mardi 13 septembre 2016

Entendre du temps





Entendre du temps

Fusion orchestrale
du risque d'altérité
de la voix qui scinde
et scintille en arythmie
voilà le clair obscur
de la tentation d'exclure
la parole du corps
écrit en atomes
explosion de la chair
vers sa compromission
avec la mémoire
récalcitrante et ivre
voilà encore le livre
obsessionnel de la vie
en découpe tuméfiée
et convulsive craque
ça craque de partout
ici-bas ça coince
pourquoi depuis le
dire occulté
et acquitté par
l'enfer qui me ment
lentement devant
cette guerre à venir
atomique du dedans
en chair et en peau
extraction du plaisir
insoumis au rite
de la mort démoniaque
devant ce fatras fatidique
qui plonge le resserrement
du sexe suant toute son âme
aux prises avec le temps
indéniable et faux
car le temps n'est que
ce ramassis de peaux
vers lesquelles vont jouer
les langues salivant
tout l'espace de l'esprit
vulgaire qui introduit
pour penser
oui pour penser le doute
d'exister pendant que l’œil
s'astreint à rider la peau
du corps de l'étreinte
du corps ENTENDU.



Thierry Texedre, le 13 octobre 2016.





lundi 12 septembre 2016

Blabla







Blabla


Bla bla bla !!! Histoire à dormir debout.
Dorment les hiboux jusqu’au bout du jour
infernal, et ces cloches qui tintent
sans arrêt, sans s'inquiéter le moindre
du monde de ce qui se joue autour.
Rendant sourd l’étudiant qui veut se
concentrer, et travailler à ses devoirs.
Grande polémique sur la place de l’église.
Les uns s’insurgent contre les cloches,
et d’autres s’en prennent à l’étudiant
parce qu’il n’entend guère la beauté
de ces tintements qui orchestrent.
Rien n’y fait pour faire taire ces rapaces,
ces vauriens de parlementaires.
Qu’ils se soucient du bien-être des uns
et des autres, et aussi des hiboux.
C’est dans une grande cacophonie
que s’envolent les hiboux, pour aller
dans le ciel chasser à la tombée de la nuit.
Comme le jour s’était mis à hurler
tout son désespoir devant l’impossible
silence de tout ce petit monde, il décida
d’en parler à la nuit qui s’impatientait.
Après concertation, le jour et la nuit
se mirent d’accord enfin, et le jour
se frotta longuement les yeux.
La décision était prise, il fallait que la nuit
prenne les devants pour calmer tous
ces insatisfaits sur la terre et dans le ciel.
Le débat est clos, la nuit va s’installer.
Ainsi l’étudiant peut se coucher pour
rêver aux devoirs appris la veille.
Les cloches cesseront aussi de jouer,
jusqu’au matin suivant pour les matines.
Et les beaux parleurs vont rentrer
chez eux pour le dîner, et après dormir,
bien fatigués d’avoir blablaté tant et plus !


Thierry Texedre, le 12 septembre 2016.

 





mercredi 7 septembre 2016

Suintements

Suintements


Entrée dans la danse
du fatidique berceau
qui tremble opulence
de la peau flambeau
sorti du trou en transe
ça file vite sur le dos
du camé qui encense
de sa vinasse le lino
partage sa semence
avec la belle le dos
sur le drap démence
elle porte ce fardeau
depuis son immense
intérêt pour le gallo
la galopine encense
le diable de salaud
sa toute-puissance
des flammes de l’enfer
elle se lève et porte
des coups de cutter
au bifteck saignant
visant tout le corps
du conscrit étendu
les bras longeant
les formes ondulées
de l’explosive catin
l’histoire va et vient
jusqu’à cette lueur
surgit le fond bleui
des yeux du blessé
qui se traîne amène
l’âme claire la chaise
il s'assoit dessus
les jambes écartées
le sang coule depuis
son sexe avachi
goutte à goutte
sur le sol plastifié
et les bras ballants
et la tête penchée
en avant le regard
blême et l’œil éteint.


Thierry Texedre, le 7 septembre 2016.



































Site à l'homme assis - Série des sites tricolores (cycle de l'Hourloupe), 1974.


 



vendredi 2 septembre 2016

Affliction 1/2/3/4






1
Près du ciel repose ce sacré impossible
Au plus près de cet état se mesure l’altérité de la représentation
Tout ce qui montre un état et une couleur se voit immergé dans ce vaste concours du sacré
Le risque pour ce sacré c’est de ne pas tenir au ciel mais à la chair
Le ciel serait cette aire introduite comme berge ou marge d’un centre immaculé et éthéré
De quelle peur la douleur est-elle la maîtresse
Par cet au-delà inconcevable et pourtant initié comme lecture
La lecture serait ce possible entendement d’un texte sur un état providentiel et révélé


