mardi 22 septembre 2015

Petite écriture soulagée devant ce roman impossible


(extrait)
Complément de la dictée voile surprise le futur de la comparaison avec l'actualité rencontre futile avec la terrible voix frottant sa plénitude sur le dos du pauvre esprit remuant catatonie étouffement planifié fonte de la chair quatre fois par jour juste avant la cécité volte face le corps prend forme avec quelle force quantifier ce jus qui sort par tous les orifices même erreur que quand la fin approche vote à l'unanimité pour faire taire ce qui veut bien parler du ressort ressenti par cet enfermement du dedans dans l'extériorité ressentie depuis le haut tête tournure qui vote avant de partir pour la grande finitude quoi de plus incitatif pour freiner l'abjecte exploration d'un corps découpé découvert avant de peindre les nerfs à vifs ces fichus fibres recouvertes par un glissement tempétueux sur la peau pelée à force de la caresser lieu de la grande jouissance en trame recouverte de ces bruits du cœur couturé par l'âme usurpée utile urée qui coule le long de la jambe calée sur le coin du lit avant de passer aux choses sérieuses sous quelle couverture ce corps s'étire suinte surpris par l'importance de ces frasques hors du temps en coups de reins et frottements entre les seins du sexe pour le faire descendre jusqu'à ce pubis fourni...



Thierry Texedre, le 22 septembre 2015.





jeudi 17 septembre 2015

L'oraison du temps






L'oraison du temps

J’attends le soleil hirsute
depuis ce sombre gisant
outre tombe dans la mort
qui s'évertue à jeter sur
l'austère déferlement de
la vie ce grand silence du
doute de l'origine de Dieu
couché sur les plaies de la
sempiternelle oraison par
l'imprécation du temps
tarabustant les voix du
grand pouvoir d'exister
j'attends l'impossible lieu
d'où naîtront les âmes ivres
de l'amertume d'enfanter
pour l'éternité les enfants
de l'esprit saint illuminant
ce précipité qui assit sur
l'ombre du dieu soleil vont
et viennent en dansant
l’œil ce damné solaire
va finir ce qu'un dieu mort
apostrophé ultime réflexion
dressée ombiliquée et jetée
comme goutte de sang
au pugilat du parlant corps
couvert de ces lamentations
inaudibles vie austère
du redressement de l'art
passage par l'aveuglement
de la parole d'avoir manqué
le lieu de Dieu lumière.


Thierry Texedre, le 17 septembre 2015.











