mardi 7 août 2018

Le sein incertain

                                                             La vénus dite de Galgenberg



Le sein incertain

Tiraillé l'art de l'artillerie
un corps exposé transporte
ce qui le montre au figural
vers sa pulsation son être
réceptif au réel qui saute
quand l'être semble joué
coup donné au réel couché
sur la tyrannie de la chair
voilà le ressors vulgaire
de ce corps révisé en lien
avec la peau poussée au
suicide par l'antre du songe
soudain montant sur l'art
encore dégoulinant de vie
monté sur l'architectonique
tonitruante du désir innocent
du désir pourrissant de la peau
drainant ses scories jusqu'au
bout où se mêle la mort
mise à nu selon les reliques
exposées la lueur de l'art
qui commence à feindre
un commencement le début
dont on use quand on naît
en sons incertains de l'être
le sein incertain d'une vénus.


Thierry Texedre, le 7 juillet 2018.











Pulsation





Pulsation

Publique pulsation
du retournement
incertain et ultime
depuis l'horizon
malmené du temps
puisé dans l'art
interdit qui part
par l'esprit réplique
regard tourné vers
l'astéroïde oublié
l'artère qui trace
le corps de son sang
en passant des ans et
les ans à s'essouffler
ivresse de ce circuit
courtisé par l'enfant
la couche désabusée
est parti transfiguré
le regard de l'étreinte
qui lui sort à peine
de la chair en coupe
au dégoût qui goûte
au jeu jeudi matin
dire que ce jeu
passe le temps
et puise dans l'envie
de baiser le corps
abaissé au sexe
par ces orifices
qui jouissent en pleurs
saturés d'images posées
quelque chose dépasse
l'image pour l'éviter
la retourner au début
là où rien d'une l'image
n'est encore apparition
seul danse l'esprit
sans figure ni
divination.


Thierry Texedre, le 7 juillet 2018.






mardi 31 juillet 2018

Les mains dans la peinture

Laurent Proux
Pulp II, 2017
Huile sur toile
130 x 97 cm





 Les mains dans la peinture

« Seuls, dans l'espace, ces particules-éléments devant le regard, vont et viennent dans une danse ininterrompue. La matière s’entre choc et se fractionne, pour faire se toucher les éléments, et qui prennent une multitude de formes [aux couleurs inappropriées à l’œil] au cours de leur chute ; sont-elles brouillées par l'éclatement sonore du choc avec la trame (toile tendue). L'acte délibéré du peintre devant ces résidences/résistances, de ramescences dues au choc, s'adonne à un travail, défaire, déranger cette apparition/disparition en enlevant, en effaçant (choc avec la mémoire qui sait les « mains de Gargas en négatif). Voilà le regard soumis aux blancs, les mains en avant, en contre plongée pour toucher les couleurs et tenter une incision (mise en forme ou déjà quelque chose qui n'est plus originaire puisque ces mains traduisent un retour, la peinture serait-elle un retour avant d'être une disparition ?), un traitement qui cohabite et qui rivalise avec le rêve éveillé celui diurne (partie invisible et pourtant bien là, plantée dans une mise en forme qui n'a aucune fixation). »

Le geste du peintre ou les mains laissant leurs propres traces.
Mélanger les couleurs ou ôter enlever les couleurs (addictif/soustractif).
Le sommeil actif ou veille en réaction les mains en réserve sur la toile : [apparition=application/disparition]
Autre intrusion d'un effacement partiel, par une mise en écriture intrusive (Dominique Thiolat).
Un peintre découpe dans la couleur pour ne pas tremper dans cette sale affaire (Henri Matisse).
Les plis, voilà ce qui travaille l'espace d'une prise en main qui se dénoue avec les peintures de Simon Hantaï.
Outils qui prolongent la main jusqu'à provoquer sa disparition (le moteur de celle-ci).
Réminiscence dans un acte délibéré de garder la main, de ne pas perdre ce que l'érotisation catalyse de pulsions pour traduire la confusion des images dans un possible recentrage recadrage (Laurent Proux).
Peut-être l'informatique y joue-t-elle un rôle s'enjoignant ainsi le sommeil pour allié.


