jeudi 13 octobre 2011

Compression2














Quelle coupure ensanglantée du
corps sous mille pieds exténué
par d'imposantes érections dans
la bouche du temps érudit sourd
et exorbité gonflé et écartelé au
plus fort de l'apothéose du feu
soleil émasculé dans des cavités
bouillonnantes de joie la joie de
l'Enfer liberté de l'Enfermement
révolutionnaire de la chair marée
hors du temps en vagues astrales
arrachement de la langue parole
descendant du cri l'ourlet la voix
qui tonne autour du corps dépecé
de ses habits de jour la peau par
dessus joue à se faire jouir par
l'ouverture de ses pores porcherie
de la faim fantasmatique de la
dérive des ossements détention
de la peau vissée pour être en fond
sanguinolente un pieu poussé avec
force traverse l’œil il cligne pour
la dernière fois avant de se sortir
de là déchet que cette vue de la
peau pétaudière partout où l’œil
tente de trouver un corps de langue
vitesse des membres démembrés
de travers pour faire croire à un
corps entier sons infinis sous cet
écho du temps pressé aplati pour
toujours en ces lieux tortueux dans
un bain de sang senti sans équivoque
évocation de l'Enfer mort de cette
vie côtoyée par l’œil caché couche
de l'injonction de vivre pour se ruer
vers la grande porte de l'Enfer les
anges gardiens de ces lieux crient
accroupis pour hisser les pauvres
déments sur le perron psalmodiant
des chants sur l'océan carmin atteint.






Thierry Texedre, le 13 octobre 2011.


mercredi 12 octobre 2011

Compression1













Bombardement des lambeaux
de chair rompue charnier en
gestation dans le trou béant
de l'atomisation du verbe lieu
exclu du corps à découvert nu
pourrissement de la mémoire
souffrance de la mémoire liée
à l'expurgation de l'intérieur
qui sort à mesure qu'on presse
les chairs pour les remplacer
par une jouissance orbiculaire
l’œil suinte de sang apoplexie
des organes vrillés taraudés et
emprisonnés dans l'immense
gonflement intestinal jusqu'à
cette limite insupportable de
l'éclatement intérieur la peau
détendue pend et perd de son
attrait le corps est à redéfinir
repasser dessus le serrer nouer
les entrailles puis les éventrer
pour laisser s'échapper le sang
de la honte recoudre paupières
et entre-jambe le derrière et
le devant les doigts entre-eux
reliés pour laisser glisser la vie
la perdre la sentir l'évacuer la
presser pour la remplacer autre
force de travail des coups bas
torture du corps qui n'est plus
le corps mais respire encore le
doux feu de l'embaumement
juste les yeux ouverts pour voir
le cadavre livré à sa mort infâme.




Thierry Texedre, le 12 octobre 2011.

lundi 10 octobre 2011

Aporie du corps


























Franchissement interminable du fond indécidable de ce dire occulté, dire en zigzag, couture de la parole inquisition. On traîne en avoir, en surdité; le comble du dire serait qu'il se taise: déjà celui-ci traite de la parole avant sa venue dans ce corps insidieusement érotique. La vraie temporalité serait celle d'un futur dire marquant? Écriture du dire encore indécidable, impossible à écouter. On l'entend certainement quand le corps s'émeut, se soustrait à la réalité, dans cet espace réservé qui concourt à l'apothéose d'un récit transversal. Analyse du très infini intérieur, via ce corps encore corpusculaire. L'analyse s'y perdrait en imposition des extrémités vers un risque: celui de la parole exclusive. Cette parole intervenant alors quand le corps ne peut plus supporter sa parole, gestation de celle-ci, actes manqués qui surdéterminent une mémoire qui se joue de son dire. Aucune musique ne peut réduire ce corps à l'aporie de sa divination, c'est un sas pour évacuer l'insécable histoire du temps. On passerait par une fin du corps si celui-ci n'avait pas le pouvoir de résurrection. On soulève ce firmament, on érige le temps en corps morcelé, pour en finir avec la parole; poussoir d'un exutoire, les sens semblent se soustraire à cette vérité du corps infini. On entre dans ce corps pour infinitiser la parole d'un dire futur, ouverture vers un ciel qui s'affranchit de ses couleurs en fond, la surface du ciel renvoie une autre alchimie, une horizontalité presque insignifiante, et pourtant usuelle; la vie du corps passe par cette horizontalité en coupe.




Thierry Texedre, le 10 octobre 2011.





dimanche 9 octobre 2011

Vie











Identifier l'idée qu'on pourrait lire la vie quinconce
Courte épisodie de la répétition le corps s'allonge
Empattement singulier de ces étreintes accomplies
Le silence entre en action timbre par le mouvement
Les ondes portées s'emparent des instruments lien
Insoutenable entre ce va-et-vient du temps détenu
Et l'étant du corps plein ici s'enfonce dans l'ombre
Inappropriée de la matière qui s'organise quantifiée
Calcul plus tard d'une vérité à rebours soudain jetée
Au beau milieu de la terre eschatologique jouissant
Sens de la vivisection du temps en jeu porter l'après
De cette vie renversée par un dire imposture et clos.





