jeudi 6 février 2020

Suspension



Suspension

Rituel caché sous l’arc 
Bitume sans fin et globuleux 
Dense des membres  
À découvert et hostile 
L'être sort sordide 
En sudation du dehors 
Couvert par le secret le sol 
Plage du sable immaculé 
Traces de derrière marquées 
Dans le froid visage absent 
La chaleur insensée du temps 
Qui se recroqueville pour tirer  
Sur le déchaînement tronqué 
De cette mascarade morcelée 
Un corps absent nu et détourné 
De cet animal soudain 
S’épuise dans l’humain 
Trop gros pour baptiser le mal 
Mordu de la pensée torturante 
Jusqu'à la famélique concentration 
Païenne qui peint la caverne. 


Thierry Texedre, le 6 février 2020.
  Peinture de Maryl  Le Berre (1948-)   




lundi 27 janvier 2020

La pubiscité















































La pubiscité

Polémique poussée à l'extinction
à l'intention du trou touché
l'exhortation à son comble
pourquoi pas cette rencontre
ce sacerdoce ce sacré
cette lumière intentée
de la prohibition
de cette hystérique lueur
qui lisse l'univers du servile
dessin entrain de se mesurer
avec une filiale reconnaissance
celle de la naissance
qui contient les deux sexes
avant qu'une signature
n'ingère ce nom
ce numismatique interdit
qui frôle l'esprit malade
de cette mémoire
couchée sur un corps
d'écriture impossible
à déconditionner onction
de l'art d'insistance
l'art d'extraire une peau
jusqu'à cette ouverture
le regard-écran-peinture
qui ment au travers du corps
pour essayer cette profusion
cette combinaison en mots
déclarés pour y croire
à l'inévitable densité
du rêve occlusif
l’œil de l'étreinte
essayant une dernière fois
l'acte d'y croire le sens
l'insoutenable sens
le vulgaire séisme
du sens entrain de se monter
il se voit cinématique
sur l'essence le même
l'éternel même
qui dévisage cette rencontre
ce renversement de la cité
qui jouit pour interdire
au pubis de se frotter
aux confins du néant.



Thierry Texedre, le 27 janvier 2020.

peintures d'Isabelle Pessoa (1966-)
artiste peintre française








vendredi 10 janvier 2020

Solstice amoureux











Solstice amoureux 

Potence de la vie
Qui vire par le soleil
Neutre de la mort
Voile obscur du temps
Divisé en couleurs
De quelle traversée osée
Irruption dans l'antre
De la tourmente en voix
Voilà que se risque
De cet éloignement 
Une élocution lumière 
Une interpellation sans fond
Presqu'à oser par la terreur
L'extrême être le totem
Du soleil respiré en poux
Du divin martellement 
Jusqu'au corps en fugue
De la chair inventée ô viol
Voilà la pensée désordonnée 
Entrant dans la peinture 
Dans l'austérité 
D'une viande sucée
Sur le bout des lèvres 
Sur quelle lèpre épuisée
Encore et en désaccord 
Avec une petite musique 
Qui sort l'art
De ces paroles 
Le long des cimaises ô
Cathédrale crépusculaire
Va pour rencontrer
Ce lieu cet antre
Pubis vertigineux 
Le solstice amoureux
Soudaine naissance 
Caressée de l'oubli
D'un corps emporté.

Thierry Texedre, le 10 janvier 2020.


Angela Palmer (1957-)
artiste écossaise 




dimanche 22 décembre 2019

Aux plages de la chair





















Aux plages de la chair 
 
Par quel hasard le temps s’éloigne 
Au regard inventant l’austère livraison 
Sur les cycles de la vie délivrée 
Lumineuse fantaisie qui régit 
Le souffle douloureux de la plaie 
Vertige insupporté des langues 
Pour parler la parenté langues 
Occultées au temps désordonné 
Et infranchissable devant ce Paradis 
Animal qui crie le ventre en creux 
Puisant la vie de jouir jeté aux voix 
Qui vocifères leurs actes sans cesse 
Mis en paroles inavouables l’inaudible 
Trempé le temps désavoué sort  
Immaculé à cause de ces paroles 
Qui se frottent indistinctement 
Mêlant l’esprit à cette chair cassée 
En accidents du sens que l’esprit 
Sans fin insuffle par l’entendement 
L'enterrement au viol voltige 
Devant l’art que l’œil étreint 
L'œil entrain de frôler l’Enfer 
Pourquoi questions sans fond 
Et risque réponses en surface 
Du jet un certain jour burlesque 
L’imminent trou souffrant et comblé 
Puisque le non déborde le Nom 
En introduisant un corps 
D'où sort ce né impromptu 
Interrompu pour avoir craché 
Au visage de la mort inventée 
À cause de la parole voilà 
La naissance sous l’œil en peinture 
Qu'un front insensé pense 
Sourdement juste pour douter 
De ces vertiges mis en paroles 
Pour faire passer le temps 
Histoire de déhancher l’os 
Bancal et dépendant du sexe 
De sa mise en parole vertébrale 
Quelle cathédrale poussée en prière 
Ose enfermer la loi pour jouir 
Ce qui se tient d’un accord manqué 
Point nu d’un acte insensé et hurlé. 
 
 
Thierry Texedre, le 22 décembre 2019. 
 
