samedi 30 janvier 2016

Flânerie




Voile obscur
de ces ténèbres
illicites contaminant
par ces fêtes galantes
un temps démesuré
depuis ce risque opaque
d'exister avant le texte
foutage de ces fermes fesses
qui comptabilisent ravagent
et jettent en pâture
au paysage du tableau
les obsèques
du corps qui parle
trop obscène
pas assez nu
pour voir le jour
en étirements du viol
de ces nuées d'étoiles
encore dorées
partout où l'esprit croit
partout où l'enfant marche
par les pas osseux
de la chair fagotée
qui déambule
en sauts hystériques
en travers entrant
dans un éternel paradis
puisse voir
ce qui vole
dans l'astre
carré du texte
encore camé
et obtus cave
qui s'ouvre au jour
d'avant pour montrer
la mémoire
épuisante et irradiée
du corps de l'interdit
pulsation en continu
de la folle excursion
aux pieds du col utérin.


Thierry Texedre, le 30 janvier 2016.








lundi 25 janvier 2016

Vertige du Pathos





Cloaque
le jour où Chaos
dans quelle sordide pensée
usurpa les sens
sentent-il l'odeur
vite embaumée dans le retrait
de ce sexe introduit
pour ressortir en improvisation
glosant depuis l'origine
meurtrie du renflement
en herbes fumées pour écarter
les jambes du sulfureux
pourquoi l'être n'est là qu'à
rendre tous ses jets
au corps de la jouissance
martelée en coups en va-et-vient
depuis ce dehors nu
devant cette extinction en feu
pour fuir ce qui a commencé
ce qui a terminé pour arriver
pour porter aux nues
la nudité belle de cette
caressante touffe étouffée
peau dédiée à l'étreinte
tu pousses à la mort
et entres dans l'utérus
sucé délicieux
parcourant en ondes
tout l'être parti
depuis les cris évanouis
Éther bitée
boit le sacré
veille sur le plaisir
de ces coups d'une lame
l'effraction virant au drame
du couteau dressé sur la pointe
du gland pour l'enduire
farce hypocrite
tu vides l'écume blanche
qui ronge le frein d’Éros.



Thierry Texedre, le 25 janvier 2015.








samedi 23 janvier 2016

Silence









Silence

Protubérances qui poncent la voix
sans suite ni rencontre
sur la plaie du tentaculaire fond
revisité par l'écrivant
mortel par le geste renversant
d'une exactitude du temps
de la souffrance
de la disparition
on n'entend plus ces vols au loin
qui frôlent l'esprit
pour qu'il s'ouvre
au tintement inespéré du loin
étirant ses ailes indistinguables
le temps
ce sacré dépossédé
ce ratage du fond né
de l'attache du corps à la lettre
pour faire voir
pour entendre
pour toucher
au plus haut point à la foi
de l'ardeur qui pousse ce sacré
à l'intérieur au cœur
entends les pleurs de nos âmes
qui cherchent l'autre vie
pour une ouverture des choses
protubérances devinant la fin
proche de ces langueurs infinies
qui pensent encore
qui montrent encore
ce silence exclamant la vie
la montrant le long de ces jambages
encore déliés en plein.



Thierry Texedre, le 23 janvier 2016.










vendredi 22 janvier 2016

Prière et pourrissement

1
Prière

Sur la foi de mon cœur
plein de cette mansuétude
qui étreint depuis l'éternel
voici l'extrême lumière
dont les rayons m'élèvent
et m'emportent loin du mal
où l'homme jaillira bénit
par l'événement la béatitude
de l'âme reconnaissable
au paradis de la vie sans fin
ni loi auprès de Dieu le père.

2
Pourrissement

Possédé au sommet du pire
risque d'exister et d'être ici
en dressant ce corps de chair
coupé au monde béni et pieux
vois cette fin en terre déposée
pour disparaître de cet amour
vulgaire d'un cœur chaud que
l'amante signe en caresses
posées pour laisser mourir
cet être de légèreté légué
au vent des cendres éteintes.


