jeudi 7 mars 2019

Incantation


Francisco de Goya, le Grand bouc (1820-1823)















Incantation 
Par cette soumission 
Publique du grain 
De la peinture quel 
Tollé sur quel cri 
Devant ces errantes 
Exclamations peintes 
En figures astreintes 
En teintes sibyllines 
Sur la plaie du spectacle 
Ivre de montrer sa verve 
Parole retournée 
Contre sa croyance 
Lugubre satyre du dessin 
Impuni depuis l’enfer 
Du dedans caverne 
Caverne à l’envers 
Sur la toile tendue 
Pour illicite qu’elle veut 
Se retourner contre 
Une vérité d’un dire 
Clos depuis ce récit 
Qui siffle en musique 
Aux oreilles de la parole 
Noire et inquiétante 
Nouvelle guerre 
Des caprices de la  
Soumission spectrale 
Au ventre de la mère 
Immonde du créé et 
Violé par le peintre. 
Thierry Texedre, le 7 mars 2019. 






mercredi 6 mars 2019

Violence




 Ronald Ophuis (1968) 
Artiste peintre hollandais 
















































Violence

Prêté par un corps 
Feutré un corps attaché 
La lecture du temps 
En impose avec les frasques 
Du glissement sur la peau 
D'une main tendue  
Maintes fois serrant 
Le vice caché du temps 
D’une peinture qui sort 
Par les pores de la peau 
Il est jeté ce sortilège 
Ventre à terre pour 
Laisser pourrir 
Une sempiternelle 
Expulsion du dedans 
Dans un sang contracté 
Des coulures en peinture 
Pour y voir les couleurs 
Et lire ainsi la folie  
Qui frôle l’intemporalité 
Que le peintre exaspère 
Par l’inondation le réel 
En train de se jouer du temps 
Tempête sur la toile au loin 
Passage vers une monstruosité 
La prostration des corps depuis 
Leur initiation au risque 
D'encombrer la vérité 
Quelle visite d’une vérité 
Le bien fendu de la peinture 
Qui peint à trop y voir depuis  
Cette reconnaissance 
De l’ensevelissement  
Toujours d’un présent face 
À la toile encore à peindre 
Et la tension naît du corps 
Suspendu au jeu des atomes 
Qui forcent le plaisir qui en tombe 
Étranglé par la fin  
Celle du début du corps 
Dénoué délivré 
Par l’œil étreint. 

Thierry Texedre, le 6 mars 2019





jeudi 21 février 2019

La peinture comme gène

Lucac Cranach l'Ancien (1472-1553)
La Mélancolie (1532)
Huile sur bois 76,5 x 56 cm
Colmar, Musée d'Unterlinden



La peinture comme gène 
  
Sur l'étendue indéfinissable de la peinture, toute pratique a comme exploration ce qui porte une  subjectivité  vers le pensé, d'une pensée qui montre ce qu'un rêve à d'extension de la vie intérieure, par cela est donné à voir ce que prend en charge la peinture du lien social au plus près d'un lieu qui a à voir avec l'inconnaissable d'un temps verbal qui souffre parce qu'il manque, il oblitère tout sens ; il transmet donc ce qu'une peinture épuise dans le langue jusqu'à la renverser : c'est une révolution. 
La révolution puise sa source dans un non-sens dissout depuis un social atomisé, et là une peinture peut depuis ce non-sens rendre possible une rencontre avec ce balbutiement de la parole, comme d'une faille qui ferait sens que la vue peut, depuis un temps sans début ni fin, un temps qui traduit ce corps, un corps qui rencontre un autre corps. 
Ce qui fait que la peinture peint sans début ni fin, c'est que de peindre n'a rien à voir avec son sujet, le sujet de la peinture est génétique puisque sa charge cohabite à proportion de l'introspection qu'une parole donne à voir ce qu'un sujet à de penser hors de toute temporalité. Penser n'a rien à voir avec le temps, la peinture peut le représenter dans ce temps, pour subvertir le temps, pour donner à voir cette génétique qui dérange une parole ; la parole est encore une parodie par laquelle tout corps épuise sa génétique, il s'agit là de s'entendre dire sur ce qui manque à la mort puisqu'elle s'invite dans la peinture pour se livrer à une incessante lutte contre la vie ; la vie qui se découpe dans le vif du sujet. 
La peinture serait la révélation qu'une révolution montre d'expliquer ce qu'une parole n'a pas encore eu de l'évitement d'un oral dans un lieu social à venir. De l'oralité qui exprime ce qu'un sujet peut de parler. 
Un corps de parole s'émeut devant une peinture immanence et représentant ce même sujet, comme surdité que représente la parole devant cette peinture. 
Aucun songe ne peut résoudre le problème qu'une peinture entrevoit depuis cette immanence qu'un sujet croit devoir voir comme prise en charge d'une volonté d'expliquer ce qu'est la peinture. Ce que voir met d'un temps serait ce que la peinture opère de distance avec la loi. 
  