 
 
 
 
 
peintures de Marie Rauzy (1961-) 
 
 
 




jeudi 12 décembre 2019

La montée et/ou Flottement





































La Montée et/ou Flottement 

 
Travers du commencement 
En vrille tombée sur un corps 
Loin de cette maudite aliénation 
Comme poussé par le souffle 
Soudain de la nudité 
Immatérielle en fragments 
D'un jaune poussé par la terre 
Jusqu'à l’immersion en poussée 
Hors de la poussière en écho 
Au rite futur la quête 
Bestiaire d’une montée 
D'un enfoncement du bleu 
Dans la chambre l’évanescente 
Exhortation du désir 
Insupporté de la vie le cosmos 
Hallucinatoire de ces âmes 
En devenir pour tenter des cris 
Une musique anthropomorphique 
Une entrée en emboîtements 
Paradis du temps 
Lumière inondant l’espace et  
L'esprit naissant pour parler 
Cette distance au vrai du réel. 
 
 

Thierry Texedre, le 12 décembre 2019. 

sur les peintures de Simone Adou (1958-)
et John Adams « Grand Pianola Music 1982 »






 





dimanche 8 décembre 2019

L'outre-peint
















































L’outre-peint 

Dentelle de l’insécable contusion 
Du désir infini de la perte de la fin 
D'une énonciation sans voix ni lieu 
Voilà ce qui tient la parole dans un 
Délire sans cessation pour montrer 
L'imaginaire en un lieu immanent 
Un lieu d’où se mirent les sommes 
Infinies de l’extension en peinture 
D'une textualité du drame et de 
La négativité et tirer l’immonde 
Indécence du corps au plus près 
De cette peinture irréconciliable 
Voile obscurci par l’iniquité d’un 
Doute sur ce qui s’offre au réel 
Du vrai en pleine illumination 
La plus improbable peinture 
Dont on sait qu’elle œuvre 
Sur un non-dit et une sonorité 
De l’endolori des mots en maux 
Ces maux montrés dans le peint 
Qui caracole avec la parole  
Et l’impossible lumière au temps 
Présent présence qui sourdement 
Va toucher la voix qui souffre 
D'une perte de ces couleurs 
En inventant un lieu substituant 
La pleine peinture au risque 
De rencontrer la vérité 
D'une parole abstraite qui 
Jouit à mesure qu’elle construit 
Son inconscient sur les plis 
D'une subjectivité qui outrepasse 
Le peint et l’image d’un jeu 
Entre l’interdit et l’immanence 
Du temps infiniment risqué 
D’un rétrécissement de la vue 
En paroles qui font lois 
Passage vers cette peinture 
Dont l’acte abstrait manque 
Sa cible celle du présent. 


Thierry Texedre, le 8 décembre 2019. 

Marc Devade (1943-1983)
artiste peintre et écrivain français












lundi 18 novembre 2019

Démons




























Démons

Cloaque du temps dénudé 
Sous ces ombres irascibles 
D’un déracinement confus 
Se mêlent des monstruosités 
Leur beauté s’étire illuminant 
L'astre mort du commun 
Entre les mains de la plaie 
En grappes humaines déformées 
Par l’histoire les yeux vides 
Aux yeux fixant de par la folie 
Qui résonne par ces plaies 
Ces intériorités de la méditation 
Côte à côte les mains croisées 
La poitrine lascive le cœur spirituel 
Les désenchantés de la gloire  
Déformée par l’au-delà 
Sombrent lentement et la mère 
Derrière dans une folie née 
De ces fantaisies incomprises  
Du temps inventé par la vie 
Pour le couvrir tentent la mort  
De l’interlocution par devant 
Qu'une peinture fait danser et 
L'œil de l’étreinte l’enlacement 
Démoniaque aux figures  
De la prière de ces nus animaliers 
Se joue de leur indifférence.  


Thierry Texedre, le 18 novembre 2019. 
  


peintures d'Adèle Bessy (1946-)
alias Geneviève Mabillot
artiste peintre française







jeudi 14 novembre 2019

Le monde et des fleurs


























Le monde et des fleurs 

Glottique et jouée 
La langue en apnée 
Soulève cette immersion 
L’eau du début 
Liquide en deux 
Par intermittence c’est cette 
Rencontre avec l’intime 
Et l’érotisme féminin 
Juste avant les rêves 
Sur quoi le mystère 
Intente à l’autorité 
De l’immonde et de la sagesse 
Aussi tentative de sortir du deux 
Du monde marche du yin et du yang 
De la mort qui fuit pour libérer 
Du bleu en fleurs dehors 
Première couleur l’imminence 
Des couleurs de la reproduction 
Contes et histoires 
Qui naissent en langue 
Souffle de cette nage 
Qui crie quand la lumière 
Apparaît en peinture. 


Thierry Texedre, le 14 novembre 2019. 

peintures de  Rosa Loy (1958-) 
Artiste peintre allemande 
épouse de Néo Rauch (1960-) 










lundi 11 novembre 2019

Micrographie chromatique























































Micrographie chromatique


Telle une intention 
Remarquée en gestes 
Gestation d’un pouvoir 
Racial ou facial 
La liberté comme livraison 
Délivrant la peau 
Tel l'orgasme microcosmique 
Léché d’une partie obscure 
De genre en vie 
En corps désorganisé 
Lutte omnivore  
De ces corps pluriels 
Dressant un monde fini 
Défini par ce cache-cache 
Obsolète de l’obscénité 
Divagante et de l’étrangeté 
Sans fin de l’identité 
Peinture absurde 
De ces corps dépliés 
En fantasmes fentes 
Pour laisser passer 
Le jeu étranglé 
D'une luminescente 
Expansion du corps 
Visité corps déhanché 
Corps démembré 
Corps en graphie couchée 
Sur le lit saturé du blanc 
Renversant de cet excès 
Couche coupée du monde 
Obscur de l’immobilité 
Vue de l’immanente 
Déformation biomorphique 
D’un coït exhibition.  


Thierry Texedre, le 11 novembre 2019.