vendredi 13 avril 2018

La passerelle rouge




La passerelle rouge

Par quel suintement
cette fin si proche
vient meurtrir lentement
la chair et la plaie
ouverte en tiraillements
en entrée insidieuse
retour sur l'immanence
le paradis hors champs
l'esprit qui souffle
sur l'immortelle vérité
enfin pour l'oublier
le début d'un voyage
le voilà comme emphase
comme exergue
comme intelligence
du corps applaudi
par la mort en vrac
le clic clac tam-tam
vulnérable du rêve
insoucieusement qui vire
dans la ville déconstruite
du dedans qui danse
sur les artère du milieu
je m'arrête aux feux
j’attends la fin le vert
pour passer de l'autre côté
par la passerelle rouge
puiser à la source inespérée
du vague à l'âme
là où luit l'outremer.



Thierry Texedre, le 13 avril 2018.




peinture d'Anna Baranek







vendredi 6 avril 2018

La folia




La folia

Sursis devant l'exploit
d'exister en ronde
en cris qui s'en foutent
en dansant le sang
impuissant de ces aires
arrêtées par le vent
arrimé à la sainte
famille prosternée
devant le sexe maudit
le mausolée mutin
qui montre l'art
de coucher des lettres
sur la feuille vulgaire
de la douce voix qui
fuit à mesure qu'on
l'entend par quel plaisir
les paroles de la folle
incertitude sourde
à toutes ces ignominies
qui frôlent l’intérêt
pour la poussée
cette poussée du sexe
roturier depuis
la force de l'os
incendiaire insidieux
la coupure du temps
un instant pour plaire
à deux figures hirsutes
de la plaisante dérive
de la parole qui sonne
bon l'affaire blessée
en hauteur du vrai
découpé par le bien
en mille morceaux
matière compilée
dans un récit facultatif
finissant dans le trou
le trou du cul baissé
à des fins illusoires
les braises baisées
de la comédie du
bout du monde
fuite en avant
lueur dantesque
qui monte sous l’œil
indécent du courtisan
le partisan saoulé
le polisson entrain de
souiller la langue pour
en finir avec la mémoire.




Thierry Texedre, le 6 avril 2018.









mardi 3 avril 2018

Animal

                                                 Marjan Seyedin (1979-) peintre iranienne




















Animal

Sur la plaie des ans
morose magnitude
partout s'éveille
les reliquats les râles
ravageurs de l'enfoncement
de l'éloignement vers cette
impression du temps
qui fouille la langue
la parole asservie
par l’épisode incestueux
qui fonde l'art d'écrire
un nouveau récit
une analogie réduite
au seul teint du lendemain
retenu pour réveiller
pour dire cette chair
qui sommeille
la chair retenue
depuis l'origine
des corps qui crient
l’appesantissement
de l'os sous la peau
l'os qui marche
l'os qui soulève
sa squelettique
stature privée
de cette parole
inappropriée
tombe le jour sur
l'esprit malin
l'enfantement du corps
entrain de souffrir
depuis l'incertitude
de sa pensée sur l'âme
réverbérante lumineuse
infestation des battements
du cœur à découvert
introduisant sur le front
sur le devant de la scène
cette usurpation de l'espace
qui part depuis l'idée
qu'on se fait du monde
le cœur du son sorti
du corps cavité intérieur
qui danse en pulsations
en sang sans fin adossé
au tremblement
de la guerre des instincts
pour pousser les vivants
dans des soubresauts ignobles
jusqu'au vide publique
politique des morts
inépuisable invention
de la parole qui se livre
au pire génocide
pour laisser dire
au corps ses maux
les mots que l'animal
n'a pas encore résolu
réserve de l'inconscient
au pouvoir le pouvoir
de cette vérité qui
laisse jouir les dieux
les immortels sacrés
les vénérables et purs
homonymes de la vie
la terre du bien tapi
en lois tiraillées du monde
entrain de marcher
sur les traces les sillons
de l'étreinte avec le ciel
l'ouvert-fermé du temps
qui s'enflamme en langue
parlant l'envers sur le devant
de la scène en pleine lumière
jusqu'à la fin
où sonnent les astres
dans la tête malmenée
la tête foutue en l'air
la tête ingérée
par l'enseigne
qui pleure en paix.