Thierry Texedre, le 22 janvier 2016.







dimanche 17 janvier 2016

Vol emporté par les eaux



De la voracité du corps
inapproprié voilà le seul
recours né de la tyrannie
de la chair l'expulsée de
l'errance d'une mémoire
en renâclant en respirant
le lourd poids du dedans
sentinelle du corps lueur
intraduisible de la parole
vers son sommet sa paix
de ruminer mots des sens
depuis l'indécente visite
prendre le corps en coin
le renverser et le pénétrer
le défoncer jusqu'au pli
dévisagé du drame forcé
viol incessant de l'esprit
qui frôle l'ultime viscéral
pris en tenailles il sort
soumis ouvert du poitrail
et coupé pour l'ausculter
ce vénérable tiraillement
de la glotte mordue qui
titille les sons malvenus
chuinte la grotesque fin
choit autour du cou rougi
le sang sans faute expulse
en coulée et atermoiement
depuis la perfide saignée
et bu en rires ridicules et
condescendants du groin
malin de ce porc vautré
à tant d'exactions volées
par les eaux du vol amer
revenant damné de l'âme.


Thierry Texedre, le 17 janvier 2016.







vendredi 15 janvier 2016

La langue-vie



Quel aveuglement
cette intermittence
va-t-elle honorer
la grande mort
lieu de l'irrévérencieux
idée de l'incommensurable
et du dénie
et du rien
se fourvoyer dans la
grand messe du très haut
depuis ces failles ce sas
cette ritournelle incidence
qui nomme encore la vie
vivre ce fatras
vivre pour l'excommunication
vivre dans l'expulsion
l'impulsion des sens d'un corps encore
de la chair
chassée de l'effraction du vrai
qui s'impose impitoyable
et synchronique
nivellement de la chair
sur la chaire de l'église
impossible impromptue
et partagée dans la mise en boite
de l'âme refermée par l'esprit
ce sacré contemporain ainsi
rendu à la machiavélique
obstruction de la chair
en suspension imbuvable
bavardage de l'essence
même qui siège
depuis l'origine
du corps couché
sur le lit du faux
parce que cette mise en demeure
du corps n'est pas encore
le commencement de la parole
instrument de la délivrance
semblant et imitation
de l'immersion dans
la couleur en coulée
sur les bords de la peau
du mal sans douleur
depuis la crucifixion
en plein chant
de l'enchantement
de la vie
vois ce grand ressac
qui s'ouvre à toi
pour mettre ta parole
en doute depuis l'ivresse
qui montre la représentation
sans cessation du corps
nu
comme jamais
oh stigmates de l'impossible
verbe
partout où sonnent
les commémorations
de ce nom
nommé par la conscience
révélée et monastique
par tant de noms de vrais
puissance de leur vérité
puisée où l’eschatologie
un lieu se soulève pourtant
obscur l'ostentation
de la misère du corps redressé
en mots infinis du temps
ouvert à la jouissance
de l'infestation des mots
par ce corps hyperbolique
corps de l'excrémation
de quelle maladie
malapprise
qui sort des yeux
orbites asséchés du foutoir
qui montre l'achèvement de la voix
depuis cette foi
qui pourrit tout de l'être
surpris de n'être pas l'insoumis
depuis son intérieur béant
ouvert au risque de la contamination
de la langue
faite pour défaire
les nœuds de l'inconscient
putréfié dans l'espace
de ce qui abrite la langue-vie
vous-est-il arrivé
de conclure ce corps
au-delà des mots
là où se met en mémoire la fin
texte en tête tétanisée par l'entêtement
irraisonné de dire
depuis l'intérieur en souffle
respiré de l'incompétence du temps
ce présent qui siffle la fin
de la récré création qui couvre
le sol de cette apologie
du vomissement
vulgaire en mitraillant
ce dehors de la chair
pour y faire son trou
en musique s'il vous plaît.



Thierry Texedre, le 15 janvier 2016.






mardi 12 janvier 2016

Le jour où la nuit voit



Rage orchestrée par
l'histoire immobile
du tremblement de la
ferveur d'une autre voix
parole express de la folie
encore montrée du doigt
entrain de danser en
tango giration volubile
virevoltant au vent
ventre à terre d'un jour
sans fin de la foi par
cet être Prométhée
créant l'homme boueux
sorti par quel savoir
en pleine exhortation et
risquant de perdre l'idée
maîtresse du temps délit
de la parole en sauts
inaudibles devant l'écran
ouvert de l’œil imparfait
puis coupé du sortilège
des mots infinis l'enfant
sorti de la main mise
dans les sens du sacré
et né de rien s'efforce
et respire par l'enfer de
l'autre vie qui se terre
avant d'entrer en psaume
échiquier du ventre de
la terre recouverte par
l'esprit illusion qui parle
de rire quand on flippe
et qu'on s'illumine quand
on entre possédé jusqu'au
col en gavé en rejet et
poussé par l'ourlet de
la dévotion qui s'ouvre
à même le sol de la plaie
ouverte aux chiens ces
abominables enfermés
dans le ventre spirituel
du joint laïque qui
fouille les dedans du
corps calamiteux le jour
noir et farfelu la nuit
le jour où la nuit voit.


