jeudi 15 mars 2018

Sirènes


Agnès Martin, "Untitled#1," 2003



Sirènes

Seins de la sainte enceinte
orgasme répété en transit
diurne est la raie du creux
qui tiraille l'invasive sueur
pénétrant l'autre l'écueil
le ventre par dessus tout
de tous les jours alignés
au rendez-vous amoindri
par l'envie de rencontrer
part d'un coup parcours
une ectasie si le membre
monte indigeste en berne
depuis les hostilités divines
pointant ce reste du temps
au reste du monde narrant
l'avantage de caresser l’œil
le milieu rose qui pointu
se met en quatre pour pisser
le jus sirupeux de l'envie
la chaude frayeur du début.

Thierry Texedre, le 15 mars 2018.





mercredi 14 mars 2018

Arrangements


H Craig Hanna (1967-) Arrangement of Figures and Chairs, 2016 encre et acrylique sous perspex, 200x300 cm


























Arrangements

Sur quelle douleur
le temps futur
sera dédié
à l'attentat
du désir décrié
par ce nombre
immatériel
ce nombre qui
nous arrange
d'être nés en moins
en touchant au jeu
de l'irréelle contusion
qui fait sortir
le temps du réel
pour entendre ce cri
ce futur cri qui souffre
souffrance de l'existant
face au futur
de ces corps étalés et nus
sortant du lourd état de l'être
dans cette extrême surface
des choses hors de cette levée
hors des songes endémiques
frottés par le sang en sursis
le corps irrésolu s'étreint
dans les rides de la peinture
qui continue à peindre
tout en se risquant à foutre en
l'air l'être de ses vicissitudes
écornées par la chair
le temps tombe
il tombe de haut
pour faire croire
à une renaissance
le jour s'éteint
jusqu'aux assises
de la peinture
éternelle
où des arrangements
sonnent le glas
la fin de l'être
la fin de la parole
passée sous silence
pour avoir manqué
l'étirement peint
qui montre l'être et
son recommencement
dans l'évitement du corps.



Thierry Texedre, le 14 mars 2018.






jeudi 8 février 2018

Le désir en excès



Le désir en excès

Couché sur le lit du feu
ignorance insidieuse du rat dégoûté
ravagé par l'extérieur du trou bouché
rogne en risque la peau
jusqu'à sourdement rencontrer
la folle fissure de la vie
qui puise et s'épuise danse
en saut sauterelle sur la main
à portée de main drame
de la vie visitée en terre
l'ivresse sur la peau du coup
d'essai qui n'en finit pas
de fermer la porte d'un tour
de clap de fin de vie
la peur montrée l'animal
rencontre et ressort en retard
l'homme rassasié de la bête
amoureuse c'est pas ça qui vide
la plage en lignes noircies
de la chanson écrite en virage
l'état tatoué sur le bras en signes
indiscrets monte la couleur des songes
sur les draps repliés dans le placard
de la foutue transgression du son
qui crie plus fort qu'un corps
dehors monté sur la face cachée
de la mort consumée qui saigne
dans l'obscure bordel du ventre
ouvert du désir en sang
en soupir trempé sans accès.


Thierry Texedre, le 8 février 2018.




Aurore Pallet - les Annonces Fossiles, 2014










mardi 6 février 2018

Soulèvement




Soulèvement

Faramineuse expulsion recentrement la parole
vers sa cessation mise en demeure sa coupure
sur son tremblement ses gouttes d'insignifiance
car la vitesse d'une parole serait la putréfaction
l'exacte opposition d'une parole en loi du temps
l'insignifiante exactitude de l’œil qui voit l'un
à chaque fois que son droit d'accès au réel est
de l'être agglomération des songes et du dire
en une inépuisable extension de l'image pâle
floue et opaque par l'internement de la parole
point d'achoppement cloaque film en coupe
par un arrêt sur image vertigineux le vestige
d'un drame l'occurrence l'extermination peur
passant par l'enterrement de la langue vidée
exaltée étreinte avec l'éternité qui frôle l'art
d'asphyxier les sons auriculaires et musicaux
entré dans l'existant un soulèvement monte
inexorablement pour jeter le discrédit sur
l'élévation du corps sur l'homme pléonasme
l'homme voué à penser sa perte danse de fin
danse de l'extinction espèce entrain de jouir.


Thierry Texedre, le 6 février 2018.


