dimanche 2 septembre 2012

Le poussoir du temps





Pousser un dernier soupire, vers ce sas de décompression, sacerdotal le verbe se risque à renvoyer son corps d'élection vers d'autres états empressés. Quel amour sinueux, que ce récit qui est  encore empli de chair, choix de la chaste peau qui se prend à jouir discrètement, résolument. Le désir monte en rendant compte de cette exubérante fornication entre les plis, pour partager pour faire s'envoler les deux artefacts distendus. On rapportera que ce corps, encore pris dans sa surface, sauterait, si sa jouissance ne suffisait pas à une survie en profondeur. Vivacité de ces hémisphères qui pensent que ces sens sont savants pour commencer à penser. La vie virevolte en satanées sources soliloques du rien dedans raconté par la voix dehors. Source de l'entendement roué par la voix qui s'offusque de n'être jamais là où le dedans s'anime, juste après, elle s'en tire avec une interminable interprétation de la chair, forte de pouvoir s'en expliquer - elle se retire trop souvent en laissant un corps morcelé et contaminé par l'audition. Ravage de la parole exténuée pour refaire le monde en arrière, satanée garce que la vie du corps rencontré dans tant de stations. La métonymie s'invite entre corps et écoute, intériorité et intelligibilité. Ce risque d'approche le dedans est un terrassement de la parole, un acte violent qui maltraite la parole, la rendant plus vraie en discourant dans les alignements vertigineux de l'écriture qui tombe dans la verticalité comme dans une erreur de la vie; les corps tombent quels que soient leurs poids. Un cœur s'ouvre quand le corps qui pense traverse la parole vers cet être qui pousse les sens jusqu'à leur extrême impression, vertige de l'orgasme extrême. Que ces gènes soient l'aboutissement de ce drame à venir du corps né figural.



Thierry Texedre, le 2 septembre 2012.



samedi 1 septembre 2012

Fuite sans question












Foutaise que ces sens qui vous touchent et vous grattent les organes, rien que pour faire face à ce temps de la déliquescence. On tentera encore une fois de forniquer les oreilles grandes ouvertes, mais c'est sans compter que le temps s'en fout. Foutre le camp, c'est la cause de ces inséminations volontaires du corps détonateur de vomissements atomiques, quelle naissance vaut d'être vécue, sinon de celles qu'on ne connaîtra jamais? Juché sur lui comme si celui-ci savait qu'elle allait se faire sauter, telle une irrespectueuse révolutionnaire. Lenteur du délire de ces fous qui sentent le renfermé. Lenteur que ces enregistrements qui vous occultent le cerveau. Lentement la pensée se met en condition de revisiter la folie. Lentement la folie change de lieu, se déplace vers des aires plus irréalistes et moins identifiables. Une grande marée submerge alors cet homme allongé sous l'éminence de la reproduction désolée. Une certaine dérive, un corps nu puis un deuxième, et un troisième plus petit recouvert de ce sang qui sera lavé, le cordon encore attaché, la respiration va-t-elle venir, le souffle monte, un cri, un seul suffit. La terreur de cette grande naissance du corps qui doit respirer l'homme avant de vivre hors du ventre engrossé par toutes les étoiles du ciel illuminé. Si ça rue dans les brancards c'est que tout corps né n'a d'autre but que celui de chercher ce que la mort va occulter. Chasse pour rien, coup d'arrêt du vivant dans d'infernales expirations tonitruantes jusqu'à ce que l'oxygène vienne à manquer. Sauts vers le néant violé par le firmament, oui, le firmament est ce trou noir qui va oeuvrer pour visiter nos nuits, dans ce sommeil cauchemardesque du trou qui vous emporte jusqu'à ce réveil, comme si nous étions pris dans une possession infernale. Le jour où s'éteindront les étoiles, l'homme se demandera pourquoi il pense! Quelle fuite pour l'humain sinon ce grand saut dans l'inondation de l'accouplement originel, imposture des religions, mais rêve qui renverse un corps rampant en corps redressé verticalement pour compenser sa terreur d'avoir l'oeil comme centre de l'image inimaginable. La découverte de l'image fixe est un ersatz de la folle épopée de l'homme sur l'animalité des sens.




Thierry Texedre, le 1 septembre 2012.

vendredi 31 août 2012

Les chants dorés








Les chants dorés


Strophe tropique et hybride
qui se montre dans l'obscure
fournaise du léger tremblement
de toutes ces mille âmes scélérates
l'outrage dans un trop grand jeu
d'une sorte de vie qui en impose
ça pousse outrancière station qui
soulève la mort vers la fin usée
de ce récit qui flotte sur le dire
occulté de ces lois impromptues.

Sourdine de ces chevauchées
impossibles dans l'immensité
de ce fond ossuaire ostentation
de la vie en équilibre par ces
lois scélérates transies la vie vire
au drame quand bien même sous
ses effets ses affections s'évadent
ce corps transit sans transition
déséquilibre du corps qui penche
dans l'appel à sa dernière demeure.

