samedi 19 août 2017

En proie au doute...



Nazanin Pouyandeh, Le festin, 2010
Huile sur toile (140 x 180 cm)




































En proie au doute...

Bel insigne du temps passé
sur la pâle austérité de la vie
voit cette aurore inattendue
comme si ta belle parure
corps qui avale cette longue
nuit dans tes bras repus
au milieu de l'eau par nos
ébats illégitimes par quel
interdit sort ce sexe vif
entre des jambes ébahies
en tremblant le fortin
se figure être à l'orée
du bois prêt à sauter sur
sa proie pour l'arranger
la plaquer le long du sexe
grossi dans l'instant injuste
les deux corps s'enroulent
et tombent en resserrant
leur alerte étreinte et
elle prend la virile queue
entre ses deux mains
et la serre fortement
jusqu'à la douleur
l'insupportable bâton
se soumet tant et plus
elle entraîne l'outil le forçant
à plier jusqu'au cri ultime
du jeu la liqueur sort
un jet chaud et odorant
sur la figure extasiée
de la dévergondée
qui lâche prise
les deux amants
tombent sur le sol
leurs regards sombrent
dans l'expectation
d'un plaisir sans fin.

Thierry Texedre, le 19 août 2017.









vendredi 18 août 2017

Du souffle




Du souffle

Souffle cornélien, saturation de l'appel, ce chant intrinsèque au rythme cardiaque. Par quels applaudissements, le train-train orchestral du souffle se mesure-t-il ? Soulevé par les ondes de la veine inhibée, voilà le cœur qui souffre, lenteur du corps pris dans sa caverne ; l'entrée dans un dedans inhospitalier. En compromission avec le temps dissous, le corps liquéfie sa mémoire, il la rend comme si rien ne la disposait à raviver sa source : le sang automate, le saignement du vieillissement prématuré du corps qui baise au fur et à mesure qu'il sort de sa gangue, l'élasticité d'une parole qui tringle sa continuité dans la fente de l'intraduisible polémique de la parole en dire ; d'en dire quelque chose de l'altérité du sexe qui frôle l’inextinguible confusion avec la jouissance qui joue à rentrer partout dans un corps pour rencontrer cette mémoire. Perle d'or, puissance du soleil qui lève la grande confusion que ce risque de fornication peut induire, le soleil montrerait par là quelque soudaine invitation au désir, désir de dresser un corps pour lui toucher la grande ferveur, l'effervescente contamination qui gravite autour de la chair, le risque de faire passer à la trappe la mémoire, le temps de rencontrer l'amour où l'âme se cache, parce qu'Our ouvre grand les yeux pour montrer le chemin des cieux (le souffle du soleil ferait brûler cette âme pour l'empêcher de passer le temps imparti sur terre à pénétrer les corps pour les confondre, faire monter la mémoire, absorber la chair jusqu'à satiété, jusqu'à rendre l'amour inéluctable jusqu'à la mort). Si le souffle fait référence au vent, à l'air et au vital, c'est en partie pour raisonner, mettre en mémoire un temps de la possession, le plier (prières) en sacré à trop laminer l'inquiétante étrangeté de la vie. La véhémente exaltation pour la nature polysémique (existence du naître) montre cette consommation/consumation comme quelque chose qui a à voir avec l'anomalie, l'anormalité. Le souffle divin se rétracterait en lettre, écriture qui soutient alors l'exclusion de cette nature pour consolider les lieux de l'expérience/connaissance du corps qui devient artificiel depuis l'insécabilité du souffle. Écriture qui entre dans la discontinuité de la lecture, vertige de la séparation du temps et du corps ; constructions atmosphériques sans cessation, architectures de l'objet indésirable à cause de sa disparition du souffle, l'acte irraisonné de la vie qui tourne au massacre parce qu'elle est coupée par l'homme dans cette peinture qui le représente au plus près. Seule la « chose » semble retirer du souffle cette vérité dont on traite encore les contours, dans l'inépuisable orchestration de ce souffle traduit, en libre-service, avec l'action peinte en retombée, et le jeu musical comme passerelle d'un nouveau dire en gestation. La représentation de chose montrant l'enfer qui sévit à retenir cette respiration, et pourtant quelque chose se passe quand l'esprit donne lieu à d'impitoyables cessations de représenter, montrant par là d'autres flashs, images plus vraies que celles du plaisir amoureux. Un corps qui se délite monte vers sa reconnaissance, sa vérité, loin du lien qui nous lie avec la consumation (dépense) des images. Le dernier souffle rend à l'âme sa véritable impression, celle que regarde l'artiste en songe sur l'élan de sa transgression. L'âme est la disjonction, la transgression que ce corps délictueux peut résoudre à tenter la sauvegarde de sa mémoire.


