vendredi 28 août 2015

Le peint sans nom




Ce qui caractérise la peinture  depuis la perte d'une figuration, c'est la dérive. Moins violent serait de dire l'éloignement. Mais l'éloignement pose le problème de son objet, éloigné de quoi ? La perspective ne peut pas régler cette question à elle seule. Le point de départ d'un travail sur la peinture est fluctuant, il ressort de paramètres dont on ne peut discerner les origines qu'en remontant le cours du peint, une fois la toile exposée, et en dernière instance, au regard de l'après-coup de pinceau. Là encore le support importe à étayer une structuration  picturale dont on sait déjà que le pigment sera son référent. Mais l'intérêt qui ressort du jeu en question dans cette dérive est la couleur. Le geste de la couleur, sa densité, son souffle, son unicité. L'image ne serait qu'un lointain souvenir dont le support nous tirerait les fils, ceux du temps. Cet enchâssement, peut à tout moment disparaître, laissant la trame libre d'une manipulation spatiale dont on sait que de la découpe, des plis, et autres recherches peuvent naître de grandes créations. L'éloignement dans le peint est aussi marqué par un retour au support classique avec le châssis. Question qui n'en finit pas de hanter tout peintre, à savoir quelle figure rencontre l'éloignement ou le rapprochement du temps de la perspective, à rencontrer ce support pour s'en défaire ? Par la transparence, par le geste, par l'annulation des couleurs dans le noir pour y voir la lumière révéler la couleur (parcours de l’extérieur reflété sur un volume qui plonge dans la trame, le grain du support, par la lettre aussi - le signe - la graphie, interventions sans fin d'une dérive qui sort du cadre pour oser la peinture jusqu'au bout de l'incarnation, là ou le corps qui peint  rencontre la chair, le corps peint. Une grande liberté qui rencontre la nature et l'art éphémère, installations que le temps effacera. L'art et la photographie, techniques multiples pour s'éloigner du seuil fatidique qui marque cette fuite en avant : l'impossibilité d'effacer la figure. La traversée du sujet est centrale, mais ce corps pensant qui compose pour se délivrer de tout questionnement, ça met en avant l'inconsistance de l'inconscient. Découverte majeure mais biffée par cette rivale à têtes multiples, anamorphose du temps de son sujet (l'inconscient est cette charge dont on sait la possession qu'un sujet a de ne pas parler cette charge émotionnelle). La rencontre avec l'inconscient serait cette incidence dont le peintre croit devoir fourrer son nez dans le chaos intriqué de ses démons. Le langage, voilà bien là ce qui aide à résoudre les écheveaux mêlés, pour dénouer ce que cette peinture n'a de cesse d'expulser. De tout temps, les peintres ont cherché et fouillé dans ce corps d'élection privilégié qu'est celui de la chair. Découper, retirer, rajouter, coller, arracher, peinture du dedans le sang comme pigment, le meurtre comme la proie entre les mains du peintre, le pinceau comme arme de la possession d'un corps autre, étrange. L’éblouissement de la peinture met son sujet en présence de la reconnaissance par un face-à-face avec la transfiguration et le voile peint, le linge de l’hypothèse du déchirement chrétien face à l’impossible résolution du point de vue central depuis la face entrouverte de l’enfer d’être.



Thierry Texedre, le 28 août 2015.






dimanche 23 août 2015

Par quelle fin exiguë faut-il la parole ?









Par quelle fin exiguë faut-il la parole ?

