vendredi 10 juillet 2009

Trauma

Suite sur la conduction en alternance
de deux axes transparents croisée de
deux corps double régime don et arrêt
sur image forclusion et reproduction
corps en pensée et corps en chair vision
risque d'une charge émotionnelle quand
ce corps vient à croiser cette pensée idée
du choc que pourrait faire l'infraction à
l'anéantissement de la vie par la masse
monstrueuse de l'extrapolation d'une
telle fonction forcée forçage naissance
de l'architectonique blasphématoire de
la vie virée du socle vibratoire en ouïe
entendement lointain du geste pensée
geste plutôt que cogitation geste planté
là comme pour endosser la loi qui fera
ce socle base nom de la légitime socialité
du genre humain qui sort à peine de ses
balbutiements lèvres gercées par le froid
endémique d'une attraction terrestre et
son contraire l'élévation sonnée soudaine
sommation de la parole en acte acte premier
qui est la frange de toute lisibilité de toute
vision risque d'entendre au lieu de faire
glisser les corps les uns contre les autres
frôlement ininterrompu qui est la cause
de l'invention de la vérité bien avant la
première apparition de l'un en religions
éparpillement du pouvoir d'exister à
l'infini pour atteindre l'emphatique mort
étirée pour toucher cet autre risque vrai
parce qu'il apparaîtra à un moment où la
vie tourne au risque rature mal massacre
images apparues pour supporter cette
fiction des corps atomisés sans retour
vers l'immersion colorée de ces peintres
expressionnistes abstraits forts d'approcher
la cause de cette parole devenue laïque
pour conjurer l'espace qui s'offre l'esprit
en nourriture culture comme grain peau
passage du sensible au divin du commun
au spirituel du vrai à la reconnaissance.

lundi 15 juin 2009

Dans les plis de l'immortalité




















Ciel, peinture de Patrick Delorme



Apocryphe de la terre sous un régime
hautement gangrené par les heurts les
déformations figurales du corps pourri
dépaysé par l'excommunication de la
femme frasques entre l'enterrement et
l'origine vasculaire des dessous en peau
peu de chance que ça cesse l'homme va
en ligne creuser la langue qui raconte
sa chair sa létale chair polyphonique
par chance ou peut-être par pur amnésie
dans sa plus moderne mutilation de son
corps sens du règne animal couvert du
sang de la projection projet de mise à
plat du corps défait en biffures rayures
osmose de la pensée qui va arc-bouter
et plier sa terrible intériorité jusqu'à
l'objet sa dernière effraction avant la
mort nature soulevée à cause de l'excès
avec son immatérielle tentation d'aimer
voilà que se soulève ce rien menu et
en parlant change le cap de cette pensée
en division dommage de la séparation
millénaire cellulaire fliqué par l'oraison
funéraire de la divinité corpusculaire
sciences de l'inexactitude démembrée
dérive au large des eaux en otage en
profondeurs sombres et opaques nuées
sans fond ni forclusion sans fin ni paix
l'ombre humaine seule va compter le
temps qui lui reste avant l'aveuglement
kaléidoscope incessant sur l'oeil rétine
dilatée déchaussée de sa gaine sortie
en croyance blanc en somme colorées
pour sortir du lieu métaphorique de la
langue et tendre vers une soudaine
transfiguration une multitude de jets
en murmure en attraction des sens en
vrai vérité insoutenable de l'apocalypse
de l'image imaginée pour montrer à
l'homme que sur ses aires il invente à
profusion l'objet de son désir dépense
transposée en jouissance en immortalité.

samedi 9 mai 2009

Sous le signe du corps I




photo de la série "portrait intime"
de Estelle Conus



Sous ces tractations insidieuses, ce corps s'éprend du très improbable soulagement, ce souci d'extirper rien à la syntaxe. De quelle exhortation s'agit -il? Sinon de celles plurielles des cris entonnés par une remontée. Une remontée de ce fond intertextuel. Texte soudé à la chair par laquelle vient se soulever la souffrance. Survenue de cette rigueur, souffrance intérieure liée, ligaturée au risque de penser plus. plutôt que prévus, plus absorbé que jamais, cette ode n'est joyeuse qu'à faire souffrance, de celle qui est infranchissable. L'infranchissable réaction de la souffrance qui sort du corps déposé, en repos, en replis, en jonction avec le sens du son haleté. Tour de passe-passe pour avoir tiré parti du pire, ce corps va devoir aligner et sa chair et sa biologie. Troublé par ce site physiologique, l'homme s'éprend de sa surface, pour oublier son architecture. Os pris dans ses cartilages rivés pour tenir son squelette, toute force dehors, ce jeu des cordes passe pour une figure, celle d'un corps entier. Pour penser sa chair, ce corps en os ose sa fragmentation, son état est celui somatique, puis cognitif. courte illusion qui le retourne en images tabulaires, lois intemporelles du soulèvement de ce corps; de son enroulement en un redressement proche de la verticalité dramatique, soumission à la loi de la pesanteur. Réaction du rôle infectieux de la parole qui tire sur tout ce qui devient structurel. Trauma du corps cavité en os, duquel tout semble converger. Structure portée à son paroxysme dans le cri: position parallèle qui souligne combien l'axe os/cri fait trembler la parole pour qu'elle en vienne à sortir de ce fond en chair et en os du dit corps pensant. De n'être pensant qu'à oser recouvrir l'os de cette chair qu'à le rediriger sous la forme représentée du corps socialisé. Ce corps en pousse de chair n'est être qu'à penser sa chair sous l'invalidité de cet os, état d'apesanteur découvert par un reliquat (acter) de cogitation. Tout tourne donc autour de cette nuance entre action et variation. Le corps n'est donc pas ce corps décrit comme tel, entier et en image. Mais partiellement il s'écrit, et se décrit, pour se dire; passant du signe à la signifiance, retournement temporel d'une masse qui devient réelle sous l'impulsion de sa chair. Ça devient le moteur d'un corps en mouvement, mais par ce mouvement va perdre tout sens de sa véritable existence: celle d'une ossification, d'une cassure entre vrai et vérité (celle humaine). L'incandescence de la langue, langue du sujet parlant est le dernier lien qui manque à tout corps inerte, masse touchée par le fractionnement verbal de l'homme. Les arts ont longtemps opérer ce renversement de la matière inerte en une paupérisation collective usurpatrice du corps via l'intellection. Peut-être était-ce le seul moyen tangible pour équilibrer l'affect et cette masse/corps, pour petit à petit quitter ce risque théologique, puis celui spirituel et virtuel.