Thierry Texedre, le 18 août 2017.





 

lundi 14 août 2017

Premier manquement

Louis Cane - Les Arches, arche 1, La pluie du pinceau 1976, huile sur toile, 290 x 210 cm.








Premier manquement

Comment l'obscur montre sa sortie dans la peinture
du noir d'y voir ce tourment cette invitation au trait
au retournement du bleu primaire qui s'ouvre à l’œil
d'une pluie qui traverse la chair pour coucher l'huile
voilà le carnage de l'huile qui jouit dans la couleur
drame de l'écriture qui sort du cadrage vertigineux
pour étaler son manque sa fêlure sa feinte de l'être
vestibule de la séparation du temps et du vide dit
en une peinture lumière entrant dans le traitement
de cette chair faite corps de la peinture en retour.


Thierry Texedre, le 14 août 2017.










samedi 12 août 2017

Douleur




Enguerrand Quarton - Pieta de Villeneuve-dès-Avignon (1454-56)





Douleur
Sur les genoux de l'usuelle commémoration du temps
l'extraction du récit semble se montrer au seuil de l'être
déplié dans une ultime réverbération de la vie le vertige
lassitude de la mort qui trouve sa jouissance dans l'exclu
extension de ce corps martyrisé et sanglant du sans vie
l'imprécation au tombeau par amour pour la vie éternelle
sur une surdité de la parole l'acte vulcain du désir béât
se risque l'éveil d'une mémoire sujette au temps présent
pour pleurer ce corps absout devenu pluriel par la parole.


Thierry Texedre, le 12 août 2017.






jeudi 10 août 2017

Douleur effarée

                                              Dirk Bouts - La Chute des Damnés, vers 1470


Douleur effarée

Expiation du temps
s'en sortant de l'ivraie
ricanement du vent
lueur indéfectible de la raie
fente le long du corps en sang
voilà le retour sourd l'attrait
la rencontre avec l'affolant
et l'aboiement de la plaie
la douleur s'éternise en verlan
brume ravalée qui s’épuiserait
soustraite à l'enfermement
esquissé par quel essai
le corps asséné et absent
se montre encore depuis le lait
maternel du né impertinent
sa douceur doute du fait
indéterminé du naissant
ravagé par la mémoire gaie
s'il va jusqu'au balbutiement
pressé d'accoucher en retrait
singerie qui saute librement
de ses bas instincts vrais
jusqu'au ciel sans serment
pubis de l'origine qui bâillait
inhospitalière intrusion qui rend
l'âme à trop s'étendre s'amblait
de part et d'autre du vide chantant
à toute volée les pieds se branlaient
pour fuir l'effarante douleur du temps
crépuscule intenté vision qui hait
le livre ouvert du tremblement.

Thierry Texedre, le 10 août 2017.












