mercredi 21 novembre 2018

Bach











Ensemble

Achille Devéria (1800-1857)
peintre illustrateur et graveur français
les illustrations des "curiosa"











Ensemble

Plongeant dans cette suave douleur du temps oppressé, voilà le jour qui s’avance, tel un précipice une impossible résurrection amoureuse. Tremblant au plus profond de cet être inanimé, ce cœur meurtri vient suinter, coupant au plus court ce temps, cette satanée saturation de la foi. Non que cette croyance soit celle religieuse, mais plutôt redirigée sur la chair, l’odorante chair de l’autre aimée. D’un risque de passer outre, de dépasser ces impuissantes réactions qui vous paralysent, ou de verbaliser ce léger consentement, n’est-ce pas là une redondance qui fait faillir la parole par la folle certitude du partage. Voilà bien ce qui frôle l’instinct au plus près, pour éviter, évincer ce tremblement devant l’être cher, devant l’autre qui vous fait perdre toute constance, tout atermoiement toute plainte; le risque de comprendre est plus grand devant cette foi qui relève ce corps meurtri. Pulsions du désir, cette vérité du corps qui fait tomber les masques, arrêt sur image, les deux êtres se regardent dans un vide sidéral, l’espace d’un éclair, les yeux humides, l’attente devient alors intolérable. Une blessure qui s’entend comme d’une compromission, et de doux attouchements font face au regard de la pénétration. Le mystère n’en demeure pas moins inviolé.


Thierry Texedre, le 21 novembre 2018.  


Schnittke - Piano Quartet in A Minor






samedi 3 novembre 2018

Avec ou sans

Neal Fox (1981-)











                         Avec ou sans

Atténué vers ces ligatures infâmes
qui pleurent le temps désarticulé
outré ce sursaut du corps trop nu
défigurant la peau jusqu’au risque
de la démesure du sexe concis
courtisant ce derme démoniaque
un peu trop longtemps et jouir
le gland grossi par l’œil convoité
d’une image immaculée et porno
porc insatiable qui fronce les plis
nauséeux puisant le voluptueux
du bas du ventre jusqu’à l’extase
les jambes repliées sous le lit
le lit chargé d’une irrespirable
contention les draps froissés
sous les fesses insidieuses
et rougies par les frottements
aussi l’interdit l’Infini de
l’effroi c’est la chair qui jubile
à mesure que monte la liqueur
la séminale jouissance sortie
ma main Claudine se balance.


Thierry Texedre, le 3 novembre 2018.









jeudi 1 novembre 2018

Contemplation

Karel Appel, danseurs du désert, 1954















Contemplation

Comment défaire le rejet
du tronc commun le sujet
de la perte la peste publique
le rejet voulu du traitement
de la parole comme idée
idée d’un sens commun
livré à l’altérité du corps
encore raturé de la vision
qu’une connaissance lit
en musiquant un corps
contraint à rencontrer
l’illisibilité de la parole
parler dans l’exaltation
d’un désert la faire danser.


Thierry Texedre, le 1 novembre 2018.










lundi 29 octobre 2018

L'antérire

Yue Minjun (1962-)
sans titre, 1994

























L’antérire

Du bord dénaturé la face cachée
plus jamais le rire n’aura de dilution
détermination sur le regard de voir
l’illimité l’éternité l’étirement
de l’indécence qui prend l’air
du temps le temps de l’oppression
le temps de l’introduction
de s’introduire dans l’irréel
la lumière qui tombe sur la chair
le schisme du circuit mental
montré dans la polémique
qui force la chair à s’évider
se creuser pour nourrir l’esprit
l’esprit caricature et rire
de la compromission assise
sur les braises de la guerre
qui vous tombe dessus
sur quelques paroles en l’air
l’air de rien la raideur du sexe
en trop de sa polémique rituel
tombé du temps présenté
au spectacle la giration
qui tourne court à cause
de cette ingénue le duel
holistique du double indistinct
parties qui concourent au même
dans la différence et l’inadéquat
glissements dans l’insoutenable
l’insensé d’un pensé de la dépense
Un rire sous les habits vertueux
de la peau jubilation
peau traînée peau gainée
laissée pour compte sur
les braises de l’amour
insignifiant d’un départ
pour l’autre rive quelle rivière !