Thierry Texedre, le 1er août 2018






vendredi 27 juillet 2018

L'esprit escamoté

                   Louis Janmot (1814-1892), un soir (1854), peinture 114 x 144 cm, in poème de l'âme



L'esprit escamoté

Tiré par l'attrait
pour l'osmose l'anamorphose
l'esprit rend compte
d'une oppression
qui tourne son regard
vers l'intentionnalité
du corps nu
puisqu'un corps plein
serait cette insensibilité
que tente l'intellection
pour exprimer les fonctions
de l'esprit entrain de penser
l'expressivité de l'esprit
pousserait sa capacité
à construire et réaliser
une réalité pour
induire une double faille
conscient inconscient
au bord de l'idéalité
qui s'invite au paysage
désolé de la représentation
l'image balbutiante
des signes indiscrets
qu'un corps vénale
n'a de cesse d'occulter
dans la parole
comme ultime
défaillance de l'esprit
dans un dire contaminant
l'esprit est singulier
puisqu'il est escamoté
depuis ce qui le parle.


Thierry Texedre, le 27 juillet 2018.







jeudi 26 juillet 2018

Suture

                                 
                                   Pierre Molinier, autoportrait de face, assis, jambes croisées


Suture

Ça part du droit à jeter
par dessus bord la terreur
pour inonder l'esprit malin
jusqu'au cul des bas instincts
pour subjuguer la chair
de cette insomnie
qui gangrène l'art
les yeux de l'art sur
le corps inavouable
d'un troisième sexe
usant du drame pour
s'immiscer dans l'envie
de l'insoutenable existence
couple de l'immanence
des corps qui se soulèvent
jusqu'à l'autre extrémité
le lieu du mimétisme
pour identifier
le même l'exacte
le point nodale
qui sort l'amour
du visage commun
qui devient le dévers
qui se tord de douleur
dans des dires inaudibles
et la force du désir
entrant en osmose
couche avec la peau
avec le regard
le double je
de la transgression
attouchant ces caresses dehors
qui se plient lentement au baisé
il s'envole assombri
et intraduisible dans l'inconnu.


Thierry Texedre, le 26 juillet 2018.







lundi 23 juillet 2018

Rêverie 2

Tang Jih Fong (1969-)

































Rêverie 

Retour sur effraction
du trou tuméfié
trou torturé
trou béant
tordu de l'arbre tondu
pieds jambes et cuisses
écartées pour aller chercher
l'humidité profond
dans l'utérus de la sève
sciée par la douleur
l’œil en coin
couturé qui va saigner
l'extinction de la nuit
le noir des ombres
disjointes partout
sur la peau épaissie
apaisée et éclairée
par ces cheveux dorés
qui balbutient
aux renflements du vent.


Thierry Texedre, le 23 juillet 2018.










mercredi 11 juillet 2018

Le paysage cérébral

                                                          Micheline Lo (1930-2003)




Le paysage cérébral

Traces insurmontables
de la dérive crânienne
tyrannique et exorbitée
au seuil de l'atermoiement
volontaire due à la mort
expiation d'une impossible
résurrection du corps
trempé dans l'immanence
du temps de la possession
ce crâne cassé aux pieds
du pire démantèlement
voilà le paysage de l’orgueil
qui s'offre aux parias du bien
pire effraction que de manquer
la mémoire de ces trois temps
insatiables et amoindris
amaigris par la peur
d'être de l'ouverture
à la fermeture du haut
de sa transparente vue
qui se retourne d'un coup
pour voir ce défilé
ce rétrécissement de la vie
martelé du crâne
qui commence à écouter
ce que la mémoire
absoute n'a plus entendu
depuis cette naissance
cette sortie du coin
enfermée qu'elle croit
voilà la mémoire
qui marche à rebours
pour faire ce paysage
de l'infiniment rien
dont on se dope
à force de vivre
au plus près de l'esprit.


Thierry Texedre, le 11 juillet 2018.









jeudi 5 juillet 2018

Pénétration

                                                                Berlinde De Bruyckere
                                                              plasticienne belge (1964-)


Pénétration

De ces pleurs apocryphes
se soulève un éruptif
mot montant hiéroglyphe
pour l'esprit logogriphe
l'envers ô décor l'auditif
l'onde portée c'est l’orbe intrusif
l'ombre le fantôme chétif
se montrant aux songes actifs
d'un corps ultime glyphe
d'un tel coup de canif
dans la chair la parole le jouissif
pardonne l'émotion cet enfer naïf.


Thierry Texedre, le 5 juillet 2018.












mercredi 4 juillet 2018

Le viol

Jan Matsys (1509-1575)
peintre flamand
Tarquin et Lucrèce
16e siècle, 72,8 x 89,5 cm
peinture à l'huile sur bois
.




































Le viol

La raison sereine
en séquences aliène
la parole qui mène
la farandole dans l'arène
dans le cirque endogène
du corps anxiogène
relique de la scène
les frasques de la peine
un viol incessant qui se promène
dans les replis du drame de l'oxygène
de manquer ce souffle schizophrène
à cause de cette raison gangrène
invitée à plier la parole en halène
réclusion de la poésie qui gène
les mots maudits et les sirènes
s'en vont jeter leur hymen
au paradis de l’obscène.