Thierry Texedre, le 9 octobre 2011.

samedi 8 octobre 2011

Parlêtre 2





Quelle fin pourrait
rencontrer ce
Paradis
lointain et
usurpateur
de l'Esprit
endémique
que se passerait-il
si le Paradis rendait
l'âme
l'âme humaine
cet esprit serait alors
Parlant
pour avoir cherché
ce grand Paradis
vaincu depuis la
nuit des temps ce
corps frappé de
stupeur parce qu'il
s'est arrêté dans
l'espace du stupre
en tête fourmillement
en tête profondeur
tête pendue
à ce corps pensant
tête infondée du corps
stratégique
la chair
l’œil ouvert grossi
irruption cutanée
partout où le corps
se maudit
une pluie de larmes
asséchées tombent
dans la fournaise
de l'Enfer
cet Enfer me Ment
ici bas pour
l’Éternité
l'étendue suppliciée
de la chair qui saute
sur les restes
invertébrés de
ce seul Paradis
d'un dire
on a voulu que
Dieu soit Un
et Trinité
comme si cet homme
et cette femme
ne pouvaient dire
sans cette interposition
l'Autre voix
mais c'est là que
se perd l'humanité
en quatre
je le dis à l'univers
Dieu est le dépliement
et la contraction
de ce poumon
majeur de la vie
battement
du corps qui n'a
de cesse de dire
dire dissolution
qui met
ce Dieu hors de
l'eau oui hors
de cause
il serait le souffle
vital qu'un corps
peu de le dire
Dieu de la respiration
damnation du dire
qui tombe de haut
sur l'élévation
de ce Parlêtre
improprement
Être parce que Tu.




Thierry Texedre, le 9 octobre 2011.

vendredi 7 octobre 2011

Astre




Halo la terre d'ici ailleurs inviolé du temps déchiré
Alors elles sont trop loin les voix de l'espace sidéré
désespoir de la vie vautrée de la terre vandalisée
détestable plongée dans les pousses pourrissantes
du sol couvert marche en avant du passé fuyant
marche des pieds en terre porteuse prouesse vide
de l'astre occulté asservi assigné à un futur joué
l'astragale ordinaire arrimé au seul soleil en miroir.





Thierry Texedre, le 7 octobre 2011.

mercredi 5 octobre 2011

Parlêtre




Quelle fin pourrait
rencontrer ce
Paradis
lointain et
usurpateur
de l'Esprit
endémique
que se passerait-il
si le Paradis rendait
l'âme
l'âme humaine
cet esprit serait alors
Parlant
pour avoir cherché
ce grand Paradis
vaincu depuis la
nuit des temps ce
corps frappé de
stupeur parce qu'il
s'est arrêté dans
l'espace du stupre
en tête fourmillement
en tête profondeur
tête pendue
à ce corps pensant
tête infondée du corps
stratégique 
la chair
l’œil ébahi grossi
par la fournaise
de l'Enfer
cet Enfer me Ment
ici bas pour
l’Éternité
l'étendue suppliciée
de la chair qui saute
sur les restes
invertébrés de
ce seul Paradis
d'un dire
Dieu de la respiration
damnation du dire
de ce Parlêtre
improprement
Être parce que Tu.





Thierry Texedre, le 5 octobre 2011.

samedi 1 octobre 2011

Sérénade





Un jour le chat
ivre d'aventures
en bleu-vert lut
un livre réservé
un chat qui lit
vous dis-je oui
je l'ai vu de mes
propres yeux et
c'est une histoire
vraie mais non non
vous me racontez
n'importe quoi
allons vous me
feriez prendre
des vessies pour
des lanternes ce
que j'ai vu vous
dis-je je ne l'ai
pas inventé quoi
qu'il en soit tant
pis pour vous je
m'en vais le raconter
à quelqu'un d'autre
qui lui n'aura de
cesse de me croire et
nous nous quittâmes
l'un en haussant les
épaules tout en se
marrant et moi en
chantant tout en
secouant la tête
en tous sens pour
jeter mon dévolu
sur une nouvelle
personne prête à
être bernée par mes
sottises alors quoi.





Thierry Texedre, le 1 octobre 2011.

jeudi 29 septembre 2011

L'irrespectabilité du dire


Le tour des choses est un fait, il restera à jamais irrecevable. Circonscrire ce tout reste de l'ordre de l'incantation, de l'irréel qui soudain afflue dans les arcanes de ce dire impuissant à extraire une vérité; sauf celle peut-être de cette parole intrusive. Un soulèvement devenant nécessaire à ce rejet, pour qu'une forme en émerge. L'extrême monumentalité de l'homme réside dans sa tautologie, sa redondance à répéter comme signe avant coureur d'une négation de cet objet représentable. L'histoire n'en a pas fini de soulever les couches, les retourner, les décrypter, sans toutefois en saisir la moindre grandeur du temps ainsi mis à nu. Une certaine résignation rendue obsolète par l'étirement du temps, l'homme s'accordera à dire, dans ce lieu noué, tel un manque, dans une interrogation renversante, puisque vidée de la dite chose. Du dire qui comblerait cette chose, voilà qui renversera bien des vérités, même proches d'une spiritualité. L'enterrement du dire augurerait une fin plus tragique que celle d'une grande guerre. Il semblerait que ces deux entités soient liées par deux temps croisés, séisme qui gronde en ce début de XXIe siècle. Nous reviendrons sur le dire qui ouvre un ourlet, un retournement du tempérament, un schisme en perspective. Le dire est aujourd'hui propulsé dans d'insupportables réseaux dont la vue altérée en flashs conduit à une mémoire exponentielle à mesure que son objet devient la chose représentée. Perte de sens. Pourrissement du dire qui s'implante dans d'infinies ressacs, poussé à jouir pour mieux rencontrer le désir, celui de l'asens.




