Une textualité qui recherche en permanence son écriture et sa peinture, sans toutefois entrer "en représentation", le lieu ? Une musicalité, pas dans "le son" d'une lecture qui reste aléatoire, mais dans ce qu'un sujet peut de penser: où en est son image, la scription ?
Peinture/Musique
dimanche 6 novembre 2011
Fugue
Tressautement des notes sous les doigts posture qui soulève l'érosion de cette envolée lyrique pour laissée une vision dévastée des voix ensorcelantes voltige des notes sur le vif enterrement récréatif de l'attraction pour un refrain ferme empoignement des sons austères sous ce long soulèvement des instruments endiablés on tire sur les cordes en vivacité dans un frontal jeu joué pour ouvrir le temps en représentations irréelles les silences opulents se dressent pour couper les violons faire que ceux-ci assombrissent l'écoute pieds et mains sont tendus tels ces cordes pincées puis subitement relâchées on entend ce lointain désir d'expiation de la musique sur une fantomatique explosion du désir qui inonde ce corps dépossédé de toute raison corps en musique corps en rythmes guerre des sons pour rendre au corps toute sa vivacité son entrée en fractionnements de ses sens direction imposante des sons syncopés répétition d'accords espacés d'accords plus forts dans le drame sourdement on croise une fugue qui couvre tout le corps dans une lamentation divinement étendue dans un étourdissement dramatique lame de fond qui vous emporte vers ce final imposant impromptu de la saisissante exploration du corps caverne en jets expulsés sous une éternité réveil de la passion sous ces cieux en brillant désespoir étoilé autour de l'audition encore et encore dans une transgression permanente du corps en sons atomisés des sons qui en fugue soulèvent l'esprit extraction détenu en syncope en douloureuse apparition dans un temps percé livré à d'insondables renversements début du temps sous d'infâmes ossements hospice pour après danser en sourdine l'esprit en diffraction on se prend dans les fils dévastateurs des notes qui s'accélèrent la vie vitesse du temps sort du son en une musique naissante de l'esprit en une longue défloration des notes vibration des cordes possédées dans un grand fracas intérieur des ondes qui déclament et claquent pour monter pour toucher à là fin des sens sempiternelle retour sur le corps déjoué on part pour sortir de ce sacerdoce passation de pouvoir en blocs grammaire de l'amour à découvert en filigrane du désert de cette fin du temps douloureux.
Thierry Texedre, le 6 novembre 2011.
mardi 1 novembre 2011
L'oeil nu
Ne
me regarde pas comme ça! Tu traînes ton regard salace,
sortilège de la dépression, pour me déshabiller.
Nulle part, pour ne pas partir dans la désespérance, où
aller. On est vite rattrapé par le monstrueux même. Et
si on se délite petit à petit, c'est bien là que
les choses commencent. L'intérêt se coupe de l'extérieur
pour finir sa course sur un corps d'élection; une coupe dans
la bienséance du temps. Si tout a été fait dans
les délices de ces corps vautrés, il n'en reste pas
moins une charge émotionnelle, un regard, plus anonyme, plus
tempétueux, en violation avec l'insoutenable légèreté
de l'emphatique reconnaissance de soi. Une emphase d'une telle
régression, qu'on ne saurait, dans la plupart des cas, s'y
soumettre, sans sombrer dans d'horribles douleurs. Le regard de
l'autre tient bon pourtant. Il vous emmène, imperturbable,
vers d'autres contrées, sujettes à caution, mais
pleines d'envies, pour rassasier ce court instant tourné vers
l'anonymat et de l'affranchissement de la douleur. Si ce regard s'en
donne à coeur joie, c'est pour mieux déverser sur cet