mardi 1 août 2017

Lueur de l'indécence privée

Charles Desains - Femme asphyxiée, 1822



Lueur de l'indécence privée

Réglé comme du papier à coucher (faire de l'écriture l'étreinte du papier), les neurones, sur l'illusion d'optique ce sacré rituel du déhanchement particulier, leur danse, azurée sur le temps d'un amalgame et osmose de ces morts entassés oubliés, tout cela tombant du ciel ; cette danse donc est encore trop lourde pour passer par le stade paradis. Illégale opération de la censure, trop à l'ouest pour faire taire les langues, les langues qui se délient à cause de la chaleur qui vous tombe dessus, voilà la ritournelle qui embrasse le feu, du tonnerre de dieu, de ces bouches béates depuis l'amour qui montre deux êtres pris pour cible et sans lois pour les invectiver. Le temps s'efface sur les paroles acides qui provoquent l'excitation jusqu'à leur nudité certaine. Lentement, se referment les regards depuis l'aléatoire orchestration du jeu amoureux. Les bras ballants, les deux orthodoxes s'envolent vers d'intenses béatitudes, comme si rien, autour d'eux, et du monde n'avait plus d'importance. Par quelle insouciance leur indécence allait-elle se déformer jusqu'au martyre ? Une lueur venait gonfler l'étrangeté de leur regard suspendu au tremblement inféodé de la mémoire. Ils n'avaient que faire de cette espèce d'excitation qui épuise les gens, comme pour les avertir qu'une fin proche allait les assaillir ; la fin d'une incommensurable tolérance qui les pousserait à la fantasmagorie. Le temps est cornélien, contaminé par la terrible barbarie des mots, et leur violence immaculée, le vague à l'âme ahuri qui rit depuis l'orbite vicieuse de l’œil trop organique qui se pose encore une question, celle du dernier degré de la jouissance ; le degré zéro de l'écriture, le degré qui fait froid dans le dos, celui de la baise sans cœur de l'opprimé du temps obsédant. Encore faudrait-il sucer les plaies du monde pour faire un peu vibrer les âmes, tant l'insolence du corps soulève des montagnes, et plus encore aujourd'hui puisque ce corps est partout devenu le nu commun de l’œil habitué (est-il alors encore habité?). Alors peut-être une petite lueur s'allume, comme pour rencontrer cette jubilation du privé. Comme pour user la marche des organes qui indiffèrent le commun, sauf peut-être cette improvisation qui dépasse le sexe exorbité.

Thierry Texedre, le 1er août 2017.








lundi 31 juillet 2017

Stop



Ville astreinte astringente astre de lumière belle incontinente et désuète perdue au milieu de nulle part grimaçante depuis l'aube perdue étalant ses myriades de possessions et de veilles encore debout dans la mêlée cacophonique aucun auto-stop pour parler du temps qui passe le monstre tentaculaire est bourré il pisse le long d'un réverbère teinté un éclairage jaunâtre pour faire entendre un air.

Pâle dimanche dépassé renversant les passants sur le bitume encore frais et des enfants sortent en vitesse pour chercher des histoires un vélo freine et stoppe avant de se livrer au pire un jour pas comme les autres le métro est ouvert tôt encore trop tôt on touche à l'irréel sortent le nez au vent bus voitures camions de livraison motos accordées en accordéon partout des gens déjantés courent.


Thierry Texedre, juillet 2017.

dimanche 30 juillet 2017

L'inconscient, vite

                                             Larry Rivers - I Like Olympia in Black Face, 1970


                                                     

                                                       Edouard Manet - Olympia, 1863


























L'inconscient, vite

Cloué au risque
d'extraire cette chair
la peau tiraillée
l'os asphalte
du pire recentrement
que la gloire ai rencontrée
celui du jeu interminable
qui sied à la confession
de cet inconscient
divin et expiatoire
frôlant l'ultime usage
du corps dans sa fin
montrée par la pensée
expatriée et rituel
de ce corps à deux vies
vivant par son inconscience
par la fuite vers sa fin
la fin inappropriée
qu'un être assiste au néant
plié entre son commencement
et sa terrible forclusion
pétoire de ce corps de chair
qui pousse par le bas ses aspirations
pour jeter le discrédit sur la mort
tension malhonnête
qui naît du blême
état de la chair assermentée
vite vite vite découpée en musiques
l'envie de pousser la porte du destin
se joue avec l'impossible
prostration de cet inconscient
en trop trop touché par l'être
interrompu par un trop plein de mémoire.


Thierry Texedre, le 30 juillet 2017.










jeudi 27 juillet 2017

Succion

                                               Salvador Dali - Le grand Masturbateur, 1929


Succion

Quelle chaleur
sucer la glace
un temps soit peu
du pont au bord
le long du canal
au bord de la mer
le bord du quai
avant de sauter
dans l'eau
sucer la glace
avant l'arrivée de l'hiver
avant l'enterrement
de l'enfer
compter les jours
depuis la cellule
depuis la chambre
bleue du ciel sirupeux
du ciel volé
sucer la glace
pour se dévoiler
la face ailleurs
la peau humide
entrer en immersion
dans l'étreinte du goût
dégouttant dégoulinant
pastiche des vacances
deuil sourd du repos
improvisé partout
où l'on suce la glace
la langue pelée.