L'enfer, d'où sortira la parole.
Crémation du dire clôt.
Création du monde ouvert/fermé,
telle une bouche au temps prié
du feu bouleversant de ce corps
démembré par la dérive intime.
C'est l'interpellation de la voix
qui crie son hurlement, son
ultime arrachement au verbe,
croyance indéfinissable en
la vision indéfectible du sens.
Jour né de la nébulosité du réveil.
Risque d'assèchement des yeux
devant la mort qui sort du genre
humain, sorte d'appendice
qui n'aura de cesse de pousser,
à mesure qu'on le coupe du reste
du monde qui n'est pas rond.
Terre ronde aux yeux carrés
du corps pourrissant d'exister.
L'homme échevelé s'enfuit,
la prière au bout des lèvres.
Il se débat avec la mémoire
qui l'emmène vers la naissance
à l'envers, à l'inverse, pour avoir
osé refuser la mort immortelle.
Péché de l'immortel raisonnement
du lieu asservi par l'impensé,
vers cette grande représentation,
oracle qui brille dans un ciel
déplié en étoiles, depuis la nuit
noircie par les ombres de ces mains
salies par le commencement.
Offertoire qui sonne le glas,
tortillant des nerfs du sang et du
pain symbolisés en messe,
pour s'en sortir par les gonflements
en pets notoires de l'ivresse
catapultée jusqu'au bout du soir,
vite ouvert sur le matin du malin.
Terre chauffée qui court après
l'esprit comme drame de l'atome
qui fornique sa bombe et son H.
Corps de la souffrance chante
ces mots du soulèvement,
ces chuchotements telluriques
du tremblement en cours.
Chants qui forcent la voix en
montrant les plaies à vif, sans
passer par la reconnaissance
du songe, à cause de la mort
qui guette les ordres encore lois.
Tourniquet qui sort l'homme de
sa torpeur, pour jouer, jeu de
ces cris insupportés par la parole
close, pour rencontrer l'être.
L'être étiré de l'étreinte éternelle.
L'être serait ce la clef du chant
des ténèbres inépuisables devant
le récit qui augure à la peine.
Jusqu'à quelle folie s'invente
le jeu d'un drame, musique qui
monte où le réveil est émasculé.
Rentrer en irruption par les sens.
Toucher au risque de caresser
l'extrême catharsis de la peau,
violer ce dedans jusqu'à l'être,
pour l'emporter dans les sphères,
gouttes à gouttes bue par le goût
insipide de l'expiation du discours.
Juste nudité du corps qui monte,
en voile délicat du blanc sommé
par les couleurs du paradis.



Thierry Texedre, le 23 août 2015.

(Essai de lecture sur le Requiem de Rey Eisen )







samedi 22 août 2015

Qu'est-ce qu'un sujet ? Un événement, pas une personne.











Qu'est-ce qu'un sujet ? Un événement, pas une personne.


Retiré de sa personne le lieu
inassouvi du corps électron
se montre comme forteresse
de l'écriture imprenable
vent debout l'évent soulève
la tête de son intérieur
ce lieu caricatural de la chair
pour l'inoculer au vent venu
par dehors et dragué par le
grand souffle ressuscité de
la musique ligament que la
peau cache convexe à la peur
d'en faire de l'au-delà sa fin
galipette insouciante qui mate
le regard du ventre ouvert
sur l'orifice du plaisir excité
du savoir rieur de la foi au sens
aigu de la parole commise pour
avoir voulu faire naître l'os
au milieu de la grande peinture
de celle dont on dit que le passé
est entré dans l'indécidable
ivresse de la chair sauf à
en saisir l'ablation du nœud
fatidique de la reproduction
mémoire qui plonge l'être
créé pour l'inonder de sa semence
volcanique vol de l'ange
macabre au dessus du temps
là où les ailes du désir se
promènent pour emporter
l'âme vers l'immortalité
si la folie est un état son
être serait celui de la mise
à mort de ces polyphonies
des monstruosités vraies
qui sautent aux yeux du
corps poussé à jouir depuis
l'impensable ivresse du temps
déjà autre bien avant que ne soit
l'autre résolu dans la parole
celui dont on sait que le croire
fou est le comble de l'imposture
l'interdit vrai de l'entreprise
sociale d'où est sorti ce sujet
pour aller vite plus vite encore
que l'extrême violation du nom
personne qui voit l'écriture
du temps sa texture pour
faire du présent une vitesse
qui n'en finit pas de nier
la parole qu'un sujet qui passe
pour fou n'aura de cesse
de traverser de part en part
un sujet événement improbable
de l'écriture qui montre la parole
d'un temps autre du temps
d'extraire le lien du lieu social
depuis la surdité d'une lecture
impossible à traduire à mettre
en image sauf peut-être à
en filmer les vides les interstices
les ourlets qui froncent le
le tissus variqueux du présent.






