vendredi 10 juillet 2020

La muse vénale



















La muse vénale

Rythme cassé du temps
qui parle trop
sans cesse pour cacher
cette mortelle jouissance
du renfermement de la chair
sur l'essence malmenée
du vivant dévoré
par une marche forcée
la tempête de l'exorcisme
encore en tête
course du sens
en sens inverse
à cause du mal
du monstre démon
encodé d'un corps décapité
cave convexe du sort
démenti par la plaie
la plaie ouverte
l'ouvert entrain de clore
ce qui jouit de l'ouvert
qui se referme sur un jeu
jour du coït qui couche
la copulation sur le dos
de la parole chaotique
la muse est muselée
attachée au sexe
depuis l'origine
l'envers d'un dire
qui semble désirer
une fin à la chair
la chair déterminée
à souffrir à souffler
sur les braises d'un feu
à venir à trop fendre
l'esprit qui vite voit rouge
à causer sa perte depuis
les sens sans dessus dessous.


Thierry Texedre, le 10 juillet 2020.

« La muse vénale » 
René Daniëls (1950-)
artiste peintre néerlandais






dimanche 5 juillet 2020

Cris et chuchotements



Vladimir Velickovic – Homme qui saute , 1974 – Huile sur toile, 195 x 365 cm

« Le degré de lenteur est directement proportionnel à l'intensité de la mémoire, le degré de la vitesse est directement proportionnel à l'intensité de l'oubli » Milan Kundera

Cris et chuchotements

Tourbillon du vivant contracté récitatif de l'illusion pour quelques décennies quelques hallucinations du rêve rétroactif mensonge de la mémoire qui frôle l'asphyxie l'intolérable respiration du vivant béance ouverture au monde immonde de la dépendance au visage disjoint de la langue entrain d'être expulsée du vivant. Comment ne pas se soumettre au risque d'en montrer de la mémoire pour s'essayer à la plaie de l'espace de l'espace de l'espèce qui tourne carré depuis l'origine de la parole du cri en moins du vivant dérive orgasmique. Entrée en apesanteur le temps de dissoudre la voix versatile expulsée du risque atomisé de la croyance à tenter une immersion dans l'interdit religieux relique de la chair qui traverse l'essence même de l'âme à rencontrer le bien le mal le clair le sombre fondement de la nature humaine montée en abîme sur le visage de l'inséparable omniprésence du corps et de sa voix de son désir d'enfanter la langue pour y voir la parole comme pensée d'un temps inventé pour oublier cet intérieur cette entrée en résidence de la chair avec l'irreprésentable cri. Par quelle sortie cette pensée peut-elle encore montrer un temps passé par le cri qu'un chuchotement semble interdire le temps est ce chuchotement qui enferme la pensée dans un acte illusoire un acte d'affaiblissement du corps qui oublie et par lequel s'échappe le souffle illisible de la voix qui court.


Thierry Texedre, le 5 juillet 2020.



















samedi 4 juillet 2020

De l'épine dorsale






















De l'épine dorsale
Incarcérées les peintures de Ahmed Alsoudani s'en sortent dans de sombres endroits des artères qui gonflent et tournoient telles des tubes charnus galvanisés dans des couleurs sans fond (d'un fond angoissant) et pourtant vives presque carnavalesques (composant l'épine dorsale d'un visage sociétal) jusqu'au pouvoir horrifique d'une histoire en train de se décomposer théâtrale et épique se révoltant dans cette extériorité regardée comme une interdiction d'entrer dans la peinture un interdit qui fait de la souffrance un ultimatum une peinture qui se donne à voir par ce qu'elle impulse l'extérieur par ces dessins un dessein omniprésent même à la surface celui d'un lieu public.

Thierry Texedre, le 4 Juillet 2020.

