dimanche 19 juin 2016

Entre le ventre et la terre



Quelle est donc la surdité
qui frôle le vol irrésolu
et inquisiteur de la peur
voilà que se montre
à tous les renégats
du temps présent
l'immensité de la musique
le travers la possession
coupée du monde de ces affres
ce sacré le samaritain
qui essaime au vent la peur
de mourir la perfide occlusion
qui se dresse devant
la parole l'étreinte en
voyelles consonantes
vois ce qui te sied d'aimer
le ventre et la terre
rencontrées à la source
aveugle du temps de l'âge
il passe par là pour
intenter à la chair
la montrer conduite
aux chiens errants
et le soleil indécent
contamine puis délivre
le sang en sens inverse
peinture faite chair
dans l'écriture qui parle
une langue indécidable
qui peint sans fin
l'invasion par ces crachas
de travers l'incendie
de la tête qui maraude
en catimini enfin clouée
à la croix sans bois ni lois
dressant son sexe plein
pour lâcher en léchant
apologie du croyant
coursé par l'ignominie
de l’œil grand ouvert
au milieu du front
en suivant l'image
pour la couper du regard
incertain et teinté
d'une pâle jouissance
impropre texte invité
joues grossies par l'esprit
qui tente d'approcher
ce corps entier le montrer
s’enticher de sa peau d'os
jusqu'à la douleur
qui insiste partout
enfoncée dans les plis
de la couleur chair
en soubresauts sués
de ces verges aromatiques
par quelle surprise
s'est-elle jetée dans les abîmes
du ventre de la terre
au risque d'aller
chasser ces sens pour
partir en poussant un cri.


Thierry Texedre, le 19 juin 2016.





Gérard Titus-Carmel
suite Grünwald




















jeudi 16 juin 2016

Rêve de nuit



Le rêve de Joachim - Giotto
fresques des scènes de la vie de Joachim, 1304/1306 Chapelle Scrovegni, Padoue.



















Rêve de nuit

Du léger tremblement
qui frôle l’impérieux
désir de traverser le
temps troussé par l'art
d'écouter ces os dénudés
et explosés par l'oubli
tremblent tous les regards
sourds du grand ressentiment
quel souffrance vient se jouer
de l'insignifiance qui hurle
de long en large paisible
pour couper les os du refoulé
maudit par des paroles
ordinaires juste l'orifice
ouvert depuis ces tombeaux
inquisiteurs et inquiets
d'avorter et que presse
le temps resplendissant
en vers opalescents
l'enfant natif du monde
se pend au cou monstrueux
introduit révulsif intraduisible
la somme fêlure du con
contaminé par les cendres
du bras rencontré jusqu'au vice
introduit pour faire fuir
la surdité jusqu'au nez
de la douleur asséchée
à l'aune de ne plus croire
qu'au tremblement
la légère blessure s'ouvre
coupe en coin du corps saigné
dès sa sortie de l'enfantement
l'étreinte d'un univers clos
qui ergote en corps possédé
pour rendre à la chair le lait
bu par la sainte mère morale
emportée en airs lus paroles
arrogantes rencontre arrivée
le jour où ces ombres visitent
se mettent à danser dépouille
à peine installée dans la chair
pour se grandir du plaisir
endormir l'irréelle figure
du commencement de tout
que ce rêve nuit en bleu
tombe par l'accomplissement
de l'être qui entre en apothéose
hormis l'âme insaisissable
qu'on a interdit d'aimer
parce qu'elle est noire
rage ô quelle blessure
depuis cet indicible amour
l’œil ressort quel privilège !



Thierry Texedre, le 17 juin 2016.








mercredi 15 juin 2016

Mémoire






« Depuis la fin est-il encore possible d'écouter cette suite gothique de Boëllmann avant la mise au tombeau de ce corps apaisé »

Mémoire

Sourire de ces interpellations
qui vous emportent au vide
par cette suite gothique enjouée
orageuse et présentant un repos
est-il possible de monter
dressé au centre publique
de la vie entrain d'être étendue
à ces codes inventés qui fondent
le sens de l'existence jusqu'à
l'âme blessée par la mort montrée
sous les applaudissements du né
en outrepassant cette mémoire
qui frôle l'exclusion au moment
de la naissance vers les cieux
en cette fin de vie miraculeuse
en cette expiration de l'envie
qui s'acquitte de la nébuleuse
douleur depuis l'entourloupe
de ces couleurs grimaçantes
de ces ondes justes qui chantent
la fête d'une vraie délivrance
délitée et décapitée se fracassant
par la lecture du passé et l'art
de vivre ce présent partant épuisé
par la vitesse du corps hanté
par les tricotages et des jargonneuses
lectures d'une caresse du temps
par la respiration du silence et
pendant la grand messe des maux.


