samedi 22 avril 2017

Bestiaire

Aditi Lago - peintre


















Bestiaire

Par les temps hurlants
de la voix soulevant
le vent du ventre
rentré et tuméfié
la parole l'acte anonyme
de l'extravagante
raison pliée par l'onde
de l'ivresse tutorale
l'ombre improbable et
des yeux grisés
par leur gonflement eux
ils regardent la tête
au miroir déformé
relevant les contours
imaginés plumes libres
de voler au secours
de la laideur voilée
qui ressemble à ces cris
d'oiseaux licencieux
entrain de frôler la peau
écaillée par l'usage
altéré de la parole
l'incubatrice d'indice
que n'a-t-on pas eu
d'empressement quelle
extravagance passe
pour rassembler les traits
de l'animal imitant
les on dit poussifs
d'une arrivée en gare
sous le non dit lueur
en soi le soir l'étreinte de
l'essence des choses
faire et défaire le monde
le plier pour qu'il loge
dans le zigzag de l'éclair
force démiurgique
de ces monstres nés
pour inventer l'homme.

Thierry Texedre, le 22 avril 2017.







samedi 15 avril 2017

L'extraction

                                      Jérôme Bosch - L'extraction de la pierre de folie, 1494


















L'extraction

Le clou le vide
du travers
outré de la foi
en irruption
quel cataclysme
quelle drague du rien
né de la parole
qui s'efface
qui s'efforce
forclusion
du rire envoûté
par un coup porté
au cœur de la chair
voilà l'imposture
du corps prématuré
du temps posé
sur la possession
sur la surdité
qui monte aux
oreilles de la vie
qui montre ce nu
torturé par la musique
tuméfié par la peinture
et vissé aux pieds
de la mort
savez-vous
que par là tout se passe
que tout savoir
est proportionnel
à la voix qui l'anime
soit qu'une voix
effrénée vous saute
à la vue à qui
veut bien l'écouter
à bon entendeur
un salut s'impose
aux rescapés
de l'armée en mots
qui inondent le
souffle soudain
pris d'un sursaut
l'erratique envie d'en
finir avec la langue
l'extraction de l'âme
même qui saute
dehors retorse
en rêve et en vrai
pour montrer ce blême
corps sans vie
commémoré en objet
en matière grise la sortie
de ces monstrueux mots
marqués remarquez
par quel florilège
le regard s'invite
à l'empressement
à l'encombrement
petite peste pestiférée
polémique pour le pouvoir
la partie serait-elle
jouée que le temps
n'eut pas le temps
de s'emparer
de l'émerveillement
même de jouir de
se jeter dans l'arène
du sort déjoué
de la fin dés lors en vie
tel un fou.




Thierry Texedre, le 15 avril 2017.






vendredi 14 avril 2017

Stabat Mater




Stabat Mater
Mère de toutes les gloires
vois-tu ce sacerdoce qui
tombe au plus bas 
de notre misère
misère de l'avant
misère de l'après
mère de tous nos péchés
mère de nos délices
mère de nos songes
éphémère morale du temps
qui rencontre l'esprit
rendu possible par
la possession ivre
qu'un corps entendu
n'aura plus jamais
à montrer sa souffrance
puisqu'il voit sa fin
pour l'éternité
puissance de la mémoire
qui soudain touche
à la voix parodie
de la parole future
pour s'essayer au mal
essuyer les maux
de la tentation des sens
usant de l'incestueuse
différence avec les cieux
peinture entrain de quitter
l'espace en plis depuis
l'entrée en opposition
avec l'inavouable
déferlement du sang
qui coule au milieu
de la plaie ouverte
du désespoir
vêtement de la mère
mise en représentation
et chassée du né
pour avoir oublié
un instant le plaisir
par la vie éternelle.




Thierry Texedre, le 14 avril 2017.





samedi 8 avril 2017

Mémoire de corps

                                                            Michel Carlin (1935-), peintre

























Mémoire de corps

Par quelle polémique
le temps semble
inaccessible à la vie
pointé par la mémoire
le seul renversement
qui se montre à la vie
serait cette mise en demeure
qui s'offre à la mémoire
prendre le risque
de lentement vivre
cette défection ce manque
ce renversant sporadique
et exaltant oubli
point de polémique
dans ce satané rictus
qui soulève la bouche
jusqu'au cri arraché
à la peau surnaturelle
et désaxée par la hantise
de revivre de pousser
de fendre l'air de cette voix
polémique et illuminée
tant que l'incommensurable
surdité de la mémoire
sonde la sordide
infestation de la parole.