Thierry Texedre, le 4 juillet 2018.









mercredi 27 juin 2018

Prosternation




Couple invertébré
du défilement
dire que ça défile
au plus près du fond
imposture du dehors
qui frôle l'asphyxie
depuis qu'on a vu
naître ce dedans
cet encombrant
ce mécréant
de la démesure
qu'un temps de l'âme
n'aura de cesse d'exulter
pour en finir avec ce croire
qui monte du dedans
en lieu et place
de l'inoculé la croyance
en un dieu du pouvoir de la parole
l'action qui sort cette musique
le sort de ce commun
la polémique que penser produit
du commun pour faire taire
ce qui pense le nom de Dieu
par cette production
d'un temps de la détention
détenir cette mémoire
la forclusion de l'âme
l'absurdité d'un absolu
des contraires renvoyés au couple
du couple qui reproduit
sans cesse ce dedans
qui ment à cause du même
le même qui se fourre son fou
pour avoir tenté de rester
impensé l'insensé
l'immolé de la peau
possédé du tronc
qui danse autour
de l'envie
l'infini fulminant.
Thierry Texedre, le 27 juin 2018.




                                                        peinture de Wissem Ben Hassine










vendredi 22 juin 2018

Illusions


                                                       Viktor Oliva - le buveur d'absinthe, 1901




























Illusions

Pourchassant les démons
de l'occulte peinture
effrayée aussi
l'ultime résolution
de l'esprit
marche vers sa gloire
habité par d'impossibles
extractions
et édenté et étriqué
et transfiguré
par les songes
ceux qui illusionnent
la grande muse
la musique intérieure
elle elle cogne et frappe
les tripes asservies
du temps possédé
voilà l'extraction l'utérus
du laid caché sous les jupes
émanées du retour
à la fesse givrée
d'un coup sec et relevé
par ce drame jet
jeté en pâture aux bêtes
chair à canon de la vérole
volant au secours de la plaie
cul-terreux plaie
de l’œil astreint au
risque d'un redressement
d'une érection
plantée là ô illusion
fractionnée de la belle
aurore boréale
qui danse à même l'esprit
je me perds dans la disgrâce
du récit improbable
depuis une belle peinture
traversée de toutes parts
hélas mes bras tendus
tels des implorations
au Christ mort.

Thierry Texedre, le 22 juin 2018.








lundi 18 juin 2018

Surdité du temps




peinture de Justin Mortimer
"café au lait", 1997
































Surdité du temps

La seule expulsion
qui vaille de la sordide
exaltation des mots
en phrases et déploiements
phases de l'inconscience
qui touche au temps
du multiple démembré
voilà le recours sourd
de ce temps pluriel
partout où s'énoncent
les exactions d'un corps
encore trop improvisé
par la langue parlée
quantifiée sur cette chair
subite du damné réel
absorbé par la feinte
sorte de fente
qui inonde la peinture
anthropophage
le regard à découvert
la bouche grande ouverte
pour passer du bon temps
avec les mots martelés
dans l'atmosphère
d'une éternité sautée
la chasse contre ce corps
arrivé corps posé
tel une auréole
la tache immaculée
d'un verdict proscrit
de la prostitution du corps
induit du basculement
vers la langue décollée
récits abusés et jetés
au pilori de la veine vérité
vertige d'un vestige du passé
passé de cette mémoire
dont on peut à peine réciter
les abominations.


Thierry Texedre, le 18 juin 2018.





vendredi 15 juin 2018

L'improbable

                                           
                                                 Patrick Devreux (1949-) " Un après-midi, l'été"






























L'improbable

L'extérieur la surdité
du ventre rétréci par
l'isolement de l'enfant
couché sur le lit l'enfer
la pose primordiale
d'un repli retiré du pli
le sédiment du temps
sédentaire qui suffoque
souffre en silence
pour ne pas entrer
dans cette quiétude
l'extrême improbable
du temps poussé dehors
les draps du tremblement
involontaire qui joue
en glissant dans l'ombre
de ces grisés qui changent
à mesure que l'étreinte
et l'ivresse du sommeil
s'imposent aux regrets
du dehors par la fenêtre
par quelle intermittence
quels défilements de
ces songes qui flottent
au milieu de la chambre
de ces doux rêves qu'un
jour peut-être j'accuse
qu'ils eussent été interdits.