Thierry Texedre, le 15 juin 2016.









la persistance de la mémoire (montres molles), peinture (huile sur toile) de salvador dali, 1931, museum of modern art (moma) - new york 







samedi 11 juin 2016

Dissinance



En cloque la vie
sait que la vie
souffre de ne pas en dire assez
sur l'altération
sur cette surdité
qui montre le corps
calamiteux
et coupé
du fond
foutu en l'air pour avoir lu
ce que l'image ne dit pas
et qui pourtant montre
le massacre l'extinction
l'envers du décor
ce sas par lequel la disjonction
se montre au bout
là où appelle la mort
recouvrement du vrai
de ce qui est vécu mais pas lu
le véritable
nœud est là
de discourir sans lire vrai
la crise du corps qui s'est fait chair
en parlant ce faux dont on voit l'image
la vie se rattrape à agacer
la chair en la parlant en mots
érotiques qui le sont
parce que l'image
immole les signes
insignifiants du sens
des choses parce que le drame
de la naissance ressuscite
l'extinction des mots en chair
par ce soulèvement
qui frôle l'indifférence
par l'erreur des mots
et pousse et jouit
cette excrémentielle démission
de la chair pour pousser le temps
pour qu'il chute juste
pour que le vrai soit.


Thierry Texedre, le 11 juin 2016.






jeudi 9 juin 2016

Fournaise



Fort de ce cataclysmique accord
avec la mort ce corps à découvert
sort de sa gangue en langue outrée
quiproquo avec la naissance en flots
raccord de l'étreinte depuis l'éteint
ce sacré court-circuit qui force sans
rien faire entendre au cœur inspiré
par l'éternité qui referme les yeux
à ne plus fuir qu'allongée en deuil
l'ange promet-il une vie au vitriole
passant par dessus les accords ténus
d'une occultation de la chair en ordre
de bataille en balbutiant les relents
du ricanement incidemment partout
où sonnent les affaires de la mort
rient juste pour rembobiner le film.


Thierry Texedre, le 9 juin 2016.









jeudi 2 juin 2016

Sans partage



Nuit outrée
du dos tourné
sur une voix
lueur catacombe
tombe l'alcool
colonisé en vie
au vitriole vêtu
de sa bouillie
en bouteille
tangue la vue
qui se rue
sur les pavés
recouverts
de goudron
chaude nuit
chienne de vie
dans la douceur
du petit matin
des errances
depuis l'erreur
d'avaler le goulot
par dessus
la jambe
relevée étreinte
contre le gazeux
jazz de l'autre
côté de la rue
qui joue avec
ce pire qui tape
dans la tête
et pique du nez
en même temps
que ce vaurien
ventriloque
menu et dragué
par les chats
de gouttière
usé par l'usage
dérisoire du rasoir
près de la joue
il tremble il est
prêt à en découdre
avec l'oreille
qui tinte et tord
les sons les extirpe
dans une douleur
insoumise
jour sans fin
va et se retire
au risque
de perdre
sa belle ombre
tremble la vie
vendue au ciel
pour embrasser
l'indifférence
qui frôle la drôle
de caricature
qui s'aventure
en face du
corbillard
il roule plein
comme un vide
pressant en route
pour l'envers
lanterne usée
par la gomme
des voitures
qui s'en foutent.

Thierry Texedre, le 2 juin 2016.












mercredi 1 juin 2016

Danse le vent / Le Jules




Danse le vent

Sur le bord c'est la musique
sautent les sauterelles dorées
oh grand soleil au solstice
aux abords du canal se mire
et dort le canard le colvert
tout près à s'envoler se lève
en notes noires et blanches
d'une symphonie qui danse
l'air de rien le vent prend
toutes ses aises sur l'étang.


Thierry Texedre, le 1 juin 2016.



Le Jules

La chaise est dans un coin
prête à bondir sur Jules
le visage un peu joufflu
pourvu qu'il l'évite vite
il penche la tête lève les bras
pour les croiser en guise
de protection de sa bouille
la chaise tourne en l'air
et se prend les pieds
sur les avants-bras
du jeune homme muet
tellement la douleur
est vive il se plie et tient
serre la chaise très fort
puis écarte les bois jusqu'à
ce que cèdent les rolons
arrachés ils jonchent le sol
en mille morceaux
et les quatre pattes aussi.


