dimanche 6 novembre 2016

Hiatus


     Norbert Bisky - Hiatus, 2016





Hiatus

Quelle fortification que ce théâtre
obsolète qui montre la danse
dans le cœur transit de l'innommable
attentat qui touche à ce temps obsédant
temps de la contrition qu'une parole
transportée va opérer en images saturées
trajet de la pensée en passages
de la surimpression de la lumière
sur un corps d'écriture validant
le risque pendu au cou de l'affaire
de la désincarnation sporadique
de l'image en véritable sens ondulant
de la chair à cette autre pandémie
révolution que la négativité
réarme pour jeter l'opprobre
sur l'Un c'est le duel d'une séparation
en réaction par la parole
comme reconnaissance en accéléré
de l'ensevelissement de l'Un
par la chair incarnée
et la mort désenclavée par l'atome
polémique d'une étreinte
qui pousse le corps à reproduire
touché depuis la mémoire
mémoire à-rebours pour
montrer depuis le vivant ce qu'elle a
d'une irruption lumineuse
lumière plus rapide que l'illusion
et moins stable que penser
sauvage expropriation du temps
vers l'enfoncement l'altérité
que la jouissance du corps double
traverse par un pourrissement
de la chair qui pense résister
au massacre de la mort
là se montre l'apprivoisement
sauvage mémoire du méat
montré à la caverne
par l'homoncule
pour risquer l'insolence du verbe
le temps d'approcher de la lumière
pour la dépasser de cette possession.


Thierry Texedre, le 6 novembre 2016.








vendredi 4 novembre 2016

Le jeu du dit replay


Infini ce suicide du cadavre exquis qui frôle l’insurrection. On entre soudain dans l'étrange réfraction de l’œil sur la ligne, lumière qui insupporte le regard fatal sur l'impulsion du front, de face, pour se fracasser sur le mur interdit de la dépossession. Ne pas se laisser déposséder de l'envers, à l'ombre duquel on s'enfonce pour attendre. On se dirait prêt à l'exploration de la face cachée du corps, un temps soi peu montré par ses contours trop flous pour sauter sur l'occasion de voir. L'attention est totale. Une musique proche de l'oreille se compromet avec l’œil incertain. Violence des violons, piquants ressorts de l'expertise orchestrale invitée à envelopper le corps insoutenable de la visitation. Mémoire qui s'invite au retours de la déflagration des sons en divergentes lectures. La mémoire semble inappropriée à émettre un quelconque tour de passe passe pour comprendre cette force d'attraction de la musique. Le corps tout entier s'assume, il entre en communion avec l'oreille assermentée. Les sons en tessitures entraînent l’œil à se replier à l'intérieur. Une certaine discorde se fait entendre, pliant l'écoute à la force intransigeante d'une caressante concomitance avec la suavité de la peau ; la chair tremble sous les accords de la composition. Voilà le cours des choses s'invitant au jeu du replay par l'affrontement, le recommencement, le renoncement à la finitude ; jouer avec la mémoire et le plaisir surdimensionné de la déperdition de la matière qui pense. Place qui s'ouvre à l'extérieur pour inciter ce corps à iriser l’œil, pour qu'il voit ce que la nuit intérieure se risque à transformer l'expertise de la chair en jouvence de l'instrumentale possession de l’œil absout de la vision.



Thierry Texedre, le 4 novembre 2016. 




jeudi 3 novembre 2016

Trouble du genre




Trouble du genre

Pensées légères
depuis le temps capté
de l'élégance y règne altier
le troubadour jusqu'au jour
visité depuis la légère fuite
vêtue de blanc archange
défendant la feuille du vol
l'intérêt de la vivre
noirceur frottée d'une écriture
et encore sa lecture endeuillée
le début consenti du vrai pour
retrouver l'invisible le réel
l’allant de l'avant en avance
sur l'extrême finitude
de la consécration de la chose
partout cette représentation
comme l'égale de la prière
pour montrer ce que l'arrêt
de dire a d'une insistance
à contribuer au désir
fulgurant de la sexuation
parce que cette dépense
de la chair est
irreprésentable
pliée qu'elle se trouve
au creux du son
survivant au genre.