Thierry Texedre, le 29 septembre 2011.

mardi 27 septembre 2011

Récitatif du coeur








La tête ne produit plus
sous le couvert de la
terrible exhortation du
sang en coulée entrejambe
excitation du genre humain
qui souffre dans sa foi pour
avoir mis à mal cette tête
folie du temps qui se répète
renversement de la guerre
par les armes en guerre
des mots jusqu'à la lie
le couvert est mis pour
l'éternité à l'homme de
s'asseoir à table repas
du dernier jour avant
la résurrection de l'avant
aventure à rebours de
la découverte du corps
possédé du corps troué
par les bouts inoculés
de la grande lèpre du
sexe monstrueusement
dressé devant ce spectacle
exubérant celui ouvert
enterrement de la naissance
en une infinité de cris
intra-utérins le socle de
l'illumination du spectre
de Dieu derrière relevé
en jets inassouvis sur
l'indécente féminité du
genre expié de l'homme
redressé pour mourir dans
d'immondes attentats le jour
d'après la tête tombée dans
ce sac plein de peau ténue
transgression du grand
humain en austère animalcule
pour mettre la tête en l'air
et s'envoyer pour toujours
en apothéose récitatif du cœur.






Thierry Texedre, le 27 septembre 2011.

dimanche 25 septembre 2011

Jazz







Le blues vous prend
là où vous ne l'attendez
pas à pas il passe c'est
une passerelle pour
l'éternité on s'y attache
serait-ce cet espoir
qu'on croit enfin clôt
caressante consistance
du jazz en soi un soir
poursuivant notre éther
nu dans l'ombre de notre
âme sombre secoué par
tout un tour un demi
s'il vous plaît jusqu'à
l'extinction des feux
petit matin zigzaguant
dans la rue un verre à
la main il vous prend
le peu de respect qu'il
vous reste la chemise
en boule boulimie l'air
joué par le trompettiste
s'éteint par terre en
overdose moi aussi.


Thierry Texedre, le 25 septembre 2011.

samedi 24 septembre 2011

De l'art encore de l'art...






Au fil du temps l'eau devient trouble. Les oiseaux s'éloignent dans le ciel. Les jours semblent s'allonger, s'éterniser. Le bleu du ciel devient gris. L'été s'évanouit dans l'éternité sans retour. Rien ne semble laisser de trace dans les têtes évanouies. Un son macabre résonne au coeur de ces entrailles humaines. L'homme s'élance dans les airs, poussant jusqu'à l'apothéose la douce exaltation d'être oiseau. Un frémissement sous les bras tendus, juste assez pour lentement déplacer les membres. L'homme jette comme un cri, le cri de l'espoir. Le cri d'une croyance indéfectible en cet instant pour la vie. De celle qui donne un envol léger et gracieux. La liberté s'installe-t-elle pour toujours, en des lieux sans fin, sans risquer la route incertaine de ces sans logis. La vitesse s'acquiert à mesure du battement des bras. On croirait une image de Folon. Le corps entier fend l'air à grands renforts d'une technique apprise de ses congénères. L'homme s'élance se surprend de l'altitude par un regard rapide. L'oiseau est en altitude plus haut que la plupart des vertébrés ailés cette espèce. Un nuage sombre surgit soudain de nulle part, épais et orageux. Au milieu, les éclairs fusent de partout, l'homme surprit veut sortir de ce cloaque, comme affolé et sans repères. Un éclair le touche, c'est la chute vertigineuse qui commence. Tout défile dans sa tête, jusqu'aux temps où il était homme debout, marchant dans la campagne humide. Le corps semblait s'accélérer, et tournoyait en vrille. Un trou dans le sol, autour une tache brune, au milieu une forme compacte, une sorte de compression à l'envers, un César, encore de l'art vivant.


Thierry Texedre, le 24 septembre 2011.

samedi 3 septembre 2011

Cathédrale






Grandeur de cet
édifice du règne par
l'immortel
amour d'une voix
pour un peuple
élu
touché est l'étrange
corps au plus profond
de cet être partagé
souffrance
à outrance de la vie
vers quels cieux
se tourne
l'âme
que vive ce cœur
ou si bas se
bousculent ces âmes
tourmentées du
fond
de la terre
dans quelle
partition
face tournée de
l'adoration un mal
revient en risques
incessants tristesse
du jour qui se couche
à vos pieds à suivre
en finir avec ce
jugement
inquisition de la face
qui revient cachée de
derrière cette
mémoire
résolue triste corps
damné pour avoir
reculé quand la
nuit
lui apparut désopilante
pleine de cette
ivresse dressée
les ombres
sortent de partout
les ombres de
l'imaginaire qu'un
jour
ce corps désemparé
n'aura de cesse
d'exfolier
en songes irrespectueux



