dimanche 6 novembre 2011

Fugue












Tressautement des notes sous les doigts posture qui soulève l'érosion de cette envolée lyrique pour laissée une vision dévastée des voix ensorcelantes voltige des notes sur le vif enterrement récréatif de l'attraction pour un refrain ferme empoignement des sons austères sous ce long soulèvement des instruments endiablés on tire sur les cordes en vivacité dans un frontal jeu joué pour ouvrir le temps en représentations irréelles les silences opulents se dressent pour couper les violons faire que ceux-ci assombrissent l'écoute pieds et mains sont tendus tels ces cordes pincées puis subitement relâchées on entend ce lointain désir d'expiation de la musique sur une fantomatique explosion du désir qui inonde ce corps dépossédé de toute raison corps en musique corps en rythmes guerre des sons pour rendre au corps toute sa vivacité son entrée en fractionnements de ses sens direction imposante des sons syncopés répétition d'accords espacés d'accords plus forts dans le drame sourdement on croise une fugue qui couvre tout le corps dans une lamentation divinement étendue dans un étourdissement dramatique lame de fond qui vous emporte vers ce final imposant impromptu de la saisissante exploration du corps caverne en jets expulsés sous une éternité réveil de la passion sous ces cieux en brillant désespoir étoilé autour de l'audition encore et encore dans une transgression permanente du corps en sons atomisés des sons qui en fugue soulèvent l'esprit extraction détenu en syncope en douloureuse apparition dans un temps percé livré à d'insondables renversements début du temps sous d'infâmes ossements hospice pour après danser en sourdine l'esprit en diffraction on se prend dans les fils dévastateurs des notes qui s'accélèrent la vie vitesse du temps sort du son en une musique naissante de l'esprit en une longue défloration des notes vibration des cordes possédées dans un grand fracas intérieur des ondes qui déclament et claquent pour monter pour toucher à là fin des sens sempiternelle retour sur le  corps déjoué on part pour sortir de ce sacerdoce passation de pouvoir en blocs grammaire de l'amour à découvert en filigrane du désert de cette fin du temps douloureux.



Thierry Texedre, le 6 novembre 2011.