2
Debout cette capacité à enfanter de la mère montre combien la plainte est juste
D’un sujet en souffrance la plainte montre combien l’autre ce tiers touche au texte
Le texte vérité véridique contre cet appesantissent rejet de soi et du silence d’une parole
De la plainte à la douleur concomitance qui offre une voie la voix de ce tiers comme occurrence
A contrario la Vierge montre sa douleur près du Christ mort elle offre la douleur de l’enfantement
Cette douleur est le silence devant l’éternité du Christ mort pour les péchés du monde des hommes
Cette plaie ouverte du Christ est l’envers de notre textualité qui elle montre la douleur de n’être pas
Ce besoin thérapeutique contemporain se met en coin de la visitation qu’un texte montre  

 3
Ciel ! dit-on si ce n’est pas la hauteur vertébrale qui montre par ce redressement l’immonde
Que l’immonde se soit montré ainsi revient à croire au pire que seul le présent ne peut tenir
Le temps opèrerait un retournement du corps qui pense pour avoir voulu lever les yeux
De cette ouverture vers d’autres espaces que la psychanalyse met en souffrance dans le silence
D’un silence dont on mesure l’être du sujet convié à ouvrir sa douleur dans l’espace du temps
Mettre ce qui du temps n’est pas présent à la démesure du déplacement
“Le sujet (que je suis) n’est que présent, il n’est qu’au présent.”: Journal de deuil Roland Barthes
Et encore: “Ne pas dire Deuil. C’est trop psychanalytique. Je ne suis pas en deuil. J’ai du chagrin.”


4

 “Non continu, mais immobile”
Par quelle présence le temps nous met-il en retrait ? Depuis cette mort indécidée du corps insoutenu par l’esprit. Peut-être par celle du deuil (plusieurs deuils sont possibles malgré l’unicité de la mort comme cause de l’immobilité par rapport au temps - pluriel - qui est non contigu et continu), pour montrer que la mort renvoie au né par l’indifférence que naître impose à cet effet de cessation qui monte à partir de la [douleur/mémoire] entrain de composer. Peut-on bénir cette naissance, sans louer (depuis la mort de quelqu’un) sa naissance ? Là se tient un malaise: celui de ne pas écrire la vie, vivre rompt avec l’écriture; qui elle marche sur la mise à nu d’une épreuve de la mort.


Thierry Texedre, le 3 septembre 2016.



mercredi 31 août 2016

Le sel de la couche






Le sel de la couche


Cloaque vulnérable
du temps tempétueux
qu’un regard austère
qui se rue sur l’âge
n’a de cesse d’aimer
coucher de soleil
sur l’art d’oublier
ces jeux d’antan
pour partir oser
sur l’immortalité
de la chair des
caresses occultes
la peau caressante
vite touchée du désir
qui va bien s’initier
à cette inconnue
qui déserte l’autre
monde par l’insoumise
couche qui enfle
et coule et sent
tous les ferments
de la tyrannie du con
qui embrasse le bâton
du regard enclin
au sel de la gloire
jusqu'à ce vice impuni
de l’extase ultime
vers le haut du corps
du toucher des seins
entre les mains
destin plaisir prostré
des yeux en larmes
de quelle souffrance
l’exquise rencontre
se joue-elle en partage
passant et repassant
juste message de
ces bouches jointes
en cavité du corps
bu dans ses entrailles.


Thierry Texedre, le 31 août 2016.






jeudi 25 août 2016

Plaidoyer pour une plaie















































Plaidoyer pour une plaie

… De ne pouvoir représenter, je me met en pleurs, pour voir ce sacerdoce – peut-être dans ces profondeurs, plein d'une peine, plainte d'enterrer ces mots inavoués – jusqu'au centre, jusqu'à cette intime conviction de la croyance. Coupé du monde de la vulgarité, ne puis-je puiser en moi que des soucieux endoctrinements, que ces dérives inhospitalières, pour m'éloigner du temps vrai – de ces errances sans suite se montre l'appel à d'autres antagonismes – pour couvrir la douleur qui me tiraille, et m'émeut quand-même. Quel éloignement de la peinture peut se soustraire au dire impuissant de la représentation ? Peut-être cette musique entrain de parcourir en tête, tout le corps excavé de sa vérité ; contagion qui parcourt tous les sens, pour les embraser, embrasser ce qui à l'intérieur se soumet à la chair. Vois-tu ce fardeau qui alourdit tant ce discours insignifiant, pour l'ensevelir sous mille couches, ersatz du vocabulaire impuni par la chair ; grande compromission avec l'extériorité de la voix depuis sa mise en peinture, (folie peut-être que cette musique !) vertu du corps qui s'efface, se retire en rature de la peinture, dessin au trait noir, traitement de ce destin insoumis et tyrannique...



Thierry Texedre, le 25 août 2016.