Thierry Texedre, le 1 juin 2016.













dimanche 29 mai 2016

Par tous les regards



Regard ibérique
enclavé dans l'art
d'étourdir le feu
l'étreinte chaude
encrée dans ce cœur
étendu du pleure
fondant sur la joue
endeuillée par elle
passé qui oppresse
étrange tourment
de l'amour puissant
la grande force
de leur délicat
baiser sur l'eau
larme de lueur
mémoire en vie
au matin ténu
du jour délavé
par l'innocente
confusion de l'air
les volets ouverts
un peu pour jeter
ces fleurs au passé
dans l'attente
attendrie rappelle
par ces lieux appris
l'image la beauté
de celle perdue
cherche partout
depuis ces récifs
pointus dessous
et dessus ma mie
la mine épanouie
j'entre en anémie
depuis l'agonie
de mon âge plein
par tous les regards.




Thierry Texedre, le 29 mai 2016.




mercredi 25 mai 2016

Du libre arbitre 2



Tige frappée par le tremblement
Qui frotte le long des cuisses ailées
Chaude extension du con chaud
Sucé du regard exquis en pleurs
Voile soudain couvrant l'endormi
Poussé par l'envie de pénétrer
Dans la nuit profonde du désir
Lenteur du secret de l'infirme
Qui finit par sauter du lit ligoté
Dans les frasques du cœur couché
Par le resserrement du canon
Tonitruant en poussant un cri
Cratère caricaturé du sexe fleuri
De ces ébats resplendissants le joli
Jubilé d'un regard croisé qui croît
Après que la volupté s'y est invitée


Thierry Texedre, le 25 mai 2016.









samedi 21 mai 2016

L'incidence d'un corps



Du risque d'insister sur l'étrange retentissement de la parole, sous l'intransigeante résolution de l'esprit rétif ; voilà ce qui frôle l'amalgame indissoluble d'un corps/écriture fondu dans le besoin, et qui manque l'écrit sauf à peindre, à cause de sa parole, et ce, depuis la peinture pour montrer la parole, action « de profundis », vient l'exacte vérité de la parole. Damné par la mémoire qui improvise, le corps sort de ses gonds, pour oser résoudre l'énigme de sa mort. Un voile austère et rétréci se montre au regard, pour essuyer un ciel trop bleu (la naissance ordonne bien que ce bleu soit la première couleur que le bébé soulève depuis sa vision transitionnelle). Ce bleu rencontré le soir de la mort, pour mettre la mémoire face à son infirmité, conséquence que mettra un temps trop long l'adulte pour résoudre ce qui fait que la pensée sort du cadre infondé de la peinture. Tentation de rencontrer les temps forts de la vie entrain de se consumer. Le présent contracté, remet en place la peinture, pour qu'elle force le corps à monter sur l'insupporté raisonnement qui offusque le désir inassouvi de l'attirante jouissance liée à la chair. La chair entrée en lévitation, état d'apesanteur qui frôle la peau jusqu'à ce malaise, la rencontre du futur, cet autre présent dont un seul corps ne peut prétendre oser son ouverture. Incontournable incidence qui montre un corps multiple, pour exprimer ce que les trois temps vont monter jusqu'à la parole, pour signifier un monde sans temps : tempête irraisonnable de la chair depuis l'extériorité des couleurs, illumination de l'esprit sur l'insolence d'un soleil insoutenable et incommensurablement plus vrai que le sens des choses révélées depuis une parole polyphonique.



Thierry Texedre, le 21 mai 2016.








                              

 La Pieta - El Greco













mardi 17 mai 2016

Prière






Prière

Sur ce promontoire
exulte la grande faute
révélation du haut lieu
de la croyance immanence
de la passion pour un Dieu
révélé dans ce fils né chair
de la foi révélée en l'homme
depuis l'éternité de la vie
ressuscitée pour dire à
la mort sort de l'amour
pour l'amour de Dieu
du fond de l'expiation
là où l'enfer brûle la chair
jusqu'à l'os de l'impiété
l'esprit montre ce qui monte
des enfers pour partir
au Paradis là est l'âme
originelle en toute croyance



Thierry Texedre, le 17 mai 2016.