Thierry Texedre, le 15 juin 2018.














samedi 2 juin 2018

Le lit

                                              Peinture de Oda Jaune, "big bed scène, 2015"



Le lit

Le lit livré au lieu
lentement sourdement
s'enfonce étiré et chaud
dans l'extatique queue
et le saint des saints vagin
vite entouré de ses plaies
enfantement du tronc
tohu-bohu du claquement
vertébral qui frôle
l'enterrement de la vie
du sexe opposé
osé l'usurpé ôté
du ventre de la mère
pour occuper la chair
la dévorer la faire naître
en double doute
du dedans dépecé
le temps dépassé du né
vient montrer la foi
carnassière de l'esprit
en rémission sur le corps
corps soliloque corps
encore à revoir par l'art
du traitement en sang
l'esprit finira par s'en remettre
à moins qu'il ne passe son chemin
à moins qu'un corps soudain
vienne changer la donne
montrer une autre oraison
un chemin loin de la raison.


Thierry Texedre, le 2 juin 2018.








lundi 28 mai 2018

Flottements


Michael Kiuvms (1955-) peintre danois




Flottements

Sur la plaie infestée
par le monde incrédule
le drame du corps s'offre
aux rivières de la chair
partout où tombe l'éternité
sur la peau pensée
celle de la déformation
la défloration du sexe nu
figure du drame le visible
du drame qui suture la plaie
le tintamarre d'un viol
de la chair entravée
du travers de l'expulsion du beau.


Thierry Texedre, le 28 mai 2018.








dimanche 27 mai 2018

De la surdité au verbe

                                                     François Bresson peintures





























































De la surdité au verbe

Sur l'assomption
rituel du manque
prosodie de la fin
délivrance torse
dantesque irruption
du vide qui fou
et immonde montre
le sens de la copulation
terre ensemencée
par les escrocs
la putréfaction de l'illisible
l'onde martelée du verbe
qui jouit du regard incandescent
et vulgaire à force de prières
immorales sur un corps
dressé sur l'outrage de la langue
en coups rémanents
jusqu'au jouir jeté
en pâture aux étrangers
lentement la poursuite s'impose
du verbe asséché contre
l'exterritorialité de la parole
qui épuise les sens en travers
de la gorge gonflante
et fulminante parce que
rien du verbe ou de la parole
n'a de sens à courir
à contre champs
sur un corps qui pense
marqué par ses états de
déliquescence insensée
saut dans l'opuscule du sang
le rétrécissement de la chair
pour jeter le discrédit sur la mort
qui illumine la guerre des nombres
un moins est égal à un plus divisé
la surdité s'ouvre à la renaissance
d'un corps qui croit à la chair
faite verbe pour avoir rencontré
l'immortelle tentation de naître.

Thierry Texedre, le 27 mai 2018.












vendredi 25 mai 2018

Aux couleurs du sans


peintures  de  Nicola De Maria (1954-)



















La surdité passe son temps
on croirait se servir du temps
se sortir de la plaie du dire
qui tremble aux oreilles
de la grande messe
l'introduction du sans sexe
poussant un cri ourlet
en replis en attraction
avec l'oreille interne
loin du jeu déterminant
de l'extériorité du corps
couché sur le ventre des lèvres
ouvertes en rond
plaie insidieuse du baisé
en couleurs vives sur la vie
visitée depuis le jeu jouissif des
couleurs du primaire et aussi
en second le dévoilement
dans un autre temps l'art
de montrer cette découpe
hors du présent impuissant
c'est ce centre redéfinissant
le corps exhaussé
le corps pressenti en cavités
ignobles qui suintent
tel un dieu éteint
au milieu de l'éternel
et immuable changement
de la vie vaine car naître
n'est pas le vrai c'est
en cela que disparaît
ce lieu du réel qui naît
de la feinte d'être
qu'une peinture haute
laisse apparaître divinement
déesse de la chair qui coupe
dans la couleur du sans
du sans ce rêve qui parle
au corps indubitablement
pour faire croire que la parole
existe sortie de ces oripeaux
de cet outrageux centre
rencontre avec le sexe qui
se fourre dans de beaux draps
parce que raisonner n'est pas
encore le lieu de la naissance
le raisonnement ment
parce qu'il opère en sauts
qui font fuir le rêve
vers ces surfaces peintes
ces vives couleurs de la joie
qui monte en gorge
pour laisser sortir le vrai cri
quel paradis quel sang
monte pour cracher sur les
tombes de ces corps défaits
émasculés et pénétrés
dans la foi du vice
du retournement qui frôle
l'enfer loin du feu intérieur
espérance et extinction
du réel en proie au vrai.


Thierry Texedre, le 25 mai 2018.