Thierry Texedre, le 22 août 2015.







dimanche 9 août 2015

Fournaise du corps enkysté








Fournaise du corps enkysté

Fil
ficelé
fliqué
forcé
à rentrer
en couche
d'un trait
occupé
à lire
voir et étirer
ce qui s'entend
s'étendre
s'échanger
glauque
gestes de la
démangeaison
du pouvoir
de lire
les nodules
mourant
dans l'esprit
qui nous dit
ce risque
d'entrer
en nœuds
verrouillés
vite
voile
obscur
qui se ferme
quatre à quatre
les marches
montées
pour démontrer
ce qui se monte
en vitesse
pour jouer
au plaisir
d'exister
dans un corps
délité
défait remisé
à l'esprit
qui nous lit
au parlé
resté là
comme
si on savait
ce qui se dit
pour quelle
question
vers où
les sons
vont faire
l'image
qui s'enkyste
dans le corps
corollaire
de cette
fournaise
qui entre
dans l'esprit
pour maudire
les mots
proscrits
de la chair.



Thierry Texedre, le 9 août 2015.











mercredi 5 août 2015

Réminiscence



Sur quel socle le temps s'éprend-t-il de la terreur qu'un corps peut ouvrir au parlant, sauf à ne jamais revivre ce sacré dans une mémoire sans cesse terrassés par la vitesse d'élocution d'un dire future? Risque de mettre ce souffle en danger. Risque de ne plus mettre ce sens de la conscience en adéquation avec l'ourlet fait au temps. Couture systématique sur un dire qui passe son temps à renverser la tyrannie du désir d'information de cette explosion du texte en paroles infinies qui tombent sous les coups de ce délire irreprésentable qui vient au bout de la parole. L'entendement qui vient après cette écoute : extériorité marquée par l'intellection sous pression, invitant l'inconscient à répondre au manque d'élocution du règne de ce parlant. Rites qui se manifestent quant on s'interdit à la parole, vers ces sons puisant dans quelques partitions à-venir ; musiques qui répondent à l'absence de réponse que se risque un corps parlant de la jouissance. L'inorganique vient s'interposer au seuil de conscience du corps qui se plie à la chair, vers ce sacré qui tient lieu d'expulsion du dire, d'un dire qui se retire de ce corps pour faire marcher l'au-delà au pas, passage obligé vers l'assomption de la négativité. Rencontre au centre du comportement, dans l'imminence d'une perte de la conscience, là où une faille s'ouvre béante et prise dans un flux de sang, d'où émerge l'inconvenante mort.



Thierry Texedre, le 5 août 2015.







dimanche 2 août 2015

Danse macabre








Danse macabre



Livré à sa soif de vivre
l'hominidé atterré par
le souffle maudit s'offre
au risque de perdre sa
mémoire marasme du
temps qui enfle par les
pores de la peau organe
indécent de l'enfantement
perdu au milieu de la mort
ivre d'exister autant que
la vie se soumet à l'art
d'écouter ce double séance
vulgaire dont semble tirer
profit la mémoire prière
indéterminable de l'esprit
fulminant de tous ses attributs
buvant au calice qui l’exorcise
devant l'imposture qui sied
à la croyance croire pour voir
voilà bien là le nœud qui
se noue depuis l'origine
manquée de ce corps élu
vertige de la chair devant
le vide unique du traitement
de la peinture pour dire ce
que la parole n'a pas su
faire tonner sauf à chanter la
danse macabre des mots
alignée pour faire croire au
risque de la résurrection
dans le né nébulosité de
la nuée nourricière qui n'a
de cesse de nous mirer dans
l'esprit malin de la fin du
corps cadavre du feu intérieur
volupté des flemmes qui
respirent ce doux paradis
de l'envie d'expulser ce dont
on espère en retour voir
naître lent filet du sexe
couché sur sa verge chaude
en impression encore pour
rentrer dans ce spasme
vermiculaire du péché suspendu
à la lubrique fellation du tronc
arraché au jaillissement de
la jouissance qui crie haut et
fort sa pleine feinte qui fume
ce joint face cachée derrière
le masque fortuit de la pleine
possession par l'esprit fixé
en retrait derrière l'orbitale
déraison de l’œil malin celui
au centre tête haute du milieu
imposture de l'existence
fallacieuse pour n'avoir pu
résoudre que ses oripeaux
viscères qui se nouent coupées
comme ces ancestraux chocs
du corps originel poussé en un
fatras de la traversée du temps
par l'infini finissant depuis
l'existence née depuis la parole
comme réverbération du corps
face à son trop plein de parole
et que son souffle s'enlève par
par le grand bouleversement qui
vient au devant de la mort
encore trop avisée d'enlever
que ce savoir naît de l'envie
d'exister avant d'enfermer
ce gai retournement de la peau
dans les profondeurs de la chair.