Thierry Texedre, le 27 juillet 2017.









mercredi 26 juillet 2017

Hymen

                                             
                                                Gustave Courbet - L'Origine du monde, 1866




Hymen

Droit et circoncis
cette anatomie se resserre
pour scruter avec le sang
gonflé les secrets
de la verge qui se
montre descendant le long
du corps encore endormi
dans ce néant qui puise
partout les baisés inassouvis
regard exubérant
poussé par le vertige
du désir puissant
se faufile tant et bien
au travers de l'imaginaire
forcé par les caressantes
brumes du bord nu
depuis ces herbes tendres
tout excité cet attirail
un psaume à la main
s'évente pour calmer
ses ardeurs devant
l'ingénue intriguée
par la vue de cet accoutrement
bien harnaché et bien campé
sur ses deux hémisphères
qui se balancent
à tout vent
trop inconnaissables.


Thierry Texedre, le 26 juillet 2017.







lundi 17 juillet 2017

Peinture, tu parles...


Daniel Richter peintre








La peinture, tu parles...

Touché par ce temps de la possession, voici que penser s'en suit par ce lent dispositif de la peinture, produisant l'informel, la répétition, l'immédiateté, pour tenter de résoudre ce qui finit, ce qui maudit la langue et sa musique. Entrée dans une invitation à se soustraire à la langue, par cette insatiable éloquence la peinture frôle l'alternative qui montre que la vue ne suffit plus à satisfaire la sexualité humaine (j'entends par là que la sexualité ne se soutient pas de l'acte sexuel en soi ni de son érotisation, mais passe par une translation du corps hyperbolique de l'érogène pris dans la langue à trop voir ce qui fait sens dans l'insignifiance de l'acte sexuel); l'amour pour ce corps est un amour dépossédé de l'être comme déploration de la langue, risque de rencontrer son fou, pour convaincre toute parole qu'une folie n'a de cesse d'accentuer l'impossible étirement de la pensée sur un sujet qui joue sa perte. Penser passe donc par la peinture, s'il en est ainsi l'esprit révulsif qui déjoue la langue pour la recomposer dans un autre espace refuse sa langue pour penser et visite donc la peinture comme vue irrépressible d'un lieu social à rejouer, celui qu'une peinture peut à n'en jamais finir de se soustraire à la vue présente dans un temps de la dépense ; vue qu'une représentation saura reprendre à son compte pour risquer, dans la langue d'un temps présent, l'irréparable tentation de montrer le paradis comme vol (kidnapping) d'un sujet mortel (mise en mémoire d'un sujet de l'immortalité).



Thierry Texedre, le 17 juillet 2017.





 

jeudi 13 juillet 2017

Certitude et béatitude

                                   Claude Verlinde (1927-), "Les quatre saisons de la béatitude"



Certitude et béatitude


Par quelle couverture
le temps s'éveille-t-il
à cette infamie
que la représentation
montre ici en plaie
de ce que la douleur
va imprimer sur le corps
sur ce corps absout
de la mort
par ce sacré
retraduit en peinture
pour avoir jugé ce sacré
exercice damné
par le temps bu
dans la coupe du sang
tremblement de la vie
le tors d'un corps
coincé entre l'être
et le sujet pensant
sa fin en lettres
apocryphes amour
sur quelle introspection
de la chair illuminée
par la parole montrée de biais
sur cette peinture pneuma
de la fin du corps
qui rencontre sa foi
avec l'éternité et la matière
moment du passage
vers cet au-delà
que peindre promène
jusqu'à la certitude
de laisser faire la chair
paix à notre âme
merci douleur dépassée
dans la certitude
d'une béatitude enfin.


Thierry Texedre, le 13 juillet 2017.