mercredi 16 septembre 2015

Ces masques à rebours depuis l'eau de l'au-delà










Ces masques à rebours depuis l'eau de l'au-delà

Je crains ce corps qui se délite. Loin de ces sphères hystériques, où se trame l'exclusivité de la pression du sang sur la chair incarnée. Vol austère qui couve le son sorti du dedans, de ce corps introspectif. Rictus en coin, par-dessus l'impuissance à éviter de souffrir de la mort, depuis cet inconscient, dont on sait aujourd'hui combien il nous emplit de cette dure réalité d'exposer ce dont le corps porte d'anachronique exercice de ses membres palinodiques. Touchant au stress puissant du défilement du temps, le corps semble rendre inopérant le souffle, quand à son partage avec les mots enclenchés dans l'évacuation de l'air des poumons. Martellement des sons sur le risque d'un frôlement avec la peau. En répétition, les sons s'ordonnent jusqu'à parcourir ce désordre hypothétique qui s'ouvre à l'entendement, encore trop loin de l'écoute qui réagit à ce qu'un corps rencontre ; devenu dépendant des sons qui alimentent sa surdité aux méandres de l'étreinte verbale. Montrer ce qu'un corps peut d'élever ces dormitions qui jaillissent au début d'une reconnaissance de la mort par un flux incessant dont on craint l'exacte servitude face au mal de la chair qui trouve le temps du présent, rend compte de cette improvisation qui luit au milieu d'un bain de lumière, lecture plus vraie que celle que l'écriture permet ; exorbitée par l'irrésolution de la vue face à ce masque qui soulève l'imminence d'une mémoire moribonde et illisible, de l'atomisation du nom face au grand déferlement du sang qui joue sa vie en images fracturées. Bains inanimés et dissous dans l'immortelle plongée du corps désenclavé, déconnecté, sali par son impossible expiration sans perdre l'image de ce sujet qui pense ; partie improductive, impulsée par l'eau en bain du sang dépossédé de cet objet mémoire de l'entier, de l'un, livré au multiple, rencontre avec cette montée vers d'autres figures, membres, viscères, lieux sans noms pour une plongée dans l'au-delà qui couvre cette respiration loin des mots, dont on sait qu'ils n'auront de cesse d'alimenter le paysage infini de l'au-delà sans jamais pouvoir le mettre en paroles. Flottement du corps dans les sphères reliques, au-dessus du lieu pour le rappeler en filigrane, pour le faire exister. Un corps qu'une mort encore trop lointaine ne saurait pourtant faire taire. Jets du sang sur ce passé inoccupé, encore trop près pour être mis en lumière. L'imposture de la vie est ce comble d'être consciente, que mourir est impossible à rendre verbalement, sauf à taire sa programmatique. L'art aura le temps d'échafauder ce que la médecine prend dans les filets de sa découpe : la chair comme ouverture de la mort. Vil état du commencement de la mort dans l'immensité de la vie. La mort propose une alternative à l'image non-attributive d'une ouverture du champ d'un au-delà, sauf à montrer l'encre en immersion depuis l'écriture insoluble de l'imaginaire en train de naître. Les sons bombardent la peinture qui en retour danse dans la couleur aveuglante du jour opaque baigné par l'eau de l'au-delà des corps sortis, à découverts, et sans la chair. La lévitation commence pour taire le poids du corps né de l'inadéquation du nom avec cette mémoire de la fin du temps. Charnier lent de cette superposition qui arrache la terre à la vie en jeu, depuis le corps jaillissant de l'eau avant, et de l'air après, pressé par le sang de la béance orgastique céleste.



Thierry Texedre, le 16 septembre 2015.






                         Guy Michels peinture 2002"lit"750x602 
















samedi 12 septembre 2015

Pli







Pli

Glissement insurrection
fragilité du corps
coupe poursuivie par l’œil
atténué de la perception
fin du temps long
passage vers cet état
l’a-pesanteur moite
du défilement rétinien
à l'envers sonder secours
du dedans de l'être reclus
caverne interminable
qui fonde le grand
cauchemar du vent
tapit dans les épineuses
voix de l'amoncellement
couches exubérantes
qui inondent le rêve
cyprine asphalte
verge compactée
vomissements des mots
incompatibles avec le Tout
ce toit du monde qui échappe
chasse gardée de l'exproprié
des sons encrés dans
l'hypothèse de raisonner
ces sons par dessus la chair
changée en relique mort
certaine qui est recouverte
par cette connaissance
objet fastidieux de l'apparition
du vivant avant celle
de la matière couleurs du
dépassement de la lumière
par l’œil retourné tel
un gant rieur marionnette
installée pour faire rire
le fou traité d'escamoteur
par le commun du temps
présent mémoire menstruelle
qui rappelle le déluge
cloaque ventru du corps
qui pète ses affres intestine
voile sur l'esprit tirailleur
pour ne pas succomber
à l'interdit de retour
monstruosité de ces corps
qui défilent tellement
fantomatiques ruée
partout où règne la paix
pays disloqué garrotté
déracine son peuple
vers d'autres pays
hellénistes et libres
en filigrane se nomme
se transgresse s'exporte
échange autiste qui mitraille
la vie à coups de sexe
quand les lois ne suffisent
plus bombardements
infinis qui lacèrent
et défigurent le temps
et la langue aussi
ça saute recours à
quelle sonorité pour
poursuivre la mémoire
et pressentir ce vraisemblable
corps penché sur la parole
entrain de s'évader.