Thierry Texedre, le 2 août 2015.






mercredi 29 juillet 2015

L'origine inachevée







L'origine inachevée

Loin de moi ton regard m'agite
et m'émeut menaçant l'hostilité
du temps invité à monter l'escalier
lugubre qui somme les coups du
destin vertige de l'existence qui
exhorte l'astre rouge et réchauffe
ma peine aux pieds de mon amour
me voilà dans ses bras comme
livré à la chair pour m'y perdre
amoureux de ce paradis qui vient
être dans cet éclair depuis les bords
escarpés du mont de vénus si doux
serions-nous pencher sur nos lèvres
qui éclatent chaudes de joie en vie
voilà alors l'aurore qui monte depuis
nos soupirs sourires endormis
par l'image enfin là puissante
par la déraison des jours qui passent
et s'éloignent trop lointains pour que
la force intime qui anime nos âmes
se laisse emporter par ces embruns
loin des brumes cérébrales oh amour
vois-tu le printemps de nos mains
mouillées et serrées par l'éclat de
nos yeux qui pleurent depuis
ces battements du cœur enchâssé
et accouplé comme à l'heure d'été
nous écrirons l'histoire du désir
inassouvi pour montrer la peau
qui glisse sous nos corps enlacés.



Thierry Texedre, le 29 juillet 2015.







vendredi 17 juillet 2015

Propagation






Propagation

… Vieille carnassière, ville à peine enflée par la périphérie, usurpatrice du cœur avéré de ces petits êtres astreints par la course ; voilà la filature qui s'impose au seuil du pouvoir, celui de sortir de ces émotions étranglées par l'affrontement du béton ruisselant et de l'herbe affolée le temps d'une soumission au vent... Obscurci, la fenêtre grande ouverte sur la nuit vertigineuse, le regard se soumet dans les coins, attiré par les hauts murs encastrés des tours assouvies par l'imposante réalité qui oblige à sauter du bas jusqu'au flou qui engourdit le ciel encore invisible...


Thierry Texedre, le 17 juillet 2015.











mardi 14 juillet 2015

L'instant caché




Perte de l'envie
shoot de la vierge
peau qui surf sur
la déraison encore
trop vénale
pour faire fuir
ce corps de la
fuite face
cachée du temps
racorni osé
depuis la naissance
de ce nom
orbital jailli
de la voix
et lancé
contre ce cri
cadavérique
et carnassier
pour déformer
la voix en une
parole actée
vocifération
du très haut
parlant fusionnel
avec la fente
accouplement du
temps avec l'esprit
on touche là au
commencement
de ce quelque chose
qui n'a d'aisance
qu'avec ce tempérament
voué à la folie véridique
au recentrement
de la vie dans ces lois
incompatibles
avec l'éternité
du savoir occulte
danse avec l'outre
folie farfadet
conspirateur
que ce discret corps
étrange sorti
de l'âme d'un mort
programmé oraison
funèbre qui sied à
cette fortuite vie
implantée in extremis
sur ce sol secoué
par les tremblements
de la terrible feinte
de croire jet
impuissant de
l'engorgement
grotesque dedans
avant l'inadéquation
qui réussit où le siège
amoureux du désir
encore hébété
par le cul relevé
sort ce qui pousse
l'instant caché.


Thierry Texedre, le 14 juillet 2015.







vendredi 10 juillet 2015

Sortie du cloaque vissé au corps de la fin












Sortie du cloaque vissé au corps de la fin

… Sur la fin, ce récitatif semble austère et inapproprié - restes sur le côté, miettes interminables du texte soulevé par la chair de l'irruption cutanée - on croirait l'invincibilité de la parole remisée au centre de l'apparition du récit éclaté. Vulgarité de l'extériorité de la parole en langage traversé par l'objet de sa compréhension, de sa traduction aussi, comme incidence de ce corps double et un ; corps insoumis à cette langue puisque mis en peinture dans des signes, juxtaposition du choc des sons et des formes en écho, par l'allongement de la lecture, depuis l'interrogation que l'interdit d'un désir inoccupé soulève. Réflexes du corps pris dans les mouvements de ses membres, parties d'un presque entier hurlement de la chair, pour empêcher la douleur immonde d'entrer en relation avec l'absence de vie, suite instable du temps en déplacement, retard possible de la mort pour mettre la douleur au centre du corps ; réaction depuis l'intellection, vers l'insoumission de la chair à la douleur insurmontable...