jeudi 12 mai 2016

La plage




















photo de Massimo-Vitali  "la plage de Deauville"




La plage

Calque le sol pétrifié
traque la poussière
sur la plage engourdie
par un soleil au solstice
on voit au bord sortant
de partout des pâtés
des seaux et des pelles
combien de ces passerelles
pour les songes si légers
qui vous plongent dans
des flots amers d'une mer
émeraude partout
se soulève la vague
qui sort du brouhaha
incessant l'incandescente
puis ses clapotis dessinent
sur le sable des sinuosités
l'eau monte depuis le large
sur tout le littoral perdu
au bout du monde salé
et sous les fesses
des gens endormis
c'est la sieste un été fleuri
et dans un large sourire
tous les parasols s'ouvrent
et s'amusent beaucoup
ils peignent des pointillés
jaunes encrés sur la côte.


Thierry Texedre, le 12 mai 2016.








mercredi 11 mai 2016

L'intracorps



Extraction de la voix depuis cette folie qui use le corps, pour le rencontrer, l'exporter hors du temps, là ou se mêlent les errances de la chair et l'instrumentalisation de la parole. D'une parole dont le rêve ne saura point régler le désaccord qu'il a avec la certitude de l'insurmontable plaie de l'arbitraire mémoire. Extrapolation sur ce qui sourdement s'insinue, se montre par intermittence, et qui saute depuis la mémoire : l'atermoiement de la lettre, écriture sur le point de restituer cette mémoire qui traque l'inconscient encore trop ténu pour laisser entrer un langage-ourlet de la chair. Frotter la peau, la rougir jusqu'à la douleur-mémoire, pour sortir, respirer cette inconvenance de la jouissance trop incertaine, copropriétaire du rêve, et responsable peut-être de l'indignité de l'âme. Fornication du corps avec l'âme, pour entendre réciter ce qu'une mémoire restitue face à l'antériorité du corps sur la chair expansive elle, à partir d'une induction de la mémoire comme ce qui lui revient d'une reconnaissance de son dépassement ; depuis ce corpus qu'est l'intracorps. On peut encore dire du corps « qu'il s'écoule ».



Thierry Texedre, le 11 mai 2016.








lundi 9 mai 2016

Carnivore






Carnivore

Touché par l'excentrique
variation du violon le lit
de l'attouchement rétrécit
à mesure que l’œil flambe

Dans l'attraction isocèle
du front fissuré l'esprit
s'éprend au cœur liliacée
fondant la terre terrassée

Tout en suintant le ventre
de la mère embaume l'or
brillant du coin de l’œil
aspergé en goutte glucose

Engoncée l'étreinte mastique
l'outrancière sorcière le temps
de se frotter force forniquant
de toutes ses affliction fumées

Rasant les murs il ouvre
l'entrejambe sa queue
dissoute en jets assaillis
par l'incommensurable.




Thierry Texedre, le 9 mai 2016.





dimanche 8 mai 2016

L'homme expatrié

(pour une grande messe des morts)

Quelle fin ouvre au Paradis, devant la grande exactitude du temps ? Sur la voix exaltante qui montre de l'effacement du souffle dans l'expiration de la vie, quoi de moins interdit que la cessation illusoire de cette vie encore extraordinaire par son appel à la mémoire ; mémoire de la vie à rebours. Rencontre de l'astre, terre subordonnée à la monstruosité de l'être déterminé à maudire l'animal qui monte en lui. Depuis quelle parole cet être vient se poser aux pieds de l'animalité du lit terrifique de l'inconnaissable ? Il se passe comme un retournement volcanique de ce qui jouit depuis l'animal prostré dans l'être de l'intériorité ulcérée part cette mémoire qui noue sa parole entrain de composer avec l'extérieur, illumination d'un aveuglement de la mort vers cette peur que l'inconscient dresse, comme feinte de l'éclairante vérité qu'un désir inaliénable va représenter par un psychodrame insubordonné à la langue. D'une entrée dans la caverne, sonne l'origine de l'improbable fin par la mort ; excentrique exclamation de la vie en chants montrant le paradis musical traversant ce corps psalmodique. De quelle douleur ce corps naît-il ? Sinon de n'être jamais là où la parole joue avec la chair, la violant avant de mettre à mort la parole liée à la lecture. Exposition d'un texte encore sans traduction. Expulsion vers ce qui sera l'autre vie, dans un retour fulgurant du corps ressuscité, veille du corps pensant. Torsion encore déchirée du corps sur la chair excentrée, de biais, contaminée par l’œil sa référence/réverbération vers une naissance-peau, comme mise à mort de son commun qui exalte la reconnaissance. Le commun serait donc le propre de l’œil. L'homme serait donc ce qui pense la cause du commun encore démontré par la langue, encore soumis à la lecture, encore l'étreinte de la chair avec sa peau. La soumission de l'homme au risque d'expulser son dire se contracte vers une improvisation de la peur d'être, une imposture de ce qui touche le commun comme béatitude de ce qui touche au vrai, à l'objet indécent de l'art d'assembler, de mettre en commun. Mimétisme qui prend en charge cette mise en demeure de l'animalité, comme extraterritorialité de l'animal prostré depuis son risque d'oublier, avaler, absorber tout espace lié à la chair ; récitant par là cette chasse de l'homme, l'expatrier, le faire taire depuis son insupportable mise à mort de ce qui pense pour la mémoire, pour ce présent fantasmatique.