Thierry Texedre, le 3 novembre 2016.







mardi 1 novembre 2016

Jusqu'aux cendres

               Anselm Kiefer - Pour Paul Celan: Fleur de cendre, 2006


Jusqu'aux cendres

Sur le cœur insoupçonné de la dérive
qu'un corps effacé soulève
outrancière dépose du corps
exacerbé voie du monde crépusculaire
du temps de la dépense
vers le risque d'étreinte de la chair
sur le soudain souffle
réformé de la plaie pandémie
traitement du corps
qui s'anime et cède
par cette peur de jouer une musique
irruption de la peine qui vole
au secours attentif au jet
jailli du monde des exclus
le drame est montré en dysfonction
parler disjonction de l'âme et de l'être
voilà le secret du risque éternel
de la vie qui monte
partout où la maladie suinte
jusqu'à cette mort par procuration
tout tourne autour du chant
insoumis à l'édifice du jeu
de la chair qui jouit
en tête à tête avec l'esprit malin
d'un ensevelissement de la naissance
sous les désaccords de la parole
en trop et exposée de la feinte
se laissant aller jusqu'aux cendres
de ces dérives éphémères
choc Vulcain du tiraillement
des organes inhospitaliers
devenant la polémique
que la mort importune
pour les siècles des siècles.


Thierry Texedre, le 1 novembre 2016.









vendredi 28 octobre 2016

Terre d'airain





                                                               Auguste Rodin, l'âge d'airain





Terre d’airain

Terre d’airain
sauvage réquisitoire
du train qui s’enfuit
de cette contrée
enterrée par une folle
nuit d’ivresse
le clair obscur
du jour fini
la nuit joue
avec l'ecclésiaste
lentement endormi
dans des rêveries
dieu me garde
dont je n’eusse jamais
entendu parler...
de l’étreinte
qu’il aura eu
un instant avec…



Thierry Texedre, le 28 octobre 2016.








mercredi 26 octobre 2016

Lettre close du récit



Ernest Breleur - Le Christ rouge




Lettre close du récit

Sur la surdité du vivant corps dépossédé de sa grandeur d'être soi, le jeu inaudible de la frayeur d'exister, voilà que naît l'improvisation insoumise de l'emprise de l'être sous sa pulsion indifférenciée d'être et de non être, l'exercice illicite qui convie ce corps à commettre un meurtre. Tuer ce comble obturateur de calamités et de drames démesurés, toucher à cette mort dont les affres sont tout près de la reconnaissance d'un attentat. Vie en pointe vers le lieu d'où sortent les orbites sucés du temps détaché; serait-ce le succès de l'air irrespirable ? De l'air atomisé par les sons de la décomposition ? Pourceau que ce corps immanent de la finitude de la vie, pour créer cette rencontre de la jouissance avec la mise à mort d'une chair inondée de ses lueurs qui faussent la parole, parole qui sonne le glas pour dire la répétition et l'impuissance de ces sens en phrases insensées. Finitude de la vie qui se montre encore, à parcourir les lamentations de la lecture, sur le jeu qui se joue de la vie, jouant à tuer les morts de mots inconcevables, tuer le corps en disgrâce, trouer depuis sa césure, là où se montre la chair, carnassière, en coutures et ouvertures du ventre de la terre qui tourne, jusqu'à la tête, pour risquer la démesure de la mort, se risquer à commettre le crime de la vie, avoué alors comme étant l'appendice dévorant le cœur "insondé" de l'étranglement, par la voie orale, de l'air dépassé par le sens de la lettre. Cloué au soc indubitablement, le corps encore "entré" par l'être, se montre en sang, du sang de la souffrance, redressé sur le pieu palimpseste passé par la voie d'une peinture intraduisible, avant que ne meurt l'esprit qui demeure (toujours ailleurs depuis la mort de l'autre/sien), à crier des mots avec verve et en volutes, trahissant la mort, pour la mettre à mort en "ressuscitant". Forme recroquevillée de la plaie qui suinte, en vol éclaté de la déesse mort, voilà, le regard éclairé, que ce corps disparu va sombrer dans l'illumination de sa rencontre avec l'essence d'un "corps pensé", ventre à terre - le propre de l'âme se voit chantant en discorde - quelle dissonance ! Coup de maître de la vie qui plante là la chair, soulevant les montagnes et les mers, afin d'embrasser cet embrasement de la chair par l'immortel esprit. Tremplin sur lequel montent les corps décharnés pour sauter dans le grand vide qui ne sera plus jamais celui du "grand soir". Le vide se plaindrait-il d'en arriver au risque d'exister partout, soumis à ces plaintes dont on se demande si elles n'ont pas à voir avec ces choses pleines; pleines de l'extraordinaire mensonge de la parole qui cogite sur le dos de l'esprit !