Fred Kleinberg - Le chant d'Amar, huile sur toile, 200 x 400 cm, 2017




























dimanche 4 février 2018

Au tour de l'esprit

Dominique Martinet (1948-2000) – Fragment de mémoire, la fin de l'idolâtrie, 1999/2000 – détrempe sur toile, 177 x 204 cm
























Au tour de l'esprit

Sur quelle irruption
le temps massacre
le né pour l'élever
l'envelopper en maux
de l'irrésolution de la vie
comme si de ce suaire
naissait une parole
un suintement
une douleur
une fêlure
un effet
de cette mise
à mort du récit
pour expulser sauver
sauter sur l'art
de la représentation
sciences de la vie
qui sortent de ces orbites
infructueux du temps
entrain de se déliter
pourquoi la décomposition
passe par un jeu
improvisé des sons
sur l'air de paroles
à venir à en vomir
vocifération de ces voix
tentations obscurcies
par la foi du présent
suturé partout danse
illicite de l'illumination
le corps caressant
sa séparation de l'idée
qu'on se fait du je
jeté par dessus bord
sur l'océan de feu
poussé jusque sur
la terre enflammée
la terre effervescence
de la vie qui vire
au cauchemar
au couché de soleil
qui passe par le violet
viol de l'espace de l'esprit.


Thierry Texedre, le 4 février 2018.






vendredi 2 février 2018

Prière au rideau

                                                Dieric Bouts, vers 1450-55, l'Annonciation


Prière au rideau

Lieu de la sève inondant la soie
tablier en nœuds et plis relique
de la vue austère qui transparaît
l'irruption d'une lumière ange
de cet au-delà soulevé le grand
pardon des péchés recouverts
dans un tremblement du temps
dans cette mémoire qui s'ouvre
et en souffrance à la naissance
désir de la procréation dialogue
vulgaire avec un sujet sortilège
voué à l'enfermement de la loi
sur cette parole invitant l'art
sur le lit du corps et de l'âme
du sang et de la chair annonce
du temps arcane de la foi prie
instant pour faire voir le rideau
lumière et l'orbe du vide scène
devant l'immanente résurrection
qui souffre à un désir d'amour.

Thierry Texedre, le 2 février 2018.








lundi 29 janvier 2018

Voyage

                                                    Wols - Camp des Milles, 1940





























Voyage

Présent dans les rêves
dormez dans les nuages
l'être d'illégitime maison
peut sortir de sa raison
par quelle fenêtre
par ces immaculés
ces sourdes exaltations
on entend crier
on tend les yeux
jusqu'à l'amour
pour soulever la vie
jusqu'à son doute
enfermé dans l'esprit
baisé de l'existence
le grand monde
du temps perdu
sort de ses béquilles
pour lever le ciel
l'enivrer l'envier
le vide saisissant
de la mort dehors.


Thierry Texedre, le 29 janvier 2018.








dimanche 28 janvier 2018

Sur quoi sur soi

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) - Les quatre éléments





Sur quoi sur soi

Charivari du temps
posé sur le monde
la terre de l'ignorante
parodie du trépas
sur soi sur quoi
l'homme est-il
le naître de rien
de quelque chose
d'atomique
de ce savoir orchestré
depuis la fin des temps
la femme nouée
le trépas du fils
dans une caricature
une fable foutue
partout tombe
la nuit étoilée
qui se venge
de nos tollés
volés au pays
des autres soumis
des ombres du jour
par ici et par là
sur quoi sur soi
soir du levant
discret par dehors
par dedans du corps
consumé pour nourrir
l'impropre et l'or
jeté au discrédit
de la mer mercredi
dis ce qui se passe
dis moi ce qui se passe
comme je suis né
comme tu m'as fait
fêlure en sable
le jeu dévisagé
de l'embrasement
sur quoi sur soi.


Thierry Texedre, le 28 janvier 2018.







jeudi 25 janvier 2018

Bouscule - Métro passé


Bouscule

Suinte ces pleurs
apocalyptiques
du corps insoumis
vertige septique
du dénie incompris
suinte ces pleurs
du grand tremblement
vers l'étoile à l'heure
trou dans le sang
consumé la fleur
ouverte du temps
suinte ces pleurs
pousse de toi à moi
la raison prend
le large ver à soie
pourquoi tu rends
corps et âme moi
qui bouscule le vent
suinte ces pleurs.