Thierry Texedre, le 8 mai 2016.





dimanche 1 mai 2016

De l'origine à l'inquisition du futur









De l'origine à l'inquisition du futur

C'est comme si l'origine
devait se soumettre
sous nos pieds
et que le futur s'évertuait
à risquer l'impossible
présent pour peu
qu'une pensée sans cesse
en état de différence
s'ordonnait en un cinéma
dont on sait dès lors
que le cinéma n'est jamais
le vrai mais un état de mise
à mort d'une demeure
du sujet sous la coupe
d'un inconscient collectif
toujours plus ramassé
et rassasié et ressassé
modelé et éthéré par la langue
qui en dit long sur un retour
du retour vers ce qui
vous contient d'une forme
une mise en forme du futur
la future condition
de votre futur pour l'immersion
dans un vite vidant l’œil
de son regard inventant
l'imminence de ce lieu
sans arrêt ni fixité
nouvelle image qui anime
cette mémoire recluse
à trop éveiller un passé
l'animation qui montre
les maux au pire et la souffrance
au mieux veille du commencement
dont vous allez souffler
la faute en regardant
cet autre le passé
nous voilà donc bien dans
cette sorte de spirale
qui en impose forclusion
l'intérêt que nous portons
à l'intériorité qui elle dans
d'autres interactions se nommerait
âme ou être et même sujet
plus en avant ce qui est indolore
c'est ce continuum de choses
plus vraies les unes que les autres
et jusqu'à la langue dont
on peut mesurer les moindres
déplacements condensations
déflagrations jusqu'à
ce fou qui lui se déplace
aussi insidieux et compromis
si la culture met encore
en avant ses pères c'est en
catimini pour nous faire croire
qu'ils y sont pour quelque chose
comme ce qui sera ne sera qu'à
tout renverser du passé
et encore il est temps de passer
à autre chose
une langue vit de ne jamais être
l'écriture de ses blocages
elle est alors hystérique mystique
idéologique psychanalytique
elle feint l'existence
dans l'extase et le véridique
de quelle hérésie ce moment
étirant son passé jusqu'à la cassure
du futur est-il le lieu
possible de l'extériorité du présent
procès de l'impossible
tracé du présent en trois opuscules
trilogie de l'exercice flamboyant
que la peinture ouvre
supportant par là
ce que la langue inaugure
sous les bons hospices de
la parole mise en écriture.



Thierry Texedre, le 1er mai 2016.







mardi 26 avril 2016

Séquence



Séquestré par l'enfer
ce renfermement tait
cette sorte de feinte
qui vole au dessus de
l'esprit rencontre entre
la vie et sa tentation
pour mettre en marche
ce qui montre l'âme
comme fondement de
l'intériorité liberté que
la parole mettra en jeu
pour montrer ce que
la musique va traduire
en sonnant la peinture
de laisser la place au
monde insoumis de la
plaie rougissante du
paganisme commun
l'ordination électrique
qui fuit l'intelligence
de la vitesse du peint
mais la magie semble
rester au centre de l'art
embrumant les esprits
pour qu'ils tournent
en dérision l'expiration
l'entrée dans l'indéfini
dont on sait que c'est
par là que se passera
cette mise en jeu du
jouir jeté tel un corps
défait de sa chair vu
l'immortalité que croire
depuis ce qui se pense
montre du sens insensé
que la chair esquive
elle comme animalité
vraie de cette sensation
en surface de la peau
révélation de l'âme
embrassée par ce qui
sort l'érotique sens
de la vie liberté entre
la naissance et la fin.


