Une textualité qui recherche en permanence son écriture et sa peinture, sans toutefois entrer "en représentation", le lieu ? Une musicalité, pas dans "le son" d'une lecture qui reste aléatoire, mais dans ce qu'un sujet peut de penser: où en est son image, la scription ?
Peinture/Musique
jeudi 22 octobre 2020
Disparition/Apparition
mercredi 7 octobre 2020
Dame de coeur
Dame de cœur
Le drame de ton ivresse
le cœur serré
le ventre con
voilà l'altération le sens
le don du tiraillement
la tempête mêlée de face
contrat de cette vie qui tourne
l'interdit touché des mots
les mots mensonges rébus
les mots matricules sauts
contre ce mur qui murmure
tentation du temps
qui sort du vivant
épuisé par nos mots
on ne naît pas du vivant
on naît de la mort
puissante imposture
de croire au vrai
aux songes qui forniquent
avec ce vivant virant
pour nous faire croire
que les mots sont vrais
le vrai qui dévisage
la peau jusqu'au milieu
là où la chair s'emmêle
à laisser la mort s'y inviter
règle de la détention
qui se heurte à
la mémoire hypnotique
car les mots tombent
de partout pour en venir
à leur lecture jusqu'au
risque celui d'une déchirure
d'une douleur
celle du temps impossible
à embrasser nourriture
de l'immonde créature
qui pousse dans les bras
celle qui hume humanité
qui donne naissance
l'enfantement de la mémoire
tremblement du visage
jeté par dessus
la beauté en feu.
Thierry Texedre, le 6 octobre 2020.
« Nymphe amante », noctographie (blind painting) de Cédric Poulain, photographe
mercredi 30 septembre 2020
Intérieur (le corps dessiné)
Intérieur (le corps dessiné)
Machine du ventre à l'œuvre, rencontre, cloaque de l'extraction. Il s'absout du mal. Un mal résiduel, un mal orthodoxe, et encore, le rire l'emporte à cause de l'impossible compréhension des maux. Malaise du ventre face au risque d'exotisme de l'intérêt pour l'intérieur de ce corps d'écriture qui clôt l'appareil respiratoire de la pensée. Penser par rapport à cette intériorité qui espère s'en sortir par l'excrémentiel providentiel. Torpeurs intramusculaires, vestige de l'intestin qui grossit par la détermination musculaire ; tentative de virer toute sortie du corps en pensant cette poussée de l'indésirable dans une jouissance défécatoire. Faut-il entrer en résilience en pensant l'interminable besoin du corps à sortir de cette ivresse temporelle, vélocité d'un sacré continument irreprésentable, puisque livré à cet autre, ce corps plein de corpuscules voués à la putréfaction. Un combat contre ce qui veut penser, pure folie que de monter ce qui reste de la mémoire quand le corps intérieur s'en mêle. La mémoire serait amenée à ne retenir que ce que l'éjection aura touché au passage intérieur d'une pression à se sortir du dedans, du drame d'exclure toute fornication intérieur. Question de mémoire du temps. Un corps qui croit en l'antériorité de l'intérieur pour croître. Monomanie de la tentation viscérale. Faut-il inciser, couper, dégager la chair pour y entrer, lieu éclairant de la chair en détérioration, vice de l'acteur qui fait souffrir pour y voir plus clair. Dans un réseau de fibres découverts, montrés comme absence d'un réel, déformation du temps, sadisme en action, vol vers un abattement dans la découpe intérieure. Le lieu d'un corps pris en flagrant délit d'extraire l'organe de sa totalité, de son entièreté. Connexion sans fin à des formes entre et sou d'autres, au dessus d'une perte, dessin sans repères, il faudra dupliquer, mettre en volume pour comprendre ce qu'un corps rejette.
Thierry Texedre, le 27 septembre 2020.
dessins de Aïcha Snoussi (1989-)
samedi 19 septembre 2020
Tragédie

Course exaspérante du temps
trauma de la tuméfaction
du travers tête en avant
course vers ce vertige
traduit en ultimes langues
devant ce qui tombe du bas
envers à l'endroit d'une terre
entrain de se rétrécir doute
du corps d'écriture fin de course
vertige de la grande tragédie
touchant à son terme trou
béant de la mise en peinture
d'une vision déconcertante
par l'élocution de la chair
la chair tremblante du néant
voile obscurci d'un trait
le long au bord pour en sauter
et après la perspective
lentement le verbe sourd
devient l’excitation
l'enfer d'un désir à défoncer
loin du corps dénaturé
de la beauté illuminant
l'astre resté où l'homme
risque enfin la fin explosion
en geste chanson pour
perdre la mémoire de l'avant.