Thierry Texedre, le 8 avril 2017.







mercredi 5 avril 2017

Naître de rien

Gérard Salomon-Wasserman (1951-) peintre





Naître de rien

Troué l'exquis ressort
né de la paix du temps
assermenté en itinérant
en alchimie de la parole
qui tombe mal parce qu'elle
est le mal en puissance
elle plonge l'être dans
les flammes de la pression
puissante déclinaison
de l'examen qui commence
avec le né attendu
le né nébuleux de
ce non désiré du
corps inconnaissable
expulsé par le doux
orifice de la fente
dardée du plaisir
vissé à la chair
pour avoir expulsé
le viol inversé
de l'intellection
entrain de se déliter
jusqu'au risque
absurde de parler
les mots incontrôlables
de l'inconscient
à l’œuvre louve
exacerbée des sens
puisant dans l'extase
du nom passé
du maître mot mort
par l'impuissance
de l'acte d'aimer
de l'étreinte contre
les maux de la mémoire.


Thierry Texedre, le 5 avril 2017.
















mardi 4 avril 2017

De la peur


 Alexander Tinei (1967-) peintre hongrois, né à Caushani en Moldavie.



De la peur

Sur quelle étreinte la joie
s'étale et manque l'harmonie
qu'un corps ultime dans l'ivresse
pousse vers l'étirement
de la chair sur l'étreinte
de la peur devant l'envie
d'une démarche qui gronde
au milieu du corps incommunicable
corps dont les effets de la peur
vont tenter une rencontre avec
l'esprit qui s'inonde des miasmes
intraduisibles par les mots
monstrueux de l'ourlet
qui va du ventre au souffle
sulfureux de la voix
qui sort par une oreille
mal intentionnée
parce qu'elle entend
les rituels de la peur
à faire sombrer la chair
dans un risque
sans fond ouverture sur
le monde inattendu
de l'origine.



Thierry Texedre, le 4 avril 2017.







samedi 1 avril 2017

L'oubli

                                                       Anselm Kiefer - "résurrexit", 1973.










L'oubli

La seule gloire
qui passe au dessus
de ces têtes habitées

privant le privé
de ses archanges
jusqu'à l'illustre

nombril de la satiété
nomade du sortilège
louant la foi défaussée

pourquoi l'éclair
du jour humilié
vient recouvrir l'élu
pourquoi

*

pourquoi tant de cris
pourquoi tant de vies
partout en proie
à l'écarlate épuisement
du temps de l'escarmouche
retors et disgracieux
l'oubli est là honteux
emboîtant le pas à
la puanteur bombardée
de l'indifférence forcée
comme ces cariatides
au vent équinoxe
perdu de l'ignoble
concert en frises
fissure du destin
discret partout où
se révèlent les coups
hurlants dans la chair
sculptée au pinacle
de la sève rêvée
pour sortir du sort
désabusé des cathédrales
exorbitées par l’œil
en trop du temps dissout
par l'allégorie ouverte
plaie béante du pli
qui noue la consistante
conscience de l'oubli.


Thierry Texedre, le 1 avril 2017.









dimanche 26 mars 2017

Senteurs

Sandro Botticelli - le printemps












                                                                                                                                                               

Senteurs

Centre intemporel
de la vie vidée
texture exténuée
ourlet invertébré
d'une relique en
survie sursis
de la glorieuse
feinte qui fend
l'extinction par
quelle chair louée
de l'apostrophe
du désir surmonté
de l'enfer qui voit
partout le drame
du savoir invité
la voix vers l'autre
expansion du corps
au-delà du cœur
insoumis qui bat
la démesure vestige
de la parole qui
aime ce cœur couché
dans les draps du désir
passé et futur du
fracas la tentation
des mots qui tombent
pour en larmes
émerveillées pleuvoir
tendresse de l'étreinte
tristesse de l'immortel
qui entre et sort en
vérité ventre
à terre le sort
en est jeté
un voile austère
tombe sur le visage
de la mort
absoute dans
l'absolu
et l'éternité
dans l'immanence
de l'infini
dans l'excision
ventre de la terre
coupée du monde
finissant devant
des songes d'une
nuit insoumise
et inappropriée
apprivoisée et
renégate goûtant
au musc de ces
efflorescences
encore naissantes.