mardi 1 novembre 2011

L'oeil nu







Ne me regarde pas comme ça! Tu traînes ton regard salace, sortilège de la dépression, pour me déshabiller. Nulle part, pour ne pas partir dans la désespérance, où aller. On est vite rattrapé par le monstrueux même. Et si on se délite petit à petit, c'est bien là que les choses commencent. L'intérêt se coupe de l'extérieur pour finir sa course sur un corps d'élection; une coupe dans la bienséance du temps. Si tout a été fait dans les délices de ces corps vautrés, il n'en reste pas moins une charge émotionnelle, un regard, plus anonyme, plus tempétueux, en violation avec l'insoutenable légèreté de l'emphatique reconnaissance de soi. Une emphase d'une telle régression, qu'on ne saurait, dans la plupart des cas, s'y soumettre, sans sombrer dans d'horribles douleurs. Le regard de l'autre tient bon pourtant. Il vous emmène, imperturbable, vers d'autres contrées, sujettes à caution, mais pleines d'envies, pour rassasier ce court instant tourné vers l'anonymat et de l'affranchissement de la douleur. Si ce regard s'en donne à coeur joie, c'est pour mieux déverser sur cet autre, comme un empressement à rattraper l'incompatible de deux corps vers le lieu unique où la peau décharnée jouira, sous l'oeil émacié du devenir. Fragile consistance du corps de l'autre devant. Déshabillé, le propre corps se noie dans l'oeil-jachère de l'autre. Tu m'enveloppe, tu me prends, me saccage, je te soumets mon insignifiance, je me terre en toi, tu trembles sur mon devenir entrain de succomber. Tous ces délices sont à portée de ma grande délivrance. Instant photographique du geste omniprésent, et de la réverbération de la chair sur ce fond d'oeil irrité. L'oeil est plus rapide que le déclic du rendu photographié. Il opère une saisie d'ensemble, osmose du risque de perte d'un membre, décollation du sujet en blocs de chair à découvert, on veut entrer, rencontrer ce qui derrière se tisse, trame de l'immanence de la vie qui dorénavant n'a plus d'hétérogénéité que l'histoire vue en coupe: sujet à rebours vers ses gestes et ses allitérations grotesques. Tes yeux se posent sur le bas du ventre, vois ce sexe repoussé par tes avances. Il se retire un peu, le pantalon baissé jusqu'aux genoux. Le slip serre la peau, remontant les bourses, on devine sous le tissus la forme allongée du sexe, relevé comme pour mieux se positionner le pantalon attaché. Tu me caresse la partie de tissus enflé entre mes jambes écartées. Une vive réaction s'empare de moi, je sens gonfler ce sexe endolori par ces attouchements à répétition, ta main me serre le membre raidi, tuméfié par l'incendie qui monte en moi. Pas le temps pour que j'exulte! Ma queue sort déjà de ce lieu mouillé l'instant d'avant. Mes jambes se raidissent. Je relève le bas du dos pour t'aider à descendre ma culotte complètement. La peau de mon gland se retire à mesure que tu retires lentement le slip collé. Tu t'empares de l'instrument désiré, tu t’empales sur ma main, comme si de cette découverte allait dépendre la suite. Tu ricanes. J'en ai les yeux humides. J'ai peur de ta réaction. Tu insistes sur moi. Tes mains allongent le phallus dans l'Histoire, dans cette mémoire qui rompt avec le présent. Je m'attends au pire. Le membre s'évade presque d'entre tes doigts. Tu te risques à le serrer plus fort avec tes ongles longs. Je te prend à bras le corps, avec force. Nous partons en arrière, balancés de tous  côtés. Le sol nous reçoit. Le parquet résonne sèchement. Les deux corps glissent jusqu'au bord du lit défait. On s'empresse de quitter nos dernières fringues. Les vêtements sont éparpillés partout dans la pièce. Un grand désordre règne. On s'embrasse, les lèvres chauffées, par l'ardeur de ces ébats, sont ouvertes et inséparables. Les deux corps tournent sur eux-même, roulent, et reviennent près du lit. Une musique semble accompagner tous ces gestes. Tout tourne, tout disparaît, on est un centre, les corps ne font plus qu'un. Le temps passe, j'ai trouvé ce point g, elle est secouée, et tremble, de vives allitérations sortent de sa gorge. Je prononce à de rares instants des mots crus, ceux en de telles circonstances. Nos souffles plus courts, se prennent à violer la respiration. Elle tire sur les grandes lèvres de ce con indescriptible. Les poiles autour, font comme un contraste entre le rose et le noir. Peu de chance de m'en préoccuper. Elle m'a dirigé vers ce trou béant, ma main aussi, accompagne cette queue recourbée. La douleur laisse place à un émoi, je ressens monter en moi ce trauma du plaisir, vibrante extase des membres électriques. Je laisse aller ce corps raide dans un va-et-vient chaud. Un jet doux éjacule au moment où le sexe est durci, au fond impétueux de la chatte resserrée autour de sa dévoration. Nous avons jouit impérieusement. Tous les mots ont été sommés de s'arrêter sur un psaume, domination de cette errance retrouvée des corps en chair, de la chair avortée en dépliement de ce deuil; ce qui se trame en nous, pour l'amour d'une disparition, plus rien des sens n'est extérieur, et n'est plus érogène que le souvenir. Lentement les corps s'évanouissent dans un coin de la pièce, peut-être dehors, en rêve dedans, de cet intérieur sans lieu. Le grand saut dans une chair hypostasiée. Jouissance de ce parcours infini dans l'infinité des langues, dans ce noeud indéfectible de la vie qui rend la fin de la vie impossible. Un suicide de la mort en apothéose dans mille feux tournoyant au dessus de nos têtes: être coupé du monde dans la tentation. Sortilège de ce dévisageant regard sur les parties désirantes de ce corps en extase, devant l'étrange machine du corps possédé. Possédé par le crépuscule des dieux arrachés au temps.