Sens des choses apprêtées pour
être dites en dictées irremplaçables
reste de cette escapade sous l'eau
ver animalcule sans la vertébrale
raison depuis ces sauts en avant
raisonnement malade et malhabile
de la pensée en expansion pourvu
qu'on y croit coup de dés jamais
les chants de nos impérieux accords
poussifs depuis les temps pluriels.

Sous les chants dorés de la vie
le strabisme du corps se divise
lentement pour enfin n'être plus
que l'ombre de lui-même voilà
en l'occurrence l'abjecte interdit
qui vous nuit sorti de cette nuit
imposture improvisée impropre
à la tentation maîtresse du désir
osé par le corps dédié à sa chère
et chaste peau qui recouvre l’œil.




Thierry Texedre, le 31 août 2012.





















dimanche 26 août 2012

Corps et cri












On commence par couper, on oublie ce qui vous a tant taraudé, on se fait la guerre des mots, même ces maux sont ceux de l'appel de ce fond hasardeux du dedans, intériorité que l'être humain a cru bon d'amener à ce lieu résolument tellurique: l'âme. Un air qui cherche sa densité, sa connaissance, son tiraillement testiculaire, sa mise en gonflement de cette sécrétion du coït vaginal. Travaillé par des mots qui violent l'intimité, le corps semble le support de soubresauts, de tremblements, d'imitations, de réflexes contaminés par la vue de ces corps nus du dedans. On entre, on y trace quelque folles inspirations, coups de canif sous la peau, pour ôter ces masques ces errements, ces égarements, ce que aucun silence n'aura de cesse d'évacuer. Majuscule farce du présent que seul un corps de folie peut encore exprimer, là les cris sortent de partout, pets, chiasse, surdité, écume dans la bouche, yeux rougis et larmoyants, membres rythmés par leurs déplacements saccadés, les doigts repliés, comme pour arracher du bout des ongles la surface qui apparaît sous ces attouchements violents. Un long moment sans cri ni violence se met en place, le corps se replie sur lui-même, il s'ordonne, se réalise pareil à certains dormeur assis béatement, les mouvements à l'arrêt - la petite mort - voilà à quoi pensent ceux qui voient cette scène. Puis on entend monter comme un râle de la gorge, légère indication, le corps se redresse brusquement, se met debout. Il marche vers ce mur les bras ballants, les yeux sont blancs, et fixes, le pas se précise, le sujet accélère sa vitesse; un blanc, soudain. On s'apprête à laver le mur plein de grandes traces rouges, giclées et essuyées par de nombreuses traces de main, dessin à plat dans toutes les directions, à hauteur d'homme. Au centre un amas de sang plus dense semble révéler le départ de ce jeu démoniaque. On y voit des particules de peau aussi. Plus loin sur le sol un e forme affaissée et méconnaissable gisant sans vie. On s'empresse d'emporter le corps, une enquête semble s'imposer. Autre folie imposée à cette société sous l'emprise des sens, pour remonter le temps, sans cesse le remonter, comme si la folie dépendait du temps passé!




Thierry Texedre, le 26 août 2012.




mercredi 22 août 2012

Dune













La pression est forte, un début sous anesthésie, un décollage du vertige polymorphe. Toutes ces formes qui entrent dans la danse, dans l'antinomie, dans l'imprévisible. Le corps soudé à la voix se met à donner des coups d'arrêt, coup du sort? Vestiges de la vie sans eau pour nager sans intervalles. Un corps qui trempe dans l'immobilisme de la nature humaine. Langages du très improbable drame qui s'ouvre au-devant de la scène. Sur quel sol dansent les ivresses damnées depuis l'intérieur de ces corps opulents et colorés par le vin qui coule à flots. Flottaison de la traversée vers l'horizon illuminé et rasoir. Rachitisme de l'esprit qui inonde les écrans fumeux de nos errances électriques. L'écran se coupe de toute vérité puisqu'il est un support d'objet dédié, dédicace d'un nom désarticulé, d'un retournement de l'histoire par manque d'amour pour son prochain. L'autre peine à entendre puisque ce moi crépusculaire vient l'autoriser à forniquer avec le sang en coulées ininterrompues, rivière insolente de la vie du corps vidé, corps traversé par d'immondes facéties venant de ces arachnides enveloppant de leur cocon l'illustre homme troué, pour en faire un réservoir de sperme, femelle prévoyante. Coupé par les vents contraires l'air devient un puissant refuge pour des mots étranges sortis de ce fond indécent du gouffre vénérable. Corps plié ou penché en avant, pour forcer le passage, pour pousser sur les sons, sonne le temps de la délicatesse des ondes porteuses, naissance ondulante de la chose excentrique exposée là comme pour l'ingestion, nourriture terrestre insurmontable. La vie rencontrerait-elle autre chose que cette nourriture damnée par la colique intestinale? Sables de ces déserts exposés aux visiteurs curieux que de telles oeuvres se dessinent sur la dune hirsute.