autre, comme un empressement à rattraper l'incompatible de
deux corps vers le lieu unique où la peau décharnée
jouira, sous l'oeil émacié du devenir. Fragile
consistance du corps de l'autre devant. Déshabillé, le
propre corps se noie dans l'oeil-jachère de l'autre. Tu
m'enveloppe, tu me prends, me saccage, je te soumets mon
insignifiance, je me terre en toi, tu trembles sur mon devenir
entrain de succomber. Tous ces délices sont à portée
de ma grande délivrance. Instant photographique du geste
omniprésent, et de la réverbération de la chair
sur ce fond d'oeil irrité. L'oeil est plus rapide que le
déclic du rendu photographié. Il opère une
saisie d'ensemble, osmose du risque de perte d'un membre, décollation
du sujet en blocs de chair à découvert, on veut entrer,
rencontrer ce qui derrière se tisse, trame de l'immanence de
la vie qui dorénavant n'a plus d'hétérogénéité
que l'histoire vue en coupe: sujet à rebours vers ses gestes
et ses allitérations grotesques. Tes yeux se posent sur le bas
du ventre, vois ce sexe repoussé par tes avances. Il se retire
un peu, le pantalon baissé jusqu'aux genoux. Le slip serre la
peau, remontant les bourses, on devine sous le tissus la forme
allongée du sexe, relevé comme pour mieux se
positionner le pantalon attaché. Tu me caresse la partie de
tissus enflé entre mes jambes écartées. Une vive
réaction s'empare de moi, je sens gonfler ce sexe endolori par
ces attouchements à répétition, ta main me serre
le membre raidi, tuméfié par l'incendie qui monte en
moi. Pas le temps pour que j'exulte! Ma queue sort déjà
de ce lieu mouillé l'instant d'avant. Mes jambes se
raidissent. Je relève le bas du dos pour t'aider à
descendre ma culotte complètement. La peau de mon gland se
retire à mesure que tu retires lentement le slip collé.
Tu t'empares de l'instrument désiré, tu t’empales sur ma main, comme si de cette
découverte allait dépendre la suite. Tu ricanes. J'en
ai les yeux humides. J'ai peur de ta réaction. Tu insistes sur
moi. Tes mains allongent le phallus dans l'Histoire, dans cette
mémoire qui rompt avec le présent. Je m'attends au pire.
Le membre s'évade presque d'entre tes doigts. Tu te risques à
le serrer plus fort avec tes ongles longs. Je te prend à bras le
corps, avec force. Nous partons en arrière, balancés de
tous côtés. Le sol nous reçoit. Le parquet résonne
sèchement. Les deux corps glissent jusqu'au bord du lit
défait. On s'empresse de quitter nos dernières
fringues. Les vêtements sont éparpillés partout
dans la pièce. Un grand désordre règne. On
s'embrasse, les lèvres chauffées, par l'ardeur de ces
ébats, sont ouvertes et inséparables. Les deux corps
tournent sur eux-même, roulent, et reviennent près du
lit. Une musique semble accompagner tous ces gestes. Tout tourne,
tout disparaît, on est un centre, les corps ne font plus qu'un.
Le temps passe, j'ai trouvé ce point g, elle est secouée,
et tremble, de vives allitérations sortent de sa gorge. Je
prononce à de rares instants des mots crus, ceux en de telles
circonstances. Nos souffles plus courts, se prennent à violer
la respiration. Elle tire sur les grandes lèvres de ce con
indescriptible. Les poiles autour, font comme un contraste entre le
rose et le noir. Peu de chance de m'en préoccuper. Elle m'a
dirigé vers ce trou béant, ma main aussi, accompagne
cette queue recourbée. La douleur laisse place à un
émoi, je ressens monter en moi ce trauma du plaisir, vibrante
extase des membres électriques. Je laisse aller ce corps raide
dans un va-et-vient chaud. Un jet doux éjacule au moment où
le sexe est durci, au fond impétueux de la chatte resserrée
autour de sa dévoration. Nous avons jouit impérieusement.