Thierry Texedre, le 26 octobre 2016.






mardi 25 octobre 2016

L'infus refus






L’infus refus

Jugeant
par quel instinct
jurant oh ! giration
du tremblement
du corps
en accord
avec l’instrument
de la belle intrusion
qui faute à ouvrir
l’exécrable
tentation
tendue
tant
et tant
de fois
ha ha ha
à percevoir
cet infime
déferlement
de la peau
sur l’eau repue
à résoudre
l’instable
ou bien encore
la déchirure
s’installe
retable
de la peinture
sur le corps
carboné
respiré
aspergé
astiqué
affalé
à défaut de
se dissoudre
sous ce drap
tatami
qui recouvre
qui réouvre
rasoir plié
avant de se rasseoir
sur les chairs
encore rougies
du coin chaud
dans l’herbe
noire
qui rase les murs
se frotte
à la lumière
devant la porte
qui s’ouvre
pour laisser
entrevoir
l’espoir d’un
regard hypocrite
ha ! ha ! ha !
que ça tienne bon
depuis ce sacré
os et suaire
du recouvrement
ôtez-vous de là
que je m’y mette
dans les plis et
les culottes
émanées
de ces sottises
que l’oeil n’aura
de cesse de résoudre
en tremblements
musicaux
pour empêcher
et empêtrer
le temps
pour qu’il passe
à autre chose
cet insensé
changement
dans la tempête
de la chair
sous la peau
sur l’os
dans la solitude
de notre plus grande
indifférence
sonne alors
l’astre mort au combat
sonne encore
l'astreinte
qui rétrécie
à mesure que le corps
s’évanouit
de son origine
de son dedans
de cette naissance
à l’envers
sous la jupe
relevée au réveil
avant d’accoucher
avant les mots
bien avant le babillement
bien en deçà
de la création
au moment où
la matière
rejoint la chair
loin du désir
forcé de naître
double élision
en membres
occultés à l’instant
gloire à ta grâce
au fil du temps
depuis le gramme
infini de ta couche
accoudée au pieu
vissé dans l’artère
la grande voie
par laquelle
on suinte
on court
on cuit
on vit
aussi
c’est à refuser
cet extravagance
que le corps assidu
se voit rétréci
à mesure qu’il
s’épanche
sur les senteurs
acides du désir
insidieux d’avaler
les essences
intemporelles
de ces capiteuses
cavités
du corps amoureux

Thierry Texedre, le 25 octobre 2016.










samedi 22 octobre 2016

Extases




Extases


Emmène-moi dans cet enfer
qui me ment
tu me montes sur ma vile
verge et sans vergogne
je jette sur mon corps ton flot
ma dette quel feu !
au loin plus aucun regard
ne peut me mettre en émoi
les rimes et les rives fondent
en larmes toutes ambiguës
par la crainte en fantôme
d’exister pour l’éternité
loin de toi sous ces toits
incertains et imaginés
de ta peau ce délice me puise
et épuise tout mon être entrain
trop étriqué de me sortir de la tête
je laisse libre cours tout autour
l’interdit de tes dessous assouvis
et déroule mon âme pliée en ton sein.



Thierry Texedre, le 22 octobre 2016.





Ernest Pignon Ernest - extases