Thierry Texedre, le 29 octobre 2018.










vendredi 26 octobre 2018

Les sexes sirupeux

                                                  Pablo Picasso, Dora et le Minotaure, 1936















Les sexes sirupeux

Poussé par les regards
convulsés de l’amour
toute étreinte sans retenue
l’orifice ébahi s’envole
l’indécente contagion
vers d’autres sphères
d’une affaire sans foi
c’est par la nudité
l’immersion dans la fente
cadencée le retrait du désir
qui en implore au droit
le montrant du doigt
contre ces sussions
vertigineuses à l’envers
l’être renversé par ces jeux
ces caresses du con au pli
de la verge redressée
en mille sucs à venir
des délices sur la vulve
humide à cette heure
quelle grandeur que ce
lent plaisir qui entre mots
indiscrets et attouchements
se mêlent dans la disgrâce
sur la peau vertigineuse
l’écartement des corps
hybrides vont pisser
sur l’air du temps
les sexes insoumis
sortent un après-midi
poussés par l’envie
l’extrême étirement
de leurs abus enflammés
jusqu’au petit matin
les draps froissés
sont jetés par dessus
cette frivolité l’errance
le sommeil le resserrement
des chairs sur l’amant.


Thierry Texedre, le 26 octobre 2018.







lundi 24 septembre 2018

Les derniers jours

Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553)
Pietà sous la croix, 1510







Les derniers jours

Juste à côté
du risque étiré
étriper la chair
pour raconter
cette terrible histoire
la folle étreinte du monde
avec l’air le soleil et l’eau
arythmie saoule de l’orgueil
étiré de la peau galvanisée
sous le soleil de Satan
sous les airs de Dieu
d’un ultime corps cavité
encore trop bu pour être
de l’être qui frôle l’arrêt
ce sont les derniers jours
d’un temps dépassé pressé
de risquer l’asphyxie
à trop en parler de ces mots
morts depuis qu’ils sombrent
par l’égalité de la parole
écriture humaine éradiquée
triturant la voix pour mieux
s’en approprier l’interdit
celui d’un corps absout
de toute infirmité
l’infernale infirmité
qui plonge la parole
dans les affres du recommencement
due ce continuel intérieur disloqué
en un palimpseste sérénissime
la divine extermination du peint
encore expiant la parole pulsion
impulsée depuis l’astre vivant
animalité poussée en cris plis
et torsion de la cavité crânienne
voilà le retour de la peinture
qui s’offre ce corps au jus
du jugement dernier
le jugement du jet
jeté en pâture aux abîmes
de la bestialité humaine
contre l’animalité retirée
de sa jouissance en terminant
par ces quelques putréfactions
ces tortionnaires qui brûlent
les voix de la raison et l’art
dans d’interminables oraisons
et danses du plaisir cinétique.



Thierry Texedre, le 24 septembre 2018.











jeudi 20 septembre 2018

Ô froideur

Youcef Korichi (1974 -)
artiste peintre français






Ô froideur

Derrière ta plaie
immensité de l’extase
commémorée dans l’amour
improvisé depuis l’origine
de ces virtualités
imaginées du dieu
impulsé du dire
expulsé depuis l’art
immolé pour exposer
l’irréel sur l’autel
du désir insupporté
désir que soulève
ce corps enveloppé
et caché dans les plis
du cri intérieur
tu diras ce que bon
te semble en restant
indifférent à la mémoire
car c’est cet air qui ronge
et frappe dans l’esprit
la tête de l’insuffisance
ce qui frappe l’esprit
de marcher tout en parlant
l’évasion encensée
de la semence.




