vendredi 18 mai 2007

MANIFESTE / 1 à 8

"partition"ou le
regard sur la peinture,
Thierry Texedre, 2000.



MANIFESTE / 1 à 8


1 - Intrinsèquement, pas de
lumière comme élément
moteur dans une peinture;
c'est affaire de point de vue
et non de vision.

2 - La peinture ne peut exprimer
son état matériel que si celle-ci
prend à bras le corps une
résistance à la forme du sujet
supposé s'inviter à naviguer entre la lumière et la forme.

3 - La peinture qui peint ne peint pas un sujet, c'est le sujet
de la passion qui dicte et transforme, transfigure ce qu'on
appelle couleurs.

4 - Les couleurs sont la somme de ce qu'un corps peintre
peut de subvertir la loi en vigueur au moment ou l'image
apparaît.

5 - Les ondes porteuses de la matière comme couleurs sont
reçues en tant que format, qu'une lecture rend possible, selon
que celles-ci ont de soustraire à l'Histoire une parole pour
la rendre, la remettre au corps-vision.

6 - Ce corps-vision est un corps de chair qu'une peinture ira
chercher et conduire, continuer avec lui un bout de chemin,
une certaine parole/lecture possible; non de la peinture en
question, non de son format, ou de son image matérielle, mais
d'une parole qu'un corps qui pense peut d'être après une telle
vision de cette peinture.

7 - Il n'y a pas de peinture figurative et encore moins abstraite
pour révéler le vraisemblable format d'une peinture, et qu'elle
ne doit pas s'en remettre à un sujet, comme s'il s'agissait
d'une narration, d'une histoire, ou d'un mythe.

8 - La peinture prend en charge dans sa réalité matérielle un
sujet d'avant la peur primordiale, d'avant l'Histoire, d'avant la
mise en place d'un principe de société établi par des lois, avant
que la peinture soit Art; cette peinture n'a pas à faire avec l'art
passé autrement qu'en prenant comme lien une découpe du
corps dans la matière-dépense qu'il faut du faire voir. Et ce,
au même titre que cette matière qui insiste comme retour en
force du sujet, énigme du projet-image.

Thierry Texedre, Mai 2007.


mardi 15 mai 2007

Bien avant qu'un corps ne s'y passe...




Sans titre, No29, 1974, Louis Cane, 305 x 586 cm.




- Faut-il que nous dressions un portrait plus théorique de la
peinture qui s'ouvrirait vers un futur où celle-ci donnerait
le La à tout dire; comment envisagez-vous de poser ce
programme qui rendrait à la peinture une place
aujourd'hui qu'elle n'a plus, ou qui l'a fait se soustraire
au jeu politique et social que nous avons mis en place?


- Oui bien sûr, il est temps pour les artistes de s'ouvrir à
la peinture qui entre dans une nouvelle ère, à l'écoute,
donc au discours, et par là à la parole commune. En cela,
je crois que l'image sera ponctuée dans des oeuvres où
figure et "all over" viendront créer une secousse sismique
au niveau du verbal, de tout parlant devant la toile, comme
bien sûr réserve, réceptacle du travail formel qui consistera
en un autre point de vue que celui esthétique (qui à vrai
dire ne l'était pas pour l'époque), du point de vue du beau,
de la représentation qu'en ont transposé les Grecs. Comme
l'a démontré un Barnett Newman dans ses écrits, et plus
récemment de Louis Cane et de l'apport théorique de
Marcelin Pleynet également. Il faudra en passer par le
grand peintre Ad Reinhardt qui a posé les fondements d'une
pureté, d'un état de grâce chez le peintre mais avec en
amont un travail sur l'objet peint qui n'est Art qu'à vider,
qu'à creuser la figure, jusqu'à la confondre avec la vie.
Un tel enseignement reste appuyé sur celui d'un Marc
Devade qui revisite la subjectivité Chrétienne. Et encore
l'Infini qu'un Marc Rothko irradie, c'en est plein de penser.
Conscience autre que celle de la renaissance où je ne parle
pas de la perspective mais de la profondeur qui au XXe
siècle s'est renversée dans l'abstraction; par un travail sur
la surface où disparaît la question de la figure, au profit
d'une lecture narrative. C'est dans cet espace d'ouverture,
que peuvent intervenir des peintres au plus près de
fondements proches d'un espace où du corps doit advenir,
en tant que posture signifiante dans le tableau, celle du
sujet parlant. L'image n'aura de cesse d'être brisée, mais
le format demeure la seule vraisemblance tournant
autour de l'oeil du sujet. De celui qui vient trouver son
espace, osmose avec ce qui va faire qu'il aura la parole
sortie de cette image. Tout ceci n'est pas une histoire de
nature, ou de vérité, c'est une autre science qui vise à
construire un sujet dont les attributs vont visiter le
mouvement "télévisuel"généralisé. La techné n'aura de
cesse d'évoluer selon l'image générée, selon ce qui sera
déplié d'un futur producteur de social, producteur d'oralité.
.
Thierry Texedre, mai 2007.

lundi 14 mai 2007

regard ordinaire 3, "délivrance" 1990






















dessin d'enfant de Laetitia Texedre


délivrance

la chaise bascule
en avant pour aller
buter sur un bord
de la table
et se stabiliser
que fait-elle alors
sinon dormir
les bras croisés
la tête enfouie
les mains posées
sur la nuque
bien ainsi elle
s'assoit
pour se reposer
appuyée contre
sa table
très tôt elle sera
couverte d'un linge
au sommet
du dossier
là où la tête
dort
comme pour
la cacher
du jour
ainsi l'être
et l'objet
ensemble
se tiennent
liés à jamais
pour livrer
leur essence
si ce n'est
la stabilité
dans le chaos
la présence
dans l'indifférence
la source
dans la
délivrance.

Catholique et après...






Le Christ aux Limbes, Jérome Bosch

Les Limbes vont céder pour la doctrine de la foi Catholique.

"Dante, dans La Divine Comédie,peupla ce no man's land des âmes des enfants et de ceux qui n'avaient pas péché mais qui ne pouvaient connaître Dieu faute de baptême."

Catholique et après...

S'appesantir sur cet élan au plus profond de

nous-même, c'est cela la joie et l'ivresse de vivre.

Qu'en est-il de cet air solennel qui éveille

le soleil en chacun chacune de nous?