D'y voir

                           Jan Van Eyck - La Madonna di Lucca (1433-1436), 149,5 x 65,5 cm




D'y voir


Longue est la nuit
outrance au ciel
qui passe par là
interminable et
blême aussi étendu
que l'océan profond
de ces ténèbres
illicites par l'amour
éternellement voilé
sur ces récits en signes
par lesquels se montre
la lumière du temps
indécidable de la gloire
en ces lieux d'appartenance
récifs sur la parole
qui plonge les bras
pliés en croix et
pendus à l’œil malin
jailli de ces enfers
du corps encore chair
de la chair par la parole
finissant dans une peinture
respiration du jet jeté là
en pâture aux hommes
nés de ces cuisses écartées
dans le douloureux
endormissement
de la libre improvisation
en cris répétés jusqu'à
la lie j'irai cracher
sur vos ébats tombé
de ce corps ensemencé
par la belle jouissance
interposée au hasard
à tout jamais joué
par omission de la raison
par quelle atomisation
de la raison qui manque
par quelle dépense d'en
finir avec ce corps inventé.


Thierry Texedre, le 13 juillet 2017.








lundi 10 juillet 2017

Pleurs

Vincent Van Gogh - Résurrection de Lazare (d'après Rembrandt), (1889-1890)





























Pleurs (prière)

D'une rencontre avec l'au-delà
un corps se délite
et meurt en apothéose
avec cette âme
hauteur en prière
de la vie par l'amour
entrée dans l'esprit saint
la vie promise à cet espoir
de la béatitude et la délivrance
la résurrection par l'esprit
le cœur appelé par la mère
enfantant le fils divin
Christ apporte partout la bonne
parole aux pleurs imparfaits
le souffle de la vie éternelle.



Thierry Texedre, le 10 juillet 2017.






dimanche 9 juillet 2017

Passage

Pierre Alechinsky - Les grandes choses transparentes


























Passage

Sur ce suintement
du refus omniprésent
de la parole
se montre l'esprit
dominé par l'entrée
en résidence du sexe
commémoré en verge
fracturé en hymen
de la comédie
travers obsessionnel
de l'acte révulsé
qui sourdement s'en prend
à la parole pour
la livrer à l'intronisation
et au silence suranné
de ce dire en introduction
départ vers ce blême
viol du corps
qui chante le recours
à la folie du texte clos
par la lecture en ivresse
en rites de l'asservissement
au temps de l'image
involontaire et inconsciente
pénétration jubilatoire
en danses catatoniques
du sexe tendu vers ce ciel
abstrait qui tourne
en rond pour jouir
dans sa finitude feinte
de la dépense
pour faire du sang
le grand prêtre du vide
qui vit hors du temps
de l'hominidé attenté
depuis la mise en forme
de l’œil ignoble
qui ne voit qu'à cause
de sa possession ultime
par la chose
poussée par la mort.

Thierry Texedre, le 9 juillet 2017.








jeudi 29 juin 2017

Les nuées du feu

Yang Jiechang - Massacre, 1982


Les nuées du feu

Sur la plaie du monde
contusion du glorieux
épiderme indéfectible
hurlant au seuil du néant
caressé par la voix
inanimée du temps
est violé par l’encens
balancé dans l'air
insouciant qui déferle
dans la tempête interdite
du dedans en corps
illuminé par l'esprit
qui polémique
à la force des bras
les bras levés
vers les nuées insidieuses
d'une rencontre
improprement avec
l'illusion cadavérique
de la mort suave
qui danse en attendant
l'arrivée de ses acolytes
détenus hospitaliers
qui montent la garde
tremblent les décharnés
au petit matin posé
sur la saignée à force
que la mort brille
d'un soleil démon
dans les flammes
alléchées de l'enfer
de l'enfermement
qui nourrit nos âmes
au repos de la chair
du moins de la parole
subjuguée par l'os
contigu au bois
brûlé ici-bas
pour imprimer le cœur
de ces imposteurs
qui montrent du doigt
la vie à cause de l'encre
du sexe entiché et fou
de cette intrusion
bombardée par les douleurs
du trou béat
têtes impensées

au retour du verbe.