Thierry Texedre, le 1 novembre 2011.

dimanche 30 octobre 2011

De la quintessence du temps ravageur

















Quintessence de la vie, ramper sur quelle marge du massacre, rompre avec ce clopin-clopant du temps boiteux, là est l'austère musique de l'amour de deux êtres pour leur progéniture. L'encerclement tant souhaité par l'espèce, pour vivre dans cette plénitude du désir avorté du dépassement de soi, mène l'humanité à son risque d'exacte perte du sens, perte du lieu social, retour d'une grave graduation de la mort qui commence dés la multiplication des corps désirés. L'exaltation de l'emprise du corps, sur l'origine de cette socialité du nombre, prendra toute sa splendeur dans l'impuissance à ne plus engendrer ce nombre, le nombre d'une mise en chair de l'exaltation du pouvoir de transgresser le nombre amoureux, sur l'œil déposé, étalé, pour la dévorer en dévotion, cette chair . Carnivore insatiable, le corps enfoncé dans les trames intriquées de la chair, rentre dans sa grande gloire; penser l'incalculable fin du corps dans la répétition de l'écorché, dérive de la chair lapidée, en drame vocal. On entend dire l'autre voix au moment de la séparation des corps, au moment de cette jouissance, orgasme insoupçonné de l'amour de deux êtres dans l'infini d'un temps indéterminé, de cet interminable présent qui rend l'âme, l'éternité d'un doux baisé déposé lentement sur la bouche voluptueuse de l'être aimé. Le temps se défait en face vieillissante, le devant de la scène est rouge, le vent lève les drapeaux, étendards devenus libres dans ce ciel évidé, creusé d'un monde, celui du nombre. C'est la joie du peuple qui hante l'espace serré d'un temps pressé, pour laisser s'envoler la parole unique dans ce firmament blême de la naissance. Le regard ravagé du temps s'épanchera sur la renaissance du peuple ivre de mots encore totalitaires de la parole poétique psalmodiée en tourniquets du manège enchanteur. Les corps tournent dans l'intemporalité du vent qui joue de son archet - On distingue, au loin, quelques rares noctambules qui s'empressent de rentrer, dépossédés de ce doux corps, possédés par un courant alternatif, seraient-ils projetés par un flux incessant d'image. De celles qui verbalisent une écoute dominée par d'insupportables et magnétiques informations, scandées, et rythmées pour violer le temps intérieur du corps - L'horloge inventée déprime face aux logiciels du présent rendu intemporel. La vie s'empresse d'en découdre avec quelque sempiternelle introduction à l'abolition de la mort. On meurt pour rapporter d'un au-delà cette capacité à tenir la cadence du nombre exponentiel.




Thierry Texedre, le 30 octobre 2011.








dimanche 23 octobre 2011

L'infini de l'être












Sortir de cette terre pleine voilà l'indifférence quelle indécence dessine l'assomption rétrécissement de la vue en chair la chair éteinte celle d'une étreinte apostolique avec son Dieu éruptif érudition du corps face à ce Haut ce cœur soulevé en tête arithmétique tête chevauchée par le grand vent de la pensée canonique un trou c'est un trou hélas carré essai du décès dans la contingence verbale de la voix ponctuée de la Voie qui touche à ce blasphème de croire croix portée par le corps mis en voix vocifération du souffle en terre asséchée asymétrie du corps et de la vie de la vie et de la voix humanité sans tête qui croît à mesure que la chair s'émancipe de cette musique naissante celle du début de la vie qui tombe la vie tombe au début pour à la fin renaître en mémoire indécente l'homme descente l'homme étalement sous un jour nouveau lumière du corps éclairé par sa chair exacerbation des sens pour en extraire cette jouissante intériorité du drame humain fermement femme ce corps élevé rendra ses oripeaux de peau en hermaphrodite visitation de la matière poussée à parler pour soulever ce corps mortel dans sa marche vers la parole immémoriale et transgressive les temps ont changé pour cette double appartenance dans une redirection en mots de deux corps de cette chair chair de la reproduction infinie de l'être.






Thierry Texedre, le 23 octobre 2011.

jeudi 20 octobre 2011

Peau











Trop d'altérité signifient le désir morbide de frôler la peau
tapage des grands coups sur la chair pendue autrement
le temps indéterminé de cette chair appuyée pour sentir
aussitôt les sens toucher cet enterrement de passer par
l'exaltation insoupçonnée d'un glissement vertige de vie
grandiloquence du nu face à la mort danse nudité de la nuit
pour renverser ce corps dans les bras du temps passé ou
voir cette inquiétante étrangeté du désir qui monte quand
la peau frémissante se replie sous les ailes d'une jouissance
instantanée lieu irruption de cette petite cause de la mort
quand la beauté s'émancipe de ses atouts vertigineux habits
dévorant ce commencement lent d'une caresse du temps
touché sur l'ossature vêtue depuis l'origine cassant animal
rampant devant cette lumière inopinément pour lancer un
cri du fond touché par la grâce corps sous x mue en lecture
tutélaire récitant qui appelle au détournement nu clinique
contraction devant l'élan vulve possession ouste pédoncule.