Nous progressons pour rendre grâce à Dieu.

Sinon à quoi bon se courber pour offrir

de servir l'immonde humanité, qui elle, vend

à Dieu ses sujets, par l'entremise de la passion,

dictée par un pouvoir d'identification.

Dans quelle ivresse nous sommes-nous

enchantés, et que de prières de postures

encore faut-il pour être aux yeux du Tout Puissant,

et par la très Sainte Eglise, parlant et pensant

dans la continuité Catholique.

février 1990,

Thierry Texedre.

Première période, textes d'avant 1975 - 4


cliché de Joan Colom







prostitution
Il a pleuré son sang jusqu'au cou il
en est abreuvé il est là où paraît il est
là il reste suer il en reste jusqu'au pied
demeure absent il a regardé devant
derrière sans cesse là à sa somme formée
pareil à une réforme oeil il a pressenti
dis-je ce qu'il crachera éthéré rauquement
respire il a rabattu la main manie
souffle sa main au plat du lobe il rit
d'autant puis se ramollit et court
boitant l'oeil injecté le cuir pileux sec
réalisé résolu spirituelle mastication
autodidactique réduction religieuse
connaissance sentimentale présence
folie factice dépasse son court substantiel
abstinence dénuée des parcours empruntés
empressés paradigme devant et tout s'étire.



dimanche 13 mai 2007

élégies


L'une des 171 élégies à la république d'Espagne de
Robert Motherwell peintes entre 1948 et 1990.

La pathétique révolte de la signification - 4/4




















"mélancolia" 2005, 116 x 83 cm, Fabrice Rebeyrolle.
Né en 1955, vit et travaille en Languedoc Rousillon.

"... Durant plus de 20 ans, mon engagement dans
l'abstraction m'a permis de faire cohabiter la dimension
physique et la dimension spirituelle de la peinture...
... Représenter le cors,l'anatomie humaine a évidemment
à voir avec l'anatomie de la peinture elle-même...
... Le corps traité comme matériau - forme viscérale du
désir - a généré des images souvent insaisissables
parce que ce sont des images d'ordre métaphysique qui
trouvent leur place entre déconstruction et construction..."




La pathétique révolte de la signification - 4/4

l'un de chacun des innombrables
des sans noms de ceux qui font
le lien avec l'improvisation du
dire de cet acte manqué au début
attendre que la rivière file
pour se mettre à pleurer la tête
entre les mains et assis sur le sol
sec sans rien à imaginer sans
rien à inventer sans ressources
d'avoir tout voulu vider loi oblige
la lumière peut encore sauver ce corps
assis ce corps péniblement vomit
tout son être qui saigne des guerres
assassines des maladies qui rongent
ici à moitié mort peut-il encore céder
à la tentation d'elle peut-il encore
retirer de lui un peu d'elle mémoire ou
ne sera-t-elle plus qu'au vague voile
souvenir impossible à garder tant
la mémoire disparaît avec son temps
un temps inventé pour garder l'Un
pour croire que l'objet l'enfermerait
pleurer encore pleurer longuement
va produire un ravage pour eux
seulement pour lui revient la rivière
elle est là avec ses flots au bord
immensité de la nature qui peut
reprendre ou donner selon son air
de l'un du plus présent plus présent
peut-être qu'un corps qui a laissé
comme seule trace son nom un nom
que l'Image trouble rend innommable
le nom n'a plus lieu l'un est là
partout et tout est à tous tous
vont monter au dessus du Rien
qu'ils croyaient fini elle aussi
reproductrice et l'esprit aussi pour
rattraper le temps qui part qui
finit par tomber divisant la Terre en deux
en l'Un en une seule et indivisible
image qu'ils n'auront de cesse de
nommer l'esprit saint s'il est venu
pour que la chair de sa chair soit
Dieu dans l'immaculé conception
le noeud qui lui manquait pour
que l'inconcient soit découvert ouverture
avec elle pour faire le Un
indivisibilité de ce Un de par la parole
qu'elle est soit pathétique et signifiante.

Thierry Texedre, Mai 2007.



samedi 12 mai 2007

du pensant 14 - 2 et fin















"en cage", cliché de Raymond Depardon , pavillon pour
malades considérés comme irrécupérables. Trieste
en Italie.

Michel Foucault
"... L'hystérie a été un syndrome typiquement asilaire.
Cela a été un processus des fous pour tenter d'échapper
au pouvoir psychiatrique. Elle a été la manière insidieuse
pour les fous de poser de force la question de la vérité
à un pouvoir psychiatrique qui voulait leur imposer la
réalité... "Marie Leyreloup.

Raymond Depardon
"... La question de la frontière entre la normalité et la
folie se pose inévitablement: où commence-t-elle ou
s'arrête-t-elle?... Un jour, je fus surpris de ne plus avoir
aucune émotion en faisant mes photos, (...) je n'avais
plus peur des fous. J'ai arrêté aussitôt."




du pensant 14-2

après

plus de peau
plus de sujet plus de loi
plus que la représentation
la figure en sainteté
jusqu'à sa trace
jusqu'à l'inconscient
le discours tient encore
plus de parole
on ne lui en laisse plus
l'apparence
peu de probabilité que ça recommence
ça n'a pas le même profil c'est décidé
la vue a pris le dessus
sur les autres sens
ça compose ça reforme plus vite
ça diffuse pour faire le tour en moins de temps
le temps n'est plus
s'il n'a jamais été c'est d'avoir pensé
qui en a fait le temps ou plutôt l'analyse
parce qu'une peinture a opéré le retournement
d'un nouveau sujet
à venir qu'aucune vitesse
n'a encore programmé.