Métro passé

Sur les orbites incestueux
les rivages obscurs
de la déesse l'illustre
amour de l'émerveille
de l'envolée en disgrâce
de ces thèmes ancestraux
qui prennent le métro
jusqu'à la source du bonheur
juste au milieu de l'apothéose
de la voix le chant en symbiose
des doux baisés un temps
présent avant le sommeil
trou béant du départ
pour l'éternité
pour passer par le chat
de l'aiguille décousue
tremper dans le bol
le pain de ce jour
qui de nos larmes déclame
un mot à en avaler les pensées
obscurcies par le présent causé.


Thierry Texedre, le 25 janvier 2018.






CRIS - point d'interrogation, dripping, 115 x 80 cm





dimanche 21 janvier 2018

Conversation

Alkis Boutlis – sans titre, 2006 gouache et émail sur papier










Conversation

Le corps est convié
en circonvolutions
et couché sur la trame
du fond défoncé
de la lecture disjointe
en tirant sur le nerf
faussé et chaussé
tel un fauché du temps
indiscret de la veille
on court après sa fausse
fournaise sa buée
entre les espaces
de l'espèce en gestation 
pour pratiquer la mort
jusque dans l'acte amoureux
qui insiste sur le rapprochement
d'une naissance avec la mémoire
en pleine décomposition
la même qui retourne à son
point de régénérescence
corps considéré
quelle sidération
attentat de ces astres
contre la fleure du rêve
la pénétration violant
la mémoire dans un
grand vide systémique
on parle à cause du vide
impossible à rattraper
l'ignorance est à son comble
dans la reconnaissance
de ce soudain désastre
qui s'ouvre à l’œil ignoble
c'est l'illusion du récit
devenu pelure de l'esprit
contradiction du son
pris dans la démesure
de l’ouïe insatisfaite
de son désaccord avec
la verticalité du corps
rétabli par la marche
aussi le plein ciel du savoir
finissant par laisser tomber
l'outre-tombe et le présent.


Thierry Texedre, le 21 janvier 2018.





samedi 20 janvier 2018

La Cène

                                                         
La Cène , Pieter Pourbus
huile sur panneau 46 x 64 cm, 1548




La Cène

Couvert par les ondes
inopportunes de l'être
sonnent les dérives
de la peau en creux
possédée par des chants
sur l'eau en reflets
qui tombent jusqu'au
fond de l'inexplicable chair
charriée par la tumultueuse
guerre à propos de la parole
voilà ce qui pousse l'art à atomiser
les couleurs dans une ronde de lumière
couverte en ces tentatives de tension
la lumière obsolescente et monstrueuse
en une irrémédiable décollation
de sa figure l'aveuglement de l’œil
sort du conclave exultant de la croix
aussi sordide s'emparer du corps
le fendre le feindre en foutre
aseptisé du scepticisme de la foi
dans l'enfer d'un enfermement
le grand dieu de la dépense
le repas de l'impassible repos
sur le temps mangé en partage
jusqu'à jurer la vie éternelle
comme improvisation
du recentrement du même
le rectum du bien
sur l'indifférence de la mort
voilée dans l'abondance
corps réparés corps et âmes.


Thierry Texedre, le 20 janvier 2018.














lundi 15 janvier 2018

Accouplement vertébral

                                     
Leonora Carrington
(1917-2011) - Ferret Race, 1950


Accouplement vertébral

Le ton est donné
l'écriture vole-t-elle
au secours de la peinture
ou cette séparation
majeure promeut-elle
comme un vol
une insuffisance
qui monte dans l'âtre
séquencé de la vie
pour lentement couper
cette séparation
en une infinité
d'excrétions volutes
de mots éparpillés
sur la toile endormie
en couleurs exaltées
et touchées par le vol
la voltige qui retombe
dans ce marais indécent
d'un labyrinthe onirique
et transcendant calvaire
de l'écriture qui flambe
toute ses signifiances
en ersatz singuliers
peaux obsédées
par la mise à mort du dieu
dans les plis de la chair
et le risque de la chute
ensanglantant le temps
quel accouplement
irrévérencieux sort
de ces mots nauséeux
pour se perdre dans les limbes
autistiques du récit perfide
entrain de courber
l'évitement du sang
en couleurs sulfureuses
pour renaître peut-être
pour enlacer peut-être
la vie perdue dans l'eau
vulgaire du néant
chassée à ses pieds
par le poète investi
de cette âme isomorphe
et tortillée en douleur
définitivement le lieu
inconnaissable de l'art
qui plie devant un corps
exsangue de compromis
consistoire de la parole
en cessation entrée
par cette affabulation
dans ce paradis
qui referme le doute
sur la douleur
pour traduire alors
et voir venir le vertébral
l'accouplement vertical.