Thierry Texedre, le 26 mars 2017.













mardi 21 mars 2017

Bizarre

Improvisation 
sur
Hitzaurre Bi de Ramon Lazkano
et
Laocoon de El greco




























Bizarre

Entendre pour comprendre poussée de l'entendement glissement vers la compréhension sur le tonitruant tiraillement du tintement entre la musique et la langue parlée ce qui tourne c'est l'altération de la voix par l'intrication l'intoxication en vol du son dans l'épuisement de l'air instable coups répétés ici là en bas en dessus se soulève l'esprit de la lettre la lecture irréfléchie infléchissement de cet évent petite flamme vibrato résolu de ce glissement vers les ondes martelées par cette poussée par le tremblement général de l'orchestration entre la lecture et l'impossible traduction qui saute en l'air atone son passant par l'irrespirable fin des mots musique depuis l'entrée de cette naissance en arrière de la fin des notes qui suturent l'ultime monstruosité de ce silence en termes la terminaison qui passe par le recouvrement épuisant rite risque d'enfermement de la composition dans l'extension de la gestation de la langue glottique. En voile léger vortex enroulement du chuintement de l'air on entend de-ci de-là quelques emblématiques plages qui se répètent en lueur violon un peu dans des notes épuisant en tremblements la voix qui sourdement se mesure passant par une instrumentation pour essayer de plier définitivement la croyance le bon angle d'approche de la composition dans ce sas musical final qui martèle encore l'existence des sons sautillent au plus près de l'esprit tortionnaire.


Thierry Texedre, le 21 mars 2017.





  



vendredi 17 mars 2017

Explosion












                               Cai Guo-Qiang, explosion - artiste plasticien chinois (1957-)



Explosion

Floué par les sons
le sujet reniflant
sournois et gavé
de la bonne tenue
de l'opprimé
saute à pieds joints
sur la bombe en rut
ruse de l'extase
soudain claquant
aux oreilles de celui
plein d'amour
pour la belle
passant tout près
volage de sa beauté
qui blesse au cou
sortir de l'explosion
expiation d'une rencontre
qui a su
sortir en communion
et qui est celle
remarquable de
l’embrasement de l'être
du sang en jets
visage en deux
impression courtisée
un court instant.


Thierry Texedre, le 17 mars 2017.








jeudi 16 mars 2017

Avant que la peinture soit






































Avant que la peinture soit

Sous la pérenne peau pliée froissée tendue ténue troussée en traits incurvés par les temps passés de la robe claire, tombe du ciel la parole incurvée et cursive, trouée et elliptique. Songe parallèle de ces accords distingués, voilà la compromission avec la peau de cette parole montrée du doigt, en astre vulgaire, parole de la chair escortée par la peau en repli. Vol austère qui sent bon la fleur d'oranger, l'été impitoyable clôt cette fragrance dans la descente insatisfaite du soleil vers son solstice. Au bout de cette pendaison sombre, l'alternative qui montre un regard blanchi par l'eau clair du matin endormi. Voilà en ces termes et pour la première fois, divine circonvolution de cette sexuation irrésistible par les plis volubiles de sa native blancheur, l'autre foi, reproduction à venir, monde lié à la représentation. Glissant dans ce miasme insoumis de la parole première, l'infant de la giration s'adonne à la monstrueuse fatalité de la duplication. Prière de cet insupporter qui feint d'envelopper l'air du temps de l'autre, dans les pires affaires de la foi, amour envers ces sens nouveaux. Là est l’intérêt pour la disgrâce, celle du père et de la séparation fœtale d'avec la mère, comédie de l'entre-deux, resterait ce courant alternant de l'un à l'autre, puisant dans l'impuissance d'aimer l'image mère, jusqu'à ce mirage montrant l'éternité qu'un rêve pousse à jeter au crédit de la jouissance. On entre alors dans ce qui peut peindre la rencontre avec ce sujet jeté dans l'arène éruptive de la possession de l'image retournée, retournement du temps en un puissant redressement des couleurs, sexe en érection d'où sort un délicieux traitement, pulsion subite d'un dessin déchirant la blanche tension de la toile exaltée. Dansant depuis l'origine concave du corps introduit, l'orbite illisible du bras dessinant se pare de tous ses attributs pour essuyer la feuille, ôter cette écriture qui vient de l'antériorité illisible et historique, et fouiller les fibres pour passer à autre chose. Frotter le support jusqu'à sa plus sensible compression, là où semble se découvrir l'intérieur, la chair, la matière, la fuite en avant jusqu'au trou, ce trou de la disparition de toute représentation. Le dessin troué, le dessin interrompu, le destin singulier de ce qui trouble la peinture contre la reproduction du même impossible. Toujours est-il que le/la peintre se montre dans la digression, la faute, la naissance singulière qui passe par la reconnaissance du lieu de l'impuissante parole à attraper les battements du cœur partagé.
Sur quelques peintures de Sandra Martagex