Tous les mots ont été sommés de s'arrêter
sur un psaume, domination de cette errance retrouvée des corps
en chair, de la chair avortée en dépliement de ce
deuil; ce qui se trame en nous, pour l'amour d'une disparition, plus
rien des sens n'est extérieur, et n'est plus érogène
que le souvenir. Lentement les corps s'évanouissent dans un
coin de la pièce, peut-être dehors, en rêve
dedans, de cet intérieur sans lieu. Le grand saut dans une
chair hypostasiée. Jouissance de ce parcours infini dans
l'infinité des langues, dans ce noeud indéfectible de
la vie qui rend la fin de la vie impossible. Un suicide de la mort
en apothéose dans mille feux tournoyant au dessus de nos
têtes: être coupé du monde dans la tentation.
Sortilège de ce dévisageant regard sur les parties
désirantes de ce corps en extase, devant l'étrange
machine du corps possédé. Possédé par le
crépuscule des dieux arrachés au temps.
Thierry
Texedre, le 1 novembre 2011.
dimanche 30 octobre 2011
De la quintessence du temps ravageur
Quintessence
de la vie, ramper sur quelle marge du massacre, rompre avec ce
clopin-clopant du temps boiteux, là est l'austère
musique de l'amour de deux êtres pour leur progéniture.
L'encerclement tant souhaité par l'espèce, pour vivre
dans cette plénitude du désir avorté du
dépassement de soi, mène l'humanité à son
risque d'exacte perte du sens, perte du lieu social, retour d'une
grave graduation de la mort qui commence dés la multiplication
des corps désirés. L'exaltation de l'emprise du corps,
sur l'origine de cette socialité du nombre, prendra toute sa
splendeur dans l'impuissance à ne plus engendrer ce nombre, le
nombre d'une mise en chair de l'exaltation du pouvoir de transgresser
le nombre amoureux, sur l'œil déposé, étalé,
pour la dévorer en dévotion, cette chair . Carnivore
insatiable, le corps enfoncé dans les trames intriquées
de la chair, rentre dans sa grande gloire; penser l'incalculable fin
du corps dans la répétition de l'écorché,
dérive de la chair lapidée, en drame vocal. On entend
dire l'autre voix au moment de la séparation des corps, au
moment de cette jouissance, orgasme insoupçonné de
l'amour de deux êtres dans l'infini d'un temps indéterminé,
de cet interminable présent qui rend l'âme, l'éternité
d'un doux baisé déposé lentement sur la bouche
voluptueuse de l'être aimé. Le temps se défait en
face vieillissante, le devant de la scène est rouge, le vent
lève les drapeaux, étendards devenus libres dans ce
ciel évidé, creusé d'un monde, celui du nombre.
C'est la joie du peuple qui hante l'espace serré d'un temps
pressé, pour laisser s'envoler la parole unique dans ce
firmament blême de la naissance. Le regard ravagé du
temps s'épanchera sur la renaissance du peuple ivre de mots
encore totalitaires de la parole poétique psalmodiée en
tourniquets du manège enchanteur. Les corps tournent dans
l'intemporalité du vent qui joue de son archet - On distingue,
au loin, quelques rares noctambules qui s'empressent de rentrer,
dépossédés de ce doux corps, possédés
par un courant alternatif, seraient-ils projetés par un flux
incessant d'image. De celles qui verbalisent une écoute
dominée par d'insupportables et magnétiques
informations, scandées, et rythmées pour violer le
temps intérieur du corps - L'horloge inventée déprime
face aux logiciels du présent rendu intemporel. La vie
s'empresse d'en découdre avec quelque sempiternelle
introduction à l'abolition de la mort. On meurt pour rapporter
d'un au-delà cette capacité à tenir la cadence
du nombre exponentiel.