"du pensant" a été écrit en 14 stations en
2006 par Thierry Texedre.
de 1 à 9 (extase) sur http://texedre.info/
de 10 (digression) à 14-2 ici sur http://scription-texedre.blogspot.com/


jeudi 10 mai 2007

du pensant 14 - 1


Jaune et Bleu (Jaune, Bleu sur orange), 1955,
Mark Rothko, 259,4 x 169,6 cm.
avant
au bord il se peut
qu'il se passe quelque chose
où l'allongement au sol
n'est plus la fin
mais par ce qui s'y tient élu
évanescente elle est au coeur
l'âme qui monte par delà le corps
vers les hauteurs plus loin
que le bord que la marge
que l'entre-deux c'est le seul fait
avéré qui passe par le temps
qui n'est pas terrestre mais aérien
d'un imaginaire inventé pour
penser qu'un corps va consumer
va dilater pour en finir
avec le bord ici
pas de dessous pas
de couches pas de volume
pas la chair et sa surface
pas d'infini pas de limites
rien que ce passage de l'être à la chose
avant la montée avant d'aller
avant la croyance de tenir le temps
le sang afflue c'est ainsi
il faut se remettre l'état
de transfiguration des corps
les nommer les penser
matière en même temps
pendant
le tremblement de ceux qui sont
autour il faut croire que ça doit
prendre du temps pour refermer
cet esprit que le corps impressionne
par ce qu'il a de ravissement dans
sa vision dans cet espace intemporel
qui est le sien qui le fait parole






mercredi 9 mai 2007

Alfred Schnittke (1934-1998)

Le quatuor à cordes No 4
écrit en 1989 est composé
en cinq mouvements. Ce
quatuor dure environ 38mn,
il a été interprété dés 1990
par le quatuor Alban Berg.
"... sans retrouver les accents
désespérés de son second
quatuor, laisse une impression
de nuit obscure parcourue de
quelques gémissements, une
"suite lyrique" sans amour..."

La pathétique révolte de la signification - 3/4















"Sainte Véronique avec la sainte Face"
vers 1585, Le Greco, 91 x 84 cm.


comme seule impression que
l'oeil imprime comme vraie
direction des corps pourrissants
de n'être que parce qu'un n'est
plus qu'un par ce fait a pris
le dire pour de la parole et
a inventé l'écriture pour en
appeler au ciel fait loi celle des
noms qui verront la profusion
et la nourriture à volonté au
dépend des corps périssables des
êtres réservés aux paroles faites lois
la guerre ivresse du Nombre tient
son Néant du cours des choses pendant
tant de livraisons que ces corps
tombants et pestiférés n'auront de cesse
de se relever jusqu'au XXe siècle
même hé oui c'est ainsi de se relever
même dans la peinture qui cherche
encore l'Un l'image qui mange
un pensant parce que la mémoire
vient en écharpe échanger l'impossible
l'être
seulement lutte des noms contre l'autre
autre vue de l'être qui n'est que
d'avoir oublié c'est là qu'il peut
de pouvoir résoudre son approche de
l'image
immanence de l'imaginaire
qui prend le relais pour aller au
plus court plus vite plus nombreux
plus inconscients plus inventifs vite
de ce que d'aucun n'aura de cesse
de croire invention objectiver de la
façon la plus irréelle qui soit en songe
celui qui a pour raisonnement
l'objet
genre qui prend le plein pour le vide
et qui cherche toujours l'un où
le plein se fait Tout partout elle
revient pour faire de l'appauvrissement
des voix le pictural via la scription
pour que retentissent les chants
qui auront un air grandiose un
appel du haut pour entendre de vie

mardi 8 mai 2007

Le soleil


Le symbole du soleil en astrologie et en astronomie
est un cercle avec un point en son centre.

Reconnaissance de Dieu, symbolique.

quelque part au dessus des voiles
clairs
sondent ceux qui trouvent terrés
au fond
de quelque disposition à soupirer
en résidence
devant le grand soleil irradié
chaleur
à rougir à ronger les esprits honorés
tout
ces voiles vont et viennent se balancent
où sont
les oms les fems ayant perdu le nom
la parole
celle qui prévient d'une jouissance acte
d'amour
envahis de la terreur par le manque de
sens
sans cela rien du voile n'aura le regard
immaculé
transmué en un volume en ombre portée
sans sens
sans cette blanche élévation le dire
sombre
dans les méandres dressés de l'horrible
plongée
dans le rouge dédale de sa chair
ouverte
coule sur eux le vrai regard manifeste sous
la parole
du dire déplié image imaginée qu'une
contemplation
viendra relever pour monter lors de
l'annonciation
en l'esprit en celle figure nouvelle et
forme
de la beauté infinie de Dieu

mai 2007, Thierry Texedre.

lundi 7 mai 2007

Les Hébétudes 2006/2007 - 3


Sans titre, environ 1976, diptyque, Marc Devade,
200 x 200 cm.
*Si le sens médical commun du mot hébétude
est le premier degré de la stupeur (suspension de toute
activité physique et psychique), dan lequel les facultés
intellectuelle sont supprimées mais l'usage des sens
conservés, son état de torpeur n'est accessible en grande
partie que parce qu'il y va d'un flou; d'un effacement,
d'un drame de l'énonciation/définition de l'hébétude, de
sa division/suspension entre le H et "son mot":

Disant l'entendu par l'H aspiré, absent, dépité,
fantôme et décapitation, et pourtant sexué, remettant
en cause le nom du Père dans celui du Fils par l'Esprit
trinitaire hystérique où un procès a lieu. Où l'un et l'autre
sont des stases, des moments d'arrêts; hétérogénéité et
contradiction, excès. Le H c'est l'Un à côté de quoi tout
sujet se vide de ne pas y entrer, le sujet est alors double
s'il commet ce qui revient au H . Le H est la séparation
du Sujet, sa division en deux, d'un sujet clivé. Le H n'est
pas, il apparaît foudroyant comme pour suturer la langue,
la faire flotter, l'obliger à jouer/jouir, question de
théologie, c'est aussi une musique.

dimanche 6 mai 2007

Factum II, 1957, Robert Rauschenberg, 155,8 x 90 cm.


"Il répète dans deux oeuvres,
Factum I et
Factum II, les mêmes coups
de pinceaux faussement
spontanés .
En effet, ces deux oeuvres
sont parmi les plus
conceptuelles de l'artiste."

