samedi 24 octobre 2020

Plaies, double jeu

 


















Plaies, double jeu


Écarts écartèlement du fond dénaturé le ventre

le vertige semble rencontrer une terreur un lieu

celui d'une peinture qui en a à faire du figuratif

peint sur le non peint du passé juxtaposé au fil

en filigrane en grossissement de la vulve l'entre

en touchant le regard depuis l'intérieur dépassé

le dépassement du passé qui manque au corps

*

Corps du crépuscule vissé au sol drap froissé

quelques taches de sang sur l'envers pour voir

dépliés draps en tension s'entendent et tendus

le vice accoutré sur l'étendue des vestiges liés

dans cette mémoire vertueuse pour l'être néant

d'une parole dupliquée sur la toile jusqu'au dos

en tension traverse de travers coulée du blanc.



Thierry Texedre, le 24 octobre 2020.

peintures de Antoine Roegiers (1980-)





jeudi 22 octobre 2020

Disparition/Apparition








































Disparition/Apparition Frange de l'infestation du corps par l'inceste l'irrigation de ce corps par lui-même sang d'une contamination rencontre avec cette contamination cette réversibilité du temps vérolé vulve révulsée quand la chair fuit futile glissement d'un lieu vers son contraire vie au moment de sa fuite visitée dans une danse consanguine l'esprit naît de cela la fuite sans fin apparition les gisements des mots s'évanouissent tremblent glottique danse guerre contraction exacerbée des mots en phrases épuisées paix du flou qui efface la forme démon contagion des sens jusqu'au sexe pour le gratter et le couper l'avaler d'une peinture du désir impossible boit jusqu'à la lie le dedans blanc d'une immolation par l'impression qui frappe court la toile endolorie.  Thierry Texedre, le 22 octobre 2020.

 











                                         Peintures de Martin Dammann (1965-), Allemagne.











mercredi 7 octobre 2020

Dame de coeur

 


 

Dame de cœur


Le drame de ton ivresse

le cœur serré

le ventre con

voilà l'altération le sens

le don du tiraillement

la tempête mêlée de face

contrat de cette vie qui tourne

l'interdit touché des mots

les mots mensonges rébus

les mots matricules sauts

contre ce mur qui murmure

tentation du temps

qui sort du vivant

épuisé par nos mots

on ne naît pas du vivant

on naît de la mort

puissante imposture

de croire au vrai

aux songes qui forniquent

avec ce vivant virant

pour nous faire croire

que les mots sont vrais

le vrai qui dévisage

la peau jusqu'au milieu

là où la chair s'emmêle

à laisser la mort s'y inviter

règle de la détention

qui se heurte à

la mémoire hypnotique

car les mots tombent

de partout pour en venir

à leur lecture jusqu'au

risque celui d'une déchirure

d'une douleur

celle du temps impossible

à embrasser nourriture

de l'immonde créature

qui pousse dans les bras

celle qui hume humanité

qui donne naissance

l'enfantement de la mémoire

tremblement du visage

jeté par dessus

la beauté en feu.



Thierry Texedre, le 6 octobre 2020.


« Nymphe amante », noctographie (blind painting) de Cédric Poulain, photographe






mercredi 30 septembre 2020

Intérieur (le corps dessiné)

 












Intérieur (le corps dessiné)


Machine du ventre à l'œuvre, rencontre, cloaque de l'extraction. Il s'absout du mal. Un mal résiduel, un mal orthodoxe,  et encore, le rire l'emporte à cause de l'impossible compréhension des maux. Malaise du ventre face au risque d'exotisme de l'intérêt pour l'intérieur de ce corps d'écriture qui clôt l'appareil respiratoire de la pensée. Penser par rapport à cette intériorité qui espère s'en sortir par l'excrémentiel providentiel. Torpeurs intramusculaires, vestige de l'intestin qui grossit par la détermination musculaire ; tentative de virer toute sortie du corps en pensant cette poussée de l'indésirable dans une jouissance défécatoire. Faut-il entrer en résilience en pensant l'interminable besoin du corps à sortir de cette ivresse temporelle, vélocité d'un sacré continument irreprésentable, puisque livré à cet autre, ce corps plein de corpuscules voués à la putréfaction. Un combat contre ce qui veut penser, pure folie que de monter ce qui reste de la mémoire quand le corps intérieur s'en mêle. La mémoire serait amenée à ne retenir que ce que l'éjection aura touché au passage intérieur d'une pression à se sortir du dedans, du drame d'exclure toute fornication intérieur. Question de mémoire du temps. Un corps qui croit en l'antériorité de l'intérieur pour croître. Monomanie de la tentation viscérale. Faut-il inciser, couper, dégager la chair pour y entrer, lieu éclairant de la chair en détérioration, vice de l'acteur qui fait souffrir pour y voir plus clair. Dans un réseau de fibres découverts, montrés comme absence d'un réel, déformation du temps, sadisme en action, vol vers un abattement dans la découpe intérieure. Le lieu d'un corps pris en flagrant délit d'extraire l'organe de sa totalité, de son entièreté. Connexion sans fin à des formes entre et sou d'autres, au dessus d'une perte, dessin sans repères, il faudra dupliquer, mettre en volume pour comprendre ce qu'un corps rejette.