Thierry Texedre le 12 septembre 2015.








vendredi 4 septembre 2015

Le ver





Le ver

Versatile le ver vertige
se vautre entraîné dans
une danse tel quadrige
en terre couvert autant
qu'à sortir s'il s'inflige
de creuser longtemps
galerie trou du vestige
futur labyrinthe safran
lombric brille prodige
tendu du ressort cancan



Thierry Texedre, le 4 septembre 2015.







mardi 1 septembre 2015

Opalescence















Opalescence

Livré à lui-même, le corps sourd et souillé suinte la plaie. Cette peau ténue qui offre tout un fatras d'exhortations. Dominée par le temps de l'os, ce corps va se défaire lentement, pour disparaître dans une parole dont on sait quelle outrance pour ses enfants, quels risques ; parcours de l'appropriation du corps, par ces enchantements de l’œil sur la peau, et de ses sens en retour. L'histoire serait là comme pour élucider un commun dénominateur avec le frôlement, le frottement intempestif de la peau sur la mémoire du père. Parcours de l'inséparable, de l'insécable, et de l'exaltation pour ce grattage de la chair en dessous, jusqu'à rencontrer ce qui coupe la peur de l'être en une multitude d'exactitudes, introspection du dedans, frôlement avec ce qui sera plus tard le sujet de l'inconscient. Illusions dont on retient le grand déferlement de l'être sur un corps étrange, une improvisation qui montre le développement de la psyché ; collage de ces jeux expiatoires d'où naîtront les lieux du fou et ceux de la croyance, par la loi et la religion. Fracture incessante qui montre ce corps, pour le réactiver et le rendre factice et subalterne face à cette intellection qui monte du dedans, et sortir en recouvrant le corps, cette peau d'un linge comme ultime drame de l'ouvert/fermé de la chair au milieu de la pensée naissante. Montrer ce qui pense le corps méconnaissable, c'est travailler sur son objet à venir, et qui pour le moment n'a pas encore dessiné son lieu, sauf peut-être à parler cette langue dont on tient les règles pour qu'un objet impossible à identifier se mêle au risque de ne jamais apparaître. Vol extatique qui brandit ces plis insipides rencontrés dans les pires cauchemars, passage vers d'autres contrées, de celles dont on doute devant leurs extensions en bras tentaculaires qui collent aux moindres morceaux de peau visibles, pour sucer le sang qui remonte en taches prêtes à succomber à l'hémorragie. Le corps se soutient d'une mémoire qui fait taire les manques opulents d'une douleur de vivre, lente guerre déclarée au ventre intégral de la terre insoumise, pas encore mise à mort, l'expiration s'en remet au risque de comprendre la fin dans une nouvelle inspiration. Peindre l'enterrement de la chair en touchant à ce qui l'a pensé, unique redressement du sexe qui est coupé de la vie, lien avec la conscience dépouillée, montée du sang dans les corps caverneux. L'apothéose serait d'éjaculer entre les dents de l'indigente sirène qui tombe à pic, entonnant un air irrespirable, et de mauvaise augure, plaçant le corps de l'intrus sous ses jambes écartées, elle, au-dessus chantant tant et plus ces abominations, la bouche pleine de ce suc plasma de l'excitation surannée, passage vers la folie qui monte, marches infinies qui l'emporte vers la liberté, excommuniée. Champ brillant et vertigineux de l'intouchable exubérance du paradis.



Thierry Texedre, le 1 septembre 2015.





dimanche 30 août 2015

La terre







La terre

Regard incertain sur la frange coupante du temps psalmodié déni du corps souffrant d'avorter ses mots puanteur de la terre qui suinte de ses pores l'eau réaliste du texte libre trop de guerre depuis l'origine inassouvie de ces naissances horripilantes voilà le terme qui fait sauter la langue poursuite inassouvie de l'achèvement déterminé d'une contamination du psychodrame entrain de se jouer là où se mêlent les tremblements verbaux encore défigurés par l'impression des mots sur la peau qui se refuse voir et entendre ces frottements qui vous étripent l'intérieur jusqu'à secouer l'os le traitant d’analphabète de vulgaire décrépitude rongé par le choc des sons qui l’emmène insaisissable vers son apologie de la fin caressant la terre de ses horribles cassures cadavre exquis descendu de cette terreur du temps de la mémoire mémoire devenue irrespirable poursuivie par l'invitation au bain solvant de l'arbre de vie de ces corps étendus en pleine ivresse depuis la beauté de ces corps sensuels et nus tombés sur le lit de la vénération veille pour l'éternité dans ce port indécent de la débauche senteur immaculée du pouvoir des mots sur la peau du peu de peau visitée depuis le regard étiré jour jeté depuis le jeu de la jouissante expropriation du feu interdit dedans chassé dehors en choc couturé et griffé par la possession du jeu douloureux frappé sur les rondeurs du fessier rougi en coups répétés jusqu'au premier son la parole se délite en sons insoupçonnés et irréfléchis le temps s'efface la mémoire se met en marche maudire d'affirmer l'inépuisable déferlement en flots des camps de la mort mélange en tête d'un impossible oubli images infernales repassées lentement pour ne pas oublier ce qui a eu lieu sur cette terre ravagée et durcie par le feu nourri du dessèchement du corps cadavérique encore vivant pour refuser cet enfermement dans la lecture de ces traces grattées jusqu'au sang jusqu'à l'os sur le sol terre de l'écriture conjurée texte irrespirable de la parole infirme.