Thierry
Texedre, le 30 octobre 2011.
dimanche 23 octobre 2011
L'infini de l'être
Sortir de
cette terre pleine voilà l'indifférence quelle indécence dessine l'assomption rétrécissement
de la vue en chair la chair éteinte celle d'une étreinte
apostolique avec son Dieu éruptif érudition du corps
face à ce Haut ce cœur soulevé en tête
arithmétique tête chevauchée par le grand vent de
la pensée canonique un trou c'est un trou hélas carré essai du décès dans la contingence
verbale de la voix ponctuée de la Voie qui touche à ce
blasphème de croire croix portée par le corps mis en
voix vocifération du souffle en terre asséchée
asymétrie du corps et de la vie de la vie et de la voix
humanité sans tête qui croît à mesure que
la chair s'émancipe de cette musique naissante celle du début
de la vie qui tombe la vie tombe au début pour à la fin
renaître en mémoire indécente l'homme descente
l'homme étalement sous un jour nouveau lumière du corps
éclairé par sa chair exacerbation des sens pour en
extraire cette jouissante intériorité du drame humain
fermement femme ce corps élevé rendra ses oripeaux de
peau en hermaphrodite visitation de la matière poussée
à parler pour soulever ce corps mortel dans sa marche vers la
parole immémoriale et transgressive les temps ont changé
pour cette double appartenance dans une redirection en mots de deux corps de
cette chair chair de la reproduction infinie de l'être.
Thierry
Texedre, le 23 octobre 2011.
jeudi 20 octobre 2011
Peau
Trop
d'altérité signifient le désir morbide de frôler
la peau
tapage
des grands coups sur la chair pendue autrement
le
temps indéterminé de cette chair appuyée pour
sentir
aussitôt
les sens toucher cet enterrement de passer par
l'exaltation
insoupçonnée d'un glissement vertige de vie
grandiloquence
du nu face à la mort danse nudité de la nuit
pour
renverser ce corps dans les bras du temps passé ou
voir
cette inquiétante étrangeté du désir qui
monte quand
la
peau frémissante se replie sous les ailes d'une jouissance
instantanée
lieu irruption de cette petite cause de la mort
quand
la beauté s'émancipe de ses atouts vertigineux habits
dévorant
ce commencement lent d'une caresse du temps
touché
sur l'ossature vêtue depuis l'origine cassant animal
rampant
devant cette lumière inopinément pour lancer un
cri
du fond touché par la grâce corps sous x mue en lecture
tutélaire
récitant qui appelle au détournement nu clinique
contraction
devant l'élan vulve possession ouste pédoncule.
Thierry
Texedre, le 20 octobre 2011.
lundi 17 octobre 2011
Compression4
La
tête est tétraplégique
l'être
se retourne dans la
tombe
là-haut où les cieux
chantent
chasser le corps
de
ses impétueux miasmes
mort
du corps devant ce
changement
chorale en
aigus
livre son firmament
sa
tentation son élévation
sa
figure aux airs de lente
dévastation
de la peau en
plis
recroquevillés serrés
jusqu'au
malaise en face
en
bas mal en virevoltant
le
mal se soustrait à la face
de
ces bouches ouvertes
reste
les chairs tendues
traversées
par une langue
insoutenable
éradication
du
temps sous un ciel tiré
tel
un rideau replié toile
pliée
au sol et nouée pour
étaler
cette matière couleur
tempétueux
présent avant
la
mise au tombeau de la
représentation
dépliée la
toile
laisse apparaître des
blancs
forme de feuillu c'est
l'envers
de la mort découverte
ici-bas
là la chair vient en
reconnaissance
focalisation
du
désir à découvert linceul
sur
la peau posée là comme
prière
du temps improvisé
on
entend quelques chants
d'oiseaux
au-dessus du corps
presque
là pour annoncer
la
venue de l'autre face de
l'autre
source au cœur de la
vie
vraisemblable risque de
devoir
en finir avec le feu
de
la digression la face est
tournée
vers le vrai pour
l'entendre
murmurer la mort
qui
monte dans ce corps
de
chair et d'ombre de rien
le
rien qui vient du fond des
temps
âge d'une illusion
de
la pensée qui saute alors
même
que le jour se lève
pour
ces deux êtres qui
marchent
enivrés par les
senteurs
boisées le long de
ce
chemin sans fin ni début.