La pathétique révolte de la signification - 2/4

n'est pas privé de sens ou
plutôt n'est-il pas entrain de fuir
cette privation de sens en tous sens
l'être est là en lui et en autre car
d'autres vont venir et se présenter
autrement il saura tenir devant
et du coup du dire vient à eux par
une vision plus large par une courte
infestation des sens par une lutte
où le vainqueur sera l'image de
celui qui prononcera les premières
intonations tout s'arrête tout
suit tous attendent elle n'est que
par propriété enlèvement et mal
l'être s'enfoncera et fera vivre l'autre
à dire pour traverser la rive en face
tous y vont tous y seront d'être
par le retrait des eaux des corps
périront du pire du sang de l'impure
exemple de marcher de chercher le sens
dans ce vide chaud et cette liquide
cette eau limpide sans trouble où le sang
coule où le fond devient corps périssable
il sera il est il était nu de l'autre côté
il n'a pas pris le temps de couvrir
la plaie qui finit par se refermer
par faire trace sur la peau lisse sur la
chair enfin libre enfin déterminée
à courir partout où la faim
se fait sentir où la chair a l'odeur
de la fuite de la peur du rien
en est-il autrement de cet état
défait de faire en plus grand nombre
pour aller pour agrandir pour prendre
la terre que le ciel a partagé
allant ils ne sont plus un en nombre
ils perdent le sens pas la parole
et cette parole dit depuis que l'un
n'est plus sur terre mais au ciel

du pensant 13 - 2

à n'en plus douter rire
le rire ne dure que de respirer
l'être s'il se peut dans le temps
le temps n'étant pas encore
installé ici il faut croire encore
pour le visser pour refermer
cette temporalité qui n'est pas le temps
mais la dépense voyez la mort
comme ça marche ça se précise
ça se précipite ça tourne au virus
la vitesse est passée au dessus
de ces têtes à un oeil pas encore
décentré pas encore double
à suivre pour ne pas vivre dans le désir

Woman, 1944, Willem de Kooning (1904 - 1997), 116,8 x 81,3 cm.


du pensant 13 - 1

en haut d'avoir mis en croix
le plus loin de cette fin
qui n'est que l'horizon celui
que la vue peut en tant qu'être
de ne dire que l'extase
de forcer l'être à rompre à tomber
s'il est descendu de sa divinité
pour déverrouiller le corps
pour l donner vie de n'être
plus en haut au dessus de sa
sexualité de son état d'animalité
qu'en est-il de cet état infâme
et insoutenable quand à ce qu'il y a
jouissance de ne pas être à cause
de l'âme de ce qu'elle tombe du ciel
pour qu'autour on suppose sa montée
d'un corps mort de sa signifiance
d'une insignifiance de l'inconscient
éprouvé autour de ce tour de force
du nombre en expansion du volume
qui fera perspective par une fuite
des corps par ce qu'ils ont fait
à l'un au sujet en cause
à sa tentative de voir
au delà du pensant des corps
si ce n'est de leur action dans un
cadre doublure d'une descente
aux enfers du fils fait homme
en terre entouré et recouvert
du tissus figural du linceul
du dire qu'il en vienne de la loi
que le nombre va rendre au carré
pour déplier ce qui s'y trame
pour que des pensants livrent
dans ce qu'une imagea d'entendre
du dire de la voix écho au vide
installation des allégories pour
longtemps désert par strates
mais toujours la voix de l'unique
qui fend le ciel pour laisser
sortir de l'enfer le temps
l'entre-temps qu'un purgatoire
viendra imprimer de penser
qu'un corps puisse souffrir quand
il n'a pas encore inventé le temps
puisqu'il jouit en attendant que l'un
joue de sa lumière pour aveugler
l'être pour le soustraire au nombre
l'enlever d'avoir été pensant
de croire ce que l'immonde tient
pour la clé qui va de l'ouvert au fermé
le retour à ce qui nomme d'y eux
l'être pensant par ce que deux
ne va naître qu'à cause de l'un qui
n'est pas d'eux mais de l'esprit
plaintes des chants funèbres
autour du corps allongé et
déposé comme en station

du pensant


Treizième station:
Lamentations
sur le Christ mort,
1304, Giotto (1227 - 1337).
"En raison du Sabbat, les Juifs demandèrent que les
corps soient enlevés des croix. On brisa les jambes des
deux crucifiés, mais voyant que Jésus était mort, un
soldat lui transperça le côté avec sa lance. Il en sortit
du sang et de l'eau...
Jésus est descendu de la Croix et remis à sa mère.
Marie, submergée par la douleur est près de la Croix.
Et Jean est avec elle. Mais il se fait tard, et les Juifs
insistent pour que l'on enlève le Seigneur de là."

jeudi 3 mai 2007

Stravinsky 1882-1971 et Tchaïkovski 1840-1893



La pathétique révolte de la signification - 1/4

mai 2007

"... la société moderne souffre d'avoir perdu ses
espaces où hommes et femmes se retrouvent
pour penser et se représenter ensemble leur
aptitude au dépassement et à la transcendance..."




Attendu que la rivière coule
près l'hominidé l'homo sapiens
traduit de la sortie et de la côte
qu'elle invente celle telle qu'il
n'aura de cesse de croire qu'elle
est de lui par origine divine
attentif au regard qui coule
entendu que d'avoir trouvé le
comble le plein avec celle il y est
il peut avancer sur ce promontoire
là où la vue voit autour rien
pas d'objet du désir pas de rêve
elle n'est là que par sa blessure
une telle plaie ouverte pour un temps
pourquoi sur lui et pas autrement
question première qu'il pose comme
l'image première qu'il n'a pas
encore entendu pas à attendre
sas ouvert à tout à ce qu'un jour
sur la rive il en dira long de
cette obsession de ce dire à entendre
à taire peut-être déjà il rend
intérieur ce qu'au dehors il ne voit pas
inondant autour de ses battements
l'immensité vierge d'elle il tend
les bras en croix pour croire à
l'image impropre de ne paraître
l'attention de ce qui se profile là
l'horizon est marqué d'un trait
traitement rigide à venir d'avant
derrière lui et le loin ne sont
que rêve il rêve enfin il peut dire
ce dire qui n'est vomi que par
hasard d'avoir oublié de sortir
celle qu'il a comme mal comme
ouverture en lui celle que le sang
rouge rappelle rapport au dessus de lui

Piotr Ilitch Tchaîkovski (1840 - 1893)















Illustrations à la gouache pour Casse-Noisette.