Thierry Texedre, le 21 février 2019. 






lundi 18 février 2019

Paysage

Alexandra Duprez (1974-)
artiste plasticienne française







Paysage
Telle une improvisation 
De l’autre côté s’ouvre 
Le risque d’interdiction
Le rêve animal infesté 
La plaie du monde lumière 
Intentée du civil illicite 
Campagne concupiscente 
La contrée en terre sainte 
Contracte l’urbaine aubaine 
Le vol assermenté au-dessus 
Du tram tam-tam un temps 
La peur du levant au couché 
La chasse la nuit par les taxis 
Tachycardie le cœur tourné 
Vers un soleil rouge peinture 
Du silence sidéral de la nuit 
Courant après les ombres 
Incessantes des insomnies 
Échos dans des monuments 
Émoluments de la mémoire 
La religion partie sans fin.

Thierry Texedre, le 18 février 2019.






lundi 11 février 2019

Vol traumatique

Fuyoko Matsui (1974-)
artiste peintre Japonaise



































“Selon Matsui, "en faisant revivre à répétition des traumatismes, la mémoire traumatique peut être" traitée "." En outre, en créant un sujet qui peut tolérer des quantités infinies de douleurs, Matsui pense qu'il est possible d'éviter de se blesser soi-même. En outre, Matsui a catégoriquement répété à plusieurs reprises qu'elle n'avait aucun intérêt à dessiner "de jolies choses". "Je n'aime pas l'art sucré et mignon".” 

Vol traumatique 

Depuis cette chair beauté 
Finissant par insulter la mort 
Un corps se retire tel  
Un territoire impropre 
Terre d’asile d’une danse 
Qui feinte avec le né 
Improbable et traumatique 
Puisque l’énoncé s’y plie 
La langue s’en saisit  
Plaçant sa violence 
Dans une mise en vie 
Depuis sa fin sa mort 
Comme déterminant 
De la parole déshabillée 
Sa nudité ouverte 
Scarifiée et blessante 
Pour un sujet qui fornique 
Tant qu’il n’a pas compris 
Que la naissance c’est la mort 
Et la mort c’est la vie 
Encore stressée par la beauté 
La belle affaire du temps 
Qui s’en prend au vertige 
De la béatitude intérieure 
Viscères d’une mise à jour 
Du sang jeté au discrédit 
De la voix qui jouit 
Parce qu’elle sort  
De cette naissance  
À l’envers par cet œil  
Qui voit de travers  
En analyse contre  
Un réel atomisé 
Le réel entrain de  
Finir par oublier 
Que la mémoire elle 
Se sort viscérale
Pour parler doublure
De la douleur sans cesse 
Rendue au pinceau
D'une peinture 
Qui intervient 
En mémoire de  
La mort impossible. 