Thierry Texedre, le 3 avril 2018.






jeudi 29 mars 2018

Le doux tremblement de l'inadéquation des corps

                       
                        Stéphane Mandelbaum (1961-1986) peintre néo-expressionniste belge

















Le doux tremblement de l'inadéquation des corps

« Dans quelle danse des corps s'étalent et côtoient l'esprit délibéré ? Dans une rature de la face, celle cachée du fond inintelligible. Pour passer par ce sexe clos, c'est-à-dire sa mise en abîme de l'action d'exclure la transgression sexuelle en touchant à la rhétorique de la pénétration. Corps multiples qui se soudent en un trauma, trop illuminé par cette feinte, celle de la mise en lumière de cette chair grande-ouverte, en passant par tous les états de la gloire d'une jouissance trompée par la vue qui touche à la mémoire (à y regarder de trop près, semble-t-il), et défigurer par une pluie incessante de larmes collant au visage de la grande mort mise en boite, ce sacré bon sang de con, cavité carnassière. »


Thierry Texedre, le 29 mars 2018.










samedi 24 mars 2018

Frottements

                                                    Pia Fries (1955-) Corpus transludi E4, 2015
































Frottements

Pars 1

Tourbillon incandescent
la descente aux enfers
remonter le fil du temps

l'essai la tempête libre
force l'origine pour lire
la plaie du recentrement

placer le vol lumineux
jusqu'au jour du cours
d'un particulier départ

entrer dans la danse
de ces corpuscules
assermentés du jeu

tension des corps
sur leur volume
sur leur idiome

Part 2

Poussé par l'horreur
la gangrène épuisée
la chair souffre l'os

l'os tant attendu
ici revient au fait
pour se risquer

pour sauter sur la vie
en coulures de sang
du sang en gouttes

étranglant de la sorte
la voix qui sort
étrangeté en remords

si les plaies sorties
du corps dressé
se foutent du fond

Part 3

Lente détention
de la matière
qui traîne sa ligne

pour ravager le blanc
le redoutable vide
qui feinte l’œil

qui l'ignore aussi
dans ces frottements
ces arborescences

sur la toile raclée rayée
et mise en musique
l'onde colorée envahit

jusqu'aux limites
du visuel incarné
le temps d'enlèvement.


Thierry Texedre, le 24 mars 2018.












lundi 19 mars 2018

Esquisse




Esquisse

« Retirer ce surmoi homogène en taraudant la langue jusqu'à cette unité de l'élocution qui se risque à la vitesse pour trouer le soulèvement du signifié, le maltraiter, le martyriser, l'encercler, l'ôter, le remettre dans la course, fracasser les sens sur son fil, raccourcir le souffle aussi. La liberté de dire cette interversion, l'insertion dans une autre langue qui apparaît et disparaît autant de fois que se libère la parole. Lentement les espaces se raréfient, le vide s'écourte, les sons tremblent dans un tintamarre inaudible, inhumain, improvisation de l'action vite rentrée, cachée, remontant à la surface comme pour s'exercer à la lecture, lueur de l'après-coup, la peinture sent bon le visage de l'esprit retors, une musique rencontre sa peinture trop vite, supplétive, pour une lecture qui pousserait jusqu'au véridique, lecture qui ressemble à ces bribes d'espace insignifiant qui force l'esprit trop attaché, libéré dans l'inconscient qui travaille la langue, plus rapide que la liqueur qui coule dans les veines du temps. »

Thierry Texedre, le 19 mars 2018.

Sur « Messagesquisse » de Pierre Boulez (1976-77)








samedi 17 mars 2018

Mots




Mots 
« De l'indifférence à la déférence, voilà le saut distant du corps qui continue à parler sans l'interpellation de la parole sur l’innocuité d'un dire atomisé, parce qu'il contient déjà et du corps et du pensant. Entrer dans la danse des corps maudits parce qu'ils volent leur chair à la communauté du parlant, la chair n'étant par là que la conséquence d'une douleur qui s'ouvre à la jouissance d'une parole faite chair. »

Thierry Texedre, le 17 mars 2018.


Claude Duvauchelle (1953-)
écrit et les maux V technique mixte sur toile, 245 x 200 cm, 2015






vendredi 16 mars 2018

Flottements


Adrian Ghenie – The Storm, 2016















                                                                                                                                                               
 Flottements

Tiré du tremblement incestueux de la chair, logique insupportable qui frôle l'altération des transmetteurs du corps érotisé (le corps coupé de tout acte pervers), et qui va vers ce qui le pense ; par quelle paralysie le corps triture-t-il sa foi (une croyance indiscutée ou tirée par une vérité inextinguible)? Par cette polémique qui gronde dans les yeux de l'inventaire de l'inconscient qui pousse la parole dans les derniers retranchements de l'inexplicable temporalité de la vie. Voilà l'austère reniement de la parole, invitée à masquer sa folie, la réminiscence d'un état d'impossible repliement de la chair sur la pensée. Une très grande dispersion vient écourter tout discours ; il s'impose aux flottements de ce qui force la pensée, pour jouer avec un corps qui veut sortir de sa pesanteur. La mort du texte serait alors la mise en abîme de tout corps qui pense son commencement vers ce qui peut encore montrer qu'il pense.