Thierry Texedre, le 22 Août 2012.
sur Tan Dun ~ Concerto for String Orchestra and Pipa



dimanche 19 août 2012

Douleurs















Trachée ouverte pour rien
on s'y invite dans la terreur du dedans crié
touché par tous les pores de la peau
ces sens sentent l'encens pour prier
pour conduire dans ce grand désert
du corps la venue de Dieu sa compagnie
sa présence sa tempérance
douloureuse marche où ce
corps infranchissable gît ici
du bas vers le haut en solitudes ultimes
on traîne on taraude on court ce cou tendu
vers l'au-delà irrespectueux
de la haine pour cette souffreteuse douleur
chassé du désert la parole écrite pour moins
en respirer de la tentation d'exister juste pour
extirper au corps sa gaine de peau malhonnête
peur éventrée devant celle pour laquelle
la peau se glisse dans les bras d'Aphrodite
l'entourant dans cette tentation drapée d'un
doux voile opaque par quoi la peau
sulfureuse s'enorgueillit d'avaler
l'emprise des sens sans rien
dire de la douleur ténue qui
monte prisonnière la proie
elle est la croix qui sera portée
elle est cette jachère que l'âme
damnée ranimera dans l'esprit.




Thierry Texedre, le 19 Août 2012.



vendredi 17 août 2012

Travers







De travers le chant s'étale jusqu'au milieu omniprésent du corps qui souffre et s'offusque de n'être plus qu'un os usurpé celui que la chair s'évertue à exterminer le temps d'un repli sur l'intelligence de l'humain. On entend dedans comme en sourdine ce chant misérable d'un misérabilisme transbordé dévisagé du corps surdoué du corps couvert pour éviter évincer sa peau qui s'arrache au temps désaxé du temps entre-axes centre de l'interminable dévotion pour la rencontre avec cette rognure d'homme celle nauséabonde du sexe policé pour n'avoir jamais rencontré sa passion. La poussée du temps sur ce corps belliqueux va tarauder creuser jusqu'à l'os l'homme aimant pour le faire rendre le renvoyer au fond farouche de sa bien-aimée femme caverne femme accouchée du désir de possession du tronc commun prendre le dessus sur l'homme aléatoire le dévisser de sa hauteur la chair là-haut se glose d'appartenir à ces bas résilles et cette culotte lisse qui serre l'entre-jambe du mont de vénus loisir pubien dégondé qu'un mâle désespérant ravage de son attirail désuet. Ça tripote les sens et ces sens s'envoient en l'air par-dessus la jambe du temps galvaudé cadavérique jusqu'à l'os terminus l'os de la fin qui emplit l'intérieur de ses gouttes sucrées jets insupportables au coin de la punition chantée quand même pour croire encore au plaisir partagé. On efface ces eczémas du corps dépucelé on en rit on en joue on touche à tout même à rencontre l'os ce ténébreux fond gangrené par les attouchements répétés pour écarter les lèvres calomnieuses et humides.


Thierry Texedre, le 17 Août 2012.

dimanche 5 août 2012

Suranné












De l'invalidité naît cette occlusion, occultation de la vie intérieure. Faut-il se remémorer, substantivement comme si le poids de la mémoire devait transfigurer l'état de déliquescence d'un corps dépassé? Quel songe peut rivaliser avec ce corps-tronc qui saute de ces lieux invisibles en temps réel vers d'autres incertitudes de la violence d'un agir? S'agissant de cette lenteur, de celle qui est en état de pesanteur, dans une réduction gesticulatoire telle qu'un viol peut endommager un corps, le couper; mémoire du membre abîmé, plus enfoui, celui manquant! Le temps passe et le corps effacé draine une multitude d'empathie envers une interminable fixation sur l'un, osmose irrésolue, pour inventer un corps d'amour, un objet double: corps ossuaire et corps figural. Quel corps mort pour être désarticulé va rencontrer la force éruptive de celui inventé comme transporté par l'esprit qui figure un corps lumineux, corps qui rencontre l'acéphale pour l'inverser, le forcer, le renverser comme si la vie passait par son envers, tête sans corps, corps voué à l'invention d'une tentative d'extirper au tronc cet essentiel que la mémoire reconnaîtra en faisant pousser ce corps hors de ses organes abominables. Un passé déconstruit, pour chasser sur les terres d'un présent illusion, mais présent qui ondule sur les pas de l'affect. Terreur de l'image réelle, dans une charge émotionnelle qui fabrique du sens, multipliant ainsi les images de ce corps blessé, et guerroyant avec ses plaies béantes, cicatrices de l'invulnérable essai de vivre en coupe, de biais, œil plus ample que celui d'une normalité désignée comme telle. Corps tenaillé corps rescapé, corps de la résolution, de la dissolution des maux dans l'anonymat d'un corps dramatique. L'envol de l'oiseau de son nid, oiseau sombre au milieu des champs de blés, un jour d'août, chaleur accablante, au loin on aperçoit quelques corbeaux sur une ligne d'horizon rougeoyante. Ce corps qui tend les bras dans leur direction, juste en imaginant ses bras, ce corps tronc assis devant tant de beauté...