Thierry Texedre, le 30 août 2015.




vendredi 28 août 2015

Le peint sans nom




Ce qui caractérise la peinture  depuis la perte d'une figuration, c'est la dérive. Moins violent serait de dire l'éloignement. Mais l'éloignement pose le problème de son objet, éloigné de quoi ? La perspective ne peut pas régler cette question à elle seule. Le point de départ d'un travail sur la peinture est fluctuant, il ressort de paramètres dont on ne peut discerner les origines qu'en remontant le cours du peint, une fois la toile exposée, et en dernière instance, au regard de l'après-coup de pinceau. Là encore le support importe à étayer une structuration  picturale dont on sait déjà que le pigment sera son référent. Mais l'intérêt qui ressort du jeu en question dans cette dérive est la couleur. Le geste de la couleur, sa densité, son souffle, son unicité. L'image ne serait qu'un lointain souvenir dont le support nous tirerait les fils, ceux du temps. Cet enchâssement, peut à tout moment disparaître, laissant la trame libre d'une manipulation spatiale dont on sait que de la découpe, des plis, et autres recherches peuvent naître de grandes créations. L'éloignement dans le peint est aussi marqué par un retour au support classique avec le châssis. Question qui n'en finit pas de hanter tout peintre, à savoir quelle figure rencontre l'éloignement ou le rapprochement du temps de la perspective, à rencontrer ce support pour s'en défaire ? Par la transparence, par le geste, par l'annulation des couleurs dans le noir pour y voir la lumière révéler la couleur (parcours de l’extérieur reflété sur un volume qui plonge dans la trame, le grain du support, par la lettre aussi - le signe - la graphie, interventions sans fin d'une dérive qui sort du cadre pour oser la peinture jusqu'au bout de l'incarnation, là ou le corps qui peint  rencontre la chair, le corps peint. Une grande liberté qui rencontre la nature et l'art éphémère, installations que le temps effacera. L'art et la photographie, techniques multiples pour s'éloigner du seuil fatidique qui marque cette fuite en avant : l'impossibilité d'effacer la figure. La traversée du sujet est centrale, mais ce corps pensant qui compose pour se délivrer de tout questionnement, ça met en avant l'inconsistance de l'inconscient. Découverte majeure mais biffée par cette rivale à têtes multiples, anamorphose du temps de son sujet (l'inconscient est cette charge dont on sait la possession qu'un sujet a de ne pas parler cette charge émotionnelle). La rencontre avec l'inconscient serait cette incidence dont le peintre croit devoir fourrer son nez dans le chaos intriqué de ses démons. Le langage, voilà bien là ce qui aide à résoudre les écheveaux mêlés, pour dénouer ce que cette peinture n'a de cesse d'expulser. De tout temps, les peintres ont cherché et fouillé dans ce corps d'élection privilégié qu'est celui de la chair. Découper, retirer, rajouter, coller, arracher, peinture du dedans le sang comme pigment, le meurtre comme la proie entre les mains du peintre, le pinceau comme arme de la possession d'un corps autre, étrange. L’éblouissement de la peinture met son sujet en présence de la reconnaissance par un face-à-face avec la transfiguration et le voile peint, le linge de l’hypothèse du déchirement chrétien face à l’impossible résolution du point de vue central depuis la face entrouverte de l’enfer d’être.