Thierry Texedre, le 19 septembre 2020.
peinture de Ken Currie
Tragic Form (Skate), 2014
dimanche 23 août 2020
Hurlements nocturnes
Hurlements nocturnes
Le ciel est sombre le souffle est court
la lumière rétrécit le ventre se contracte
un nuage rouge recouvre l'horizon
et s'étend jusqu'au dessus de l’œil injecté
reflet de l'espace qui se rétracte
cet aveuglement vient coucher aussi
l'horizon qui s'endort dans une inspiration
décousue désuète bruyante et assourdissante
les bras au ciel les mains tendues
commencent à gratter et se raccrocher
à l'emprise de cette immédiateté
l'immensité tonne s'effondre en poussière
le jour impossible d'un étourdissement
une musique muette puis inconstante sort
du fond râblé et raccroché à la gorge
ravage du corps trop absent
cause de l'imperturbable voix
qui tremble en sortant une musique
emplie et vertigineuse depuis l'illusion
y a-t-il encore un ciel l’hologramme
éclos celui d'un enfer psychédélique
le trou le clou l'aspiration spatiale
d'infinis espaces d'une matière illusoire
la beauté tient à reconnaître l'inverse
quand la douleur éteinte s'éveille
pour enclore le doute l'éveiller
vers cette sorte de hurlement
bien en amont du verbe jubilatoire
trop lié au crime d'un désir éruptif
irruption loin d'un lieu de l'illusion
et de la foi firmament de l'esprit
l'esprit de l'espace d'une espèce
proclamée pour jouer à la mémoire
d'un jeu quantique jeté au réel risque
insurmontable d'une évasion hurlée
horizon démonté spectre d'une trinité
que transfigure un risque l'arrachement
risque qu'un corps impensé peut de mourir
quand la parole montre d'un arrêt l'image
l'être résolument rayé radié et irradié
par cette fin dupliquée l'orgie de l'origine
l'animalité vibrante l'animal consommé consumé
dans le temps dénaturé chassant cet enfermement
le corps surexposé reproduction du verbe
sans cesse remis sur le gril nucléaire
un vent sans nom naissant qui laisse le ciel
la nuit livrée aux hurlements
aux risques du peintre qui peint le passé
pour tenter un attentat sur ce corps
d'écriture sans organes et en extraire
la chair exposer la chair du doute
le son futur de la vitrification
phénoménale d'une naissance annoncée.
Thierry Texedre, le 21 août 2020.
Trois études de figures au pied d'une crucifixion (1944)
triptyque de Francis Bacon (1909-1992)
jeudi 20 août 2020
Boum !
Boum !
Bouche articulée suite pour lécher
le clic clac Théodule le ressort
sans fin sans début
de l'univers inversé
l'explosion des mots
partout où le noir
exhorte la lumière
à entrer en relation
avec la parole ultime
dernière expulsion du trou
céleste l'évasion d'un feu intérieur.
Thierry Texedre, le 20 août 2020.
Claudio Parentela (1962-)
artiste plasticien italien
photographe et écrivain
lundi 17 août 2020
L'objet en sang dessous
L'objet en sang dessous
Cloporte introduit
dans l'usine à sexe
pour ces convulsions
des étreintes oubliées
température du tronc
cadavérique et cramé
trempé par les testicules
qui tombent de tous leurs
émois vulgaires
la vérole entre par la porte
pour ressortir par la tête
entrain de pousser
à jouir le temps
de la dépression
vol au dessus
du corps dissout
la queue répartie
qui fume le ventre à l'air
sur l'indisposé de la grue
ramassée et l'écartement
des jambes au dessus
de l’homo sapiens
puant le sperme
en sauts déviants
rires jusqu'au clap
de fin du film transfert
transfuge transfiguration
le temps s'évade
s'échauffe échafaude
étreinte ignominieuse
l'un prend l'autre
pour ce qu'il n'est pas
l'autre prend l'un
pour le multiple
le désir manque
à forcer ces ivresses
à pousser sur la déformation
un ignoble enfant
naît d'un corps étranglé
par l'envoûtement
l'expiation de ses intentions
croire toujours croire
pourvu que ça dure
un sang secoué
s'écoule pour pleurer
des larmes de couleur
c'est le fond des choses
sans l'immersion
dans l'imaginaire
que reste-t-il
sinon l'imaginaire
de l’œil l'indiscret
discrédité et consumé
par l'objet rêvé sans désir.