Thierry Texedre, le 26 avril 2016.





                                                                    La chambre d’Âmes










dimanche 24 avril 2016

Bel ange



Regarde l'escalade
de l'erreur montrée
comme si la lueur
en vue de cela allait
se mettre à trembler
tout en réchauffant
nos bien pâles effets

De ces lieux les anges
de la vie vite passée
de vie en trépas vont
s'étendre sur l'herbe
en prairie en champs
chercher un autre âge
la peur du bien craché

Folâtre les obligés
de la défiance le lit
l'estrade remontée
d'un piteux théâtre
qui pique à la figure
obligeant à la fuite
à la nudité du cœur



Thierry Texedre, le 24 avril 2016.







vendredi 22 avril 2016

Lettre







Lettre *

L'air du temps

Je pleure cet instant dédié au risque de la disparition, ce vol irrésistible en sauts, m'esclaffant que rien ne vaut ce regard en suspension dans la poussière de l'air respiré. J'aspire au repos paisible qu'un train d'enfer rapporte du fond des âges, par tant d'amertume, tant d'inexistence, et que ce corps douloureux enveloppe. Tour de vis de la chair qui bloque, fracasse, enferme par tous les temps, pour émasculer ma mémoire. En feintes, l'air du temps me joue des tours, jusqu'à me couper la peau en profondeur, pour laisser sortir le malin qui s'évertue à jouir d'une probable diminution de mon amour pour l'autre. Je rase les murs dehors, et dedans ma chair se remue pour essayer de passer outre en sortant, pliée depuis le fond, pour me laisser jouir l'éternité que ce corps fatigué m'interdit. J'ai mal aux mots jusqu'à les faire sauter, il faut bien encorder pour tenir bon, c'est la seule façon d'extraire la vérité de cette inépuisable intensité du drame de la vie. Relique du désespoir, je crois de plus en plus à cet appel du dedans qui m'indispose, me rétracte, m'emporte depuis la fournaise du clapotis du sang,  debout, pour me risquer à une autre parole ; serait-ce un schisme avec "ce croire" ? Outrage d'entrer dans l'exacte opposition avec un regard amoureux qui immole mon âme, jusqu'à noyer mes certitudes sur la mort. Depuis les débuts de la vie osée, je « crois » à courir après ce qui montre la mémoire pour identifier le nœud la « sortie » d'un présent sans fin. Pleurs de l'inséparable ouverture au monde du corps qui me hante, m'esclaffe, m'introduit dans la noirceur inventée d'un lumineux départ de l'envie en frasques fistés par l'écartèlement des membres jusqu'à la douleur extrême de la fin. De cette foutue fournaise qui m'inocule la mort en catimini, j'ergote sans arrêt, sous l'emprise d'une autre servitude ; la reconnaissance de l'autre, pour m'immerger dans l'indifférence du même. Pouvez-vous m'interdire de croire, ma peur est immense, croire serait au bout, cette chute dans l'immensité de l'infiniment vrai, de la détermination à n'être qu'à condition de n'exister qu'en paroles raccourcies par l’œil de l'étreinte. Sachez que mon mal est ce tremblement interdit depuis l'os qui frôle la cassure.


Thierry Texedre, le 22 avril 2016.

*Ce texte est supposé être une fiction.





jeudi 21 avril 2016

Fleur du temps



Quelle instabilité
nuée auriculaire
de cette forfaiture
intraduisible cri
alarmant de la vie

Attention marque
du trait volcanique
puise dans le sol
le ferment si fumé
de la couleur ornée

Pour sortir puiser
un jour lieu lueur
inattention écart
cette renaissance
l'étreinte du cœur

Fleur du temps
au crépuscule
étamine en toi
la belle flamme
nous embrase

Du serment caché
fond d'un œil
pleurant la soif
d'un amour écarté
à l'aube renaît



Thierry Texedre, le 21 avril 2015.