Thierry Texedre, le 28 août 2015.






dimanche 23 août 2015

Par quelle fin exiguë faut-il la parole ?









Par quelle fin exiguë faut-il la parole ?

L'enfer, d'où sortira la parole.
Crémation du dire clôt.
Création du monde ouvert/fermé,
telle une bouche au temps prié
du feu bouleversant de ce corps
démembré par la dérive intime.
C'est l'interpellation de la voix
qui crie son hurlement, son
ultime arrachement au verbe,
croyance indéfinissable en
la vision indéfectible du sens.
Jour né de la nébulosité du réveil.
Risque d'assèchement des yeux
devant la mort qui sort du genre
humain, sorte d'appendice
qui n'aura de cesse de pousser,
à mesure qu'on le coupe du reste
du monde qui n'est pas rond.
Terre ronde aux yeux carrés
du corps pourrissant d'exister.
L'homme échevelé s'enfuit,
la prière au bout des lèvres.
Il se débat avec la mémoire
qui l'emmène vers la naissance
à l'envers, à l'inverse, pour avoir
osé refuser la mort immortelle.
Péché de l'immortel raisonnement
du lieu asservi par l'impensé,
vers cette grande représentation,
oracle qui brille dans un ciel
déplié en étoiles, depuis la nuit
noircie par les ombres de ces mains
salies par le commencement.
Offertoire qui sonne le glas,
tortillant des nerfs du sang et du
pain symbolisés en messe,
pour s'en sortir par les gonflements
en pets notoires de l'ivresse
catapultée jusqu'au bout du soir,
vite ouvert sur le matin du malin.
Terre chauffée qui court après
l'esprit comme drame de l'atome
qui fornique sa bombe et son H.
Corps de la souffrance chante
ces mots du soulèvement,
ces chuchotements telluriques
du tremblement en cours.
Chants qui forcent la voix en
montrant les plaies à vif, sans
passer par la reconnaissance
du songe, à cause de la mort
qui guette les ordres encore lois.
Tourniquet qui sort l'homme de
sa torpeur, pour jouer, jeu de
ces cris insupportés par la parole
close, pour rencontrer l'être.
L'être étiré de l'étreinte éternelle.
L'être serait ce la clef du chant
des ténèbres inépuisables devant
le récit qui augure à la peine.
Jusqu'à quelle folie s'invente
le jeu d'un drame, musique qui
monte où le réveil est émasculé.
Rentrer en irruption par les sens.
Toucher au risque de caresser
l'extrême catharsis de la peau,
violer ce dedans jusqu'à l'être,
pour l'emporter dans les sphères,
gouttes à gouttes bue par le goût
insipide de l'expiation du discours.
Juste nudité du corps qui monte,
en voile délicat du blanc sommé
par les couleurs du paradis.



Thierry Texedre, le 23 août 2015.

(Essai de lecture sur le Requiem de Rey Eisen )







samedi 22 août 2015

Qu'est-ce qu'un sujet ? Un événement, pas une personne.











Qu'est-ce qu'un sujet ? Un événement, pas une personne.


Retiré de sa personne le lieu
inassouvi du corps électron
se montre comme forteresse
de l'écriture imprenable
vent debout l'évent soulève
la tête de son intérieur
ce lieu caricatural de la chair
pour l'inoculer au vent venu
par dehors et dragué par le
grand souffle ressuscité de
la musique ligament que la
peau cache convexe à la peur
d'en faire de l'au-delà sa fin
galipette insouciante qui mate
le regard du ventre ouvert
sur l'orifice du plaisir excité
du savoir rieur de la foi au sens
aigu de la parole commise pour
avoir voulu faire naître l'os
au milieu de la grande peinture
de celle dont on dit que le passé
est entré dans l'indécidable
ivresse de la chair sauf à
en saisir l'ablation du nœud
fatidique de la reproduction
mémoire qui plonge l'être
créé pour l'inonder de sa semence
volcanique vol de l'ange
macabre au dessus du temps
là où les ailes du désir se
promènent pour emporter
l'âme vers l'immortalité
si la folie est un état son
être serait celui de la mise
à mort de ces polyphonies
des monstruosités vraies
qui sautent aux yeux du
corps poussé à jouir depuis
l'impensable ivresse du temps
déjà autre bien avant que ne soit
l'autre résolu dans la parole
celui dont on sait que le croire
fou est le comble de l'imposture
l'interdit vrai de l'entreprise
sociale d'où est sorti ce sujet
pour aller vite plus vite encore
que l'extrême violation du nom
personne qui voit l'écriture
du temps sa texture pour
faire du présent une vitesse
qui n'en finit pas de nier
la parole qu'un sujet qui passe
pour fou n'aura de cesse
de traverser de part en part
un sujet événement improbable
de l'écriture qui montre la parole
d'un temps autre du temps
d'extraire le lien du lieu social
depuis la surdité d'une lecture
impossible à traduire à mettre
en image sauf peut-être à
en filmer les vides les interstices
les ourlets qui froncent le
le tissus variqueux du présent.