Thierry Texedre, le 15 janvier 2018.








mercredi 20 décembre 2017

De la vacuité




Fabrice Hyber – Peinture homéopathique n° 10 «  Guerre désirée », 1983-1999 – Diptyque 225 x 450 cm – Photographies, dessins, écriture, sur papiers et papier de soie, le tout collé sur toile à la colle de peau de lapin






















De la Vacuité

Réveil noctambule
reniflant l'art de vider
tout objet de sa substance
vitesse polémique du vide
qui s'étend autour et dedans
jusqu'à cerner la forme
jusqu'où celle-ci pleure-t-elle
de ces affligeantes certitudes
qui plient et recomposent
l'objet pour le déconstruire
l'emmener dans les illusions
de la détermination du néant
le vrai saute aux yeux
tant l'objet invite au reflux
au refus d'exister dans la
distinction de la vie
et de la séparation
de la mort et de l'appartenance
exprimant ce qui du vrai le sépare
du faux par l'entrée dans l'irréalité
partout cet endormissement
prend l'aspect de la pensée
qui raisonne un temps
soumise à l'infini des concepts
enfermés dans l'imparfait signe
qui couvre le temps traduit
de la langue en négatif
sur la subjectivité en contrepoint
du commun condensé dans
l'attachement aux formes
le risque d'un réel qui franchit
l'espace du vrai par un affranchissement
du néant comme si l'Un naissait
du néant pour exacerber
le multiple jusqu'au traitement
de la ligne la sustentation
dans un attachement de l'esprit
à l'impermanence de toute chose
dans un face à face avec la vacuité
l'inconnaissable circonstance
d'un lieu avec la raison
le dédoublement avec la déraison
risque à tout va de supplanter
toute intervention sur l'existant
incitant par là à objecter
sans fin ni commencement
d'une réalité de la mort.


Thierry Texedre, le 20 décembre 2017.







mardi 19 décembre 2017

Feux Noirs



Feux Noirs

Poussé par le temps
l'emprise du front
la légèreté des sons
l'anachronique dire
douce-amère friction
de la décollation résolue
voilà la noire dépossession
du feu intérieur mouvant
monstre allégorique
macabre détonation
en coups sanguinaires
anthropophagie du cri
qui fait le verbe nauséeux
et découvre la peau
pour s'y inquiéter
sinuosité des mots
élevés au rang de
l'éternité et de l'absolu
le verbe s'identifie
se résout à couper
et remontrer l'affaire
entrant dans les pires
ancrages de la folie
la folie n'est plus
assez folle pour taire
la publication écriture
juste un recours au trip
tripoté par les mains
du désir insoluble
du sang retardé
le regard noir
la nuit détricotée
se diffuse au centre
du renflement interné
du rêve illuminé
par l'histoire pensée
comme mémoire
à-rebours de la parole
cacophonique tam-tam
et pucelle du vrai
retour vers un jour
jambes retransmises
en traversant le gué
galvanisées elles pleurent
pissant toute l'encre
du corps atterré.


Thierry Texedre, le 19 décembre 2017.










dimanche 17 décembre 2017

Plainte

Peter Klasen - Hommage à El Greco, 2013 (240 x 434 cm)









Plainte

Soûlée par la vue
la commémoration
l'affection diurne
la dure réalité du fond
insupporté de la dérive
ridicule du temps
puisée dans la peinture
vautrée partout
où les sons atténués
sonnent goulûment
de ces plaintes
atterrées au ventre
rentré parcelle sucée
le suc du corps soumis
à trop s'encarter écart
des jambes qui
s'enfournent en souriant
devant l'équivoque sexe
montré du doigt
par les ondes ravagées
de la chair goûtée
ensanglantée à rogner
la délicieuse peau
marquée de travers
en chiffres rayés
qui comptent pour un
espace recroquevillé
lui-même est compté
en érection botanique
fleure qui vire au violet
c'est la bouche écarlate
qui revient vivre
l'histoire du drame
de la découpe morbide
du tronc cultivé
à trop diviser lecture
jusqu'à démontrer
la déconstruction
du visage numérisé.


Thierry Texedre, le 17 décembre 2017.