Thierry Texedre, le 27 septembre 2020.


dessins de Aïcha Snoussi (1989-)


 


samedi 19 septembre 2020

Tragédie



 
Tragédie


Course exaspérante du temps

trauma de la tuméfaction

du travers tête en avant

course vers ce vertige

traduit en ultimes langues

devant ce qui tombe du bas

envers à l'endroit d'une terre

entrain de se rétrécir doute

du corps d'écriture fin de course

vertige de la grande tragédie

touchant à son terme trou

béant de la mise en peinture

d'une vision déconcertante

par l'élocution de la chair

la chair tremblante du néant

voile obscurci d'un trait

le long au bord pour en sauter

et après la perspective

lentement le verbe sourd

devient l’excitation

l'enfer d'un désir à défoncer

loin du corps dénaturé

de la beauté illuminant

l'astre resté où l'homme

risque enfin la fin explosion

en geste chanson pour

perdre la mémoire de l'avant.



Thierry Texedre, le 19 septembre 2020.



peinture de Ken Currie

 Tragic Form (Skate), 2014





                                                                

dimanche 23 août 2020

Hurlements nocturnes


















 

Hurlements nocturnes


Le ciel est sombre le souffle est court

la lumière rétrécit le ventre se contracte

un nuage rouge recouvre l'horizon

et s'étend jusqu'au dessus de l’œil injecté

reflet de l'espace qui se rétracte

cet aveuglement vient coucher aussi

l'horizon qui s'endort dans une inspiration

décousue désuète bruyante et assourdissante

les bras au ciel les mains tendues

commencent à gratter et se raccrocher

à l'emprise de cette immédiateté

l'immensité tonne s'effondre en poussière

le jour impossible d'un étourdissement

une musique muette puis inconstante sort

du fond râblé et raccroché à la gorge

ravage du corps trop absent

cause de l'imperturbable voix

qui tremble en sortant une musique

emplie et vertigineuse depuis l'illusion

y a-t-il encore un ciel l’hologramme

éclos celui d'un enfer psychédélique

le trou le clou l'aspiration spatiale

d'infinis espaces d'une matière illusoire

la beauté tient à reconnaître l'inverse

quand la douleur éteinte s'éveille

pour enclore le doute l'éveiller

vers cette sorte de hurlement

bien en amont du verbe jubilatoire

trop lié au crime d'un désir éruptif

irruption loin d'un lieu de l'illusion

et de la foi firmament de l'esprit

l'esprit de l'espace d'une espèce

proclamée pour jouer à la mémoire

d'un jeu quantique jeté au réel risque

insurmontable d'une évasion hurlée

horizon démonté spectre d'une trinité

que transfigure un risque l'arrachement

risque qu'un corps impensé peut de mourir

quand la parole montre d'un arrêt l'image

l'être résolument rayé radié et irradié

par cette fin dupliquée l'orgie de l'origine

l'animalité vibrante l'animal consommé consumé

dans le temps dénaturé chassant cet enfermement

le corps surexposé reproduction du verbe

sans cesse remis sur le gril nucléaire

un vent sans nom naissant qui laisse le ciel

la nuit livrée aux hurlements

aux risques du peintre qui peint le passé

pour tenter un attentat sur ce corps

d'écriture sans organes et en extraire

la chair exposer la chair du doute

le son futur de la vitrification

phénoménale d'une naissance annoncée.


Thierry Texedre, le 21 août 2020.




Trois études de figures au pied d'une crucifixion (1944)

triptyque de Francis Bacon (1909-1992)







jeudi 20 août 2020

Boum !






















 

Boum !



Bouche articulée suite pour lécher

le clic clac Théodule le ressort

sans fin sans début

de l'univers inversé

l'explosion des mots

partout où le noir

exhorte la lumière

à entrer en relation

avec la parole ultime

dernière expulsion du trou

céleste l'évasion d'un feu intérieur.