Thierry Texedre, le 20 septembre 2018.













lundi 10 septembre 2018

L'origine en cours






L’origine en cours

« Traque du sort sortilège du macabre voile du fond intolérable du temps secoué voilà le ressac l’eau étirement des veines saccagées par les sons sorte de halo polymérisé du risque monstrueux d’initier le vol animal en filigrane retard du temps sur un sexe encore inconsidéré consistance d’un tremblement du corps ablation d’un côté sans la douleur la douleur semble imminente luminescente et inappropriée à l’arrachement de la chair un peu moins que quand il y a la terreur et le tortionnaire le lamentable coup du sort dramatique existence qui frôle l’extinction cité inhumaine du défilement des êtres supposés détenir l’existence et la procréation probable insuffisance de l’esprit face au risque de mourir avant d’en finir avec la mémoire opération de suppression impression des membres inférieurs pour ne plus avoir le droit de marcher comme on le sent ça sent le sang frais qui coule sur un air criant de la cruauté la chair chassée de l’esprit qui coupe court pour penser avant de se montrer avec la mémoire ultime détérioration de l’être cause insupportée de la douleur prostrée devant l’infini du rêve opaque entrain de forniquer avec le corps cousu de ses mots désaxés depuis l’origine le né immortel de la foutaise des sons remonter le temps la cruauté du temps prostré aux pieds de l’histoire histoire hallucinée du corps traduit au moment où les sons de l’origine disparaissent. »


Thierry Texedre, le 10 septembre 2018.

Lungu Alina Ada (1995-)
artiste peintre roumaine
« hommage à Adrian Ghenie », huile sur toile, 140 x 120 cm
Adrian Ghenie, né le 13 août 1977 à Baia Mare, est un peintre roumain.









mercredi 5 septembre 2018

Voix... Silence





Voix… Silence

Sur l’immonde rétractation
du temps voilà le retournement
l’insidieux contournement
de la roue terre immergée
depuis l’aune le recours au vice
celui de marcher la tête relevée
les bras plongeant dans les rides
d’une tentation d’expier le glissement
là est le nœud d’une innocence
de la chair face au rite
qui montre et parle
devant le grand silence
d’une sourde exactitude
celle qui pense ce silence
pour mettre les mots en voix
et la voix en simagrées
lente rétractation du corps
sur l’appesantissement
la plaie d’un silence
entrain de dépouiller
le corps de son verbe.



Thierry Texedre, le 5 septembre 2018.




dimanche 2 septembre 2018

Ô Soleil


Vermeer, La jeune fille au verre de vin (La Dame et les deux messieurs), vers 1659, huile sur toile, 78 x 68 cm



Ô Soleil

Dans la noirceur de l’ombre
quelle jérémiade s’impose
soleil montré dans sa bonté
au plus près du jour passé
soufflant par sa bonhomie
chaleur de nos âmes errantes
la force qui anime nos cœurs
depuis les plaintes immuables
qui franchissent les monts
et les vallées tu nous voles
ces austères musiques
qui subjuguent nos paroles
et dont on n’ose pleurer
la joie du fond lumineux
de ta gloire qui nous aveugle.


Thierry Texedre, le 2 septembre 2018.











vendredi 31 août 2018

Le non fini

Giorgio Griffa (1936-)

« Giorgio Griffa dit préférer souligner le rythme plutôt que la répétition du signe, car le rythme est un moyen de connaissance depuis toujours (rythme de l’agriculture, de la Lune…). Il ne cherche donc pas à enclore du temps dans la toile mais, presque au contraire, il place sa toile dans le temps.
C’est une écriture sans langage, qui ne réfère à rien d’extérieur, et pourtant parle du monde. Il y a des ponctuations, des virgules, des apostrophes, des points qui ne sont pas « finaux ». Des points qui évoquent le début ou la continuité de quelque chose mais certainement pas sa fin. Un langage qui ne fait pas récit, qui reste opaque, imperméable à toute narration. A l’opposé d’un Pollock, son geste n’est ni mystique, ni érotique, ni romantique. »