Compositeur russe de l'ère Romantique; la tournée que
fait Tchaîkovski aux Etats-Unis en 1891 est triomphale.
La même année Marius Pepita danseur et chorégraphe
français qui lui a déjà commandé une oeuvre en 1889
( La belle au bois Dormant de Charles Perrault), lui
demande à nouveau un autre ballet. Ce sera Casse-
Noisette d'après un conte d'Hoffmann. En 1893, il
compose sa Sixième Symphonie baptisée par la suite
Symphonie Pathétique et qui marquera par la suite
Igor Stravinski. Le 28 octobre Tchaîkovski dirige sa
Sixième Symphonie. Le 6 décembre 1893 il meurt.

mercredi 2 mai 2007

Les Hébétudes 2006/2007 - 2

C'est par ce biais, cette insistance à revenir sur
l'image que va reprendre l'invention d'une perspective,
qui n'a plus à voir avec celle de la renaissance, que dans
la transformation euclidienne de l'espace, en une révélation
du sublime Newmanien de la figure d'une temporalité,
en l'occurrence celle humaine, qui va faire tomber sous
forme d'espace cette vision, et ce, au format, du format
primordial (le pictural). La charge émotionnelle d'un tel
travail est consécutivement impossible à cibler, sauf à
prendre appui sur un travail du fond (remontée), dans un
travail de vidage (du moins), et ce dans un second temps.
Cette somme athéologique va correspondre à penser
l'hébétude pour trouver le corps, son corps, l'espace (l'espèce?)
du sujet qu'un corps va "accoucher". Les hébétudes sont le
nombre nécessaire de visions que la toile en tension
(attendue) va soustraire par la "techné", pour sortir du cadre,
pour produire ou introduire, faire que l'image soit comme un
rite de passage.
Si l'image et l'être sont liés, c'est pour mieux "séduire"
le corps jouisseur, le corps qui n'en a que faire de "croire", s'il
ne jouit pas! Nous reviendrons ultérieurement sur la place
que croit détenir l'hébétude à trop s'entendre, à trop y
soumettre sa jouissance.
Pour l'heure qu'il s'agisse de métaphysique, de
l'ordre du sublime peut-être, c'est parce qu'il y a signe, le signe
qu'un corps présent s'y trouve, se saisit d'une figure. Et d'un
traitement de l'image comme énigme et horreur, peur
divinatoire d'un refoulement de la figure au profit de l'être
parlant, mais aussi d'une démarche plus forte: faire du réel.
C'est parce qu'il y a toujours "déjà" représentation, même
comme abstraction ( de la figure?), que la question qui se
pose ici, c'est de parler l'être.

interdit rouge, mars 2007, Thierry Texedre, 28 x 14,2 cm


Qu'est-ce qui peut diviser la couleur extrême sans jamais
faire se rejoindre et le corps et l'esprit, sinon son rouge,
celui occidental. Mai 2007, Thierry Texedre.

mardi 1 mai 2007

du pensant 12





















douzième station
de la croix,
Barnett Newman, 1,981
m x 1,524 m
"Barnett Newman travaille
aux stations pendant
huit ans... leur donnant
leurs titres conventionnels
(sans tenir du tout compte
de ce qu'ils voulaient dire)..."




de la rivière coule l'ode
apprivoisée qui se dérobe de ce rien
possédé d'être cloué en haut raide
et sans vie de la vie du volume
de ce vrai corps soudé à la vue
à y croire on fait de ce mal l'autre
tout autour avec les leurs ils
y sont tournant encore la langue
pour tordre ce qu'il y a de vie
c'en est fait de la résistance
il n'en a plus pour longtemps
à l'entendre avec peine soupirer
il est suspendu à leur temporalité
il manquerait plus que ça que ça dure
mais cette mort est transfigurée en
négatif nous en sommes là croire l'être
si d'être autre est le vrai ce vrai
semblable à l'impression à l'image
à sa fixité béatitude qu'un écho
ira irradier ira se faire totalité
en lumière de ne plus voir que
ce qu'un corps vient clore dans un
pensant dans une subjectivité
en filigrane de ne parler le réel
qu'après sa mise au tombeau
dans ce qu'il y a du paradis
dans une mesure que la loi tente
d'infinir tente de réfléchir à cause
de cette lumière qui finit par saturer
l'oeil c'est pour ça que l'oeil
entend en se retournant en tant
que de la reconnaissance en tant que
de l'écriture qui prend le beau
pour de l'érotique aussi le malin
se lie intriqué et virus pornographique
qu'un sexe délivré de son corps projette
passage par la case départ et renaissance
celle que le rien traîne derrière lui
c'est son fou qui meurt le corps n'y est
pour rien sinon à quoi répond la
transsubstantiation du corps
la pensée n'y est plus elle traite
ce que l'inconscient et la divination n'ont
pas su fermer la temporalité
c'est le temps qui le dit
et l'être n'est pensant qu'à croire le
dire dans sa forme commune
dans ce que le nombre vient compter
le nombre de fois que la mort met au monde
que l'impossible pensant est bien
le drame de toutes ces drogues
de celles qu'un corps ne peut vider le non dit
du dire impropre à la peinture
d'une peinture aussi sombre
que le rouge éclaire son blanc
une résolution de la vision

dimanche 29 avril 2007

l'hostie rouge,1911, Egon Schiele, 48 x 28,2 cm



"Schiele donne à un
sujet extrêmement
osé un titre emprunté
à la liturgie religieuse."

Première période, textes d'avant 1975 - 3

3 - R'avoir une hauteur certaine je constate
sur elle un rien rejetant l'autre aimée tel
que triturant le fils hauteur au non pensant
bestiaire humanitaire élasticité des pousses
grandissantes dans les culottes émanées
tripote sa faciale hauteur au non pensant
la main aux interdits enfantant enfonçant
distrait l'émascule jouir du momentané
saillante des illusionnées unanime au profité
hauteur au non pensant du moindre auteur
stipulation pendante horaire réglée juste
râle langoureux infantile elle enserpentée
sera piquée du pisseux encore pour en r'avoir.

le chemin du Paradis, 1468, Dieric Bouts, 115 x 69 cm


réponses à quelques questions 8

Qu'est-ce qui vous fait croire que la
peinture est, ou plutôt a une importance
aujourd'hui, comme jamais peut-être?