Thierry Texedre, le 16 mars 2017.








mardi 14 mars 2017

Incantations



Du rien
le port du voile
est entiché
oculaire puisant
dans la paresse
altérée du risque
d'avaler le dieu
assouvi par l’œil
par les prières
prison du poison
avalé par la poisse
qui fuit le chant
interminable de
la contemplation
ici-bas là-haut
du divin reclus
rituel intriguent
que la loi défausse
par ces danses
quel sourire verse
de ces exactions
un coups d'arrêt
au temps en état
de disgrâce
les décapitations
volent bas
par les temps
qui couvrent
et recouvrent
les morts les mots
les traductions
qui sonnent
aux portes de
la bombe en
retard sur l'horaire
ça jouit partout
pour quel ventre
c'est de la relique
religieuse las de
parler dans le vide
que chie l'enfer
vers l'enfermement
depuis que l'homme
est soumis à la
reproduction
postnatale le ragot
que ce fléau
sème et la terreur
juste pour passer
le reste de la vie
à comploter avec
l'aérienne lueur
d'un soleil vieilli
par l'infiniment
rien de la langue
convulsive parce
qu'un jour certain
elle est née du sang
jailli d'un corps
bleui par le froid
mortel de la fin.

*

Thierry Texedre, le 14 mars 2017.








lundi 13 mars 2017

De l'attraction des corps

Ernest Pignon Ernest - Prisons, exposition















De l'attraction des corps

L'attraction des corps, certitude puis éviction d'un recentrement du vrai et du réel. Sur quelle tempérance l'espace qui montre l'alternative de penser, va-t-elle occasionner l'incertitude de rencontrer ce qui tente le jeu musical ? Dans une rencontre peut-être avec la peinture qui se coupe du lieu de l'espace de son sujet et de l'histoire transposée en culture, pour montrer un autre temps, un temps que la musique n'aura plus le temps de faire entendre, du moins dans l'espace même socialisé, du même temps d'exposition que la peinture entrain de se montrer à l'intelligence qui s'entend reconnaître un objet à représenter. Faut-il interférer, couper court à ce lieu de la réfraction de deux temps comme vérité (la vérité ou vériance serait cette constitution/structure qui montre l'impossible similitude qui parcourt l'acte d'association - la vérité ne rencontre jamais l'être), sur ce socle invitant à une mise à mort, mise en perspective de la cessation du véridique (qu'elles soient de l'ordre d'une mise en vie-duplication de celle humaine, pour montrer la mécanique, la marche, le déroulement de toute vérité par sa configuration/mise en répétition dans une démonstration et le maintien dans la vie de l'humain réparé) tentées pour n'être qu'à l'aune d'une autre ère, toute sa possession rituelle du calcul exponentiel de la vie dérivée, à cause de cette information qui n'a de pouvoir qu'à risquer la mise à mort de l'objet du désir, l'architecturale monstruosité d'une représentation d'objet ( ou obvie ), et cela depuis quelle dépense ?

*

Le risque lent
de provoquer les sens
en apesanteur
montrer l'effet
qui traque la peau
caressante fournaise
qui monte monstre
insensible jaillissant
des battements
du cœur invité
au risque douloureux
d'engendrer l'acte
vulgaire et tellurique
du désir du discret
déferlement
qui sort la peau
de sa gangue
par le souffle
invité au diapason
quelle grâce
la chair se risquant
rougeoyante
l'apothéose
en tremblements
occultes et l'esprit
lui par sa mémoire
la lumière du dedans
de ce damné corps
tenté par un plaisir
puissant et de travers
compromet
l’œil resté en suspens

*


Thierry Texedre, le 13 mars 2017.