Thierry Texedre, le 10 juillet 2015.










mardi 7 juillet 2015

Le silence de la faim







Le silence de la faim

Trace ténue tortillée
autour du col inassouvi
autorité du temps dépassé
sur l'ourlet de la notoire
raison rachitique face
au cri venu du dehors
de l'autre côté du fleuve
sur l'enfermement juste
de ce désert mal fagoté
centre de la respiration
sons sans cesse allongés
sur le corps de l'autre
alvéoles du cœur chaotique
qui pleure depuis ce secret
cautérisé par une pluie
d'étoiles là-haut gelées
par on ne sait quel regard
du monde qui passe
peste qui sort du nez
noirci par les songes
atmosphériques du derrière
de nos intentions jour du
grand retournement
du silence des corps
épuisés par ce silence
cette secousse sismique
dont on sait l'impossible
lieu pour pouvoir lire
ce serait cet avant de
l'écriture dans une parole
impropre à l'entendement
une parole de la passation
des pouvoirs aux sens
surveillés par la surinfection
de la chair qui garde l'entrée
de ce lieu inaudible de
la mort dont la mémoire
serait l'esprit de son extériorité
pousse et tousse dans l'art
de défaire les corps pour
qu'ils étalent leur loi
celle d'une extension
de la vie depuis l'intérieur
fenêtre ouverte vois-tu
cet écheveau de sang
qui se faufile à travers
le chaos à découvert
vertueux choc de la peau
encore affamée par
l'insuffisance rénale
jusqu'à la mort reine
ô majestueux corps
de la peinture matière
de la mort en état de choc
digérée par ces incandescentes
pensées mises en peinture
pour s'être battues au lit
de ces couleurs épandues
en plages paysages de la vie.


Thierry Texedre, le 7 juillet 2015.







jeudi 2 juillet 2015

La mort viendra...






La mort viendra...

Aussi belle
autour de toi
danse au vent
ta robe blanche
couverte par l'or
fondant au soleil
il luit ô grand
feux follets
jusqu'au gisant
volé au temps
tant espéré
tant aimé
du désir
arrêté au devant
de ces errances
découvertes
par un hasard
celui de la mort
invitée au repas
un soir de la vie
voile austère
qui tombe sur
la tête visitée
du ricanement
devant l'incendie
volontaire
du corps né
d'avoir rendu
possible la vie
respirée par
l'entrée de l'air
du repos en vers
du dedans sortant
pour l'emporter
les pieds en prose.


Thierry Texedre, le 2 juillet 2015.






jeudi 25 juin 2015

Douleurs







Douleurs

Flaque d'ouverture
coagulée en tintements
crépusculaires de ces
songes altérés en deux
drames diurne et nocturne
incidence de la jouissance
qui tombe sur le souffle
déconvenue en coupe
du corps en muscles
asphyxiés depuis ce coup
de chaud qui vole au
dessus de l'exclusion
de la respiration là le sang
coule lourd et épais
épicentre du commencement
de la vie pour mettre ce
dépérissement en marche
lignes dans la flaque
dessinées à même l'enfer
de l'enfermement de la chair
piquée sur l'os par un
malheur malaise de l’œil
qui force l'irréel à toucher
la mort par l'incendie
la fièvre par la marche
du temps insoumis et
taraudé depuis ce socle
matière de l'infanticide
vertigineux pour ne pas
naître dans la souffrance.


Thierry Texedre, le 25 juin 2015.