Thierry Texedre - La nature opiniâtre
des galeristes n'a pas su prendre au vol
ce qui s'est produit dans la peinture des
années 80. Notre époque manque
grandement de repères, pas au sens où
la médiatisation serait la seule source,
la seule perspective du "tiraillement"
qu'entretient la peinture et le politique.
Malgré tout, il ne faut pas être alarmiste,
car la culture occidentale n'a pas à rougir
devant une mondialisation des objets
marchands qui ont comme vocation de
faire croire que ça se passe là où le
Paradis mettait en scène l'avant social
pour une découverte de l'Inconscient qui
vaut, pour entrer dans un autre Paradis.
Celui de l'image, irréductible au désir.
La peinture est. Et sa présence sort du
Mal qui nous lie au malin. Et c'est très
bien qu'elle soit à en juger par le travail
de certains peintres sur la subjectivité,
sur la question de la résurrection dans
l'image peinte; question de figure? Sinon
question de parole qu'un corps acquis
aura le soin de transmuer en un espace
coloré dans une somme, dans la matière
du sujet parlant. Ça ne fait que tourner
l'audible, le toujours plus irréel, et cela
au carré, au format déplié, pour socialiser
en retour donner du sens. Particulièrement
là où manque le mythe, le nom qui n'a plus
lieu que occasionnellement, génération oblige.
Donc, aujourd'hui il s'en faut de peu que la
peinture soit. Tous les écrans n'ont qu'à
s'y résoudre, car ça n'est pas de leur
ressort. La chair qui est représentée par
sa matière la peinture, va plus près des corps,
en leur parlant, en prenant comme "vréel"
de soutenir la vraisemblance. La peinture
promet de faire que l'homme pense à entendre
ce qu'une peinture forme l'image pour l'être.

Thierry Texedre, avril 2007.

un compositeur Franz Schubert (1797 - 1828)

musique:
...les impromptus
de Franz Schubert...


Les Hébétudes 2006/2007 - 1


l'Hébétude Moderne
n° 8 de Gérard Collin-
Thiébaut d'après
André Derain
Qu'est-ce que l'hébétude? Sinon ce qui se tient de n'être
jamais là où on l'attend, soit d'échapper à qui nomme*.
Mais toujours en retrait du réel, pour le prendre en
défaut, à y rester (conflits), à trop soumettre ce qui est
différent, voilé, opaque,et qui fait déjà sens (folies et/ou
représentations, l'irréel est une autre voie que l'imaginaire
peut s'assigner, restituant en amont du sens à son sujet).
L'hébétude se cache partout où l'être y voit (croyances),
et ce collectivement, ou encore individuellement où la
place du père s'est fait institutionnellement ( le vrai).
Le commencement en peinture est de faire travailler
l'hébétude pour que remonte à la surface, et les mythes
et l'inconscient qui vont faire la "figure" de la matière
en surface. Nous partirons de l'intérieur, du privé,
de ce qui "pratique" l'âme du "soi" de l'être. Et ce par la
vue, par la verticalité du tableau (ce qui s'y range), et non
de la mémoire/absence que la photographie représente.
Le tableau en est une impression par son ouverture/
fermeture, au même titre que la remontée de la matière
(le brun) va donner des couleurs à la pureté du lieu qui
fait loi/noeud. Là, le "sublime" est comme dans un
aveuglement (lumière irradiante), laissant la forme
l'emporter sur le traitement (ici figuratif) qui sera comme
apeuré et effacé (un leurre), et flou, endeuillé, à peine saisi
par l'observateur. La peinture n'est pas sans une visite
de son champs d'expansion. L'hébétude reste dans son
application picturale, elle est bien à l'autre bout
de la chaîne, où l'inconscient tire les ficellesde toute la
représentation.

Première période, textes d'avant 1975 - 2

2 - Appuyer sur la sonnette et la porte s'entrouvre
il presse le pas de son pied action de l'écart suffisant
à sa présence entrer dans ce passage réservé entendre
par là comme une comédie cette vocale engagement
à l'enregistrement au terme de l'enjambée découvrir
la source un intérieur sombre aperçu le procès
assit pour voir à la chanson brusque les pas sur le sol
parviennent se fait moins entendre et le son plus
élevé après instruit à la compréhension des paroles.

samedi 28 avril 2007

du pensant 11

En référence au premier chant de l'Enfer de La divine
comédie de Dante, Nell Mezzo inaugure les formats
poyptyques des dernières toiles de Marc Devade.


















du pour que ça soit un qu'est-ce
et ton retournement en pleine plainte
dans son milieu où nell mezzo
où qu'il se situe au bord double lieu
de chaque côté c'est là qu'est pendu
sans le savoir sans s'y trouver doué sur
l'écartèlement ce pensant qui enfonce
le clou à jamais de sa séance sa pause
position de mort souffrance mais regard
du pourquoi que ça questionne
parce que le vent prend forme
à l'entendre autour attentif du point
de vue de la déclinaison de son corps
qu'il mesure par épandage par terre
du reste il retire de ce corps tout souffle
de la souffrance trop immanente
trop totalitaire le souffle vient à manquer
y faire un dernier tour avant que la
composition ne contrôle la musique intérieure
celle que l'âme n'a pas saisit oralement
l'âme se traîne elle monte elle n'en finit pas
de saisir du corps pour qu'un pensant fasse
état d'infinité pour qu'ai lieu la parole
à son tour le corps flottant de nier sa forme
là est le beau où ce qui se dit n'a plus que
l'air sonnant et illégal de la fin
tant que la chair chante la souffrance
en revient à rendre l'âme à sa source
à l'entre-deux où la lumière arrive soit
pour livrer un corps à la naissance
à celle de la parole faite chair à sa vie
insaisissable impropre à résoudre ce que
l'écriture peut ce qu'elle croit former
dans le sillage dans le creuset de la
peinture en soutenant qu'il est possible
de lire alors que la peinture seule
éternise la révolution de l'acte d'écriture
pas de signe pas d'image en fond
seul l'indistinct le flou l'instant présent
que la souffrance des corps représente
qui mieux que la subjectivité va
représenter la matière qui descend
liquidité aux enfers de là-haut suspendue
dans une horreur de la pesanteur
du poids des corps qui tombent chute
sans fond sans s'en tenir au milieu
où se réserve le droit d'exister d'être
le corps pensant le corps qui monte en écho
à la lumière qui vient de derrière du fond
jusque devant le devant de la scène primordiale
cette fois pas de primitif pas de bain
sans couleur chaude sensation d'être bien
de se sentir partir dans la voix éloignée
au début du genre musical dégagé

vendredi 27 avril 2007

la crucifiction, 1454 - 1455, Antonello da Messina, 422 x 599 cm.