Thierry
Texedre, le 17 octobre 2011.
vendredi 14 octobre 2011
Compression3
Travaillé ce corps opère une
vraie
terreur sur lui-même
enchantement
de cette petite
mort
à cran canalisée par la
trouée
partout de la peau vue
de
cette ignoble matière née
en
postérieur relevé ouverture
du
Paradis en entrailles dans
un
drame dans l'étreinte de
l'Enfer
corps levé en nombre
jusqu'à
l'ultime superposition
le
nom aura disparu bientôt
pour
laisser la vie clouée dans
les
ténèbres de la croix sang
du
rivage veines ouvertes coup
pour
marquer cette sortie de
la
mort en vainqueur contre le
temps
possédé de l'ossuaire
l'oppression
du mal respiré
pour
la naissance naître c'est
ne
plus avoir de Dieu derrière
cette
parole cri de l'apparition
dans
la naissance et la nativité
relève
ce petit corps bitumeux
pour
engendrer l'apothéose du
vivant
dans l'homme parlant
de
cet écart avec la femme au
plus
haut point de conjuration
de
l'être enterrement de l'être
sous
l'imposante masse de ces
charnier
ceux du temps présent
représentation
à trop mourir plus
vite
que cette irruption cutanée
sous
ce soleil impossible à voir
de
face aveuglement du temps
dramatique
de la jouissance du
corps
double coupé de tout du
Tout
infranchissable tant que ce
double
sera l'objet de la vue en
séparation
pulsions démoniaques
de
l'Esprit en proie au désir de
l'Etre
l'étant n'est plus que l'ombre
sournoise
de l'apesanteur de l'âme
en
tourbillons immortels depuis le
corps
dressé à l'horizon de l'Enfer
de
la mort d'autant d'êtres éternels.
Thierry
Texedre, le 14 octobre 2011.
jeudi 13 octobre 2011
Compression2
Quelle
coupure ensanglantée du
corps
sous mille pieds exténué
par
d'imposantes érections dans
la
bouche du temps érudit sourd
et
exorbité gonflé et écartelé au
plus
fort de l'apothéose du feu
soleil
émasculé dans des cavités
bouillonnantes
de joie la joie de
l'Enfer
liberté de l'Enfermement
révolutionnaire
de la chair marée
hors
du temps en vagues astrales
arrachement
de la langue parole
descendant
du cri l'ourlet la voix
qui
tonne autour du corps dépecé
de
ses habits de jour la peau par
dessus
joue à se faire jouir par
l'ouverture
de ses pores porcherie
de
la faim fantasmatique de la
dérive
des ossements détention
de
la peau vissée pour être en fond
sanguinolente
un pieu poussé avec
force
traverse l’œil il cligne pour
la
dernière fois avant de se sortir
de
là déchet que cette vue de la
peau
pétaudière partout où l’œil
tente
de trouver un corps de langue
vitesse
des membres démembrés
de
travers pour faire croire à un
corps
entier sons infinis sous cet
écho
du temps pressé aplati pour
toujours
en ces lieux tortueux dans
un
bain de sang senti sans équivoque
évocation
de l'Enfer mort de cette
vie
côtoyée par l’œil caché couche
de
l'injonction de vivre pour se ruer
vers
la grande porte de l'Enfer les
anges
gardiens de ces lieux crient
accroupis
pour hisser les pauvres
déments
sur le perron psalmodiant
des
chants sur l'océan carmin atteint.
