pour l'homme et
par
Jésus lui-même eu
regard
au temps qui s'est
arrêté
pour les hommes
nous
te prions toi notre
Dieu
Christ et lumière toi
qui
nous est apparût au
cœur de notre appartenance
les
cloches retentissent
pour
chanter ta venue te
voilà
mis sous notre regard
de
croyants nous sonnons
ta
gloire nous chantons
tous
ta grandeur par la
foi
qui nous remplit roi
du
monde roi ici-bas que
rien
ne viendra contester
que
ta joie demeure en nous
et
par toi notre rêve est
celui
de l'éternité du ciel
notre
vie traverse le temps
jusqu'à
la mort pour la
sublimer
la transcender
nos
chants et notre labeur
sonnent
à tout va pour
enfreindre
les lois humaines
à
tout jamais jusque sur
les
hauteurs de ces monts
appelés
de partout prions
cette
résurrection à venir
allons
vers notre destinée
en
possession de la douleur
en
lui montrant le chemin
de
la fin des temps de la fin
des
morts en toi réapparu
dans
l'immanente lumière
de
la déposition de la fin
tout
s'étend maintenant
dans
les airs éradiques du
soulèvement
des hommes
le
ciel vient créer une vie
dissonante
et verticale
les
hommes se perdent
à
y voir jusqu'à y croire
comme
pour le temps
Dieu
n'y est pas soumis
Dieu
est partout jusque
dans
la sombre figuration
terrestre
où tout ressemble
à
tout sous des yeux jure
l'homme
aveuglés par l'éclat
d'une
illumination subite
Que
Dieu pardonne aux
indésirables
aux croyants
dans
l'impénétrable lieu
que
tous les hommes en
Jésus
visitent dans l'instant
de
cette transfiguration
sonne
enfin l'amour éternel
seigneur
que se termine à
jamais
l'étendue de notre
démesure
dans le partage
dans
l'immensité de ta chair
devenue
Dieu pour l'amour
des
hommes transposition
du
corps en esprit Saint.
Sur
d'immanquables caresses
des
corps en Dieu dieu de
l'éloignement
du corps
dans
sa fin corps de la fin
de
Dieu séparé de l'emprise
du
verbe fait chair en l'homme
en
Jésus Christ éloignement
par
le temps de ce miracle
le
temps mal aimé par cette
chair
meurtrie du vivant de
Dieu
sur terre devant l'homme
au
firmament illuminé au ciel
déposé
là pour l'éternité
l'homme
plié par un long
silence
celui qui sépare la
grande
croyance de l'Un
de
cette ordination de l'esprit
qui
repose en paix par tant
de
maux ceux de l'impossible
croyance
du parlant face
à
cette demeure irréductible
demeure
de Dieu apparu
en
Jésus Christ avant que
n'advienne
la fin indubitable
du
corps dans sa mise à mort
par
quelles souffrances
quelles
croyances au verbe
comme
essence première
de
cette croyance au père
père
qui me pardonne
si
de ce corps ténu je jure
de
me repentir pour dire
partout
la bonne nouvelle
que
ton fils soit venu ici-bas
pour
sauver le monde prions
sous
quelle étoile notre mémoire
va-t-elle
se mettre à retenir
la
naissance nouvelle du
temps
par l'amour de tous
par
l'amour de notre prochain
prions
ensemble dans la joie
de
l'apparition de Dieu en
Jésus
Christ notre sauveur
le
temps pressé des hommes
semble
pousser cet air chanté
de
la vie vers quelle éternité
après
quelle mort souveraine
une
fraction du second temps
se
redresse pour les corps pour
laisser
aller ces âmes impures
si
souveraines aux pieds de la
terre
nourricière quelles âmes
iraient
se purifier au purgatoire
naissant
dans ce doute de Dieu
sous
quelle renaissance la
pensée
va-t-elle dans une
lumière
irremplaçable rencontrer
le
génie dépositaire du début
d'un
lieu divin et scolastique
social
comme socle d'un être
pensant
les chœurs chantent
sous
quelle répétition de la fin
de
Dieu sauf à l'emporter
dans
une aire reproduite
à
l'infini du temps présent
dans
une mise en perspective
une
percée du temps de l'étant
figure
du temps devenu celui
de
la peinture hystérie de la
voix
de Dieu en un début aussi
celui
d'une musique apostolique
sur
les textes en voix de la
venue
du fils de Dieu sur terre
par
Marie mère de Dieu et
vierge
pour avoir enfanté
la
naissance de l'être par
l'an
du temps de l'homme
L'heure
a sonné pour enfanter
dans
la douleur par les ans
du
futur cette béatitude l'amour
dansé
par les corps célestes.
On
entre dans l'aire des médias
point
là de répétition sans
le
sens ni de sens sans signe
le
corps est un corps neurologique
un
corps coupé de sa chair
une
osmose entrain de se défaire
l'esprit
est moins lyrique ça
prend
le ciel pour une sniff
les
veines piquent aux écrans
la
fumée du sang déporté du Christ
une
lumière vient turlupiner
les
sexes jusqu'à la dernière
dose
celle de trop un paradis
artificiel
qui tombe à pic quand
les
corps secoués par l'esprit
pensant
à la perte de son être
en
leur fond intérieur sonne
la
résistance au massacre dans
une
fenêtre qui tire la suprême
jouissance
lumière de la même
mémoire
faite loi lentement
les
corps transparaissent
on
y voit une infinité d'organes
aux
couleurs scannées sans
dessus
dessous vrille du temps
pressé
d'en finir avec l'esprit
vie
pressée d'en finir avec
ces
chants tempérés de la
pensée
qui rend l'âme supplique
suppôt
de Satan connaissance
qui
s'empare de la naissance
pour
la fragmenter en une
multitude
de nébuleuses voix
drame
vocal du temps charrié
par
les ondes portables les ondes
télévisuelles
pour arracher
au
temps l'effondrement
du
rien du silence et de l'illimité
l'au-delà
de ce signifiant
la
parole comme illumination
d'un
corps celui de la chair et
du
sang face à une reconnaissance
dans
ce ciel ouvert et bleu
comme
première couleur
invulnérable
de la naissance
création
intemporelle de la vie.
Thierry
Texedre, le 17 avril 2012.
Inscription à :
Articles (Atom)