samedi 16 avril 2016

Danse macabre 2



Sur ce court instant,
voilà bien le cours des choses tant désirées et en rêve.
Sans regard ni paroles,
l'art s'évade depuis l'astre parlant ce recours au travers.
Traversée de la ligne qui montre l'avant,
ce qui sourdement retient ce souffle pour continuer à danser en apesanteur,
ce sacré sexe remisé pour plus d'expulsion du corps ;
quatre à quatre descendre les marches du désir.
On entend ces récits depuis l'école des arts de la litote.
Pourquoi pas en exaltant le vice que des sciences exactes proposent de l'objet déconstruit pour faire taire l'homme envoûté.
Travail soigné de l'exercice qui consiste en une puissante démonstration de la propension à résoudre ce qui jouit ici bas,
devant l'éternelle monstruosité du chaos qui défile,
comme une armée bien entraînée de ces fourmillements intérieurs au corps visité par cette chair incarcérée dans l'épaisse fumée du vraisemblable parcours de la vie coupée entre socialité et animalité contre cette bestialité parvenue dans l'esprit qui pense pour avoir cédé à la mort.
Ça touche au cadavre exquis dont la flamme immolée de cette âme infortune danse,
autour des restes balayés en cendres jetées aux quatre vents.
On touche à cette dérive en raccourci,
rencontre avec une sortie du travail dévoilé comme si d'aller plus vite pour passer à l'entendement de l'écho en sourdine,
qui frappe à la porte, et se passait de cette mémoire fragmentée,
pour enfin montrer la mort avant celle vraie du corps, la monter en rêveries comme objet de l'essoufflement,
dans l'assourdissante lumière qui s'éteint au moment du sommeil.
Allongé, le corps en appelle au risque insurmontable de ne plus jamais parler la langue du corps, celle de l'étrangeté hallucinante des sens au milieu de nulle part, perdus pour n'être jamais qu'en travers de cette marche illuminée de l'esprit sur la chair, elle aimant plutôt la danse.
La folie inhume l'indécence fondant sur le regard fixe qui se soustrait à l'image radicale de la cogitation,
pour incendier,
risquer de se battre avec les ombres de la mort installée partout où rôde la parole ignifugée de la prédication verbale.
Autres danses,
pour un rêve impuissant à montrer la vie au présent.
On tremble encore à l'idée qu'un ressort du cœur travaille avec la pensée,
saut installé et étalé au grand jour, pour frapper sur l'égalité des maux figurés dans un recours à la peinture,
comme succédanée de cette danse macabre.


Thierry Texedre, le 16 avril 2016.






le jardin de la mort Hugo Khnopff 1896








mercredi 13 avril 2016

Clapotis 2








Clapotis 2

Las de ricaner sur
la musique le corps
nu se vautre à terre
par tous les diables
qu'est-ce donc qui
frôle cette peau née
du commencement
insidieux de la danse
en accords découpés
stridente déchirure
en voix grave errante
et dépossédée de sa
langue entrain de
lécher le sol grave
débouté de ses sens
la peau s'évente se
masturbe s'exclue
de l'autre pour jouir
un peu du manque
d'expansion en pluie
du contournement
que l’œil aplati voit
en pleurs inondant
l'exclu l'outragé lu
depuis une pluie de
mots agacés cousus
depuis ce sexe fleuve
paradant en frasques
vestibules rétrécis
et jeter le sommeil
en pâture au cirque
du jet atavique jailli
de nulle part et sucé
tel un suc dédié délice
qui frôle l'extinction
de l'espèce à toucher
au risque de la mort
à placarder entre les
seins cette image
qui ose l'enfer lu
de telle façon qu'on
eut cru au diable
à répéter les sons
sans dessus dessous
taratata la langue
s'évertue à ronfler
le ronron illimité
de l'existence pas
si utile que ça au
corps coulissant
le long de l'esprit
enterré bien avant
la chair chiée chut
elle sonne déjà l'art
qui croit tripatouiller
les organes pour
démonter le vrai du
faux en toute folie.


Thierry Texedre, le 13 avril 2015.











samedi 9 avril 2016

D'un corps traversé 1, 2



1
Si vous saviez ce que désirer ramasse de risque et d'amertume. Sur ce registre l'étreinte se mesurerait avec un corps possédé par la parole encore trop vraie pour rester sur une poussée des sens. Se remettre en accord avec la prosternation depuis l'annonciation d'une danse de la chair par ces signes impuissants à rester au dehors, extinction de l’œil qui ferme la bonne marche du sens de l'objet vulgaire, de celui qui serait plus hostile à la mémoire qu'un sujet qui feinte de penser va commencer à foutre en l'air, expulser de sa détermination à être. Qu'un savoir passe par l'émerveillement que penser jouit d'avoir reconnu un sujet forçant l'objet remisant sa tragédie de parler en chose,dans l'inconsistance révélée de ces mots sortis pour laisser libre court à des pulsions qui dépossèdent la parole de toute vraisemblance. Un corps carné qui met cette connaissance dans une déperdition culturelle, voilà une résistance de la chair ; résidence dont on se passerait bien, à cause de ces affects effervescents qui feintent d'embrasser l'être, pour qu'il se mette à battre dans un corps on ne peut plus privé de sa chair, puisqu'une fois touchée la chair met en péril l'être, le ramassant en une sortie de l'affect par les orifices inassouvis du sang contracté par un cœur qui se débat de ce qu'il y a entre chair et pensée.