Thierry
Texedre, le 13 octobre 2011.
mercredi 12 octobre 2011
Compression1
Bombardement
des lambeaux
de
chair rompue charnier en
gestation
dans le trou béant
de
l'atomisation du verbe lieu
exclu
du corps à découvert nu
pourrissement
de la mémoire
souffrance
de la mémoire liée
à
l'expurgation de l'intérieur
qui
sort à mesure qu'on presse
les
chairs pour les remplacer
par
une jouissance orbiculaire
l’œil suinte de sang apoplexie
des
organes vrillés taraudés et
emprisonnés
dans l'immense
gonflement
intestinal jusqu'à
cette
limite insupportable de
l'éclatement
intérieur la peau
détendue
pend et perd de son
attrait
le corps est à redéfinir
repasser
dessus le serrer nouer
les
entrailles puis les éventrer
pour
laisser s'échapper le sang
de
la honte recoudre paupières
et
entre-jambe le derrière et
le
devant les doigts entre-eux
reliés
pour laisser glisser la vie
la
perdre la sentir l'évacuer la
presser
pour la remplacer autre
force
de travail des coups bas
torture
du corps qui n'est plus
le
corps mais respire encore le
doux
feu de l'embaumement
juste
les yeux ouverts pour voir
le
cadavre livré à sa mort infâme.
Thierry
Texedre, le 12 octobre 2011.
lundi 10 octobre 2011
Aporie du corps
Franchissement interminable du fond indécidable de ce dire occulté, dire en zigzag, couture de la parole inquisition. On traîne en avoir, en surdité; le comble du dire serait qu'il se taise: déjà celui-ci traite de la parole avant sa venue dans ce corps insidieusement érotique. La vraie temporalité serait celle d'un futur dire marquant? Écriture du dire encore indécidable, impossible à écouter. On l'entend certainement quand le corps s'émeut, se soustrait à la réalité, dans cet espace réservé qui concourt à l'apothéose d'un récit transversal. Analyse du très infini intérieur, via ce corps encore corpusculaire. L'analyse s'y perdrait en imposition des extrémités vers un risque: celui de la parole exclusive. Cette parole intervenant alors quand le corps ne peut plus supporter sa parole, gestation de celle-ci, actes manqués qui surdéterminent une mémoire qui se joue de son dire. Aucune musique ne peut réduire ce corps à l'aporie de sa divination, c'est un sas pour évacuer l'insécable histoire du temps. On passerait par une fin du corps si celui-ci n'avait pas le pouvoir de résurrection. On soulève ce firmament, on érige le temps en corps morcelé, pour en finir avec la parole; poussoir d'un exutoire, les sens semblent se soustraire à cette vérité du corps infini. On entre dans ce corps pour infinitiser la parole d'un dire futur, ouverture vers un ciel qui s'affranchit de ses couleurs en fond, la surface du ciel renvoie une autre alchimie, une horizontalité presque insignifiante, et pourtant usuelle; la vie du corps passe par cette horizontalité en coupe.
Thierry
Texedre, le 10 octobre 2011.
dimanche 9 octobre 2011
Vie
Identifier l'idée qu'on pourrait lire la vie quinconce
Courte
épisodie de la répétition le corps s'allonge
Empattement
singulier de ces étreintes accomplies
Le
silence entre en action timbre par le mouvement
Les
ondes portées s'emparent des instruments lien
Insoutenable
entre ce va-et-vient du temps détenu
Et
l'étant du corps plein ici s'enfonce dans l'ombre
Inappropriée
de la matière qui s'organise quantifiée
Calcul
plus tard d'une vérité à rebours soudain jetée
Au
beau milieu de la terre eschatologique jouissant
Sens
de la vivisection du temps en jeu porter l'après
De
cette vie renversée par un dire imposture et clos.
Thierry
Texedre, le 9 octobre 2011.