Thierry Texedre, le 22 août 2015.







dimanche 9 août 2015

Fournaise du corps enkysté








Fournaise du corps enkysté

Fil
ficelé
fliqué
forcé
à rentrer
en couche
d'un trait
occupé
à lire
voir et étirer
ce qui s'entend
s'étendre
s'échanger
glauque
gestes de la
démangeaison
du pouvoir
de lire
les nodules
mourant
dans l'esprit
qui nous dit
ce risque
d'entrer
en nœuds
verrouillés
vite
voile
obscur
qui se ferme
quatre à quatre
les marches
montées
pour démontrer
ce qui se monte
en vitesse
pour jouer
au plaisir
d'exister
dans un corps
délité
défait remisé
à l'esprit
qui nous lit
au parlé
resté là
comme
si on savait
ce qui se dit
pour quelle
question
vers où
les sons
vont faire
l'image
qui s'enkyste
dans le corps
corollaire
de cette
fournaise
qui entre
dans l'esprit
pour maudire
les mots
proscrits
de la chair.



Thierry Texedre, le 9 août 2015.











mercredi 5 août 2015

Réminiscence



Sur quel socle le temps s'éprend-t-il de la terreur qu'un corps peut ouvrir au parlant, sauf à ne jamais revivre ce sacré dans une mémoire sans cesse terrassés par la vitesse d'élocution d'un dire future? Risque de mettre ce souffle en danger. Risque de ne plus mettre ce sens de la conscience en adéquation avec l'ourlet fait au temps. Couture systématique sur un dire qui passe son temps à renverser la tyrannie du désir d'information de cette explosion du texte en paroles infinies qui tombent sous les coups de ce délire irreprésentable qui vient au bout de la parole. L'entendement qui vient après cette écoute : extériorité marquée par l'intellection sous pression, invitant l'inconscient à répondre au manque d'élocution du règne de ce parlant. Rites qui se manifestent quant on s'interdit à la parole, vers ces sons puisant dans quelques partitions à-venir ; musiques qui répondent à l'absence de réponse que se risque un corps parlant de la jouissance. L'inorganique vient s'interposer au seuil de conscience du corps qui se plie à la chair, vers ce sacré qui tient lieu d'expulsion du dire, d'un dire qui se retire de ce corps pour faire marcher l'au-delà au pas, passage obligé vers l'assomption de la négativité. Rencontre au centre du comportement, dans l'imminence d'une perte de la conscience, là où une faille s'ouvre béante et prise dans un flux de sang, d'où émerge l'inconvenante mort.



Thierry Texedre, le 5 août 2015.