Thierry Texedre, le 20 octobre 2011.

lundi 17 octobre 2011

Compression4












La tête est tétraplégique
l'être se retourne dans la
tombe là-haut où les cieux
chantent chasser le corps
de ses impétueux miasmes
mort du corps devant ce
changement chorale en
aigus livre son firmament
sa tentation son élévation
sa figure aux airs de lente
dévastation de la peau en
plis recroquevillés serrés
jusqu'au malaise en face
en bas mal en virevoltant
le mal se soustrait à la face
de ces bouches ouvertes
reste les chairs tendues
traversées par une langue
insoutenable éradication
du temps sous un ciel tiré
tel un rideau replié toile
pliée au sol et nouée pour
étaler cette matière couleur
tempétueux présent avant
la mise au tombeau de la
représentation dépliée la
toile laisse apparaître des
blancs forme de feuillu c'est
l'envers de la mort découverte
ici-bas là la chair vient en
reconnaissance focalisation
du désir à découvert linceul
sur la peau posée là comme
prière du temps improvisé
on entend quelques chants
d'oiseaux au-dessus du corps
presque là pour annoncer
la venue de l'autre face de
l'autre source au cœur de la
vie vraisemblable risque de
devoir en finir avec le feu
de la digression la face est
tournée vers le vrai pour
l'entendre murmurer la mort
qui monte dans ce corps
de chair et d'ombre de rien
le rien qui vient du fond des
temps âge d'une illusion
de la pensée qui saute alors
même que le jour se lève
pour ces deux êtres qui
marchent enivrés par les
senteurs boisées le long de
ce chemin sans fin ni début.





Thierry Texedre, le 17 octobre 2011.

vendredi 14 octobre 2011

Compression3














Travaillé ce corps opère une
vraie terreur sur lui-même
enchantement de cette petite
mort à cran canalisée par la
trouée partout de la peau vue
de cette ignoble matière née
en postérieur relevé ouverture
du Paradis en entrailles dans
un drame dans l'étreinte de
l'Enfer corps levé en nombre
jusqu'à l'ultime superposition
le nom aura disparu bientôt
pour laisser la vie clouée dans
les ténèbres de la croix sang
du rivage veines ouvertes coup
pour marquer cette sortie de
la mort en vainqueur contre le
temps possédé de l'ossuaire
l'oppression du mal respiré
pour la naissance naître c'est
ne plus avoir de Dieu derrière
cette parole cri de l'apparition
dans la naissance et la nativité
relève ce petit corps bitumeux
pour engendrer l'apothéose du
vivant dans l'homme parlant
de cet écart avec la femme au
plus haut point de conjuration
de l'être enterrement de l'être
sous l'imposante masse de ces
charnier ceux du temps présent
représentation à trop mourir plus
vite que cette irruption cutanée
sous ce soleil impossible à voir
de face aveuglement du temps
dramatique de la jouissance du
corps double coupé de tout du
Tout infranchissable tant que ce
double sera l'objet de la vue en
séparation pulsions démoniaques
de l'Esprit en proie au désir de
l'Etre l'étant n'est plus que l'ombre
sournoise de l'apesanteur de l'âme
en tourbillons immortels depuis le
corps dressé à l'horizon de l'Enfer
de la mort d'autant d'êtres éternels.






Thierry Texedre, le 14 octobre 2011.