samedi 8 octobre 2011
Parlêtre 2
Quelle
fin pourrait
rencontrer
ce
Paradis
lointain
et
usurpateur
de
l'Esprit
endémique
que
se passerait-il
si
le Paradis rendait
l'âme
l'âme
humaine
cet
esprit serait alors
Parlant
pour
avoir cherché
ce
grand Paradis
vaincu
depuis la
nuit
des temps ce
corps
frappé de
stupeur
parce qu'il
s'est
arrêté dans
l'espace
du stupre
en
tête fourmillement
en
tête profondeur
tête
pendue
à ce corps pensant
à ce corps pensant
tête
infondée du corps
stratégique
la chair
la chair
l’œil
ouvert grossi
irruption
cutanée
partout
où le corps
se
maudit
une
pluie de larmes
asséchées
tombent
dans
la fournaise
de
l'Enfer
cet
Enfer me Ment
ici
bas pour
l’Éternité
l'étendue
suppliciée
de
la chair qui saute
sur
les restes
invertébrés
de
ce
seul Paradis
d'un
dire
on
a voulu que
Dieu
soit Un
et
Trinité
comme
si cet homme
et
cette femme
ne
pouvaient dire
sans
cette interposition
l'Autre
voix
mais
c'est là que
se
perd l'humanité
en
quatre
je
le dis à l'univers
Dieu
est le dépliement
et
la contraction
de
ce poumon
majeur
de la vie
battement
du corps qui n'a
de cesse de dire
dire dissolution
qui met
du corps qui n'a
de cesse de dire
dire dissolution
qui met
ce
Dieu hors de
l'eau
oui hors
de
cause
il
serait le souffle
vital
qu'un corps
peu
de le dire
Dieu
de la respiration
damnation
du dire
qui
tombe de haut
sur
l'élévation
de
ce Parlêtre
improprement
Être
parce que Tu.
Thierry
Texedre, le 9 octobre 2011.
vendredi 7 octobre 2011
Astre
Halo
la terre d'ici ailleurs inviolé du temps déchiré
Alors
elles sont trop loin les voix de l'espace sidéré
désespoir
de la vie vautrée de la terre vandalisée
détestable
plongée dans les pousses pourrissantes
du
sol couvert marche en avant du passé fuyant
marche
des pieds en terre porteuse prouesse vide
de
l'astre occulté asservi assigné à un futur joué
l'astragale
ordinaire arrimé au seul soleil en miroir.
Thierry
Texedre, le 7 octobre 2011.
mercredi 5 octobre 2011
Parlêtre
Quelle
fin pourrait
rencontrer
ce
Paradis
lointain
et
usurpateur
de
l'Esprit
endémique
que
se passerait-il
si
le Paradis rendait
l'âme
l'âme
humaine
cet esprit serait alors
Parlant
pour
avoir cherché
ce
grand Paradis
vaincu
depuis la
nuit
des temps ce
corps
frappé de
stupeur
parce qu'il
s'est
arrêté dans
l'espace
du stupre
en
tête fourmillement
en
tête profondeur
tête
pendue
à ce corps pensant
à ce corps pensant
tête
infondée du corps
stratégique
la chair
la chair
l’œil ébahi grossi
par
la fournaise
de
l'Enfer
cet
Enfer me Ment
ici
bas pour
l’Éternité
l'étendue
suppliciée
de
la chair qui saute
sur
les restes
invertébrés
de
ce
seul Paradis
d'un
dire
Dieu
de la respiration
damnation
du dire
de
ce Parlêtre
improprement
Être parce que Tu.
Thierry
Texedre, le 5 octobre 2011.
samedi 1 octobre 2011
Sérénade
Un
jour le chat
ivre
d'aventures
en
bleu-vert lut
un
livre réservé
un
chat qui lit
vous
dis-je oui
je
l'ai vu de mes
propres
yeux et
c'est
une histoire
vraie
mais non non
vous
me racontez
n'importe
quoi
allons
vous me
feriez
prendre
des
vessies pour
des
lanternes ce
que
j'ai vu vous
dis-je
je ne l'ai
pas
inventé quoi
qu'il
en soit tant
pis
pour vous je
m'en
vais le raconter
à
quelqu'un d'autre
qui lui n'aura de
cesse de me croire et
nous nous quittâmes
l'un
en haussant les
épaules
tout en se
marrant
et moi en
chantant
tout en
secouant
la tête
en
tous sens pour
jeter
mon dévolu
sur
une nouvelle
personne
prête à
être
bernée par mes
sottises
alors quoi.
Thierry
Texedre, le 1 octobre 2011.
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