Thierry Texedre, le 12 janvier 2015.






dimanche 10 janvier 2016

Rite de l'infamie


Tapis au dessus de l'astre
comme mortel il redescend
laissant sa misère et atterré
volant par tous les hémisphères
dans l'errance du temps
qui gronde pour excuser sa folie
indigne du vide et de la vie
ventre à terre il s'évade en
pensées illustres de la guerre
contre la même mémoire
contre ce chagrin tempétueux
qui vole au dessus de la peur
que l'âme dressée devant
même dans la chair
de ce débonnaire invisible
de cet autre présentement
inconnaissable de l'être
parti un jour de décembre
pour ne plus revenir
visible vertu par l'air volé
chants enfin libre de sortir
ce souffle invité et inviolé
jusqu'alors en bas passe
en coups le ring de la mort
qui bouscule et bouleverse
ridicule qui se gargarise
dans la terre retournée du ciel
saluant du couvre-cœur
l'immersion dans les songes
baisés depuis les dieux sourds
que cette chair opalescente
soit aussi la caressante rétine
des seins pointés qui entrent
en signes répétant et pensant
se fourrer dans le resserrement
le sexe au pilori juché en juge
pour tisser les plis de sa course
sans fin pourvu que l'aimant
poussé parte dans l'infini
sur la couche sublime dépliée
en images et enflée en réseaux
dard d'une lueur inespérée
infamie d'une famine de la peau.


Thierry Texedre, le 10 janvier 2015.







lundi 4 janvier 2016

Sur le banc assis

Sur le banc assis le regard posé les bras croisés par l’enflement nuageux pluvieux il ne se risque pas encore à se lever pour fuir cette invitation sur le banc assis sans bouger il a l'air endormi et avachi sous les gouttes d'eau qui dégoulinent de plus en plus vite sur son front et aussi le crane nu les gouttes plus grosses vont et viennent en plongeant sur la tête et l'imper jusqu'aux pieds sans qu'il eut bougé du banc en bois les paupières se ferment par intermittence il les referme les yeux sont maintenant clos jusqu'à plisser les paupières pour ne pas avoir à regarder dans le flou ambiant l'eau qui gêne à regarder dans le flou ambiant et l'ambre dessiné sur le sol glissant dans l'allée du parc qui se vide de ses promeneurs voilà que le jour s'enfonce lentement quelle apothéose que ces trombes d'eau qui s'abattent et tapent plus fort sur le banc là le dernier visiteur de façon accidentelle pour le commun des mortels sur le banc assis celui qui vit et ressentit ce que des éléments perturbateurs produisent sur l'immédiateté du temps indécent la contemplation.



Thierry Texedre, le 4 janvier 2016. 


samedi 2 janvier 2016

Feuille d'or du temps






Feuille d'or du temps



Feuille d'or du temps
raccourci sur l'élan
indiscuté de la vie
vautrée dans les plis
insupportés de la mort

Feuille d'or du temps
vois-tu l'aube s'éloigner
introuvable et alanguie
elle s'étire pour l’œil
et se dresse par amour

Feuille d'or du temps
tentation effondrée
du tronc de la liberté
branche adossée
la pousse écourtée

Feuille d'or du temps
tient en fils tressés
sur l'écorce pelée
marque de l'envers
par l'endroit sa chair

Feuille d'or du temps
conte de ton histoire
l'espoir pour respirer
l'illusion qui ouvre
d'indécentes fenêtres.