dimanche 21 juin 2015

Polyphonie des corps














Polyphonie des corps

Coupé du seul renversement qui vaut au risque de vivre l'extermination du corps commence avec ce soc social hypertrophié par cette consommation effrénée dont se repassent les blocs dérivants de la pensée voilà ce risque insupportable d'exister avant d'entendre le dire marteler l'ivresse d'un paradis de la jouissance immodérée pour l'immortalité délicieuse réalité en songe dépassé vu l'exclusion du règne animal entrain d'en finir avec cette peinture gisant aux pieds de la dépense sous quel règne sous quelle réoccupation sous l'érection qui laisse pleuvoir ce suc délicieux de l’arrogance du coït ininterrompu sons à l'infini dans un chaos vertébral ridicule et inintelligible voilà la naissance sans cesse remise à niveau de l'enfantement criée pour ne plus laisser à la vue du né ce néant nécrophage nanti de la voracité d'un dieu de l'interminable renvoyer dieu au risque de le voir revenir en écho boomerang de l'inachèvement de l'humanité dans sa quête d'improvisation cornélienne la pensée n'a pas encore donné sa vraie quintessence elle reste encore au stade préambulaire de la conscience cogitation du divin torse partout rendu à l'inconscient pour ne pas faire de la folie le meurtre institutionnel de la foi lentement un régime d'autodestruction commence à tarauder un corps pour l'entendre plainte d'une musique dont les instruments sont l'intérieur chair involontaire de l'intérieur chair qui touche à l'os pour marteler l'exacte vibration de la caisse qui résonne répétition jusqu'au silence qui rencontre la signifiance de l'os celle mammifère coupe de l'os pour inventer l'arme de l'expiation de la peur d'exister rite pour conjurer le sort pour sortir de cette caverne et passer au stade peinture en retour début de l’œil comme entité du temps et de la mesure pourrissement du corps dans sa couleur pour mettre du lien pour lier les corps dans la langue polysémie du jet en matriarcat le temps déconnecte le corps en une pluralité des voix guerre pour la délivrance de ces idoles qui poussent au cloaque la chasse vers d'autres lamentations vestige de l'ombre collée au corps en songes pressés d'exorciser le viol et la décapitation le sang qui abreuve les gorges profondes de l'origine érotique hédonisme avant l’horrible démantèlement dont l'un prendra corps dans les monothéismes de la barbarie textuelle du sacré résonance jusqu'à aujourd'hui indice qui laisse passer l'art sur la mort de dieu virtuelle incision dans la cogitation du qui séquence le croyant et le laïque volupté du dire trop exposé à la conscience versée sur les sciences à cause de l'occultation du vivant là est le nœud de notre futur dont on mesure les effets sur la vie lutte qui fragmente les molécules des corps en germination atomes de la vibration des couleurs dans le blanc.




Thierry Texedre, le 21 juin 2015.  




    

samedi 20 juin 2015

Prière






Prière

Sur la sainte croix
chassé de mes veines
hérétiques me voilà
pauvre sans voix où
demeure de la vie
passée ce corps jeté au
pinacle du temps
venu de la démesure
la lecture aveugle
ce sang coulé où
cette chair insupporte
dans quelle douloureuse
impertinence la parole
puise dans cette mort
pour avoir aimé
amour du très haut
pouvoir du verbe
d’exhausser comme chair
de la chair l'unique
amour pour le père
qui m'approche de la
vie éternelle dont on
peut croire par la
résurrection cette joie 
de l'entendement depuis 
la vierge qui l'enfante.




Thierry Texedre, le 20 juin 2015.





mardi 16 juin 2015

Le visage initial



1

Frontal éclatement
du corps sur le sens
inaudible d'un collage
entre deux extrêmes
ténus au début et gros
en jeux inassouvis
avant l'extinction de
l'espèce viscérale
imprimée dans la parole
pulsions et étreintes
du chant chaotique
encore occupé à scruter
les ombres du dire
inapproprié par sa
tentative à régler la
convulsive étreinte
entre deux êtres initiés
visite de face pour voir
cette autre concordance
celle qui plie l'identique

2

clapotis de l'étreinte
vulgaire qui hante le
visage qui passe son temps
à faire voir la face retournée
et cachée en plis délicats
grillage qui marque marche
vers la fin du corps martelé
depuis l'origine ordonnée
de l'espèce espace entrain
de montrer ce bleu soluble
dans la sombre mémoire
à rebours des cris du début
où le souffle naît de la
peur de répéter sans
l'eau virale volatil du sang
ventru au moment de la fin
et évadé quand l'écriture
est prête à sortir du fond

3

sortir de ce sac endormi
d'espérer s'écarter du sens
par la vulgaire impuissance
du sacré pour rencontrer
la chair qui rend corps l'esprit
le délictueux désir inassouvi
ira tomber sur nos têtes
émaciées par le partir qui
frôle la grande puissance
de la mort sur l'âme lisse
et assise le temps d'écouter
cet air pâle qui balbutie
le visage caressé par
l'origine convulsive de
cette descente en vers
le corps trop amoureux
vomit l'envers du visage
passé par l'insoumission.