Thierry Texedre, le 16 mars 2018.











jeudi 15 mars 2018

Sirènes


Agnès Martin, "Untitled#1," 2003



Sirènes

Seins de la sainte enceinte
orgasme répété en transit
diurne est la raie du creux
qui tiraille l'invasive sueur
pénétrant l'autre l'écueil
le ventre par dessus tout
de tous les jours alignés
au rendez-vous amoindri
par l'envie de rencontrer
part d'un coup parcours
une ectasie si le membre
monte indigeste en berne
depuis les hostilités divines
pointant ce reste du temps
au reste du monde narrant
l'avantage de caresser l’œil
le milieu rose qui pointu
se met en quatre pour pisser
le jus sirupeux de l'envie
la chaude frayeur du début.

Thierry Texedre, le 15 mars 2018.





mercredi 14 mars 2018

Arrangements


H Craig Hanna (1967-) Arrangement of Figures and Chairs, 2016 encre et acrylique sous perspex, 200x300 cm


























Arrangements

Sur quelle douleur
le temps futur
sera dédié
à l'attentat
du désir décrié
par ce nombre
immatériel
ce nombre qui
nous arrange
d'être nés en moins
en touchant au jeu
de l'irréelle contusion
qui fait sortir
le temps du réel
pour entendre ce cri
ce futur cri qui souffre
souffrance de l'existant
face au futur
de ces corps étalés et nus
sortant du lourd état de l'être
dans cette extrême surface
des choses hors de cette levée
hors des songes endémiques
frottés par le sang en sursis
le corps irrésolu s'étreint
dans les rides de la peinture
qui continue à peindre
tout en se risquant à foutre en
l'air l'être de ses vicissitudes
écornées par la chair
le temps tombe
il tombe de haut
pour faire croire
à une renaissance
le jour s'éteint
jusqu'aux assises
de la peinture
éternelle
où des arrangements
sonnent le glas
la fin de l'être
la fin de la parole
passée sous silence
pour avoir manqué
l'étirement peint
qui montre l'être et
son recommencement
dans l'évitement du corps.



Thierry Texedre, le 14 mars 2018.






jeudi 8 février 2018

Le désir en excès



Le désir en excès

Couché sur le lit du feu
ignorance insidieuse du rat dégoûté
ravagé par l'extérieur du trou bouché
rogne en risque la peau
jusqu'à sourdement rencontrer
la folle fissure de la vie
qui puise et s'épuise danse
en saut sauterelle sur la main
à portée de main drame
de la vie visitée en terre
l'ivresse sur la peau du coup
d'essai qui n'en finit pas
de fermer la porte d'un tour
de clap de fin de vie
la peur montrée l'animal
rencontre et ressort en retard
l'homme rassasié de la bête
amoureuse c'est pas ça qui vide
la plage en lignes noircies
de la chanson écrite en virage
l'état tatoué sur le bras en signes
indiscrets monte la couleur des songes
sur les draps repliés dans le placard
de la foutue transgression du son
qui crie plus fort qu'un corps
dehors monté sur la face cachée
de la mort consumée qui saigne
dans l'obscure bordel du ventre
ouvert du désir en sang
en soupir trempé sans accès.


Thierry Texedre, le 8 février 2018.




Aurore Pallet - les Annonces Fossiles, 2014










mardi 6 février 2018

Soulèvement




Soulèvement

Faramineuse expulsion recentrement la parole
vers sa cessation mise en demeure sa coupure
sur son tremblement ses gouttes d'insignifiance
car la vitesse d'une parole serait la putréfaction
l'exacte opposition d'une parole en loi du temps
l'insignifiante exactitude de l’œil qui voit l'un
à chaque fois que son droit d'accès au réel est
de l'être agglomération des songes et du dire
en une inépuisable extension de l'image pâle
floue et opaque par l'internement de la parole
point d'achoppement cloaque film en coupe
par un arrêt sur image vertigineux le vestige
d'un drame l'occurrence l'extermination peur
passant par l'enterrement de la langue vidée
exaltée étreinte avec l'éternité qui frôle l'art
d'asphyxier les sons auriculaires et musicaux
entré dans l'existant un soulèvement monte
inexorablement pour jeter le discrédit sur
l'élévation du corps sur l'homme pléonasme
l'homme voué à penser sa perte danse de fin
danse de l'extinction espèce entrain de jouir.


Thierry Texedre, le 6 février 2018.