Thierry Texedre, le 2 janvier 2015.








vendredi 1 janvier 2016

L'homme au passage peu fréquenté





L'homme
au passage
peu fréquenté


Sur un sol
durci et sec
ténébreux
et déhanché
le visage
buriné et
mal rasé
en chemin
se creusent
des ornières
asséchées
par le vent
se languit
l'homme au
passage peu
fréquenté
depuis l'aube
trop rêveur
ou trop pâle
le regard
évadé de
tous les
hospices
passés
de toutes
les misères
sans fond
il erre lançant
ses chaussures
dégingandé
en avant
en l'air
les balançant
l'une après
l'autre d'avant
en arrière
et sur un
pied posté
aux aguets
il avale
sa salive
en attendant
une misérable
vie ne serait-ce
qu'un
court instant
pourvu qu'on
lui parlât
qu'on
lui adressât
un seul mot
renâclant
de tout
son être
pour savoir
si on l'eût
entendu
depuis des
lointaines
civilités
au grand
désespoir
de n'en point
rencontrer
il sortit de sa
poche déjà
déchirée
par les
tiraillements
de sa misère
un cran d'arrêt
lui servant
au mieux
pour manger
une rognure
et au pire pour
se défendre
contre des
rencontres
inopportunes
et d'un autre
genre
l'homme
au passage
peu fréquenté
ouvre son
couteau
et le lève le
porte
au cou
sous la
mâchoire
là où l'élan
de sa
démarche
folle lui
assène
un coup
dans la chair
danse d'une
disparition
vertige et râle
en sauts pour
se jouer
du temps
et du vide
un long rire
s'échappe
laissant une
puissante
impression
à l'homme
au passage
peu fréquenté
des saisons
échappées
remontent
dans l’œil
qui devient
livide et
opaque
dans ce corps
dessoudé
et dévissé.



Thierry Texedre, le 1er janvier 2016.








mercredi 30 décembre 2015

Début

Depuis cette insoutenable fin qui ronge, voilà le seul recours, celui qui montre l'extrême vie au plus haut point, dans la douloureuse exactitude de l'écriture qui trempe son encre dans le mystère du sens de naître. Suintement de ses forces qui s'évanouissent, en laissant un rien, comme quelque chose de l'altération de la chair. Par les pores de la peau s'émerveille la parole reliquat. De celles dont on croit que cette vaine écriture n'aura pas cessé de martyriser la vérité. Aiguës, aux consonances de l'interpellation de ces douleurs qui prennent pied au milieu de l'acquis, les catacombes sentent bon la fin, repos de ce corps intronisé par les ans, pour rencontrer alors sa transsubstantiation. Il voit encore quelques vols au-dessus de ce temps désabusé, vols en v de ces oiseaux qui trouvent par ici la paix en attendant le départ pour un ailleurs. Il faut pousser sur ce que la chair importune, lancinante chair, crépusculaire tentation de partir. Trouée pour entrer dans l’éventrement, pour faire sortir de cet orifice la fée intérimaire, en attendant cette lumineuse parodie que la parole infectée aura le temps, encore, par ici, d'expliciter. Depuis quel jeu de l'expulsion, terreur de formuler ce contour de la mort, y a-t-il l'infatigable déclinaison de la peau tiraillée entre les sons impuissants et les cris infinis de l'intrusion dans l'au-delà en farandoles ?



Thierry Texedre, le 30 décembre 2015.





samedi 26 décembre 2015

Effusion



Sur quelle instabilité le corps prescrit est-il en devenir ? Dans sa mise à mort du réel, montrant par là ce que le temps a d'exclusion du sujet dans ce qu'il est, l'être pensant sa démesure d'un corps d'écriture voué à la terreur d'exister. Mais pas seulement. Ce corps insoutenable aurait aussi comme une effusion des sens en replis, prêt à bondir sur la peau, dans ses replis, jusqu'au creux insidieux de l'intériorité sexuelle. Dans un dévoilement d'une extension qui s'imbriquerait dans l'évidentialité du même. Copie de cette duplicité des corps encore exclus du temps - pour n'avoir pas encore eu la charge d'une extension infinie par la défaite de tous les temps - de passer par leur extension dans l'infini comme risque, et depuis l'éternité, d'extraire la chair de ce corps visité. Corps de la survivance, corps déplié dans l'ouvert/fermé de cette grande solitude qui monte depuis le fond cadenassé de la chair, corps carnassier de l'improbable exclusion depuis l'abstraction montrée comme l'imposture du vrai, parole insufflée dans la langue des sens. D'un vrai omniprésent dans un va-et-vient qui montre le corps mort (corps d'un autre passé par la vie), et le corps de l'altérité (corps d'un être déjà dépassé pour avoir tenté l'irrésolution de sa chair). La prostration de la chair entrerait en conflit avec cette langue asexuée, pour la valider comme risque d'imitation de la chair, risque depuis la parole, intrusive, exclusive, diurne, et irréductible à la représentation que le temps psalmodie sans cesse. Une certaine musique montre l'exposition qu'un corps d'écriture essuie, tempête de ces veines en circulation, jusqu'au coup fatidique, celui dont on entend les battements plus violents, rupture du cœur, milieu de l'être las, pour en finir avec l'existence de la croyance, exutoire de la foi, extrême probité de l'exactitude de la pensée quand à sa mise en demeure depuis l'outre, l'autre, l'exclu, l'intouché, l'occulté, l'inconsistant, l'inconscient. Ce qui coule du temps montre la mise en suspens depuis l'origine, l’expansion, l’excitation du relèvement du devenir sur l'instabilité de la vérité du dire à montrer ce corps prescrit. Voir, ce serait l'insuffisante expulsion montrée dans la conscience, pour essayer le vrai, le montrer en retour, sous la forme excessive du corps/objet, corps vite effacé de ce qui le signe : le nom. Sa prescription montrerait seulement ce nom depuis une désagrégation de sa signifiance, pour finir par effacer ce qui revient au texte comme fin du fracassant tourment de la vie. Un texte seul peut encore mettre en mots cette instabilité du corps pour prescrire le corps en retour. Texte qui sort de ces corps passés les instabilités futures, de la future prescription d'un corps en devenir.



