mercredi 24 août 2016

Jugement







































Rives réservées
au risque du rite
en osmose suaire
potentiel de la vie
contre l'être mort
du risque encouru
par le temps vite
visité partout torse
en pieds et mesure
du tour en surface
terre foulée goutte
sur l'étendue vierge
par quelle rencontre
regard dressé drame
liquoreux du cri
lancé au monde
en contre rentré
par la bouche béate
de s'entendre dire
un monde nommé
en mer sans fond
le poison lèche
la peau en danse
transe du dire
qui monte à temps
tempête à passer
son temps à réciter
dans quelle cité
voit-on le sang
monter sur les corps
couchés sur le sol
que voit-on de loin
ou de près sur quel
horizon zéphir
au zénith du pouvoir
d'exulter du sang
versé par la guerre
des mots monstres
entrain de sortir
de ces rêves opaques
passerelles ondulantes
oiseau de mauvaise
augure qui pique
à vif sur les plaies
baisées de nos dieux
encore idylliques
en corps phalliques.


Thierry Texedre, le 24 août 2016.







mardi 23 août 2016

Paroles en sauts du corps intraduisible





Paroles en sauts du corps intraduisible

… On entre dans ce risque d'oublier, pour commenter l'absence de voix, pour esquiver ce manque d'entendement de la parole à se risquer hors du sens. Vitesse oblige du rassemblement des choses qui indisposent le regard promis à une rencontre avec ce regard déplacé et invalide... Le risque d'essoufflement de ce sujet interpellé dans la chaleur insupportable du corps surdimensionné, le risque de montrer un récit sur l'étreinte monstrueuse avec l'existentielle profusion du vivant, la peur d'exprimer autrement que par des mots l'emprise de la chair sur la surdité du réel face au vrai ; voilà le parcours inapproprié de l'être depuis cette cavité-caverne qu'est le corps pensant... Mots sans cessation, sans début ni fin, pour montrer que le corps rencontre l'être quand la chair se met à jouir pour penser ses sens... Petit déplacement dans la mesure qu'un texte peint ne peut être dit qu'à montrer ce sens dont on touche désormais l'intelligence à trop voir, voir jusqu'à cette visitation du nouveau monde, inventé pour continuer à jouir, jeter le discrédit sur cette parole du lieu de la subjectivité monothéiste...


Thierry Texedre, le 23 août 2016.




L'escamoteur - Jérôme Bosch v. 1475-1505






lundi 22 août 2016

Autoportrait



… Schisme virtuel d'une commémoration, continuum ininterrompu de la frayeur qui monte dans l'esprit ulcéré. Cours des choses qui monte au plus haut de la tempête insoumise, pour faire part de ce paradis perdu. Paradis du temps de la peinture encore évincée par l'exposition de l’œil qui invente à regarder à distance ; exposition par les forceps de ces tableaux en réminiscence, au format, à l'huile, chair de la chair occultée. Le risque de la parole serait celui que prend la musique à être, au centre du corps jouisseur ; cadavérique conclusion que ce corps sourd va opérer à trop mettre de la vue dans cette sortie de l'être, sorte d'affaissement du vrai dans l'intentionnelle résolution de l'enterrement du corps, de son éternité absoute par l'immortalité de la lettre qui regarde ce qui pense le corps. Séparation vulnérable de la lecture et de sa mise en jachère par la peinture qui pense son sujet ; à trop s'emparer du corps dans la beauté d'un clivage de son volume. Corps chantant, corps couvert par l'art d'escamoter le temps, pour visiter alors l'exacte consternation face au regard indiscret du reflet, du même, depuis ce sommeil invitant le dessin, charogne en composition dans la parole qui s'initie au ventre du peint. Sous la constellation de ces paroles dites en chevauchant la peinture, le récit s'essouffle, se consacre, se décide, s'exclue du corps pour fusionner dans cette musique qui enfle, enfile, chauffe, charrie des onomatopées, manques, coupes, caricatures, en mettant sur pause cette syntaxe désuète et hypocondriaque. Si le vertige s'empare du texte, c'est pour mieux puiser dans cette mémoire à-rebours ; pour la montrer en vie de la chair vers l'esprit via le jeu infini de ce jouir interdit...