Fred Kleinberg - Le chant d'Amar, huile sur toile, 200 x 400 cm, 2017




























dimanche 4 février 2018

Au tour de l'esprit

Dominique Martinet (1948-2000) – Fragment de mémoire, la fin de l'idolâtrie, 1999/2000 – détrempe sur toile, 177 x 204 cm
























Au tour de l'esprit

Sur quelle irruption
le temps massacre
le né pour l'élever
l'envelopper en maux
de l'irrésolution de la vie
comme si de ce suaire
naissait une parole
un suintement
une douleur
une fêlure
un effet
de cette mise
à mort du récit
pour expulser sauver
sauter sur l'art
de la représentation
sciences de la vie
qui sortent de ces orbites
infructueux du temps
entrain de se déliter
pourquoi la décomposition
passe par un jeu
improvisé des sons
sur l'air de paroles
à venir à en vomir
vocifération de ces voix
tentations obscurcies
par la foi du présent
suturé partout danse
illicite de l'illumination
le corps caressant
sa séparation de l'idée
qu'on se fait du je
jeté par dessus bord
sur l'océan de feu
poussé jusque sur
la terre enflammée
la terre effervescence
de la vie qui vire
au cauchemar
au couché de soleil
qui passe par le violet
viol de l'espace de l'esprit.


Thierry Texedre, le 4 février 2018.






vendredi 2 février 2018

Prière au rideau

                                                Dieric Bouts, vers 1450-55, l'Annonciation


Prière au rideau

Lieu de la sève inondant la soie
tablier en nœuds et plis relique
de la vue austère qui transparaît
l'irruption d'une lumière ange
de cet au-delà soulevé le grand
pardon des péchés recouverts
dans un tremblement du temps
dans cette mémoire qui s'ouvre
et en souffrance à la naissance
désir de la procréation dialogue
vulgaire avec un sujet sortilège
voué à l'enfermement de la loi
sur cette parole invitant l'art
sur le lit du corps et de l'âme
du sang et de la chair annonce
du temps arcane de la foi prie
instant pour faire voir le rideau
lumière et l'orbe du vide scène
devant l'immanente résurrection
qui souffre à un désir d'amour.

Thierry Texedre, le 2 février 2018.








lundi 29 janvier 2018

Voyage

                                                    Wols - Camp des Milles, 1940





























Voyage

Présent dans les rêves
dormez dans les nuages
l'être d'illégitime maison
peut sortir de sa raison
par quelle fenêtre
par ces immaculés
ces sourdes exaltations
on entend crier
on tend les yeux
jusqu'à l'amour
pour soulever la vie
jusqu'à son doute
enfermé dans l'esprit
baisé de l'existence
le grand monde
du temps perdu
sort de ses béquilles
pour lever le ciel
l'enivrer l'envier
le vide saisissant
de la mort dehors.


Thierry Texedre, le 29 janvier 2018.








dimanche 28 janvier 2018

Sur quoi sur soi

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) - Les quatre éléments





Sur quoi sur soi

Charivari du temps
posé sur le monde
la terre de l'ignorante
parodie du trépas
sur soi sur quoi
l'homme est-il
le naître de rien
de quelque chose
d'atomique
de ce savoir orchestré
depuis la fin des temps
la femme nouée
le trépas du fils
dans une caricature
une fable foutue
partout tombe
la nuit étoilée
qui se venge
de nos tollés
volés au pays
des autres soumis
des ombres du jour
par ici et par là
sur quoi sur soi
soir du levant
discret par dehors
par dedans du corps
consumé pour nourrir
l'impropre et l'or
jeté au discrédit
de la mer mercredi
dis ce qui se passe
dis moi ce qui se passe
comme je suis né
comme tu m'as fait
fêlure en sable
le jeu dévisagé
de l'embrasement
sur quoi sur soi.


Thierry Texedre, le 28 janvier 2018.







jeudi 25 janvier 2018

Bouscule - Métro passé


Bouscule

Suinte ces pleurs
apocalyptiques
du corps insoumis
vertige septique
du dénie incompris
suinte ces pleurs
du grand tremblement
vers l'étoile à l'heure
trou dans le sang
consumé la fleur
ouverte du temps
suinte ces pleurs
pousse de toi à moi
la raison prend
le large ver à soie
pourquoi tu rends
corps et âme moi
qui bouscule le vent
suinte ces pleurs.




Métro passé

Sur les orbites incestueux
les rivages obscurs
de la déesse l'illustre
amour de l'émerveille
de l'envolée en disgrâce
de ces thèmes ancestraux
qui prennent le métro
jusqu'à la source du bonheur
juste au milieu de l'apothéose
de la voix le chant en symbiose
des doux baisés un temps
présent avant le sommeil
trou béant du départ
pour l'éternité
pour passer par le chat
de l'aiguille décousue
tremper dans le bol
le pain de ce jour
qui de nos larmes déclame
un mot à en avaler les pensées
obscurcies par le présent causé.


Thierry Texedre, le 25 janvier 2018.






CRIS - point d'interrogation, dripping, 115 x 80 cm