mardi 5 novembre 2019

Icônes composites
































   Edé Kardy Atila, dit Atila Biro (1931-1987) artiste peintre hongrois, naturalisé français.



...“Figures prises de vertige, en suspension dans l’arc-en-ciel des couleurs qui les fécondent comme des flambeaux”... “L’image nous revient, et nous échappe, dans un chant polyphonique dont les réverbérations électrisent l’espace aux transparences tendues”... Voilà des bouches-vulves qui s’éparpillent, se divisent, s’abîment, se transmutent, lèvres entrouvertes, aussi en des yeux superposés ; figures qui flottent en drapeaux, créatures hallucinatoires qui poussent au vertige...      











lundi 21 octobre 2019

Cérémonie




















Cérémonie

Pluie d’éros
hérétique sexe
illusion d’un œil entré
glissement sur la foi
entrée en chair
fornication chienne
en pluie en veines
mouillées par l’intérieur
ouvert au grand large
en pluie incessante
attrapée par la langue
léchant l’entre-jambe
avant d’en parler
en circonvolutions
en interdit dehors
danse en sortie
par quel chant
en cris répétés
la plaie ouverte
du temps foutre
semé en bouche
dans l’allégresse
et la joie d’aimer
comme ces verges
assises sur le ventre
de la terre insupportée
comme penser
dépense en paupières
baissées sur l’art
l’art étreint au jouir
en jeu dans l’extase
caressante des cieux
dans une marche pour
la cérémonie des dieux.


Thierry Texedre, le 22 août 2018.


peintures de Nathalie Bourdreux (1976-)













Rêves occultes























Rêves occultes

Le jour où la lune est nuit 
Complot ou ivresse s’entends 
L’enfant devant ce soleil 
Noir qui couve et l’endort  
Et le dissout en nocturne 
Se plonge en rêves impérieux 
Dans la profondeur des songes 
Le jour où tout s’étire en prose 
Le matin s’écarquille des yeux 
Le désaveux le sort du disparu 
Et laisse aux rivages du temps 
L'esprit disparu au solstice 
Sourdement nostalgique 
Attendant ces nuées du ciel 
Pour s’échapper du réel  
Vers ces nuages nourriciers
De ces rêves occultes
Viennent se fendre la feinte
Et l’illusion qui fuit le rêve
L’irruption instantanée
Des corps habillés
Aux plumes de la terreur
Le cœur affranchi.


Thierry Texedre, le 21 octobre 2019. 





peintures de Omar Ba (1977-)
  










samedi 19 octobre 2019

A dada


































À dada 
Saute re elle est 
Roux âge jet nuée 
Nœuds set table 
Queue poux rire 
Là vers si on 
Du cou cassé  
Plat qu’est sûr dit t’es 
Col et ô sol 
Le con mou et 
Prêt à ça où les 
Les re lit queues 
Les relis gît on 
Du dé c’est cette poire 
Pour le soi en feu. 
Thierry Texedre, le 19 octobre 2019. 




peintures de William Nelson Copley (1919-1996)










mercredi 16 octobre 2019

De la mémoire du mortel






























































De la mémoire du mortel

Mémoire immaculée de l’errance somatique. 
Traitement de l’identité tutélaire. 
Tabulation contractuelle du sens lié à l’anamnèse. 
Irruption d’une mémoire univoque et transfigurée. 
Le risque pour la mémoire c’est de chercher le sens. 
L’inachèvement c’est le prisme par lequel toute mémoire inaugure sa fin, en cela, une perte de son sujet comme errance.  
Pourquoi la mémoire revient inconditionnellement, parce que la parole s’y trouve, et suture l’information, le plaisir et la douleur. 
Tout stimulus lié au plaisir de l’absence provoque un retour de la mémoire, comme substance de la parole. 
Tout excès de la parole c’est-à-dire d’un trop plein, induit une charge minimum par laquelle s’ouvre une mémoire essentielle, le risque qu’une perte de sens produit. 
La mémoire est une scénographie qui crie l’intention d’une mémoire à-rebours, c’est la mémoire d’une mémoire contre laquelle un sujet met en scène le corps d’une écriture-énigme dans sa mise en abîme, par un recouvrement, la peau, soit la peinture, comme chair de la chair ; ici, la peau se plie telle une œuvre qui montre l’existence humaine comme pertinence d’une mise en scène du vivant que la langue contamine jusqu’au désir d’y voir la lumière ; en peinture ce serait la défiguration du réel. 
La parole, prisme saturateur d’image, force l'erratique érotique à mieux entendre ce qu’une parole a de soumission à la lumière, une pluie incessante d’atomes illuminant l’esprit retors quand celui-ci frôle l’entendement de sa figure ; la surveillance qu’une parole peut d’irriguer la peinture de quelque figure, de celle autrement érigée au format pictural.
Par la peinture, l’érotique se soutient d’une mise au tombeau de la parole.
L’érotique se distingue du phantasme comme d’une sortie de la parole, quand l’anamnèse s’entends d’une mémoire dont la peinture sortirait de la parole manquée de l’érotique. 




Thierry Texedre, le 15 octobre 2019. 



peintures de Yan Pei-Ming (1960-) artiste peintre chinois
vit et travaille en France









samedi 12 octobre 2019

Visage d'une mort






Visage d'une mort

Touché un jour de gloire 
Ce corps étendu du temps  
Se glisse et pleure 
Passant au jour levant 
Par l’entendement du blême 
Refuge pourchassé de 
La peau meurtrie 
Au centre de ces cris
Vite de ces vicissitudes 
Intérieurs mal refermés 
En plaies sanglantes 
Longeant la rive 
Pullulante de ces veines 
Ensorcelées et tombe 
Sur le regard indécent 
De la disgrâce les yeux mi-clos 
Point de retenue ni 
D'empressement devant 
La mort ma bien aimée 
Seule au monde indigne 
Celle qui caresse tant la vie 
De ses attraits ô couche 
De l’endormissement 
Au silence et au recueillement. 