Thierry Texedre, le 16 juin 2015.






vendredi 12 juin 2015

Éthers





Éthers

Là est le fiasco le grand retournement des voix sur l'immensité de la marée humaine par cet incessant jaillissement de l'information en continu terreau insupportable du silence qui s'inverse proportionnellement à l'attraction de l'information plongée dans l'oubli mémoire de l'incertain et de l'attirance pour ce jeu qui consiste à remplir un réservoir mémoire à venir cogitation impossible par un trop-plein débordement sortie par ces orifices chair répugnée des mots sans fin d'une poussée depuis les sphincters atterrés et la gorge jusqu'à prononcer des onomatopées et dérégler ces outrances les bruits de la fornication des mots par ce trou maudit ce lieu improvisé du silence ondulant depuis un corps imposé comme pure rencontre avec l'impossible vide qui absorbe projette écrase et tasse les mots en lectures inadéquates yeux injectés par la projection sans fin du film attractif pour les sens sensuels seul perturbation de l'image par l'ultime dépassement du texte clôturé analytique fanfaronnade de l'éclatement calligraphique en un unique trait de pinceau jusqu'à ce format inventé frontalement profondeur de la perspective pour plus d'exactitude dans l'extase dans la danse avec la vérité qui veut sortir des textes sacrés vols déstructurés avant l'incomplète expérience de la conscience invitée à rencontrer ce sujet figure de l'interdit du dire à trop se jeter dans la musique qui fragmente le sens devenu collectif flux humain chaos tentaculaire qui illumine la nuit pour éteindre les étoiles du ciel étendu rayonnant de ses trous obscurs par delà la voie lactée.




Thierry Texedre, le 12 juin 2015

mardi 2 juin 2015

De cet au-delà du corps objecté








De cet au-delà du corps objecté

… Tout près de ce col insidieux, se voile la face, se reconnaît invulnérable misère, devant ce risque assuré d'aller au paradis. Robuste et renégat, le vertige insiste, volubile et irréfléchi. Rencontre insupportable avec ce supplice d'avant, sur quoi se risque la volupté de cette chair intérieure, se risquant à laisser passer un peu de temps pour aller chercher l'immanence, l'instant zéro, ce vol au dessus des sphères de la signifiance encensée. Les sens en avant l'ombre se replie pour laisser entrer la grande foi, lumière de l'inviolée, de l'apothéose du coït inassouvi de la vie entrain de naître... Rives de la commémoration de ce saint siège d'où sortiront ces gènes de l'extrême onction, voix de la vie nouvelle irradiée par l'immensité du désir d'enfanter. Comble extrême qui incombe au désir des sens, voilà une danse des mains sur la peau lisse, et sensuelle, entendement des deux êtres qui s'étreignent dans d'infimes soubresauts des corps encensés. De quelle nudité vient s'emparer l'effondrement de la raison devant ces spasmes visitant les lieux troués de la chair insupportée ?...




Thierry Texedre, le 2 juin 2015.




 

vendredi 29 mai 2015

S'en suit le sommeil inapproprié



Logé dans la glotte du monde, le sexe horripile, se réveille, ultime retour sur l'anamorphose du vent qui tombe sur le tremblement inhospitalier de la mort. Quel mal ronge l'affect, pour le dévisser, le déloger de sa gangue sacrificielle, vers sa terreur nocturne ? Les mots en moins, le réveil sonne sur l'oreiller de la délicieuse déportation incarnée dans l'orifice œil. Qui fut soudoyé avant, par ce sang trop injecté partout autour de la pupille. Terne et affadi, par l'extension de la télé. Les yeux rivés sur le plafond, pour y voir la sortie d'une araignée insouciante. Insulte à l'orage intérieur qui gronde par ses tentaculaires éclairs sautant du lit jusque par terre. L'intérieur qui démange jusqu'à l'insupportable, l'insoutenable résolution de couper court, court-circuiter les mots qui viennent, les repousser, attaquants de l'indésirable purge du cerveau cuit par la carnation que ce vent violent souffle sur toute signifiance, et qui résonne aux oreilles du temps présent. Présent en perpétuel déplacement. Présent dont on sait que la mémoire réitère les codes de vie en société. Lui, se dresse - dans un pyjama à rayures, innocent de ces rêves diurnes sans suite; serait-ce aussi exténuant, horrible qu'un cauchemar? - pour chasser l'animal obscur entrain de laisser s'échapper le liquide odorant. Tache diffuse dessinée sur l'entre-jambe du pantalon.




Thierry Texedre, le 30 mai 2015.