samedi 24 septembre 2016

Ricanements du fond



Ronde inaugurale
du risque intenté
inquisiteur de la joie
enkystée en caresse
sur la peau ténue
le risque assène-t-il
cette tension au corps
d’arrêter de penser
pour laisser courir
le long désir sur la ligne
de fuite qui trompe
l’allégresse quelle
allégorie que
cette pression insensée
exercée sur les plis
oniriques du plaisir
qui octroie au corps
une possession
celle qu’un retournement
vulgaire explore implore
depuis l’intolérable
glissement vers
l’enfer d’un paradis
trop usé trop usité
transition d’une parole
vers cette hauteur
cette expiration devenue
la polémique d’un lieu
anodin destin qui couche
qui accouche d’une telle
subordination à ce déplaisir
venu par ce supplément
jouissance sans limite
qui monte par l’envie
de l’autre phallus
un coup sur ce
qu’on ne peut
effacer essuyer
par l’oeil exclusif
qu’à condition
d’envelopper cette frange
la fêlure du récit
parcours de la castration
dont on ne peut
éloigner la parole
rencontrée depuis
le phallus déplié
parce qu’on ne peut
se passer de la
jouissance
possédé par la cause
irrecevable de l’effraction
le corps nu se montre
osant ricaner du fond
indécent de sa chair
tant et plus parcourant
les chants terribles
de l’usurpation que
de belles paroles
vont inonder l’esprit
découvert impunément.



Thierry Texedre, le 24 octobre 2016.




vendredi 23 septembre 2016

Du pourrissement des ténèbres












Du pourrissement des ténèbres


Jeu omnipotent de la foi
trouée en son milieu
géopolitique trop soumis
au rythme imposant
de la temporalité
et trop appesanti
par ce qui l’anime
ce temps invité au risque
de ne pas parler la langue
depuis un corps disséminé
par les voix de l’histoire

Tourné depuis le désir
inassouvi de la récurrence
ce corps impulsé par l’entrée
en apesanteur de l’extériorité
devenant l’étirement
de la seule cogitation
voilà ce qui sied au risque
de penser pour faire fuire
l’évitement de la mort
faire revenir ce qui pousse
la mort vers la résurrection

Toi qui offre ce corps à la vie
ne vois-tu pas cette fente
qui s’évertue à monter la chair
comme quelque chose
qui a à voir avec l’amour
de l’amour qui diffère
de celui des sens souffrance
des ténèbres devenues
celles de la grande drogue
entrer dans l'occurrence
de la foi là tu vois la fin

En tirailleur te mets-tu dans
la position la tentation et
que tu ne peux plus causer
le drame c’est de forcer sur
la cause de cette naissance
où est la reconnaissance
ce vertige insensé qui frôle
la peau pour la montrer
la peau qui enserre les mains
encore et encore érotiques
pour les envelopper les cacher

Souffre que la rencontre
avec le temps passe par
le pourrissement dicté
par les ténèbres celles
qui font souffrir la chair
pour qu’elle pense ce que
le livre peut montrer de
l’oeil exorbité par la peinture
inventée pour illuminer
la vie à rebours de la mort
le temps d’exister sur la toile

Le vol insurrectionnel
de la vie par la mort
serait montrée par une
extension de la surface
sur la peau en une tension
de la toile qui laisse cours
à la joie d’offrir au regard
un saut infini de matière
colorée par la profondeur
mélancolique d’un livre ouvert
récit à venir d’une trame sonore






Thierry Texedre, le 23 octobre 2016.










 



mercredi 21 septembre 2016

Feu



























Sous la pluie vicissitudes
de la sombre torpeur
qui vole au dessus
de ces voix hurlantes
des chants ailés qui se
déploient par ce temps
interdit de la  mort jetée
insondable mer du corps
exclus pour avoir traduit
ses sens en langue
volcanique et tragique
vite incendié le cloaque
fragile du dedans en chair
rend sa servile extension
du verbe et du bruit risqué
de l’écriture imprudente
pour exhumer l’âme
encore trop introduite
dans la pleine peinture
à peine sortie de la figure
c’est qu’elle revient
cette âme pour montrer
quelle perspective peut
sortir son sujet du point
ancré dans l’image une
et poussée dans la surface
du temps sans cesse
coupé de sa picturalité
le feu jouit-il alors dans
ce corps incommunicable
de sa douleur dans
l’espace de l’audible
déprise du temps
ici remisé à l’état de
mouvance de l’isolement
qui caractérise la perte
du temps contre l’ordre
figural qui joue à être
le lieu de la reconnaissance
du feu et du pourrissement
d’un corps vidé de son centre
contre une traversée
viscérale du dedans
impossible à signer
pour l’artiste quoique
tourné par un regard
indécent la peinture
peut entendre ce risque
dont on sait qu’il voit
la rencontre entre
le peintre et le désir
d’aimer du défricheur
d’image face à la toile
en tension par les couleurs
du drame passionnel
qui les montrent
toujours trop colorées
depuis ce clair-obscur
saturé par l’oeil en feu
piège que ce sacré
inventé pour percer
le centre encore voilé
d’une possession
intriquée dans l’immanence
l’ici-bas de la peur
d’exister de ce centre
là où l’être sombre
dans sa totalité
dans l’entendement
que ce fou comblé
somme d’entendre
parler en voix d’ailleurs
inconnaissables
et pourtant là présentes
comme sienne
jusqu’au rapport
rapprochement
touché avec ce sens
indicible de la peinture
tournée dans le sens
incontournable de l’esprit
montré pour pousser
sur la parole la faire
s’évader du centre
la faire retomber en
matière communicable
dans la douleur de naître.


Thierry Texedre, le 21 octobre 2016.



Peinture - Serena Vignolini - allégorie de la peinture






mardi 20 septembre 2016

Les sons perdus






Les sons perdus

Cendres pâles
d’un matin ourlet
du très haut
et sombre
pendu au ciel
d’airain regarde
la main tendue
qui te trompe
qui t’enlève
au tremblement
de la voix
un marteau à la main
pourquoi te frapper
de la faute
qui t’épuise
puisée dans l’éclat
du jour virgule
après le point
mis au centre
du feu âgé
et fourvoyé
en éclats de voix
volte-face de la grande
incertitude des sons
juste pour passer
par dessus les notes
en de si dorés éclats
de rire
on traîne depuis
la nuit des temps
dans ces contrées
aux paroles
inanimées mais
faut-il leurs raccorder
cette ponctuation
qui coupe le son.


Thierry Texedre, le 20 octobre 2016.