Thierry Texedre, le 20 août 2020.



Claudio Parentela (1962-)

artiste plasticien italien

photographe et écrivain







lundi 17 août 2020

L'objet en sang dessous














L'objet en sang dessous


Cloporte introduit

dans l'usine à sexe

pour ces convulsions

des étreintes oubliées

température du tronc

cadavérique et cramé

trempé par les testicules

qui tombent de tous leurs

émois vulgaires

la vérole entre par la porte

pour ressortir par la tête

entrain de pousser

à jouir le temps

de la dépression

vol au dessus

du corps dissout

la queue répartie

qui fume le ventre à l'air

sur l'indisposé de la grue

ramassée et l'écartement

des jambes au dessus

de l’homo sapiens

puant le sperme

en sauts déviants

rires jusqu'au clap

de fin du film transfert

transfuge transfiguration

le temps s'évade

s'échauffe échafaude

étreinte ignominieuse

l'un prend l'autre

pour ce qu'il n'est pas

l'autre prend l'un

pour le multiple

le désir manque

à forcer ces ivresses

à pousser sur la déformation

un ignoble enfant

naît d'un corps étranglé

par l'envoûtement

l'expiation de ses intentions

croire toujours croire

pourvu que ça dure

un sang secoué

s'écoule pour pleurer

des larmes de couleur

c'est le fond des choses

sans l'immersion

dans l'imaginaire

que reste-t-il

sinon l'imaginaire

de l’œil l'indiscret

discrédité et consumé

par l'objet rêvé sans désir.



Thierry Texedre, le 17 août 2020.


peintures de Jasna Damnjanovic (1986-)

artiste peintre suédoise





 

samedi 15 août 2020

Cette partie du Vide qui semble être peint





 








 














































 

Cette partie du Vide qui semble être peint


Partir du désir en peinture revient à faire renaître la folle envie d'en retirer l'essentiel, à savoir l'inorganisation de toute tentative d'enlever à la vue cet esprit dont on ne mesure toujours pas l'altérité face à cette peinture, peinture de la pleine effervescence d'un corps déconvenue. Voilà bien ce qui saute aux yeux depuis l'aune de cette tentative d’érafler, de faire glisser, de soudoyer le fond, de faire s'envoler les pinceaux au plus haut à la volée, comme si s'en foute rendait possible le plaisir inopportun d'éjaculer sur l'immaculée le trou noir de la pensée, l'insécable ordination d'une unité spirituelle ; plus loin par trop de spirituel sortirait un sujet, s'en sortirait un sujet moins distrait, tombé sur un contenu une histoire sans fin qui en appelle à l'entièreté de l'art, au monde indécent d'un appendice trop en érection, lancé à vive allure sur des glissements jusqu'au fond de l'origine du monde.

Suzan Frecon semble s'entretenir, avec l'élégance qui la caractérise, avec un jeu de lumière tantôt négatif, tantôt positif, passant d'un balancement du brillant au mat. Un sujet semble partout dans ces peintures proche de l'absence, si la peinture peut tenir d'une abstraction des formes aux surfaces colorées contrastant avec l'enroulement formel ; couleurs vives et terreuses qui illuminent ou absorbent la lumière. L'absence polémique de l'origine improvisée d'une peinture qui tient le corps, et par là même l'esprit. Histoire d'en finir avec l'esprit, ne peut-on pas reconnaître quelque chose qui déterritorialise le baroque ? Duccio di Buoninsegna structure peut-être cette improvisation, ce squelette qui tient la peinture comme corps de l'étant, byzantin jusqu'à sa surface illuminée. Et si on remonte à l'envers, c'est pour montrer ce sortilège de la peinture dans la lumière qui la divise, le vide s'apparente alors à l'infini, petite programmatique des tonalités du jeu coloré. On rencontre ici Ad Reinhardt, là un Marc Devade, et tourner autour de l'expressionnisme abstrait, pour l'amener à cet impossible questionnement quant à l'extériorité de la peinture devant l’œil indiscret d'un corps indiscret, d'un corps contenu dans l'aveuglement qui est le sien à voir les peintures Suzan Frecon de face.

On reconnaît là encore quelque chose qui donne à voir le geste du Vide, non par manque de quelques formes ou matière partout uniformément ouverte, mais par ce que les formes données à l'esprit font croire d'une croyance qui élève l'espace au rang intégral de cette liberté d'infini d'immersion des couleurs dans un monde où vide et plein semblent être peints pour contourner cette promiscuité formelle de la peinture avec le temps humain.