Thierry Texedre, le 12 octobre 2019.









vendredi 4 octobre 2019

Profane



Nancy Spero (1929-2009)
artiste allemande
plasticienne et peintre









































Profane

Livré au pis-aller
Urticant du sexe 
Le rapport vautré 
Le coup en couple
Rentre en béatitude 
Voile vulgaire 
Qui grave l’horreur 
Gavée du sperme 
Spectral couvert 
Par le ventre 
De l’élargissement 
Orchestral du vulvaire 
Orifice juteux 
Sordide entrée 
Envolée par la foi 
Du sort en tête 
Des yeux convulsés 
En un tam-tam 
Insomniaque 
Encore la course 
Décousue du rire 
Aspergé le slip 
Sollicité de rouge. 

Thierry Texedre, le 4 octobre 2019. 








mercredi 25 septembre 2019

La rencontre aux lèvres roses

Louise Bourgeois
Femme-maison, 1946-1947
huile et encre sur toile de lin, 91,50 x 35,50 cm






La rencontre aux lèvres roses 

Glaise caressée 
Ordinaire et prête 
La goulue de la vie 
Vautrée 
Le ventre rentré 
La glaise jaune 
De l'or s’en mêle 
Celle du sacré 
De la rencontre 
Aux beaux jours 
De l’envers 
Façonné le visage 
De l’eau des larmes 
Qui courent sur 
L'autre joue 
L'enchantement  
La rencontre 
Aux lèvres roses 
Tambourinant 
D'un tintamarre 
Sans fin se dresse 
Telle une vie  
Nouvelle un duel 
Qu'un doux baisé 
Noue au ciel  
De l'éternel retour 
À la terre frottée  
Encore au corps 
De la nudité. 

Thierry Texedre, le 25 septembre 2019. 






lundi 23 septembre 2019

Urbain






Urbain 

Sol bitume habitat en cubes reflets véhicules en l’air respiration ténue superposition des aires réglementées têtes relevées jusqu’au risque de chute le retour au transport transbordement de marchandises queue sans fin depuis l’espace quadrillé feux dysfonctionnels regards glauques et fuyants retard de l’horloge biologique et atomique nœuds sans fin aux passages découpés pistes forêts primaires désert de glace entrant dans l’esprit transfert fonte du lien dévisagé de la parole encastrée et quittée explosée qui s’envole dans un ciel dépoli le verre vitrifié du temps désarticulé de la reproduction naissance vers un pourrissement du germe à mesure que l’espèce exclue que la nature nomme l’humaine s’aperçoit de l’absence d’image reflet d’un temps jaune en pluie acide. 

Thierry Texedre, le 23 septembre 2019.     

Peinture de Franz Ackermann  





jeudi 19 septembre 2019

Des culottes émanées













Matti Sandberg aka Senju (1968-)
artiste illustrateur Japonais
né à Stockholm en Suède

Des culottes émanées 

En coupe les couilles  
Course cousue de la plaie 
Pouvoir revoir au revoir 
Soir en retard 
Couilles cousues  
Décousues du rictus 
Risque du rituel 
Couilles coulées au lit 
Le lait létal aussi  
En culottes émanées 
Mouillées moulées danse 
Avertie de l’aversion 
Version techno 
C'est le lot lobé 
Vertical sexe décousu 
Jus jet jeté hors et mis 
Mis en quatre 
Gelées les couilles 
Au zénith hic 
Ça bande ça diverge 
La verge dure tue 
La police lissée 
Illicite tombola 
Pour gagner libre 
Les boules ça tombe 
Dans le pantalon 
Le long des étirées 
Jambes écartées 
Galvanisée et usée 
Par le temps d’y passer 
Dépecée par la lune 
La vulve volée 
La lune nitro exclue 
Du lot Lola la lune 
S'en va tressée  
En poils pubis rasé
Le con camé 
Au train de minuit 
Noué en boucle 
La musique au trou 
La gelée collée 
Au fond du bac 
En marche en vrac. 

Thierry Texedre, le 19 septembre 2019. 








mardi 17 septembre 2019

Progressif électron

Hélène Duclos (1974-)
artiste plasticienne





































Progressif électron 

Couple permuté 
Perturbé par l’œil et  
Vidé d’une substance 
Incontrôlable support 
À d’innombrables 
Constellations d’atomes 
Chair souterraine 
Qui flotte entre deux 
Expositions de déchets 
Lentement respiration 
Rendue impossible 
Sur cette apparence 
Incommensurable 
Librement elle sort 
Du corps décongelé 
Le corps sulfureux 
Depuis qu’il parle 
Et rentre en harmonie 
Avec la naissance 
La renaissance en sol 
Marche verticale pour 
Remonter le temps en vol 
En plongée dans l’image 
Interminable la décomposition 
Même d’une réverbération 
Du réel révélateur en couches 
De la déconstruction 
Du temps possédé 
Du temps en feu 
Passage obligé de ces électrons 
Libérés de leur atomisation 
Il n’est plus question 
De couple mais de foule 
La foule s’ordonne
  lieu entre masse et folie 
Pour exhorter un sujet 
À passer du croire  
Au libre électron. 


Thierry Texedre, le 17 septembre 2019.