mardi 11 octobre 2016

Le clown





Le clown

Grotesque
équivoque
du tremblement de la jambe
par dessus la tête
voilà bien là la caricature
la tête en l'air
du clown qui crie
un sourire trop large
et peint en blanc
s'il tourne en rond
partout tordu
et couvert
par le ridicule
c'est pour penser
sa blessure
blême et bigarrée
à la fois
cette fois il danse
remis sur ses pieds
les deux articulés
tel un ressort
qui se détend
et reprend du service
les mains applaudissent
en poussant
et repoussant
la joie
et à pleine main
la peine
la tendresse
se dégage
du visage
du vertige
la veste ouverte
jusqu'au nœud papillon
le clown
ivre se livre
aux enfants béats
et bouches bées
le nez au vent
assis puis debout
tout autour
de la piste étoilée
de mille soleils

Thierry Texedre, le 11 octobre 2016.








jeudi 6 octobre 2016

Rivière d'encre







Rivière d’encre



Jeu insoumis de la guerre
contre ces cessations
du temps d’interdire aux sens
d’entrer en communion
vol intenté de ces coups
du sort pour feindre
la colique qui sévit depuis
l’origine des temps
pour avoir fait taire
l’esprit qui parle l’animalité
qui prend en écharpe
la parole dans sa coulée
au milieu de la prière
insistante qui coule
à flot dans l'introduction
du double étreint
parce que l’enfant
doit enfourcher ce lieu
improprement poussif
et affabulateur voilà le trait
qui souligne la foi
en cette colère clouée
sur la croix de la parole
montrée par cette cogitation
du pouvoir occulte le son
envahissant tout l’état
de cet être inséparable
de la gloire du plaisir
qui saute à mesure que
la chair se montre pour
jeter l'opprobre sur l’astre
de la naissance qui tombe
au milieu d’un délicieux
délire que son fou né de rien
ira bientôt frôler et caresser
l’attention est à son comble
par la grâce de cette
imposture qui fait face
à la parole l’imposture
de ces jets jaillis de nulle part
à croire que ça vient
de ce corps synthétique
et entier du ventre qui
boursicote avec le trou
de la béatitude monstre
que ce ressassement
qui va et vient sans cesse
rivière d’encre
jusqu’à quelle rive
depuis quel milieu
à l’ombre du fond
balayé par le haut.


Thierry Texedre, le 6 octobre 2016.





Shi Tao - A la discrétion de la rivière, 1707.








Jets d'une imposture







Jets d’une imposture



Jeu insoumis de la guerre
contre ces cessations
du temps d’interdire aux sens
d’entrer en communion
vol intenté de ces coups
du sort pour feindre
la colique qui sévit depuis
l’origine des temps
pour avoir fait taire
l’esprit qui parle l’animalité
qui prend en écharpe
la parole dans sa coulée
au milieu de la prière
insistante qui coule
à flot dans l'introduction
du double étreint
parce que l’enfant
doit enfourcher ce lieu
improprement poussif
et affabulateur voilà le trait
qui souligne la foi
en cette colère clouée
sur la croix de la parole
montrée par cette cogitation
du pouvoir occulte le son
envahissant tout l’état
de cet être inséparable
de la gloire du plaisir
qui saute à mesure que
la chair se montre pour
jeter l'opprobre sur l’astre
de la naissance qui tombe
au milieu d’un délicieux
délire que son fou né de rien
ira bientôt frôler et caresser
l’attention est à son comble
par la grâce de cette
imposture qui fait face
à la parole l’imposture
de ces jets jailli de nulle part
à croire que ça vient
de ce corps synthétique
et entier du ventre qui
boursicote avec le trou
de la béatitude monstre
que ce ressassement
qui va et vient sans cesse.



Thierry Texedre, le 6 octobre 2016.






mardi 4 octobre 2016

L'allée Pourpre







L'allée pourpre

Entrant dans l'exquise
politesse des mots
croisant celle
en touchant du regard
à peine effleuré
sa mine osant
fermer de mes yeux
la tête baissée
des mots anciens
pour entendre
les frôlements
du vêtement léger
de celle avançant
dans l'allée pourpre
sous les grands érables
de quelle odeur
au gré de cette rencontre
mon nez saura
reconnaître celle
qui court et s'arrête
en chemin pour
partager mon jouir
en jeux dehors
couvert par dame nature.


Thierry Texedre, le 4 octobre 2016.









                                                 Eric Corne, les ateliers du peintre, 2014








samedi 1 octobre 2016

Charivari







Charivari

Misère du grand soir
en prière insurrectionnelle
là est la terreur
inquisition d’une tempête
qui monte le long des riches
artères du corps psalmodié
monstre que ce corps
introspectif et mémoriel
en pleurs déconcertants
qui inondent la vue
pour aveugler et crier
que cette grande douleur
d’être né n’est plus là
pour inoculer à l’âme
sa paix par l’étreinte
par cet amour inconnaissable
et incommunicable
voilà le registre que cette nuit
nous montre comme fin
d’une éternité proche
fin de cette diction dénaturée
et mise en pensée par
cette consommation
consumation trop vite
mise en acte du soir
de la dépense en sens éclatés
voilà bien là l’indifférence
comme moteur du risque
amoureux défait en poussières
de la mort par cette nuit
partout qui s’initie
et s’installe s’étale
s’empale sur la lumière
qui inonde l’esprit
démesuré et dévasté
paix à son amertume
devant la chair qui charrie
et varie selon l’origine
du désespoir présent
selon la mémoire
que des hôtes ôtent
de côtoyer la mémoire
du même né du présent
né différent du même
présent de l’indifférence.


Thierry Texedre, le 1 octobre 2016.







vendredi 30 septembre 2016

Être sûr de rien






Être sûr de rien


Posé sur une branche
l’oiseau renifle un peu
histoire de montrer
à l’homme assis
sous ce vieil arbre
que chanter n’est pas
une preuve d’avoir
de l’esprit ni d’imiter
le chant des oiseaux
et pourtant le regard
baissé le garçon
n’écoute pas le bel
oiseau si haut perché
celui-ci s’impatiente
devant l’indifférence
et l’entêtement
de l’homme tête nue
comme un verre
une volaille voilà
comment me regardent
les gens pour leur festin
mais là ce gamin lui
ne semble pas comme
les autres  je crois bien
qu’il va se montrer
sous les meilleurs
hospices c’est à espérer
à force d’attendre et
en proie à une impatience
l’oiseau ne pouvant
plus se contenir
lâcha comme qui dirait
un résidu bien mérité
et la fiente s'abat
sur le crâne chauve
du jeune homme
qui brandit d’un geste
fatal une pierre
qui s’était glissée
sous ses fesses avant
la pause et la lança
en direction de l’oiseau
pris au dépourvu
par cette méprise
qui l’avait poussé
aux pires désagréments
dans la foulée celui-ci
s’envola en battant
des ailes un peu
douloureusement
la pierre l’aurait-elle
touché et l’homme
les bras en l’air
debout lança des
grommellements
en se frottant la tête.

Thierry Texedre, le 30 octobre 2016.