Thierry Texedre, le 5 août 2012.


dimanche 29 juillet 2012

Torsions











Torsions

Ridules ce raz de marée
risque de rire du temps
roué de coups sonnants

lente agonie sous pression
luisant le ver vertigineux
leurre de lumière immature

sourd ce corps est coudé
sous un ciel de plomb nu
sourd à tout jamais doué

ténu ce coup du sort leste
touche le sol de ses bras
tatoués tel un astre mort

osé il a osé en rire martyre
où est passé l'effroi qui s'
ouvre à la tremblante cité

ce n'est plus là le lieu du
cœur mais bien celui du
coucher de soleil à l'envers

peur apeuré épisodie de
plusieurs morts à la fois
pousse-toi que je m'y mire

foutaise que ces onces de
froide finance l'étendue de
face est noire de ses cendres

encore une fracassante force
entoure la chair à vif vidée
et creusée dans la sèche vie

vie vidée de sa substance
vacuité de ces errances de
vos vacances éternelles bah

batifoler sur tout ce qui bouge
bouton de ces sexes arrogants
bravant l'effroi infini du vide

usurpateur de nos plaintes
unique forçage du dedans
ultime jouissance dévorant

tout sur son passage prouesse
tentaculaire de Gorgô qui se
tord autour du cou d'Œdipe.



Thierry Texedre, le 29 Juillet 2012.




Masque

 






 
Œdipe par Thierry Cauwet
                




Quel appel ce corps-ci veut en échange de quoi? Tonitruante variation dehors, de ces bruits qui vous décontenancent. On a le temps, encore le temps, toujours le temps, rien que du temps. Ce qui vous arrive n'est plus le résultat d'une découverte, lieux de la peur étrange qui nous obsède au point de représenter loin, très en retrait, ce qui sera les signes d'une future langue. Peur de l’inexplicable aujourd'hui, peur de la dévoration hier, peur de ce détournement obligé vers la chasse? Petite cause grands effets. Massacre et acharnement, multiplication de ces déplacements pour se nourrir, mais encore pour jouir dans l'irrationalité des corps de vie possédés. Partout on en est encore à rencontrer cette possession, et lutter pour qu'une mémoire ait lieu, vie qui fait le temps de cette mémoire, la rencontre avec l'objet désiré, chute devant l'objet déposé et vidé de sa substance intérieure. Les codes et lois se multiplient pour rien, juste pour relayer combler dire combien on ne peut arrêter ce mouvement, cette image qui flash extorque et jette tout ce qui obsède. Le mouvement vous arrache à la sédentarisation malgré vous, vous sortez, revenez, repartez ; la mort vous frôle, la vie est en vous, vous êtes l'hôte de ces dieux invulnérables, la vie éternelle vous appartient. Aucune parole ne vous effleure, votre armure est votre assurance, vêtu de cette identité commune, l'homme se retourne mais ne marche que comme une individualité masquée, oui le masque est toujours là, la face calée derrière cet étendard, on psychote mais on est fort de la beauté de ce masque.
Le lieu de la dénonciation est un risque pour l’œil qui voit ce que d'autres ont vu sous d'autres hospices, voir c'est dépenser la voix de quelque répétition de la vue, pour entendre une autre félicité ; celle qui ouvre à l'érosion de cette érotique invasion de la chair dans la voix subitement voix, pour moins voir et mieux penser sa césure: tremblement du corps qui croit penser alors qu'il jouit du peu de temps qu'il a pour parler vrai. Ce corps-masque est là pour suspecter la voix, pour mettre son dire sur une ligne, celle qui est traduisible. Somptueuse dérive du corps-masque émasculé ou acculé au bord de ces ricanements et rictus, commissures des lèvres gonflées, comme si les plis annonçaient l’œuvre de la fin cellulaire. Quel masque et quelle respiration en arrière plan, sous cette peau interchangeable et plus moderne que celle de la chirurgie esthétique. On est la beauté intramusculaire, le lieu qui vous pique cette identité pour vous reconnaître dans un ailleurs inassouvi mais au plus haut point régénérateur. Soins par cette peau collée en décolleté, bijoux qui prend ce cou d'un coup jusqu'au sommet en cheveux d'or. Peau hors la loi, respiration de ce corps devenu autre, illustre inconnu, vénérable solitaire que ce masque unique pour un soi au-delà de l'identique. On entre dans l'inconnaissable, dans l'irréversible soustraction de cet autre qui n'est pas soi et devient soi par l'addition du masque-révélation. On peut tout par cette décollation de la naissance pour vivre la résurrection qu'une folie en tête - fût-elle toujours là - quitte ce lieu inhospitalier afin de penser la porte de ce purgatoire insolent.