Thierry Texedre, le 3 septembre 2011.

mardi 23 août 2011

Rituel








On les voit qui marchent droit. Les enchâssements des bottes semblent plus rectiligne que jamais. Ils sont comme alignés dans l'immensité d'un champ déserté par la vie. Ces dieux sont vêtus de complets rigides et décorés. De grands drapeaux aux couleurs incendiaires volent au vent. Une voix monte de cette armée des ombres qui jaillit. C'est à l'unisson qu'un chant est répété, en même temps que le bruit des bottes qui frappent le sol durci. C'est l'éclairant entraînement des soldats pour la pire des catastrophes à venir. Derrière, suivent d'immense machines à chenilles, canons pointés vers cet horizon qu'on entend teinter à la volée. Serais-ce pour prévenir de l'approche imminente des chars? La population est groupée au début, puis disséminée par la peur qui prend au ventre quand s'avance l'arme fatale. Les habitants sont de plus en plus exposés. Ils sortent pour ne pas mourir enterrés sous les décombres. Des abords de la banlieue se dressent encore des maisons vidées de leurs occupants. Parfois on passe du temps à longer des ruines fumantes. Le sol est recouvert d'une chaîne ininterrompue de corps entassés et puant la charogne. De nombreux points rouges s'enfilent dans le brun sombre des cadavres exposés au ciel enflammé.





Thierry Texedre, le 23 août 2011.

Nagasaki








Sauts de puce. Ce corps s'évanouit assurément vers l'infiniment petit. S'il ressort vaincu, c'est pour mieux s'épancher sur l'interminable digression de la vie. Introduction vers ce seuil intolérable de la guerre érudition. Bombe excavatrice, bombardement à retardement de ce qu'un deuil a à faire avec la vie. L'inexplicable extension du meurtre en coups excommuniés, transporter le corps où la vie plonge, une plongée dans l'affiliation à une terreur de l'acte dérisoire, décentré, dédramatisé d'aimer. On circule plus vite que jamais dans l'apothéose du temps reclus. Les corps dansent. Illuminés par l'asphyxie hystérique de la pensée inspirée. Une guerre incessante voit le jour dans un corps martelé par le temps souffreteux. L'esprit s'impose quand le temps se dépose, s'intronise. Le temps court moins vite que ce corps détenteur de l'idéologie dominante. On tremble à l'idée d'une répétition des actes, actions courtes. Actes d'une faillite du corps dépossédé de cette chair insatiable. On tripatouille l'esprit pour l'asseoir sur ce deuil, celui de l'insubordination à la vie du corps cavité. Capacité à résister au massacre annoncé. Le ciel dressé devant est plus clair. Il se resserre, s'évanouit en eau pure. Cette pureté est celle du prétendu tremblement de terre qui secoue la tête, tête coupée du corps emporté. Trame de la dislocation lente du temps à découvert. On rit partout. On éclate de rire plus fort. On danse en zigzaguant entre les verges érigées. Les corps montrent leurs attributs. Les chairs s'étalent roses et rouges, noirs et jaunes comme pour préparer un plus grand tableau. Les seins pointés vers l'esprit endémique, vont pisser ce lait blanc, juchés sur d'infini têtes classées par couleur. L'immensité des têtes qui chantent un hymne à la joie. u loin quelques cloches sonnent. Ce tintement renversant tourne les yeux exorbités de ces corps surmontés de pustules aromatiques. Les jambes repliées autour des cous, les serrent, pour laisser s'échapper plus bas, sous le ventre, des sentinelles électriques, les verges excommuniées qui pissent l'amour en jets délicieux, éjaculation extrême du temps présent. Les jours heureux pressent ces frasques irréels pour un mort. Le seul qui jamais n'eut le courage de vivre tourné face contre terre, pour sentir monter ce parfum, doux bordel du corps marchant nu sur une étreinte charnelle, tirant sur tout ce qui se lève. On respire la langue en vie, virevoltant au vent du grand désespoir de l'homme savant. La guerre commence. On se retire. On retient son souffle. On souffre de trop d'indulgence. Un appel semble droit devant venir au devant de vous. Des gestes de désespoir, des mots pour jouir.



Thierry Texedre, le 19 juillet 2011.

dimanche 21 août 2011

Sans titre

Sous la houlette du vent feutré
le corps travesti se transforme
damné il est converti en un rire
fendu la couleur de sa peau est
pâle poussé par l'empressement
de ses pas il passe par un lourd
et barbaresque étirement de la
voix qui se risque dans d'irréelles
intonations les paroles s'envolent
par un heureux hasard comprend
il compile des phrases pleines de
maladresse ivresse du cours des
choses on s'y prend à en traduire
le moindre signe perte des sons
qui prennent place à l'arrière des
chocs frustration de la musique.