dimanche 2 août 2015

Danse macabre








Danse macabre



Livré à sa soif de vivre
l'hominidé atterré par
le souffle maudit s'offre
au risque de perdre sa
mémoire marasme du
temps qui enfle par les
pores de la peau organe
indécent de l'enfantement
perdu au milieu de la mort
ivre d'exister autant que
la vie se soumet à l'art
d'écouter ce double séance
vulgaire dont semble tirer
profit la mémoire prière
indéterminable de l'esprit
fulminant de tous ses attributs
buvant au calice qui l’exorcise
devant l'imposture qui sied
à la croyance croire pour voir
voilà bien là le nœud qui
se noue depuis l'origine
manquée de ce corps élu
vertige de la chair devant
le vide unique du traitement
de la peinture pour dire ce
que la parole n'a pas su
faire tonner sauf à chanter la
danse macabre des mots
alignée pour faire croire au
risque de la résurrection
dans le né nébulosité de
la nuée nourricière qui n'a
de cesse de nous mirer dans
l'esprit malin de la fin du
corps cadavre du feu intérieur
volupté des flemmes qui
respirent ce doux paradis
de l'envie d'expulser ce dont
on espère en retour voir
naître lent filet du sexe
couché sur sa verge chaude
en impression encore pour
rentrer dans ce spasme
vermiculaire du péché suspendu
à la lubrique fellation du tronc
arraché au jaillissement de
la jouissance qui crie haut et
fort sa pleine feinte qui fume
ce joint face cachée derrière
le masque fortuit de la pleine
possession par l'esprit fixé
en retrait derrière l'orbitale
déraison de l’œil malin celui
au centre tête haute du milieu
imposture de l'existence
fallacieuse pour n'avoir pu
résoudre que ses oripeaux
viscères qui se nouent coupées
comme ces ancestraux chocs
du corps originel poussé en un
fatras de la traversée du temps
par l'infini finissant depuis
l'existence née depuis la parole
comme réverbération du corps
face à son trop plein de parole
et que son souffle s'enlève par
par le grand bouleversement qui
vient au devant de la mort
encore trop avisée d'enlever
que ce savoir naît de l'envie
d'exister avant d'enfermer
ce gai retournement de la peau
dans les profondeurs de la chair.









Thierry Texedre, le 2 août 2015.






mercredi 29 juillet 2015

L'origine inachevée







L'origine inachevée

Loin de moi ton regard m'agite
et m'émeut menaçant l'hostilité
du temps invité à monter l'escalier
lugubre qui somme les coups du
destin vertige de l'existence qui
exhorte l'astre rouge et réchauffe
ma peine aux pieds de mon amour
me voilà dans ses bras comme
livré à la chair pour m'y perdre
amoureux de ce paradis qui vient
être dans cet éclair depuis les bords
escarpés du mont de vénus si doux
serions-nous pencher sur nos lèvres
qui éclatent chaudes de joie en vie
voilà alors l'aurore qui monte depuis
nos soupirs sourires endormis
par l'image enfin là puissante
par la déraison des jours qui passent
et s'éloignent trop lointains pour que
la force intime qui anime nos âmes
se laisse emporter par ces embruns
loin des brumes cérébrales oh amour
vois-tu le printemps de nos mains
mouillées et serrées par l'éclat de
nos yeux qui pleurent depuis
ces battements du cœur enchâssé
et accouplé comme à l'heure d'été
nous écrirons l'histoire du désir
inassouvi pour montrer la peau
qui glisse sous nos corps enlacés.



Thierry Texedre, le 29 juillet 2015.







vendredi 17 juillet 2015

Propagation






Propagation

… Vieille carnassière, ville à peine enflée par la périphérie, usurpatrice du cœur avéré de ces petits êtres astreints par la course ; voilà la filature qui s'impose au seuil du pouvoir, celui de sortir de ces émotions étranglées par l'affrontement du béton ruisselant et de l'herbe affolée le temps d'une soumission au vent... Obscurci, la fenêtre grande ouverte sur la nuit vertigineuse, le regard se soumet dans les coins, attiré par les hauts murs encastrés des tours assouvies par l'imposante réalité qui oblige à sauter du bas jusqu'au flou qui engourdit le ciel encore invisible...


Thierry Texedre, le 17 juillet 2015.











mardi 14 juillet 2015

L'instant caché




Perte de l'envie
shoot de la vierge
peau qui surf sur
la déraison encore
trop vénale
pour faire fuir
ce corps de la
fuite face
cachée du temps
racorni osé
depuis la naissance
de ce nom
orbital jailli
de la voix
et lancé
contre ce cri
cadavérique
et carnassier
pour déformer
la voix en une
parole actée
vocifération
du très haut
parlant fusionnel
avec la fente
accouplement du
temps avec l'esprit
on touche là au
commencement
de ce quelque chose
qui n'a d'aisance
qu'avec ce tempérament
voué à la folie véridique
au recentrement
de la vie dans ces lois
incompatibles
avec l'éternité
du savoir occulte
danse avec l'outre
folie farfadet
conspirateur
que ce discret corps
étrange sorti
de l'âme d'un mort
programmé oraison
funèbre qui sied à
cette fortuite vie
implantée in extremis
sur ce sol secoué
par les tremblements
de la terrible feinte
de croire jet
impuissant de
l'engorgement
grotesque dedans
avant l'inadéquation
qui réussit où le siège
amoureux du désir
encore hébété
par le cul relevé
sort ce qui pousse
l'instant caché.