Pour mon ami et artiste Thierry Cauwet


Thierry Texedre, le 21 juillet 2012.

jeudi 28 juin 2012

Nuit zébrée













Le long du fleuve, s'étire l'aorte grande ouverte, rendu d'un corps inerte, le long du fleuve un soir d'été. Caché dans les buissons dessinés de main de maître, la peau, nébuleuse, violacée, traverse une dernière fois le cycle des couleurs vers l'apothéose, le pourrissement vénérable du corps d'une belle inconnue. Au loin, en face, les phares des voitures sur la pénétrante, joue à se croiser, danse pour une vie virevoltant au son des moteurs. La nuit renvoie les lumières des immeubles qui bordent la voie, par de longues traînées zébrées, jusqu'aux pieds du corps, qui apparaît alors comme morcelé. La ville continue sa course effrénée, comme si ni le jour ni la nuit n'arrêtaient jamais rien. Aucun pouvoir, ni force d'attraction sur la vie insouciante de ces hôtes assidus et propulsés. Poussés par on ne sait quelle force. Passant du vif intérêt pour sa progéniture, au temps du manque de temps lié au désir violent d'exister, excitation que l'autre mettra à mal pour retenir ce nom impitoyable donné à la naissance. Quel être que cette morte recroquevillée sous les haies au feuillage garni. Le sol est sec, dur, bosselé, brun. Terre qui s'évanouit une nuit d'été, caressant les astres aux reflets lumineux, pointés ça et là comme une autre vie, qui elle, sort déjà d'un présent à refaire.



Thierry Texedre, le 28 juin 2012.

samedi 23 juin 2012

Du jeu













On passe à côté. Et de nulle part, se lancent les cordes, oreille mal intentionnée, haut bruit des violons agités autour de cette sonnerie du déficit mental. Là-haut sonnent et glissent, et les cloches et les archets, sur quelle onde porteuse; tête d'où les maux sortent, douleur irrationnelle d'une musique assourdissante. Température du dedans déconcertante, touchant au temps de la dépossession. Douleurs qui activent les images du passé, pas seulement, aussi celles plus déchirées, hachées et à reconstituer, plus tard, peut-être. On attend l'aurore, cette douceur des choses égales, une lenteur qui oublie l'essentiel de la vie qui se répète. On tombe par un hasard somptueux sur la beauté suprême. Une blancheur de la peau si lumineuse, qu'on eut dit un rêve en plein jour, on rêve le jour aussi. Peau toute en tendresse, presque ce que la mort apporte d'éternité. Quelle blessure résisterait à cette rêverie, mêlée aux digressions de cette musique qui tente de blesser mon âme. Un combat semble s'installer entre celle qui m'emporte dans ses grâces, et l'enfermement de ces maux de tête insupportables. Des coups tentent de me pénétrer, mon visage s'affaisse, se raidit et me retire en plis, en rides douloureuses - pendant que la musique envoûtante m'exaspère sans que je puisse l'arrêter. Mes yeux, encrés encore dans l'étreinte que cette colombe posée sur mes mains provoque, semblent le lieu d'un combat dont l'hypnose prendrait le dessus? Mon envol se résout à oublier par bribes la musique qui s'espace, s'éloigne; elle revient doucereuse pour me reprendre dans ses griffes. Mirages des sens, musique au refrain tenace; je m'écarte et reviens, j'aspire à la paix, mais l'esbroufe tremblant m'envahit plus que jamais. Le jeu entre la vie et la mort lentement m'use, m'interpelle pour sentir mes sentiments et se gausser de mes sens; de ma mémoire désarmée et touchée jusqu'à l'usurpation. Et vont se refermer les voiles de l'opacité du temps, le ciel aussitôt, se plie pour laisser l'image derrière, dans le trou, dans l'ouverture de la béatitude, où vont s'enfoncer les voix dans les ténèbres, pour rejoindre l'enfer de la parole d'où sortira le rêve qui habite ce corps de vie.