Thierry Texedre, le 17 août 2020.
peintures de Jasna Damnjanovic (1986-)
artiste peintre suédoise
samedi 15 août 2020
Cette partie du Vide qui semble être peint
Cette partie du Vide qui semble être peint
Partir du désir en peinture revient à faire renaître la folle envie d'en retirer l'essentiel, à savoir l'inorganisation de toute tentative d'enlever à la vue cet esprit dont on ne mesure toujours pas l'altérité face à cette peinture, peinture de la pleine effervescence d'un corps déconvenue. Voilà bien ce qui saute aux yeux depuis l'aune de cette tentative d’érafler, de faire glisser, de soudoyer le fond, de faire s'envoler les pinceaux au plus haut à la volée, comme si s'en foute rendait possible le plaisir inopportun d'éjaculer sur l'immaculée le trou noir de la pensée, l'insécable ordination d'une unité spirituelle ; plus loin par trop de spirituel sortirait un sujet, s'en sortirait un sujet moins distrait, tombé sur un contenu une histoire sans fin qui en appelle à l'entièreté de l'art, au monde indécent d'un appendice trop en érection, lancé à vive allure sur des glissements jusqu'au fond de l'origine du monde.
Suzan Frecon semble s'entretenir, avec l'élégance qui la caractérise, avec un jeu de lumière tantôt négatif, tantôt positif, passant d'un balancement du brillant au mat. Un sujet semble partout dans ces peintures proche de l'absence, si la peinture peut tenir d'une abstraction des formes aux surfaces colorées contrastant avec l'enroulement formel ; couleurs vives et terreuses qui illuminent ou absorbent la lumière. L'absence polémique de l'origine improvisée d'une peinture qui tient le corps, et par là même l'esprit. Histoire d'en finir avec l'esprit, ne peut-on pas reconnaître quelque chose qui déterritorialise le baroque ? Duccio di Buoninsegna structure peut-être cette improvisation, ce squelette qui tient la peinture comme corps de l'étant, byzantin jusqu'à sa surface illuminée. Et si on remonte à l'envers, c'est pour montrer ce sortilège de la peinture dans la lumière qui la divise, le vide s'apparente alors à l'infini, petite programmatique des tonalités du jeu coloré. On rencontre ici Ad Reinhardt, là un Marc Devade, et tourner autour de l'expressionnisme abstrait, pour l'amener à cet impossible questionnement quant à l'extériorité de la peinture devant l’œil indiscret d'un corps indiscret, d'un corps contenu dans l'aveuglement qui est le sien à voir les peintures Suzan Frecon de face.
On reconnaît là encore quelque chose qui donne à voir le geste du Vide, non par manque de quelques formes ou matière partout uniformément ouverte, mais par ce que les formes données à l'esprit font croire d'une croyance qui élève l'espace au rang intégral de cette liberté d'infini d'immersion des couleurs dans un monde où vide et plein semblent être peints pour contourner cette promiscuité formelle de la peinture avec le temps humain.
Thierry Texedre, le 13 août 2020.
samedi 8 août 2020
Les plaies du plaisir

Les plaies du plaisir
Sur quelles concrétions
sur quelle ignominie
la peau tendre s'évertue
s'anime se rétracte
surenchère s'atténue
s'exprime depuis les plis
du corps empli
d'un trop plein
utérin et la verge
elle court toujours
monstre immaculé
d'un divin sursaut
désacralisé voilà l'erreur
qui sort du dedans
pour illuminer le tronc
l'affoler et l'étreindre
jusqu'à plus d'esprit
l'esprit devient malin
par la plaie ouverte
du Christ ressuscité
des morts l'immortel
la mort est la seule
cause au désir
d'aller et venir
de la vie violée par
l'esprit qui touche
à ce satané lieu
limite immuable
de la fin léchée
par la peau le sang
infini de l'espérance
qu'un corps martyre
plié reprend de l'esprit
la seule plaie le seul
sens suave la vulve
ouverte du temps
représentant l'entrée
le paradis disjoint
de la vérité vice
attentatoire à la vie
usurpation de la mort
comme de l'être
qui apparaît et s'évanouit
jusqu'à la fin des temps
les temps qui sondent
les astres par l'espace
de l'esprit rencontré
l'esprit de ses plaies
le souffle mandarin
qui referme le sexe
sur une peinture
qui peint depuis l'espace
l'esprit de la chair
la chair comme peinture
aucun désir ne peut
engendrer la chair.
Thierry Texedre, le 8 août 2020.
samedi 1 août 2020
« Jigokuraku »
dimanche 26 juillet 2020
De la prévalence du plaisir
De la prévalence du plaisir
Donné à lire cette sortie du désir
artiste peintre Allemande
vit et travaille à Berlin

