Ahmed Alsoudani (1075-)
artiste peintre irakien
vit et travaille à New-York











lundi 29 juin 2020

Sur quelque passage entre les peintures de Natalie Lamotte





























Sur quelque passage entre les peintures de Natalie Lamotte


Peut-on encore tenter une approche des peintures de Natalie Lamotte, sinon d'entrer dans une pesanteur dont on ne sortirait plus qu'au risque d'essouffler la vue. or
La vue, voilà bien là ce qui manque quand on regarde les peintures rouges de Natalie Lamotte.
D'une vue qui en a assez d'essayer de circonscrire la couleur des formes informes et impropres à essayer une mémoire dont les signes intangibles vous poussent au respect, puisque dans l'attente d'une forme de reconnaissance à y voir d'une vue masquée, une vision de ce que peut libérer et livrer une temporalité de l'effacement d'une représentation consommable.
Pour s'y retrouver dans ces labyrinthiques dysfonctionnements de la représentation, ici telle qu'un essai serait impossible à restituer, vu que ces toiles montrent au blanc le rouge comme extension d'un pouvoir, celui d'entrer en résidence avec l'architecture intérieure du vivant, je veux dire par là ce qui vit n'ayant de ressource qu'à n'entrer jamais en communication avec la pensée sauf à restituer cette formation de glissements, d'effluves, d'effluents, de glissements sans fin, vers autre chose que cette présentation d'un format au peint.
Viens par là le temps de regarder les variations peintes, dont on devine les attitudes de tons plus clairs, aux roses délicats, détournant les yeux lentement du temps bousculé par le présent. On essaye par tous les moyens d'en extraire la substance. Mais jamais ces formes, déformant notre regard, n'agissent au seuil d'un entretien avec le peint sans le dire.
Le blanc n'est pas là pour vous faire croire à une quelconque figure qui risquerait dans votre esprit d'en rajouter de ces formes dont on saurait reconnaître l'existence ou la surréalité.
Natalie Lamotte n'aura de cesse d'exercer sa maîtrise pour essayer que nous ne nous montrions plus dans la mise en forme d'une réalité échafaudée à partir de signes juxtaposés, pour imiter l'écriture, et peut-être pourrions nous nous poser le temps d'une écoute musicale.
Si les toiles posent la forme c'est pour restituer au regard sa par de réel. Le réel, voilà la belle affaire, n'y a-t-il jamais eu de réel qu'à ne jamais user de cette mémoire des formes, sinon à passer d'un acte à un autre sans jamais montrer ce qu'un temps présent croit.
On passe d'un rouge à un autre rouge révolté à tout jamais de ne pas se poser, sauf dans le blanc qui s'y noie s'y perd s'y retrouve au risque de s'évader encore. Et puis tant pis pour nous, si on voyait quand-même des fragments de chair, ici une lèvre, là un sexe, et là encore une lointaine forme céphalopode, le végétal aussi. Tout y passe dans notre déambulation le temps d'une exposition.

Si Johan Mitchell et Francis Bacon nous montrent la voie pour mieux y voir la peinture de Nathalie Lamotte, peut-on en dire autant d'un Dominique Thiolat, sinon qu'il restitue chez Natalie la constance de la couleur, une voie qui parle haut et fort pour en dire quelque chose du mouvement de la couleur quand celle-ci n'a plus son bord pour s'apprivoiser, se montrer et exister au réel.
Une peinture qui se suffit, autonome en tant que toile, mais aussi il y a quelque chose à voir d'un déploiement linéaire, en séries(de l'extériorisation qui aliène le sujet à l'intériorisation qui porte sans fin cette pratique de l'être).

Thierry Texedre, le 25 juin 2020.








lundi 22 juin 2020

Rapport non consenti


































Rapport non consenti

Sue Williams est une artiste peintre qui touche l'intime, le signifie depuis ce qui tente une invasion dans l'espace de l'intime. Elle provoque la question du mal-être et celle des genres. Celui qui veut dominer, tyranniser un corps féminin, ou l'interdire, jusque dans la douleur de la chair de celle ou celui qui subit.

[Tu me queutes comme une fauve lèche son con lueur d'en dessous le cul rentré pour serrer la vulve ouverte douleur lente exploration de la langue sur le haut et le bas et les seins et la bouche ouverte la langue fourrant la gorge pénétration violence un viol le gode s'y plaît dans un va-et-vient éruptif puissant et glissant l'ivresse s'évanouit éteint le plaisir les rapport sortie du jeu fuite en avant l'esprit absent les sens sortilège du corps sont retournés des coups répétés pour la défonce l'introduction non désirée des cris couverts par des mains claquent les fesses sont tenues jusqu'au rouge le cou est serré jusqu'à perdre connaissance la gorge juteuse le sexe humide sans jouir à perdre pieds domine comme un corps étranger c'est une perte d'extase plus vite l'entrée s'évade l'intérieur se contracte s'expatrie se masque du temps inanimé la vie sort par la folie tel un pantin désarticulé tout le corps est absent c'est la lente descente aux enfers d'une fin sans cesse la tête repoussée au travers de pensées saccagées et irréalisées une monstrueuse saleté un déchet puant la décomposition sans nom.]