jeudi 13 octobre 2011

Compression2














Quelle coupure ensanglantée du
corps sous mille pieds exténué
par d'imposantes érections dans
la bouche du temps érudit sourd
et exorbité gonflé et écartelé au
plus fort de l'apothéose du feu
soleil émasculé dans des cavités
bouillonnantes de joie la joie de
l'Enfer liberté de l'Enfermement
révolutionnaire de la chair marée
hors du temps en vagues astrales
arrachement de la langue parole
descendant du cri l'ourlet la voix
qui tonne autour du corps dépecé
de ses habits de jour la peau par
dessus joue à se faire jouir par
l'ouverture de ses pores porcherie
de la faim fantasmatique de la
dérive des ossements détention
de la peau vissée pour être en fond
sanguinolente un pieu poussé avec
force traverse l’œil il cligne pour
la dernière fois avant de se sortir
de là déchet que cette vue de la
peau pétaudière partout où l’œil
tente de trouver un corps de langue
vitesse des membres démembrés
de travers pour faire croire à un
corps entier sons infinis sous cet
écho du temps pressé aplati pour
toujours en ces lieux tortueux dans
un bain de sang senti sans équivoque
évocation de l'Enfer mort de cette
vie côtoyée par l’œil caché couche
de l'injonction de vivre pour se ruer
vers la grande porte de l'Enfer les
anges gardiens de ces lieux crient
accroupis pour hisser les pauvres
déments sur le perron psalmodiant
des chants sur l'océan carmin atteint.






Thierry Texedre, le 13 octobre 2011.


mercredi 12 octobre 2011

Compression1













Bombardement des lambeaux
de chair rompue charnier en
gestation dans le trou béant
de l'atomisation du verbe lieu
exclu du corps à découvert nu
pourrissement de la mémoire
souffrance de la mémoire liée
à l'expurgation de l'intérieur
qui sort à mesure qu'on presse
les chairs pour les remplacer
par une jouissance orbiculaire
l’œil suinte de sang apoplexie
des organes vrillés taraudés et
emprisonnés dans l'immense
gonflement intestinal jusqu'à
cette limite insupportable de
l'éclatement intérieur la peau
détendue pend et perd de son
attrait le corps est à redéfinir
repasser dessus le serrer nouer
les entrailles puis les éventrer
pour laisser s'échapper le sang
de la honte recoudre paupières
et entre-jambe le derrière et
le devant les doigts entre-eux
reliés pour laisser glisser la vie
la perdre la sentir l'évacuer la
presser pour la remplacer autre
force de travail des coups bas
torture du corps qui n'est plus
le corps mais respire encore le
doux feu de l'embaumement
juste les yeux ouverts pour voir
le cadavre livré à sa mort infâme.




Thierry Texedre, le 12 octobre 2011.

lundi 10 octobre 2011

Aporie du corps


























Franchissement interminable du fond indécidable de ce dire occulté, dire en zigzag, couture de la parole inquisition. On traîne en avoir, en surdité; le comble du dire serait qu'il se taise: déjà celui-ci traite de la parole avant sa venue dans ce corps insidieusement érotique. La vraie temporalité serait celle d'un futur dire marquant? Écriture du dire encore indécidable, impossible à écouter. On l'entend certainement quand le corps s'émeut, se soustrait à la réalité, dans cet espace réservé qui concourt à l'apothéose d'un récit transversal. Analyse du très infini intérieur, via ce corps encore corpusculaire. L'analyse s'y perdrait en imposition des extrémités vers un risque: celui de la parole exclusive. Cette parole intervenant alors quand le corps ne peut plus supporter sa parole, gestation de celle-ci, actes manqués qui surdéterminent une mémoire qui se joue de son dire. Aucune musique ne peut réduire ce corps à l'aporie de sa divination, c'est un sas pour évacuer l'insécable histoire du temps. On passerait par une fin du corps si celui-ci n'avait pas le pouvoir de résurrection. On soulève ce firmament, on érige le temps en corps morcelé, pour en finir avec la parole; poussoir d'un exutoire, les sens semblent se soustraire à cette vérité du corps infini. On entre dans ce corps pour infinitiser la parole d'un dire futur, ouverture vers un ciel qui s'affranchit de ses couleurs en fond, la surface du ciel renvoie une autre alchimie, une horizontalité presque insignifiante, et pourtant usuelle; la vie du corps passe par cette horizontalité en coupe.




Thierry Texedre, le 10 octobre 2011.





dimanche 9 octobre 2011

Vie











Identifier l'idée qu'on pourrait lire la vie quinconce
Courte épisodie de la répétition le corps s'allonge
Empattement singulier de ces étreintes accomplies
Le silence entre en action timbre par le mouvement
Les ondes portées s'emparent des instruments lien
Insoutenable entre ce va-et-vient du temps détenu
Et l'étant du corps plein ici s'enfonce dans l'ombre
Inappropriée de la matière qui s'organise quantifiée
Calcul plus tard d'une vérité à rebours soudain jetée
Au beau milieu de la terre eschatologique jouissant
Sens de la vivisection du temps en jeu porter l'après
De cette vie renversée par un dire imposture et clos.