Thierry Texedre, le 26 décembre 2015.  




mardi 22 décembre 2015

Coupé du sort



Flanqué d'une ouverture
incidemment retournée
comme un ourlet de peau
encore trop lâche et ciselé
en zigzag l'outragé tremble
en avançant jusqu'à tituber
plié vers l'avant se plaignant
de langueurs et de douleurs
moment syncopé précision
chirurgicale de la cible qui
insistera après la peur sur
la mort qui montre le sang
déjà entrain de sortir par flots
jets saillants de ces profondeurs
que seule la chair reconnaît
les yeux manquent de voir
communément devant autour
et par terre l’œil est vitreux
à toute allure le bonhomme
s’ébat se débat désabusé docile
et tel un pantin part au grand
désespoir de sa vélocité virale
le vortex rompt avec l'extérieur
les membres deviennent lâches
mous et brinquebalants dans l'air
une trace de toute sa longueur
revêt le bitume d'un rouge
globuleux derrière comme
une ombre sans discontinuer
suintant en suivant l'homme
jusqu'au moment décidé de
la défaite frénétique l'assistant
jusqu'à sa perte de conscience
un coup de feu avait retenti
en rafale peut-être il passait
par là comme tant d'autres
parcourant les rues d'un centre
une de ces rues commerçantes
l'anonyme d'une hystérique
compulsion des sens irradiés.

Thierry Texedre, le 22 décembre 2015.







dimanche 20 décembre 2015

Litanie pour des lumières



Lanterne qui luit en un point
lentement s'éteint en tuerie
par ces esprits impuissants
devant l'espoir d'un jour
qui pousse la lumière jolie
à se mirer dans la lueur des
yeux volés grands ouverts
jusqu'à cet impropre blanc
teint pâle oreilles perdues
vilain dans les flammes de
l'enfer se ravise s'enchâsse
sur l'espadon qui pointe
sa foutue frimousse le bec
qui claque pour tourner en
dérision la peur l'immolée
en pâture donne aux élus
ces vauriens nus et repus
sa viande cousue au corps
rouge d'entrer par la mort
la rescapée et l'insoumise
elle me revient d'un éclair
une fille divine un amour
pour entrer tout en bégayant
dans les sphères du miasme
obsédant de la transgression.


Thierry Texedre, le 20 décembre 2015.







vendredi 18 décembre 2015

En filigrane



Effacement du genre humain
maintenant est à l'heure
de notre mort devient la peur
inimitié avec la vie qui demain
se rangera aux côtés du sort
tiré de cette rencontre ridicule
avec l'autre monde encore
des flammes qui reculent
devant l'extinction de cette voix
quel mutisme quelle moribonde
décharnée jusqu'à l'os aux abois



Thierry Texedre, le 18 décembre 2015. 