lundi 6 mars 2017

L'insolence par la peau



Sombre machination du terrassé suintement de la pénétration couturée par la peau eucharistique, pour essuyer l'orgasme sur la plage du derrière défaussé. Voilà, à la traîne, l’ensemencement interdit par l'affluence du col en plein traitement, utérus macabre, taraudé par la pulsation du corps accroché au cœur insouciant et ulcéré par l’instinct de survie. On délibère pendant l'acte sexuel, pour passer à autre chose, moins sensuelle, moins hétérogène ; sans doute autrement que par un discours sur la plaie pornographique qui joue à cache- cache avec cette alternative qui sied au plaisir de l'inassouvissement par la chair. Le cul en l'air, elle se sort de cette mauvaise posture dans un effort, taraudé en vain par tant de songes impromptus, et pourtant qui suture sa cavité rectale entichée d'un godemiché bien enfoncé ; pour fermer ce fruit impudique du vertige d'un désir liminaire. En avant, la vulve feint de s'ouvrir au jeu de l'exposition de la verge qui grossit à mesure qu'elle se laisse caresser. La main de celui qui s'embarque, dans une marée déchaînée, surplombe le triangle pubien prêt à se rabattre autour de l'entrée vulvaire où les grosses lèvres se montrent gonflées à travers une forte pilosité brune. Une déferlante de petits cris spasmodiques s'abat sur le devant des deux corps face à face, prêts à s'illuminer de la présence de leur peau superbement nue. L'après-midi, dans la chambre louée, fut un peu plus ravagée qu'à l'habitude, par la pluie dehors, et l'insoumission de deux amoureux laissant le jour filer pour, sans se détacher, puiser dans de longs baisers sans fin jusqu'au petit matin blême et blanchâtre dehors. Un peu plus loin d'autres couples sortent en catimini de l’hôtel, sans tourner la tête du côté de l'avenue où s'entassent les voitures pressées d'avaler le bitume. Elle se penche vers l'homme, comme pour lui murmurer quelque chose d'insaisissable : « Je t'aime !, je t'aime !, on s'appelle vite ! » L'homme répond, le regard effacé, un léger sourire sur le coin des lèvres, « Oui, si tu veux, je... Je t'aime... »



Thierry Texedre, le 2 mars 2017.




 

mardi 21 février 2017

Fracture

Eliane Larus - L'enfer, 1988 - acrylique sur bois, (180 x 154 cm).
“Mon but n'est pas de figurer un objet ou un site mais de figurer la pensée, de donner celle-ci à ressentir. Mon sentiment est qu'une œuvre doit s'adresser immédiatement à la pensée, mettre celle-ci en mouvement, et pour cela parler son langage, ou du moins parler un langage dans lequel la pensée peut se reconnaître. Elle ne le peut pas, à ce qu'il me semble, dans les images qu'on appelle réalistes”.
















Fracture

Le train-train est périmé
insistant et esseulé l'art
de montrer l'entrée
dans l'intelligible
se fait plus pressant
montrant par là
ce sacré en gestation
fil conducteur du sujet
forclos et arrimé
au risque de parler
cette fin de la croyante
exactitude de la chose
en lieu et foi
pour risquer un vrai
désaccord avec son récit
en lois qui fourvoient
l'état d'urgence
du contrat social
fragmenté et polymérisé
en jeu de la dépense
de la matière
et de l'image
pour béatement
revisiter l'être
et la croyance
dans cet infini
fermé au stade
de l’exceptionnelle
visitation du néant
courtisé par ce coup
de dé dépendant
d'un hasard aboli.


Thierry Texedre, le 21 février 2017.










lundi 20 février 2017

L'ivresse

Henri Matisse – La danse 1 – La Danse 2 – La Danse inachevée






L'ivresse

Courte couche du bu béat
engendrant l'ivresse
du ténu téton troué
par sa somme suave
vol à l'arraché
du lait sorti de la chaude
succion versatile
soumission au rythme
de la faim
vite exclue du ventre
en pets givrés
pour tambouriner
le martèlement
de l'allaitement
on s'affaire à boire
le vin viticole
juste sorti de la cuve
le presser en jus roté
à en rire autrement
pour peu que ça saoul
l'esprit retors
allons il faut se jeter
dans la marelle
du temps quel paradis
cet été passé
à s'en tirer vers le né
vers cet absolu
de la danse selon Matisse.


Thierry Texedre, le 20 février 2017.



L'ivresse*
Courte couche du bu béat
engendrant l'ivresse
du ténu téton troué
par sa somme suave
vol à l'arraché
du lait sorti de la chaude
succion versatile
soumission au rythme
de la faim
vite exclue du ventre
en pets givrés
pour tambouriner
le martèlement
de l'allaitement
on s'affaire à boire
le vin viticole
juste sorti de la cuve
le presser en jus roté
à en rire autrement
pour peu que ça saoul
l'esprit retors
pousser la roue
autre ivresse
autre sensation
autre fulgurance
le vin n'y suffit plus
la transfiguration
là est le nœud
allons il faut se jeter
dans la marelle
du temps quel paradis
cet été passé
à s'en tirer vers le né
vers cet absolu
de la danse selon Matisse
selon le sacre désacralisé
en danse de l'inconscient
au travail rite de passage
risque de jouir par l'enjeu.
Thierry Texedre, le 21 février 2017.
*version remaniée de "L'ivresse".