Thierry Texedre, le 13 août 2020.





peinture de Duccio di Buoninsegna







peinture de Ad Reinhardt







peinture de Marc Devade








samedi 1 août 2020

« Jigokuraku »














« Jigokuraku »

Physique des corps
ultime rétrécissement
de la vie en plaies
l'enfer dans le désordre
le corps meurt
la vie le morfond
puisque le cosmos
s'étend sans fin
ni limite hors temps
unité de l'être
micro-organisme
tel un attentat
du vivant sur la vie
qui passe en cycle
circuits neuronaux
de la veille qui compose
pour échapper au monde
infini de l'immédiateté
corps en transe
corps de l'étendue
tissulaire du cerveau
qui fait survivre
la mort secrétée
par cette hormone
passage vers l'au-delà
le paradis dans l'attraction.


Thierry Texedre, le 30 juillet 2020.



Naoko Majima (1944-)
artiste peintre Japonaise
vit et travaille à Tokyo 






dimanche 26 juillet 2020

De la prévalence du plaisir








































De la prévalence du plaisir


Donné à lire cette sortie du désir
rencontre avec l'audition
l'arrêt sur image qui tremble
le désir qui s'étire et s'inscrit
dans une incommensurable
intolérance avec le corps
un corps réduit au risque
d'appartenir au paraître
le risque dimensionné au moins
du moins pour renvoyer le corps
au volcanique déferlement des sens
sur la surdité du corps constitué
virtuosité de la pliure en plainte
restituée du corps vers sa disette
la chair l'extrême atténuation
qui vient d'un paraître au temps
vers sa compromission au futur
si la peinture ment c'est pour mieux
montrer que ce corps n'a plus
aucune chance à penser sa fin
si un corps morcelé parle
au plus tôt c'est à causer le risque
d'être de cet être qui vole au secours
de la musique en état de chair
début d'une prière avant les dieux
chair que la peinture pense
de mansuétude en mensonge
pour revêtir un corps nu
un corps qui souffre l'animalité
pas encore portée
depuis ce risque anthologique
que d'aucune caverne n'aura
de cesse d'altérer dans une lumière
qui croît à mesure que ce corps
montre la peur une peur
dont le plaisir se saisit
pour traverser le corps
lente descente aux enfers
de la parole avant le massacre.


Thierry Texedre, le 26 juillet 2020.



Juliane Hundertmarks (1971-)
artiste peintre Allemande
vit et travaille à Berlin








dimanche 12 juillet 2020

De la frayeur





















Le 20 juin 1944, Felix Nussbaum et sa femme sont arrêtés sur dénonciation, déportés à Auschwwitz par le dernier convoi en partance de la Belgique et assassinés ; le 3 septembre les alliés entrent à Bruxelles.




Le Triomphe de la mort (le 18 avril 1944) peinture de Felix Nussbaum (1904-1944)


De la frayeur

Suspendu au clou
colporté aux us et coutumes du pays
en guerre contre l'ennemi
étoile cousue sur le revers
densité du chemin de la déportation
jouée au violon des partisans
contre ce monde macabre
où s'arrête toute liberté
le temps de la vision qui n'en finit pas
depuis l'effondrement l'effroi
d'une humanité clouée au viol
à la barbarie et au massacre de l'étranger
l'ennemi sans fin ni lieu pour résider
qu'une résistance emporte la vie
jusqu'au terminal des camps
jetés au ciel gris des fours les sans nom
tués jusque dans leurs croyances.


Thierry Texedre, le 12 juillet 2020.









vendredi 10 juillet 2020

La muse vénale



















La muse vénale

Rythme cassé du temps
qui parle trop
sans cesse pour cacher
cette mortelle jouissance
du renfermement de la chair
sur l'essence malmenée
du vivant dévoré
par une marche forcée
la tempête de l'exorcisme
encore en tête
course du sens
en sens inverse
à cause du mal
du monstre démon
encodé d'un corps décapité
cave convexe du sort
démenti par la plaie
la plaie ouverte
l'ouvert entrain de clore
ce qui jouit de l'ouvert
qui se referme sur un jeu
jour du coït qui couche
la copulation sur le dos
de la parole chaotique
la muse est muselée
attachée au sexe
depuis l'origine
l'envers d'un dire
qui semble désirer
une fin à la chair
la chair déterminée
à souffrir à souffler
sur les braises d'un feu
à venir à trop fendre
l'esprit qui vite voit rouge
à causer sa perte depuis
les sens sans dessus dessous.


Thierry Texedre, le 10 juillet 2020.

« La muse vénale » 
René Daniëls (1950-)
artiste peintre néerlandais