jeudi 17 décembre 2015

Athénée



Maître du temps
tremble tué de tes
infortunes mortelles
par la conscience
inventée pour courber
ce grand retournement
de la création et
le coucher dans la glaise
du créateur qui fronce
de ses yeux atemporels
la naissance retournée de
la nouvelle création
cet ordre puissant
qui montre en
travers la lame
coupante des têtes
tombées le jour
naissant depuis
l'ombre rencontrée
qui revient en fantôme
du fond des tombes
un matin nourri
à foison par ces
mots émancipés
de la douloureuse
maîtresse attachée
au bien insoumis
tu marches jusqu'à la
conscience tournée
vers ces tiraillements
du futur flammes
de la vie qui entre
par les pores du Tout
touchant la Foi
au plus près de la
vérité du dieu vrai
de Dieu qui commence
accouche partout le temps
du drame qui vient
au devant de ce grand
ferment de la vie
pour exister partout
où l'être avance
son visage édicté
par les vents du temps
inspiré de Tout partout
où la vie étreint la mort
sans fin aspirant le
choc puissant des morts
qui reviennent mémoire
de la destinée engloutie
dans le néant volé
à l'esprit déferlant
par les hauteurs impunies
de la certitude des voix
qui inondent tout l'être
pour l'emporter dans
les nuées opaques
du rêve d'Athénée
qui sort du fond imbu
du Rien exalté par l'Invie.



Thierry Texedre, le 17 décembre 2015.







L'être de ces limbes



Dans l'instant tétanisé
le saut dans l'infini
semble résolument
celui qui montre la
fin d'un temps de la
dépossession avérée
poussant par un vent
atterré l'être fornique
sa grande terreur du
recentrement de cette
mortifère pétoire en
majeur rite du corps
livré au risque de la
chair vautrée en son
nom entre les seins
de l'ourlet qui gicle
un blanc suc d'urine
livide sur le corps du
jaillissement vulgaire
d'un interdit du jeu
divin soufflé depuis
l'origine née de rien
résidu de cet être trop
plein de rites encensés 
débordants de l'anus
anneau du désir vilain
pourchassé de ces bas
étages en pets poussés
par la sortie pour lire
l'écrit tentaculaire lire
assit sur la misère du
siège engoncé sur le
trou de l'évacuation
sismique là la bouche
bouchée par les rides
du con qui pousse sur
l'étreinte de ses chairs
assermentées depuis
l'église ouvre à tous
vend ventre gonflé qui
sent sa fin proche où
rien n'aura cessé alors
d'être exhumé exquis
foutoir que ces lieux
autrement inventés
pour faire parler le
corps fustigeant qui
trousse l'ombiliqué
corps pendu à ces
paroles offusquées
par des sorties perdues.



Thierry Texedre, le 17 décembre 2015.







mercredi 16 décembre 2015

Depuis l'ëtre laïque



   Sur ce qui manque à la dernière tentative de rencontrer la mort depuis cette petite fin, dont on sait aujourd'hui que « l'étant » religieux manque l'extériorité de la mort à montrer le sacré par la représentation picturale, le corps du croyant hypostasie « la fin » dans un état permanent, d'où émergeront plus tard les prémisses de la « laïcité » ; un état de l'étant qui voit une impossible reconnaissance de l'être à trop dramatiser son présent, à soumettre ce temps au risque d'une finitude du corps (encodage de la « chose » liée à l'animalité de l'espèce humaine via la représentation de chose), pour s'évader dans l'immanente « réserve » qui montre la langue comme ce qui fonde « le croire ». Feinte de ce croire tourné vers sa mise en consubstantialité, pour opérer ce retournement contemporain de la laïcité qui s'émancipe de l'extrême existence de Dieu depuis son fils en tant que créature terrestre de la même substance que le père ; dans une transparence du temps et de l'éternel, pour passer de l'un à l'autre, dans une sortie médiane, corps intermédiaire d'une représentation d'un corps de la séparation, corps représenté plus particulièrement dans la peinture d'un Thierry Cauwet. Soulèvement de ce corps qui rompt avec sa perspective binoculaire, pour traverser la grande exaltation de ce qui s'indique comme étirement du vrai, vers sa gloire, pour n'y voir plus qu'une transparente exactitude de sa croyance, jeu du pouvoir de la chair à faire jouir ce corps depuis son être ; traduction de l'érotique divination en jouissante partition de cette traversée de la chair imposant sa non reconnaissance à l'esprit de l'engendrement amoureux. La laïque « certitude » de ce qui serait libre d'outrepasser la foi, parcours vers cette infinitude d'un lieu sans bords, format que la peinture continue à montrer comme impossible laïcité de ce jeu du corps libre de sa langue parlée, hors d'une conscience qui le fonde au plus près de l'empire des signes qui fondent cette laïcité du corps social de l'appartenance au commun ; communion dans la reconnaissance d'un lieu commun à l'humain, aux sujets qui forment ce dépassement de l'entendement, dans ce qui pense, la tentative d'extraire de la pensée ce sacré diurne, ouvrant sur la vie l'impossible fin de ce corps de la dépense. Autre corps chez Sergio Padovani, inquiétude de n'être là que comme irruption du rêve dans la langue parlée, pour penser ce qui n'a comme corps qu'une fois la jouissance évincée de ce rêve, évitement d'un parcours au format, qui pourtant se mesure encore en peinture, chez Padovani. Risque inconsidéré de prendre en écharpe cette religion, tragédie qui remonte depuis l'expulsion d'un corps de la nudité, et ce vers des marges dont on ressent déjà la démesure au centre et à la périphérie du tableau. Éclats d'une perspective qui revient pourtant en « surimpression », simulacre de l'optique virtuellement plus présente qu'au XVe siècle où la profondeur tentait l’occurrente vérité, et d'où l'on avait l'impression que les personnages sortaient du tableau. Cauwet comme Padovani ont su rencontrer ce qu'une perspective fait penser depuis l'impensé de cette marque picturale qui montre l'au-delà tenté par ce qui nomme le laïque, tout en démembrant un inconstant tiraillement du corps pensant sa fin.