Thierry Texedre, le 21 juillet 2011.

samedi 13 août 2011

Tyrannie de l'âme

Transporté par les événements qui m'inclinent à tout refuser en bloc, je rentre en apnée; passage obligé de cet état conscient à un autre, celui de l'indifférence. À l'extérieur, on s'épanche sur tout ce qui vous rempli d'actes insignifiants, exhortation de cette soudaine envie de domination. À l'intérieur, c'est l'apothéose, le silence domine tout, même les quelques imprécations qui passent par là, ne se mêlent pas à ce doux endroit de liberté. À l'extérieur la foule. Dedans, l'espace infini de ces accords sans notes, la virtualité de l'absence est plus pure que le cristal. On ne peut rien détenir. Même pas de ces mirages traumatiques, on est suspendu à l'insolence en dehors du temps. Le temps est enfin dépossédé. On est la liberté. Les mots jouent avec indécence et bonhomie. Ce sexe est accroché à un croc, on le tire pour le chasser, il s'évade, s'enfuit, va où il peut se vider des remords qui le hantent. Le sexe est ce qui con-fesse à l'impossible évacuation de cette pulsion (latin pulsio, action de pousser) de vie, entre psychique et somatique. Satisfaire ce quoi, objet fœtal qui n'est que l'extrême flou, de cette citadelle excommuniée d'un corps autre, d'un «autre corps», celui de l'étranger, de l'étrangeté. Dedans, point d'étrangeté, tout y est irrémédiablement sans fond ni forme. On peut à loisir interchanger ou laisser aller jusqu'à la déformation. Cette difformité n'est-elle pas la diffraction même opérée par la lumière sur l’œil? Réflexe qui opère une catharsis (en grec signifie purification), moyen ultime ou syncope de la chair? Ce serait le songe qui n'a de force qu'à s'émanciper de la chair. Rêve qui met en pâture tout ce qui entre par tous les pores de la peau. L'arrachement au temps se fait sans risque ni effort. Toutes les guerres ne suffisent pas à refermer les portes de ce paradis démentiel. L'extérieur fait dire de ces démons qu'ils vous dévorent l'esprit jusqu'à la folie. Certains n'en reviendraient pas. Ils voudraient qu'on n'en use point ou avec modération. Ça ferait tourner les têtes, une certaine jouissance aurait-elle lieu là aussi? Ce corps qui jouit de tout et là de rien, remet-il en cause l'objet désiré, pour remettre sur le métier l'érotique impulsion de l'autre force, intérieure celle-là? Je voudrais simplement dire que ce dedans est l'endroit où l'âme s'agite, se livre, vit, dans les bras de sa bien aimée la chair.
Tout le risque est de perdre l'antre, intérieur expulsé. On peut dire que ce qui tient l'intérieur n'est autre que la déraison livrée aux ébats de cette chair immaculée. Ce qui se retourne ici, n'est autre que l'impossible extériorité du corps de chair. Seul ce centre (pièce où tous les points sont sans lieu, autrement dit un centre n'a lieu qu'à ne jamais rencontrer son point de fixation) rencontré est le temps dépossédé de sa géométrie. Cet ouvert/fermé de l'intérieur est une apostrophe et une hypothèse: l'âme s'adresse au corps pour l'exalter, ce serait une rhétorique du corps souffrant. Aucune fiction n'aura de cesse d'articuler cet autre extérieur, réalité de deux hémisphères qui vont s'imprégner l'une de l'autre, pour que ce corps dépense la terreur de l'âme en dérive de la pensée. Corps pensant de la dépense dans une tyrannie de l'âme envers ce corps extérieur. On penserait parce qu'on se risquerait à «rendre l'âme». Un combat sur quoi on finirait un temps, pour reprendre souffle avec le corps intérieur, coup d'arrêt de la vie dans une découverte de l'âme en fin de vie. Touche finale du grand chambardement de la posture humaine qui se tient d'aller dans un balancement saisissant de l'extériorité vers son introduction: le commencement de l'âme c'est l'indistinction du verbe, du dire, de la parole, et de l'étant dans la vulgate, écriture de la vision intérieure.



Thierry Texedre, le 7 août 2011.

samedi 25 juin 2011

Suite

Soubresaut du firmament provoqué par l'escapade la possession du temps secoué pour exister là-haut point de lassitude l'infini s'empare de notre travers de notre note martelée comme d'exubérantes écritures d'une musique qui masque la perte d'une mémoire apostropher la mémoire pour juxtaposer le temps à l'éternité de l'espace infini du vide ergonomique le temps s'en prend à l'apothéose d'un terme celui de cette mort exténuante du renflement respiratoire qui tourne court dans un sens celui des aiguilles du temps tragique un jeu se dessine dans une passation de pouvoir c'est de cette résurrection des corps que s'exclame l'air d'une sinuosité de la vie.



Thierry Texedre, le 25 juin 2011.

dimanche 12 juin 2011

L'être

Quelle souffrance que ce resplendissant air qui sort, intériorité du temps. Coupé de ces affranchissements liés au risque d'ouvrir la bouche pour dire en trop, dominé par l'essoufflement du corps. On ne se rate pas quand ce dire va, titubant, ratant la marche, à pieds joints dans la vieille syntaxe décollée. Un rire étouffé porté par les ondes vocales insidieuses, et tout reste à faire, le temps s'empare de vous, pour essayer de vous déguiser en mort providentielle. Travers du corps qui pousse à couper le vertige de cette mort annoncée, en chimères extravagantes d'un être dévoilé. On sent monter cette osmose avec la fin du corps, la finesse despotique de ces rites ancestraux qui vous reviennent en pleine face! Nous y voilà. Le temps s'en moque, et nous aussi, sauf peut-être justement à en retirer cet être, à le tirer comme on tire sur ce sexe immature, impuissance de l'être à restituer le partage sans souffrance, mais tellement dionysiaque! Étranglement de ce corps par l'intérieur tonitruant, nous n'en avons que quelques sonorités, et elles passent un peu par le bout ouvert de cette peau irisée.