Première période, textes d'avant 1975 - 1

Je n'enlèverai rien à l'ordonnancement de la plupart
des textes de la première période. La syntaxe n'est
pas "attaquée", puisque nous nous trouvons sur un
fond d'écriture qui tient lieu de blanc ou somme des
couleurs de la peinture. Il faut donc voir par là que
la scription, la scansion du texte, la respiration du
sujet divise et ordonne le texte dans une rationalité
qui est hors du soi, autre.


1 - là, investissement et élargissement du texte avec
la "raison", dans un modèle de déchiffrement de
l'illisible et du rythme.

L'ébauche serrée l'ossature tirée la remarque impropre
et tend à faire et rien de taire le regard mat à la chaude
poche du veston sec au fond durci la toile aux encres
bêtement gelée l'être de jouer l'autre signé empocha
le tirage le nez frais mouché de tout air qui s'entourera
il croit fait total de clarté espérer un temps meilleur de
l'étage de lenteur à reconnaître ciel et par ses couleurs
grimacer la tache errance et de claquer de rediffuser la
glace de tout le parcours un passage sous cet arbre large
dessine arrêté ne tenant plus qu'estime délibérée sans
dire sa poche chaude gonflée à tout vent à chaque
champs de ces floraisons ces herbacées ces sonneries
tendues contenance jetée cet heureux le courant
ruisselant çà et là saut court traîne le pas de son corps.

jeudi 26 avril 2007

Lamentation du Christ, 1467-68 Van der Goes.


du pensant 10 (digression)

en relevé pour aller avec le mal insoutenable
comme si rien n'avait plus l'importance de l'acte
en continuant vers cette lumière impromptue
inopinée elle résiste au temps ce temps si lourd
en conséquence de quoi le corps déjà déchu tient
pour la troisième fois devant l'autre et l'être et
l'impossible érection sociale divinisée d'en jouir
attention de ne pas en venir à l'anéantissement total
pour faire taire une différence de fait celle qu'une
corporéité va reconnaître celle que la lettre n'a pas pris
dans sa charge dans ses pulsions emphatiques allons
ll faut tenir bon sur ce sol qui se dérobe à mesure
que de penser marque et seulement l'espace social
bloqué dans sa verticalité dans sa dépense privée
d'un seul et unique tremblement de cette vie pour
toujours infinitiser ces corps dispersés ces corps
que d'aucun retrouveront puisqu'ils ont pour mémoire
cet objet obscure de savoir qu'un désir se tient d'une
jouissance des parties du corps qui font naître
l'atemporel l'infini que le jeu social reproduit
toujours et à n'en plus finir jusqu'à oublier le souffle
de respirer son pensant son acte générateur de futur
du futur non plus perdu dans le raisonnement mais
où la loi est inscrite et peinte à la fois mêlant corps et vision
spatialisation de l'espèce c'est pour cela que ça ira dans ce
sens avant de retomber dans l'image dans le texte
divisés à nouveau pour faire un sujet social avec du sexe
plein la vue nous y sommes presque en passant par là
où le désir instruit les êtres pensants ce qui infini
le corps c'est l'autre ce qui fait être l'autre c'est
le nombre qui va du masculin au féminin rendu
possible par l'action de l'animalité au pensant qui
va de l'un à l'autre avant que la peur n'intervienne
et court-circuite cette pluralité c'est l'époque des
charniers qui ne cessera plus la société s'en retournera
au meurtre s'en réservera le droit d'autodestruction
de la matière il n'y a pas de retour possible pas de
péché donc pas de religion pas de reproduction
possible à faire sauter les objets du désir de
possession parce qu'un pensant n'est pas là où
on l'attend il ne peut sortir de son infinie
absence qu'à la condition de revenir à la normalité
d'être en somme donc de ne plus être pensant déjà
il faut s'attendre à un décryptage à quelque chose
d'improbable où la place du dire va ressurgir
va clore le fait avéré que l'écriture n'est en rien
le lieu du pensant c'est un lieu raturé et pensé
c'est ce que la résurrection Christique a su dans
sa prémonition instruire dans la religion catholique
dans la civilisation occidentale entreprise qui
doit être compromise aujourd'hui en ce début de
vingt et unième siècle où l'épuisement de certaines
intériorités doit contribuer à entendre la voix des
corps pensants impropres à la continuité sociale
en retombant encore le sang va engendrer celle qui
saura sauver de l'infâme folie humaine la peinture

"Moi, la Joconde", photo 2001, Alina Synoczek.


lire le beau texte inspiré sur la peinture et, entre
autre sur le travail d'Alina, écrit ciselé
de la main de Florence Casanova Delaunay

mardi 24 avril 2007

notes sur "du pensant" et de "l'érotique du corps décapité"

Les derniers volets "du pensant "pourront être
lu, ainsi que la fin de "érotique du corps décapité",
et ce, sur ce Blog très prochainement. La première
partie de ces deux textes est à lire sur http://texedre.info/

lundi 23 avril 2007

du pensant



Le 24 décembre 1888, le peintre hollandais Vincent Van Gogh
se coupa une partie de l'oreille gauche. C'est à cette époque
que vont s'imposer dans ses tableaux des coups de pinceaux
qui"tourbillonnent". Les couleurs seront plus "douloureuses"
au regard, comme dans la chambre à coucher de 1888 (72 x 90 cm).

dimanche 22 avril 2007

la tentation, 1308 - 1311, Duccio di Buoninsegna, 43 x 46 cm



Si la subjectivité figure par un passage récurrent de la
symbolique Chrétienne, en revanche elle persiste dans
son pensant, dans son approche par nos sociétés modernes
et laïques d'une vision que seule la Peinture peut et doit
poursuivre, en continuant un combat encore une fois isolé,
retombant plus souvent dans l'oubli qu'une autre approche,
qui elle est d'ordre culturelle. Un combat qu'il faudra
poursuivre aussi par l'écriture sa scription et, son sujet parlant.
Thierry Texedre, avril 2007.

samedi 21 avril 2007

regard ordinaire 2, "la doublure" 1990





















la doublure


le vêtement
pendant
tout dépenaillé
livré
dans cet
accoutrement
l'épouvantail
échevelé
descend
aux enfers
comment
voir
un linge
éclatant
bien cintré
bien posé
tombant
droit
sans
un faux pli
le col net
sur ce
cou
long
et blême
d'une
élégante
personne
bien
odorante.