jeudi 7 mai 2009

Voyage


En Chine à Lo Yang, 1974 Gérard Fromanger



Voyage loin du clair-obscur
là où le songe prend place
direction vers cette mer saoule
de trop boire en collage en
vérité pensive variation sur
une lente traversée immersion
dans l'atome crochu courir
en continu vers ce pôle lumineux
d'une lumière irradiée à cause
de la lenteur de l'homme à cran
s'empressant d'en finir avec
l'insolation vertébrale qui le
tire vers le bas bassesse brandie
à trop insister sur l'air allègrement
entouré de fractions d'effractions
de risques de se mouvoir à causer
sur les risques du trop plein
d'images retour à la fugue à
sa grande descente entre les mains
de cette mort mort du risque
d'être éthéré risque d'absolu
quand la vie est plus loin dans
l'inaccessibilité de la pulsion
de mort maternité oblige à trop
insister sur les risques d'un voyage
dans cette autre aire ailes du désir
d'élévation lentement puis violent
viol du risque d'aborder les
rives d'une petite musique tendue
violons qui glissent sous l'archer.

L'arbre envie l'oeil

collage sur la 8ème
symphonie de
Christophe Penderesky


Que cet oeil soit maudit
mort de l'oeil en coin
malaise du corps plus
tenté par l'extrémité du
désir quand l'oeil saute
quand l'oeil s'émerveille
se lève pour ouvrir la
page blanche de son
extension de sa tension
de sa tentation rivé sur
ce lointain rivage visite
hystérique de la pression
de la veine qui enfle pour
esquisser un semblant de
dessin plutôt un dessein
irisé de cils pour mieux
appréhender l'image folie
du cil de ce battement
cardiaque outrancier foutu
qu'est-ce qui pousse au
beau sinon l'extrême peur
résistance à la loi le beau
n'est pas une circonscription
où aucune sortie possible
n'a lieu mais une sortie de
cet enroulement vers lequel
tout corps de vision tend
la vie se déroule en beauté
et le beau est une pause
entre cet enroulement et
le déroulement continu de
la vie le beau est une fiction
opposée au mal le beau
est un grattage celui de la
peau qui gagne à être chair
la chair est intérieure pas
objet du désir l'erreur de la
psychanalyse a été de faire
croire que cet intérieur
n'était recevable qu'à la
seule condition d'avoir été
oublié la beauté n'est pas un
oubli compulsé convulsé
là est le contour de l'oeil
pour voir ce couac intérieur
qui vous pousse qui hausse
qui glousse pêle mêle dans
son temps tempête du corps
couché sous les yeux regard
habité habillé de l'homme
en chants en tête le songe
d'une nuit intériorité qui
suit des chants inondant
l'attention portée à son
paroxysme séisme du corps
pris dans l'oeil du cyclone
l'oeil qui n'en finit pas de
cligner dans le grondement
orchestral de la symphonie
du corps époumoné et gonflé.

jeudi 30 avril 2009

D'un rayonnement

collage sur la Sonate pour violon
et piano Op. 134 de Dimitri Shostakovitch



Le seul recours au risque
de la folie
n'est-il pas celui d'user
les codes
en agitation du corps nu
irruption
du nu dans l'énoncé autant
que l'arrimage somatique
enterrement
de l'esprit d'initiation pour
se fondre
se rompre
aux irrespectueuses inondations
de la suave
sensualité
du corps caverne
du corps touché
feinte théologique de l'image
double
en un
en deuil de l'atténuation ravage
en tête
en queue
en con
connotation qui va siffler aux
oreilles
desquelles vient l'irrationnel
monstruosité du verbe fait chair
pour s'ouvrir
pour ouïr
un court moment à pleine tentation
apparition de l'intellection pour dire
du dire cri
du cri effluve
effusion de sang
sans cesse martelé pour changer
l'image en vraisemblance en vérité
d'un dire circonscrit circoncision
vénérable pour socialement être
être sans corps polylogie des voix
voies sans issues sans dessus dessous
germination qui tombe d'en haut
haut bas sexe en haut bas du haut
tête en bas du haut sexué en reste en
rien risque d'altération du haut vers
son fou
frusques
vêtu pour astreindre l'oeil à vibrer
à visiter l'étirement du corps étiré
dans ses
rayons incandescents.

jeudi 23 avril 2009

En matériau

Rose pourpre virant au sombre presque noir
à n'y voir que du rouge virant au vert par la
superposition du son et de la vue rien qu'au
risque d'altérer la fusion en rond en mare en
stagnation coupure du courant descendant
de la transparence par la vitesse fonction par
ce va-et-vient éruptif choc de l'eau vive entre
les chocs en pierres roulées usées martellement
vivant du dehors son indiscutable de la trempe
des corps inertes objets soumis à l'excavation
le tirant vers le lissage le plat du sol en sons
des sons articulés pour être entendus pas sans
la vibrante autonomie de l'entendu durcissement
du temps en forme en usuel un matériau pensé.