Thierry Texedre, le 23 juin 2012.



vendredi 22 juin 2012

Le moyen-dire













Liberté, libre-échange, soubresauts exténués par la perspective frontale du sens. Libération, livret de quelle détérioration de la folie factice; face aux récits de l'avènement Christique. La ronde se tient de ces chants idéaux qui tournent les yeux de l'hystérique d'avant. Les guerres enflamment l'Europe dévastée par la peste, la faim aussi. Les rêves depuis la fin des temps, fondent au soleil devant les massacres et les arrachements aux croyances encore liées aux mythes. On s'évade de ces tortures pour se lancer dans les grands océans impénétrables. Peine perdue, le corps est à son apogée, on le renâcle, on le falsifie, on le décolle de sa chair. Que ces prières forment en plaintes obscures la foi du divin. Partout on danse avant de guerroyer, on mange l'homme et on empale la femme, on joue avec le diable, le feu s'élance à grandes envolées dans d'immenses forêts, pour que la terre nourrisse ses sujets. Livrés à eux-même, les outranciers bonshommes mal fagotés s'arrogent le droit de hurler au loup avant de parler leur langue, l'argot du pays d'oc. Quelle église soumet ses sujets jusqu'à la folie, tous hérétiques s'ils ne jouent pas à musiquer leur intériorité muselée par d'innommables flagellations au son de la terreur, villes impressionnées par ces remparts qui emmurent l'esprit, encore interdit par l'expulsion du péché dicté. La peau est encore l'extrémité de la putréfaction de la parole face au désir du corps impulsé, traversé, tapé, déchiqueté et happé par les horreurs de la dépression latente du corps qui sort de tous ses pores. La peau est le mystère du Moyen Âge, pas sa conservation. Les morts enterrés, les fous sous l'emprise de la démence seront brûlés. Entendre des voix, chant intérieur de ces crissements des os pendant la torture, on en usera encore plus au vingtième siècle.





Thierry Texedre, le 22 juin 2012.


dimanche 17 juin 2012

Que ma joie demeure














Quelle impédance, ce succédané qui offense le corps psalmodié, ce corps de la délivrance. Chant des ténèbres, chant terrifiant du désir d'accoucher cette vie, vie du dire désirant. Tant de doute, tant de réflexion de ce voile volatil qui semble pris dans le creux de ces mains, mains en prière, et dressées vers l'étendu, l'allongé du ciel céleste, quelle cécité! Le corps pleure son âme perdue, sa chair meurtrie. Maux de l'impuissance du parlêtre face à sa rencontre avec la souffrance d'une chair jouissant de la toute puissante animalité, poussée dans les retranchements de la parole, mimétisme du viol qu'une représentation fagote, jusqu'à l'essoufflement de la fin du temps de la parole. Sacrifice du vice d'un corps mort pour avoir rencontré cette double appartenance de l'être: féminin et masculin/ singulier et pluriel. Nous irions à notre fin en toute sérénité si ce corps n'avait de parole que résurrectionnelle. Quelle extase, que cette vérité, vivre dans l'impossible mémoire du temps! Quelle musique peut s'en prendre à cette élévation découverte en question, quelle ovation, quelle densité que celle de la révélation de la chair, charismatique vélocité du dire dicté par cette suprême chair née du cri de la jouissance. Jeu intemporel de la mort avec la densité outrageuse du don de soi, la joie d'une mort infiniment moins douloureuse que la souffrance d'un corps divin. Manquer le parcours de l'humain c'est faire don de vérité, réellement de la vérité de l'indécence d'un corps habité!




Thierry Texedre, le 17 juin 2012.

mercredi 13 juin 2012

Drame














Chassé du corps
troué le désir se
met à rompre et
se terre dans le
lit inopiné de ce
rythme insoumis
de la pensée née
du renvoi à une
respiration infime
du corps en gène
qui en livre de ses
envies tuméfiées
liberté de la chair
livrée à elle-même
perdue dans les
ardeurs du temps
dépassé pour que
soit poussé le cri
ultime de cette vie
foulée aux pieds
du corps capiteux
campé sur de doux
attraits sulfureux
les seins gonflés
par l'étreinte le sexe
redressé par le flux
infini du désir venu
libérer son suave
pollen virevoltant
incandescente tête
tentaculaire sans
voix centre odorant
du temps déplié
par l'amour ouvragé
en tourments divins
pour que se balance
ce cœur attenté par
les battements foi
la foi en une chair
caressée mille fois
avant d'être coulée
au pinacle du jouir.



Thierry Texedre, le 13 juin 2012.

samedi 9 juin 2012

Méduse

Je crois que peu de gens vont adhérer à ce texte, et pourtant il faut le révéler en toute conscience: là où le sens se perd dans la bacchanale démente du possible humain, c'est l'alerte qu'un possible a bien lieu dans cet impossible, dans l'interdit du lien social. Les signes d'une barbarie toujours prête à remonter de ce fond funeste de la nature humaine. Serait-ce un état de ce que le rêve peut, lui, comme rêve double: rêve nocturne/diurne? Quelque part il y a du "désir de ne pas savoir", mais cette douleur dans l'abomination de l'acte démentiel du meurtre dans la "joie" va mettre le nom du "père" sur un "épuisement de la mort", dans un sadomasochisme du soulagement de ce "parlant", traversé par une "béatitude" du corps morcelé, puisque né d'une singularité sexuée.