Thierry Texedre, le 11 février 2019.








jeudi 7 février 2019

Ha

Gilles Miquelis (1976-)
artiste peintre français





















Ha  

Coupé du bruit  
Le tronc élevé vers sa foi 
Ce corps inquisiteur 
Touche à ses humeurs 
Ho !  oh ! ah ! à poil  
Les rires font les pleurs 
Sur ces corps nus 
Dehors en dehors 
Du temps tout le temps 
La dernière fois 
Peut-être pour fuir 
Pour feindre  
Cette fuite en avant 
La flûte qui siffle 
Dans l’air en notes 
Suaves et au bec 
Pincé sur les lèvres 
Embrassant l’espace 
Sonorisé de la plage 
Harmonique l’arme 
Figurant au ventre 
Du monde indifférent 
D'un nombre nomade 
Au montant montrant 
Tout son souffle 
Tout son sein
Dans la tête têtue 
Puissamment relevé 
Dans un gonflement 
Dans son glissement 
En tête tétons transits. 
Thierry Texedre, le 7 février 2019. 
  


mercredi 6 février 2019

Flou


Lee Ho-Ryon (1978-)
artiste peintre coréen
















































































Flou 
Dessous dessus 
Sans dessous 
De sur la peau 
Peinte en flou 
S'en foutant foutue 
La main dans le fond 
Fendue de ce flou fondu 
Femme feintée 
Par les habits 
Bizarres du temps 
Tant pis pour les plis
Sous les plis désaccordés 
Qui repassent 
Qu'est-ce qui se passe
Par ce déshabillé 
Pressé de puiser 
Dans ces découpes 
Du coup trop près 
De la présence 
De l’immanente 
Répétition du nu 
Né de cette affaire 
Qui se presse oppressée 
Par les plis défaits 
Du tour de taille 
La taille serrée 
La taille douce. 


Thierry Texedre, le 6 février 2019.









mercredi 30 janvier 2019

Déportation

Irina Drozd (1983-)
artiste peintre russe






































Déportation 

Récréative fuite de la face 
Rebandée ensuite du regard 
Galvanisé pour quelle mise  
En garde quel écartement 
Des paupières jusqu’aux pleurs 
En gouttes du désir oculiste 
Le globe si rond ment mené 
Par l’entrevue qu’un corps 
Dépossédé de sa lueur 
Peut entendre par la voix 
Qui rougit la peur épuisante 
La puissance de l’enfant  
Feu du coup couché 
Sur la parole adulée 
Adultère danse du feu 
Parti du lieu naissant 
Sur la peau vierge qui luit 
Au soleil encarté l’écartement 
Qui brille entre les jambes 
Déshabillées du temps déjoué 
C'est la déportation de l’art 
Depuis l’origine incandescente 
Du pouvoir de l’inconscient 
De l’illusion funeste  
De ces rêves qui inondent 
Les nuits du plaisir 
Du plaisir qui revient 
Dans un sommeil illuminé. 


Thierry Texedre, le 30 janvier 2019.







lundi 28 janvier 2019

Pleurs fantaisistes


Christian Girault, peinture “Unhappy girl”, 1981 


















Pleurs fantaisistes

En plein le corps se vide 
Lecture introspective 
Sur ce corps cavité 
Coupé de son plein 
Plénitude qui saute 
Sur l’axe corps-pensée 
Plus on feint moins on 
Respire le dedans 
Derniers degrés depuis 
L'impossible lecture 
D'un corps marchand 
Marchandise pour avaler 
Ce ressort cette vie 
À peine voilée le ventre 
À l’air ouvert à l’œil 
Rétréci à pouvoir voir 
Quelque chose de neutre 
Le neutre du temps présent 
Qui ressort de ces éventrations 
On croirait que le corps  
Est bon l’anthropophagie 
Montre ces pleurnicheries 
Ces espaces où la peur 
Commence à s’interposer 
Au centre à la peau qui 
Touche au sexe libre 
De la pénétration nausée 
Qui se retire du dire 
Pour enfanter le vrai 
La vertébrale vérité 
Depuis cette fantaisie 
Qui tente une approche 
En pleurs au cœur  
Du tréfond pulsionnel 
D'un corps de la dépense. 
Thierry Texedre, le 28 janvier 2019.