Thierry Texedre, le 29 juin 2017.






lundi 26 juin 2017

La chambre claire

Judit Reigl ( 1923 ) - Déroulement, 1975  peinture ( 220 x 320 cm )














La chambre claire

Du long désir qui nous lie voilà que saigne la caricature obsessionnelle qui feinte l'agonie de l'astreinte à revisiter la reproduction selon l'artifice peinture quand se montre le verbe qui visite ce corps obtenu de la naissance voilà que se tire l'exacte cri dont on n'aura de cesse d'altérer par la parole cette puissance de la dialectique qui nous retourne la gueule dans le langage polysémique et iconique c'est là la seule vérité qui soulève le corps dans sa chair étouffée par l'importune parole soumise à cet inconscient trop contaminé pour résoudre la souffrance que ce soleil noir montre en astéroïdes réverbérant les songes dans l'eau de la fin que la douleur danse voilà alors ce sacré qui revient comme si ce croire devenait plus problématique par la parole de Dieu sauf à sauter sur sa mort le temps de s'offrir l'effarante représentation qui montera dans la peinture pour induire ce Dieu dans un outrage magistral à l'art tombé dans les griffes de la danse intemporelle des couleurs comme fermeture-ouverture de l'espace-temps posé sur cette frontière entre la naissance et la mort et ce jusqu'à leur quasi-dissolution du rêve de l'univers traverser cette rivière improbable du temps par un corps réel comme océan de la peinture à-venir quelle vaste exposition que ces montages entre matière et corps piqués au vif par la jouissance imprévisible d'une pensée entrain de naître versée dans le pourrissement de la résurrection des morts en finissant au feu du tremblement invétéré de corps célestes manqués par les trous noirs de la raison on danse par là si la raison s'en mêle de pouvoir signifier l'harmonie c'est avec le sang déporté que saute l'exilé depuis l'extermination de sa mémoire de la mémoire identitaire du lieu libre brûlé pour toujours laissant au corps sa nudité étouffée par les pores de la peau symbolique un lieu une date voilà l'exultation qui monte du fond Lascaux pour fendre le ciel de Giotto de travers Cézanne dans ses paysages aux nus structurés par le rythme de la vie qui gronde déjà en irradiant l'esprit qui dans un grand choc saute le corps avec depuis la chambre clair se montrent des figures et animalcules sur les murs partout grouillant tels des insectes l'été en pleine chaleur et les murs de la pièce ne tiennent qu'à résoudre cet état de pesanteur qui s'évade à mesure que monte la fièvre.


Thierry Texedre, le 26 juin 2017.





mercredi 7 juin 2017

Cruauté

 Francis Bacon - Fragment d'une Crucifixion, 1950



" L'Art esrt un moyen d'expression de la violence, son moyen d'expression et en ce sens il peut servir
à prévenir la violence puisqu'il permet de dire ce qui n'est pas dicible. L'art en effet commence là où
la parole s'arrête, avec la transformation de la violence instinctuelle en jeu de pulsions incessamment
provoqué par l'altérité irréductible de leur "objet". La violence de l'art tient au fait qu'elle impose
une forme de vérité sensible, du sensible lui-même qui dans un paroxysme d'expression
s'apparenterait à la douleur dans l'oeuvre que réalisent les artistes." Suzanne Ferriere-Pestureau


« Toute la viande hurle » écrit Deleuze


Cruauté

Sur la langue quelle osmose
que ces mots dont on prend
les notes sur la chair
comme le vrai en jeu
joué par l'étendue de
l'érotique mis en syncope
par l'envers du décor
l'homme attaché au risque
de désirer sa passion
couvre ce qu'il occulte
le manque plié dans
cette couche superposée
à une autre recouvrant
ce corps allongé par
l'enterrement et qui perd
ses membres les uns après
les autres pour couper
court à la langue qui parle
et hurle devant ce Sphinx
qui délivre les maux de la chair
pour faire perdre la mémoire
au corps enseveli de manquer
la parole qui dit ce savoir
découpé par le souffle
sordide double étirant
la chair jusqu'à ce qu'elle
usurpe la jouissance
qu'un vide puissant va
toucher séparant sans cesse
ces corps pour leur redonner
la consistance du désir
dans l'extension de la parole
qui feint sa langue
en dansant du rire
fou de la tentation
de défaire les nœuds
du récit en songes
oppressants de la cruauté
entrain de sortir le dire
de ses veines incolores
pour couper ce corps
vers sa sortie en sang.



Thierry Texedre, le 7 juin 2017.