AVERTISSEMENT CE TEXTE PEUT HEURTER LES ÂMES SENSIBLES


Méduse

Ah! Ah!! Jette-moi ce corps par la fenêtre... Non! Non! Je veux le bouffer (dévotion ou domination?...déportation...). L'avaler, le couper dans mes mains, malaxer sa chair et son sang encore chaud, juste pour voir mes doigts trempés, et voir ce dégénéré se vider (plus de liquide, que de l'inerte, et par là se voir perdre tout, se voir disparaître dans la possession, l'être possédé, boire le corps et le sang, ne plus faire qu'un avec l'abjection); le sang me monte à la tête!! Les deux horrifiques êtres, sans foi ni loi, se mirent à rire, jusqu'à s'époumoner, leur voix devenant méconnaissable. Les yeux énormes sortaient de leur orbite, ronds et injectés du sang douloureux d'un corps déchiqueté. Les morceaux étaient éparpillés, partout autour des deux compères. Sur un sol encore humide, trempé par les giclées du sang du mourant. On s'empressait de rassembler les bouts, dans un air détaché, vaguement absent, comme illuminé par quelque chose d'intérieur pressant tous leurs os, jusqu'à la peau qui avait la chair de poule. Un tremblement semblait les rassembler tels deux frères jumeaux, leurs gestes saccadés perdaient le sens des choses, ils sombraient dans une folie lyrique, où le passé allait rattraper le présent pour l'annuler dans ce néant vertigineux du jeu avec la mort. Tiens! J'ai trouvé la tête!! La tête! C'est pour moi! Je vais lui coller les bras sur les oreilles, avec le sang qui sort encore du cou... Le sang s'était coagulé et donnait des idées plus sauvages à l'un des deux locataires. L'autre, plus réservé, ne pouvait qu'apprécier ou éviter de donner son avis, de peur de finir lui aussi dans de multiples morceaux décharnés. Le jeu allait bon train, l'un rassemblait des morceaux des viscères, délicatement, en apprenant au fur et à mesure les bons emplacements avec une revue sur les écorchés dans la peinture classique. Les pages froissées devenaient illisibles et opaques à cause des doigts rougis par le dépeçage. L'autre s'amusait avec la tête, les bras, en méduse, se balançaient de part et d'autre du crâne rasé. Les trous des yeux disparus avaient reçu des touffes de cheveux, en guise de pleurs, d'une rivière de larmes. Les acolytes, dans une verve d'irrationalité, folie du présent impénétrable, du temps insupportable, tournaient dans la pièce, l'air égaré, le visage blanc, taché de coulées sèches et pourpres, en se balançant des bouts de chair désossée. Des cris, puis des hurlements, traversaient les murs jusque dans la rue où des passants s'empressaient dans la direction de l'entrée de l'immeuble. On eut dit un incendie tellement le sang recouvrait les carreaux des deux fenêtres, au premier étage...





Thierry Texedre, le 9 juin 2012.




dimanche 3 juin 2012

Mouvements rétrogrades













Arrière-cour du temps saccadé, le temps est le vice-caché de la mort. La mémoire diffuse se rétracte dans une ombre brumeuse, c'est le début de cette éclosion d'une trace mnésiques. Là où se densifient les actes manqués, la mémoire souffre, la mémoire tempère, la mémoire va plus vite que sa reconnaissance en mots. La mort est la grande absente du grand chambardement qui régit la mémoire. On traite le fou, mais savez-vous ce qu'un fou peut faire quand la création s'en mêle? Mémoire en parasitage du verbe, comme fin du verbe comme commencement, début de tout. Traversez la fin des temps, et votre mémoire se liquéfie, pour renaître autrement, dans une matière, celle de la tempête des corps célestes. L'univers est ce calcul de l'infini qui se soutient d'une mémoire à court terme, mémoire temporale. Le vide est la partie de l'univers qui résout momentanément la vérité de ces corps célestes. L'atomisation de l'univers est le résultat de la mémoire qui remonte le temps, à trop se donner en spectacle. Trop plein, débordement, rétroaction, effet de retour sur l'image ainsi créée, pour entériner la mémoire en songes infinis sur l'espace insignifiant du temps. Tenter de résoudre ce qui de l'univers ou du temps est à l'origine de la vraisemblable vérité, tient du miracle. Croire n'est que ce milieu impétueux d'un corps pensant, là où l'être est forclos, coupé du moment irréversible du temps passé. L'extermination, la poussée vers l'apothéose de la dévoration des corps, semble avoir un lien plus important avec la mémoire que ses mots eux-mêmes pour l'intelligibilité et le sens de la parole, de la mise en volume du dire dans l'art de peindre, de représenter, de donner à voir, dans cette mise à plat du format peint. Le ralentissement et l’anéantissement de tout corps, donne à voir ce qui le dessine, coupes et découpes dans une trans-réalité, transformation de l'avant vers une résolution de ce corps possédé par la mémoire, dépossédé de son image, pour en finir avec le temps. On pense parce que le temps est notre déposition, souffrance de la chair, pour faire remonter ce que croire a de tiraillement dans l'amour pour l'un. J'aime ce seul et unique être qui n'est ni moi ni l'autre, mais ce détachement, l'unique émoi, par dessus tout, de l'indivisible étant du corps jouissant. Corps utérin?