Thierry Texedre, le 9 octobre 2011.

samedi 8 octobre 2011

Parlêtre 2





Quelle fin pourrait
rencontrer ce
Paradis
lointain et
usurpateur
de l'Esprit
endémique
que se passerait-il
si le Paradis rendait
l'âme
l'âme humaine
cet esprit serait alors
Parlant
pour avoir cherché
ce grand Paradis
vaincu depuis la
nuit des temps ce
corps frappé de
stupeur parce qu'il
s'est arrêté dans
l'espace du stupre
en tête fourmillement
en tête profondeur
tête pendue
à ce corps pensant
tête infondée du corps
stratégique
la chair
l’œil ouvert grossi
irruption cutanée
partout où le corps
se maudit
une pluie de larmes
asséchées tombent
dans la fournaise
de l'Enfer
cet Enfer me Ment
ici bas pour
l’Éternité
l'étendue suppliciée
de la chair qui saute
sur les restes
invertébrés de
ce seul Paradis
d'un dire
on a voulu que
Dieu soit Un
et Trinité
comme si cet homme
et cette femme
ne pouvaient dire
sans cette interposition
l'Autre voix
mais c'est là que
se perd l'humanité
en quatre
je le dis à l'univers
Dieu est le dépliement
et la contraction
de ce poumon
majeur de la vie
battement
du corps qui n'a
de cesse de dire
dire dissolution
qui met
ce Dieu hors de
l'eau oui hors
de cause
il serait le souffle
vital qu'un corps
peu de le dire
Dieu de la respiration
damnation du dire
qui tombe de haut
sur l'élévation
de ce Parlêtre
improprement
Être parce que Tu.




Thierry Texedre, le 9 octobre 2011.

vendredi 7 octobre 2011

Astre




Halo la terre d'ici ailleurs inviolé du temps déchiré
Alors elles sont trop loin les voix de l'espace sidéré
désespoir de la vie vautrée de la terre vandalisée
détestable plongée dans les pousses pourrissantes
du sol couvert marche en avant du passé fuyant
marche des pieds en terre porteuse prouesse vide
de l'astre occulté asservi assigné à un futur joué
l'astragale ordinaire arrimé au seul soleil en miroir.





Thierry Texedre, le 7 octobre 2011.

mercredi 5 octobre 2011

Parlêtre




Quelle fin pourrait
rencontrer ce
Paradis
lointain et
usurpateur
de l'Esprit
endémique
que se passerait-il
si le Paradis rendait
l'âme
l'âme humaine
cet esprit serait alors
Parlant
pour avoir cherché
ce grand Paradis
vaincu depuis la
nuit des temps ce
corps frappé de
stupeur parce qu'il
s'est arrêté dans
l'espace du stupre
en tête fourmillement
en tête profondeur
tête pendue
à ce corps pensant
tête infondée du corps
stratégique 
la chair
l’œil ébahi grossi
par la fournaise
de l'Enfer
cet Enfer me Ment
ici bas pour
l’Éternité
l'étendue suppliciée
de la chair qui saute
sur les restes
invertébrés de
ce seul Paradis
d'un dire
Dieu de la respiration
damnation du dire
de ce Parlêtre
improprement
Être parce que Tu.





Thierry Texedre, le 5 octobre 2011.

samedi 1 octobre 2011

Sérénade





Un jour le chat
ivre d'aventures
en bleu-vert lut
un livre réservé
un chat qui lit
vous dis-je oui
je l'ai vu de mes
propres yeux et
c'est une histoire
vraie mais non non
vous me racontez
n'importe quoi
allons vous me
feriez prendre
des vessies pour
des lanternes ce
que j'ai vu vous
dis-je je ne l'ai
pas inventé quoi
qu'il en soit tant
pis pour vous je
m'en vais le raconter
à quelqu'un d'autre
qui lui n'aura de
cesse de me croire et
nous nous quittâmes
l'un en haussant les
épaules tout en se
marrant et moi en
chantant tout en
secouant la tête
en tous sens pour
jeter mon dévolu
sur une nouvelle
personne prête à
être bernée par mes
sottises alors quoi.





Thierry Texedre, le 1 octobre 2011.