Thierry Texedre, le 12 juin 2011.

vendredi 27 mai 2011

Parole 1

En filigrane on croit
croyance d'une petite
mort du corps dans
ce qu'il a de survivance
le temps d'assener ce
quelque chose du corps
qui danse ontologique
et désirant drame de
la crainte de mourir
avant d'avorter le dire
de le couper de cette
sortie du rire gestation
d'une rengaine volage
de la parole interdite
celle du corps pleureur
qui taraude l'esprit
malin cette fin de vie
n'est là que pour fuir
l'interminable tentation
du corps altéré de toutes
parts par l'opacité de
la musique intérieure
induite par quelques
rares infections en pets
notoires infestation
du dedans pris pour
cette histoire de l'être
qui commence à se faire
mal voir par le temps
par cette montée de la
température qui saute
aux yeux en mille morts
de ces corps rendus à
leur éternité parole de
digressions digestes
sous d'impossibles lits
d'où vont naître les
frasques à venir passé
recomposé sans fin ni
dépossession du pire
damné antéchristique.




Thierry Texedre, le 27 mai 2011.

lundi 4 avril 2011

Le temps rêve

Souvenirs du haut de cette
monstrueuse saison douce
altération de cette sortie du
temps tempête du corps dit
dicté comme ce qui le met
en volume espèce de rêve
qui martèle peau détendue
qui tombe dans les abîmes
divins de la mort vénale en
vie voltige dans l'air du jour
des petites peaux naissantes
qui se plient aux éternelles
incidences de l'apothéose du
gène gangrené gare au risque
d'avaler vite ce rien naissant
qui se fout de tout pourvu
de ses atouts ceux de l'attrait
pour l'éternité l'envoûtement
orchestral pour l'esprit détour
vers l'étirement de l'éther air
qui se couvre du désir encore
peu probable d'attenter à la
vie par dessus la jambe on
s'en remet à cette vile raison
pour se grandir quand bien
même le ciel dirigé vers les
étoiles vous inocule l'envie
d'en jouer raison du rêve faux
le rêve n'est pas la joie flamme
demeurée entre la parole folle
détenue et vocifère le mal être
lentement le récit va courir
tout le long du corps dépité
en sang érection en jets fatals.





Thierry Texedre, le 2 avril 2011.

dimanche 30 janvier 2011

Résurrection

Doucement le corps ment
s'échappe de sa gangue
gangrène incertaine
mais qui monte du fond
focalisé dans cette
fracture couverte de
la parole illimitée
et inappropriée quelle
déportation que cette
parole parodie
dogme que ce fracas
au loin des désordres
monumentaux de l'esprit
humain chassé de ses
terres par sa reproduction
illimitée d'un corps là
comme fantomatique
là pour exhorter la
résurrection la réalité
du sens répétition de cet
âme qui saute d'un corps
étrange à un corps reconnu
la reconnaissance est un
signe pour l'esprit libre
de reproduire saut de
mouche qui s'écrase
sur la vitre-écran du dire
cloaque vertigineux du
corps fractionné du corps
organe c'est l'ordre
des choses que cette
résurrection ce ciel ouvert
cette respiration nouvelle
en filigrane dans ces gènes
opulents lente agonie
de l'espèce qui fornique
forme ininterrompue de
l'esprit dressé à nourrir sa
chair d'un amour immaculé
naissance irrationnelle
de l'autre inhumanité par
l'instant présent répété
inlassablement livré aux
sens dans l'empire dominé
du soleil noir coma du
vivant détenu par l'image
de sa résurrection esprit
renversant de la liberté
d'exclure le corps du monde
tempétueux et désordonné
couche du double drame
l'enfermement dans
la renversante vérité de
la tentation amoureuse
bonne fée que cette lie
dépositaire du bon vin
degré dissout dans l'ivraie
dramatique et pullulante
de ces graminées exactions
au sortir d'une folle musique
enivrante du folklore grandi
par ces pousses puissantes
de la vie en écho réceptacle
d'un commencement veine
d'où le son en sens sortira
en gigue rapide mouvement
des corps célestes qui vont
et viennent dansant au
dessus de ce tremblant de
ce licencieux corps terrestre.





Thierry Texedre, le 30 janvier 2011.

mercredi 12 janvier 2011

Corps ininterrompu

Je luis
au crépuscule
tout s'étire et
se joue de
la lente
lueur
infinie du
jour qui monte
en moi
en ce jour
dédié aux
dieux élevés
en filigrane
enterrement
du moi
pour que la
gloire
s'évertue à me
rencontrer
dans la dignité
de la vie virtuose
vie qui s'anime
et me caresse
le peu de toucher
qui reste en moi
avant une
descente
auprès de ma
bien aimée
disparue
l'éternité
qui laisse aller
ses gants dorés
le long de mes
cuisses pour
me montrer le
pouvoir de
l'irruption damnée
du corps
brillamment
installé tout près
de cette âme
en défaite
amour intérieur
qui ne se vive
qu'à se réserver
à l'entendement
irrésolu de
cet autre
misère dupliquée
de mon
miroir brisé
dessin ombiliqué
de ce marasme
de ce raz de marée
que ces dieux
vénérés
vont devoir
occulter le
temps d'une
apothéose
de l'effervescent
baisé qui souffle
sur un corps
ininterrompu.