Thierry Texedre, le 22 août 2016.






dimanche 21 août 2016

Le clapotis au-delà duquel tombe la nuit






Le clapotis au-delà duquel tombe la nuit

Soustraite à la suture
la vie ventre à terre
s'enfonce dans le col
utérin envers du décor
causé par ce vide glané
au travers du galvanisé
sang froid de la chair
putréfiée par le chaud
départ du tremblement
orchestral de la voix
caricature de la vie en
plainte étreinte pourquoi
pas entre les bras de
la tentative d'extraction
du dedans par la parole
biomorphique à trop
en dire de la mort oubliée
vociférations du temps
qui en sourdine se traîne
et s'évanouit dans les bras
du corps décharné et sec
vidé de sa substance ulcéré
et remonté contre le mal
qui l'envoie dans l'ombilic
des limbes avant de vivre
pour l'éternité l'âme en paix
sur le nuage vulgaire
des lois proclamées des
livres ouverts en saintes
écritures depuis l'aune
des temps immémoriaux.

Thierry Texedre, le 21 août 2016.








vendredi 19 août 2016

Mère







Mère

« Mère très chère, que vois-tu d'une vie qui montre l'exactitude ou ses désillusions par les ans passés, et aussi un futur improvisé ; et cette autre invitation à aimer le temps précieux, le temps présent ? Par quelle déconvenue te réserves-tu la joie devant des naissances, les créations d'un corps qui dissout toute vérité, pour te laisser toucher le monde l'éveil et l'immanence d'un lieu, d'un lien indéfectible avec la vie. Mère très chère qui monte aux cieux par l'étreinte qui nous lie pour l'éternité, sans cessation d'aucune sorte, par delà toutes les faiblesse ici-bas, je te prie comme gloire, par tous les présages et des glissements vers les fonds sans fin de l'enfer, je te prie. Autour de ta joie je chante ton amour, si le temps présent me l'inflige. Par quelles âmes le sort s'évertue à me coucher à tes côtés, par l'immaculé, par le chant de ces anges venus m'absoudre des mots inquisiteurs à ton encontre ; à quel âge te vois-je à mes pieds me priant d'aimer le temps futur qui jaillira peut-être en congrégation de nos âmes réunies ? Je prie ta divine présence à mes côtés, par la même mémoire qui nous a engendré. Alors je te prie de bien vouloir m'aimer aussi longtemps que le temps ressuscitera. »



Thierry Texedre, le 19 août 2016.







mercredi 17 août 2016

Jazz



Chamade chargée du temps tendu, les cordes coudées contre le jeu d'une guitare. Le synthétiseur pleure des notes arides dans l'aigu. Haute voltige, jusqu'au sens imprévu d'une réplique en fusion du souffle. Là, sous les hospices de l'improvisation, retombe l'explosive densité du tam-tam des percussions ; juste juxtaposition au tremblement révulsé du saxo qui sourdement commente puis contient la trame instrumentale. Tout touche au sublime, en transe, depuis la trachée crachée, pour lancer et faire jaillir les couleurs en musique...



Thierry Texedre, le 17 août 2016.



 

mardi 16 août 2016

L'éveil vertueux











L'éveil vertueux

Dans l'expansion évasive
du retournement de la vie
en musique voilà le recours
tant attendu du défilement
sujette à la chair blême et
corps dissout dans l'abîme
vulnérable attentat force
des sons que monte l'air
incendiaire l'air insoumis
qui coule la chair ouverte
chant du soulèvement
vers d'autres territoires
australes vertige du long
corps en effervescence
corps qui monte les bras
occultés par l'infatigable
effraction du ventre trop
redondant pour nourrir
la bonne marche debout
s'en suit l'accouchement
douloureux des mots
dans une inconvenante
tempête trop précoce
pour faire crier la voix
pressée de faire sortir
l'incident de la démesure
et de l'irrecevable mot
prêt à rendre sourd
la plus têtue des notes
le plus obtus des sons
pour pourvoir au train
train de la vie vite vouée
à l'éternité par les heures
et les jours jusqu'au bout
en se jouant des mots.


Thierry Texedre, le 16 août 2016.