Thierry Texedre, le 14 juillet 2015.







vendredi 10 juillet 2015

Sortie du cloaque vissé au corps de la fin












Sortie du cloaque vissé au corps de la fin

… Sur la fin, ce récitatif semble austère et inapproprié - restes sur le côté, miettes interminables du texte soulevé par la chair de l'irruption cutanée - on croirait l'invincibilité de la parole remisée au centre de l'apparition du récit éclaté. Vulgarité de l'extériorité de la parole en langage traversé par l'objet de sa compréhension, de sa traduction aussi, comme incidence de ce corps double et un ; corps insoumis à cette langue puisque mis en peinture dans des signes, juxtaposition du choc des sons et des formes en écho, par l'allongement de la lecture, depuis l'interrogation que l'interdit d'un désir inoccupé soulève. Réflexes du corps pris dans les mouvements de ses membres, parties d'un presque entier hurlement de la chair, pour empêcher la douleur immonde d'entrer en relation avec l'absence de vie, suite instable du temps en déplacement, retard possible de la mort pour mettre la douleur au centre du corps ; réaction depuis l'intellection, vers l'insoumission de la chair à la douleur insurmontable...


Thierry Texedre, le 10 juillet 2015.










mardi 7 juillet 2015

Le silence de la faim







Le silence de la faim

Trace ténue tortillée
autour du col inassouvi
autorité du temps dépassé
sur l'ourlet de la notoire
raison rachitique face
au cri venu du dehors
de l'autre côté du fleuve
sur l'enfermement juste
de ce désert mal fagoté
centre de la respiration
sons sans cesse allongés
sur le corps de l'autre
alvéoles du cœur chaotique
qui pleure depuis ce secret
cautérisé par une pluie
d'étoiles là-haut gelées
par on ne sait quel regard
du monde qui passe
peste qui sort du nez
noirci par les songes
atmosphériques du derrière
de nos intentions jour du
grand retournement
du silence des corps
épuisés par ce silence
cette secousse sismique
dont on sait l'impossible
lieu pour pouvoir lire
ce serait cet avant de
l'écriture dans une parole
impropre à l'entendement
une parole de la passation
des pouvoirs aux sens
surveillés par la surinfection
de la chair qui garde l'entrée
de ce lieu inaudible de
la mort dont la mémoire
serait l'esprit de son extériorité
pousse et tousse dans l'art
de défaire les corps pour
qu'ils étalent leur loi
celle d'une extension
de la vie depuis l'intérieur
fenêtre ouverte vois-tu
cet écheveau de sang
qui se faufile à travers
le chaos à découvert
vertueux choc de la peau
encore affamée par
l'insuffisance rénale
jusqu'à la mort reine
ô majestueux corps
de la peinture matière
de la mort en état de choc
digérée par ces incandescentes
pensées mises en peinture
pour s'être battues au lit
de ces couleurs épandues
en plages paysages de la vie.


Thierry Texedre, le 7 juillet 2015.







jeudi 2 juillet 2015

La mort viendra...






La mort viendra...

Aussi belle
autour de toi
danse au vent
ta robe blanche
couverte par l'or
fondant au soleil
il luit ô grand
feux follets
jusqu'au gisant
volé au temps
tant espéré
tant aimé
du désir
arrêté au devant
de ces errances
découvertes
par un hasard
celui de la mort
invitée au repas
un soir de la vie
voile austère
qui tombe sur
la tête visitée
du ricanement
devant l'incendie
volontaire
du corps né
d'avoir rendu
possible la vie
respirée par
l'entrée de l'air
du repos en vers
du dedans sortant
pour l'emporter
les pieds en prose.


Thierry Texedre, le 2 juillet 2015.