Thierry Texedre, le 16 décembre 2015.



   

vendredi 11 décembre 2015

Sortilège


Sur quelle osmose le temps
rend au corps sa configuration
tempête qui commémore l'astre
en soulevant l'usure du temps
sur ce corps déchaussé par la
fin ultime de ce coup d'arrêt de
la foi sur cette ostensible chair
capitulant entre les dents de la
bête infâme et ignominieuse
qui monte en soi de notre âme
tiraillée entre naissance et mort
glissement en danse de cet os
qui claque tant et plus sur les
compositions asservies la peau
commenterait-elle ses plis en
chant et vibrations des cordes
corps encordé sur des vocalises
chapitre de l'avant qui se referme
sur l'expulsion du sordide appel
de la voix de quel sort ce tronc
tonitruant pousse en farandole.


Thierry Texedre, le 11 décembre 2015.






jeudi 10 décembre 2015

Notes sur ce qui saute depuis un coin social de la dépense.


… Foutaise que le grand retournement de l'accès à un dévoilement social, risque démesuré d'une diversion de la mort vers la parole ; itinéraire dématérialisée de l'audition contre une écoute véridique de la musique. Accélération dans la vitesse du changement des choses, virtualité des sens depuis ce lieu inapproprié du social sémantique. Signifiance qui montre l'inconscient comme départ d'un hiatus, drame du manque, qu'une signature soulève depuis ce nom, tentation d'une mémoire de la monstruosité que représente l'image. L'intonation qui montre l'existence interminable de ces reproductions du corps pensant, pour vite vivre ce nouveau lieu, lieu d'un corps à-venir, qui pense son état de croyance comme tel, depuis un sujet pensé double, depuis un corps mis en juxtaposition avec cette chair inventée pour jouer à qui meurt-jouit. On aurait ôté la vie à ce corps depuis sa jouissance manquée, risquant d'en finir avec cette parole musiquée en sons vrais, de ceux qui traversent la chair entrain de disparaître, osmose avec l'os. Ce regard incessant qui touche à une fin docile, fin d'un corps en sommeil, hors d'atteinte de sa rupture avec un présent de l'accident de parcours. Coupure telle des mots usurpés, arrêtés par un point ; le sommeil se remet de cette irréalité du vivre, ensemble dans un jeu qui met les règles entre- parenthèses. Commémoration du social interdit, lieu d'un lien depuis ces corps de liberté qui souffrent, de ne plus être qu'en délitant ce corps pensant en une jouissante dévastation de sa chair, coupe trop vite identifiée pour être, de cette vérité qui tient le temps sous son présent, présent contaminé par le développement de la parole... Si la peinture retourne le lieu du social contemporain, c'est pour, en coin, tenter de mettre à terre cette dépense qui ouvre à la mort la parole d'un lien social passé par les armes de la chair...



Thierry Texedre, le 10 décembre 2015.