Le non fini

Qu’est-ce que c’est
la loi se retire
au profit d’un temps
possédé par l’œil
restreint l’œil étreint
loi surannée qui serine
l’oreille qui écoute
un temps qui peut
celui de l’absorption
d’un corps utérin
compilation d’un acte
commun et antérieur
au temps tautologique
qu’est-ce qui sort
quand une parole dit
sinon ce qui traverse
la chair jusqu’au cri
ulcéré et noué
les fibres d’un corps
qui sort de sa densité
pour laisser courir
une voix hors temps
une voix qui couvre
lentement la dispersion
d’un corps caverneux
le sexe non fini
d’une traversée
de la monstration
que la loi intente.


Thierry Texedre, le 31 août 2018.









mercredi 29 août 2018

La défigurale

Bernard Thomas-Roudex (1942-)
nous nous sommes tant aimés II (diptyque) 2010



La défigurale

Depuis l’origine
imposture du présent
le ton monte sur l’art
qui gangrène l’arrêt
d’un corps entier
pour montrer quelque
chose qui a à voir
avec l’innommable
convocation de l’œil
austère et défiguré
voilà bien là
ce qui frappe le corps
montré pour en finir
non avec un dieu
tranquille et immanent
mais avec un présent
improbable depuis
l’origine du dire
qui en impose
pour avoir cru
en un dieu unique
de quelle défiguration
s’agit-il sinon
d’une improvisation
de la peau sous
la passation de pouvoir
de la chair encadrée
en peinture de l’art
son format sa jubilation
son extrême fanatisme
voilà la danse
d’une chair reconnue
par la religion
et démontée étirée
en coupe et double
pour essayer de faire
passer la jouissance
par tous les recoins
de la chair luisante
pénétrant en son sein
puiser dans l’origine
du vivant en mots
du futur dévisagé
car les mots sont
le dévisagé de ce corps
qui marche vers sa chute
à cause de ces temps
décalés et doubles
voilà l'extraterritorialité
du corps en mots
qui doutent du peint
à mesure que la peinture
se montre véridique
à l’œil encerclé
par ce centre
partout montré
comme exactitude
de la parole
entrain de faire
de la monstration
sa plus belle
représentation
où sont les restes
si la marge est
circonscrite
dans l’art de déliter
la chair expulsée
du puissant paradis
de l’immanence verbale.





Thierry Texedre, le 29 août 2018.

















vendredi 24 août 2018

Tu t'es tu



T’es un têtard
et tu ris
sur la plaie
laid tu lis lettré
très ténu
nu comme
un verre en vers
renversés
ces séquences
quand ça commence
ça ment immense
l’immersion
c’est la sérénade
tout tousse tout
recommence
fesses ô lit
t’es sur la lie
ligne gants graines
au vent du devant
levé du cou
en coupe
monter en croupe
écoper et écouter
c’est le ventre
de la terre en touche.



Thierry Texedre, le 23 août 2018.







mercredi 22 août 2018

Cérémonie

Paul Delvaux (1897-1994)
Venus endormie, 1944 - 1,73 x 1,99 cm






                                                                       Cérémonie

Pluie d’éros
hérétique sexe
illusion d’un œil entré
glissement sur la foi
entrée en chair
fornication chienne
en pluie en veines
mouillées par l’intérieur
ouvert au grand large
en pluie incessante
attrapée par la langue
léchant l’entre-jambe
avant d'en parler
en circonvolutions
en interdit dehors
danse en sortie
par quel chant
en cris répétés
la plaie ouverte
du temps foutre
semé en bouche
dans l’allégresse
et la joie d’aimer
comme ces verges
assises sur le ventre
de la terre insupportée
comme penser
dépense en paupières
baissées sur l’art
l’art étreint au jouir
en jeu dans l’extase
caressante des cieux
dans une marche pour
la cérémonie des dieux.




Thierry Texedre, le 22 août 2018.