janvier 1990,
Thierry Texedre.






vendredi 20 avril 2007

regard ordinaire 1, "avide d'être" 1989





















Un petit tour flash dans le temps, des
années 1989 - 1990, où l'écriture prenait
un tour figuratif, images immédiatement
reconnaissables, lecture au plus près du
lecteur-locuteur. Les textes sont illustrés
des dessins d'enfants de Laetitia Texedre.


avide d'être

derrière la vitre
c'est d'un regard
blafard qu'il tait
sa parole suave
our figer ses sens
et s'endormir
lentement
dans le silence
de la nuit profonde
que ses songes
effacent
sous la voie lactée
qui scintille
de tous ses feux
un à un
disparaissent
ses attributs
son visage coule
jusqu'à se fondre
derrière la buée
des carreaux
froids et salis
entachés de traces
humides
qu'en est-il
dans l'instant
qui suit
sa défiguration
de son regard
caverneux
et creusé
de ses mains
crispées sur le bois
de la fenêtre
comme d'un
appel
d'un dernier
souffle
avant de tomber
sur le sol
étendu
qu'il est
privé de sa voix
coupé de toute
respiration
sans promesse
à quelque
personne
d'un au-delà
dont il serait
avide.

décembre 1989,
Thierry Texedre.





Nicolas Copernic (1472 - 1543)


le savant humaniste qui a définitivement changé
notre conception du Monde en plaçant le Soleil
au centre de l'Univers

(peinture de Jan Matejko)

a quia, troisième mouvement 3 et fin.

l'horreur le déchirement orgasmique
tantôt elle tantôt plutôt lui qu'elle
elle se retire le laissant disposé et coi
de ne rien entendre au non de quoi elle
rend compte en son absence soit otage
en charge en indignité que ce corps
revêt d'errance l'air sent moins que l'être
ravage ce qui a résout n'est pas
attentif au libre arbitre amoureux
de se balancer çà et là à qui la place
sans affres sans éclaboussures sans vertige
probable a chute des corps file
le long du dépeçage des genres non-sens
absence de lois écoute impossible
sans l'image absurde qu'une mémoire
à rebours va imaginer. Il n'y a pas encore
d'impensable, c'est ainsi qu'il soit dit.

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en remerciements à Pascal Dusapin pour
tout ce qu'il m'a procuré d'avoir écouté et
entendu maintes et maintes fois son très
grand concerto pour piano et orchestre

à quia

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mercredi 18 avril 2007

Ravissement, 2002 Kiki Smith


Ecrire le corps.
"Je pense que j'ai choisi le
corps comme sujet, pas
consciemment, mais parce
que c'est de cette forme
que tout part, il est quelque
chose avec lequel tout le
monde a sa propre
expérience authentique"
1990, Kiki Smith.

a quia, troisième mouvement 2

sans quoi quelle est cette dérive
vive vivante vivace violente
qui tente de rompre ce silence
qui encense le son audible
d'y être écouté entendu lu
par l'image qui peut l'être
parce qu'elle compte qu'elle fait
abstraction de son cadre
à tirer le tout autour de l'image
l'être s'indigne et sursaute
avantage de l'âge l'humain
que l'histoire n'en finit pas
d'éradiquer au pied de la lettre
être par la parole et qui écrit
de l'écriture pour entendre
parler de la parole qu'elle opère
par elle interposée elle pour taire
le seul socle qui puisse croire
lui le corps dénaturé sexué
irradié autour de son cône
qui va balancé entrant sortant
tant qu'il en a le pouvoir
de rentrer en elle à deux d'emblée
entendu qu'une probable jouissance
entraverait de penser les corps vides
les corps investis lui elle
celle qui est une autre possédée à quoi
du corps opposé de ne pas l'avoir
mais de l'être de cet être qui pense
un seul coup un seul corps suite saute
pour s'écarter de la source de
son passage qui va tenter de se mouvoir
son seul espoir est l'être s'accrocher
monter au plus près de sa tentative
de possession de passion respiration qui
entend le coeur battre plus vite s'arrête
attentat de l'être sur son corps d'écriture
attente qu'une chose vienne interdire
ce qui dure longtemps au son du sens
des sensations désespoir de la mémoire
expertise du jet opératoire de la reproduction
bipède verticalité oblige que dans chasse
impulse de penser les deux scènes
sans attendre un instant l'infeste
nommé va prendre son corps à son coup
pour lui faire subir d'un rire avili

lundi 16 avril 2007

les grande Baigneuses 1894 - 1905 Paul Cézanne 127 x 196 cm















"J'ai un grand atelier* à la campagne. J'y


suis mieux qu'en ville. J'ai réalisé quelques


progrès. Pourquoi si tard et péniblement?"


Lettre à Ambroise Vollard, Aix, le 9 janvier 1903.


* L'atelier des Lauves.

à quia, troisième mouvement 1

comme si ça ne suffisait pas
de traduire ce que sa silhouette a
de compassion à l'égard de sa
longue agonie dans sa dérision
sa dérive sa découverte le long
d'elle-même de sa lenteur
irréelle de sa violation par peur
des règles par peur de ses
débordements où règne le passé
en tyran attaché à jamais
à son ultime injustice après
cela seulement elle rit de lire
entre les lignes de détrousser un dire
qui entre par tous les bouts et les pores
de son être affecté au bord
des larmes devant tant d'efforts
accomplir avec tous les drames à tort
qui l'ont emporté loin de la vie
elle est maintenant en partie
défaite elle est absente elle disparaît
de l'avis de tous la mémoire reste
le seul espoir de ne jamais
disparaître totalement de fait
c'est avéré c'est arrivé c'est tout
sans rompre avec cette suite sous
des airs insolets elle tremble
en apparence seulement et ensemble
avec lui ils ne font qu'usurper
ce qu'un corps a appelé
sujet osé figuré
tant et tande fois
soustrait au monde à l'empire
levant à l'est au rire
vulgarité de l'ouest
impérialisme des protestations,
du son qui monte à nouveau!
qui sonne l'amorce u statut,
sur l'ordre annoncé, l'ordre intime...
du jeu comme signe clos!
attendu que des corps règnent
en vainqueur sur le monde
infini des signifiés invoqués!!
les êtres en apparence vont longer
l'espace qu'il leur a désigné...
cela comme chute de chacun;
un peu ce qu'elle a d'irréel.