Sue Williams intègre dans sa peinture quelque chose comme ce qui borne la vie domestique en permanence, quelque chose qui éprouve la vie partout où la violence s'empare du corps féminin. Elle y montre la violence intime, des abus sexuels envers les femmes. Mais cette forme reste dessinée et suggérée tragique et comique en même temps pour dédramatiser l'intime. Sue Williams offre un autre regard au spectateur, un regard de voyeur aussi, le spectateur usant de sa perception pour regarder au plus près ce qui intrigue une violence, un regard par le petit trou de l'exercice d'une peinture qui nous donne une infinité d'objets reconnaissables à seulement les rassembler par leur découpage, leur assemblage tel un puzzle. Certaines toiles montrent des formes telles des pattes d'oiseaux, de poulets comme pour faire un ultime pied de nez à la chair, la chair qui rit de sa performance. Les toiles les plus récentes, abstraites, montrent une peinture colorée où s'entremêlent des formes d'où l'organique s'est évanoui. Les maux sortent, les douleurs se seraient-elles pliées aux rites endiablés d'une exaltation sans fin du corps absent parce que caché ?


Thierry Texedre, le 20 juin 2020.


Sue Williams (1954-)
artiste peintre américaine



 


mercredi 17 juin 2020

Regard oblique























Regard oblique

Un regard l'oubli
se lève le temps
se soustrait au vide
et la vie dessous
du côté dessus
de l'intérieur aussi
soudainement tient
risquant l'écart
au centre recouvrant
pression impression
le sort en est jeté
elle danse la vulve
dans les plis du trait
caressé par la figure
le bouton d'or
de ces plaisirs en fleur
ô regard oblique
jusqu'au creux
des limbes heureux
des solitaires en feu
l'épuisant réseau
de la nuit l'étreinte
s'évanouit en fumée
le flou sur la verge
parcourt le ventre
la profondeur naît
d'une danse serpentine
la révolte d'un corps
il court le rêve
jusqu'à sortir
d'une solitude oubliée.


Thierry Texedre, le 17 juin 2020.



peinture de Trudy Benson





  







lundi 15 juin 2020

Explosion colorée















Explosion colorée

Le regard s'enfonce, pour jouer avec les plis de la chose retournée.

Sur la plaie du monde, le monde écrin du paysage baroque, voilà que se montre l'immanente décomposition du vivant, allant ainsi vers sa fin,vers son recouvrement, son recommencement, la cessation d'un monde, le monde de l'illusion. Entrée dans l'illimité, pour ne plus montrer ce songe, celui de la mémoire. Entrée depuis ces pleurs, ces rires inventés pour entrer au paradis terrestre. Pour faire de ce Paradis une extension sans fin. Ce « faire » improvisant un ordre pour que détale la mémoire, qu'elle aille jusqu'à sa perte, l'oubli dans le paysage. En finir, par là, avec cette tension, cette circulation du sens, pour montrer la douloureuse infinité du désir qui s'ouvre à l'objet peint d'une mémoire colorée. D'un désir qui manque la mémoire, pour se substituer au corps qui pense.
Un corps d'élocution épuisant sa terreur du sens, pour parler cette fin de la mémoire, le paysage baroque. Le paysage de l'exode, de la fuite, de l'expulsion d'une névrose impuissante face au monde impressionnant de la chose mise en suspens, l’œil revient sur le devant de la scène pour sortir le paysage de sa nature de corps falsificateur d'identité. Une reconnaissance qui passe par la peinture.
C'est la rencontre d'une chose, qu'elle soit l'objet ou la couleur, ne peut se reporter au
souvenir qu'à lui montrer le bonheur et la douleur de la couleur, aux dépens d'une jouissance de la peinture qui se presse dans un espace mental irréel, objet impossible à délimiter pour jouir.

C'est par un puzzle où les formes colorées flottent, que s'épanouissent les formes colorées condensées. Nuno Lopes Silva tente par là une traversée du sens, par une construction de la peinture qui a à voir avec « l'abîme » de tout paysage (urbain et mental), nature d'une déconstruction de l'espace où l'humain a fort à faire avec une mémoire inappropriée.