Thierry Texedre, le 12 janvier 2011.

lundi 3 janvier 2011

Un son dame

En octaves couchées
sur le papier ces notes
noircissent ténébreuses
de la trame apprivoisée
les éclats extravagants
sur une musique jazzy
libre dans ses accords
volant au secours de la
dame chanteuse charme
divinement les pas en
cadence des gens foule
hétéroclite qui se frotte
au risque grandissant
d'appartenir envoûtée
à l'insolente envolée du
corps dans l'éternelle
ivresse aux résonnantes
sonorités de l'irréel fond
sans fin d'un temps qui
s'écoule infiniment court
l'infini occulté retourné.




Thierry Texedre, le 3 janvier 2011

vendredi 10 décembre 2010

Les blés






les
blés
c'est
les
blés
sûr


Tendre dérive du vent
dûment cerné par la
tige ondulante de l'épi
mûr sec penché sous
cette chaleur insensée
du soleil au zénith un
zeste de tournoiement
de l'air dans le champ
un brin couché puis un
autre sous deux corps
éparpillés sur la couche
d'un fourmillement de
tiges fixées dans les plis
dans un tissage pourtant
serré des vêtements en
tas dessous ces nudités
vulnérables aux dos liés
aux mains croisées sur
ces sexes enliassés par
quelle pénétration suée
sueur en herbe disgrâce
du corps fouillé destin
déplacé de l'avortement
de l'idée qu'on se fait de
ces blessures ouvertes
ces blés béants en tête.





Thierry Texedre, le 10 décembre 2010.

lundi 29 novembre 2010

La face en corps

Mirage c'est un mirage
qui gonfle qui perturbe
l'asens ascension fouilles
dans ce fracas intérieur
tempête interminable du
dedans danse des viscères
sous les coups du sang
qui tinte tintinnabule des
ressors lancés à grande
vitesse vite effacés vite
peints cache sous un jour
nouveau cache où se risque
les mandibules qui claquent
crachent ce sang pour rien
rassasié ce corps hume use
de ce pouvoir d'ergonomie
du sens renversant quand
il sort du trou qu'une chair
offre finalement à l'opuscule
l'ordre se met en marche
rien que pour voir de la vue
infiniment double et reliée
au centre centripète couche
superposée strates collées
au corps qui rugit le mal
la péréquation qu'il vide
du vide entrain de rendre
raréfaction du centre au
plus dur de la tentation et
de l'être qui l'identifie cet
être hydre corticale à têtes
multiples se devine quand
la pensée vient à manquer
manque son but le songe
d'une nuit insondable du
corps qui soulève le mal à
trop entendre les voix de la
tabula rasa humaine qui
s'échappe du trou en pets
notoires pour l'éternité
cette fois c'est le bloc du
nombre qui met l'homme
au centre de l'immortalité
innommable du centre
miroir inhumain du corps
feutré qui avance à pas
cadencés la musique par
dessus la jambe en sons
épars cacophonie qui va
régler l'improvisation du
temps en tête mémoire de
l'insubordination de l'être
plié noué source de l'air
inspiré expulsé trempé où
ce sang froid finit par tirer
un coup pour en finir avec
le jugement roué de coups
de l'Un réglé comme du
papier à musique il faut
musiquer les sens partout
où se passe cet étrange
regard de face pour une fois
la face en corps une fois.






Thierry Texedre, le 29 novembre 2010.

mercredi 17 novembre 2010

De l'oeil au loin

Soudure du temps
avec l'indivisible
le déhanchement
du vol ciel dehors
vers ce soleil rouge
choc du soleil sur
l'impossible corps
du temps fini visite
du ciel par cette
chair qui se déplie
devant la lumière
trop rapide pour
que ce penchant
opprime l'entaille
faite au cœur clou
du spectacle voile
transparent sur un
enterrement occlusif
fermeture du rideau
de fer en devanture
du bien laissé pour
compte dans la nuit
évanouie de l'esprit
tentaculaire du lieu
le lieu est tellement
inventé qu'il n'y a de
place que pour l'œil
maintenant arraché
au vent du temps
tant attendu partout
où l'espace du lieu
disparaît disparition
avérée de la chair
damnée celle qui se
pense comme lieu
du commun tenu
pour responsable
de la terrifiante voix
énonciation éjectée
du corps expulsion
du corps troué encore
poussé cette pulsion
qui laisse à la mémoire
comme un léger regret
d'amertume à mener
le combat contre le
coup du sort du corps
ce coup d'arrêt d'un
horizon celui que la
tête acéphale vient
en respiration montrer.





Thierry Texedre, le 17 novembre 2010.