La grenouille théologique, 2015 Robert Boulloche.


mercredi 24 août 2016

Jugement







































Rives réservées
au risque du rite
en osmose suaire
potentiel de la vie
contre l'être mort
du risque encouru
par le temps vite
visité partout torse
en pieds et mesure
du tour en surface
terre foulée goutte
sur l'étendue vierge
par quelle rencontre
regard dressé drame
liquoreux du cri
lancé au monde
en contre rentré
par la bouche béate
de s'entendre dire
un monde nommé
en mer sans fond
le poison lèche
la peau en danse
transe du dire
qui monte à temps
tempête à passer
son temps à réciter
dans quelle cité
voit-on le sang
monter sur les corps
couchés sur le sol
que voit-on de loin
ou de près sur quel
horizon zéphir
au zénith du pouvoir
d'exulter du sang
versé par la guerre
des mots monstres
entrain de sortir
de ces rêves opaques
passerelles ondulantes
oiseau de mauvaise
augure qui pique
à vif sur les plaies
baisées de nos dieux
encore idylliques
en corps phalliques.


Thierry Texedre, le 24 août 2016.







mardi 23 août 2016

Paroles en sauts du corps intraduisible





Paroles en sauts du corps intraduisible

… On entre dans ce risque d'oublier, pour commenter l'absence de voix, pour esquiver ce manque d'entendement de la parole à se risquer hors du sens. Vitesse oblige du rassemblement des choses qui indisposent le regard promis à une rencontre avec ce regard déplacé et invalide... Le risque d'essoufflement de ce sujet interpellé dans la chaleur insupportable du corps surdimensionné, le risque de montrer un récit sur l'étreinte monstrueuse avec l'existentielle profusion du vivant, la peur d'exprimer autrement que par des mots l'emprise de la chair sur la surdité du réel face au vrai ; voilà le parcours inapproprié de l'être depuis cette cavité-caverne qu'est le corps pensant... Mots sans cessation, sans début ni fin, pour montrer que le corps rencontre l'être quand la chair se met à jouir pour penser ses sens... Petit déplacement dans la mesure qu'un texte peint ne peut être dit qu'à montrer ce sens dont on touche désormais l'intelligence à trop voir, voir jusqu'à cette visitation du nouveau monde, inventé pour continuer à jouir, jeter le discrédit sur cette parole du lieu de la subjectivité monothéiste...


Thierry Texedre, le 23 août 2016.




L'escamoteur - Jérôme Bosch v. 1475-1505






lundi 22 août 2016

Autoportrait



… Schisme virtuel d'une commémoration, continuum ininterrompu de la frayeur qui monte dans l'esprit ulcéré. Cours des choses qui monte au plus haut de la tempête insoumise, pour faire part de ce paradis perdu. Paradis du temps de la peinture encore évincée par l'exposition de l’œil qui invente à regarder à distance ; exposition par les forceps de ces tableaux en réminiscence, au format, à l'huile, chair de la chair occultée. Le risque de la parole serait celui que prend la musique à être, au centre du corps jouisseur ; cadavérique conclusion que ce corps sourd va opérer à trop mettre de la vue dans cette sortie de l'être, sorte d'affaissement du vrai dans l'intentionnelle résolution de l'enterrement du corps, de son éternité absoute par l'immortalité de la lettre qui regarde ce qui pense le corps. Séparation vulnérable de la lecture et de sa mise en jachère par la peinture qui pense son sujet ; à trop s'emparer du corps dans la beauté d'un clivage de son volume. Corps chantant, corps couvert par l'art d'escamoter le temps, pour visiter alors l'exacte consternation face au regard indiscret du reflet, du même, depuis ce sommeil invitant le dessin, charogne en composition dans la parole qui s'initie au ventre du peint. Sous la constellation de ces paroles dites en chevauchant la peinture, le récit s'essouffle, se consacre, se décide, s'exclue du corps pour fusionner dans cette musique qui enfle, enfile, chauffe, charrie des onomatopées, manques, coupes, caricatures, en mettant sur pause cette syntaxe désuète et hypocondriaque. Si le vertige s'empare du texte, c'est pour mieux puiser dans cette mémoire à-rebours ; pour la montrer en vie de la chair vers l'esprit via le jeu infini de ce jouir interdit...




Thierry Texedre, le 22 août 2016.






dimanche 21 août 2016

Le clapotis au-delà duquel tombe la nuit






Le clapotis au-delà duquel tombe la nuit

Soustraite à la suture
la vie ventre à terre
s'enfonce dans le col
utérin envers du décor
causé par ce vide glané
au travers du galvanisé
sang froid de la chair
putréfiée par le chaud
départ du tremblement
orchestral de la voix
caricature de la vie en
plainte étreinte pourquoi
pas entre les bras de
la tentative d'extraction
du dedans par la parole
biomorphique à trop
en dire de la mort oubliée
vociférations du temps
qui en sourdine se traîne
et s'évanouit dans les bras
du corps décharné et sec
vidé de sa substance ulcéré
et remonté contre le mal
qui l'envoie dans l'ombilic
des limbes avant de vivre
pour l'éternité l'âme en paix
sur le nuage vulgaire
des lois proclamées des
livres ouverts en saintes
écritures depuis l'aune
des temps immémoriaux.

Thierry Texedre, le 21 août 2016.