Thierry Texedre, le 15 juin 2020.









lundi 8 juin 2020

Les métaboles de l'être


































Wolfgang Walkensteiner (1949-)
artiste peintre autrichien

Les métaboles de l'être


Wolfgang Walkensteiner nous enveloppe de sa peinture parce que la peinture n'a pas seulement à voir avec la peinture. De cette urticante vision, semble se détacher des couleurs intenses, une division sans contradiction de la toile. Un fond très souvent peint tel une graphie qui révèle un rapport à l'écriture. Et devant cette profusion de dissolution de signes et de griffures en tous sens, se spatialise ce qui a trait à la figure. D'une ou de plusieurs « anatomies » qui se contractent, l'espace et l'image dans une tridimensionnalité forment la plasticité qui sort, et s'étire de l'arrière-plan. Pourtant, la couleur lumineuse et sensuelle s'exprime telle une prise de territoire, en surimpression du fond qui lui s’emmêle, s'emporte dans une grisaille (l'écriture s'y retrouve comme cause de l'objet). Abandonnant le temps présent, à trop parler, l'homme sordide devra se sortir, dans un geste « Moebiusien », du territoire de l'être ! L'être d'un temps à venir dont les figures, ici visibles, semblent en dire trop du peu de cet être ; ou alors de le dire depuis l'impossible interrogation de leur être.



Thierry Texedre, le 8 juin 2020.







mardi 26 mai 2020

Stratification du sens, la Vision



Stratification du sens
La Vision

Sons de l'inaudible
vers quelle clôture
le temps se met-il
en vrille pour finir
finir ce qui a été lu
en dire du sens éclos
vertige de la dictature
qui commente sa vie
virtuelle pour un corps
qui quitte l'immatériel
l'immanence du dire
en terre desséchée
jusqu'à ce que ce sang
sans répit réplique
l'annonciation d'un cri
tremblement tellurique
du corps caverne exclu
du son de l'âme mortelle
ce son supplique chair
et révélation de la fin
des temps inhumains
vol acerbe du ventre
de la terre tendue
jusqu'au risque
véridique compression
étalement du vivant
sur une hétérogène
explosion de la vie
sur la terre traumatique
du corps dit animal
à cause de ces sons
dont on dit l'écriture
ultime mort du vivant
danse du vivant
qui croit à ce croisement
entre animal et humain
ordre dépressif du temps
qui quitte la sphère
animalité pour une ère
de la mémoire électronique
jetée en pâture aux rebelles
du temps asymptomatique
de la représentation
réplique de la chasse
et de l'intrusion
de ces corps vidés
impression en aires
pour un corps dénaturé
une culture qui se presse
elliptiquement belle
endormie pour l'éternité
devant ce sacré
encore livré aux astres
pourvu que le peintre
sorte de ces effarantes
inquisitions du dire
pour relocaliser le vivant
donner à voir ce néant
ce blanc désavoué
et y déposer le pire
l'insoutenable légèreté
de l'enfantement.


Thierry Texedre, le 26 mai 2020.









dimanche 10 mai 2020

D'un paysagé au blanc





























D'un paysagé au blanc



La peinture ici s'offre au regard en insistant sur l'inattendu, je veux dire par là qu'il y a quelque chose d'anormalement intérieur au vu d'une intrication des formes qui s'inaugurent au blanc dont on mesure la réserve. Quelle expansion des couleurs vers leur obsessionnelle obstination à monter en gamme pour disperser le regard, le renverser dans un paysage sans fondement réaliste. On oserait presque distinguer un quelconque essor, ayant un rapport, un sens avec le figuratif. Mais l'étant se montre oppressant, voir même interchangeable au milieu du blanc qui s'offre comme conviction, être, pour enfermer la forme dans ce qu'elle a de couleur au plus près de l'intériorisation d'une vision ; couches qui s'agglutinent, s'éternisent pour un temps, et ensemble semblent se couper de leur passé, de leur intellection. La peinture d'Isabel Michel sort de cette abstraction qui use de l'improvisation, pour entrer en résidence avec l'intériorité d'un corps futur, le corps d'un paysage intérieur. Le rêve entre et sort du tableau dont les formats semblent varier autour d'une conspiration avec les mesures du corps humain. Un flirt dirigé vers l'exploration d'une intense connivence avec la chair dans ce qu'elle a d'une indécence devant la couleur. Le risque d'une telle peinture reste lié à la rencontre qu'elle assume d'un public qui court après l'inconnu, l’incontrôlable réminiscence d'une étendue de la peinture sur le cours du vivant escamoté par un réel en gestation. Et puis pour ainsi dire le temps de passer devant ces belles toiles amarrées à leur conjointement, un passage d'un tableau à un autre, comme si rien ne pouvait les séparer, lumineuse rétroaction d'une peinture qui signe avec une intelligence, un futur sans finitude.