Adieu au féminin

Toute étendue en résilience
dirige sa fin le fil de la vie
vers cette translation cette
vie avortée transfert du lit
infini de la chair rayée du
discours trop enclin à parler
au lieu de respirer oh couac
lentement ça meurt ça saoul
par l'indignation du pouvoir
rentré dans la tête crépuscule
du corps fendu en deux en
parlant son désir de ce désir
qui n'est que cette répétition
de l'oralité qui sature à mesure
que le lieu du corps s'empresse
de jouir sa double vérité celle
du commencement et de la fin
de ce corps suturé où va sortir
un rien un petit ressort saut
du dedans vers l'extérieur pour
troubler la vie la chair en touche
marge de la vérité du dire que
ce corps soutient avec feinte
douloureux corps l'imposture
du dire en est la cause saute
sur l'étreinte difforme de la
tentation d'avorter oh là c'est
bien l'avortement qui a lieu
résidence de la chair qui pousse
dedans en danse imperceptible
douleur en contractions adieu
majuscule que l'œil deux d'y
voir ira accoucher en tête avant
d'avorter en couches descente
troublante du corps nouveau
créé tel un usurpateur entrant
dans la danse le lieu du désir
apprivoisé par ici les forceps
accusé levez-vous dites nous
si votre nom parle au féminin
par l'air essoufflé du dieu dit
air entre d-et-e l'erreur aura
été de mettre le sexe de la femme
à la place de l'air à dieu écartelé
par ce fait jouissant de sa césure
n'a-t-il pas oublié la femme où
se cache le dire insaisissable
l'insignifiante oraison celle de sa
troublante existence à retirer
du coup de ce dire en jouissance.





Thierry Texedre, le 15 novembre 2010.

mercredi 1 septembre 2010

De l'amour et de la mer

Les vagues insensées les vagues ondulantes
sous une immensité bleue sous le ciel long
en langueur est lourd léger la mer se replie
danse mondaine monstrueuse enjôleuse elle
est l'ancêtre du temps d'un désir d'éternité

Vouée à l'envoûtement c'est elle qui sort de
l'eau en fleur enivrante en femme fontaine
fondant sur cette clameur lointaine qui va
monter épuisée hante avec étonnement l'eau
à peine voilée d'infime féminité elle touche

La vie arrachée aux eaux opaques de l'étendue
brillamment gesticulé dense et dramatique
s'échappe du temps disposé là comme par
enchantement de cet interlude dédié à l'arche
qui commence à s'étendre au dessus du cours

Des choses s'élèvent déchaussées des mots
qui ronronnent à tort et à travers sur les bords
le long des côtes ancestrales arrimée là comme
par enchantement partout où l'homme naquît
entouré tel un lierre autour de la mer meurtrie

La mort s'approche sur laquelle l'homme dresse
toute son irrésolution son désespoir d'aveugle
ne détient-il pas le pouvoir d'immerger son
amour dans les bras écartés de sa bienheureuse
légèreté léguée à la mélancolie vague à l'âme

Le temps des lilas là-bas sur la berge humide
c'est le temps des roses des amours incertains
de tous ces cris d'amours dans la pâleur du jour
joué à coups de dés jamais le temps ne passera
pour se soulever lentement inséparable plongée.




Thierry Texedre, le 31 août 2010.

samedi 14 août 2010

Terre d'airain

Terre sur laquelle sonne l'arrière garde
du terrible pouvoir d'une armée lancée
en divisions fanatiques pourchassant
l'ennemi impuissant à faire face tant
sa garde est fantomatique et décousue
courte espérance en un imaginaire fort
d'improvisation dans telle circonstance

Les hommes avançant plein de véracité
vont franchir les espaces étrangers en
tranchant en perçant en saignant ces ôtes
rendus à la terreur du fracas des pas sur
le sol trempé d'un rouge qui coule étalé
de ces tranchées creusées pour s'enterrer
se cacher vers d'autres contrées enfumées

En songes les victimes râles encore le temps
d'un écoulement lent de cette vertigineuse
tempête drame continu qui s'avance vers la
haute colline noircie par les corps calcinés
déposés ça et là entassés d'où s'échappe une
litanie un dernier souffle une senteur perfide
doublé d'une épaisse fumée dans un ciel terre.




Thierry Texedre, le 14 août 2010.

dimanche 18 juillet 2010

Le saut

De ce lointain paysage, elle passe
pour rendre en songes ma paisible
passion; pour celle qui entre en moi,
et tentera de jouer avec une blessure
gravée; grave irruption de l'amour,
de l'extase qui touchera mon cœur.

Vers d'anodins baisés, je tente de
m'évader; devant les errances de nos
deux vies, visibles, quand l'heure
sonne au lever du lit encore chaud;
éternelle communion des bouffées,
de ces bouts de chair douce, charriée.

Sinueux, temporel et infini, l'amour
du martyre volé cède aux larmes;
au centre de l'épanchement avoué,
cet élan insouciant revient griser
comme une attente; une voie vers
laquelle les pleurs incertains iront.

Ma tendre touche mon émoi, mon
improvisation fragile; couverte des
rires attendris qu'un lointain écho
va nous mettre en tête, quand l'éclair
vient frapper nos deux tentatives,
de passer ensemble le pont, en saut.




Thierry Texedre, le 18 juillet 2010.