 

Thierry Texedre, le 3 juin 2012.


vendredi 1 juin 2012

L'indomptable désir







L'indécence du corps ne descend pas jusqu'au sexe. Du plus court à sa pulsion ouverture vers cette jouissance en vrille, et incommensurable. Le pli n'a qu'à bien se tenir, sur quoi un autre corps peut s’empaler. Se sucer, se courser, s'anéantir, se redresser pour enfin remplir ce trou du désir inopinément. Les mains resserrent le sexe durci, juste pour presser le sang. Les veines semblent gonfler, drainer l'indomptable bambou pour malmener l'affaire. Quelle verge raide vient sucer le con ouvert et rose à l'intérieur. Les lèvres se resserrent autour du gros gland caverneux. Les deux corps s'esquivent un court instant, puis se serrent l'un sur l'autre, comme si les deux parties ne faisaient plus qu'un corps suintant, dégageant les membres remuants et effrayés, de chaque côté d'un tronc au milieu mystérieux et indistinct. Quel instinct peut se mesurer à une telle forclusion? Là où rien ne pense, là où tout s'efface, se densifie et s'annule. L'enfournement de la verge est violent, comme pour faire mal à ce dedans impérial et impétueux. Ravage du temps de la parole. Prière immonde à l'appel d'une jouissance indécidable. On nie là l'acte même d'un désir abouti. L'art du spectacle se dessine sans visage, sans lieu ni ressort de l'amour. On aime pour avoir mis le mal en patience. Les corps se redressent sous les coups, au fond, en butée, au relâchement de soi. Les gémissements sortent du fond des deux gorges, et la semence éjaculée sort pour goutter sur les draps immaculés. Le corps-osmose soudain se sépare, pour laisser deux êtres imparfaits glisser sur les côtés du lit, touchés et déchirés par cette lévitation de l'orgasme qui les emporte.



Thierry Texedre, le 1 juin 2012.




vendredi 25 mai 2012

Dehors, l'infini...













Toujours ce risque
essoufflement de
l'erreur
erreur de vivre
de vite tourner
DEHORS
hors de soi
touché au fond du
soi ce cœur incertain
qui vous tient
prison tisons
brûlants
SOIT
en tiraillements
interdits qui perlent
dans l'infini
L'INFINI
du reste du silence
qui monte et se
montre
on croit encore que ce
soi disant braillement
de la voix se dresse
et que croire
NAÎT
nausée
et immortel
l'immortel corps qui
braille tout son être
pour enflammer les
âmes insoumises
et insouciantes
c'est dehors que
naît l'infini
pour augurer la
fin des temps la
toupie du temps
qui s'élève dans les
airs de ces voix
inaudibles
l'infini est
APOSTROPHÉ. 



Thierry Texedre, le 25 mai 2012. 



dimanche 20 mai 2012

Jérôme Combier

















Feux Noirs












Poignant isomorphe
tel que risque de brûler
sous l'esprit l'interdit
point de la tête rentrée
quand l'ombre après
se donne en spectacle
fournaise sur les braises
du spectre détenteur
et donner en spectacle
les songes invincibles
calcinés poussant au
crime concassés coupés
en retour par l'esprit sot
du corps calamiteux
feux du désespoir cou
tendu du foetus qui gît
pour entendre résonner
la noirceur esclave du
corps de cette tête tenue
tremblotante et toquée
pastorale du ventre vers
ce ténébreux fond dieu
de l'enfer soleil noir
de l'érection l'éjaculant
de tous ses feux jusqu'
aux lieux interdits du
centre véniel ouverture
vénérienne du sexe noir
collé à sa dégondée nue
au col touché par la
flamme lien enserpenté
de la peau pernicieuse
que ces corps enchâssés.



Thierry Texedre, le 20 mai 2012.



samedi 19 mai 2012

Première fois











La première fois c'est là
le la qui appelle à la loi
pour toucher à la coulée
de la foi vers ce temps
dépassé ou né dépecé
c'est la déperdition qui
me ment et m'entend lire
le livre ouvert à la dernière
page pour remonter le
temps l'emmener à la
couverture en hibernation
le temps appelle son ombre
vautrée là sans couverture
sans la loi qui ouvre au risque
obsession du vent sourd qui
me tire en arrière pour me
renverser me coucher et
m'ensevelir minéral ourlet
du temps qui peste testament
d'un grand balancement
au visage à découvert et
vivant vitreux ventru et
débusqué dans un silence
du quoi du dire qui n'a que
ça à dire de la dernière et
étroite voie du désir né du
commencement des coups
découpés dans le vide sidéré
de la vie née de l'éternité.



Thierry Texedre, le 19 mai 2012.