Thierry Texedre, le 8 mai 2020.



peintures de Isabel Michel (1956-)
artiste peintre française
vit et travaille à Paris








samedi 9 mai 2020

Par-delà le sacré




Par-delà le sacré

Entrée dans ce sacré
commémoré par l'audition
l'austérité du divin
manqué depuis la parole
piquée d'un corps dissout
depuis la petite mort
de Dieu sa perte chassé
et ce damné croyant
par l'insidieuse occurrence
du fond incertain
de l'âme occultée
de la foi outrepassée
s'en va monstre
voilà l'art installé
pour des siècles de l'être
de cette indistinction
qui s'offre telle une vie
après ta mort ô Dieu
pourquoi cette mort drame
et partout la lamentation
sordide sujet jeté
en pâture à la dépense
démence qu'il pense par
cette verve du non-dit
quel masque l'interdit
le soumettre allongé aux plis
du temps de la procréation
le temps d'enfanter
un autre désir des sens
l'indécence du ventre
de la terre qui remonte
partout sort de ce retour
le temps de la nativité.


Thierry Texedre, le 9 mai 2020.

Hannah Höch (1889-1978)
« LUI et son milieu » 1919
aquarelle, crayon et encre de chine sur papier.








jeudi 7 mai 2020

J'aurai bien changé la vie

















J'aurai bien changé la vie

L'oiseau est-il dans les nuages
il file aux yeux du temps
ici le poisson soulève l'eau
pour entrer dans la vulve vue
le vagin geint la tête dans les nuages
porteur du fil convulsif du né
qui couche la vie génitrice
qu'est-ce qui défonce
au creux du ventre l'envie
de gratter de dévaler la pente
pour sauter sur la file d'attente
des corps déposés en perles
sur cet univers métamorphosé
les lèvres grossies par l'effet
de palpation des seins
à la loupe du lait mousseux
qui baigne dans l'envie
de jeter ni l'un ni l'autre
des sexes qui se mélangent
l'oiseau sort pour prendre
le bec au cri douloureux
son envol sur l'image ulcérée.


Thierry Texedre, le 7 mai 2020.

peintures de Delphine Cadoré (1972-)









dimanche 3 mai 2020

Messe pour quelques pleurs
























Messe pour quelques pleurs

Le temps s'est retiré du dehors
touché par le regard de la prière
divine étendue d'un drame futur
sans cesser la lumière s'étend
partout où la voix se déverse
on entend là-haut les voiles
de ces pleurs damnés au réel
lente agonie du ciel partout
travers des vitraux délivrés
pour montrer la lumière la vie
qui touche un gai savoir lueur
fond gisant des voix sans lieu
vient ce silence vide aux prières
du temps rendu par l'impuissance
aux dérives du corps chanté
du corps désenchanté par l'oubli
mémoire de la même révolution
intentée aux lieux du dehors
hauts lieux de la croyance
recouverte en ces temps du dire
par quelle rencontre de ces pleurs
vont naître l'intime résolution
l'enfantement l'amour la lumière
béatitude de ces rêves sortis
du fond infini de la chair
par le sang majeur des pulsions
jubilation du ventre de la terre
qui soit l'immortel amour
quittant le fondement de l'homme
pour se jeter aux messes
messagères de la résurrection
de ces cendres de ces feux
sans désir pour essaimer
par le vertige de l'élévation
la puissance du jour à la gloire
du réveil au plus loin
au plus près de la parole
respiration sans nom aux pleurs
touchant l'âme laisse l'anamnèse
aux plaies sans dieu ni loi.


Thierry Texedre, le 3 mai 2020.

La leçon d'anatomie du Docteur Tulp (1632)
Rembrandt (1,7 m x 2 ,16 m) huile sur toile