2
Qu'est-ce qui frôle l'inclinaison pour ce jaillissement de l'image dans l'indécision de peindre ? Depuis l'inassouvissement de voir un traitement par le geste exhorté comme seule mise en marche de la possession de l'unique par une mémoire polyphonique : d'une musique qui montrerait la monstruosité de l'image entrain d'éructer un dire du dépaysement monumental face au paysage d'un sujet socialisé. Si l'abstraction le sort le rencontre à des fins occultant la fixité peinte, c'est aussi par rapport à cette musique, de la montrer comme l'infini du dire qui se plie à l'urgence d'un dire musiqué, chair qui se glisse dans l'utérus de l'espace toujours à remettre en question. Un corps traversé peut-il mentir sur sa chair ? Voilà bien là quelque chose qui a à voir avec le retournement de la peau, d'une vie qui sortirait de cette traversée, de travers, enjambant l'être, pour s'essayer à plus d'exactitude dans l'évitement d'un présent érotique ; en recentrant ce recommencement, par une mise en mémoire de l'extériorité du corps sur ce qui l'immerge dans l'érotique, c'est-à-dire être par une mise en forme des sens restitués par le frottement de la peau sur l'immanence de la douleur et du plaisir supportés ou insupportés, dans une mémoire qui nomme l'accès au présent fragmenté en fuites, vers un futur antérieur. Un corps traversé serait un corps dont la chair moribonde manquerait de consistance (là le corps fait appel à l'érotisation de sa voix dans la chair), à des fins d'inaptitude au jeu qui montre le vrai face à la vraisemblance. On comprend alors que cette rencontre avec un corps traversé par l’œil inéprouvé ne suffit plus à la parole qui souffre lentement devant l'illusion créée par la compromission que la chair offre aux extrémités convulsives du corps. Le temps d'un volume (l'espace clivé de l'esprit qui croit en sa marche biomorphique ne résout en rien l'apparence du corps-caverne) se mesure avec un corps-caverne, pour introduire l'esprit à sa vision du dedans. Voir serait un aller et retour du dedans à l'extérieur, pour soulever ce qui manque à la parole-écriture, lien indéfectible depuis la déposition du corps de chair en trace et peinture. Peintures rupestres et signes ostentatoires, traces jusqu'à ce qui architecture (architectonique) l'espace social qui se mesure à l'effraction du repos sur l’insécable retour de la vie sur le corps. Initiation de l'imitation par la chair, dans une parole expulsant son érotisation, pour rencontrer ce que la peinture n'aura plus jamais oublié, comme séquence d'une mise en réalité de cette intériorité d'un corps qui pense la fin de la représentation pour explorer l'espace de l'invention de l'innommable visuel, ouverture vers l'intellection touchant à l'irréelle extension de l'univers intérieur que cette traversée du corps oblige, obsède et ordonne.


Thierry Texedre, le 9 avril 2016.







vendredi 8 avril 2016

Trémolo


Satanée sottise
en catimini
le vent s'envole
vers l'espace
rencardé des pores
de la peau
fort de s'envoyer
de toute prise
par l'esprit
raréfié en mots
insupportable
et sonne l'hallali
la retraite
de l'inimitable
prétention du corps
encore mal fagoté
là la chair
vibre de ses plis
illimités enfin
avant ce saut
dans l'essentiel
depuis l'avant
aminci de l'âme
escortée par
les partisans
de l'inoubliable
ravissement
de la nudité
tremble le centre
historique de
la naissance
en nourriture
rentrée par l'être
quelle rencontre
oiseau débraillé
qui picore
l’œil de
l'émerveillement
le destin
aux sublimes
couleurs du temps
pressé le regard
qui sauve et ôté
du notre danse
d'une peinture
déconcertante.


Thierry Texedre, le 8 avril 2016.